Siman שע״ג · 1 séif du Choulhan Aroukh
Première approche du Siman שע״ג : texte hébreu intégral du Mehaber et de la glose du Rama, traduction française, explications des concepts halakhiques, cas pratiques et synthèse.
Sujet : deux balcons (gezoutraot) qui avancent de deux étages (aliyot) — quand la planche large de quatre tefa'him posée entre eux en fait une ouverture (peta'h) pour l'érouv, et quand un décalage ou une hauteur de trois tefa'him l'en empêche
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן שע״ג (un seul séif dans le Choulhan Aroukh, avec une glose du Rama ; un seul aussi dans le Choulhan Aroukh HaRav, étudié au niveau 4)
Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com
📑 Plan de l'étude
1. Le texte du Choul'han Aroukh
Le siman שע״ג contient un seul séif du Mehaber (Rabbi Yossef Karo), avec une glose du Rama. Objet du siman, selon son titre : la règle de deux balcons (gezoutraot) sur deux étages (aliyot). Le séif dit quand la planche large de quatre tefa'him posée entre eux en fait une ouverture, pour qu'on fasse l'érouv ensemble. Le Choulhan Aroukh de l'Admour HaZaken compte lui aussi un seul séif pour ce siman ; sa rédaction est étudiée au niveau 4.
Seif א
דין שתי גזוזטראות בשתי עליות. ובו סעיף אחד:
שתי גזוזטראו' הבולטו' משני עליו' זו כנגד זו ונתן ביניהם נסר רחב ארבע' הרי הוא כפתח ומערבין יחד: הגה ואם אין המרחק שביניהם ארבעה אפילו בלא נסר נמי דינא הכי (המגיד פ״ג) ואם רצו כל א' מערבת לעצמה אבל אם היו זו שלא כנגד זו שאחת משוכה למזרח וא' למערב אינם יכולים לערב יחד וכן אם היתה אחת גבוה מחבירת' לא חשיב פתח והני מילי כשמרוחקו' זו מזו ג״ט אבל אם הם תוך ג' זו לזו בין בריחוק בין בגובה חשיב שפיר כפתח:
- Deux balcons face à face, reliés par une planche de quatre [tefa'him], sont comme une ouverture : זו כנגד זו ונתן ביניהם נסר רחב ארבע׳ הרי הוא כפתח ומערבין יחד. La Michna Beroura (ס״ק ב) demande que la planche soit fixée par des clous, pour qu'on ne puisse pas l'ôter pendant Chabbat.
- Glose du Rama — à moins de quatre [tefa'him] d'écart, même sans planche : ואם אין המרחק שביניהם ארבעה אפילו בלא נסר נמי דינא הכי. La Michna Beroura (ס״ק ה) précise que, si la proximité court sur toute la longueur du mur ou sur plus de dix amot, on fait un seul érouv, et non deux ; le Magen Avraham (ס״ק ב) pose la même limite, pour une proximité de plus de dix amot ou sur toute la longueur des balcons : voir la section 6.
- Chacun peut aussi faire l'érouv pour soi : ואם רצו כל א׳ מערבת לעצמה. Selon la Michna Beroura (ס״ק ו), cela vaut quand la planche ne s'étend que de quatre tefa'him à dix amot ; au-delà de dix amot, on fait un seul érouv, et non deux ; elle ajoute (ודע) que l'érouv commun ne sert qu'à transporter sur le balcon, et à porter vers la cour de l'autre des objets qui ont passé Chabbat dans la maison ; chacun peut faire l'érouv de sa cour avec ses maisons et son étage.
- Balcons décalés : pas d'érouv commun : אבל אם היו זו שלא כנגד זו שאחת משוכה למזרח וא׳ למערב אינם יכולים לערב יחד. Une raison, selon la Michna Beroura (ס״ק ט) : la planche irait d'un coin à l'autre, et l'on ne fait pas d'ouverture dans un coin ; elle ajoute qu'on a peur de passer sur une passerelle qui n'est pas droite, mais en diagonale.
