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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION
Siman כ״ו · N'avoir qu'un seul tefilin (דין מי שאין לו אלא תפלה אחת)
דין מי שאין לו אלא תפלה אחת — on pose celui qu'on a et on bénit, car chaque tefilin est une mitsva en soi (אין מעכבות זו את זו)
סימן כ״ו · ב׳ סעיפים
דין מי שאין לו אלא תפלה אחת
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Ce siman court mais fondamental règle un cas fréquent : que faire quand on n'a qu'un seul des deux tefilin — le bras ou la tête. La réponse dévoile un yesod : chaque tefilin est une mitsva en soi (אין מעכבות זו את זו). Texte hébreu vocalisé, traduction française fluide et explications sur n'avoir qu'un tefilin (et le cas de l'אונס), sur les berakhot selon l'usage — tête seule « על מצות תפילין », bras seul « להניח » —, avec une section de cas pratiques.
Sujet : Celui qui n'a qu'un seul tefilin — poser celui qu'on a et bénir, l'אונס, et les berakhot pour la tête seule / le bras seul
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן כ״ו · ב׳ סעיפים
Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com
Le siman précédent nous a appris l'ordre idéal : le bras d'abord, puis la tête, deux mitsvot posées ensemble. Mais que faire lorsque cet idéal est hors de portée — qu'un seul tefilin est en main, ou qu'un אונס (empêchement) interdit d'en poser plus d'un ? Le Choulhan Aroukh répond avec force : on ne renonce pas. On pose celui qu'on a — bras ou tête — et on bénit dessus, car chaque tefilin est une mitsva en soi (שכל אחת מצוה בפני עצמה) : l'un n'empêche pas l'autre (אין מעכבות זו את זו). Ce principe, discret ici, est une des grandes assises des mitsvot : une mitsva accessible ne se perd pas parce qu'une autre manque. Reste alors la question de la berakha : sur la tête seule on dit « עַל מִצְוַת תְּפִלִּין » (et selon notre usage des deux berakhot quotidiennes, on dit les deux) ; sur le bras seul on dit « לְהָנִיחַ ». Nous étudions ici au niveau du principe ; pour le cas précis — un empêchement, un voyageur pressé — on se réfère à la décision du Rav.
📑 Plan de l'étude
A. אין לו אלא תפלה אחת — n'avoir qu'un tefilin (bras ou tête) : on pose celui qu'on a et on bénit, car chaque tefilin est une mitsva en soi (אין מעכבות) ; idem sous אונס (séif 1)
B. הברכות : ראש לבד / יד לבד — tête seule : « על מצות תפילין » (Rama, notre usage : ב׳ ברכות) ; bras seul : « להניח » (Tour) (séif 2)
+ Cas pratiques et questions de compréhension
A. N'avoir qu'un seul tefilin — כל אחת מצוה בפני עצמה (séif 1)
Texte original (séif 1)
[א] דִּין מִי שֶׁאֵין לוֹ אֶלָּא תְּפִלָּה אַחַת. וּבוֹ ב׳ סְעִיפִים. אִם אֵין לוֹ אֶלָּא תְּפִלָּה אַחַת, מַנִּיחַ אוֹתָהּ שֶׁיֵּשׁ לוֹ וּמְבָרֵךְ עָלֶיהָ, שֶׁכָּל אַחַת מִצְוָה בִּפְנֵי עַצְמָהּ. וְהוּא הַדִּין אִם יֵשׁ לוֹ שְׁתֵּיהֶם וְיֵשׁ לוֹ שׁוּם אֹנֶס שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לְהָנִיחַ אֶלָּא אַחַת, מַנִּיחַ אוֹתָהּ שֶׁיָּכוֹל.
[1] La règle de celui qui n'a qu'un seul tefilin (תפילה אחת). Il comprend ב׳ סעיפים (deux paragraphes). S'il n'a qu'un seul tefilin, il pose celui qu'il a et bénit dessus — car chacun est une mitsva en soi (שכל אחת מצוה בפני עצמה). Et il en est de même s'il a les deux mais qu'un אונס (empêchement) l'empêche de n'en poser qu'un seul : il pose celui qu'il peut.
