Siman ל״ח · Qui est tenu aux tefilin et qui en est exempté (מי הם החייבין בתפילין והפטורים)
מי הם החייבין בתפילין והפטורים — le malade des intestins et le souffrant, les femmes et les esclaves (מ״ע שהזמן גרמא), l'endeuillé et le ט׳ באב, le חתן et les gens de la ḥoupa, les sofrim et le principe העוסק במצווה, מנודה ומצורע
סימן ל״ח · י״ג סעיפים
מי הם החייבין בתפילין והפטורים
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
✦ ❖ ✦
Après avoir enseigné quand on met les tefilin (siman 37), le Choulhan Aroukh précise ici qui y est tenu et qui en est exempté. Deux ressorts de dispense : le גוף נקי et le יישוב הדעת qui manquent au malade des intestins, au souffrant et au מצטער (séifim 1-2, 9) ; et le principe העוסק במצווה פטור מן המצווה pour les sofrim, le lecteur de la Torah et le חתן (séifim 7-8, 10). À part : les femmes et esclaves exemptés comme מצות עשה שהזמן גרמא (séif 3), l'endeuillé le 1er jour (séif 5), le ט׳ באב où l'on est tenu (séif 6), et מנודה ומצורע interdits (séif 13). Texte hébreu vocalisé, traduction française et explications des י״ג סעיפים, avec des cas pratiques.
Sujet : Qui est tenu aux tefilin et qui en est exempté — malade, souffrant, femmes, endeuillé, ט׳ באב, חתן, sofrim (העוסק במצווה), מנודה ומצורע Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן ל״ח · שלשה עשר סעיפים
Compilation : רב יוסף חיים סממה DAAT · daattorah.com
Le siman précédent a fixé le temps de la mitsva et sa gravité. Reste à savoir qui la porte et qui en est momentanément dispensé. Le Choulhan Aroukh distingue deux logiques : celui dont le corps ou l'esprit ne peut tenir les tefilin en pureté (malade, souffrant), et celui qui est déjà occupé par une autre mitsva (sofer, lecteur, חתן). S'y ajoutent des règles propres — femmes et esclaves, endeuillé, ט׳ באב, priorité sur la mezouza, מנודה ומצורע. Nous étudions ici au niveau du principe ; toute application pratique se réfère au Rav.
📑 Plan de l'étude
A.Malades et corps propre — חולה מעיים, שאר חולה, et le גוף נקי / הפחה (séifim 1-2)
B.Femmes, esclaves et pensées — מ״ע שהזמן גרמא (Mehaber / Rama) et le הרהור (séifim 3-4)
C.Endeuillé, ט׳ באב, חתן — l'avel le 1er jour, le 9 av, le חתן ובני חופה (séifim 5-7)
D.L'occupé par une mitsva — sofrim (העוסק במצווה), מצטער, le lecteur de la Torah (séifim 8-10)
E.Devant le maître · priorité · מנודה ומצורע — חליצה, תפילין קודם למזוזה, מנודה ומצורע (séifim 11-13)
[1] Le malade des intestins (חולה מעיים) est exempté des tefilin. Rama : même s'il n'a pas de douleur. Mais un autre malade — s'il souffre de sa maladie et que son esprit n'est pas posé (דעתו מיושבת) — est exempté ; sinon, il est tenu.
חוֹלֵה מֵעַיִם · גּוּף נָקִי — les tefilin exigent un corps propre (siman 37). Le malade des intestins ne peut garantir ce nettoyage du corps ; il est donc exempté toujours, même sans douleur. Le שאר חולה (autre malade), lui, a un corps propre : sa seule difficulté est le יישוב הדעת — d'où la règle : exempté seulement s'il souffre au point de n'avoir pas l'esprit posé.
[2] Celui qui est certain de ne pouvoir prier sans relâcher de vent (הפחה) : mieux vaut laisser passer le temps de la prière que de prier sans corps propre (voir siman פ׳). Mais s'il pense pouvoir se tenir en גוף נקי pendant le ק״ש, il met les tefilin entre אהבה et le ק״ש et récite la berakha.
Ce que disent ces séifim :
חולה מעיים : exempté toujours (corps qui ne peut rester propre), même sans צער.
