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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman ק״צ · Boire le vin après la bénédiction

שתיית היין אחר הברכה ודיניו — qui goûte la coupe et dans quel ordre (טעימת המברך), les convives attachés à une seule coupe, la coupe entamée (כוס פגום), la bénédiction finale (ברכה אחת מעין שלש), la mesure à boire (כזית, רביעית, כמלא לוגמיו), et le grand repas où chacun bénit pour lui-même
סימן ק״צ · ה׳ סעיפים
שתיית היין אחר הברכה ודיניו
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Le Birkat haMazon achevé, il reste la coupe. Ce siman enseigne ce qu'on en fait : on récite בורא פרי הגפן et celui qui a béni goûte le premier ; les convives attachés à sa coupe attendent qu'il ait goûté, les autres non ; il ne verse de sa coupe dans la leur que si celle-ci est entamée. Après avoir bu, on dit la bénédiction finaleברכה אחת מעין שלש. Et parce que la mesure qui oblige à cette bénédiction est douteuse (כזית ou רביעית) alors que toute coupe de bénédiction exige כמלא לוגמיו, on boit un רביעית entier. Texte hébreu, traduction française et explication des ה׳ seifim, avec une section de cas pratiques.

Sujet : La coupe après le birkat hamazon — טעימת המברך, כוס פגום, מעין שלש, מלא לוגמיו ורביעית, והמסובין
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן ק״צ · ה׳ סעיפים

Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

Après avoir fixé le texte des quatre bénédictions, le Choulhan Aroukh revient à l'objet sur lequel elles ont été dites : la coupe de bénédiction. La Guemara lui consacre une liste entière — עשרה דברים נאמרו בכוס של ברכה (ברכות נ״א ע״א) — et deux règles gouvernent tout notre siman : המברך צריך שיטעום (ברכות נ״ב ע״א), celui qui bénit doit goûter, sans quoi sa bénédiction resterait sans objet ; et טעמו פגמו (ברכות נ״ב ע״א), une fois goûté le vin est « entamé ». De là les cinq seifim : qui goûte et quand, comment réparer une coupe entamée, quelle bénédiction on dit après, et quelle quantité il faut boire. Nous étudions ici au niveau du principe ; pour la conduite personnelle, on se réfère à la décision du Rav.

📑 Plan de l'étude

A. טעימת המברך והמסובין (séif 1) — l'ordre des dégustations et la כוס פגום
B. ברכה אחת מעין שלש (séif 2) — la bénédiction finale sur la coupe
C. שיעור השתייה (séif 3) — כזית, רביעית, ומלא לוגמיו
D. אין המברך טועם וסעודה גדולה (séifim 4-5) — le convive qui boit à sa place, et le grand repas
1-3. Cas pratiques et questions de compréhension

A. טעימת המברך והמסובין — qui goûte, et dans quel ordre

כּוֹס שֶׁל בְּרָכָה — la coupe de bénédiction, c'est-à-dire le verre de vin sur lequel on récite le Birkat haMazon. La Guemara lui consacre une baraïta entière : עשרה דברים נאמרו בכוס של ברכה (ברכות נ״א ע״א) — parmi lesquels טעון הדחה ושטיפה (ברכות נ״א ע״א) et חי ומלא (ברכות נ״א ע״א) ; et elle en dit la promesse : כל המברך על כוס מלא נותנין לו נחלה בלי מצרים (ברכות נ״א ע״א). Notre siman ne traite pas de la coupe avant la bénédiction — cela relève des simanim précédents — mais de ce qu'il advient d'elle après : qui la boit, en quelle quantité, et quelle bénédiction on dit ensuite.

