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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman קצ״ג · Qui se joint au zimoun

אם מצטרפין לזימון אם לאו — deux qui ont mangé et la mitsva de se séparer (מצוה לחלק), trois qui n'ont plus le droit de se séparer, six et dix (ששה נחלקים), la fixation du repas (קביעות), le lieu où l'on mange (רוכבים ומהלכים), et le zimoun qui s'est envolé (פרח זימון)
סימן קצ״ג · ו׳ סעיפים
אם מצטרפין לזימון אם לאו
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Le siman précédent enseignait comment se dit le zimoun. Celui-ci demande qui y est compté. À deux il n'y a pas de zimoun du tout — et c'est même une mitsva de se séparer pour que chacun bénisse seul ; à trois, au contraire, l'obligation est née et l'on ne peut plus se défaire du groupe. Puis le Mehaber examine le lien lui-même : quand la fixation se noue, quel lieu la rend possible, à partir de quel moment du repas elle vaut, et dans quel cas elle s'est déjà dénouée. Texte hébreu, traduction française et explication des ו׳ seifim, avec une section de cas pratiques.

Sujet : Qui se joint au zimoun — שנים ושלשה, ששה ועשרה, קביעות ומקום, ופרח זימון
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן קצ״ג · ו׳ סעיפים

Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

Tout le siman tient entre deux michnayot. La première crée l'obligation : שלשה שאכלו כאחת חייבין לזמן (ברכות מ״ה ע״א) — trois qui ont mangé ensemble sont tenus de faire le zimoun. La seconde la rend irréversible : שלשה שאכלו כאחת אינן רשאין ליחלק וכן ארבעה וכן חמשה (ברכות נ׳ ע״א). En dessous de trois, l'enseignement est inverse : שנים שאכלו כאחת מצוה ליחלק (ברכות מ״ה ע״ב). Les six seifim déclinent ces deux règles : combien faut-il être, comment le groupe se lie, où il doit se tenir, à partir de quand, et quand le lien est déjà défait. Nous étudions ici au niveau du principe ; pour la conduite personnelle, on se réfère à la décision du Rav.

📑 Plan de l'étude

A. שנים ושלשה (séif 1) — מצוה לחלק, l'ignorant qui s'acquitte, et ששה נחלקים עד עשרה
B. גדר הקביעות (séif 2) — la fixation qui se noue en cours de repas, et le שמש
C. מקום האכילה (séif 3) — cavaliers, marcheurs, et convives dispersés dans un champ
D. תחילת החיוב והחבורות (séifim 4-6) — dès le המוציא, et פרח זימון
1-3. Cas pratiques et questions de compréhension

A. שנים ושלשה — de la mitsva de se séparer à l'interdiction de le faire

זִימּוּן — l'appel adressé aux convives avant le Birkat haMazon, qui transforme des mangeurs juxtaposés en une assemblée qui bénit ensemble. Il naît d'un seuil de nombre : שלשה שאכלו כאחת חייבין לזמן (ברכות מ״ה ע״א) ; et il se durcit d'un cran à dix, où l'on ajoute le Nom. Notre siman ne décrit pas la formule — cela relève du siman précédent — mais la frontière : combien il faut être, ce qui lie les convives entre eux, et ce qui les délie.

