✦ ❖ ✦
DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman שע״ב · 19 séifim du Choulhan Aroukh

Les habitations voisines et l'érouv : cours, toits, murs et fossés — pour découvrir et comprendre
סימן שע״ב
דיני שותפי הדירות לעירוב
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
✦ ❖ ✦

Première approche du Siman שע״ב : texte hébreu intégral du Mehaber et des gloses du Rama, traduction française, explications des concepts halakhiques, cas pratiques et synthèse.

Sujet : les habitations voisines et l'érouv — cours, toits, karpef, et ce qui les relie ou les sépare (notamment murs, échelles, fossés)
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן שע״ב (19 séifim du Choulhan Aroukh ; 22 dans le Choulhan Aroukh HaRav, étudiés au niveau 4)

Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

📑 Plan de l'étude

1. Le texte du Choul'han Aroukh — les 19 séifim du Mehaber, avec les gloses du Rama
2. Le contexte général : pourquoi ce siman, quelle est la question ?
3. Les concepts-clés halakhiques de ce siman
4. Le détail des seifim — un par un
5. Le Mishnah Berurah — premières entrées
6. La position du Rama — ses gloses, séif par séif
7. Cas pratiques modernes
8. Synthèse pratique et règles à retenir
9. Questions de compréhension

1. Le texte du Choul'han Aroukh

Le siman שע״ב contient 19 séifim du Mehaber (Rabbi Yossef Karo). La glose du Rama, introduite par le mot הגה, se lit aux séifim ג, ה, טז et יז ; des parenthèses en petits caractères, sans le mot הגה, se lisent aux séifim ד, ו, ז et, avant la glose, au séif טז. Objet du siman : les habitations voisines — cours, toits, karpef — et ce qui les relie ou les sépare pour l'érouv. Le Choulhan Aroukh de l'Admour HaZaken découpe le même siman en 22 séifim : sa numérotation est celle du niveau 4, pas celle de cette page.

Seif א

דיני שותפי הדירות לעירוב. ובו יט סעיפים:
גגין וחצירו' וקרפיפו' כולן רשות א' הם לכלים ששבתו בתוכה שמותר לטלטלם מזה לזה אפי' הם של בעלים הרב' ולא עירבו יחד מותר לטלטל מחצר לחצר אחר' או לגג או לראש כותל שביניהם ומגג לגג אחר הסמוך לו אפי' גבוה ממנו הרבה ומהגג לקרפף שאינו יותר מסאתים או שהוקף לדירה אפי' הוא יותר מסאתים או למבוי שמתוקן בלחי או קורה אפי' לא עירבו בו ואע״פ שעירבו בני חצר לעצמן דשכיחי מאני דבתים בחצר מותר לטלטל כלים ששבתו בחצר זו לחצר אחר' ולא חיישינן שמא יטלטל גם כלים ששבתו בבית לחצר אחרת או לגג וקרפף:
Traduction : Toits, cours et karpef (enclos) sont tous un seul domaine pour les objets qui y ont reposé [à l'entrée de Shabbat], si bien qu'il est permis de les transporter de l'un à l'autre, même s'ils appartiennent à de nombreux propriétaires et qu'ils n'ont pas fait d'érouv ensemble. Il est permis de transporter d'une cour à une autre, ou vers un toit, ou vers le haut du mur qui les sépare ; d'un toit à un autre toit qui lui est contigu, même beaucoup plus haut que lui ; du toit vers un karpef qui ne dépasse pas [un beit] sa'tayim, ou qui a été entouré pour l'habitation, même s'il dépasse sa'tayim ; ou vers un mavoy aménagé par un lé'hi ou une kora, même si l'on n'y a pas fait d'érouv. Et bien que les habitants d'une cour aient fait un érouv entre eux — les objets des maisons se trouvant alors couramment dans la cour —, il est permis de transporter les objets qui ont reposé dans cette cour vers une autre cour, et l'on ne craint pas qu'il transporte aussi des objets qui ont reposé dans la maison vers une autre cour, ou vers le toit et le karpef.
Ce que dit ce séif :

Seif ב

קרפף יתר על סאתים שלא הוקף לדירה הוי כרמלית ואסור לטלטל ממנו לקרפף אחר להכניס ולהוציא מזה לזה כי אם שתי אמות בזה ושתי אמות בזה:
Traduction : Un karpef de plus de sa'tayim, qui n'a pas été entouré pour l'habitation, est une karmelit ; et il est interdit de transporter de lui vers un autre karpef — faire entrer et sortir de l'un à l'autre —, si ce n'est deux amot dans celui-ci et deux amot dans celui-là.
Ce que dit ce séif :

Seif ג

שתי חצרות שרוצים לערב יחד להתיר אף כלים ששבתו בבתים אין צריכו' עירוב אחר אלא העירוב שעשו כבר יוליכנו א' מבני החצר בשביל כולם ויתננו בא' מבתי חצר שניה ואם ירצה יוליך שם אפי' פת משלו וכולם מותרים: הגה והוא שעירבו בני חצירו עמו תחלה [תשובת הרא״ש סי״ו] או שאין צריכים לערב כמו שנתבאר סימן ש״ע [ב״י] והוא שעירבו בני חצר השנייה לעצמה ואין בני חצר שניה צריכים פת אחר אלא העירוב שעשו כבר מתירן:
Traduction : Deux cours qui veulent faire un érouv ensemble, pour permettre aussi les objets qui ont reposé dans les maisons, n'ont pas besoin d'un autre érouv : l'érouv qu'elles ont déjà fait, l'un des habitants de la cour le porte pour tous et le dépose dans l'une des maisons de la seconde cour ; et s'il le veut, il peut y porter même du pain à lui, et tous sont permis. Glose du Rama : à condition que les habitants de sa cour aient fait l'érouv avec lui d'abord [Techouvat HaRoch, סי״ו], ou qu'ils n'aient pas besoin de faire l'érouv, comme il est expliqué au siman 370 [Beit Yossef]. [Le Mehaber reprend :] Et à condition que les habitants de la seconde cour aient fait l'érouv entre eux ; et les habitants de la seconde cour n'ont pas besoin d'un autre pain : l'érouv qu'ils ont déjà fait les permet.
Ce que dit ce séif :

