Siman ס״ג · S'asseoir pendant le ק״ש et ne pas s'endormir
דין לישב בשעת ק״ש ושלא ישן — les postures du ק״ש : on le lit en marchant, debout, couché (sur le côté, pas פרקדן), à cheval ou assis ; qui se lève exprès est un עבריין ; s'arrêter au פסוק ראשון en chemin ; la כוונה בפסוק ראשון est indispensable ; réveiller l'endormi ; ne pas faire de signes (לא ירמוז) ; interrompre son travail
סימן ס״ג · ט׳ סעיפים
דין לישב בשעת ק״ש ושלא ישן
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Ce siman enseigne les תנוחות (postures) du ק״ש et l'exigence de le lire éveillé : on le lit en marchant, debout, couché, à cheval ou assis — mais pas פרקדן (face contre terre ou sur le dos) ; qui se lève exprès pour lire debout est un עבריין ; on s'arrête au פסוק ראשון en chemin ; la כוונה בפסוק ראשון est indispensable (מעכבת) ; on réveille l'endormi jusqu'au premier verset ; on ne fait pas de signes (לא ירמוז) dans la 1re parasha ; on interrompt son travail. Texte hébreu, traduction française et explication des ט׳ seifim regroupés en familles, avec une section de cas pratiques.
Compilation : רב יוסף חיים סממה DAAT · daattorah.com
Nos Sages ont enseigné (ברכות י״ג:) : עיקר הכוונה בפסוק ראשון, שהוא עיקר קבלת עול מלכות שמים — l'essentiel de l'intention est au premier verset, cœur de la קבלת עול מלכות שמים. Le siman règle deux exigences : la תנוחה convenable (le corps ne doit pas trahir la réception du Royaume) et l'attention éveillée (כוונה et non קורא עראי). Nous étudions ici au niveau du principe ; pour la conduite personnelle, on se réfère à la coutume et à la décision du Rav.
📑 Plan de l'étude
A.Les ט׳ seifim — regroupés en 4 familles : תנוחות הקריאה, עמידה וכוונה בפסוק ראשון, הישן ולא ירמוז, ביטול מלאכה ואומנין וכתף
1.Cas pratique — lire dans une posture libre, ne pas se lever exprès (עבריין)
2.Cas pratique — la כוונה et l'arrêt (עמידה) au premier verset
3.Cas pratique — ne pas faire de signes et interrompre son travail
+Questions de compréhension et pour aller plus loin
A. Les postures et l'attention dans le ק״ש — les ט׳ seifim
לֵישֵׁב בִּשְׁעַת קְרִיאַת שְׁמַע וְשֶׁלֹּא יִישַׁן — s'asseoir pendant le ק״ש et ne pas s'endormir — deux axes : la תנוחה (posture), car on peut lire dans presque toute position, sauf פרקדן (à plat sur le ventre ou sur le dos), qui n'est pas une réception digne du Royaume ; et l'attention, car le ק״ש ne doit pas être lu par distraction (קורא עראי) : la כוונה בפסוק ראשון est indispensable, on réveille l'endormi, on ne fait pas de signes et on interrompt son travail durant la 1re parasha.
Famille A — תנוחות הקריאה : les postures et le פרקדן (séifim 1-2)
קורא אותה מהלך או עומד או שוכב או רוכב על גבי בהמה או יושב, אבל לא פרקדן — דהיינו שפניו טוחות בקרקע או מושלך על גבו ופניו למעלה; אבל קורא והוא שוכב על צדו. הגה: מאחר שכבר שוכב ואיכא טרחא לעמוד [הר״י פרק מי שמתו]. ואם היה בעל בשר הרבה ואינו יכול להתהפך על צדו, או שהיה חולה — נוטה מעט לצדו וקורא. מי שרוצה להחמיר לעמוד כשהוא יושב ולקרותה מעומד — נקרא עבריין.
Séif 1 : on lit le ק״ש en marchant, debout, couché, à cheval ou assis — mais pas פרקדן, c'est-à-dire le visage collé au sol (à plat ventre) ou jeté sur le dos, le visage vers le ciel ; en revanche on lit couché sur le côté. Rama : puisqu'il est déjà couché et qu'il y aurait un effort à se lever [הר״י, chapitre מי שמתו]. Et s'il était très corpulent et ne peut se retourner sur le côté, ou s'il était malade — il penche un peu sur le côté et lit. Séif 2 : celui qui veut être plus strict et se lever, alors qu'il était assis, pour lire debout — est appelé עבריין (transgresseur).