- L'un plus haut que l'autre : pas une ouverture : וכן אם היתה אחת גבוה מחבירת׳ לא חשיב פתח.
- La limite des trois tefa'him : והני מילי כשמרוחקו׳ זו מזו ג״ט אבל אם הם תוך ג׳ זו לזו בין בריחוק בין בגובה חשיב שפיר כפתח. Selon la Michna Beroura (ס״ק י״א), c'est alors comme s'ils étaient face à face — pour le décalage, par le lavoud — ; et, quand le vide entre eux dépasse quatre tefa'him, c'est permis par la planche posée de l'un à l'autre.
2. Le contexte général
De quoi parle ce siman ?
Le Beit Yossef, sur le Tour, rattache ce cas à la michna du chapitre Ha'halon du traité Érouvin (78b). Elle traite d'abord du fossé entre deux cours : « חָרִיץ שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת, עָמוֹק עֲשָׂרָה וְרוֹחַב אַרְבָּעָה — מְעָרְבִין שְׁנַיִם, וְאֵין מְעָרְבִין אֶחָד » (עירובין ע״ח ע״ב) — profond de dix et large de quatre [tefa'him], on fait deux érouvin, et non un seul. Puis vient la planche, et avec elle les deux balcons : « נָתַן עָלָיו נֶסֶר שֶׁרָחָב אַרְבָּעָה טְפָחִים, וְכֵן שְׁתֵּי גְזוּזְטְרָאוֹת זוֹ כְּנֶגֶד זוֹ — מְעָרְבִין שְׁנַיִם, וְאִם רָצוּ מְעָרְבִין אֶחָד » (עירובין ע״ח ע״ב) — on y a posé une planche large de quatre tefa'him, et de même deux balcons face à face : on fait deux érouvin, et, si l'on veut, un seul. Et : « פָּחוֹת מִכָּאן — מְעָרְבִין שְׁנַיִם, וְאֵין מְעָרְבִין אֶחָד » (עירובין ע״ח ע״ב) — moins que cela [selon Rachi, une planche qui n'est pas large de quatre : « פחות מכאן - שאינו רחב » (רש״י עירובין ע״ח ע״ב) ; voir le niveau 2], on fait deux érouvin, et non un seul.
La suite du cas — les balcons qui ne sont pas face à face —, le Beit Yossef la rattache à une parole de Rava (79a) : « הָא דְּאָמְרַתְּ זוֹ כְּנֶגֶד זוֹ — אִין, זוֹ שֶׁלֹּא כְּנֶגֶד זוֹ — לֹא, וְזוֹ לְמַעְלָה מִזּוֹ נָמֵי » (עירובין ע״ט ע״א) — face à face, oui ; pas face à face, non ; et l'un au-dessus de l'autre, non plus.
Puis : « לָא אֲמַרַן אֶלָּא שֶׁיֵּשׁ בֵּין זֶה לָזֶה שְׁלֹשָׁה טְפָחִים, אֲבָל אֵין בֵּין זֶה לָזֶה שְׁלֹשָׁה — גְּזוּזְטְרָא עֲקוּמָּה הִיא » (עירובין ע״ט ע״א) — cela, quand il y a trois tefa'him entre l'un et l'autre ; à moins de trois, c'est un balcon coudé.
Place dans Hilkhot Érouvin
Dans l'index de Sefaria, la section הלכות עירובין du Choul'han Aroukh commence au siman 345. Le siman שע״ג suit le siman שע״ב, auquel ses commentateurs renvoient, notamment : la Michna Beroura au séif 5 (la fenêtre entre deux maisons, même au-dessus de dix tefa'him ; ס״ק ג), le Magen Avraham au séif 7 (la brèche jusqu'à dix amot ; ס״ק ב), le Taz au séif 16 (le fossé entre deux cours ; ס״ק ב).