Seif ד

אין שתי חצרות יכולות לערב יחד אא״כ יהא פתח ביניהם או חלון שיש בו ד' על ד' טפחים ויהי' קצתו בתוך י״ט הנמוכים לארץ ואז אם רצו מערבין יחד ואם רצו מערבין כל א' לעצמו (ועיין לקמן סי' שפ״ו סעיף ב' ישראלים הדרים בב' וג' מקומות כיצד יערבו):
Traduction : Deux cours ne peuvent faire l'érouv ensemble que s'il y a entre elles une ouverture, ou une fenêtre de quatre tefa'him sur quatre, dont une partie se trouve dans les dix tefa'him les plus proches du sol ; alors, si elles le veulent, elles font l'érouv ensemble, et si elles le veulent, chacune le fait pour elle-même. Parenthèse en petits caractères (sans le mot הגה) : et voir plus loin le siman 386, séif 2 : des Juifs qui habitent en deux ou trois endroits, comment font-ils l'érouv.
Ce que dit ce séif :

Seif ה

חלון שבין שני בתים אפילו הוא למעלה מעשרה אם רצו מערבין יחד וה״ה לארובה שבין בית לעלייה שאפילו היא למעלה מי' אם רצו מערבין יחד ואפילו אין שם סולם לעלות בו: הגה ומכל מקום בעינן שיהא רחבו ארבעה על ארבעה (ב״י) ואם עשו סריגה לפני החלון בטל ליה מתורת חלון: (המגיד פ״ג):
Traduction : Une fenêtre entre deux maisons, même si elle est au-dessus de dix [tefa'him] : si elles le veulent, elles font l'érouv ensemble ; et de même une lucarne (arouba) entre une maison et un étage supérieur : même si elle est au-dessus de dix, si elles le veulent, elles font l'érouv ensemble, et même s'il n'y a pas là d'échelle pour monter. Glose du Rama : et de toute façon, il faut qu'elle ait une largeur de quatre sur quatre (Beit Yossef) ; et si l'on a fait un treillis devant la fenêtre, elle perd le statut de fenêtre (HaMaguid, chapitre 3).
Ce que dit ce séif :

Seif ו

בית שבין שתי חצרו' והוא פתוח לשניהם ועירב עם שתיהם אבל החצרו' לא עירבו זה עם זה אין לטלטל כלים ששבתו בבתים מחצר לחצר ע״י בית זה שביניהם היה בין שתי חצרו' כותל גבוה י״ט או שהיה קרקעה של א' מהחצרו' גבוה מחבירו ה' טפחים ועשה עליו מחיצה חמשה להשלימו לעשרה אין יכולים לערב יחד ואם היה הכותל גבוה לשניהם עשרה והיו בראשו פירו' בני שתי החצרו' יכולים להורידם לחצרו' וכן להעלו' עליו מפירו' ששבתו בחצירו' ולהורידם ממנו לחצר אחר' בין שהכותל רחב ד' או אינו רחב ד' אבל פירות ששבתו בבית אם הכותל רחב ד' אסור להעלות לו ולא להוריד ממנו ואם אינו רחב ד' מותר (ובלבד שלא יחליפו כדלעיל סי' שמ״ו ס״א) ואם היה הכותל גבוה לאחת מהחצרות עשרה ולשניה אינו גבוה עשרה כגון שקרקעו של א' גבוה משל חבירו מי שאינו גבוה לו עשרה מותר להשתמש בו אף בכלים ששבתו בבי' והשני אסור להשתמש בו אף בכלים ששבתו בחצר והוא שיהא הכותל רחב ד' אבל אם אינו רחב ד' מותר לשתיהן להשתמש בו אף מן הבתים אפילו עירבו כל אחת לעצמה:
Traduction : Une maison située entre deux cours, ouverte sur les deux, qui a fait l'érouv avec chacune, alors que les cours ne l'ont pas fait l'une avec l'autre : on ne transporte pas les objets qui ont reposé dans les maisons d'une cour à l'autre par cette maison qui les sépare. S'il y avait entre deux cours un mur haut de dix tefa'him, ou si le sol de l'une des cours était plus haut que l'autre de cinq tefa'him et qu'on y a fait une cloison de cinq pour le compléter à dix, elles ne peuvent pas faire l'érouv ensemble. Et si le mur était haut de dix pour les deux et qu'il y avait des fruits à son sommet, les habitants des deux cours peuvent les descendre dans les cours ; et de même monter sur lui des fruits qui ont reposé dans les cours et les en descendre dans l'autre cour — que le mur soit large de quatre ou non. Mais des fruits qui ont reposé dans la maison : si le mur est large de quatre, il est interdit de les y monter et de les en descendre ; et s'il n'est pas large de quatre, c'est permis. Parenthèse en petits caractères (sans le mot הגה) : pourvu qu'on n'échange pas [— monter depuis les maisons sur le mur pour redescendre dans l'autre cour, selon la Michna Beroura, ס״ק מ״ט —], comme plus haut, siman 346, séif 1. [Le Mehaber reprend :] Et si le mur était haut de dix pour l'une des cours et pas pour la seconde — par exemple si le sol de l'une était plus haut que celui de l'autre —, celle pour qui il n'a pas dix de haut peut s'en servir même avec les objets qui ont reposé dans la maison, et l'autre ne peut pas s'en servir, même avec les objets qui ont reposé dans la cour ; et cela, quand le mur est large de quatre ; mais s'il n'est pas large de quatre, les deux peuvent s'en servir, même depuis les maisons, même si chacune a fait l'érouv pour elle-même.
Ce que dit ce séif :