On lit le ק״ש dans presque toute posture — marchant, debout, assis, couché, à cheval — sauf פרקדן (à plat ventre ou sur le dos, face au ciel), car recevoir le Royaume ainsi manque de tenue. Couché sur le côté — permis, car il est déjà couché et se lever demanderait un effort. Mais qui, étant assis, se lève exprès pour lire debout est un עבריין : Beit Hillel a tranché qu'on lit chacun à sa manière, et se lever exprès contredit leur enseignement.
Famille B — עמידה וכוונה בפסוק ראשון : l'arrêt et l'intention (séifim 3-4)
היה מהלך בדרך וצריך לקרות קריאת שמע — צריך לעמוד בפסוק ראשון. עיקר הכוונה הוא בפסוק ראשון; הלכך אם קרא ולא כיון לבו בפסוק ראשון — לא יצא ידי חובתו, וחוזר וקורא. ואפילו למאן דאמר מצות אינן צריכות כוונה — מודה הכא.
Séif 3 : celui qui marchait en chemin et doit lire le ק״ש — doit s'arrêter (עמידה) pour le premier verset. Séif 4 : l'essentiel de la כוונה est au premier verset ; c'est pourquoi, s'il a lu sans diriger son cœur au premier verset — il ne s'est pas acquitté (לא יצא) et recommence. Et même selon l'avis que « les mitsvot n'exigent pas d'intention » (מצות אינן צריכות כוונה) — on concède ici (מודה הכא).
L'attention se concentre sur le פסוק ראשון, cœur de la קבלת עול מלכות שמים. Qui marchait doit s'arrêter pour ce verset (on ne reçoit pas le Royaume en mouvement). Et la כוונה בפסוק ראשון est מעכבת : sans elle, לא יצא — il n'a pas rempli son obligation et doit recommencer. C'est si fondamental que même l'avis pour lequel « les mitsvot n'exigent pas d'intention » concède ici, car il s'agit de recevoir le joug du Royaume.
Famille C — הישן ולא ירמוז : l'endormi et les signes (séifim 5-6)
אם היה ישן — מצערים אותו ומעירים אותו עד שיקרא פסוק ראשון והוא ער ממש; מכאן ואילך אין מצערים אותו, שאף על פי שהוא קורא מתנמנם — יצא. הגה: ודין שתוי ושכור עיין לקמן סימן צ״ט סעיף א׳. הקורא קריאת שמע לא ירמוז בעיניו ולא יקרוץ בשפתיו ולא יראה באצבעותיו בפרשה ראשונה, שהוא עיקר קבלת עול מלכות שמים, מפני שנראה כקורא עראי; וכתיב "ודברת בם" ודרשינן עשה אותם קבע.
Séif 5 : s'il dormait — on le dérange (מצערים) et on le réveille jusqu'à ce qu'il lise le premier verset bien éveillé (ער ממש) ; au-delà, on ne le dérange plus, car même s'il lit en somnolant (מתנמנם) — il s'est acquitté (יצא). Rama : quant à l'homme qui a bu ou l'ivre (שתוי ושכור), voir plus loin סימן צ״ט séif 1. Séif 6 : celui qui lit le ק״ש ne doit pas faire de signes des yeux, ni cligner des lèvres, ni montrer des doigts durant la première parasha — qui est l'essentiel de la קבלת עול מלכות שמים — car il paraîtrait « lire par occasion » (קורא עראי) ; et il est écrit « ודברת בם » (tu en parleras), et l'on interprète : fais-en une chose fixe et posée (עשה אותם קבע).
Le premier verset exige d'être pleinement éveillé : on réveille l'endormi jusqu'à ce qu'il lise ce verset ער ממש ; ensuite, même somnolant, il s'est acquitté (car il est contraint par le sommeil). Pour l'ivre → סימן צ״ט. Et durant la 1re parasha, pas de signes (yeux, lèvres, doigts), car cela ferait paraître la lecture comme un acte « de passage » (קורא עראי) : « ודברת בם » enseigne de la lire עשה אותם קבע, avec application et fixité.
Famille D — ביטול מלאכה, אומנין וכתף : le travail et les artisans (séifim 7-9)
היה עוסק במלאכה ורוצה לקרות קריאת שמע — יתבטל ממלאכתו עד שיקרא פרשה ראשונה, כדי שלא יהא כקורא עראי. האומנין וכן בעל הבית שהיו עושים מלאכה בראש האילן או בראש שורות הבנין — קורין קריאת שמע במקומם ואינם צריכים לירד. הכתף אף על פי שמשאו על כתפיו — קורא קריאת שמע; אבל לא יתחיל בשעה שטוען ולא בשעה שפורק, מפני שאין לבו מיושב.