Séif 1 — שנים שאכלו... מצוה לחלק ; אבל שלשה אינם רשאים ליחלק

שנים שאכלו אע״פ שבברכת המוציא פוטר א׳ את חבירו מצוה לחלק שיברך כל אחד ברכ׳ המזון לעצמו בד״א כשהיו שניה׳ יודעים לברך ברכת המזון אבל אם אחד יודע והשני אינו יודע מברך היודע ויוצא השני אם מבין לשון הקודש אלא שאינו יודע לברך וצריך לכוון מלה במלה לכל מה שיאמר: הגה וצריך המברך שיכוין להוציאו [מרדכי ר״פ שלשה שאכלו וב״י בשם סמ״ג]: אבל אם אינו מבין אינו יוצא בשמיעה אבל שלשה שאכלו אינ׳ רשאים ליחלק ושנים שאכלו מצוה שיחזרו אחר שלישי שיצטרף עמהם לזימון וכן ארבעה או חמשה אסו׳ להם ליחלק שכלם נתחייבו בזימון ששה נחלקים כיון שישאר זימון לכל חבורה עד עשר׳ ואז אין נחלקים עד שיהיו עשרי׳ כיון שנתחייבו בהזכרת השם: הגה דאז יכולי׳ לחלוק אם ירצו ונ״ל דה״ה בששה אין מחויבים לחלק רק אם ירצו נחלקים ומצוה לחזור אחר עשרה ומיהו אם היו רבים מסובים יחד ואינם יכולי׳ לשמוע ברכת זימון מפי המברך ואינם רשאים ליחלק לחבורות של עשרה עשרה מפני שיצטרכו לברך בקול רם וישמע בעל הבית ויקפיד עליהם יכולים ליחלק לחבורות של ג׳ ג׳ ולברך בנחת כדי שלא ישמע בעל הבית וזה טוב להם ממה שלא יצאו ידי חובת ברכת זימון שהרי אינם יכולים לשמוע מפי המברך:
Séif 1 : deux qui ont mangé — bien que pour la bénédiction hamotsi l'un acquitte son compagnon, c'est une mitsva de se séparer, que chacun récite le Birkat haMazon pour lui-même. En quel cas ? Lorsque tous deux savent réciter le Birkat haMazon ; mais si l'un sait et l'autre ne sait pas, celui qui sait bénit et le second s'acquitte — s'il comprend la langue sainte et que seulement il ne sait pas bénir ; et il doit diriger son attention mot à mot sur tout ce que dira [celui qui bénit]. (Glose : et celui qui bénit doit avoir l'intention de l'acquitter [Mordekhi, début du chapitre « Chelocha chéakhlou », et Beit Yossef au nom du Semag].) Mais s'il ne comprend pas, il ne s'acquitte pas par l'écoute. En revanche, trois qui ont mangé n'ont pas le droit de se séparer ; et deux qui ont mangé — c'est une mitsva qu'ils recherchent un troisième qui se joindra à eux pour le zimoun. Et de même quatre ou cinq, il leur est interdit de se séparer, car tous ont été rendus obligés au zimoun. Six se divisent, puisqu'il restera un zimoun à chaque groupe — jusqu'à dix ; et alors on ne se divise plus qu'à vingt, puisqu'ils ont été rendus obligés à la mention du Nom. (Glose : car alors ils peuvent se diviser s'ils le veulent ; et il me semble qu'il en va de même à six — ils ne sont pas obligés de se diviser, mais s'ils le veulent, ils se divisent.) Et c'est une mitsva de rechercher dix. Toutefois, si beaucoup étaient attablés ensemble et qu'ils ne peuvent entendre la bénédiction du zimoun de la bouche de celui qui bénit, et qu'ils n'ont pas le droit de se diviser en groupes de dix parce qu'il leur faudrait bénir à voix haute, que le maître de maison l'entendrait et s'en fâcherait contre eux — ils peuvent se diviser en groupes de trois et bénir à voix basse afin que le maître de maison n'entende pas ; et cela vaut mieux pour eux que de ne pas s'acquitter de l'obligation de la bénédiction du zimoun, puisqu'ils ne peuvent pas entendre de la bouche de celui qui bénit.