Seif ז

נפרץ הכותל עד עשר אמות הרי הוא כפתח והוא שלא יהא נפרץ במילואו ואם נפרץ ביותר מעשר חשוב כחצר אחת וצריכים לערב יחד (וכל שכן אם אין ביניהם מחיצה גבוה י' דצריכין לערב יחד) (הר״ר יהונתן פרק חלון):
Traduction : Si le mur s'est effondré sur dix amot au plus, il est comme une ouverture — à condition qu'il ne soit pas effondré sur toute son étendue ; et s'il s'est effondré sur plus de dix, il est considéré comme une seule cour, et il leur faut faire l'érouv ensemble. Parenthèse en petits caractères (sans le mot הגה) : (et à plus forte raison s'il n'y a pas entre elles de cloison haute de dix, il leur faut faire l'érouv ensemble) (HaRar Yehonatan, chapitre Halon).
Ce que dit ce séif :

Seif ח

כותל שבין ב' חצרו' גבוה עשרה לשניהם והעמיד אצל הכותל סולם רחב ד' וכן כנגדו בחצר השני' אפי' אין הסולמו' זה כנגד זה אם אין ביניהם שלשה חשיבי כפתח היו מופלגים זה מכנגד זה שלשה אם הכותל רחב ד' עדיין חשובים כפתח ואם אינו רחב ד' לא חשיבי כפתח באיזה סולם אמרו כשיש בו ארבע שליבו' אבל פחו' מכאן לא אא״כ זרועותיו ושליבותיו כבדות שאז כובדו קובעו ואם אין הכותל גבוה אלא עשרה וזוקף סולם גבוה שבעה ומשהו במשך ד' אצל הכותל מתירו בין להשתמש עליו בין לערב יחד כיון שלא נשאר שלשה עד ראש הכותל עקר חוליא מראש הכותל למעטו מגובה עשרה אם יש בה משך ארבע מהני בין לעשותו כפתח לערב יחד בין לענין שיכול להשתמש בכל הכותל ואם אין בו ארבע אינו חשוב כפתח לערב יחד וכן אינו מועיל להשתמש בכל הכותל שאינו משתמש אלא כנגד המקום שנתמעט:
Traduction : Un mur entre deux cours, haut de dix pour les deux, contre lequel on a dressé une échelle large de quatre, et de même en face dans la seconde cour : même si les échelles ne sont pas l'une en face de l'autre, s'il n'y a pas trois [tefa'him] entre elles, elles sont considérées comme une ouverture. Si elles étaient écartées l'une de l'autre de trois : si le mur est large de quatre, elles sont encore considérées comme une ouverture ; et s'il n'est pas large de quatre, elles ne sont pas considérées comme une ouverture. De quelle échelle a-t-on parlé ? De celle qui a quatre barreaux ; mais moins que cela, non — à moins que ses montants et ses barreaux soient lourds, car alors son poids la fixe. Et si le mur n'a que dix de haut, et qu'on dresse contre lui une échelle haute de sept et un peu, sur une largeur de quatre, elle le permet, aussi bien pour s'en servir que pour faire l'érouv ensemble, puisqu'il ne reste pas trois jusqu'au sommet du mur. Si l'on a ôté une assise du haut du mur pour le ramener sous dix de haut : si elle s'étend sur quatre, cela sert aussi bien à en faire une ouverture pour l'érouv commun qu'à pouvoir se servir de tout le mur ; et si elle n'a pas quatre, ce n'est pas considéré comme une ouverture pour l'érouv commun, et cela ne sert pas non plus à se servir de tout le mur, car on ne s'en sert qu'en face de l'endroit réduit.
Ce que dit ce séif :

Seif ט

בנה אצטבא למטה אצל הכותל למעטו מגובה עשר' אם יש בה ד' אורך במשך הכותל ובולטת ד' מועיל להשתמש בכל הכותל אבל אינו חשוב כפתח לערב יחד עד שיגיע לראש הכותל ואם אין בה ד' על ד' אינו מועיל אפילו להשתמש כנגדו:
Traduction : Si l'on a construit une banquette (itstaba) en bas, contre le mur, pour le ramener sous dix de haut : si elle a quatre de longueur le long du mur et qu'elle avance de quatre, elle sert à se servir de tout le mur, mais elle n'est pas considérée comme une ouverture pour l'érouv commun, à moins qu'elle n'atteigne le sommet du mur ; et si elle n'a pas quatre sur quatre, elle ne sert même pas à se servir [du mur] en face d'elle.
Ce que dit ce séif :