כָּל אַחַת מִצְוָה בִּפְנֵי עַצְמָהּ (kol aḥat mitsva bifné atsmah) — « chacun est une mitsva en soi » — le tefilin du bras et celui de la tête ne forment pas une seule mitsva indivisible : ce sont deux mitsvot distinctes (שתי מצות — Menaḥot 44a). De là découle qu'elles ne se bloquent pas l'une l'autre (אין מעכבות זו את זו) : l'absence de l'une n'annule pas le devoir de poser l'autre. On oppose souvent ce cas aux quatre tsitsit (siman 13), qui, elles, מעכבות (l'absence d'un fil peut invalider). Ici au contraire : ce qu'on peut accomplir, on l'accomplit.
Ce que dit ce séif :
- Un seul tefilin : qu'il ait seulement le bras ou seulement la tête, on pose celui qu'on a et l'on bénit dessus.
- Le yesod : שכל אחת מצוה בפני עצמה — chaque tefilin est une mitsva indépendante ; l'un n'empêche pas l'autre (אין מעכבות).
- Le cas de l'אונס : même s'il a les deux, si un empêchement lui interdit d'en poser plus d'un, il pose celui qu'il peut.
Le séif 1 en une phrase : qui n'a qu'un tefilin — ou qu'un אונס en limite à un — pose celui qu'il a et bénit, car chaque tefilin est une mitsva en soi (אין מעכבות זו את זו).
B. Les berakhot : tête seule / bras seul (séif 2)
Texte original (séif 2)
[ב] אִם אֵינוֹ מַנִּיחַ אֶלָּא שֶׁל רֹאשׁ לְבַד, מְבָרֵךְ עָלֶיהָ « עַל מִצְוַת תְּפִלִּין » לְבַד. הַגָּהּ: וּלְדִידַן דְּנוֹהֲגִים לְבָרֵךְ בְּכָל יוֹם ב׳ בְּרָכוֹת, יְבָרֵךְ עַל שֶׁל רֹאשׁ לְבַד שְׁתֵּי בְּרָכוֹת. וְאִם הִנִּיחַ שֶׁל יָד לְבַד, מְבָרֵךְ « לְהָנִיחַ » לְבַד [טוּר].
[2] S'il ne pose que celui de la tête (של ראש) seul, il bénit dessus « על מצות תפילין » seule. Glose (Rama) : et pour nous, qui avons l'usage de bénir chaque jour ב׳ ברכות (deux bénédictions), il bénira sur celui de la tête seul les deux bénédictions. Et s'il a posé celui du bras (של יד) seul, il bénit « להניח » seule [Tour].
עַל מִצְוַת תְּפִלִּין / לְהָנִיחַ תְּפִלִּין — les deux berakhot du tefilin — dans l'ordre habituel (siman 25, séif 5), on bénit « לְהָנִיחַ תְּפִלִּין » sur le bras, et — selon les avis — « עַל מִצְוַת תְּפִלִּין » sur la tête. Chaque berakha est ainsi rattachée à un tefilin : « להניח » (poser) au bras, « על מצות » à la tête. Notre siman en tire la conséquence : celui qui ne pose qu'un seul tefilin dit la berakha propre à ce tefilin-là.
Ce que dit ce séif :
- Tête seule (Mehaber) : on bénit « עַל מִצְוַת תְּפִלִּין » — la berakha propre à la tête.
- Tête seule (Rama, notre usage) : puisque nous disons chaque jour ב׳ ברכות, on dit sur la tête seule les deux berakhot (« להניח » + « על מצות »).
- Bras seul (Tour) : on bénit « לְהָנִיחַ » seule — la berakha propre au bras.
À retenir : tête seule → « על מצות תפילין » (Mehaber) ; selon notre usage des 2 berakhot (Rama), on dit sur la tête les deux. Bras seul → « להניח ». Le renvoi au siman 25 (la machloket 1 ou 2 berakhot) éclaire tout ce séif.
