Siman ל״ט · Qui est apte à écrire les tefilin et à qui les acheter (מי הם הכשרים לכתוב תפילין)
מי הם הכשרים לכתוב תפילין ולקנות מהם — qui est כשר pour écrire les tefilin (et qui est פסול : עבד, אשה, קטן, עכו״ם, כותי, מומר לע״א, מוסר), le גר שחזר מיראה, les תפילין d'un אפיקורס, l'achat מן המומחה et la בדיקה des קציצות
סימן ל״ט · י׳ סעיפים
מי הם הכשרים לכתוב תפילין ולקנות מהם
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Qui peut écrire les tefilin, et à qui peut-on les acheter ? Ce siman classe d'abord les פסולים לכתיבה — un עבד, une אשה, un קטן, un עכו״ם, un כותי, un מומר לע״א, un מוסר — selon le principe כל שאינו בקשירה אינו בכתיבה (séif 1), puis étend le פסול à tout leur תיקון (séif 2). Il déclare כשר le גר שחזר מיראה (séif 3), traite les תפילין d'un אפיקורס (ישרפו / יגנזו, séif 4-5) et celles trouvées chez un עכו״ם (כשרים, séif 6). Enfin la קנייה : ne pas payer au-dessus du prix (séif 7), n'acheter que מן המומחה (séif 8), sinon la בדיקה par échantillon (séif 9), et la חזקת כשרות qui dispense de בדיקה (séif 10). Texte hébreu, traduction française et explications des dix séifim, avec une section de cas pratiques.
Compilation : רב יוסף חיים סממה DAAT · daattorah.com
Les simanim précédents nous ont appris comment sont faits et écrits les tefilin — les parachiyot, l'écriture, l'ordre (voir simanim 32 à 38). Reste une question capitale pour la cacheroute : de la main de qui les tefilin peuvent-ils sortir, et à qui peut-on les acheter en confiance ? Le Choulhan Aroukh classe ici les פסולים לכתיבה selon le principe כל שאינו בקשירה אינו בכתיבה, distingue l'אפיקורס du simple עכו״ם, et fixe les règles de la קנייה et de la בדיקה. Nous étudions ici au niveau du principe ; pour toute question concrète — l'achat d'une paire, un doute sur une origine, quand faire contrôler ses tefilin — on se réfère à la décision du Rav.
📑 Plan de l'étude
A.מי פסול לכתוב וכל תיקון עשייתן — les פסולים לכתיבה (כל שאינו בקשירה אינו בכתיבה), tout leur תיקון, et le גר שחזר מיראה (séifim 1-3)
B.אפיקורס ומציאה — les תפילין d'un אפיקורס (ישרפו / יגנזו), trouvées chez un אפיקורס, trouvées chez un עכו״ם (séifim 4-6)
C.הקנייה מן המומחה והבדיקה — ne pas payer au-dessus du prix, n'acheter que מן המומחה, la בדיקה des קציצות, la חזקת כשרות (séifim 7-10)
[1] Des tefilin écrits par un esclave (עבד), une femme (אשה), un mineur (קטן) même arrivé à l'âge du חינוך, un non-juif (עכו״ם), un כותי, un renégat pour l'idolâtrie (מומר לע״א) ou un délateur (מוסר) — sont פסולים (invalides), car il est écrit « וקשרתם וכתבתם » : tout celui qui n'est pas dans le « וקשרתם » (l'attache), ou qui n'y croit pas, n'est pas dans le « וכתבתם » (l'écriture).
כָּל שֶׁאֵינוֹ בִּקְשִׁירָה אֵינוֹ בִּכְתִיבָה — « qui n'est pas dans l'attache n'est pas dans l'écriture » — le verset accole « וקשרתם » (tu les attacheras) et « וכתבתם » (tu les écriras). De cette juxtaposition, la Guemara déduit que seul celui qui est tenu de la mitsva des tefilin (de « l'attache ») — et qui y croit — est apte à les écrire. Qui en est exempt ou qui la renie est écarté de l'écriture.
La liste des פסולים — עבד, אשה, קטן, עכו״ם, כותי : tous ne sont pas tenus de la mitsva des tefilin (le קטן l'est seulement מדרבנן, pour le חינוך, non מן התורה). Le מומר לע״א (renégat pour l'idolâtrie) et le מוסר (délateur), même tenus, n'y croient pas : ayant rejeté le joug, ils sont écartés de l'écriture. Dans tous ces cas les tefilin sont פסולים.
[2] Quiconque est פסול pour les écrire est פסול pour tout ce qui touche à leur fabrication (תיקון עשייתן).