3. Les concepts-clés halakhiques
Quelques notions structurent ce siman, dans l'ordre du séif :
- גזוזטרא — le balcon : le Taz l'explique d'après Rashi, « נסרים בולטים משפת תקרת העלייה לר״ה » (ט״ז או״ח שע״ג ס״ק א) — des planches qui avancent du bord du plafond de l'étage vers le domaine public.
- זו כנגד זו — face à face : « ר״ל שזה בולט מדרום לצפון וזה מצפון לדרום » (משנה ברורה שע״ג ס״ק א) — l'un avance du sud vers le nord, et l'autre du nord vers le sud.
- נסר — la planche, large de quatre [tefa'him] : « ובעינן שיקבע הנסר במסמרים שלא יוכל ליטלו בשבת » (משנה ברורה שע״ג ס״ק ב) — il faut la fixer avec des clous, pour qu'on ne puisse pas l'ôter pendant Chabbat ; le Magen Avraham l'écrit au nom du Chiltei HaGuibborim (ס״ק א).
- כפתח — comme une ouverture : selon la Michna Beroura, « דכיון שיש נסר ביניהם רחב ארבע הרי יכול בקל לילך מפתח העליה זו להעליה שכנגדו ומצטרפים » (משנה ברורה שע״ג ס״ק ג) — puisqu'il y a entre eux une planche large de quatre, on peut aller facilement de l'ouverture d'un étage à l'étage d'en face, et ils se joignent. Elle cite ensuite le Peri Megadim : « וכתב הפמ״ג דוקא כמו שצייר המחבר שהיו הגזוזטראות בולטות מן העליות שיש בהן דיורין » (משנה ברורה שע״ג ס״ק ג) — seulement comme l'a dépeint le Mehaber, des balcons qui avancent d'étages où il y a des habitants ; résumé de la suite : deux maisons peuvent faire l'érouv par une ouverture même au-dessus de dix tefa'him (siman 372, séif 5), mais des balcons qui avanceraient ainsi de deux cours ne servent pas, l'ouverture étant au-dessus de dix.
- אין המרחק שביניהם ארבעה — la distance de moins de quatre, dans la glose du Rama : « היינו שאין בין גזוזטרא לגזוזטרא הפסק אויר רק פחות מד״ט וא״כ יוכל לפסוע בקל מזה לזה » (משנה ברורה שע״ג ס״ק ד) — entre un balcon et l'autre, il n'y a qu'un vide de moins de quatre tefa'him, et l'on peut donc enjamber facilement de l'un à l'autre.
- כל א׳ מערבת לעצמה — chacun pour soi : la Michna Beroura écrit que, même sans érouv commun, « יכולים כ״א לערב לעצמו החצר עם בתיו ועליה שלו » (משנה ברורה שע״ג ס״ק ו) — chacun peut faire l'érouv pour lui-même : la cour, avec ses maisons et son étage. Et quand chacun fait l'érouv pour soi, sur la partie qui fait face à la planche et sur la planche elle-même : « מסתברא דאסור שהרי כ״א פרוץ למקום חבירו ואוסרין זה על זה » (משנה ברורה שע״ג ס״ק ז) — il lui paraît raisonnable que ce soit interdit, car chacun est ouvert sur l'espace de l'autre, et ils s'interdisent l'un l'autre.