Séif 1 — מברך בורא פרי הגפן ויטעום המברך

אחר שסיים ברכת המזון מברך בורא פרי הגפן ויטעום המברך [ואם הפסיק בין הברכ׳ לטעימה ע״ל סי׳ רע״א סעיף ט״ו] ואח״כ יטעמו האחרי׳ אם כול׳ זקוקי׳ לכוס אחד ונותן המברך מכוסו לכוס ריקן שבידם לא יטעמו עד שיטעום הוא אבל אם אינם זקוקים לכוסו יכולים לטעום קודם שיטעום הוא. אין צריך המברך לשפוך מכוסו לכוס המסובין אלא אם הכוס המסובין פגום (ועיין לעיל סימן קפ״ב וס״ס רע״א):
Séif 1 : après avoir achevé le Birkat haMazon, on récite « boré peri hagafen » et celui qui bénit goûte [et s'il a interrompu entre la bénédiction et la dégustation, voir plus haut siman 271:15] ; ensuite goûtent les autres. Si tous dépendent d'une seule coupe et que celui qui bénit verse de sa coupe dans la coupe vide qui est dans leur main, ils ne goûteront pas avant qu'il ait goûté ; mais s'ils ne dépendent pas de sa coupe, ils peuvent goûter avant lui. Celui qui bénit n'a pas besoin de verser de sa coupe dans la coupe des convives, sauf si la coupe des convives est entamée (voir plus haut siman 182 et la fin du siman 271).
Trois enseignements dans un seul séif. Premièrement, l'ordre : אחר שסיים ברכת המזון מברך בורא פרי הגפן ויטעום המברך (שו״ע או״ח ק״צ:א) — la bénédiction sur le vin ne se dit qu'après la clôture du Birkat haMazon, et c'est celui qui a béni qui goûte, car המברך צריך שיטעום (ברכות נ״ב ע״א). Deuxièmement, les convives : אם כול׳ זקוקי׳ לכוס אחד (שו״ע או״ח ק״צ:א) — s'ils dépendent tous de sa coupe, leur bénédiction passe par la sienne, et donc לא יטעמו עד שיטעום הוא (שו״ע או״ח ק״צ:א) ; en revanche, אם אינם זקוקים לכוסו יכולים לטעום קודם שיטעום הוא (שו״ע או״ח ק״צ:א).
Troisièmement, la coupe entamée : אין צריך המברך לשפוך מכוסו לכוס המסובין אלא אם הכוס המסובין פגום (שו״ע או״ח ק״צ:א). Le fondement est dans la Guemara : טעמו פגמו (ברכות נ״ב ע״א) — le vin dont on a bu est « entamé » et n'a plus le statut d'une coupe entière. résumé : le geste de verser un peu de la coupe de bénédiction dans le verre du convive n'est donc pas une politesse mais une réparation ; si son verre est intact, rien à réparer.
résumé : le séif ne parle que d'une chose — le lien entre celui qui bénit et ceux qui l'écoutent. Plus ce lien est étroit (une seule coupe), plus l'ordre est contraignant ; là où chacun a son vin, chacun est libre de son moment.

B. ברכה אחת מעין שלש — la bénédiction finale sur la coupe

Séif 2 — אחר ששתה כוס של ברכת המזון יברך ברכה אחת מעין שלש

אחר ששתה כוס של ברכת המזון יברך ברכה אחת מעין שלש:
Séif 2 : après avoir bu la coupe du Birkat haMazon, on récitera une bénédiction unique « abrégée des trois » (méein shalosh).
Une ligne, mais elle ferme une boucle. On vient de dire le Birkat haMazon sur le pain ; la coupe, elle, est du vin, qui a sa propre bénédiction d'ouverture (בורא פרי הגפן) et donc sa propre bénédiction de clôture : אחר ששתה כוס של ברכת המזון יברך ברכה אחת מעין שלש (שו״ע או״ח ק״צ:ב). résumé : le vin de la coupe n'est pas « couvert » par le Birkat haMazon qu'on vient d'achever, puisque celui-ci a déjà été scellé ; il lui faut sa clôture propre, la על הגפן ועל פרי הגפן.
résumé : de là aussi une conséquence immédiate pour le séif suivant — s'il faut dire une bénédiction finale, encore faut-il avoir bu la quantité qui l'oblige. C'est exactement la question que le Mehaber aborde ensuite.

