Choulhan Aroukh · Orah Haïm
Pilpoul approfondi
Sources talmudiques, hakira de fond,
chitot des Richonim et des A'haronim sur les habitations voisines et l'érouv
Sujet :
Choulhan Aroukh Orah Haïm siman שע״ב — 19 séifim dans le Choulhan Aroukh (Mehaber) ; le Choulhan Aroukh HaRav en compte 22
avec, notamment, les sources : Guemara Érouvin, Rambam, Tour, Beit Yossef, Taz, Magen Avraham, Michna Beroura, Biour Halakha
Michna Beroura : 142 ס״ק
Rédaction et étude :
Rav Yossef Haim Samama · DAAT
📑 Table des matières
- Le texte du Choulhan Aroukh — 19 seifim
- Un seul domaine — Rabbi Chimon, Rav et Chmouel (séif 1)
- La hakira de fond — un domaine, ou des objets de la maison (séif 1, fin)
- Le grand karpef, une karmelit (séif 2)
- Deux cours qui s'unissent — l'érouv déjà fait (séif 3 et la glose du Rama)
- L'ouverture entre deux cours — la fenêtre, et la maison comme pleine (séifim 4-5 et la glose du Rama)
- Le mur entre deux cours, et les fruits de son sommet (séif 6)
- La brèche (séif 7)
- Les échelles et l'assise ôtée (séif 8)
- La banquette, la jatte et la banquette sur la banquette (séifim 9-11)
- Le ziz, le chaume et l'entaille (séifim 12-14)
- L'arbre et l'Achera — une ouverture sur laquelle un lion est couché (séif 15)
- Le fossé — séparation, annulation, planche (séifim 16-18)
- La meule de paille — la crainte qu'elle soit réduite, ou le mouktsé (séif 19)
- Récapitulatif des chitot et conclusion halakhique
📜 Le texte du Choulhan Aroukh — 19 seifim
גגין וחצירו' וקרפיפו' כולן רשות א' הם לכלים ששבתו בתוכה שמותר לטלטלם מזה לזה אפי' הם של בעלים הרב' ולא עירבו יחד מותר לטלטל מחצר לחצר אחר' או לגג או לראש כותל שביניהם ומגג לגג אחר הסמוך לו אפי' גבוה ממנו הרבה ומהגג לקרפף שאינו יותר מסאתים או שהוקף לדירה אפי' הוא יותר מסאתים או למבוי שמתוקן בלחי או קורה אפי' לא עירבו בו ואע״פ שעירבו בני חצר לעצמן דשכיחי מאני דבתים בחצר מותר לטלטל כלים ששבתו בחצר זו לחצר אחר' ולא חיישינן שמא יטלטל גם כלים ששבתו בבית לחצר אחרת או לגג וקרפף:
résumé : chapeau du siman, puis le séif 1. Toits, cours et karpef sont un seul domaine pour les objets qui y ont reposé : on les transporte de l'un à l'autre même s'ils appartiennent à de nombreux propriétaires qui n'ont pas fait d'érouv ensemble — d'une cour à l'autre, vers un toit ou le haut du mur qui les sépare, d'un toit à un toit contigu même beaucoup plus haut, du toit vers un karpef de sa'tayim au plus ou entouré pour l'habitation, ou vers un mavoy aménagé par un lé'hi ou une kora. Même si les habitants d'une cour ont fait un érouv entre eux, on transporte les objets qui ont reposé dans cette cour vers une autre cour, et l'on ne craint pas qu'on y transporte aussi ceux qui ont reposé dans la maison.
résumé : le karpef de plus de sa'tayim qui n'a pas été entouré pour l'habitation est une karmelit : on n'en transporte pas vers un autre karpef [semblable, Michna Beroura ס״ק י״ח], si ce n'est deux amot dans l'un et deux amot dans l'autre.
résumé : deux cours qui veulent s'unir pour permettre aussi les objets qui ont reposé dans les maisons n'ont pas besoin d'un autre érouv : l'un des habitants porte pour tous l'érouv déjà fait dans une maison de la seconde cour, ou même du pain à lui, et tous sont permis. Glose du Rama : à condition que les habitants de sa cour aient d'abord fait l'érouv avec lui, ou qu'ils n'aient pas besoin d'en faire (siman 370). Le Mehaber reprend : à condition que la seconde cour ait fait son érouv ; elle n'a pas besoin d'un autre pain.
résumé : deux cours ne font l'érouv ensemble que s'il y a entre elles une ouverture, ou une fenêtre de quatre tefa'him sur quatre dont une partie est dans les dix tefa'him les plus proches du sol ; alors, au choix, ensemble ou chacune pour soi. Parenthèse sans הגה : renvoi au siman 386, séif 2.
résumé : une fenêtre entre deux maisons, même au-dessus de dix, permet, si elles le veulent, l'érouv commun ; de même la lucarne entre une maison et l'étage, même au-dessus de dix et même sans échelle. Glose du Rama : il faut de toute façon quatre sur quatre ; un treillis devant la fenêtre lui ôte le statut de fenêtre.
résumé : la maison ouverte sur deux cours, qui a fait l'érouv avec chacune quand les cours ne l'ont pas fait entre elles, ne fait pas passer d'une cour à l'autre les objets qui ont reposé dans les maisons. Un mur de dix (ou un sol surélevé de cinq avec une cloison de cinq) empêche l'érouv commun. Sur un mur haut de dix pour les deux cours : les fruits de son sommet se descendent dans les cours, et ceux qui ont reposé dans les cours s'y montent et passent à l'autre cour, qu'il soit large de quatre ou non ; ceux qui ont reposé dans la maison : interdit s'il est large de quatre, permis sinon (parenthèse : pourvu qu'on n'échange pas, siman 346). Haut de dix d'un seul côté : celui pour qui il n'a pas dix s'en sert même avec les objets de la maison, l'autre pas même avec ceux de la cour — quand le mur est large de quatre ; sinon, les deux s'en servent, même depuis les maisons, même si chacune a fait son propre érouv.
résumé : une brèche de dix amot au plus vaut une ouverture, à condition que le mur ne soit pas tombé sur toute son étendue ; au-delà, c'est une seule cour, et elles doivent faire l'érouv ensemble. Parenthèse (R. Yehonatan) : à plus forte raison s'il n'y a pas entre elles de cloison de dix.