Seif י

כפה ספל שיש בו ד' על ד' וגבוה כל שהוא ומיעט בו גבהו מעשרה מותר להשתמש כנגד המיעוט ובלבד שיחברנו בטיט:
Traduction : Si l'on a renversé un sefel [une jatte ; l'édition Torat Emet et la Michna Beroura, ס״ק פ״ה, lisent ספסל, un banc] qui a quatre sur quatre et une hauteur quelconque, et qu'on a ainsi ramené la hauteur [du mur] sous dix, il est permis de se servir [du mur] en face de la réduction — pourvu qu'on le fixe avec de l'argile.
Ce que dit ce séif :

Seif יא

בנה אצטבא על אצטבא אם יש בתחתונה ד' על ד' או אין בה ד' על ד' ויש בעליונה ד' על ד' ואין בין זו לזו ג״ט מהני להתיר להשתמש עליו אבל לא מהני למהוי פתח לערב יחד:
Traduction : Si l'on a construit une banquette sur une banquette : si l'inférieure a quatre sur quatre, ou si elle n'a pas quatre sur quatre mais que la supérieure a quatre sur quatre et qu'il n'y a pas trois tefa'him entre elles, cela sert à permettre de se servir [du mur], mais non à être une ouverture pour l'érouv commun.
Ce que dit ce séif :

Seif יב

זיז היוצא מן הכותל ויש בו ד' על ד' והניח עליו סולם כל שהוא מועיל להתיר לו תשמיש הכותל והוא שלא תהא שליבה התחתונ' גבוה מן הארץ שלשה ולא יהא בין שליבה לשליבה שלשה והוא שיניח הסולם על גב הזיז אבל סומכו אצלו לא וכל זמן שאין גבוה הכותל עשרים טפחים די בזיז אחד שמניחו באמצע שהרי אין גבוה עשרה עד הזיז ולא גבוה עשרה ממנו עד ראש הכותל ואם הוא גבוה עשרים צריך שני זיזין א' בתוך עשרה התחתונים וא' למעל' ממנו בתוך י' העליונים שאם היה הזיז גבוה עשרה לא סגי לי' בסולם כל שהוא והוא שלא יהו הזיזין זה כנגד זה שראוי להטיל סולם מזה לזה:
Traduction : Un ziz (saillie) qui sort du mur et a quatre sur quatre, sur lequel on a posé une échelle de taille quelconque : cela sert à lui permettre l'usage du mur — à condition que le barreau inférieur ne soit pas à trois du sol, et qu'il n'y ait pas trois entre un barreau et l'autre ; et à condition qu'il pose l'échelle sur le ziz, mais l'appuyer à côté de lui, non. Et tant que le mur n'a pas vingt tefa'him de haut, un seul ziz placé au milieu suffit, puisqu'il n'y a pas dix de haut jusqu'au ziz, ni dix de lui jusqu'au sommet du mur ; et s'il a vingt de haut, il faut deux zizim, l'un dans les dix inférieurs et l'autre au-dessus de lui dans les dix supérieurs — car si le ziz était à dix de haut, une échelle de taille quelconque ne lui suffirait pas —, et à condition que les zizim ne soient pas l'un en face de l'autre, [de sorte] qu'il soit possible de poser une échelle de l'un à l'autre.
Ce que dit ce séif :

Seif יג

העמיד שני סולמות זה בצד זה ולא היה בשניהם משך ארבע' והרחיקם זה מזה כדי שיהא בשניהם ארבע' ומילא האויר שביניהם בקש אינו מועיל לא להתירו להשתמש עליו ולא לערב יחד שמקום מעמד הרגלים הוא באמצע הסולם ואין ראוי לעלות בקש ואם העמיד הסולם באמצע והקש מן הצד מהני בין להתירו להשתמש עליו בין לערב יחד:
Traduction : Si l'on a dressé deux échelles l'une à côté de l'autre, qui n'avaient pas ensemble une largeur de quatre, qu'on les a écartées pour qu'elles aient ensemble quatre, et qu'on a rempli de chaume l'espace entre elles : cela ne sert ni à permettre de se servir [du mur], ni à l'érouv commun, car l'endroit où se posent les pieds est au milieu de l'échelle, et il n'est pas possible de monter sur du chaume. Et si l'on a dressé l'échelle au milieu et le chaume sur le côté, cela sert aussi bien à permettre de se servir [du mur] qu'à l'érouv commun.
Ce que dit ce séif :

Seif יד

אין הסולם רחב ארבע' וחקק אצלו בכותל להשלימו לארבע' די לו שיחוק בגובה עשרה ואם לא העמיד סולם כלל אלא חקק בכותל כמין שליבו' של סולם לעלות בו צריך שיחוק בכל גובה הכותל ומועיל בין להתיר תשמיש בין לערב יחד:
Traduction : Si l'échelle n'a pas quatre de large et qu'on a entaillé le mur à côté d'elle pour la compléter à quatre, il lui suffit d'entailler sur une hauteur de dix. Et s'il n'a dressé aucune échelle, mais a entaillé dans le mur comme des barreaux d'échelle pour y monter, il doit entailler sur toute la hauteur du mur ; et cela sert aussi bien à permettre l'usage [du mur] qu'à l'érouv commun.
Ce que dit ce séif :