שאר חולה : exempté seulement si la souffrance ôte le יישוב הדעת ; sinon tenu.
הפחה : qui ne peut prier sans relâcher de vent laisse passer le temps plutôt que de porter les tefilin sans corps propre ; s'il peut tenir un instant pour le ק״ש, il les met alors et bénit.
[3] Femmes et esclaves sont exemptés des tefilin, car c'est une mitsva positive dépendant du temps (מצות עשה שהזמן גרמא). Rama : et si les femmes veulent être stringentes, on les en empêche (מוחין בידן).
מִצְוַת עֲשֵׂה שֶׁהַזְּמַן גְּרָמָא — une mitsva positive liée au temps (les tefilin ne se portent pas Chabbat ni Yom Tov) ; les femmes en sont exemptées. Pour le Mehaber (et le כל בו), si elles veulent les porter par stringence, on les en empêche — car les tefilin exigent un גוף נקי auquel elles ne veillent pas comme il faut. (À la différence d'autres mitsvot דזמן גרמא, où l'usage laisse les femmes accomplir et bénir.)
[4] Celui qui met les tefilin doit se garder de la pensée du désir. Rama : et si c'est impossible sans de telles pensées, mieux vaut ne pas les mettre.
À retenir : femmes et esclaves sont exemptés (מ״ע שהזמן גרמא) ; le Mehaber empêche les femmes de porter les tefilin, à cause du גוף נקי. Et tout homme qui les porte doit garder sa pensée pure.
[5] L'endeuillé (אבל), le premier jour, il est interdit de mettre les tefilin ; ensuite il est tenu, même si de nouveaux visages (פנים חדשות) arrivent.
[6] Le 9 av (ט׳ באב) on est tenu aux tefilin (voir siman תקנ״ה).
[7] Le חתן, ses compagnons (ses amis qui se réjouissent avec lui) et tous les gens de la ḥoupa sont exemptés, car l'ivresse et la légèreté (שכרות וקלות ראש) y sont fréquentes.
אָבֵל בְּיוֹם רִאשׁוֹן — les tefilin sont appelés פאר (parure), et l'on ne pose pas une parure sur l'endeuillé au jour de son deuil le plus vif ; d'où l'interdit le 1er jour. Dès le lendemain il est tenu. Le ט׳ באב, deuil ancien et collectif, ne relève pas de cet interdit : on est tenu aux tefilin (l'usage étant de les mettre à מנחה).
Ce que disent ces séifim :
אבל : interdit le 1er jour (les tefilin sont une פאר) ; tenu dès le 2e jour.
ט׳ באב : tenu aux tefilin (usage de les mettre à מנחה, siman תקנ״ה).
חתן ובני חופה : exemptés, car שכרות et קלות ראש y sont fréquentes.
D. L'occupé par une mitsva, le souffrant, le lecteur (séifim 8-10)
[8] Les scribes de tefilin et de mezouzot, eux, leurs marchands et les marchands de leurs marchands, et tous ceux qui s'occupent de l'œuvre du Ciel (מלאכת שמים), sont exemptés de mettre les tefilin toute la journée, sauf au moment du ק״ש ותפלה. Rama : et s'ils devaient faire leur travail au moment du ק״ש ותפלה, ils sont alors exemptés du ק״ש, de la תפלה et des tefilin, car celui qui est occupé à une mitsva est exempté d'une autre s'il doit se donner de la peine (טורח) pour celle-ci ; mais s'il peut faire les deux ensemble sans peine, il fait les deux.
הָעוֹסֵק בְּמִצְוָה פָּטוּר מִן הַמִּצְוָה — celui qui est déjà pris par une mitsva est dispensé d'une autre. Les sofrim et leurs marchands sont עוסקים במלאכת שמים : exemptés des tefilin toute la journée (sauf ק״ש ותפלה). La limite est le טורח : s'il faut se donner de la peine pour l'autre mitsva, on en est dispensé ; si les deux se font ensemble sans peine, on fait les deux.
[9] Celui qui souffre (מצטער) et celui dont l'esprit n'est pas posé et stable est exempté, car il est interdit de détourner sa pensée d'eux (להסיח דעתו).
