Siman קצ״ד · Trois qui se sont séparés et le zimoun
שלשה שאכלו כאחד ונפרדו לענין הזימון מה דינם — la compagnie qui s'est défaite (בטל מהם הזימון), l'impossibilité de rattraper (אין זימון למפרע), celui qui a béni le premier, la glose du Rama (פרח זימון), celui qui est sorti dehors (יצא אחד מהם לשוק), la différence entre trois et dix, et la bénédiction qui ne se partage pas
סימן קצ״ד · ג׳ סעיפים
שלשה שאכלו כאחד ונפרדו לענין הזימון מה דינם
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Le siman précédent disait qui se joint au zimoun. Celui-ci dit ce qu'il advient quand la compagnie se défait. Trois ont mangé ensemble, ont oublié, et chacun a béni pour soi : le zimoun est perdu, et il n'y a pas de rattrapage. Mais si un seul a devancé les autres, les deux qui restent zimounent avec lui — eux s'acquittent, lui non. Deuxième cas : l'un est sorti dehors ; on l'appelle, on l'avertit, il répond de sa place — mais à dix, il faut qu'il revienne s'asseoir. Troisième cas : personne ne sait tout le Birkat haMazon — chacun dit la bénédiction qu'il connaît. Texte hébreu, traduction française et explication des ג׳ seifim, avec une section de cas pratiques.
Compilation : רב יוסף חיים סממה DAAT · daattorah.com
Le zimoun n'est pas une formule que l'on ajoute au Birkat haMazon : c'est le fruit d'une table. Trois qui ont mangé ensemble ont formé une compagnie, et cette compagnie est ce qui oblige. Or ce que l'on n'a pas dit en son temps ne se dit plus après coup : c'est la parole que Marimar adressa aux trois Sages qui avaient béni séparément — ידי ברכה יצאתם ידי זימון לא יצאתם (ברכות מ״ה ע״ב) —, et à leur proposition de recommencer il répondit וכי תימרו ניהדר ונזמן אין זימון למפרע (ברכות מ״ה ע״ב). De là les trois seifim : ce qui se perd, ce qui se rattrape encore, jusqu'où va le lien de la compagnie, et ce que l'on fait quand personne ne sait le texte entier. Nous étudions ici au niveau du principe ; pour la conduite personnelle, on se réfère à la décision du Rav.
📑 Plan de l'étude
A.בטל מהם הזימון (séif 1) — le zimoun perdu, celui qui a béni le premier, et la glose du Rama
B.יצא אחד מהם לשוק (séif 2) — celui qui est sorti, et le partage entre trois et dix
C.אין ברכה אחת מתחלקת (séif 3) — chacun dit la bénédiction qu'il connaît
1-3.Cas pratiques et questions de compréhension
A. בטל מהם הזימון — le zimoun perdu et ce qui peut encore être sauvé
זִמּוּן — l'“invitation” que trois convives se font mutuellement avant le Birkat haMazon. Elle n'est pas une politesse mais l'expression d'une קביעות, d'un attachement fixé par le repas partagé. Deux conséquences en découlent, et tout notre siman en vit : puisqu'elle est une ouverture du Birkat haMazon, on ne peut plus l'ouvrir une fois la bénédiction close — אין זימון למפרע ; et puisqu'elle tient à la compagnie, il suffit que la compagnie se défasse pour qu'elle disparaisse. La Guemara le dit dans les deux sens : au nom de Marimar, ידי ברכה יצאתם ידי זימון לא יצאתם (ברכות מ״ה ע״ב) ; et au nom de Rabba Tossefaa, הני שלשה דכרכי רפתא בהדי הדדי וקדים חד מינייהו ובריך לדעתיה אינון נפקין בזמון דידיה איהו לא נפיק בזמון דידהו לפי שאין זמון למפרע (ברכות נ׳ ע״א).
Séif 1 — בטל מהם הזימון ואין יכולים לחזור ולזמן למפרע
שלשה שאכלו כאחד ושכחו ובירך כל אחד לעצמו בטל מהם הזימון ואין יכולים לחזור ולזמן למפרע וכן אם ברכו שני׳ מהם אבל אם שכח אחד מהם ובירך השנים יכולים לזמן עם השלישי אע״פ שכבר בירך יכול לומר ברוך שאכלנו משלו והם יוצאי׳ ידי חובת זימון והוא אינו יוצא ידי זימון שאין זימון למפרע: הגה ואם האחד זימן עם אחרים אף שנים הנשארים אינן יכולים לזמן (ב״י בשם רשב״א):
Séif 1 : trois qui ont mangé ensemble et qui ont oublié, chacun ayant béni pour lui-même — le zimoun s'est perdu pour eux, et ils ne peuvent revenir en arrière et faire le zimoun rétroactivement ; et il en va de même si deux d'entre eux ont béni. Mais si l'un d'eux a oublié et a béni, les deux peuvent faire le zimoun avec le troisième, bien qu'il ait déjà béni : il peut dire “baroukh chéakhalnou michélo”, et eux s'acquittent de l'obligation du zimoun, tandis que lui ne s'en acquitte pas, car il n'y a pas de zimoun rétroactif. (Glose : et si ce troisième a déjà fait le zimoun avec d'autres, même les deux qui restent ne peuvent plus faire le zimoun — Beit Yossef au nom du Rachba.)