résumé : des échelles larges de quatre, de part et d'autre d'un mur haut de dix pour les deux cours : une ouverture si elles sont à moins de trois [tefa'him] l'une de l'autre, ou même plus loin si le mur est large de quatre ; l'échelle a quatre barreaux, ou bien ses montants et ses barreaux sont lourds. Contre un mur de dix seulement, une échelle de sept et un peu, sur quatre, sert à s'en servir et à faire l'érouv ensemble, puisqu'il ne reste pas trois jusqu'au sommet. Une assise ôtée du haut du mur : sur quatre, ouverture et usage de tout le mur ; moins, ni ouverture ni usage de tout le mur — on ne s'en sert qu'en face de l'endroit réduit.
résumé : une banquette de quatre de long le long du mur et de quatre de saillie, qui le ramène sous dix, permet de se servir de tout le mur, mais n'est une ouverture pour l'érouv commun que si elle atteint le sommet [ou s'arrête à moins de trois tefa'him de lui, Michna Beroura ס״ק פ״ג] ; sans quatre sur quatre, elle ne permet pas même de s'en servir en face d'elle.
résumé : une jatte renversée de quatre sur quatre, de hauteur quelconque, qui ramène [le mur] sous dix : on se sert [du mur] en face de la réduction, pourvu qu'on la fixe avec de l'argile.
résumé : une banquette sur une banquette — l'inférieure de quatre sur quatre ; ou, sinon, la supérieure de quatre sur quatre, sans trois tefa'him entre elles : elle permet de se servir [du mur], non d'en faire une ouverture pour l'érouv commun.
résumé : une saillie (ziz) de quatre sur quatre, avec une échelle quelconque posée dessus, permet l'usage du mur — barreau inférieur à moins de trois du sol, moins de trois entre les barreaux, échelle posée sur le ziz et non à côté de lui ; sous vingt tefa'him, un ziz au milieu suffit ; à vingt, deux zizim, l'un dans les dix du bas, l'autre au-dessus dans les dix du haut, qui ne soient pas l'un en face de l'autre.
résumé : deux échelles écartées pour avoir ensemble quatre de large, avec du chaume entre elles : sans effet ni pour l'usage ni pour l'érouv commun, car le pied se pose au milieu de l'échelle et l'on ne monte pas sur le chaume ; l'échelle au milieu et le chaume sur le côté : efficace pour l'usage comme pour l'érouv commun.
résumé : une échelle de moins de quatre de large complétée par une entaille dans le mur : il suffit d'entailler sur dix de haut ; des barreaux entaillés sans aucune échelle : sur toute la hauteur du mur, et cela sert pour l'usage comme pour l'érouv commun.
résumé : un arbre à côté du mur dont on fait une échelle pour le mur : si elles le veulent, elles font un seul érouv ; une Achera, non, car il est interdit d'y monter selon la Torah, puisqu'elle est interdite de tout profit. Le Roch écrit l'inverse : l'arbre ne sert pas, l'Achera sert, à condition qu'elle soit sèche.
résumé : un fossé de dix de profondeur et quatre de largeur : pas d'érouv commun, même plein de paille et de chaume, tant qu'on ne l'a pas annulé ; plein de terre et de cailloux, même sans annulation, elles doivent faire l'érouv ensemble (parenthèse : siman 358, séif 2). Glose du Rama : selon certains, rempli de fruits, il est annulé sans précision, car on a coutume d'en faire là une réserve.
résumé : une planche posée en travers du fossé, d'un bord à l'autre, large de quatre : une ouverture ; elles font un seul érouv, ou deux si elles le veulent. Glose du Rama : de même un remplissage sur quatre de large par une chose qui l'y annule. Une planche dans la longueur du fossé, sur quatre, même étroite : une ouverture, puisqu'elle l'a ramené sous quatre.
résumé : un fossé profond de dix pour l'une et non pour l'autre, ou le même pour les deux : la règle du mur.
résumé : une meule de paille de dix entre deux cours : chacune fait son érouv ; réduite sous dix en semaine, elles doivent faire l'érouv ensemble. Tant qu'elle n'est pas réduite, interdit à chacun, à Shabbat, d'en mettre dans son panier pour nourrir sa bête, et même d'y placer la bête pour qu'elle mange — mais on peut se tenir devant elle pour qu'elle n'ait d'autre chemin où se tourner que par là. Selon le Roch, même en semaine, on n'en met pas dans son panier, ni on n'y place la bête de ses mains. Entre deux maisons, on nourrit sa bête de la meule de ses mains.
1. Un seul domaine — Rabbi Chimon, Rav et Chmouel (séif 1)
Le séif 1 recopie l'avis de Rabbi Chimon dans la Michna : « רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: אֶחָד גַּגּוֹת וְאֶחָד חֲצֵירוֹת וְאֶחָד קַרְפֵּיפוֹת — רְשׁוּת אַחַת הֵן לְכֵלִים שֶׁשָּׁבְתוּ לְתוֹכָן, וְלֹא לְכֵלִים שֶׁשָּׁבְתוּ בְּתוֹךְ הַבַּיִת » (עירובין פ״ט ע״א). La même Michna rapporte deux autres avis : pour Rabbi Meïr, tous les toits de la ville sont un seul domaine, pourvu qu'aucun ne soit plus haut ou plus bas de dix ; pour les Sages, chacun est un domaine à part.
Rabbi raconte qu'au temps où il étudiait la Torah auprès de Rabbi Chimon à Tekoa : « הָיִינוּ מַעֲלִין שֶׁמֶן וַאֲלוּנְטִית מִגַּג לְגַג, וּמִגַּג לְחָצֵר, וּמֵחָצֵר לְחָצֵר, וּמֵחָצֵר לְקַרְפֵּף, וּמִקַּרְפֵּף לְקַרְפֵּף אַחֵר » (עירובין צ״א ע״א), jusqu'à la source où ils se baignaient.
Le séif 1 ne joint à ce domaine que le karpef de sa'tayim au plus, ou entouré pour l'habitation. Le Beit Yossef établit la limite du karpef : Rachi l'écrit sur la Michna et la Guemara, et c'est explicite au chapitre Ossin Passin (Érouvin 22a) : « דלא שרי ר״ש אלא בקרפף בית סאתים » (בית יוסף או״ח שע״ב). Le Rambam, dans sa liste des lieux qui forment un seul domaine, écrit de même : « עִם כָּל הַקַּרְפִּיפוֹת שֶׁהֻקְּפוּ שֶׁלֹּא לְשֵׁם דִּירָה שֶׁאֵין בְּכָל אֶחָד מֵהֶן יֶתֶר עַל בֵּית סָאתַיִם » (רמב״ם הלכות עירובין פ״ג הי״ח).
