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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman ל״א · Les tefilin à Chabbat et Yom Tov (דין תפילין בשבת ויום טוב)

Pourquoi ne pose-t-on pas les tefilin à Chabbat et Yom Tov ? Ces jours sont eux-mêmes un אות (signe) ; ajouter les tefilin serait un זלזול de leur propre signe. Même raison à חול המועד — avec la glose du Rama.
סימן ל״א · ב׳ סעיפים
דין תפילין בשבת ויום טוב
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Les tefilin sont eux-mêmes un אות — un « signe » de l'alliance entre Israël et le Saint béni soit-Il. Or Chabbat et Yom Tov sont, eux aussi, des jours qui portent leur propre signe. Aussi ne pose-t-on pas les tefilin ces jours-là : celui qui a déjà un signe n'a pas besoin d'un second, et l'ajouter serait un זלזול — un manque d'égard — envers le signe du jour. Le siman applique la même raison à חול המועד, et rapporte la glose du Rama. Texte hébreu vocalisé, traduction française fluide et explications des deux séifim, avec une section de cas pratiques.

Sujet : Les tefilin à Chabbat et Yom Tov — ces jours sont eux-mêmes un signe, et חול המועד selon le même motif, avec la glose du Rama
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן ל״א · שני סעיפים

Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

Le siman précédent nous a appris quand poser les tefilin — leur temps est le jour et non la nuit (siman 30). Reste une autre question de temps : y a-t-il des jours où l'on ne les pose pas du tout ? Le Choulhan Aroukh répond que Chabbat et Yom Tov sont eux-mêmes un אות, un signe de l'alliance ; et puisque le tefilin est lui aussi un signe, en poser un ces jours-là serait un זלזול, un manque d'égard envers le signe propre du jour saint. Il en va de même pour חול המועד, dont les jours sont eux aussi un signe — mais le Rama rapporte qu'il en est qui disent (וי״א) que חול המועד est ḥayav en tefilin, et que l'usage, dans ces contrées, était de les poser à חול המועד et de bénir dessus, mais sans bénir à voix haute à la synagogue. Nous étudions ici au niveau du principe ; pour la conduite fine — et notamment l'usage de sa propre communauté à חול המועד — on se réfère à la décision du Rav.

📑 Plan de l'étude

A. Chabbat et Yom Tov — on ne pose pas les tefilin : ces jours sont eux-mêmes un אות, et l'ajouter serait un זלזול de leur signe (séif 1)
B. חול המועד — même raison (ces jours aussi sont un אות) ; glose du Rama : וי״א ḥayav, et l'usage de poser sans bénir à voix haute (séif 2)
+ Cas pratiques et questions de compréhension

A. Chabbat et Yom Tov — on ne pose pas les tefilin (séif 1)

Texte original (séif 1)

[א] בְּשַׁבָּת וְיוֹם טוֹב אָסוּר לְהָנִיחַ תְּפִלִּין, מִפְּנֵי שֶׁהֵם עַצְמָם אוֹת, וְאִם מְנִיחִים בָּהֶם אוֹת אַחֵר הָיָה זִלְזוּל לָאוֹת שֶׁלָּהֶם.
[1] À Chabbat et Yom Tov, il est interdit de poser les tefilin, parce qu'ils sont eux-mêmes un signe (אות) ; et si l'on posait sur eux un autre signe, ce serait un mépris (זלזול) de leur propre signe.
אוֹת — le « signe » — le tefilin est appelé un signe : « וְהָיָה לְךָ לְאוֹת עַל יָדְךָ » — « ce sera pour toi un signe sur ta main » (Chemot 13). De même, Chabbat est un signe : « אוֹת הִיא בֵּינִי וּבֵינֵיכֶם » — « c'est un signe entre Moi et vous » (Chemot 31). Le tefilin proclame le lien d'Israël avec son Créateur ; mais le jour de Chabbat (et de Yom Tov) proclame déjà ce même lien, par lui-même. Celui qui possède déjà un signe n'a pas besoin d'un second.
זִלְזוּל — un « manque d'égard » — venir poser un autre signe (les tefilin) sur un jour qui est déjà, en lui-même, un signe, reviendrait à traiter le signe du jour comme s'il ne suffisait pas — ce serait un זלזול, une atteinte à l'honneur du signe propre de Chabbat et de Yom Tov. C'est pourquoi, ces jours-là, on ne pose pas les tefilin.
Ce que dit ce séif :
Le séif en une phrase : à Chabbat et à Yom Tov, on ne pose pas les tefilin, car ces jours sont eux-mêmes un signe (אות), et en ajouter un second serait un זלזול de leur propre signe.

B. חול המועד — même raison ; la glose du Rama (séif 2)

Texte original (séif 2)