Premièrement, à deux, on se sépare. Le Mehaber prend soin de dire ce qui est vrai avant le repas : אע״פ שבברכת המוציא פוטר א׳ את חבירו (שו״ע או״ח קצ״ג:א) — pour le hamotsi, l'un peut acquitter l'autre. Mais pour le Birkat haMazon, מצוה לחלק שיברך כל אחד ברכ׳ המזון לעצמו (שו״ע או״ח קצ״ג:א). C'est le mot de la Guemara : שנים שאכלו כאחת מצוה ליחלק (ברכות מ״ה ע״ב). résumé : ce n'est pas seulement qu'il n'y a pas de zimoun à deux — il y a une mitsva positive à ce que chacun dise lui-même les quatre bénédictions.
Deuxièmement, l'exception de celui qui ne sait pas. בד״א כשהיו שניה׳ יודעים לברך ברכת המזון (שו״ע או״ח קצ״ג:א) ; mais אבל אם אחד יודע והשני אינו יודע מברך היודע ויוצא השני (שו״ע או״ח קצ״ג:א). La Guemara disait déjà : במה דברים אמורים כששניהם סופרים אבל אחד סופר ואחד בור סופר מברך ובור יוצא (ברכות מ״ה ע״ב). Deux conditions cependant : אם מבין לשון הקודש (שו״ע או״ח קצ״ג:א) et וצריך לכוון מלה במלה לכל מה שיאמר (שו״ע או״ח קצ״ג:א) ; faute de quoi אבל אם אינו מבין אינו יוצא בשמיעה (שו״ע או״ח קצ״ג:א). Et le Rama ajoute la réciproque : וצריך המברך שיכוין להוציאו (רמ״א או״ח קצ״ג:א).
Troisièmement, à trois le lien est noué. אבל שלשה שאכלו אינ׳ רשאים ליחלק (שו״ע או״ח קצ״ג:א) — et à deux, la conduite recommandée est l'inverse de la précédente : ושנים שאכלו מצוה שיחזרו אחר שלישי שיצטרף עמהם לזימון (שו״ע או״ח קצ״ג:א). Il en va de même au-dessus : וכן ארבעה או חמשה אסו׳ להם ליחלק (שו״ע או״ח קצ״ג:א), שכלם נתחייבו בזימון (שו״ע או״ח קצ״ג:א) — c'est la michna שלשה שאכלו כאחת אינן רשאין ליחלק וכן ארבעה וכן חמשה (ברכות נ׳ ע״א).
Quatrièmement, les seuils de six, dix et vingt. ששה נחלקים כיון שישאר זימון לכל חבורה עד עשר׳ (שו״ע או״ח קצ״ג:א) : six peuvent se diviser en deux fois trois, parce qu'aucune obligation n'est perdue. Mais à dix on a gagné quelque chose de plus — ואז אין נחלקים עד שיהיו עשרי׳ כיון שנתחייבו בהזכרת השם (שו״ע או״ח קצ״ג:א) — et l'on ne peut plus renoncer à ce gain, exactement comme dans la michna ששה נחלקין עד עשרה ועשרה אין נחלקין עד עשרים (ברכות נ׳ ע״א). résumé : on ne se divise qu'à condition que chaque moitié conserve le même niveau de zimoun.
Cinquièmement, le cas de la grande tablée. Lorsque beaucoup sont attablés et ואינם יכולי׳ לשמוע ברכת זימון מפי המברך (שו״ע או״ח קצ״ג:א), et que se diviser en groupes de dix obligerait à bénir à voix haute — וישמע בעל הבית ויקפיד עליהם (שו״ע או״ח קצ״ג:א) —, alors יכולים ליחלק לחבורות של ג׳ ג׳ ולברך בנחת (שו״ע או״ח קצ״ג:א). C'est exactement l'usage de Rava chez l'exilarque : כי אכלינן רפתא בי ריש גלותא מברכינן שלשה שלשה (ברכות נ׳ ע״א), parce que שמע ריש גלותא ואיקפד (ברכות נ׳ ע״א) et que איידי דאוושו כולי עלמא לא שמעי (ברכות נ׳ ע״א). résumé : mieux vaut un zimoun réel à trois qu'un zimoun de dix que personne n'entend.
résumé : le séif décrit une seule ligne, franchie deux fois. En dessous de trois, l'obligation n'existe pas et l'on se sépare ; à partir de trois elle existe et l'on ne se sépare plus ; à dix elle change de nature et l'on se sépare encore moins. Le seul cas où l'on redescend volontairement d'un cran est celui où le cran supérieur ne serait, en fait, pas accompli.