Quand les cours ont fait leur érouv. Rav : « אָמַר רַב: הֲלָכָה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן, וְהוּא שֶׁלֹּא עֵירְבוּ. אֲבָל עֵירְבוּ — לָא, דְּגָזְרִינַן דִּילְמָא אָתֵי לְאַפּוֹקֵי מָאנֵי דְבָתִּים לֶחָצֵר » (עירובין צ״א ע״א). Chmouel, et Rabbi Yo'hanan : « וּשְׁמוּאֵל אָמַר: בֵּין עֵירְבוּ בֵּין שֶׁלֹּא עֵירְבוּ. וְכֵן אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן » (עירובין צ״א ע״א). Rav 'Hisda leur objecte : « יֹאמְרוּ: שְׁנֵי כֵלִים בְּחָצֵר אַחַת, זֶה מוּתָּר וְזֶה אָסוּר » (עירובין צ״א ע״א) ; la Guemara répond : « רַבִּי שִׁמְעוֹן לְטַעְמֵיהּ, דְּלָא גָּזַר » (עירובין צ״א ע״א) — Rabbi Chimon ne décrète pas, comme le montre sa comparaison des trois cours, citée sur la même page.
Le Beit Yossef : « ומשמע דהלכה כרבי יוחנן לגבי רב וכ״ש השתא דאיכא שמואל בהדיה וכן פסקו הפוסקים » (בית יוסף או״ח שע״ב), et non comme le Baal HaItour, qui écrit que la halakha suit Rav. Le séif 1 écrit, comme Chmouel et Rabbi Yo'hanan : « ואע״פ שעירבו בני חצר לעצמן דשכיחי מאני דבתים בחצר מותר לטלטל כלים ששבתו בחצר זו לחצר אחר׳ ולא חיישינן שמא יטלטל גם כלים ששבתו בבית לחצר אחרת או לגג וקרפף » (שו״ע או״ח שע״ב:א).
Rabbi Yo'hanan contre lui-même ? La Guemara objecte : « וְהָא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הֲלָכָה כִּסְתַם מִשְׁנָה » (עירובין צ״ב ע״א) — et la Michna anonyme du mur (Érouvin 76b, séif 6) dit que les fruits de son sommet ne se descendent pas en bas. Elle répond : « מַאי ״לְמַטָּה״ — לְמַטָּה לַבָּתִּים » (עירובין צ״ב ע״א). Le Beit Yossef rapporte cette discussion : la limite de la Michna du mur ne vise que les maisons (section 6).
2. La hakira de fond — un domaine, ou des objets de la maison (séif 1, fin)
חקירה — pour Rabbi Chimon, le statut de ces lieux tient à leur usage. Rachi, rapporté par le Beit Yossef : « כיון דגגות חצירות וקרפיפות כולם אין תשמישן מיוחד ותדיר רשות אחת הן מטלטלין מזה לזה אפילו מחצר של רבים לחצר של רבים בלא עירוב ולית ליה לר״ש עירובי חצירות אלא משום היתר כלי הבית » (בית יוסף או״ח שע״ב). La Michna Beroura le dit à son tour, et en tire la portée de l'érouv des cours : « ולא הצריכו חכמים ע״ח אלא משום שיהיה מותר להוציא לתוכה כלי הבית ששבתו בבית מבעוד יום וכן מחצר לבית » (משנה ברורה שע״ב ס״ק ג).
Reste l'objet qui a reposé dans la maison et qui se trouve déjà dans la cour. Le Rambam : « וְכֵן אִם שָׁבַת הַכְּלִי בַּבַּיִת וְהוֹצִיאוֹ לֶחָצֵר לֹא יַעֲבִירֶנּוּ לְחָצֵר אַחֶרֶת אוֹ לְגַג אַחֵר אוֹ לְרֹאשׁ הַכֹּתֶל אוֹ לְקַרְפָּף אֶלָּא אִם כֵּן עֵרְבוּ אַנְשֵׁי כָּל הַמְּקוֹמוֹת שֶׁמַּעֲבִירִין בָּהֶן כְּלִי זֶה עֵרוּב אֶחָד » (רמב״ם הלכות עירובין פ״ג ה״כ) ; la Michna Beroura lit de même la fin du séif 1 : « מזה מבואר דכלים ששבתו בבית אף שבאו בהיתר לחצר זה מפני שעירבו בה אעפ״כ אסור להוליכן לחצר אחרת שלא עירבו עמהן » (משנה ברורה שע״ב ס״ק ט״ז). Mais peut-on le déplacer dans la cour même ? Le Biour Halakha pose la question des deux côtés :
- Premier côté : « מי נימא דלא אסרו אלא ההוצאה מרשות אחד לחבירו אבל בחצר זה גופא אף ששבתו בבית לא אסרו בטלטול כשכבר הוציאן שם בין שהוציאן דרך היתר כגון ע״י מלבוש או אפילו דרך איסור » (ביאור הלכה שע״ב) — seul le passage d'un domaine à l'autre aurait été interdit, non le déplacement dans la cour même ;
- Second côté : « או אפשר דכיון שאינה מעורבת ורשות כל בני החצר שולטין עליה עשאוה כעין ר״ה ואסור לטלטל אף בחצר זה גופא יותר מד״א » (ביאור הלכה שע״ב) — la cour qui n'est pas mêlée par un érouv aurait été traitée comme un domaine public.
Il rapporte une ma'hloket des décisionnaires : l'Even HaOzer interdit, et écrit que c'est explicite dans l'Avodat HaKodech ; pour Rachi (Chabbat 130b) et pour Tossafot (Érouvin 91b), on peut le déplacer dans toute la cour, et le Biour Halakha en déduit leur raison : « וע״כ דס״ל דגזירת חכמים לא היה אלא בהוצאה מרשות לרשות כגון מבית לחצר שאינה מעורבת או מחצר לחצר אחרת בכלים ששבתו בבית אבל על חצר עצמו לא היה גזירת חז״ל כלל » (ביאור הלכה שע״ב).
La maison. La Michna Beroura conclut par un cas où la question ne se pose pas : « ועכ״פ אם הביא משקין ע״י נכרי לבית אחר שלא עירב עמה כיון שבית רשות יחיד הוא מותר לישראל לטלטל המשקין אח״כ בכל הבית לכו״ע » (משנה ברורה שע״ב ס״ק ט״ז).