Trois enseignements dans un seul séif. Premièrement, ce qui est perdu : שלשה שאכלו כאחד ושכחו ובירך כל אחד לעצמו בטל מהם הזימון (שו״ע או״ח קצ״ד:א), et le Mehaber ferme aussitôt la porte du rattrapage — ואין יכולים לחזור ולזמן למפרע (שו״ע או״ח קצ״ד:א). résumé : le mot est fort — בטל, annulé : ce n'est pas une obligation qu'on aurait négligée et qui attendrait encore, c'est un objet qui n'existe plus. Deuxièmement, le cas des deux : וכן אם ברכו שני׳ מהם (שו״ע או״ח קצ״ד:א) — dès que deux ont béni, il ne reste qu'un seul homme à qui le zimoun pourrait servir, et un seul ne zimoune pas.
Troisièmement, ce qui peut encore être sauvé : אבל אם שכח אחד מהם ובירך השנים יכולים לזמן עם השלישי (שו״ע או״ח קצ״ד:א). Les deux qui n'ont pas encore béni sont toujours deux ; il leur manque un troisième pour répondre, et celui qui a déjà béni peut tenir ce rôle — אע״פ שכבר בירך יכול לומר ברוך שאכלנו משלו (שו״ע או״ח קצ״ד:א). Mais la distribution est inégale : והם יוצאי׳ ידי חובת זימון והוא אינו יוצא ידי זימון שאין זימון למפרע (שו״ע או״ח קצ״ד:א). Le Rambam l'écrit dans les mêmes termes : שלשה שאכלו כאחד וקדם אחד מהן וברך לעצמו מזמנין עליו ויצאו השנים ידי חובת זמון והוא לא יצא בזמון זה שאין זמון למפרע (רמב״ם הלכות ברכות פרק ה׳ הלכה י״ד).
La glose du Rama ajoute un cas où même cela ne marche plus : ואם האחד זימן עם אחרים אף שנים הנשארים אינן יכולים לזמן (רמ״א או״ח קצ״ד:א). résumé : tant que le troisième n'a fait aucun zimoun, il lui reste quelque chose à donner ; mais s'il a déjà été compté dans un autre zimoun, il n'a plus rien à apporter à celui-ci. La Guemara emploie pour cela une image de vol : אבל אזמון עלייהו בדוכתייהו פרח זימון מינייהו (ברכות נ׳ ע״ב) — le zimoun s'est envolé d'eux.
résumé : le séif se lit comme une échelle qui descend. Trois qui ont béni séparément : rien. Deux qui ont béni : rien. Un seul qui a béni : le zimoun tient encore pour les deux autres. Et si ce “un seul” a déjà servi ailleurs : plus rien non plus.
B. יצא אחד מהם לשוק — celui qui est sorti dehors
Séif 2 — קוראי׳ אותו ומודיעים לו שרוצים לזמן
שלשה שאכלו ויצא אחד מהם לשוק קוראי׳ אותו ומודיעים לו שרוצים לזמן כדי שיכוין ויצטרף עמהם ויענה עמהם ברכת זמון ויוצאי׳ ידי חובתן אף על פי שאינו בא ויושב עמהם והני מילי בשלשה אבל בעשרה כיון שצריכין להזכיר את השם אינם מצטרפים עד שיבא וישב עמהם [ועיין לקמן סי׳ ר׳ עד היכן ברכת הזימון]:
Séif 2 : trois qui ont mangé et dont l'un est sorti au marché — on l'appelle et on lui fait savoir que l'on veut faire le zimoun, afin qu'il ait l'intention de se joindre à eux et qu'il réponde avec eux la bénédiction du zimoun ; et ils s'acquittent de leur obligation bien qu'il ne vienne pas s'asseoir avec eux. Et cela ne vaut qu'à trois ; mais à dix, puisqu'il faut y mentionner le Nom, ils ne se joignent pas tant qu'il n'est pas venu s'asseoir avec eux. [Et voir plus loin siman 200, jusqu'où va la bénédiction du zimoun.]
