Orah Haïm כ״ו · Niveau 4 · שיטת אדמו״ר הזקן

דעת הרב

Niveau 4 — Daat HaRav (Admour HaZaken) — Siman כ״ו (דין מי שאין לו אלא תפלה אחת)

La voie de l'Admour HaZaken pour celui qui n'a qu'un seul tefilin : chaque tefilin est מִצְוָה בִּפְנֵי עַצְמָהּ (שֶׁאֵין מְעַכְּבוֹת זוֹ אֶת זוֹ), le cas de l'אֹנֶס (il a les deux mais ne peut en poser qu'un), le מַשְׁכִּים לָצֵאת בַּדֶּרֶךְ עִם שַׁיָּרָא (le voyageur pressé), et les בְּרָכוֹת selon le cas — deux sur le rosh seul, « לְהָנִיחַ » sur le yad seul (renvoi au siman כ״ה) — dans la sensibilité de Habad.

Pourquoi un niveau 4 dédié à l'Admour HaZaken ? Le Choulhan Aroukh de l'Admour HaZaken n'est pas un commentaire sur le Mehaber (מחבר) — c'est un Choulhan Aroukh autonome et complet, écrit par l'Admour HaZaken (Rabbi Schneur Zalman de Liadi, fondateur de Habad, élève du Maguid (מגיד) de Mezeritch). Sa singularité : il combine halakha (הלכה) + טעמי המצוות + dimension intérieure dans un seul ouvrage, et il tranche avec une rigueur talmudique unique.

Pour le Habad, l'Admour HaZaken est הפוסק האחרון — son psak est l'autorité décisionnaire. Le Rabbi a explicitement instruit d'étudier sérieusement le Choulhan Aroukh de l'Admour HaZaken (שולחן ערוך הרב). Cette page rassemble la voie du Rav sur le siman כ״ו — דין מי שאין לו אלא תפלה אחת (celui qui n'a qu'un seul tefilin). Le Mehaber traite ce siman en 2 seifim (ב׳ סעיפים), et l'Admour HaZaken le déploie en 5 seifim (ה׳ סעיפים) : chaque tefilin est מצוה בפני עצמה (אֵין מְעַכְּבוֹת זוֹ אֶת זוֹ), le cas de l'אֹנֶס, le מַשְׁכִּים לַדֶּרֶךְ עִם שַׁיָּרָא, et les berakhot du rosh seul et du yad seul.

→ Lire la préface générale sur la chitah de l'Admour HaZaken

Note de source. Le texte hébreu reproduit dans cette page est le texte intégral et réel du Choulhan Aroukh de l'Admour HaZaken, Orah Haïm siman כ״ו5 seifim (ה׳ סעיפים) de la main du Rav — d'après l'édition Kehot telle que numérisée sur Sefaria (Shulchan Arukh HaRav, Orach Chayim כ״ו). À noter : le Mehaber traite ce siman en 2 seifim (ב׳ סעיפים), l'Admour HaZaken le déploie en 5 seifim — il y développe le principe שֶׁכָּל אַחַת מִצְוָה בִּפְנֵי עַצְמָהּ (אֵין מְעַכְּבוֹת), le cas de l'אֹנֶס, le מַשְׁכִּים לַדֶּרֶךְ עִם שַׁיָּרָא, et les berakhot selon chaque cas. Les traductions françaises sont les nôtres. Aucun passage n'est cité hors de ce texte vérifiable.
1 · טקסט אדמו״ר הזקן

שולחן ערוך הרב — סימן כ״ו — דִּין מִי שֶׁאֵין לוֹ אֶלָּא תְּפִלָּה אַחַת

Le texte intégral du Choulhan Aroukh de l'Admour HaZaken

שולחן ערוך הרב, סימן כ״ו — דִּין מִי שֶׁאֵין לוֹ אֶלָּא תְּפִלָּה אַחַת — וּבוֹ ה׳ סְעִיפִים
Texte de l'Admour HaZaken lui-même (source Sefaria Shulchan_Arukh_HaRav,_Orach_Chayim.26), suivi de notre traduction française. Le Mehaber traite ce siman en 2 seifim (ב׳ סעיפים) ; l'Admour HaZaken en 5 (ה׳ סעיפים).