Cas pratiques
Cas 1 — On n'a qu'un seul tefilin
Situation : au matin, on constate qu'un des deux tefilin est égaré ou abîmé, et l'on ne dispose que de l'autre (le bras, ou la tête).
Conduite : on ne renonce pas à la mitsva accessible : on pose celui qu'on a et l'on bénit dessus (séif 1), car chaque tefilin est une mitsva en soi (אין מעכבות זו את זו). Pour la berakha (séif 2) : si c'est la tête seule → « עַל מִצְוַת תְּפִלִּין » (et selon notre usage, les deux berakhot) ; si c'est le bras seul → « לְהָנִיחַ ». Le détail de la berakha selon la communauté relève de la conduite fine : on se réfère à la décision du Rav.
Cas 2 — Quelle berakha pour la tête seule / le bras seul
Situation : on ne pose qu'un tefilin et l'on veut dire la bonne bénédiction.
Conduite : chaque berakha suit son tefilin. Tête seule : « עַל מִצְוַת תְּפִלִּין » selon le Mehaber ; mais selon notre usage des deux berakhot quotidiennes (Rama, en écho au siman 25), on dit sur la tête seule les deux berakhot (« להניח » + « על מצות »). Bras seul : « לְהָנִיחַ » (Tour). Comme il s'agit d'un point de ספק ברכות (doute sur les bénédictions), on suit précisément l'usage de sa communauté — on se réfère à la décision du Rav.
Cas 3 — Un empêchement (אונס) ou le voyageur pressé
Situation : on possède les deux tefilin, mais un empêchement — ou la hâte d'un départ en voyage — ne laisse le temps ou la possibilité d'en poser qu'un seul.
Conduite : le séif 1 le pose en principe : même quand on a les deux, si un אונס ne permet d'en poser qu'un, on pose celui qu'on peut et l'on bénit — l'un n'attend pas l'autre. Le cas du voyageur pressé (השכים לדרך עם שיירא) est développé par l'Admour HaZaken (niveau 4) : la hâte du chemin ne dispense pas de la mitsva ; on pose ce qu'on peut avant de partir. Pour l'application concrète — que poser, dans quel ordre, avec quelle berakha —, on se réfère à la décision du Rav.
Questions de compréhension
Vérifie ta compréhension :
- Que fait-on quand on n'a qu'un seul tefilin (séif 1) ? Pose-t-on et bénit-on, ou attend-on d'avoir les deux ?
- Qu'est-ce que שכל אחת מצוה בפני עצמה et אין מעכבות זו את זו ? En quoi cela diffère-t-il des quatre tsitsit (siman 13) ?
- Qu'est-ce qu'un אונס, et que fait-on si l'on a les deux tefilin mais qu'on ne peut en poser qu'un ?
- Quelle berakha dit-on si l'on ne pose que la tête (séif 2) ? Qu'ajoute le Rama selon notre usage ?
- Quelle berakha dit-on si l'on ne pose que le bras ? À quel siman ce séif renvoie-t-il ?
Pour aller plus loin
Si tu veux approfondir ce siman :
📖Rejoindre la khavroutha
- 📚 Niveau 2 — Lamdan : pour le pilpoul — שתי מצות ואין מעכבות (מנחות מ״ד) et le yesod que כל אחת מצוה בפני עצמה ; le חילוק avec ד׳ ציצית שמעכבות (סימן י״ג) ; הברכות לפי המנהג — ראש לבד « על מצות » / יד לבד « להניח » ; מחלוקת ברכה אחת או שתים (הרמב״ם והרא״ש) והמנהג ; וספק ברכות
- ✨ Niveau 3 — Synthèse : pour la révision et la mémorisation rapide
- 👑 Niveau 4 — Daat HaRav (Admour HaZaken) : la chitah du Choulhan Aroukh HaRav — כל אחת מצוה בפני עצמה, le cas de l'אונס, le voyageur pressé (השכים לדרך עם שיירא) et les berakhot selon chaque cas