Ce que dit ce séif : le פסול ne se limite pas à l'écriture des lettres. Tout acte qui participe à la fabrication des tefilin — recouvrir les בתים, les coudre — est également פסול lorsqu'il est fait par l'une des personnes de la liste (voir le Niveau 2 pour les détails, comme la שי״ן des בתים ou la couture).
[3] Un converti (גר) qui est retourné à sa première religion par crainte (מחמת יראה) reste כשר (apte) pour écrire des tefilin.
גֵּר שֶׁחָזַר מֵחֲמַת יִרְאָה — « le converti retourné par crainte » — il ne s'agit pas d'un renégat qui a rejeté la foi, mais d'un juif (converti) qui, sous la contrainte de la peur, a extérieurement repris ses anciens usages. Puisqu'il croit toujours et qu'il demeure « בקשירה » (tenu de la mitsva), il n'est pas exclu de l'écriture : ses tefilin restent כשרים (le Niveau 2 discute des avis plus stricts).
La section en une phrase : sont פסולים לכתיבה ceux qui ne sont pas tenus de la mitsva ou qui la renient (עבד, אשה, קטן, עכו״ם, כותי, מומר לע״א, מוסר), et ce פסול s'étend à tout leur תיקון ; mais le גר שחזר מחמת יראה, qui croit encore, reste כשר.
[4] Des tefilin écrits par un אפיקורס (hérétique) — on les brûle (ישרפו), et certains disent qu'on les enfouit (יגנזו).
[5] Trouvés en la possession d'un אפיקורס sans que l'on sache qui les a écrits — on les enfouit (יגנזו).
אֶפִּיקוֹרֵס · שְׂרֵפָה וּגְנִיזָה — « l'hérétique » · « brûler ou enfouir » — l'אפיקורס ici est attaché à l'idolâtrie. Quand c'est lui qui a écrit (séif 4), on présume qu'il l'a fait שלא לשמה, pour l'idolâtrie : on les brûle (avis principal) — certains, plus modérés, disent qu'on les enfouit (גניזה). Mais quand ils sont seulement trouvés chez lui et qu'on ignore qui les a écrits (séif 5), on ne brûle pas dans le doute : on se contente de les enfouir.
[6] Trouvés en la possession d'un non-juif (עכו״ם) sans que l'on sache qui les a écrits — ils sont כשרים (valides).
La différence avec l'אפיקורס : un עכו״ם ordinaire ne sait pas écrire des tefilin et n'en a aucun usage : s'il en détient, on présume qu'ils proviennent d'un juif et ont été écrits כשר. On ne craint donc pas, comme pour l'אפיקורס, qu'il les ait lui-même écrits שלא לשמה. C'est pourquoi ils sont déclarés כשרים.
La section en une phrase : les תפילין écrits par un אפיקורס — ישרפו (וי״א יגנזו) ; trouvés chez lui sans auteur connu — יגנזו dans le doute ; mais trouvés chez un עכו״ם sans auteur connu — כשרים, car il n'en écrit pas.
[7] On n'achète pas les tefilin, mezouzot et livres saints à un non-juif (עכו״ם) beaucoup au-dessus de leur valeur, afin de ne pas l'habituer à les voler et à les dérober.
[8] On ne les achète que d'un expert (מומחה) versé dans les lettres manquantes et surabondantes (חסירות ויתרות).
מִן הַמֻּמְחֶה שֶׁבָּקִי בַּחֲסֵרוֹת וִיתֵרוֹת — « d'un expert versé dans les חסירות ויתרות » — les parachiyot doivent être écrites avec une orthographe parfaite : chaque lettre pleine (יתרה) ou manquante (חסירה) à sa place exacte. Une seule faute rend le תפילין פסול. On n'achète donc qu'auprès d'un sofer expert, connaisseur de ces règles — et non de n'importe qui, même s'il propose de faire contrôler la marchandise.
[9] S'il a acheté de quelqu'un qui n'est pas מומחה, il doit les contrôler (בדיקה). S'il lui a acheté cent קציצות (boîtiers), il en contrôle trois : deux de tête (של ראש) et une de bras (של יד), ou deux de bras et une de tête. S'il les trouve valides, cet homme est établi comme fiable (הוחזק) et toutes sont כשרות, le reste n'a pas besoin de בדיקה. Mais s'il les a achetées par lots (צבתים צבתים), la présomption est qu'elles proviennent de plusieurs personnes : il contrôle donc dans chaque lot deux de tête et une de bras, ou deux de bras et une de tête. Le vendeur qui dit qu'elles étaient à un grand homme est cru (נאמן), et elles n'ont pas besoin de בדיקה.