סעיף א אִם אֵין לוֹ אֶלָּא תְּפִלָּה אַחַת — מֵנִיחַ אוֹתָהּ שֶׁיֵּשׁ לוֹ וּמְבָרֵךְ, שֶׁכָּל אַחַת מִצְוָה בִּפְנֵי עַצְמָהּ.

אִם אֵין לוֹ אֶלָּא תְּפִלָּה אַחַת, בֵּין שֶׁהִיא שֶׁל יָד בֵּין שֶׁהִיא שֶׁל רֹאשׁ — מֵנִיחַ אוֹתָהּ שֶׁיֵּשׁ לוֹ וּמְבָרֵךְ עָלֶיהָ, מִפְּנֵי שֶׁכָּל אַחַת מִצְוָה בִּפְנֵי עַצְמָהּ וְאֵין מְעַכְּבוֹת זוֹ אֶת זוֹ:

Un seul tefilin — on le pose et on bénit. S'il n'a qu'un seul tefilin, que ce soit celui du bras ou celui de la tête — il pose celui qu'il a et bénit dessus, car chacun est une mitzva en soi (מִצְוָה בִּפְנֵי עַצְמָהּ) et ils ne s'empêchent pas l'un l'autre (אֵין מְעַכְּבוֹת זוֹ אֶת זוֹ).

סעיף ב וְהוּא הַדִּין אִם יֵשׁ לוֹ שְׁתֵּיהֶן אֶלָּא שֶׁיֵּשׁ לוֹ שׁוּם אֹנֶס — מֵנִיחַ אוֹתָהּ שֶׁיָּכוֹל וּמְבָרֵךְ עָלֶיהָ.

וְהוּא הַדִּין אִם יֵשׁ לוֹ שְׁתֵּיהֶן אֶלָּא שֶׁיֵּשׁ לוֹ שׁוּם אֹנֶס שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לְהָנִיחַ רַק אַחַת מֵהֶן — מֵנִיחַ אוֹתָהּ שֶׁיָּכוֹל וּמְבָרֵךְ עָלֶיהָ:

De même en cas d'אֹנֶס. Il en va de même s'il a les deux, mais qu'un empêchement (אֹנֶס) l'oblige à n'en poser qu'un seul — il pose celui qu'il peut et bénit dessus.

סעיף ג הַמַּשְׁכִּים לָצֵאת בַּדֶּרֶךְ עִם שַׁיָּרָא — מֵנִיחַ שֶׁל רֹאשׁ לְבַד ; וְאִם לֹא יוּכַל אַחַר־כָּךְ — יָנִיחַ שְׁתֵּיהֶן קֹדֶם הֲלִיכָתוֹ.

הַמַּשְׁכִּים לָצֵאת בַּדֶּרֶךְ עִם שַׁיָּרָא וְאֵין הַשַּׁיָּרָא מַמְתֶּנֶת עָלָיו וְאֵינוֹ יָכוֹל לְהִתְעַכֵּב כְּדֵי לְהָנִיחַ תְּפִלִּין שֶׁל יָד — מֵנִיחַ תְּפִלִּין שֶׁל רֹאשׁ לְבַד, שֶׁאֵין בַּהֲנָחָתוֹ שְׁהוּת כָּל כָּךְ. בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים? כְּשֶׁיִּהְיֶה יָכוֹל לְהָנִיחַ אַחַר־כָּךְ גַּם תְּפִלִּין שֶׁל יָד, אֲבָל אִם לֹא יִהְיֶה יָכוֹל אַחַר־כָּךְ לְהָנִיחַ תְּפִלִּין שֶׁל יָד — צָרִיךְ לְהָנִיחַ עַכְשָׁו קֹדֶם הֲלִיכָתוֹ מִבֵּיתוֹ תְּפִלִּין שֶׁל יָד וּתְפִלִּין שֶׁל רֹאשׁ, דְּמִשּׁוּם אִחוּר דַּרְכּוֹ לֹא הִתִּירוּ לוֹ לְבַטֵּל מִצְוַת תְּפִלִּין:

Le voyageur pressé (מַשְׁכִּים לַדֶּרֶךְ). Celui qui se lève tôt pour partir en voyage avec une caravane (שַׁיָּרָא) qui ne l'attend pas, et qui ne peut s'attarder pour poser le tefilin du bras — pose le tefilin de la tête seul, dont la pose ne demande pas autant de temps. Dans quel cas ? Lorsqu'il pourra ensuite poser aussi le tefilin du bras. Mais s'il ne pourra pas le poser ensuite — il doit poser maintenant, avant de quitter sa maison, le tefilin du bras et celui de la tête, car le retard de son voyage n'autorise pas à annuler la mitzva des tefilin (מִשּׁוּם אִחוּר דַּרְכּוֹ לֹא הִתִּירוּ לְבַטֵּל מִצְוַת תְּפִלִּין).