- משוכה — décalé : « ר״ל משוכה ממקום חברתה לצד מזרח » (משנה ברורה שע״ג ס״ק ח) — décalé de la place de l'autre, vers l'est. La raison : « שכשיתנו הנסר מזו לזו יבא מקרן זוית של זו לזו ופתחא בקרן זוית לא עבדי אינשי » (משנה ברורה שע״ג ס״ק ט) — la planche posée de l'un à l'autre irait du coin de l'un à l'autre, et l'on ne fait pas d'ouverture dans un coin ; et aussi : « וגם לפי שאין הגשר ישר אלא באלכסון עומד מתירא אדם לעבור בו » (משנה ברורה שע״ג ס״ק ט) — la passerelle n'étant pas droite mais en diagonale, on a peur d'y passer. La portée de ce cas est discutée. Le Taz écrit : « משמע כל שאינם בקרן זוית שפיר מהני הנסר אע״ג דהוה בעיקום » (ט״ז או״ח שע״ג ס״ק ג) — il en ressort que, tant qu'ils ne sont pas dans un coin, la planche sert bien, même en biais. Le Biour Halakha rapporte que l'Eliya Rabba le conteste : « והנה בא״ר חולק עליו וסובר דאין נ״מ אלא כל שהוא מעוקם בג״ט לא מהני נסר » (ביאור הלכה שע״ג) — il n'y a pas de différence : dès que le décalage est de trois tefa'him, la planche ne sert pas. Le Biour Halakha conclut : « וכן עיקר דהרבה ראשונים ס״ל כדעת רש״י דהמשנה דגזוזטרא קאי אנסר ואפ״ה בזה שלא כנגד זה לא מהני » (ביאור הלכה שע״ג) — c'est l'essentiel, car beaucoup de Rishonim tiennent, comme Rashi, que la michna des balcons porte sur la planche, et que malgré cela, quand ils ne sont pas face à face, elle ne sert pas. Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav.
- תוך ג — à moins de trois tefa'him : « פי׳ דהוי כאלו הנסר מונח בשוה » (משנה ברורה שע״ג ס״ק י) — c'est comme si la planche était posée de niveau. La Michna Beroura (ס״ק י״א) lit d'abord בין בריחוק בין בגובה de deux balcons écartés de plus de quatre tefa'him, dont l'un n'est plus haut que l'autre que de moins de trois : c'est alors comme s'ils étaient face à face, et l'on pose une planche de l'un à l'autre ; puis, de même, pour le décalage de moins de trois, « אמרינן לבוד והוי כאלו הם זו כנגד זו ואז אף שעדיין יש אויר רחוק בין זו לזו יותר מד״ט מותר ע״י נסר שנותן בין זו לזו » (משנה ברורה שע״ג ס״ק י״א) — on applique le lavoud, et c'est comme s'ils étaient face à face ; et alors, bien qu'il reste plus de quatre tefa'him de vide entre eux, c'est permis par la planche qu'on pose de l'un à l'autre.
4. Le détail des seifim — un par un
| Seif | Contenu |
|---|---|
| א | Deux balcons de deux étages, face à face, reliés par une planche large de quatre [tefa'him] : c'est comme une ouverture, et l'on fait l'érouv ensemble. Rama : si la distance entre eux n'est pas de quatre [tefa'him], même sans planche, la règle est la même. S'ils le veulent, chacun fait l'érouv pour soi. Balcons décalés, l'un vers l'est et l'autre vers l'ouest : ils ne peuvent pas faire l'érouv ensemble ; l'un plus haut que l'autre : ce n'est pas une ouverture — cela, quand l'écart est de trois tefa'him ; à moins de trois, en écart ou en hauteur, cela compte bien comme une ouverture. |
5. Le Mishnah Berurah — premières entrées
Le Mishnah Berurah de Rabbi Israël Méir Kagan (Hafets Haïm) compte 11 entrées sur ce siman. Les voici toutes, dans l'ordre — pour mieux comprendre le sens du séif :
Pour le texte sur Sefaria : Mishnah Berurah 373.
6. La position du Rama
Le Rama (Rabbi Moshe Isserles) ajoute une glose (הגה) à ce séif. Dans le texte que sert Sefaria (édition Maginei Eretz), elle est placée après les mots הרי הוא כפתח ומערבין יחד, et avant la suite du Mehaber.
- Seif א — la glose : « ואם אין המרחק שביניהם ארבעה אפילו בלא נסר נמי דינא הכי » (רמ״א או״ח שע״ג:א) — si la distance entre les deux balcons n'est pas de quatre tefa'him, la règle est la même, même sans planche. La raison, selon le Taz : « כיון דיכול לפסוע מזה לזה » (ט״ז או״ח שע״ג ס״ק ב) — puisqu'on peut enjamber de l'un à l'autre ; de même la Michna Beroura (ס״ק ד).