B. גדר הקביעות — quand le groupe se lie

Séif 2 — אפילו לא הוקבעו מתחלה כולם לאכול יחד

אפי׳ לא הוקבעו מתחלה כולם לאכול יחד אלא שהשנים קבעו ואחר כך בא השלישי וקבע עמהם או שאחד קבע תחלה ואח׳ כך קבעו השנים עמו אינם רשאי׳ ליחלק כיון שהם קבועים יחד בגמר האכילה ומכל מקו׳ אם יאכל עמהם בלא קבע רשאים ליחלק אלא א״כ הוא שמש: הגה ומ״מ אפי׳ כ״מ שרשאין ליחלק עדיף טפי לזימון משום דברוב עם הדרת מלך (ב״י):
Séif 2 : même s'ils ne se sont pas fixés dès le début tous ensemble pour manger, mais que les deux se sont fixés puis le troisième est venu et s'est fixé avec eux, ou qu'un seul s'est fixé d'abord et qu'ensuite les deux se sont fixés avec lui — ils n'ont pas le droit de se séparer, puisqu'ils sont fixés ensemble à la fin du repas. Néanmoins, s'il mange avec eux sans fixation, ils ont le droit de se séparer — sauf s'il est le serviteur. (Glose : et néanmoins, même partout où ils ont le droit de se séparer, le zimoun est préférable, car « dans la multitude du peuple est la parure du roi » [Beit Yossef].)
La question du séif est : à quel instant se mesure la fixation ? Le Mehaber répond : à la fin. אינם רשאי׳ ליחלק כיון שהם קבועים יחד בגמר האכילה (שו״ע או״ח קצ״ג:ב). Peu importe donc l'ordre d'arrivée — אלא שהשנים קבעו ואחר כך בא השלישי וקבע עמהם (שו״ע או״ח קצ״ג:ב), ou l'inverse, או שאחד קבע תחלה ואח׳ כך קבעו השנים עמו (שו״ע או״ח קצ״ג:ב).
Le revers : ce qui compte est la fixation, pas la présence. ומכל מקו׳ אם יאכל עמהם בלא קבע רשאים ליחלק (שו״ע או״ח קצ״ג:ב) — celui qui grignote en passant ne lie personne. Une seule exception : אלא א״כ הוא שמש (שו״ע או״ח קצ״ג:ב). résumé : le serviteur, quoiqu'il ne s'attable pas, appartient au repas par sa fonction même ; la Guemara le dit d'ailleurs comme un principe de jonction — אם יש שמש ביניהם שמש מצרפן (ברכות נ׳ ע״ב), et le Rambam l'a repris : ואם יש שמש אחד ביניהם שהוא הולך ומשמש מחבורה זו לחבורה זו מצטרפין לזמון אחד (רמב״ם הלכות ברכות פרק ה׳ הלכה י״ב).
Et la glose élargit : là même où le droit de se séparer existe, il vaut mieux ne pas l'exercer — ומ״מ אפי׳ כ״מ שרשאין ליחלק עדיף טפי לזימון משום דברוב עם הדרת מלך (רמ״א או״ח קצ״ג:ב). résumé : la permission de se diviser n'est pas un conseil ; c'est une tolérance.