סעיף ד אִם אֵינוֹ מֵנִיחַ אֶלָּא שֶׁל רֹאשׁ לְבַד — מְבָרֵךְ עָלֶיהָ שְׁתֵּי בְּרָכוֹת, כְּמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר בְּסִימָן כה.

אִם אֵינוֹ מֵנִיחַ אֶלָּא תְּפִלִּין שֶׁל רֹאשׁ לְבַד — מְבָרֵךְ עָלֶיהָ שְׁתֵּי בְּרָכוֹת: "לְהָנִיחַ תְּפִלִּין" וְ"עַל מִצְוַת תְּפִלִּין", כְּמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר הַטַּעַם בְּסִימָן כה:

Le rosh seul — deux berakhot. S'il ne pose que le tefilin de la tête seul — il fait dessus deux berakhot : « לְהָנִיחַ תְּפִלִּין » et « עַל מִצְוַת תְּפִלִּין », comme le taam en a été expliqué au siman כ״ה (le nossah selon notre usage).

סעיף ה אִם אֵינוֹ מֵנִיחַ אֶלָּא שֶׁל יָד בִּלְבַד — אֵינוֹ מְבָרֵךְ אֶלָּא "לְהָנִיחַ תְּפִלִּין" לְבַד ; וְהַמִּנְהָג כַּסְּבָרָא הָרִאשׁוֹנָה.

אִם אֵינוֹ מֵנִיחַ אֶלָּא תְּפִלִּין שֶׁל יָד בִּלְבַד — אֵינוֹ מְבָרֵךְ אֶלָּא "לְהָנִיחַ תְּפִלִּין" לְבַד. וְיֵשׁ אוֹמְרִים שֶׁאֲפִלּוּ אֵינוֹ מֵנִיחַ אֶלָּא תְּפִלִּין שֶׁל רֹאשׁ לְבַד — אֵינוֹ מְבָרֵךְ אֶלָּא "עַל מִצְוַת תְּפִלִּין" לְבַד. וּכְבָר נִתְבָּאֵר בְּסִימָן כה דְּהַמִּנְהָג בְּאֵלּוּ הָאֲרָצוֹת כַּסְּבָרָא הָרִאשׁוֹנָה:

Le yad seul — « לְהָנִיחַ » seule. S'il ne pose que le tefilin du bras seul — il ne bénit que « לְהָנִיחַ תְּפִלִּין » seule. Et il en est qui disent (וְיֵשׁ אוֹמְרִים) que même s'il ne pose que le tefilin de la tête seul, il ne bénit que « עַל מִצְוַת תְּפִלִּין » seule. Mais il a déjà été expliqué au siman כ״ה que l'usage de ces pays est selon le premier avis (כַּסְּבָרָא הָרִאשׁוֹנָה) — deux berakhot sur le rosh seul.

Source : Sefaria — Shulchan Arukh HaRav, Orach Chayim כ״ו (édition Kehot, 5 seifim / ה׳ סעיפים). Traduction française : DAAT. Le Mehaber traite ce siman en 2 seifim (ב׳ סעיפים) ; aucun passage n'est cité hors de ce texte vérifiable.

2 · היסוד

היסוד — כל אחת מצוה בפני עצמה, אונס ומשכים לדרך, והברכות של ראש ושל יד

Le yesod : chaque tefilin est une mitsva en soi, l'אונס et le voyageur, et les berakhot

La lecture de l'Admour HaZaken sur ce siman tient en trois mouvements. D'abord, le yesod : chaque tefilin est מִצְוָה בִּפְנֵי עַצְמָהּ et ils ne s'empêchent pas l'un l'autre (אֵין מְעַכְּבוֹת) — donc qui n'a qu'un seul le pose et bénit (séif א), et de même en cas d'אֹנֶס (séif ב). Ensuite, la conduite du voyageur pressé (מַשְׁכִּים לַדֶּרֶךְ עִם שַׁיָּרָא) — poser le rosh seul, mais si nécessaire poser les deux avant de partir (séif ג). Enfin, les berakhot selon le cas — deux sur le rosh seul, « לְהָנִיחַ » sur le yad seul, l'usage étant כַּסְּבָרָא הָרִאשׁוֹנָה (séifim ד-ה).