Seif טו

היה אילן בצד הכותל ועשהו סולם לכותל אם רצו מערבין א' אבל אם עשה אשרה סולם לכותל אין מערבין א' מפני שאסור לעלות עליה מן התורה שהרי אסורה בהנאה והרא״ש ז״ל כתב בהיפך דאילן אינו מועיל ואשרה מועלת והוא שתהא יבשה:
Traduction : S'il y avait un arbre à côté du mur et qu'on en a fait une échelle pour le mur, elles font, si elles le veulent, un seul érouv. Mais si l'on a fait d'une Achera une échelle pour le mur, elles ne font pas un seul érouv, parce qu'il est interdit d'y monter selon la Torah, puisqu'elle est interdite de tout profit. Et le Roch, de mémoire bénie, a écrit l'inverse : l'arbre ne sert pas, et l'Achera sert — à condition qu'elle soit sèche.
Ce que dit ce séif :

Seif טז

חריץ שבין שתי חצירו' עמוק עשרה ורחב ארבעה אין יכולין לערב יחד אפילו מלא תבן וקש כל זמן שלא בטלו ואם היה מלא עפר וצרורו' אפילו סתמא שלא בטלו צריכים לערב יחד (וע״ל סי' שנ״ח סעיף ב'): הגה י״א דאם מלאם בפרות סתמא בטלו לה דדרכן לעשותו שם אוצר (הגהות אשירי):
Traduction : Un fossé entre deux cours, profond de dix et large de quatre : elles ne peuvent pas faire l'érouv ensemble, même s'il est plein de paille et de chaume, tant qu'on ne l'a pas annulé ; et s'il était plein de terre et de cailloux, même sans précision, sans qu'on l'ait annulé, il leur faut faire l'érouv ensemble. Parenthèse en petits caractères (sans le mot הגה) : (et voir plus haut le siman 358, séif 2). Glose du Rama : certains disent que si on l'a rempli de fruits, sans précision on l'a annulé, car on a coutume d'en faire là une réserve (Hagahot Acheri).
Ce que dit ce séif :

Seif יז

נתן עליו נסר כמין גשר משפת החריץ אל שפתו אם הוא רחב ארבע חשוב כפתח ומערבין א' ואם רצו מערבין שנים: הגה וה״ה אם מלאו ברוחב ארבעה מדבר המבטלו שם: (ב״י) ואם נתן הנסר לאורך החריץ במשך ארבעה אפי' אין בו אלא כל שהוא חשוב כפתח שהרי מיעטו מארבעה:
Traduction : Si l'on a posé sur lui une planche, comme un pont, d'un bord du fossé à l'autre : si elle est large de quatre, elle est considérée comme une ouverture, et elles font un seul érouv ; et si elles le veulent, elles en font deux. Glose du Rama : et de même si on l'a rempli, sur une largeur de quatre, d'une chose qui l'y annule (Beit Yossef). [Le Mehaber reprend :] Et si l'on a posé la planche dans la longueur du fossé, sur une étendue de quatre, même si elle n'a qu'une [largeur] minime, c'est considéré comme une ouverture, puisqu'on l'a ramené sous quatre.
Ce que dit ce séif :

Seif יח

אם החריץ עמוק לא' עשרה ולשני אינו עמוק עשרה או שהוא שוה לשניהם דינו ככותל:
Traduction : Si le fossé est profond de dix pour l'une et ne l'est pas pour la seconde, ou s'il est le même pour les deux, sa règle est celle du mur.
Ce que dit ce séif :

Seif יט

גדיש של תבן שבין שתי חצרו' אם הוא גבוה עשרה כל א' מערב לעצמו נתמעט בחול מי' צריכים לערב ביחד ובעוד שלא נתמעט אסור לשום א' מהן ליתן מן התבן לתוך קופתו בשבת להאכילה לבהמתו ואפי' להעמיד' שם שתאכל אסורה אבל אם יוכל לעמוד בפניה כדי שלא יהא לה דרך לנטו' אלא לשם ולהרא״ש אפי' בחול אסור ליתן ממנו לקופתו וכן להעמיד הבהמ' בידים במה דברים אמורים בגדיש שבין ב' חצרו' אבל גדיש שבין שני בתים מותר להאכיל בהמתו ממנו בידים:
Traduction : Une meule de paille entre deux cours : si elle est haute de dix, chacune fait l'érouv pour elle-même ; si elle a été réduite sous dix en semaine, il leur faut faire l'érouv ensemble. Et tant qu'elle n'a pas été réduite, il est interdit à chacun d'eux de mettre de la paille dans son panier à Shabbat pour en nourrir sa bête ; et même la placer là pour qu'elle mange est interdit — mais s'il peut se tenir devant elle pour qu'elle n'ait d'autre chemin où se tourner que vers là, [c'est permis]. Et selon le Roch, même en semaine il est interdit d'en mettre dans son panier, et de même de placer la bête de ses mains. De quoi parle-t-on ? D'une meule entre deux cours ; mais d'une meule entre deux maisons, il est permis de nourrir sa bête de ses mains.
Ce que dit ce séif :

2. Le contexte général

De quoi parle ce siman ?

Le siman שע״ב ouvre sur une règle de portée large : toits, cours et karpef forment un seul domaine pour les objets qui y ont reposé, qu'on transporte de l'un à l'autre sans érouv (séif א) — sauf le grand karpef non entouré pour l'habitation, qui est une karmelit (séif ב). Il traite ensuite de l'érouv que deux cours font ensemble pour les objets des maisons : comment (séif ג), et à condition qu'une ouverture les relie (séif ד). Puis il examine, séif après séif, ce qui relie ou sépare deux lieux voisins : la fenêtre entre deux maisons et la lucarne vers l'étage (séif ה), le mur et son sommet (séif ו), la brèche (séif ז), notamment les échelles, l'assise ôtée, les banquettes, la jatte renversée, le ziz et les entailles qui donnent au mur le statut d'ouverture, ou permettent seulement de s'en servir (séifim ח à יד), l'arbre et l'Achera (séif טו), le fossé (séifim טז à יח) et la meule de paille (séif יט).