C. מקום האכילה — le lieu qui rend la jonction possible

Séif 3 — אם היו רוכבים ואמרו נאכל

אם היו רוכבים ואמרו נאכל אע״פ שכל אחד אוכל מככרו ולא ירדו מהבהמות מצטרפין כיון שעמדו במקום אחד אבל אם היו הולכים ואוכלי׳ לא ואם היו אוכלים בשדה מפוזרי׳ ומפורדי׳ אע״פ שאוכלי׳ כלם בשעה אחת ומככר א׳ כיון שלא קבעו מקום לאכול אינם מצטרפין: הגה המנהג שלא לזמן בבית עכו״ם ונראה לי הטעם משום דלא יוכלו לקבוע עצמן בבית עכו״ם משום יראת העכו״ם הוי כאלו אכלו בלא קבע ועוד דיש לחוש לסכנה אם ישנו בנוסח הברכ׳ ולא יאמרו הרחמן יברך ב״ה הזה ולכן מתחלה לא קבעו עצמן רק לברך כל א׳ לבדו ולכן אין לשנות המנהג אף אם לא היו טעמים אלו מספיקים מ״מ מאחר דכבר נהגו כך הוי כאלו לא קבעו עצמן ביחד:
Séif 3 : s'ils étaient à cheval et ont dit « mangeons » — même si chacun mange de son propre pain et qu'ils ne sont pas descendus des montures, ils se joignent, puisqu'ils se sont tenus en un même lieu ; mais s'ils marchaient en mangeant, non. Et s'ils mangeaient dans un champ, dispersés et séparés — même s'ils mangent tous à la même heure et d'un même pain, puisqu'ils n'ont pas fixé de lieu pour manger, ils ne se joignent pas. (Glose : l'usage est de ne pas faire le zimoun dans la maison d'un non-Juif ; et la raison me paraît être qu'ils ne peuvent s'y fixer par crainte du non-Juif, si bien que c'est comme s'ils avaient mangé sans fixation ; et de plus il y a lieu de craindre un danger s'ils modifient le texte de la bénédiction et ne disent pas « haRahaman, qu'Il bénisse ce maître de maison » ; c'est pourquoi, dès le début, ils ne se sont fixés que pour bénir chacun seul. Aussi ne faut-il pas changer l'usage ; et même si ces raisons n'étaient pas suffisantes, puisqu'ils ont déjà pris cet usage, c'est comme s'ils ne s'étaient pas fixés ensemble.)
Le séif oppose deux couples. D'abord l'arrêt contre la marche : ולא ירדו מהבהמות מצטרפין כיון שעמדו במקום אחד (שו״ע או״ח קצ״ג:ג) — rester en selle n'empêche rien, s'arrêter suffit ; mais אבל אם היו הולכים ואוכלי׳ לא (שו״ע או״ח קצ״ג:ג). Le Yeroushalmi dit exactement les deux faces : עשרה בני אדם שהיו מהלכין בדרך אף על פי שכולם אוכלין מככר אחד כל אחד ואחד מברך לעצמו (ירושלמי ברכות פרק ז׳ הלכה ד׳), et à l'inverse ישבו ואכלו אף על פי שכל אחד ואחד אוכל מככר עצמו אחד מברך על ידי כולם (ירושלמי ברכות פרק ז׳ הלכה ד׳).
Ensuite le lieu contre le pain commun : dans le champ, אע״פ שאוכלי׳ כלם בשעה אחת ומככר א׳ כיון שלא קבעו מקום לאכול אינם מצטרפין (שו״ע או״ח קצ״ג:ג). résumé : ni la simultanéité ni le partage d'un même pain ne créent la jonction — c'est le lieu fixé qui la crée.
La glose tire de là un usage : המנהג שלא לזמן בבית עכו״ם (רמ״א או״ח קצ״ג:ג), et en donne la raison dans le vocabulaire même du séif : משום יראת העכו״ם הוי כאלו אכלו בלא קבע (רמ״א או״ח קצ״ג:ג). Elle conclut : ולכן אין לשנות המנהג (רמ״א או״ח קצ״ג:ג).

