Orah Haïm קצ״א · Niveau 4 · שיטת אדמו״ר הזקן

דעת הרב

Niveau 4 — Daat HaRav (Admour HaZaken) — Siman קצ״א · אִם הַפּוֹעֲלִים מְחֻיָּבִים לְבָרֵךְ

La voie de l’Admour HaZaken sur אִם הַפּוֹעֲלִים מְחֻיָּבִים לְבָרֵךְ : פּוֹעֲלִים מְקַצְּרִין ; כּוֹלֵל בּוֹנֵה יְרוּשָׁלַיִם בְּבִרְכַּת הָאָרֶץ ; מֵעֵין שְׁלָשְׁתָּן ; בְּרָכָה רְבִיעִית מִדִּבְרֵי סוֹפְרִים ; סְעוּדָה בִּמְקוֹם שָׂכָר ; בַּעַל הַבַּיִת מֵסֵב עִמָּהֶם ; וְהַמִּנְהָג עַכְשָׁו — dans la sensibilité de Habad.

Pourquoi un niveau 4 dédié à l’Admour HaZaken ? Le Choulhan Aroukh de l’Admour HaZaken n’est pas un commentaire sur le Mehaber (מחבר) — c’est un Choulhan Aroukh autonome et complet, écrit par l’Admour HaZaken (Rabbi Schneur Zalman de Liadi, fondateur de Habad, élève du Maguid (מגיד) de Mezeritch). Sa singularité : il combine halakha (הלכה) + טעמי המצוות + dimension intérieure dans un seul ouvrage, et il tranche avec une rigueur talmudique unique.

Pour le Habad, l’Admour HaZaken est הפוסק האחרון — son psak est l’autorité décisionnaire. Cette page rassemble la voie du Rav sur le siman קצ״א — אִם הַפּוֹעֲלִים מְחֻיָּבִים לְבָרֵךְ (si les ouvriers sont obligés de réciter le birkat hamazon), qui tient chez le Rav en סְעִיף אֶחָד (un seul seif) : les ouvriers salariés à la journée abrègent le birkat hamazon pour ne pas interrompre le travail du maître de maison — première bénédiction entière, birkat ha’aretz englobant « bonei Yerushalayim », quatrième bénédiction omise — sauf lorsque le repas tient lieu de salaire ou que le maître de maison est attablé avec eux ; et l’usage d’aujourd’hui, où l’on récite toujours les quatre bénédictions.

→ Lire la préface générale sur la chitah de l’Admour HaZaken

Note de source. Le texte hébreu reproduit dans cette page est le texte intégral et réel du Choulhan Aroukh de l’Admour HaZaken, Orah Haïm siman קצ״אסְעִיף אֶחָד (un seul seif) de la main du Rav — d’après l’édition Kehot telle que numérisée sur Sefaria (Shulchan Arukh HaRav, Orach Chayim קצ״א). L’Admour HaZaken y traite de אִם הַפּוֹעֲלִים מְחֻיָּבִים לְבָרֵךְ. Les traductions françaises sont les nôtres. Aucun passage n’est cité hors de ce texte vérifiable.
1 · טקסט אדמו״ר הזקן

שולחן ערוך הרב — סימן קצ״א — אִם הַפּוֹעֲלִים מְחֻיָּבִים לְבָרֵךְ

Le texte intégral du Choulhan Aroukh de l’Admour HaZaken

שולחן ערוך הרב, סימן קצ״א — אִם הַפּוֹעֲלִים מְחֻיָּבִים לְבָרֵךְ — וּבוֹ סְעִיף אֶחָד
Texte de l’Admour HaZaken lui-même (source Sefaria Shulchan_Arukh_HaRav,_Orach_Chayim.191), suivi de notre traduction française. Le siman comporte un seul seif (סְעִיף אֶחָד ; seif א → .191.1).

סעיף א פּוֹעֲלִים שְׂכִירֵי יוֹם — מְקַצְּרִין בְּבִרְכַּת הַמָּזוֹן.