כל אחת מצוה בפני עצמה — אין מעכבות

Chaque tefilin est une mitsva en soi — אין מעכבות

Le yesod (séifim א-ב). Le Rav pose le principe : le tefilin du bras et celui de la tête ne sont pas une seule mitzva mais deux, שֶׁכָּל אַחַת מִצְוָה בִּפְנֵי עַצְמָהּ, וְאֵין מְעַכְּבוֹת זוֹ אֶת זוֹ. Le manque de l'un ne bloque donc pas l'autre.

La conséquence. Qui n'a qu'un seul tefilin — de bras ou de tête — le pose et bénit dessus ; et de même celui qui a les deux mais qu'un אֹנֶס empêche de n'en poser qu'un : il pose ce qu'il peut et bénit.

המשכים לדרך עם שיירא

Le voyageur pressé — מַשְׁכִּים לַדֶּרֶךְ

Le cas (séif ג). Celui qui part tôt avec une שַׁיָּרָא qui ne l'attend pas, et ne peut s'attarder pour le tefilin du bras — pose le rosh seul, dont la pose est plus brève.

La limite. בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים ? Seulement s'il pourra poser le bras plus tard. Sinon — il doit poser les deux avant de quitter sa maison, car מִשּׁוּם אִחוּר דַּרְכּוֹ לֹא הִתִּירוּ לְבַטֵּל מִצְוַת תְּפִלִּין : le retard du voyage n'autorise pas à annuler la mitzva.

הברכות — של ראש לבד / של יד לבד

Les berakhot — rosh seul / yad seul

Rosh seul (séif ד). Selon notre usage, sur le tefilin de la tête seul on fait deux berakhot : « לְהָנִיחַ תְּפִלִּין » et « עַל מִצְוַת תְּפִלִּין » — le taam étant celui du siman כ״ה.

Yad seul et la מחלוקת (séif ה). Sur le bras seul — « לְהָנִיחַ תְּפִלִּין » seule. Le וְיֵשׁ אוֹמְרִים tient que même sur le rosh seul on ne dit que « עַל מִצְוַת תְּפִלִּין » seule ; mais הַמִּנְהָג בְּאֵלּוּ הָאֲרָצוֹת כַּסְּבָרָא הָרִאשׁוֹנָה (renvoi au siman כ״ה).

Renvoi à l'étude. La portée du principe posé ici — שֶׁכָּל אַחַת מִצְוָה בִּפְנֵי עַצְמָהּ : chaque tefilin porte sa propre valeur et sa propre berakha, et le manque de l'un ne fait pas perdre l'autre — rejoint la sensibilité de Habad sur le מוֹחַ et le לֵב (le bras כְּנֶגֶד הַלֵּב, la tête כְּנֶגֶד הַמֹּחַ ; voir siman כ״ה séif יא). Cette page le présente au niveau du principe attesté dans le texte du Rav, sans citer de chapitre ni de formulation précise, et sans rien ajouter d'inventé au sens spirituel. Pour l'étude approfondie de cette dimension, étudier avec un Rav de Habad et dans les textes eux-mêmes.

כל אחת מצוה בפני עצמה — au principe · pour l'étude, voir un Rav de Habad
3 · כח הפסק

כחו של אדמו״ר הזקן בפסק

La force du psak de l'Admour HaZaken

Comparaison de la voie de l'Admour HaZaken avec celles du Mehaber, du Rama (רמ״א) et de la Mishna Beroura (משנה ברורה) sur les points-clés du siman כ״ו. La ligne Choulhan Aroukh de l'Admour HaZaken (שולחן ערוך הרב) est mise en valeur — elle expose la sensibilité propre du Rav telle qu'elle ressort de son texte (§1, 5 seifim). Le Rav déploie en 5 seifim ce que le Mehaber dispose en 2.