D. תחילת החיוב והחבורות — quand il commence, quand il s'est envolé

Séif 4 — שלשה שישבו לאכול וברכו ברכת המוציא

שלשה שישבו לאכול וברכו ברכת המוציא אפי׳ כל אחד אוכל מככרו ואפי׳ לא אכל עדיין כזית פת אינם רשאים ליחלק:
Séif 4 : trois qui se sont assis pour manger et ont récité la bénédiction hamotsi — même si chacun mange de son propre pain, et même s'il n'a pas encore mangé un kazayit de pain — n'ont pas le droit de se séparer.
Le lien ne naît donc pas de la quantité mangée mais de l'installation. אפי׳ כל אחד אוכל מככרו ואפי׳ לא אכל עדיין כזית פת אינם רשאים ליחלק (שו״ע או״ח קצ״ג:ד). Les deux formulations de la Guemara sont ici côte à côte : שלשה שישבו לאכול כאחת ועדין לא אכלו אינן רשאין ליחלק (ברכות נ׳ ע״א) et שלשה שישבו לאכול כאחת אף על פי שכל אחד ואחד אוכל מככרו אינן רשאין ליחלק (ברכות נ׳ ע״א) ; et le Rambam a retenu la seconde : שלשה שישבו לאכל פת אף על פי שכל אחד ואחד אוכל משלו אינן רשאין לחלק (רמב״ם הלכות ברכות פרק ה׳ הלכה י״א). résumé : le kazayit est la mesure pour compter quelqu'un au zimoun ; il n'est pas la mesure pour lier le groupe qui s'est attablé.

Séif 5 — שלשה שבאים משלש חבורות

שלשה שבאים משלש חבורות של שלש שלש בני אדם ונתחברו אלו השלשה אם זימנו עליהם במקומם כגון שהפסיקו כל א׳ לשנים עד שאמרו הזן שוב אינם יכולים לזמן אפי׳ אכלו אח״כ יחד וגמרו סעודתן ואם לא זמנו עליהם במקומם חייבים לזמן ואינם רשאים ליחלק ואפי׳ לא אכלו אלו השלשה ביחד משנתחברו:
Séif 5 : trois qui viennent de trois groupes de trois personnes chacun et que ces trois-là se sont réunis : si l'on a fait le zimoun sur eux à leur place — par exemple que chacun a interrompu pour les deux [autres] jusqu'à ce qu'ils aient dit « haZan » — ils ne peuvent plus faire le zimoun, même s'ils ont ensuite mangé ensemble et achevé leur repas. Et si l'on n'a pas fait le zimoun sur eux à leur place, ils sont tenus de faire le zimoun et n'ont pas le droit de se séparer — et même s'ils n'ont pas mangé ensemble, ces trois-là, depuis qu'ils se sont réunis.
Le principe positif est de Rav Houna : שלשה שבאו משלש חבורות אינן רשאין ליחלק (ברכות נ׳ ע״א), précisé par Rav Hisda — והוא שבאו משלש חבורות של שלשה בני אדם (ברכות נ׳ ע״א) ; et le Rambam le formule ainsi : שלשה בני אדם שבאו משלש חבורות של שלשה שלשה אינן רשאין לחלק (רמב״ם הלכות ברכות פרק ה׳ הלכה י״א). résumé : trois hommes qui n'ont rien mangé ensemble peuvent devenir un groupe de zimoun — parce que chacun apporte avec lui une obligation qu'il n'a pas encore acquittée.
Et le principe négatif : אם זימנו עליהם במקומם (שו״ע או״ח קצ״ג:ה), c'est-à-dire כגון שהפסיקו כל א׳ לשנים עד שאמרו הזן (שו״ע או״ח קצ״ג:ה), alors שוב אינם יכולים לזמן (שו״ע או״ח קצ״ג:ה). Le Rambam dit de même : ואם כבר זמן כל אחד ואחד מהן בחבורה שלו רשאין לחלק (רמב״ם הלכות ברכות פרק ה׳ הלכה י״א). En revanche, s'ils n'ont pas été acquittés, חייבים לזמן ואינם רשאים ליחלק (שו״ע או״ח קצ״ג:ה), ואפי׳ לא אכלו אלו השלשה ביחד משנתחברו (שו״ע או״ח קצ״ג:ה).