- Ce que le Beit Yossef rapporte au nom du Maggid Mishneh — que le Rashba a démontré à partir des Tossafot : « שאם אין ביניהם מרחק ד׳ אינו צריך נסר מזו לזו אלא אף בלא נסר מערבין אחד ואין מערבין שנים כל שהן זו כנגד זו » (בית יוסף או״ח שע״ג) — si la distance entre eux n'est pas de quatre, il n'est pas besoin de planche de l'un à l'autre : même sans planche, on fait un seul érouv et non deux, dès lors qu'ils sont face à face. Le Taz relève que cela contredit les Tossafot et le Rama, et répond : « ולק״מ דזה מיירי במערב לטלטל מגזוזטרא לחברתה והם רחבות הרבה » (ט״ז או״ח שע״ג ס״ק ב) — il n'y a pas de difficulté : ce cas-là traite de qui fait l'érouv pour transporter d'un balcon à l'autre, et de balcons très larges ; tandis que « משא״כ בדברי תו׳ ורמ״א כאן שהגזוזטרא אינם רחבים ואינו רוצה להשתמש שם רק שעל ידיהם יהיה פתח מחצר לחצר ובזה מערבין כמו שרוצים » (ט״ז או״ח שע״ג ס״ק ב) — chez les Tossafot et le Rama, les balcons ne sont pas larges, on ne veut pas s'en servir, mais seulement qu'ils fassent une ouverture de cour à cour, et là on fait l'érouv comme on veut.
- La limite que pose la Michna Beroura : « ודוקא שסמיכת הגזוזטראות זו לזו לא היה באורך כל הכותל דאלו אם היה סמיכתן באורך כל הכותל או שהיה נמשך הסמיכה זו לזו ביותר מעשר אמות אז מערבין אחד ולא שנים » (משנה ברורה שע״ג ס״ק ה) — seulement si la proximité des balcons ne court pas sur toute la longueur du mur ; car si elle court sur toute la longueur du mur, ou se prolonge sur plus de dix amot, on fait alors un seul érouv, et non deux. Le Magen Avraham pose la même limite — sur plus de dix amot, ou sur toute la longueur des balcons (ס״ק ב) —, et ajoute que le Maggid Mishneh l'écrit au nom du Rashba, et le Ba'h aussi (le Maggid Mishneh que sert Sefaria écrit que le Rashba tire sa règle de la Tosefta, et il n'y nomme pas les dix amot : voir le niveau 2).
- Habad → suivre le Choulhan Aroukh HaRav, siman שע״ג (voir Niveau 4 — Daat HaRav).
7. Cas pratiques modernes
Les situations ci-dessous sont des applications du site : le séif ne les nomme pas, chacune est rattachée à la proposition du séif qu'elle met en jeu.
| Situation | Analyse rapide |
|---|---|
| Deux balcons face à face, sur deux bâtiments, reliés par une planche | Application du site, séif א : c'est la forme du cas du séif — deux balcons qui avancent d'étages habités (le Peri Megadim, cité par la Michna Beroura, ס״ק ג), face à face, une planche large de quatre [tefa'him] entre eux : « הרי הוא כפתח ומערבין יחד » (שו״ע או״ח שע״ג:א). La planche doit être fixée (Michna Beroura, ס״ק ב). Si un bâtiment d'aujourd'hui répond à ces conditions : consulte ton Rav. |
| Deux balcons presque contigus, sans planche | Application du site, séif א, glose du Rama : face à face, si la distance entre eux n'est pas de quatre tefa'him, la règle est la même, même sans planche (la glose vient dans le cas des balcons face à face ; pour ce cas, le Beit Yossef rapporte au nom du Maggid Mishneh une autre règle — un seul érouv, et non deux —, que le Taz confronte à la glose avant de distinguer les deux cas, ס״ק ב : voir la section 6) ; pour des balcons proches mais décalés, cette page ne tranche pas. La Michna Beroura précise que, si la proximité court sur toute la longueur du mur ou sur plus de dix amot, on fait un seul érouv, et non deux (ס״ק ה). Consulte ton Rav. |
| Deux balcons décalés l'un par rapport à l'autre | Application du site, séif א : « אינם יכולים לערב יחד » (שו״ע או״ח שע״ג:א), sauf si le décalage est de moins de trois tefa'him (séif א). La portée de ce cas est discutée (Taz, ס״ק ג ; Biour Halakha, au nom de l'Eliya Rabba) : consulte ton Rav. |
8. Synthèse pratique du Siman
- Deux balcons face à face, reliés par une planche large de quatre [tefa'him], sont comme une ouverture, et l'on fait l'érouv ensemble (séif א) ; la planche doit être fixée, selon la Michna Beroura (ס״ק ב).