Sujet Mehaber Rama Mishna Beroura Voie de l'Admour HaZaken (שולחן ערוך הרב)
אין לו אלא אחת — כל אחת מצוה בפני עצמה (séif א) OH 26:1 — אם אין לו אלא תפילה אחת, של יד או של ראש — מניח אותה ומברך עליה, שכל אחת מצוה בפני עצמה. MB 26 — le yesod אֵין מְעַכְּבוֹת זוֹ אֶת זוֹ (מנחות מד ע״א) ; on pose et on bénit. Voie de l'Admour HaZaken — il fonde le din sur מִפְּנֵי שֶׁכָּל אַחַת מִצְוָה בִּפְנֵי עַצְמָהּ וְאֵין מְעַכְּבוֹת זוֹ אֶת זוֹ : le manque de l'un ne bloque pas l'autre (séif א).
יש לו שתיהן אך אנוס (séif ב) OH 26:1 — implicite dans le même din (מניח את שיכול). MB 26 — même règle en cas d'אֹנֶס ; מניח את שיכול ומברך. Voie de l'Admour HaZaken — וְהוּא הַדִּין : s'il a les deux mais qu'un אֹנֶס l'empêche — מֵנִיחַ אוֹתָהּ שֶׁיָּכוֹל וּמְבָרֵךְ עָלֶיהָ (séif ב).
המשכים לדרך עם שיירא (séif ג) OH 26 — non détaillé ; principe général de ne pas annuler la mitzva. MB 26 — le voyageur pressé ; מִשּׁוּם אִחוּר דַּרְכּוֹ לֹא הִתִּירוּ לְבַטֵּל. Voie de l'Admour HaZaken — חידוש : il détaille le cas — מֵנִיחַ שֶׁל רֹאשׁ לְבַד ; בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים כְּשֶׁיּוּכַל אַחַר־כָּךְ, אֲבָל אִם לֹא — יָנִיחַ שְׁתֵּיהֶן קֹדֶם הֲלִיכָתוֹ (séif ג).
הברכות — של ראש לבד / של יד לבד (séifim ד-ה) OH 26:2 — של ראש לבד — מברך « עַל מִצְוַת תְּפִלִּין » (סברא הראשונה של הרב = ב׳ ברכות לפי המנהג). Hagaha 26:2 — לפי מנהגנו (ב׳ ברכות) : של ראש לבד — ב׳ ברכות ; של יד לבד — « לְהָנִיחַ » (טור). MB 26 — ספק ברכות ; renvoi au siman כה pour le nombre de berakhot selon le מנהג. Voie de l'Admour HaZaken — של רֹאשׁ לְבַד → שְׁתֵּי בְּרָכוֹת ; של יָד לְבַד → « לְהָנִיחַ » לְבַד ; le וי״א (ברכה אחת על הראש) rapporté, mais הַמִּנְהָג כַּסְּבָרָא הָרִאשׁוֹנָה (séifim ד-ה, renvoi סי׳ כה).

Tableau établi à partir du texte du Mehaber (Orah Haïm כ״ו, 2 seifim, source Sefaria), du Rama (séif ב) et des nossei kelim vérifiables (Beit Yossef, Tour, Rambam Hilkhot Tefilin ד, Rosh, Magen Avraham, Taz, Mishna Beroura, Beour Halakha, Pri Megadim, Aroukh haShulchan, Kaf haḤaim ; Talmud Menachot מד ע״א — שְׁתֵּי מִצְוֹת, אֵין מְעַכְּבוֹת). La colonne de l'Admour HaZaken s'appuie sur le texte réel du Choulhan Aroukh HaRav reproduit au §1. Les attributions de séif katan incertaines sont laissées « על דרך הסברה ».

4 · קווי היסוד של הרב

קווי היסוד של שיטת הרב

Les lignes de force de la voie du Rav sur ce siman

Trois orientations qui caractérisent la sensibilité de l'Admour HaZaken sur ce siman — au-delà de la simple application des règles. Chacune suit la structure : principe du siman → lecture du Rav → conséquence pratique. Chaque ligne s'appuie sur le texte réel du Rav (§1).

קו א — כל אחת מצוה בפני עצמה

כל אחת מצוה בפני עצמה — אין מעכבות

Principe du siman : qui n'a qu'un tefilin le pose et bénit (séif א du Mehaber).