Séif 7 : celui qui était occupé à un travail et veut lire le ק״ש — s'interrompt de son travail jusqu'à ce qu'il lise la première parasha, pour ne pas paraître קורא עראי. Séif 8 : les artisans, de même le maître de maison, qui travaillaient au sommet d'un arbre ou au sommet des rangées d'un mur — lisent le ק״ש à leur place et n'ont pas besoin de descendre. Séif 9 : le porteur (כתף), bien que sa charge soit sur ses épaules — lit le ק״ש ; mais il ne commence pas au moment où il charge, ni au moment où il décharge, car son cœur n'est pas posé (אין לבו מיושב).
Durant la 1re parasha, on interrompt son travail pour ne pas lire « de passage ». Mais on ne se surcharge pas : les artisans au sommet d'un arbre ou d'un mur lisent sur place (descendre serait excessif). Le porteur lit même chargé — car sa charge ne l'empêche pas de se concentrer — sauf pendant qu'il charge ou décharge, moments où « son cœur n'est pas posé » (אין לבו מיושב).
Le siman en une phrase : on lit le ק״ש dans presque toute posture (pas פרקדן ; se lever exprès = עבריין) ; on s'arrête au פסוק ראשון en chemin ; la כוונה בפסוק ראשון est מעכבת (même למ״ד אינן צריכות כוונה concède) ; on réveille l'endormi jusqu'au 1er verset ; on ne fait pas de signes et on interrompt son travail pendant la 1re parasha — car le ק״ש doit être קבע, non עראי.
Cas pratiques
Cas 1 — Une posture libre, sans se lever exprès (עבריין)
Situation : j'étais assis (ou couché) quand vient le moment du ק״ש — dois-je me lever ?
Conduite : on lit le ק״ש dans la posture où l'on se trouve — assis, debout, en marchant, et même couché sur le côté (jamais פרקדן, à plat ventre ou sur le dos). Se lever exprès pour lire debout, alors qu'on était assis, fait de soi un עבריין : Beit Hillel a tranché « chacun lit à sa manière ». Un homme corpulent ou malade qui ne peut se tourner penche un peu et lit. Pour l'usage exact, on suit son Rav.
Cas 2 — La כוונה et l'arrêt (עמידה) au premier verset
Situation : je marche en chemin, ou mon esprit était ailleurs au premier verset — que faire ?
Conduite : qui marche doit s'arrêter pour dire le פסוק ראשון (« שמע ישראל »). La כוונה de ce verset est indispensable : qui l'a lu sans diriger son cœur — לא יצא et doit recommencer, car c'est ici la קבלת עול מלכות שמים, et même l'avis « les mitsvot n'exigent pas d'intention » concède. Pour le reste des parashiyot, la כוונה est לכתחילה ; pour la mise en pratique, on suit son Rav.
Cas 3 — Pas de signes, et interrompre son travail
Situation : pendant le ק״ש, quelqu'un me sollicite, ou j'étais en plein travail — puis-je répondre par un signe ou continuer ?
Conduite : durant la 1re parasha, on ne fait aucun signe — ni des yeux, ni des lèvres, ni des doigts — même pour une mitsva : cela ferait paraître la lecture קורא עראי. De même, on interrompt son travail jusqu'à la fin de la 1re parasha (« עשה אותם קבע »). Les artisans en haut d'un arbre lisent sur place, et le porteur lit chargé — mais pas en chargeant/déchargeant, quand « אין לבו מיושב ».
Questions de compréhension
Vérifie ta compréhension :
Dans quelles postures peut-on lire le ק״ש, et qu'est-ce que le פרקדן (séif 1) ?
Pourquoi celui qui se lève exprès pour lire debout est-il un עבריין (séif 2) ?
Pourquoi la כוונה בפסוק ראשון est-elle מעכבת, et que concède même מ״ד אינן צריכות כוונה (séifim 3-4) ?
Jusqu'à quand réveille-t-on l'endormi, et pourquoi ne fait-on pas de signes (séifim 5-6) ?
Pourquoi les artisans lisent-ils sur place, et le porteur pas en chargeant (séifim 7-9) ?
Pour aller plus loin
Si tu veux approfondir ce siman :
📚 Niveau 2 — Lamdan : pour le pilpoul — מחלוקת ב״ש וב״ה בעמידה ובשכיבה — "ובשכבך ובקומך" (ברכות י׳:-י״א.), הלכה כב״ה, המחמיר עבריין, פרקדן ; כוונה בפסוק ראשון — מודה מ״ד אינן צריכות כוונה (ברכות י״ג:) ; קורא עראי ועשה אותם קבע — לא ירמוז, ביטול מלאכה, האומנין (ברכות ט״ז.)
✨ Niveau 3 — Synthèse : pour la révision et la mémorisation rapide
👑 Niveau 4 — Daat HaRav (Admour HaZaken) : la chitah du Choulhan Aroukh HaRav — תנוחות ופרקדן, עבריין, כוונה בפסוק ראשון, הישן ולא ירמוז