La question fondamentale : le siman 366 a posé qu'on ne transporte pas des maisons vers la cour sans érouv ; et la Michna Beroura y annonçait déjà la suite : « ואפילו מחצר לחצר נמי מותר דלא גזרו בזה רבנן וכדלקמן בסימן שע״ב » (משנה ברורה שס״ו ס״ק ב). Ici, elle en donne la raison : « דכל אלו אין תשמישן מיוחד ותדיר לפיכך אין בהם חילוק רשות » (משנה ברורה שע״ב ס״ק ג). Pour les objets des maisons, en revanche, deux cours ne s'unissent par un érouv qu'à condition d'être reliées : « אין שתי חצרות יכולות לערב יחד אא״כ יהא פתח ביניהם או חלון שיש בו ד׳ על ד׳ טפחים » (שו״ע או״ח שע״ב:ד).

Place dans Hilkhot Érouvin

Dans l'index de Sefaria, la section הלכות עירובין du Choul'han Aroukh couvre les simanim 345 à 395 ; le siman שע״א, qui précède celui-ci, traite du cas où l'un des habitants de la cour s'en sépare ou meurt. Le siman שע״ב renvoie lui-même à d'autres simanim : la glose du Rama au séif ג, au siman 370 ; les parenthèses en petits caractères, au siman 386, séif 2 (séif ד), au siman 346, séif 1 (séif ו), et au siman 358, séif 2 (séif טז).

3. Les concepts-clés halakhiques

Quelques notions structurent ce siman :

Les notions essentielles du siman שע״ב :

4. Le détail des seifim — un par un

SeifContenu
אToits, cours et karpef (de sa'tayim au plus, ou entouré pour l'habitation) sont un seul domaine pour les objets qui y ont reposé ; de même vers le mavoy aménagé. Même quand une cour a fait son propre érouv, ses objets vont vers une autre cour, et l'on ne craint pas pour ceux des maisons.
בLe karpef de plus de sa'tayim non entouré pour l'habitation est une karmelit : vers un autre karpef [semblable, Michna Beroura ס״ק י״ח], deux amot dans l'un et deux amot dans l'autre seulement.
גDeux cours qui veulent s'unir pour les objets des maisons portent l'érouv déjà fait dans une maison de la seconde, ou même un pain à soi (Rama : si sa cour a fait l'érouv avec lui d'abord, ou n'en a pas besoin, siman 370) ; à condition que la seconde cour ait fait son érouv.
דPas d'érouv commun sans ouverture, ou fenêtre de quatre sur quatre dont une partie est dans les dix tefa'him du bas ; alors, au choix, ensemble ou chacune pour soi.
הFenêtre entre deux maisons, même au-dessus de dix ; lucarne entre une maison et l'étage, même au-dessus de dix et sans échelle : elles peuvent faire l'érouv ensemble. Rama : quatre sur quatre ; un treillis lui ôte le statut de fenêtre.
וLa maison entre deux cours, qui a fait l'érouv avec chacune, ne fait pas passer les objets des maisons d'une cour à l'autre tant que les cours ne l'ont pas fait entre elles ; un mur de dix (ou un sol surélevé de cinq avec une cloison de cinq) empêche l'érouv commun ; les fruits du sommet du mur ; le mur haut de dix d'un seul côté.
זBrèche de dix amot au plus, sans que le mur soit tombé sur toute son étendue : comme une ouverture ; au-delà : une seule cour, l'érouv commun est nécessaire.
חLes échelles contre le mur : largeur de quatre, quatre barreaux (ou une échelle lourde), écart de moins de trois (ou davantage si le mur est large de quatre), et — précise la Michna Beroura (ס״ק ס״ג) — échelles qui atteignent le sommet du mur ou s'arrêtent à moins de trois tefa'him de lui ; le mur de dix et l'échelle de sept et un peu, sur quatre le long du mur ; l'assise ôtée du haut du mur.
טLa banquette contre le mur, de quatre sur quatre : permet de se servir de tout le mur (quand elle n'est que d'un côté : Michna Beroura ס״ק פ״א), mais n'est une ouverture que si elle atteint le sommet, ou s'arrête à moins de trois tefa'him de lui (Michna Beroura ס״ק פ״ג, comme pour l'échelle du séif ח).
יLa jatte renversée de quatre sur quatre, fixée avec de l'argile : le Mehaber écrit qu'on se sert du mur en face de la réduction ; la Michna Beroura (ס״ק פ״ו) écrit que les A'haronim y ont vu une faute de copiste, à lire : même hors de l'endroit réduit.
יאDeux banquettes superposées (l'inférieure de quatre sur quatre ; ou, sinon, la supérieure de quatre sur quatre, sans trois tefa'him entre elles) : elles permettent de se servir du mur, non l'érouv commun.
יבLe ziz de quatre sur quatre avec une échelle posée dessus ; ses conditions ; le mur de vingt et ses deux zizim.
יגDeux échelles écartées et le chaume entre elles : sans effet ; l'échelle au milieu et le chaume sur le côté : efficace, pour l'usage du mur comme pour l'érouv commun — pour l'érouv commun, si l'échelle arrive à moins de trois tefa'him du sommet et qu'on a fait de même dans la seconde cour (Michna Beroura ס״ק ק״ו, qui étend à tout le siman la seconde condition, avoir fait de même dans la seconde cour).
ידL'échelle complétée par une entaille sur dix de haut, l'échelle elle-même atteignant le sommet du mur ou s'arrêtant à moins de trois tefa'him de lui (Michna Beroura ס״ק ק״ח) ; des barreaux entaillés sur quatre de large et sur toute la hauteur du mur (Michna Beroura ס״ק ק״י), pour l'usage comme pour l'érouv commun — celui-ci si l'on a fait de même dans la seconde cour (Michna Beroura ס״ק ק״ו).
טוL'arbre comme échelle, non l'Achera ; le Roch écrit l'inverse : l'arbre ne sert pas, et l'Achera sert si elle est sèche.
טזLe fossé de dix de profondeur et quatre de largeur sépare, même rempli de paille non annulée ; rempli de terre et de cailloux, ou seulement réduit par eux au-dessous de dix, sur toute sa longueur ou sur plus de dix amot, l'érouv commun est nécessaire (Michna Beroura ס״ק קכ״ב). Rama : rempli de fruits, selon certains, il est annulé.
יזLa planche en travers, large de quatre : ouverture, et elles font un érouv ou deux. Rama : de même un remplissage sur quatre de large. La planche dans la longueur, sur quatre : ouverture. L'ouverture ne vaut que jusqu'à dix amot ; au-delà, c'est une brèche, et elles font un seul érouv (Michna Beroura ס״ק קכ״ח).
יחLe fossé profond de dix d'un seul côté, ou le même pour les deux : la règle du mur.
יטLa meule de paille de dix entre deux cours : chacune fait son érouv ; réduite en semaine sur plus de dix amot, l'érouv commun (Michna Beroura ס״ק קל״ו) ; tant qu'elle n'est pas réduite, interdit d'en prendre pour sa bête à Shabbat (le Roch : même en semaine) ; entre deux maisons, permis.
Le cœur du siman : le siman pose deux questions distinctes. La première : ce qu'on transporte sans érouv entre des lieux qui forment un seul domaine — les objets qui y ont reposé (séif א), avec la limite de la karmelit (séif ב). La seconde : quand deux lieux voisins peuvent s'unir par un érouv pour les objets des maisons — par l'érouv déjà fait (séif ג), à condition qu'une ouverture les relie (séif ד). La suite du siman applique cette seconde question, notamment au mur (séifim ו à טו), au fossé (séifim טז à יח) et à la meule de paille (séif יט) : ce qui sépare empêche l'érouv commun ; ce qui ouvre permet de le faire ensemble ; et certains aménagements ne permettent que de se servir du mur (notamment aux séifim ט et יא).