Séif 6 — פרח זימון מינייהו

שלש חבורות שהיו בכל אחת ארבעה ופירש אחד מכל חבורה ונצטרפו לחבורה אחרת וזימנו השלשה הנשארים פרח זימון מינייהו כיון שחבריהם זימנו והוא הדין אם לא היו בכל חבורה אלא שלשה והלך א׳ מכל חבורה קודם זימון ונתחברו אלו השלשה ובא אחד לכל חבורה ונצטרף עם שנים הראשונים וזימנו יחד פרח זימון מאלו השלשה כיון שכבר זימנו חבורתם אע״פ שלא זימנו עמהם: הגה שלש חבורות שאכלו ובכל חבורה שלשה בני אדם אסור לכל אחד ליפרד מכל חבורה ולזמן ביחד דהרי השנים הנשארים בכל חבורה אינן יכולים לזמן אח״כ אבל אם היה בכל חבורה ד׳ מותר ליפרד אחד מכל חבורה ולזמן ביחד והנשארים יזמנו כל חבורה במקומם [ב״י בשם הרשב״א]:
Séif 6 : trois groupes qui comptaient chacun quatre personnes, et qu'un de chaque groupe s'est détaché et qu'ils se sont joints en un autre groupe, et que les trois restants ont fait le zimoun — le zimoun s'est envolé d'eux, puisque leurs compagnons ont fait le zimoun. Et il en va de même s'il n'y avait dans chaque groupe que trois, et qu'un de chaque groupe est parti avant le zimoun et que ces trois-là se sont réunis, et qu'un est venu à chaque groupe et s'est joint aux deux premiers et qu'ils ont fait le zimoun ensemble — le zimoun s'est envolé de ces trois-là, puisque leur groupe a déjà fait le zimoun, bien qu'ils n'aient pas fait le zimoun avec eux. (Glose : trois groupes qui ont mangé, et dans chaque groupe trois personnes — il est interdit à chacun de se détacher de son groupe pour faire le zimoun ensemble, car les deux qui restent dans chaque groupe ne pourront plus faire le zimoun ensuite ; mais s'il y avait quatre dans chaque groupe, il est permis qu'un de chaque groupe se détache et qu'ils fassent le zimoun ensemble, et les restants feront le zimoun chaque groupe à sa place [Beit Yossef au nom du Rachba].)
L'image est celle de la Guemara : אבל אזמון עלייהו בדוכתייהו פרח זימון מינייהו (ברכות נ׳ ע״ב) — l'obligation s'est envolée. Le Mehaber l'applique deux fois : פרח זימון מינייהו כיון שחבריהם זימנו (שו״ע או״ח קצ״ג:ו), puis פרח זימון מאלו השלשה כיון שכבר זימנו חבורתם אע״פ שלא זימנו עמהם (שו״ע או״ח קצ״ג:ו). résumé : on peut être acquitté du zimoun sans y avoir participé, dès lors que le groupe auquel on appartenait l'a fait en comptant sur nous — et l'obligation, une fois envolée, ne revient plus, car אין זימון למפרע (ברכות מ״ה ע״ב).
La glose ajoute la règle pratique : dans des groupes de trois, אסור לכל אחד ליפרד מכל חבורה ולזמן ביחד (רמ״א או״ח קצ״ג:ו), דהרי השנים הנשארים בכל חבורה אינן יכולים לזמן אח״כ (רמ״א או״ח קצ״ג:ו) ; mais avec quatre par groupe, מותר ליפרד אחד מכל חבורה ולזמן ביחד (רמ״א או״ח קצ״ג:ו). résumé : on ne se déplace jamais au prix du zimoun de ceux qu'on laisse derrière soi.
Le siman en une phrase : le zimoun se mesure à un seuil (trois, dix, vingt), se noue par une fixation qui peut arriver en cours de repas et qui exige un lieu, commence dès le hamotsi même sans kazayit, et se dénoue quand un autre groupe l'a déjà accompli sur nous — פרח זימון מינייהו.