La source est explicite dans la Guemara : שלשה שאכלו כאחת ויצא אחד מהם לשוק קוראין לו ומזמנין עליו (ברכות מ״ה ע״ב), sur quoi Abayé précise והוא דקרו ליה ועני (ברכות מ״ה ע״ב) — encore faut-il qu'on l'appelle et qu'il réponde. Le Mehaber traduit ces deux mots en deux gestes : קוראי׳ אותו ומודיעים לו שרוצים לזמן (שו״ע או״ח קצ״ד:ב) — on ne se contente pas de crier son nom, on lui fait savoir ce qui va se passer, כדי שיכוין ויצטרף עמהם ויענה עמהם ברכת זמון (שו״ע או״ח קצ״ד:ב).
Ce qui suffit et ce qui ne suffit pas. Pour les trois, le lien de la compagnie tient à distance : ויוצאי׳ ידי חובתן אף על פי שאינו בא ויושב עמהם (שו״ע או״ח קצ״ד:ב). Mais dès qu'il s'agit de dix, la règle change : והני מילי בשלשה אבל בעשרה כיון שצריכין להזכיר את השם אינם מצטרפים עד שיבא וישב עמהם (שו״ע או״ח קצ״ד:ב). C'est exactement la distinction de Mar Zoutra : ולא אמרן אלא בשלשה אבל בעשרה עד דניתי (ברכות מ״ה ע״ב), sur laquelle la Guemara tranche והלכתא כמר זוטרא (ברכות מ״ה ע״ב), et dont elle donne la raison : כיון דבעי לאדכורי שם שמים בציר מעשרה לאו אורח ארעא (ברכות מ״ה ע״ב).
résumé : le Rambam va un pas plus loin et dit aussi ce que gagne celui qui est resté dehors — שלשה שאכלו ויצא אחד מהן לשוק קוראין לו כדי שיכון לשמע מה שהן אומרים ומזמנין עליו והוא בשוק ויוצא ידי חובתו (רמב״ם הלכות ברכות פרק ה׳ הלכה י״ג) — et il ajoute que cela ne le dispense pas du Birkat haMazon lui-même, qu'il dira chez lui. Et pour dix, il écrit de même : אבל עשרה שאכלו ויצא אחד מהן לשוק אין מזמנין עליו עד שיחזר למקומו וישב עמהן (רמב״ם הלכות ברכות פרק ה׳ הלכה י״ג).
C. אין ברכה אחת מתחלקת — chacun dit la bénédiction qu'il connaît
Séif 3 — וכל אחד יברך הברכה שיודע
שלשה שאכלו כאחד ואין א׳ מהם יודע כל ברכת המזון אלא אחד יודע ברכה ראשונה ואחד השנייה ואחד השלישית חייבים בזימון וכל אחד יברך הברכה שיודע ואף על פי שאין בהם מי שיודע ברכה רביעית אין בכך כלום אבל לחצאין אין לברך אם האחד אינו יודע כי אם חצי הברכ׳ שאין ברכ׳ אחת מתחלק׳ לשתי׳:
Séif 3 : trois qui ont mangé ensemble et dont aucun ne connaît tout le Birkat haMazon, mais l'un connaît la première bénédiction, l'autre la deuxième et l'autre la troisième — ils sont tenus au zimoun, et chacun récitera la bénédiction qu'il connaît. Et même s'il n'y a parmi eux personne qui connaisse la quatrième bénédiction, cela ne fait rien. Mais on ne bénira pas par moitiés, si l'un ne connaît que la moitié de la bénédiction, car une seule bénédiction ne se divise pas en deux.
Le principe est libérateur : l'ignorance partielle n'annule pas l'obligation. שלשה שאכלו כאחד ואין א׳ מהם יודע כל ברכת המזון אלא אחד יודע ברכה ראשונה ואחד השנייה ואחד השלישית חייבים בזימון (שו״ע או״ח קצ״ד:ג), et la solution suit : וכל אחד יברך הברכה שיודע (שו״ע או״ח קצ״ד:ג). résumé : le Birkat haMazon n'est pas un bloc indivisible mais une suite de bénédictions, dont chacune est une unité en soi ; rien n'empêche donc que trois bouches se relaient d'une unité à l'autre.
La quatrième bénédiction ne fait pas obstacle : ואף על פי שאין בהם מי שיודע ברכה רביעית אין בכך כלום (שו״ע או״ח קצ״ד:ג). résumé : c'est que הטוב והמטיב n'est pas de la Torah comme les trois premières — la Guemara en donne le signe : שהרי פועלים עוקרים אותה (ברכות מ״ו ע״א), les ouvriers, pressés par leur travail, la suppriment.
La limite : אבל לחצאין אין לברך אם האחד אינו יודע כי אם חצי הברכ׳ שאין ברכ׳ אחת מתחלק׳ לשתי׳ (שו״ע או״ח קצ״ד:ג). résumé : ce qui se partage, ce sont les bénédictions entre elles, non l'intérieur d'une bénédiction. Une bénédiction est une parole d'un seul tenant, et deux demi-paroles de deux bouches n'en font pas une. On retrouve ici l'esprit de la baraïta sur les deux convives : אבל אחד סופר ואחד בור סופר מברך ובור יוצא (ברכות מ״ה ע״ב) — celui qui sait dit, celui qui ne sait pas s'acquitte en écoutant.