5. Le Mishnah Berurah — premières entrées

Le Mishnah Berurah de Rabbi Israël Méir Kagan (Hafets Haïm) compte 142 entrées sur ce siman. Voici les premières — pour mieux comprendre le sens des séifim :

משנה ברורה (א) — (א) גגין - היינו על הגג שאין עוד קירוי למעלה [דאלו על התקרה שהוא תחת הגג בכלל עלית הבית הוא וכבית דמיא] וגגין שלהן חלקין היו וראויין להשתמש עליהן, ומיירי כשלא היו בולטות חוץ למחיצת הבית ואם היו בולטות עיין לעיל בסימן שמ״ה סט״ז:
משנה ברורה (ב) — (ב) וקרפיפות - עיין לעיל בסימן שמ״ו ס״ג:
משנה ברורה (ג) — (ג) רשות אחד הן - דכל אלו אין תשמישן מיוחד ותדיר לפיכך אין בהם חילוק רשות ומותר לטלטל מאחד לחבירו בלי עירובי חצרות וכ״ש שמותר לטלטל בגגין או בחצרות גופא מאחד לחבירו וכן מותר לטלטל בכל החצר [או בכל הגג] אף שלא עירבו הדיורין יחד ולא הצריכו חכמים ע״ח אלא משום שיהיה מותר להוציא לתוכה כלי הבית ששבתו בבית מבעוד יום וכן מחצר לבית:

Pour le texte intégral des 142 entrées, consulte Sefaria : Mishnah Berurah 372.

6. La position du Rama

Le Rama (Rabbi Moshe Isserles) ajoute ses gloses (הגהות) à plusieurs séifim de ce siman ; d'autres parenthèses en petits caractères ne portent pas le mot הגה. Les voici, chacune à sa place :

Les gloses du Rama et les parenthèses en petits caractères :

7. Cas pratiques modernes

Les situations ci-dessous rattachent chacune un cas à un séif nommé ; quand la situation est d'aujourd'hui, la ligne le dit : application du site, et non parole de la source.