Les objets de la maison vers un karpef. Le Magen Avraham, d'après Rachi et Tossafot : « וכלים ששבתו בבית אסור לטלטל מחצר לקרפף שלא הוקף לדירה אפי׳ הם של אדם א׳ » (מגן אברהם שע״ב ס״ק א) — le Biour Halakha précise le cas : un karpef non entouré pour l'habitation, qui ne contient pas plus de sa'tayim. Le Magen Avraham relève que la langue du Rambam laisse entendre qu'un érouv servirait pour le karpef, le juge difficile au regard de la Guemara, et propose que le Rambam ne parle pas du karpef. Le Biour Halakha rapporte que le Beit Meïr et d'autres ont réfuté cette proposition, en le prouvant par le Rambam lui-même, et écrit : « והעיקר דיש בזה פלוגתא בין הראשונים » (ביאור הלכה שע״ב) — le Rambam, le Smag, le Ra'ah et le Ritva sont indulgents quand les deux lieux appartiennent à un seul homme ou qu'on a fait l'érouv entre eux ; Rachi, Tossafot, le Rachba et le Roch interdisent, et c'est ce que le Tour et le Choulhan Aroukh écrivent sans nommer d'auteur au siman 358, séif 10. Sa conclusion : « וכתב בבית מאיר שם דלכתחילה בודאי יש להחמיר בזה כפסק השו״ע. ובשעת הדחק נראה דיש לסמוך ולהקל » (ביאור הלכה שע״ב).
Le Choulhan Aroukh HaRav (séif 1 de sa numérotation ; niveau 4, point ①) écrit, lui : « אֲבָל לְקַרְפֵּף שֶׁלֹּא הֻקַּף לְדִירָה, אֲפִלּוּ הוּא פָּחוֹת מִבֵּית סָאתַיִם — אֵין עֵרוּב מוֹעִיל, שֶׁאֲפִלּוּ הוּא שֶׁלּוֹ אָסוּר לְהוֹצִיא לְתוֹכוֹ כֵּלִים שֶׁשָּׁבְתוּ » (שו״ע הרב שע״ב:א) — le texte du Rav n'écrit pas d'indulgence pour le cas de nécessité pressante (celle que rapportera plus tard le Biour Halakha).
3. Le grand karpef, une karmelit (séif 2)
4. Deux cours qui s'unissent — l'érouv déjà fait (séif 3 et la glose du Rama)
Selon le Beit Yossef, la source est une baraïta (Érouvin 49a) : « ה׳ שגבו עירוב כשהן מוליכין עירובן למקום אחד אחד מוליך לכולן » (בית יוסף או״ח שע״ב), et Rachi y ajoute : « ואפילו נתן הוא לבדו פת אחת בשבילן הואיל והוא כבר עירב עם חבירו קונה לצורך כולן » (בית יוסף או״ח שע״ב). Au chapitre HaDar (Érouvin 73a) : « בעא מיניה אביי מרבה ה׳ שגבו את עירובן כשמוליכין עירובן למקום אחר עירוב אחד לכולם או צריכין עירוב לכל אחד ואחד א״ל עירוב אחד לכולן » (בית יוסף או״ח שע״ב).
יסוד — celui qui a déjà fait l'érouv avec les siens agit pour tous (Rachi). Pour celui qui porte son propre pain, la glose du Rama pose la condition : « והוא שעירבו בני חצירו עמו תחלה » (רמ״א או״ח שע״ב:ג). La Michna Beroura en donne la raison, et sa limite : « דאל״כ הא בעת שהוליך פת שלו עדיין לא היה מעורב עמהם ואף שאח״כ עירבו יחד לא חל העירוב למפרע מיהו נראה דאם אחר שעירבו בני חצירו חזר וסמך בהדיא על אותו פת שהוליך קודם לעירובן ודאי מהני » (משנה ברורה שע״ב ס״ק כ״ב) — l'érouv fait après n'agit pas rétroactivement ; mais s'il s'appuie ensuite expressément sur ce pain, cela sert, puisque l'érouv s'acquiert au crépuscule.
Le second cas du Rama — ceux qui n'ont pas besoin de faire l'érouv entre eux — est celui que le Beit Yossef tire de la Guemara : « ומשמע בגמרא דה״ה אם חצר אחת דרים אב ובניו המקבלים פרס ממנו וכן הרב ותלמידיו המקבלים פרס ממנו דקי״ל דכל שאין דיורין אחרים בחצר אינם צריכין לערב כמ״ש בסימן ש״ע אם באים לערב בחצר הסמוכה להם אחד מוליך לכולן » (בית יוסף או״ח שע״ב).
5. L'ouverture entre deux cours — la fenêtre, et la maison comme pleine (séifim 4-5 et la glose du Rama)
La Michna : « חַלּוֹן שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת אַרְבָּעָה עַל אַרְבָּעָה, בְּתוֹךְ עֲשָׂרָה — מְעָרְבִין שְׁנַיִם. וְאִם רָצוּ — מְעָרְבִין אֶחָד » (עירובין ע״ו ע״א). Elle poursuit qu'une fenêtre de moins de quatre, ou au-dessus de dix, ne permet pas l'érouv commun ; la Guemara demande pourquoi elle le précise, et répond : « הָא קָא מַשְׁמַע לַן טַעְמָא דְּכוּלֵּיהּ לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה, אֲבָל מִקְצָתוֹ בְּתוֹךְ עֲשָׂרָה — מְעָרְבִין שְׁנַיִם, וְאִם רָצוּ — מְעָרְבִין אֶחָד » (עירובין ע״ו ע״א). C'est le séif 4 : « ויהי׳ קצתו בתוך י״ט הנמוכים לארץ » (שו״ע או״ח שע״ב:ד) — dont une partie est dans les dix tefa'him les plus proches du sol.
La fenêtre ronde. Rabbi Yo'hanan : « חַלּוֹן עָגוֹל צָרִיךְ שֶׁיְּהֵא בְּהֶיקֵּפוֹ עֶשְׂרִים וְאַרְבָּעָה טְפָחִים » (עירובין ע״ו ע״א). La Guemara objecte : « בְּשֵׁיבְסַר נְכֵי חוּמְשָׁא סַגִּיא » (עירובין ע״ו ע״ב) — dix-sept tefa'him de circonférence, moins un cinquième, devraient suffire —, et répond que Rabbi Yo'hanan suit les juges de Césarée (selon une autre version, les Sages de Césarée) ; le Beit Yossef écrit qu'on en a conclu que cette mesure suffit, et rapporte que le Maguid Michné juge ce calcul approximatif. Le Magen Avraham (ס״ק ה) recopie cette mesure, et écrit pour la fenêtre longue : « ואפי׳ הוא ארוך הרב׳ צריך שיהי׳ ברחבו ד׳ » (מגן אברהם שע״ב ס״ק ה).