Le siman en une phrase : le zimoun vit de la compagnie — tant qu'elle tient, il tient : celui qui est sorti reste compté (יצא אחד מהם לשוק), et celui qui a déjà béni peut encore servir de troisième ; mais dès qu'elle se défait, il n'y a plus de retour en arrière (אין זימון למפרע), et si le troisième a déjà zimouné ailleurs le zimoun s'est envolé (פרח זימון). Et l'ignorance ne défait pas la compagnie : chacun dit ce qu'il sait, mais une bénédiction ne se coupe pas en deux.
Cas pratiques
Cas 1 — Nous avons oublié le zimoun : peut-on le refaire ?
Situation : nous étions trois à table, chacun a récité le Birkat haMazon dans son coin, et nous nous apercevons ensuite que nous avons oublié le zimoun.
Conduite : non, il est trop tard — שלשה שאכלו כאחד ושכחו ובירך כל אחד לעצמו בטל מהם הזימון (שו״ע או״ח קצ״ד:א), et ואין יכולים לחזור ולזמן למפרע (שו״ע או״ח קצ״ד:א). C'est déjà la réponse de Marimar : ידי ברכה יצאתם ידי זימון לא יצאתם (ברכות מ״ה ע״ב), et וכי תימרו ניהדר ונזמן אין זימון למפרע (ברכות מ״ה ע״ב). La leçon pratique est simple : on annonce le zimoun avant de commencer. Pour la pratique, on suit son Rav.
Cas 2 — L'un de nous a déjà béni tout seul
Situation : nous sommes trois ; l'un, pressé, a récité le Birkat haMazon avant nous. Les deux autres peuvent-ils encore zimouner ?
Conduite : oui — אבל אם שכח אחד מהם ובירך השנים יכולים לזמן עם השלישי (שו״ע או״ח קצ״ד:א) ; il peut mener ou répondre, car אע״פ שכבר בירך יכול לומר ברוך שאכלנו משלו (שו״ע או״ח קצ״ד:א). Mais que l'on sache ce que chacun y gagne : והם יוצאי׳ ידי חובת זימון והוא אינו יוצא ידי זימון שאין זימון למפרע (שו״ע או״ח קצ״ד:א). Et si ce troisième avait déjà zimouné ailleurs, c'est fini pour tout le monde : ואם האחד זימן עם אחרים אף שנים הנשארים אינן יכולים לזמן (רמ״א או״ח קצ״ד:א). Pour la pratique, on suit son Rav.
Cas 3 — Un convive est sorti prendre l'air
Situation : nous étions trois ; au moment de bénir, l'un est déjà dehors. Faut-il attendre qu'il revienne ?
Conduite : à trois, non — mais il ne suffit pas qu'il soit quelque part : קוראי׳ אותו ומודיעים לו שרוצים לזמן כדי שיכוין ויצטרף עמהם ויענה עמהם ברכת זמון (שו״ע או״ח קצ״ד:ב), et alors ויוצאי׳ ידי חובתן אף על פי שאינו בא ויושב עמהם (שו״ע או״ח קצ״ד:ב) ; la Guemara y met la même condition : והוא דקרו ליה ועני (ברכות מ״ה ע״ב). Si l'on est dix et que l'on veut zimouner avec le Nom, c'est autre chose : אינם מצטרפים עד שיבא וישב עמהם (שו״ע או״ח קצ״ד:ב). Pour la pratique, on suit son Rav.
Questions de compréhension
Vérifie ta compréhension :
Pourquoi n'y a-t-il pas de zimoun rétroactif, et que reste-t-il quand un seul a béni (séif 1) ?
Que change la glose du Rama lorsque le troisième a déjà zimouné ailleurs (séif 1) ?
Quelles sont les deux conditions pour compter celui qui est sorti dehors (séif 2) ?
Pourquoi à dix exige-t-on qu'il revienne s'asseoir (séif 2) ?
Pourquoi peut-on partager les bénédictions entre trois, mais non une bénédiction entre deux (séif 3) ?
Pour aller plus loin
Si tu veux approfondir ce siman :
📚 Niveau 2 — Lamdan : pour le pilpoul — גדר קביעות החבורה ; אין זימון למפרע ; צירוף היוצא לשוק
✨ Niveau 3 — Synthèse : pour la révision et la mémorisation rapide
👑 Niveau 4 — Daat HaRav (Admour HaZaken) : la chitah du Choulhan Aroukh HaRav — שלשה שאכלו כאחד ונפרדו