SituationAnalyse rapide
Passer un objet de sa cour dans la cour voisine, sans érouv communLe séif א le permet pour les objets qui ont reposé dans la cour, et aussi vers un toit ou le haut du mur qui sépare les cours ; il ne le permet pas pour ceux qui ont reposé dans la maison, même quand la cour a fait son propre érouv (séif א ; Michna Beroura ס״ק ט״ז).
Deux cours voisines veulent faire un seul érouvL'érouv déjà fait par une cour se porte dans une maison de l'autre, qui doit avoir fait le sien (séif ג) ; et il faut entre elles une ouverture, ou une fenêtre de quatre tefa'him sur quatre dont une partie est dans les dix tefa'him les plus proches du sol (séif ד).
Deux logements qui communiquent par une fenêtre intérieureApplication du site : le séif ה permet à deux maisons reliées par une fenêtre de faire l'érouv ensemble, même si la fenêtre est au-dessus de dix ; le Rama y demande quatre sur quatre et écrit qu'un treillis lui ôte le statut de fenêtre. Ce qu'il en est d'un logement donné se pose au Rav.
Le mur mitoyen s'est effondré en partieJusqu'à dix amot, s'il n'est pas tombé sur toute son étendue, la brèche vaut une ouverture, et les cours font, au choix, un érouv commun ou chacune le sien ; au-delà de dix amot, elles sont une seule cour et doivent faire l'érouv ensemble (séif ז ; pour le choix, Michna Beroura ס״ק נ״ה, qui renvoie au séif ד). Ce qu'il en est d'une brèche donnée se pose au Rav.
Une échelle dressée contre le mur mitoyenLe séif ח en pose notamment ces conditions : une largeur de quatre, quatre barreaux ou une échelle lourde, une échelle de chaque côté, à moins de trois tefa'him l'une de l'autre, ou plus si le mur est large de quatre ; et l'échelle doit atteindre le sommet du mur, ou s'arrêter à moins de trois tefa'him du sommet (séif ח ; Michna Beroura ס״ק ס״ג). La Michna Beroura (ס״ק ע״ד) précise qu'une échelle d'un seul côté permet de se servir du mur, et que l'érouv commun suppose une échelle des deux côtés. La question se pose au Rav.
Un fossé entre deux cours, qu'on recouvre d'une plancheLe fossé de dix de profondeur et quatre de largeur sépare (séif טז) ; une planche en travers, large de quatre, en fait une ouverture, et les cours font un érouv ou deux ; une planche dans la longueur, sur quatre, aussi (séif יז). La Michna Beroura (ס״ק קכ״ח) limite l'ouverture à dix amot.
Pour les cas pratiques précis : la séparation entre deux cours — mur, brèche, échelle, fossé — et la validité d'un érouv commun relèvent du Rav qui en a la charge. Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav.

8. Synthèse pratique du Siman

Les enseignements du Siman שע״ב :
  1. Toits, cours et karpef (de sa'tayim au plus, ou entouré pour l'habitation) forment un seul domaine pour les objets qui y ont reposé (séif א) ; le grand karpef non entouré pour l'habitation est une karmelit (séif ב).
  2. Deux cours qui s'unissent pour les objets des maisons portent l'érouv déjà fait dans une maison de l'autre, qui doit avoir fait le sien (séif ג).
  3. Pas d'érouv commun sans ouverture ou fenêtre de quatre sur quatre, en partie dans les dix tefa'him du bas (séif ד) ; entre deux maisons, la fenêtre peut être plus haut, le Rama demandant quatre sur quatre (séif ה).
  4. Le mur de dix sépare (séif ו) ; une brèche de dix amot au plus, si le mur n'est pas tombé sur toute son étendue, vaut une ouverture ; au-delà, les cours n'en font plus qu'une (séif ז).
  5. Notamment les échelles, l'assise ôtée, les banquettes, la jatte renversée, le ziz et les entailles donnent au mur, selon leurs mesures, le statut d'ouverture, ou seulement la permission de s'en servir (séifim ח à יד) ; l'arbre et l'Achera, selon deux avis (séif טו).
  6. Le fossé de dix de profondeur sur quatre de largeur sépare, plein de paille et de chaume, tant qu'on ne l'a pas annulé ; plein de terre et de cailloux, même sans précision, il leur faut faire l'érouv ensemble (séif טז) — sur toute sa longueur, ou sur plus de dix amot ; en deçà, c'est comme une ouverture ; et il n'est pas nécessaire qu'il soit plein : il suffit qu'ils en aient réduit la profondeur au-dessous de dix (Michna Beroura ס״ק קכ״ב) ; une planche large de quatre en fait une ouverture (séif יז) — jusqu'à dix amot ; au-delà, c'est une brèche, et elles font un seul érouv (Michna Beroura ס״ק קכ״ח) ; profond de dix d'un seul côté, ou le même pour les deux, il suit la règle du mur (séif יח).
  7. La meule de paille de dix entre deux cours sépare ; tant qu'elle n'est pas réduite, on n'en prend pas à Shabbat pour sa bête (séif יט).
  8. Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav.

9. Questions de compréhension

Vérifie ta compréhension :
  1. Selon le séif א, quels objets peut-on transporter d'une cour à l'autre sans érouv commun, et lesquels non ?
  2. Pourquoi le karpef du séif ב ne se joint-il pas aux autres, et que reste-t-il permis ?
  3. Comment deux cours qui ont chacune leur érouv s'unissent-elles, et quelle condition le séif ג pose-t-il pour la seconde cour ?
  4. Quelle ouverture faut-il entre deux cours pour l'érouv commun (séif ד), et en quoi la fenêtre entre deux maisons diffère-t-elle (séif ה) ?
  5. Quelle différence le séif ז fait-il entre une brèche de dix amot et une brèche plus large ?
  6. Pourquoi le chaume placé entre deux échelles ne compte-t-il pas (séif יג) ?
  7. Quelles raisons la Michna Beroura (ס״ק קל״ז) donne-t-elle à l'interdit de prendre, à Shabbat, de la meule de paille pour sa bête (séif יט), et laquelle le Choulhan Aroukh HaRav donne-t-il au premier avis ?

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
~ ~ ~ ~ ~
DAAT · רב יוסף חיים סממה

סימן שע״ב · Niveau 1 — Initiation
♥ Soutenir DAAT
📖Rejoindre la khavroutha