Entre deux maisons. Rav Na'hman : « אָמַר רַב נַחְמָן: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא חַלּוֹן שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת, אֲבָל חַלּוֹן שֶׁבֵּין שְׁנֵי בָתִּים אֲפִילּוּ לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה נָמֵי, אִם רָצוּ לְעָרֵב — מְעָרְבִין אֶחָד. מַאי טַעְמָא? בֵּיתָא כְּמַאן דִּמְלֵי דָּמֵי » (עירובין ע״ו ע״ב). Rava lui objecte une baraïta qui énumère les fenêtres entre deux cours, deux maisons, deux étages, deux toits et deux chambres, et dit : « כּוּלָּן אַרְבָּעָה עַל אַרְבָּעָה בְּתוֹךְ עֲשָׂרָה » (עירובין ע״ו ע״ב). La réponse : « תַּרְגּוּמָא אַחֲצֵירוֹת. וְהָא ״אֶחָד לִי״ קָתָנֵי! תַּרְגּוּמָא אַאַרְבָּעָה עַל אַרְבָּעָה » (עירובין ע״ו ע״ב) — dans les dix ne vise que les cours, et la mesure de quatre sur quatre vaut pour toutes. Le Beit Yossef écrit que la Guemara exige ainsi quatre sur quatre même là où l'on n'exige pas les dix, et le Rama le recopie en citant le Beit Yossef.
La lucarne vers l'étage : Rabbi Abba demande à Rav Na'hman si elle exige une échelle fixe, et la conclusion, au nom de Rav Na'hman, est : « אֶחָד סוּלָּם קָבוּעַ וְאֶחָד סוּלָּם עֲרַאי — אֵינוֹ צָרִיךְ » (עירובין ע״ו ע״ב). La Michna Beroura (ס״ק ל״ד) explique comme pleine : « לפי שהבית כיון שהוא מקורה הרי הוא כמלא » (משנה ברורה שע״ב ס״ק ל״ד).
Et l'ouverture (פתח) ? Le séif 4 nomme une ouverture sans en donner la mesure. Le Biour Halakha rapporte que le 'Hayé Adam semble se contenter, pour l'ouverture aussi, de la petite mesure de la fenêtre, et que d'après Rabbénou 'Hananel, une ouverture faite pour entrer et sortir demande toute la hauteur d'un homme ; il écrit : « מ״מ נראה שצריך לחוש גם לדברי ר״ח בזה שאפשר שגם הם ס״ל דיש חילוק בין חלון לפתח דבפתח בעינן שיהא ראוי לפתח לכנוס ולצאת בו » (ביאור הלכה שע״ב), et ajoute : « ומ״מ נראה דגם לפיר״ח יהיה די בחלל הפתח שיש בו עשרה טפחים » (ביאור הלכה שע״ב), la mesure d'une ouverture pour la mezouza (Yoré Déa 287). Le Choulhan Aroukh HaRav, au séif correspondant (séif 5 de sa numérotation, niveau 4), donne une mesure de largeur : « אֶלָּא אִם כֵּן יִהְיֶה בֵּינֵיהֶם פֶּתַח רָחָב ד׳ טְפָחִים » (שו״ע הרב שע״ב:ה) ; la Michna Beroura, sur le séif 17, nomme quatre tefa'him comme la mesure ordinaire d'une ouverture : « דבעלמא שיעור פתח הוא בד״ט » (משנה ברורה שע״ב ס״ק קכ״ט).
6. Le mur entre deux cours, et les fruits de son sommet (séif 6)
Le séif s'ouvre sur la maison située entre deux cours. Le Beit Yossef le rapporte, dans la suite de ce qu'il cite du Chibbolei HaLéket : « ב׳ חצירות ובית אחד ביניהם והבית פתוח לשתי החצירות והבית עירב עם שתיהם אבל החצירות לא עירבו שתיהם זה עם זה פשיטא שאין לטלטל מחצר לחצר ע״י בית האמצעי שביניהם » (בית יוסף או״ח שע״ב). Puis le mur, dans la Michna : « כּוֹתֶל שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת, גָּבוֹהַּ עֲשָׂרָה וְרוֹחַב אַרְבָּעָה — מְעָרְבִין שְׁנַיִם, וְאֵין מְעָרְבִין אֶחָד » (עירובין ע״ו ע״ב) ; le sol surélevé de cinq complété par une cloison de cinq relève, selon le Beit Yossef, de la règle établie au chapitre Kol Gaggot (Érouvin 93b) : « גידוד ה׳ ומחיצה ה׳ מצטרפין » (בית יוסף או״ח שע״ב).
Les fruits du sommet, dans la même Michna : « הָיוּ בְּרֹאשׁוֹ פֵּירוֹת — אֵלּוּ עוֹלִין מִכָּאן וְאוֹכְלִין, וְאֵלּוּ עוֹלִין מִכָּאן וְאוֹכְלִין, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יוֹרִידוּ לְמַטָּן » (עירובין ע״ו ע״ב).
Un mur qui n'a pas quatre de large. Rav : « אֵין בּוֹ אַרְבָּעָה מַאי? אָמַר רַב: אֲוִיר שְׁתֵּי רְשׁוּיוֹת שׁוֹלֶטֶת בּוֹ, לֹא יָזִיז בּוֹ אֲפִילּוּ מְלֹא נִימָא » (עירובין ע״ו ע״ב). Rabbi Yo'hanan : « וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אֵלּוּ מַעֲלִין מִכָּאן וְאוֹכְלִין, וְאֵלּוּ מַעֲלִין מִכָּאן וְאוֹכְלִין » (עירובין ע״ז ע״א). La Guemara lui objecte que la Michna dit montent et non font monter, et répond : « יֵשׁ בּוֹ אַרְבָּעָה עַל אַרְבָּעָה, עוֹלִין — אִין, מַעֲלִין — לָא. אֵין בּוֹ אַרְבָּעָה עַל אַרְבָּעָה — מַעֲלִין נָמֵי » (עירובין ע״ז ע״א) ; Rabbi Yo'hanan suit là sa propre règle, que Rav Dimi rapporte en son nom : « מָקוֹם שֶׁאֵין בּוֹ אַרְבָּעָה עַל אַרְבָּעָה — מוּתָּר לִבְנֵי רְשׁוּת הָרַבִּים וְלִבְנֵי רְשׁוּת הַיָּחִיד לְכַתֵּף עָלָיו, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יַחֲלִיפוּ » (עירובין ע״ז ע״א). Pour Rav, la Guemara répond : « הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן — בִּרְשׁוּיוֹת דְּרַבָּנַן. וַחֲכָמִים עָשׂוּ חִיזּוּק לְדִבְרֵיהֶם יוֹתֵר מִשֶּׁל תּוֹרָה » (עירובין ע״ז ע״א).