Lecture du Rav : il en donne le טעם — שֶׁכָּל אַחַת מִצְוָה בִּפְנֵי עַצְמָהּ וְאֵין מְעַכְּבוֹת זוֹ אֶת זוֹ (deux mitzvot, non une seule) ; le manque de l'un n'annule pas l'autre.

Conséquence pratique : un seul tefilin (de bras ou de tête) → le poser et bénir dessus ; ne jamais y renoncer parce que l'autre manque (séif א).

קו ב — אונס ומשכים לדרך

L'אונס et le voyageur pressé

Principe du siman : ne pas annuler la mitzva à cause d'un empêchement.

Lecture du Rav : en cas d'אֹנֶס — poser ce qu'on peut (séif ב) ; le מַשְׁכִּים לַדֶּרֶךְ עִם שַׁיָּרָא pose le rosh seul, mais si pas d'autre occasion — les deux avant de partir (séif ג).

Conséquence pratique : le retard du voyage ne dispense pas — מִשּׁוּם אִחוּר דַּרְכּוֹ לֹא הִתִּירוּ לְבַטֵּל מִצְוַת תְּפִלִּין ; pour le cas concret → consulter un Rav (séifim ב-ג).

קו ג — הברכות לפי המנהג

Les berakhot selon le מנהג

Principe du siman : quelle berakha sur le rosh seul / le yad seul (séif ב du Mehaber ; Rama).

Lecture du Rav : rosh seul → שְׁתֵּי בְּרָכוֹת (« לְהָנִיחַ » et « עַל מִצְוַת ») ; yad seul → « לְהָנִיחַ » לְבַד ; le וי״א rapporté, mais הַמִּנְהָג כַּסְּבָרָא הָרִאשׁוֹנָה (renvoi סי׳ כה).

Conséquence pratique : suivre le nombre de berakhot de son מנהג ; en cas de doute → un Rav (séifim ד-ה).

5 · למעשה

הלכה למעשה — מנהג חב״ד

La conduite Habad pratique

Cinq points de conduite qui découlent directement du siman כ״ו dans la sensibilité de l'Admour HaZaken et de Habad — présentés au niveau du principe, en renvoyant au Rav pour le détail des cas particuliers et des minhaguim.

Pour le Hassid Habad — Siman כ״ו (דין מי שאין לו אלא תפלה אחת)

  • ① Un seul tefilin — on le pose et on bénit. Qui n'a qu'un tefilin, de bras ou de tête, le pose et bénit dessus — car שֶׁכָּל אַחַת מִצְוָה בִּפְנֵי עַצְמָהּ וְאֵין מְעַכְּבוֹת זוֹ אֶת זוֹ. Fondement : SA HaRav séif א.
  • ② En cas d'אֹנֶס. S'il a les deux mais qu'un empêchement (אֹנֶס) l'oblige à n'en poser qu'un — il pose celui qu'il peut et bénit dessus. Fondement : SA HaRav séif ב.
  • ③ Le voyageur pressé — מַשְׁכִּים לַדֶּרֶךְ. Avec une שַׁיָּרָא qui ne l'attend pas : poser le rosh seul ; mais s'il ne pourra pas poser le bras ensuite — poser les deux avant de partir (le retard du voyage n'annule pas la mitzva). Fondement : SA HaRav séif ג.
  • ④ Le rosh seul — deux berakhot. Selon notre usage : sur le tefilin de la tête seul, « לְהָנִיחַ תְּפִלִּין » et « עַל מִצְוַת תְּפִלִּין » (taam du siman כ״ה). Fondement : SA HaRav séif ד.
  • ⑤ Le yad seul — « לְהָנִיחַ » seule. Sur le tefilin du bras seul, « לְהָנִיחַ תְּפִלִּין » seule ; le וי״א est rapporté, mais הַמִּנְהָג בְּאֵלּוּ הָאֲרָצוֹת כַּסְּבָרָא הָרִאשׁוֹנָה. Fondement : SA HaRav séif ה.

⚠ Cette section présente la conduite Habad fondée sur le Choulhan Aroukh de l'Admour HaZaken, siman כ״ו (texte réel reproduit au §1). Elle ne remplace pas une décision rabbinique pour un cas particulier. Pour toute question concrète — et notamment le nombre de berakhot sur un tefilin seul, le cas de l'אֹנֶס et du voyageur : consulter ton Rav, et pour Habad, un Rav de Habad.