C. שיעור השתייה — כזית, רביעית, ומלא לוגמיו

Séif 3 — יש ספק אם די בכזית או ברביעית

שיעור שתיית יין להתחייב בברכ׳ אחרונה יש ספק אם די בכזית או ברביעית לכך יזהר לשתות או פחות מכזית או רביעית כדי להסתלק מן הספק והכא אי אפשר לשתות פחות מכזית דכל דבר שצריך כוס צריך לשתות ממנו כמלא לוגמיו שהוא רוב רביעית הלכך ישתה רביעית שלם:
Séif 3 : quant à la mesure de vin bue qui oblige à la bénédiction finale, il y a un doute : suffit-il d'un kazayit, ou faut-il un revi'it ? C'est pourquoi l'on prendra garde de boire soit moins d'un kazayit, soit un revi'it, afin de se dégager du doute. Or ici il est impossible de boire moins d'un kazayit, car tout ce qui requiert une coupe requiert d'en boire « comme la plénitude de sa joue » (kimlo lugmav), qui est la majeure part d'un revi'it ; par conséquent, on boira un revi'it entier.
Le raisonnement est en trois temps. Le doute : שיעור שתיית יין להתחייב בברכ׳ אחרונה יש ספק אם די בכזית או ברביעית (שו״ע או״ח ק״צ:ג). La parade ordinaire : לכך יזהר לשתות או פחות מכזית או רביעית כדי להסתלק מן הספק (שו״ע או״ח ק״צ:ג) — rester en deçà du plus petit seuil, ou dépasser le plus grand. L'impasse propre à notre cas : והכא אי אפשר לשתות פחות מכזית (שו״ע או״ח ק״צ:ג), puisque la coupe de bénédiction impose déjà une quantité minimale.
Cette quantité minimale est כמלא לוגמיו. La Guemara en donne la définition à propos d'un tout autre sujet, et c'est de là qu'on l'apprend : השותה מלא לוגמיו (יומא פ׳ ע״א), sur quoi il est précisé לא מלא לוגמיו ממש אלא כל שאילו יסלקנו לצד אחד ויראה כמלא לוגמיו (יומא פ׳ ע״א) — non pas la joue littéralement pleine, mais ce qui, repoussé d'un côté de la bouche, paraît en remplir la joue. Et la même page oppose déjà les deux mesures : בית שמאי אומרים רביעית ובית הלל אומרים מלא לוגמיו (יומא פ׳ ע״א).
La conclusion : דכל דבר שצריך כוס צריך לשתות ממנו כמלא לוגמיו שהוא רוב רביעית הלכך ישתה רביעית שלם (שו״ע או״ח ק״צ:ג). résumé : puisque le מלא לוגמיו est déjà « la majeure part d'un revi'it », il dépasse à coup sûr le kazayit — on ne peut donc plus se réfugier « en dessous » ; il ne reste qu'à monter au-dessus, et à boire un רביעית complet, ce qui rend la bénédiction finale du séif 2 due sans discussion. Deux appuis talmudiques éclairent la mesure de la coupe : ארבעה כוסות הללו צריך שיהא בהן כדי רביעית (פסחים ק״ח ע״ב), et pour la part effectivement bue, והוא דאשתי רובא דכסא (פסחים ק״ח ע״ב).

D. אין המברך טועם וסעודה גדולה — les convives

Séif 4 — אם המברך אינו רוצה לטעום יטעום א׳ מהמסובין

אם המברך אינו רוצה לטעום יטעום א׳ מהמסובין כשיעו׳ ואין שתיית שנים מצטרפת ומ״מ מצוה מן המובחר שיטעמו כלם [ועיין לקמן סי׳ רע״א סעיף י״ד]:
Séif 4 : si celui qui bénit ne veut pas goûter, l'un des convives goûtera la mesure requise ; et la dégustation de deux personnes ne s'additionne pas. Néanmoins, la manière la plus accomplie est que tous goûtent [et voir plus loin siman 271:14].
Le Mehaber n'exige donc pas que ce soit lui qui boive, mais que la coupe soit bue : אם המברך אינו רוצה לטעום יטעום א׳ מהמסובין כשיעו׳ (שו״ע או״ח ק״צ:ד). En revanche, la mesure doit être atteinte par une seule bouche : ואין שתיית שנים מצטרפת (שו״ע או״ח ק״צ:ד). résumé : le מלא לוגמיו est une mesure liée au buveur — c'est « la plénitude de sa joue » —, et deux demi-gorgées prises par deux personnes ne forment pas une gorgée. Enfin, ומ״מ מצוה מן המובחר שיטעמו כלם (שו״ע או״ח ק״צ:ד) : que chacun goûte, pour avoir part à la coupe.