Monter depuis où ? Le Beit Yossef rapporte plusieurs lectures. Pour Rachi, faire monter se dit depuis la cour, le sommet qui n'a pas quatre étant un lieu exempt (מקום פטור) ; mais : « אבל התוס׳ פירשו אלו מעלין מן הבית דמן החצר אפילו ברחב ד׳ שרי » (בית יוסף או״ח שע״ב) — pour Rabbi Chimon, que Rabbi Yo'hanan suit, la cour est permise même sur un mur large de quatre. Et, d'après la Guemara d'Érouvin 92a (section 1) : « והרי״ף והרא״ש כתבו הא דקתני ובלבד שלא יורידו למטה אוקימנא בפרק כל גגות למטה לבתים אבל לחצירות מורידין דקי״ל כר״ש » (בית יוסף או״ח שע״ב).
Le Tour écrit : « אבל אינן יכולין להעלות מפירות הבית עליו ולא להוריד ממנו להכניסן לבית אפי׳ אין בו רוחב ד׳ » (טור או״ח שע״ב). Le Beit Yossef s'en étonne : « והא ליתא אלא ברחב ד׳ דוקא אבל אם אינו רחב ד׳ מותר וצ״ע » (בית יוסף או״ח שע״ב). Le séif 6 du Choulhan Aroukh écrit comme le Beit Yossef : « אבל פירות ששבתו בבית אם הכותל רחב ד׳ אסור להעלות לו ולא להוריד ממנו ואם אינו רחב ד׳ מותר » (שו״ע או״ח שע״ב:ו), puis la parenthèse : « ובלבד שלא יחליפו כדלעיל סי׳ שמ״ו ס״א » (שו״ע או״ח שע״ב:ו).
Pourvu qu'on n'échange pas. Le Beit Yossef : « כבר כתבתי בסימן שמ״ו דהיינו לדעת הרשב״א אבל לדעת הרי״ף והרמב״ם כל כה״ג מותר להחליף דהא רשויות דרבנן הם » (בית יוסף או״ח שע״ב). La Michna Beroura (ס״ק מ״ט) explique l'échange — monter des maisons sur le mur pour redescendre dans l'autre cour —, rappelle que le Mehaber rapporte au siman 346, séif 1, deux avis à ce sujet, et écrit : « ומלשון הרמ״א כאן משמע דחשש להחמיר » (משנה ברורה שע״ב ס״ק מ״ט).
7. La brèche (séif 7)
La Michna : « נִפְרְצָה הַכּוֹתֶל, עַד עֶשֶׂר אַמּוֹת — מְעָרְבִין שְׁנַיִם, וְאִם רָצוּ מְעָרְבִין אֶחָד, מִפְּנֵי שֶׁהוּא כְּפֶתַח. יוֹתֵר מִכָּאן — מְעָרְבִין אֶחָד וְאֵין מְעָרְבִין שְׁנַיִם » (עירובין ע״ו ע״ב).
יסוד — la brèche est comme une ouverture tant qu'il reste du mur. Le Beit Yossef rapporte R. Yehonatan : « נפרץ הכותל י׳ אמות ונשאר משהו מכאן ומשהו מכאן או מצד אחד לבדו ונשאר ד״ט רוחב בגובה י׳ מערבין ב׳ אם ירצו אלו לעצמן ואלו לעצמן ואין אוסרין זה ע״ז שהרי לא נפרצה במילואה » (בית יוסף או״ח שע״ב) ; et pour la brèche de plus de dix : « ואם עירב כל אחת לעצמה הוי כחולקין את עירובן ואוסרים אלו על אלו » (בית יוסף או״ח שע״ב) ; il conclut que ces paroles sont claires. Le Magen Avraham (ס״ק י״ד) explique tombé sur toute son étendue : « כגון שנשאר מכל צד משהו או פס ד׳ לצד א׳ » (מגן אברהם שע״ב ס״ק י״ד). Le Biour Halakha : « ואפילו נשארו מן הכותל גידודים סמוך לארץ כל שאינם גבוהים עשרה טפחים לא חשיבי » (ביאור הלכה שע״ב). La Michna Beroura (ס״ק נ״ט) : « אכן אם עשו צורת הפתח במקום הפרצה חשוב כפתח ואם רצו מערבין שנים » (משנה ברורה שע״ב ס״ק נ״ט).
La parenthèse en petits caractères du séif 7, qui renvoie à R. Yehonatan (chapitre Halon), ajoute : « וכל שכן אם אין ביניהם מחיצה גבוה י׳ דצריכין לערב יחד » (שו״ע או״ח שע״ב:ז).
8. Les échelles et l'assise ôtée (séif 8)
Abayé : « כּוֹתֶל שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת גָּבוֹהַּ עֲשָׂרָה טְפָחִים, וְהִנִּיחַ סוּלָּם רָחָב אַרְבָּעָה מִכָּאן וְסוּלַּם רָחָב אַרְבָּעָה מִכָּאן, וְאֵין בֵּין זֶה לָזֶה שְׁלֹשָׁה טְפָחִים — מְמַעֵט. שְׁלֹשָׁה — אֵינוֹ מְמַעֵט » (עירובין ע״ז ע״ב) ; « וְלָא אֲמַרַן אֶלָּא דְּלָא הָוֵי כּוֹתֶל אַרְבָּעָה, אֲבָל הָוֵי כּוֹתֶל אַרְבָּעָה — אֲפִילּוּ מוּפְלָג טוּבָא, נָמֵי » (עירובין ע״ז ע״ב). Le Magen Avraham (ס״ק ט״ו) en donne la raison : « שיכול להוליך מסולם לסולם » (מגן אברהם שע״ב ס״ק ט״ו). Le Rambam écrit aussi de l'échelle qui n'atteint pas le sommet : « וַאֲפִלּוּ לֹא הָיָה מַגִּיעַ רֹאשׁ הַסֻּלָּם לְרֹאשׁ הַכֹּתֶל אִם נִשְׁאַר בֵּינֵיהֶן פָּחוֹת מִשְּׁלֹשָׁה הֲרֵי זֶה מַתִּיר וּמְעָרְבִין אֶחָד אִם רָצוּ » (רמב״ם הלכות עירובין פ״ג ה״ג).