[ב] בְּחֹל הַמּוֹעֵד גַּם כֵּן אָסוּר לְהָנִיחַ תְּפִלִּין מֵהַטַּעַם הַזֶּה בְּעַצְמוֹ, שֶׁיְּמֵי חֹל הַמּוֹעֵד גַּם הֵם אוֹת. הַגָּה: וְיֵשׁ אוֹמְרִים שֶׁחֹל הַמּוֹעֵד חַיָּב בִּתְפִלִּין [בֵּית יוֹסֵף בְּשֵׁם הָרֹא״שׁ], וְכֵן נוֹהֲגִין בְּכָל גְּלִילוֹת אֵלּוּ לְהָנִיחָם בַּמּוֹעֵד וּלְבָרֵךְ עֲלֵיהֶם, אֶלָּא שֶׁאֵין מְבָרְכִין עֲלֵיהֶם בְּקוֹל רָם בְּבֵית הַכְּנֶסֶת כְּמוֹ שְׁאָר יְמוֹת הַשָּׁנָה.
[2] À חול המועד également, il est interdit de poser les tefilin, pour ce même motif : car les jours de חול המועד sont eux aussi un signe (אות). Glose (Rama) : Et il en est qui disent (וי״א) que חול המועד est astreint aux tefilin [Beit Yossef au nom du Rosh], et c'est ainsi que l'on a coutume, dans toutes ces contrées, de les poser à חול המועד et de bénir dessus — sauf que l'on ne bénit pas dessus à voix haute à la synagogue comme aux autres jours de l'année.
חוֹל הַמּוֹעֵד — les jours intermédiaires de la fête — ce sont les jours qui se trouvent entre les premiers et les derniers jours de Pessah et de Souccot. Le Choulhan Aroukh (le Mehaber) enseigne qu'ils sont, eux aussi, un אות — un signe de la fête — et qu'à ce titre on n'y pose pas les tefilin, exactement pour la même raison qu'à Chabbat et à Yom Tov.
הַגָּה — la glose du Rama (וי״א חַיָּב) — le Rama (Rabbi Moché Isserlès, l'autorité du psak ashkénaze) ajoute qu'il en est qui disent (וי״א), au nom du Rosh rapporté par le Beit Yossef, que חול המועד est au contraire astreint aux tefilin — car les jours intermédiaires ne portent pas un signe aussi complet que Chabbat et Yom Tov. Selon cet avis, l'usage dans ces contrées était de poser les tefilin à חול המועד et de bénir dessus — mais sans réciter la berakha à voix haute à la synagogue, à la différence des autres jours de l'année, par égard pour l'autre avis (celui du Mehaber).
Ce que dit ce séif :
Le séif en une phrase : à חול המועד, le Mehaber interdit lui aussi les tefilin (ces jours sont un signe) ; le Rama rapporte l'avis contraire (וי״א ḥayav) et l'usage de les poser sans bénir à voix haute à la synagogue.

Pour comprendre : le tefilin comme אות

Le tefilin, un « signe » — et pourquoi le jour saint n'en a pas besoin — la Torah appelle le tefilin un אות : porté sur le bras et sur la tête, il est le témoin visible de l'attachement d'Israël à son Créateur, du joug du Ciel accepté sur le cœur et sur l'esprit. Or Chabbat et Yom Tov — et à leur suite חול המועד — sont eux-mêmes proclamés signes par la Torah : le repos et la sainteté du jour disent déjà, par eux-mêmes, ce même lien. Le jour saint est donc lui-même ce que le tefilin exprime les jours ordinaires ; y ajouter le tefilin ne renforcerait pas le signe — cela reviendrait à le dévaloriser, comme si le signe du jour ne suffisait pas.
Voilà pourquoi l'absence de tefilin, à Chabbat et à Yom Tov, n'est pas un manque mais une élévation : le jour lui-même tient lieu de signe, et le juif, ce jour-là, est tout entier ce signe — sans avoir besoin de le porter sur le corps.

Cas pratiques

Cas 1 — Pose-t-on les tefilin à Chabbat ou à Yom Tov ?

Situation : c'est le matin de Chabbat (ou d'un jour de Yom Tov). Faut-il, comme en semaine, poser les tefilin pour la prière ?
Conduite : non — on ne pose pas les tefilin à Chabbat ni à Yom Tov (séif 1). Ces jours sont eux-mêmes un אות, un signe ; en poser un second serait un זלזול, un manque d'égard envers le signe propre du jour. Le juif, ce jour-là, porte le signe par le jour lui-même.

Cas 2 — Et à חול המועד ?

Situation : on est aux jours intermédiaires de Pessah ou de Souccot (חול המועד). Pose-t-on les tefilin ?
Conduite : ici les avis divergent. Pour le Mehaber, on ne pose pas les tefilin à חול המועד (ces jours aussi sont un signe). Le Rama rapporte l'avis (וי״א) qui les rend ḥayav et l'usage de les poser sans bénir à voix haute à la synagogue (séif 2). L'usage varie selon les communautés — la conduite concrète dépend du minhag de sa communauté et de sa famille : on se réfère sur ce point à la décision de son Rav.

Cas 3 — Comprendre le sens : le signe du jour

Situation : un débutant demande pourquoi un jour aussi élevé que Chabbat serait « privé » de la mitsva des tefilin.
Éclairage : ce n'est pas une privation. Le tefilin est un אות, un signe du lien avec le Créateur ; mais Chabbat et Yom Tov sont déjà, par eux-mêmes, ce signe. Le jour saint est ce que le tefilin exprime en semaine. En poser un ce jour-là n'ajouterait rien — cela reviendrait à traiter le signe du jour comme insuffisant. L'absence de tefilin est donc, ici, la marque de la plénitude du jour.

Questions de compréhension

Vérifie ta compréhension :
  1. Pourquoi ne pose-t-on pas les tefilin à Chabbat et à Yom Tov ? Qu'est-ce qu'un אות ?
  2. En quoi ajouter les tefilin ces jours-là serait-il un זלזול ?
  3. Quel est le motif du Mehaber pour חול המועד ? En quoi rejoint-il celui de Chabbat et Yom Tov ?
  4. Que rapporte le Rama (וי״א) au sujet de חול המועד, et quel usage décrit-il ? Pourquoi sans bénir à voix haute ?
  5. En quoi l'absence de tefilin, à Chabbat, est-elle une élévation plutôt qu'un manque ?

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
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