Séif 5 — כשמסובין בסעודה גדולה

כשמסובין בסעודה גדולה ואין יודעים עד היכן יגיע כוס של ברכת המזון כל אחד מהמסופקים אם יגיע לו צריך לברך בורא פרי הגפן [וע׳ לעיל סי׳ קע״ד סעיף ה׳ בהגה:
Séif 5 : lorsque l'on est attablé à un grand repas et que l'on ne sait pas jusqu'où parviendra la coupe du Birkat haMazon, chacun de ceux qui doutent qu'elle leur parvienne doit réciter lui-même « boré peri hagafen » [et voir plus haut siman 174:5 dans la glose].
C'est l'application inverse du séif 1. Là-bas, celui qui est attaché à la coupe du mevarech est acquitté par sa bénédiction et attend son tour ; ici, ואין יודעים עד היכן יגיע כוס של ברכת המזון (שו״ע או״ח ק״צ:ה) — dans un grand repas, on ignore si la coupe circulera jusqu'à soi. Or on ne peut être acquitté par une bénédiction dont on ne sait si elle nous concerne : כל אחד מהמסופקים אם יגיע לו צריך לברך בורא פרי הגפן (שו״ע או״ח ק״צ:ה). résumé : c'est le doute lui-même qui fait naître l'obligation personnelle — le convive incertain redevient un buveur ordinaire, qui bénit sur son propre verre.
Le siman en une phrase : la coupe du Birkat haMazon doit être bue, et bue comme il faut : celui qui a béni goûte le premier (טעימת המברך), ceux qui dépendent de sa coupe attendent, la coupe entamée se répare en y versant de la sienne (כוס פגום) ; on boit un רביעית entier, parce que מלא לוגמיו est déjà la majeure part d'un revi'it, et l'on conclut par la ברכה אחת מעין שלש ; et là où l'on doute que la coupe nous parvienne, on bénit pour soi-même.

Cas pratiques

Cas 1 — Combien dois-je boire de la coupe ?

Situation : j'ai récité le Birkat haMazon sur une coupe de vin. Une petite gorgée suffit-elle ?
Conduite : non — כל דבר שצריך כוס צריך לשתות ממנו כמלא לוגמיו שהוא רוב רביעית (שו״ע או״ח ק״צ:ג) ; et pour se dégager du doute sur la bénédiction finale, הלכך ישתה רביעית שלם (שו״ע או״ח ק״צ:ג). On dira ensuite ברכה אחת מעין שלש (שו״ע או״ח ק״צ:ב). Pour les mesures pratiques en centilitres et les usages de chaque communauté, on suit son Rav.

Cas 2 — Mes invités ont chacun leur verre de vin

Situation : j'ai béni sur ma coupe, et chacun de mes invités a déjà du vin devant lui. Doivent-ils attendre que j'aie bu ?
Conduite : non — אבל אם אינם זקוקים לכוסו יכולים לטעום קודם שיטעום הוא (שו״ע או״ח ק״צ:א). C'est seulement אם כול׳ זקוקי׳ לכוס אחד (שו״ע או״ח ק״צ:א) que לא יטעמו עד שיטעום הוא (שו״ע או״ח ק״צ:א). Et je n'ai pas à verser de ma coupe dans leur verre, sauf si le leur est entamé : אלא אם הכוס המסובין פגום (שו״ע או״ח ק״צ:א), selon le principe טעמו פגמו (ברכות נ״ב ע״א). Pour la pratique, on suit son Rav.

Cas 3 — Un grand repas où la coupe n'arrivera peut-être pas jusqu'à moi

Situation : à un mariage, le Birkat haMazon est dit sur une coupe à la table d'honneur, et je ne sais pas si l'on m'en apportera.
Conduite : le Mehaber prévoit exactement ce cas — כשמסובין בסעודה גדולה ואין יודעים עד היכן יגיע כוס של ברכת המזון כל אחד מהמסופקים אם יגיע לו צריך לברך בורא פרי הגפן (שו״ע או״ח ק״צ:ה). résumé : chacun bénit alors sur son propre verre, exactement comme un buveur ordinaire. Et si l'on veut goûter d'une coupe qu'un autre a bénie sans en dépendre, on rejoint le séif 1. Pour la pratique, on suit son Rav.

Questions de compréhension

Vérifie ta compréhension :
  1. Pourquoi celui qui bénit doit-il goûter, et quand les convives peuvent-ils le précéder (séif 1) ?
  2. Qu'est-ce qu'une כוס פגום, et comment la « répare »-t-on (séif 1) ?
  3. Pourquoi faut-il une bénédiction finale מעין שלש après la coupe (séif 2) ?
  4. Pourquoi ne peut-on pas, ici, échapper au doute « en dessous du kazayit » (séif 3) ?
  5. Pourquoi la dégustation de deux personnes ne s'additionne-t-elle pas (séif 4), et qu'en est-il du grand repas (séif 5) ?

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
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