La largeur de l'échelle. Le Beit Yossef rapporte le Maguid Michné sur le Rambam : « ולא ראיתי בדברי רבינו זכר לרוחב סולם אבל הרשב״א כתב רחב ד׳ כלשון המימרא » (בית יוסף או״ח שע״ב).
Quelle échelle ? La Guemara : « סוּלָּם הַמִּצְרִי אֵינוֹ מְמַעֵט וְהַצּוֹרִי מְמַעֵט. הֵיכִי דָּמֵי סוּלָּם הַמִּצְרִי? אָמְרִי דְּבֵי רַבִּי יַנַּאי: כֹּל שֶׁאֵין לוֹ אַרְבָּעָה חֲווֹקִים » (עירובין ע״ז ע״ב), et la raison : « מִשּׁוּם דְּהָוֵה לֵיהּ דָּבָר שֶׁנִּיטָּל בְּשַׁבָּת, וְכׇל דָּבָר שֶׁנִּיטָּל בְּשַׁבָּת — אֵינוֹ מְמַעֵט » (עירובין ע״ז ע״ב) ; « אִי הָכִי, אֲפִילּוּ צוֹרִי נָמֵי! הָתָם כּוֹבְדוֹ קוֹבְעוֹ » (עירובין ע״ז ע״ב). Le Biour Halakha rapporte : « הא״ז דייק מדין זה דסולם המצרי שהוא קל ג״כ מתיר » (ביאור הלכה שע״ב), à l'appui de Rabbénou Chmouel, qui n'exige pas quatre barreaux ; mais : « אכן לפי דעת הרבה פוסקים שפליגי על ר״ש וסתם הטוש״ע כוותייהו ע״כ דבזה ג״כ מיירי שהיה בו ד׳ שליבות או שזרועותיו ושליבותיו כבדות » (ביאור הלכה שע״ב).
Sept et un peu. Rav Yehouda, au nom de Chmouel : « כּוֹתֶל עֲשָׂרָה — צָרִיךְ סוּלָּם אַרְבָּעָה עָשָׂר לְהַתִּירוֹ » (עירובין ע״ח ע״א) ; Rav Yossef et Abayé réduisent la mesure, et enfin : « רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ אָמַר: אֲפִילּוּ שִׁבְעָה וּמַשֶּׁהוּ » (עירובין ע״ח ע״א). Le Beit Yossef : « ופסקו הפוסקים כרב הונא בריה דרב יהושע ובספרי רבינו יש ט״ס בזה » (בית יוסף או״ח שע״ב) — et il donne la leçon corrigée du Tour, celle que recopie le séif 8.
מה נפשך. La Guemara : « בָּא לְמַעֲטוֹ, אִם יֵשׁ בְּמִיעוּטוֹ אַרְבָּעָה — מוּתָּר לְהִשְׁתַּמֵּשׁ בְּכׇל הַכּוֹתֶל כּוּלּוֹ. וְאִם לָאו — אֵין מִשְׁתַּמֵּשׁ אֶלָּא כְּנֶגֶד הַמִּיעוּט » (עירובין ע״ז ע״א) — et elle objecte : « מָה נַפְשָׁךְ? אִי אַהֲנִי מִעוּטָא — בְּכוּלֵּיהּ כּוֹתֶל לִישְׁתַּמֵּשׁ. אִי לָא אַהֲנִי — אֲפִילּוּ כְּנֶגֶד הַמִּיעוּט נָמֵי לָא. אָמַר רָבִינָא: כְּגוֹן שֶׁעָקַר חוּלְיָא מֵרֹאשׁוֹ » (עירובין ע״ז ע״א). Rachi, rapporté par le Beit Yossef : réduite sur quatre de long, l'assise ôtée est une ouverture pour tout le mur ; « בציר מהכי פתחא הוא דלא הוי אבל לאישתמושי ביה שרי דכיון דלא גבוה י׳ לא הוי רשותא » (בית יוסף או״ח שע״ב). C'est la fin du séif 8 : on ne se sert qu'en face de l'endroit réduit.
La Michna Beroura (ס״ק ע״ד) distingue les deux effets de l'échelle : « מכלי הבית כשלא עשה אלא סולם מצד אחד ולערב יחד כשהעמידו סולם משני הצדדין » (משנה ברורה שע״ב ס״ק ע״ד).
9. La banquette, la jatte et la banquette sur la banquette (séifim 9-11)
Le séif 9 conclut : « אבל אינו חשוב כפתח לערב יחד עד שיגיע לראש הכותל » (שו״ע או״ח שע״ב:ט). Cette condition est discutée.
La banquette compte-t-elle comme ouverture ? Le Roch, rapporté par le Beit Yossef, relève, sur la banquette posée sur une banquette, que Rachi semble ne pas exiger quatre sur quatre, alors que plus loin la Guemara exige que l'échelle atteigne le sommet du mur. Il répond : « ונ״ל דהכא בעי ד׳ על ד׳ שאז ראוי לעמוד עליו ולעלות על הכותל ולהכי לא בעי׳ אלא שיתמעט הכותל מי׳ » (בית יוסף או״ח שע״ב). Puis il rapporte : « ור״מ תירץ דכל הני איירי לענין זה שאם עשה האחד בנין אצל הכותל ומיעטו מי׳ דה״ל תשמישו בנחת ונותנין אותו לו אבל פתח לא חשיב לערב אחד אפילו שכנגדו עשה כיוצא בו אם לא שיגיע הסולם בראש הכותל » (בית יוסף או״ח שע״ב). Le Beit Yossef : « ואין כן דעת הרמב״ם בפ״ג אלא לענין מערבין אחד הוא » (בית יוסף או״ח שע״ב) ; et sur le Tour : « ורבינו הצריך ד׳ רוחב כתירוץ הרא״ש ולהיות כפתח הצריך שיגיע לראש הכותל כתירוץ ר״מ ולא ידעתי למה דכיון דבאיזה תירוץ מהם מתיישב למה ליה למנקט כחומרי שניהם » (בית יוסף או״ח שע״ב).