בְּדִיקָה וְחֶזְקָה — « le contrôle par échantillon » — on ne contrôle pas les cent : on prélève trois קציצות. Si elles sont כשרות, le sofer est הוחזק (présumé fiable) et tout le lot est כשר. Mais si la marchandise vient de plusieurs mains (צבתים), une seule présomption ne suffit pas : on échantillonne chaque lot. Et si le vendeur atteste qu'elles étaient à un אדם גדול, il est נאמן — פלוני ne les aurait pas laissées sortir sans qu'elles soient כשרות.
[10] Des tefilin qui ont été établis comme valides (הוחזקו בכשרות) n'ont plus jamais besoin de בדיקה. Mais s'il ne les met que de loin en loin (לפרקים), ils exigent une בדיקה deux fois par semaine. Rama : et s'il n'a personne qui puisse les contrôler, découdre et recoudre, qu'il les mette ainsi sans בדיקה [Beit Yossef au nom du Orḥot Ḥaïm].
חֶזְקַת כַּשְׁרוּת · לִפְרָקִים — « la présomption de validité » · « de loin en loin » — une fois que des tefilin ont été הוחזקו בכשרות, tant que leur recouvrement est intact on les présume valides et jamais on ne les recontrôle מן הדין. Exception : celui qui ne les porte que לפרקים (par intermittence) — on craint qu'ils ne s'abîment sans surveillance — les contrôle deux fois par semaine. La Rama ajoute que si personne ne peut faire la בדיקה et les recoudre, mieux vaut les mettre sans בדיקה que d'annuler la mitsva. (Sur le principe de la בדיקה, voir siman 32.)
La section en une phrase : on n'achète les תפילין que מן המומחה ; sinon on fait une בדיקה par échantillon (trois sur cent, chaque lot à part), et l'attestation du vendeur suffit ; une fois הוחזקו בכשרות ils n'ont plus besoin de בדיקה, sauf celui qui les met לפרקים.
Cas pratiques
Cas 1 — Acheter une paire de tefilin
Situation : quelqu'un veut acheter des tefilin. On lui en propose à bon prix, sans certificat de sofer. Peut-il les acheter et les faire contrôler ensuite ?
Conduite : le Choulhan Aroukh tranche qu'on n'achète que מן המומחה, un sofer expert dans les חסירות ויתרות et l'écriture לשמה (séif 8) — car une seule lettre fautive rend le תפילין פסול, et l'on craint qu'on se lasse de la בדיקה. La règle pratique aujourd'hui : acheter chez un sofer certifié ou un magasin sous supervision, avec vérification informatique et attestation, et suivre l'avis du Rav.
Cas 2 — Quand faire contrôler ses tefilin
Situation : quelqu'un porte les mêmes tefilin depuis des années. Faut-il les faire ouvrir et contrôler régulièrement ?
Conduite : des tefilin הוחזקו בכשרות (achetés כשרים et portés régulièrement) n'ont pas besoin de בדיקה מן הדין (séif 10). Mais celui qui ne les met que לפרקים doit les contrôler ; et l'usage répandu est de les faire vérifier de temps à autre (par exemple lors des mois de Eloul), surtout s'ils ont pris l'humidité. Pour la fréquence exacte, on suit l'avis du Rav.
Cas 3 — Des tefilin d'origine douteuse
Situation : on trouve une paire de tefilin ancienne, ou on en achète sur un marché sans savoir qui les a écrits. Que faire ?
Conduite : tout dépend de l'origine. Trouvés chez un עכו״ם sans auteur connu, ils sont כשרים (séif 6), car il n'en écrit pas ; mais trouvés chez un אפיקורס, on les enfouit (גניזה, séif 5). Dans tous les cas d'incertitude, on ne les met pas avant une בדיקה par un sofer et l'avis du Rav ; des תפילין douteux qui se révèlent פסולים relèvent de la גניזה, non de la poubelle.
Questions de compréhension
Vérifie ta compréhension :
Quel est le principe — tiré du verset — qui écarte certaines personnes de l'écriture des tefilin (séif 1) ?
Pourquoi le קטן, l'אשה et l'עבד sont-ils פסולים לכתיבה (séif 1) ?
Pourquoi le גר שחזר מחמת יראה reste-t-il כשר (séif 3) ?
Quelle est la différence entre des תפילין écrits par un אפיקורס et des תפילין trouvés chez lui (séifim 4-5) ?
Pourquoi des תפילין trouvés chez un עכו״ם sont-ils כשרים (séif 6) ?
Comment fonctionne la בדיקה de cent קציצות, et que change le fait qu'elles viennent en lots (séif 9) ?
Qui a besoin d'une בדיקה régulière malgré la חזקת כשרות (séif 10) ?