אִם הַפּוֹעֲלִים מְחֻיָּבִים לְבָרֵךְ, וּבוֹ סְעִיף אֶחָד:
פּוֹעֲלִים שְׂכִירֵי יוֹם הָעוֹשִׂים מְלָאכָה אֵצֶל בַּעַל הַבַּיִת — מְקַצְּרִין בְּבִרְכַּת הַמָּזוֹן, כְּדֵי שֶׁלֹּא לְבַטֵּל מִמְּלֶאכֶת בַּעַל הַבַּיִת, שֶׁבִּשְׁעַת בִּרְכַּת הַמָּזוֹן אִי אֶפְשָׁר לַעֲסֹק בִּמְלָאכָה, כְּמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר בְּסִימָן קפ״ג. כֵּיצַד? בְּרָכָה רִאשׁוֹנָה כְּתִקּוּנָהּ, שְׁנִיָּה פּוֹתֵחַ בְּבִרְכַּת הָאָרֶץ וְכוֹלֵל בָּהּ "בֹּנֵה יְרוּשָׁלָיִם" וְחוֹתֵם בְּבִרְכַּת הָאָרֶץ, מִפְּנֵי שֶׁבִּרְכַּת הָאָרֶץ וּ"בֹנֵה יְרוּשָׁלָיִם" הֵן דּוֹמוֹת, לָכֵן כּוֹלְלָן בִּבְרָכָה אַחַת, שֶׁמִּנְיַן הַבְּרָכוֹת אֵינָן מִן הַתּוֹרָה, כִּי בִּבְרָכָה אַחַת שֶׁכּוֹלֵל בָּהּ מֵעֵין שְׁלָשְׁתָּן יוֹצֵא יְדֵי חוֹבָתוֹ מִן הַתּוֹרָה, כְּמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר בְּסִימָן קס״ח, אֶלָּא מֹשֶׁה וִיהוֹשֻׁעַ וְדָוִד וּשְׁלֹמֹה תִּקְּנוּ מַטְבֵּעַ שְׁלָשְׁתָּן, וּמִשּׁוּם בִּטּוּל מְלֶאכֶת בַּעַל הַבַּיִת הֵקֵלּוּ. וּבְרָכָה רְבִיעִית שֶׁעִקָּרָהּ מִדִּבְרֵי סוֹפְרִים — אֵין הַפּוֹעֲלִים אוֹמְרִים אוֹתָהּ כְּלָל, בֵּין שֶׁמְּבָרְכִין, בֵּין שֶׁשּׁוֹמְעִין מִפִּי אַחֵר הַמְזַמֵּן וּמְבָרֵךְ בִּרְכַּת הַמָּזוֹן כְּתִקּוּנָהּ — הֲרֵי הֵן עוֹמְדִין לִמְלַאכְתָּם כְּשֶׁחוֹתֵם בִּרְכַּת יְרוּשָׁלַיִם.
בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים? כְּשֶׁנּוֹטְלִים שָׂכָר עַל מְלַאכְתָּם מִלְּבַד סְעוּדָתָן, אֲבָל אִם אֵין נוֹטְלִים שָׂכָר אֶלָּא הַסְּעוּדָה שֶׁאוֹכְלִים לְבַד — מְבָרְכִין כָּל הַד׳ בְּרָכוֹת כְּתִקּוּנָן. וְכֵן אִם בַּעַל הַבַּיִת מֵסֵב עִמָּהֶם בַּסְּעוּדָה, אַף עַל פִּי שֶׁנּוֹטְלִים שָׂכָר מִלְּבַד הַסְּעוּדָה — מְבָרְכִין כָּל ד׳ בְּרָכוֹת.
וְעַכְשָׁו לְעוֹלָם מְבָרְכִין כָּל ד׳ בְּרָכוֹת, לְפִי שֶׁאֵין דֶּרֶךְ בְּנֵי אָדָם לְהַקְפִּיד בְּכָךְ, וּמִן הַסְּתָם עַל דַּעַת כֵּן שׂוֹכְרִים פּוֹעֲלִים, שֶׁיְּבָרְכוּ כָּל הַד׳ בְּרָכוֹת:

Des ouvriers salariés à la journée qui font un travail chez un maître de maison abrègent le birkat hamazon, afin de ne pas interrompre le travail du maître de maison, car pendant le birkat hamazon il est impossible de s’occuper d’un travail, comme il est expliqué au siman 183. Comment ? La première bénédiction comme il convient ; pour la deuxième, il ouvre par birkat ha’aretz, y inclut « bonei Yerushalayim » et conclut par birkat ha’aretz, parce que birkat ha’aretz et « bonei Yerushalayim » se ressemblent — c’est pourquoi il les réunit en une seule bénédiction, car le nombre des bénédictions n’est pas de la Torah : par une seule bénédiction qui inclut l’essentiel des trois, on s’acquitte de son obligation de la Torah, comme il est expliqué au siman 168 ; seulement, Moché, Yehochoua, David et Chelomo ont institué la formule des trois, et à cause de l’interruption du travail du maître de maison ils ont allégé. Et la quatrième bénédiction, dont l’essentiel est des paroles des Sages (divré sofrim) — les ouvriers ne la disent pas du tout : qu’ils bénissent eux-mêmes ou qu’ils écoutent de la bouche d’un autre, qui mène le zimoun et récite le birkat hamazon comme il convient, ils se lèvent pour leur travail dès qu’il conclut la bénédiction de Jérusalem.
De quels cas parle-t-on ? Lorsqu’ils reçoivent un salaire pour leur travail en plus de leur repas ; mais s’ils ne reçoivent aucun salaire hormis le repas seul qu’ils mangent — ils récitent les quatre bénédictions comme il convient. De même, si le maître de maison est attablé avec eux au repas, bien qu’ils reçoivent un salaire en plus du repas — ils récitent les quatre bénédictions.
Et aujourd’hui, on récite toujours les quatre bénédictions, parce qu’il n’est pas dans l’usage des gens d’y être regardant, et que d’emblée c’est dans cette intention qu’on engage des ouvriers : qu’ils récitent les quatre bénédictions.

2 · למעשה

הלכה למעשה — מנהג חב״ד

La conduite Habad pratique

Des points de conduite qui découlent directement du siman קצ״א dans la sensibilité de l’Admour HaZaken et de Habad — présentés au niveau du principe, en renvoyant au Rav pour le détail des cas.

Pour le Hassid Habad — Siman קצ״א (אִם הַפּוֹעֲלִים מְחֻיָּבִים לְבָרֵךְ)

  • ① Le principe (seif א). Des ouvriers salariés à la journée qui travaillent chez un maître de maison abrègent le birkat hamazon, pour ne pas lui faire perdre du temps de travail — car pendant le birkat hamazon on ne peut pas travailler (siman 183).
  • ② La forme abrégée (seif א). Première bénédiction entière ; deuxième : on ouvre par birkat ha’aretz, on y inclut « bonei Yerushalayim » et on clôt par birkat ha’aretz — les deux se ressemblent, et le nombre des bénédictions n’est pas de la Torah (une seule bénédiction « mé‘eïn cheloch’tan » acquitte l’obligation de la Torah — siman 168).
  • ③ Ce que l’allègement ne remet pas en cause (seif א). Le matbéa des trois bénédictions a bien été institué par Moché, Yehochoua, David et Chelomo ; c’est seulement à cause de la perte de travail du maître de maison que les Sages ont allégé.
  • ④ La quatrième bénédiction (seif א). Son essentiel étant des divré sofrim, les ouvriers ne la disent pas du tout — qu’ils bénissent eux-mêmes ou qu’ils s’acquittent en écoutant celui qui mène le zimoun : ils se lèvent pour leur travail dès la clôture de la bénédiction de Jérusalem.
  • ⑤ Les cas où l’on ne raccourcit pas (seif א). Si leur seul salaire est le repas lui-même, ou si le maître de maison est attablé avec eux (même s’ils reçoivent un salaire en plus du repas) — ils récitent les quatre bénédictions comme il convient.
  • ⑥ L’usage d’aujourd’hui (seif א). On récite désormais toujours les quatre bénédictions : les gens n’y sont plus regardants, et c’est d’emblée dans cette intention que les ouvriers sont engagés.

⚠ Cette section présente la conduite Habad fondée sur le Choulhan Aroukh de l’Admour HaZaken, siman קצ״א (texte réel reproduit au §1). Elle ne remplace pas une décision rabbinique pour un cas particulier. Pour toute question concrète — un ouvrier ou un salarié pendant son temps de travail, l’abrègement du birkat hamazon, la quatrième bénédiction — consulter ton Rav, et pour Habad, un Rav de Habad.