Cas pratiques

Cas 1 — Nous sommes deux à table : faut-il que l'un bénisse pour l'autre ?

Situation : mon ami et moi avons mangé du pain ensemble. Puis-je réciter le Birkat haMazon à voix haute pour nous deux ?
Conduite : en principe non — מצוה לחלק שיברך כל אחד ברכ׳ המזון לעצמו (שו״ע או״ח קצ״ג:א), et la Guemara le dit en toutes lettres : שנים שאכלו כאחת מצוה ליחלק (ברכות מ״ה ע״ב). Il en va autrement si l'un ne sait pas bénir : מברך היודע ויוצא השני (שו״ע או״ח קצ״ג:א), mais seulement אם מבין לשון הקודש (שו״ע או״ח קצ״ג:א), avec attention מלה במלה (שו״ע או״ח קצ״ג:א) et וצריך המברך שיכוין להוציאו (רמ״א או״ח קצ״ג:א). Et mieux encore : מצוה שיחזרו אחר שלישי שיצטרף עמהם לזימון (שו״ע או״ח קצ״ג:א). Pour la pratique, on suit son Rav.

Cas 2 — Un quatrième s'est joint à nous au milieu du repas

Situation : nous étions deux, un troisième s'est installé à mi-repas et a mangé avec nous jusqu'à la fin. Sommes-nous liés ?
Conduite : oui — אפי׳ לא הוקבעו מתחלה כולם לאכול יחד (שו״ע או״ח קצ״ג:ב), et cependant אינם רשאי׳ ליחלק כיון שהם קבועים יחד בגמר האכילה (שו״ע או״ח קצ״ג:ב). Mais s'il n'a fait que passer sans s'installer, אם יאכל עמהם בלא קבע רשאים ליחלק (שו״ע או״ח קצ״ג:ב) — sauf s'il s'agit du serviteur, אלא א״כ הוא שמש (שו״ע או״ח קצ״ג:ב). Et même dans le cas permis, la glose préfère le zimoun : עדיף טפי לזימון משום דברוב עם הדרת מלך (רמ״א או״ח קצ״ג:ב). Pour la pratique, on suit son Rav.

Cas 3 — Un pique-nique en marche, ou une grande salle des fêtes

Situation : nous mangeons notre sandwich en marchant sur la route ; ou bien nous sommes trois cents à un repas et personne n'entend celui qui bénit.
Conduite : en marchant, il n'y a pas de jonction — אבל אם היו הולכים ואוכלי׳ לא (שו״ע או״ח קצ״ג:ג) ; il faut s'arrêter, car alors מצטרפין כיון שעמדו במקום אחד (שו״ע או״ח קצ״ג:ג). Dans une grande salle où ואינם יכולי׳ לשמוע ברכת זימון מפי המברך (שו״ע או״ח קצ״ג:א), le Mehaber autorise expressément יכולים ליחלק לחבורות של ג׳ ג׳ ולברך בנחת (שו״ע או״ח קצ״ג:א), comme faisait Rava : כי אכלינן רפתא בי ריש גלותא מברכינן שלשה שלשה (ברכות נ׳ ע״א). Pour la pratique, on suit son Rav.

Questions de compréhension

Vérifie ta compréhension :
  1. Pourquoi, à deux, y a-t-il une mitsva de se séparer — et quelle est l'exception (séif 1) ?
  2. Pourquoi six peuvent-ils se diviser alors que cinq ne le peuvent pas (séif 1) ?
  3. À quel moment se mesure la קביעות, et pourquoi le שמש fait-il exception (séif 2) ?
  4. Pourquoi le pain commun ne suffit-il pas à joindre des convives dispersés dans un champ (séif 3) ?
  5. Que signifie פרח זימון, et pourquoi l'obligation ne revient-elle pas (séifim 5-6) ?

Pour aller plus loin

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DAAT · רב יוסף חיים סממה

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