- Glose du Rama : face à face, si la distance entre eux n'est pas de quatre [tefa'him], même sans planche, la règle est la même (séif א) ; si la proximité court sur toute la longueur du mur (Michna Beroura, ס״ק ה) — des balcons, écrit le Magen Avraham (ס״ק ב) — ou sur plus de dix amot, on fait un seul érouv, et non deux.
- S'ils le veulent, chacun fait l'érouv pour soi (séif א) ; selon la Michna Beroura, pas si la planche s'étend sur plus de dix amot ; elle ajoute (ודע) que l'érouv commun ne sert qu'à transporter sur le balcon, et à porter vers la cour de l'autre des objets qui ont passé Chabbat dans la maison ; chacun peut faire l'érouv de sa cour avec ses maisons et son étage (ס״ק ו).
- Balcons décalés : ils ne peuvent pas faire l'érouv ensemble (séif א) ; la portée de ce cas est discutée (Taz, ס״ק ג ; Biour Halakha).
- L'un plus haut que l'autre : ce n'est pas une ouverture (séif א).
- Cela, quand l'écart est de trois tefa'him ; à moins de trois, en écart ou en hauteur, cela compte bien comme une ouverture (séif א) — avec la planche, quand le vide entre eux dépasse quatre tefa'him, selon la Michna Beroura (ס״ק י״א).
- Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav.
9. Questions de compréhension
- Qu'est-ce qu'une גזוזטרא, selon le Taz d'après Rashi (ס״ק א) ?
- Pourquoi la planche fait-elle des deux balcons une ouverture (Michna Beroura, ס״ק ג), et comment doit-elle être posée (ס״ק ב) ?
- Que dit la glose du Rama quand la distance est de moins de quatre tefa'him, et pour quelle raison (Taz, ס״ק ב ; Michna Beroura, ס״ק ד) ?
- Comment le Taz concilie-t-il la glose du Rama avec ce que le Beit Yossef rapporte au nom du Maggid Mishneh (ס״ק ב) ?
- Pourquoi des balcons décalés ne peuvent-ils pas faire l'érouv ensemble (Michna Beroura, ס״ק ט), et sur quoi le Taz et l'Eliya Rabba divergent-ils (Biour Halakha) ?
- Que veut dire בין בריחוק בין בגובה (« en écart ou en hauteur »), et que se passe-t-il à moins de trois tefa'him (Michna Beroura, ס״ק י et י״א) ?
- Quelles paroles de Rava (עירובין ע״ט ע״א) retrouve-t-on dans le séif ?
Pour aller plus loin
- 📚 Niveau 2 — Lamdan : pour le pilpoul, les שיטות ראשונים, les חקירות יסודיות, et les nuances Acharonim
- ✨ Niveau 3 — Synthèse : pour la révision et la mémorisation rapide avec mnémoniques
- 📜 Niveau 4 — Daat HaRav : la chitah de l'Admour HaZaken (Choulhan Aroukh HaRav siman שע״ג)