[10] Celui qui lit dans la Torah est exempté de mettre les tefilin toute la journée, sauf au moment du ק״ש ותפלה.
À retenir : les sofrim et le lecteur de la Torah sont exemptés en tant qu'עוסקים במצווה ; le מצטער l'est par היסח הדעת. Tous restent tenus au ק״ש ותפלה — sauf le sofer dont l'interruption exigerait un טורח.
E. Devant le maître · priorité · מנודה ומצורע (séifim 11-13)
[11] On n'ôtera pas les tefilin devant son maître, mais on se tournera d'un autre côté par crainte de lui (אימתו) et on les ôtera hors de sa vue.
[12] Celui qui avait besoin de tefilin et d'une mezouza et dont la main n'atteint pas à acheter les deux — les tefilin ont priorité.
[13] Le מנודה (mis au ban) et le מצורע sont interdits de mettre les tefilin.
תְּפִלִּין קוֹדְמִין לִמְזוּזָה — s'il ne peut acheter les deux, les tefilin passent avant la mezouza, car ils sont une obligation du corps (חובת הגוף), tandis que la mezouza est une obligation de la maison. Devant son maître, on ne se découvre pas la tête en ôtant les tefilin : par respect (אימת רבו), on se détourne. מנודה ומצורע sont interdits de tefilin.
Cas pratiques
Cas 1 — Un malade ou quelqu'un qui souffre
Situation : une personne malade ou qui souffre demande si elle doit mettre les tefilin.
Conduite : le malade des intestins est exempté toujours, même sans douleur, car son corps ne peut rester propre (séif 1). Un autre malade n'est exempté que si la souffrance lui ôte le יישוב הדעת ; si son esprit reste posé, il est tenu. Dans le doute sur son état, on demande au Rav.
Cas 2 — Une femme peut-elle mettre les tefilin ?
Situation : une femme souhaite, par ferveur, mettre les tefilin.
Conduite : les femmes sont exemptées (מ״ע שהזמן גרמא, séif 3). Pour le Mehaber, si elles veulent porter les tefilin par stringence, on les en empêche (מוחין בידן), à cause de l'exigence de גוף נקי. C'est la règle retenue ; pour toute question on se réfère au Rav et à la coutume.
Cas 3 — L'artisan pris par une mitsva (sofer)
Situation : un sofer, occupé à écrire des tefilin, doit-il s'interrompre pour mettre les siens ?
Conduite : celui qui est עוסק במצווה (comme le sofer occupé à l'œuvre du Ciel) est exempté des tefilin toute la journée, sauf au ק״ש ותפלה (séif 8). Et si l'interruption pour le ק״ש exigeait un טורח qui le détournerait de son travail, il en est dispensé aussi ; mais s'il peut faire les deux sans peine, il fait les deux. Le détail relève du Rav.
Questions de compréhension
Vérifie ta compréhension :
Pourquoi le חולה מעיים est-il exempté même sans douleur, à la différence du שאר חולה (séif 1) ?
Que fait celui qui ne peut prier sans הפחה (séif 2) ?
Pourquoi le Mehaber empêche-t-il les femmes de porter les tefilin (séif 3) ?
Pourquoi l'אבל est-il interdit le 1er jour, alors qu'on est tenu le ט׳ באב (séifim 5-6) ?
Qu'est-ce que העוסק במצווה פטור מן המצווה, et quelle en est la limite (séif 8) ?
Pourquoi les tefilin passent-ils avant la mezouza (séif 12) ?
Pour aller plus loin
Si tu veux approfondir ce siman :
📚 Niveau 2 — Lamdan : pour le pilpoul — הָעוֹסֵק בְּמִצְוָה פָּטוּר מִן הַמִּצְוָה (סוכה כ״ה.), גּוּף נָקִי וְהֶסַּח הַדַּעַת, נָשִׁים בְּמ״ע שֶׁהַזְּמַן גְּרָמָא (קידושין ל״ג:)
✨ Niveau 3 — Synthèse : pour la révision et la mémorisation rapide
👑 Niveau 4 — Daat HaRav (Admour HaZaken) : la chitah du Choulhan Aroukh HaRav