Le Biour Halakha : « ומ״מ בשו״ע סתם כוותיה דהטור בזה » (ביאור הלכה שע״ב) ; il rapporte que l'Even HaOzer s'en étonne aussi, et que : « ובאמת רוב הפוסקים סתמו בזה להקל דכונת הגמרא הוא אפילו לענין לערב יחד » (ביאור הלכה שע״ב) — notamment le Rambam, le Rachba, Rabbénou 'Hananel et le Or Zaroua, le Ritva penchant davantage vers R. Meïr ; il conclut : « וע״כ בשעת הדחק יש לסמוך להקל בזה » (ביאור הלכה שע״ב).
Le Choulhan Aroukh HaRav (372:13) écrit, comme le Mehaber, que la banquette ne compte pas comme une ouverture pour l'érouv commun, et il en donne la raison : « אֲבָל אֵינָהּ חֲשׁוּבָה כְּפֶתַח לְכֹתֶל זֶה לְעָרֵב יַחַד, אֲפִלּוּ עָשָׂה כֵּן גַּם בְּחָצֵר הַשְּׁנִיָּה, הוֹאִיל וְיֵשׁ מִמֶּנָּה לְרֹאשׁוֹ ג׳ טְפָחִים » (שו״ע הרב שע״ב:יג) ; là où le Mehaber écrit « עד שיגיע לראש הכותל » (שו״ע או״ח שע״ב:ט), le Rav parle des trois tefa'him qui restent jusqu'au sommet. La Michna Beroura, qui écrit plus tard, lit cette borne dans les mots mêmes du Mehaber : « וה״ה אם היה נמוך מזה פחות מג״ט ג״כ דינא הכי וכנ״ל בס״ח לענין סולם » (משנה ברורה שע״ב ס״ק פ״ג) ; pour une banquette arrêtée à moins de trois tefa'him du sommet, la page ne tranche pas ce qu'il en est selon le Rav — consulte ton Rav. Le texte du Rav n'écrit pas d'indulgence pour le cas de nécessité pressante (celle que proposera plus tard le Biour Halakha).
La jatte renversée (séif 10). Rav Ye'hiel : « אָמַר רַב יְחִיאֵל: כָּפָה סֵפֶל — מְמַעֵט » (עירובין ע״ז ע״א). La Guemara : « וְאַמַּאי? דָּבָר הַנִּיטָּל בְּשַׁבָּת הוּא, וְדָבָר הַנִּיטָּל בְּשַׁבָּת אֵינוֹ מְמַעֵט. לָא צְרִיכָא, דְּחַבְּרֵיהּ בְּאַרְעָא » (עירובין ע״ז ע״א), et, après d'autres objections : « לָא צְרִיכָא, דְּבָעֵי מָרָא וַחֲצִינָא » (עירובין ע״ז ע״ב). Le Rambam formule la règle en général : « וְכָל הַדָּבָר הַנִּטָּל בְּשַׁבָּת כְּגוֹן הַסַּל וְהַסֵּפֶל אֵין מְמַעֲטִין בּוֹ אֶלָּא אִם כֵּן חִבְּרוֹ בָּאָרֶץ חִבּוּר שֶׁאִי אֶפְשָׁר לְשָׁמְטוֹ עַד שֶׁיַּחְפֹּר בְּדֶקֶר » (רמב״ם הלכות עירובין פ״ג הי״ג). La Guemara et le Rambam écrivent ספל ; la Michna Beroura (ס״ק פ״ה) lit ספסל, et c'est aussi le mot du Tour tel que le Beit Yossef le cite.
Sur les mots en face de la réduction du séif 10, le Taz : « משמע אבל לא בכל הכותל וקשה מ״ש מסולם דס״ח דמהני לכל הכותל » (ט״ז שע״ב ס״ק ז) ; la Michna Beroura : « הסכימו האחרונים דמה שכתב כנגד המיעוט ט״ס הוא וצ״ל אפילו שלא כנגד המיעוט » (משנה ברורה שע״ב ס״ק פ״ו). Le niveau 4 (point א) compare sur ce point le texte du Rav à celui du Mehaber.
10. Le ziz, le chaume et l'entaille (séifim 12-14)
Rav Na'hman, au nom de Rabba bar Avouha : « זִיז הַיּוֹצֵא מִן הַכּוֹתֶל אַרְבָּעָה עַל אַרְבָּעָה, וְהִנִּיחַ עָלָיו סוּלָּם כׇּל שֶׁהוּא — מִיעֲטוֹ » (עירובין ע״ח ע״א) ; « וְלָא אֲמַרַן אֶלָּא דְּאוֹתְבֵיהּ עֲלֵיהּ, אֲבָל אוֹתְבֵיהּ בַּהֲדֵיהּ אַרְווֹחֵי אַרְוְחֵיהּ » (עירובין ע״ח ע״א). Rachi, rapporté par le Beit Yossef : « אבל אותביה בהדיה וראשו נסמך לכותל ארווחי ארווחיה לזיז ולא הוי האי סולם מתחתיו דרגא לזיז ואין כאן מיעוט שהוא מובדל מן הקרקע הרבה » (בית יוסף או״ח שע״ב).
Le mur de vingt. « כּוֹתֶל תִּשְׁעָה עָשָׂר — צָרִיךְ זִיז אֶחָד לְהַתִּירוֹ » (עירובין ע״ח ע״א) ; « כּוֹתֶל עֶשְׂרִים — צָרִיךְ שְׁנֵי זִיזִים לְהַתִּירוֹ. אָמַר רַב חִסְדָּא: וְהוּא שֶׁהֶעֱמִידָן זֶה שֶׁלֹּא כְּנֶגֶד זֶה » (עירובין ע״ח ע״א). Pour Rachi, rapporté par le Beit Yossef, ils sont décalés de sorte : « שיכול לקבוע סולם שני מזה לזה » (בית יוסף או״ח שע״ב) ; le Tour écrit : « והוא שלא יהו הזיזין זה כנגד זה שראוי להטות סולם מזה לזה » (טור או״ח שע״ב), et le séif 12 : « שראוי להטיל סולם מזה לזה » (שו״ע או״ח שע״ב:יב). Mais le Beit Yossef : « ואין כן דעת הרמב״ם בפ״ג מה״ע אלא דהני מימרי דרב נחמן לענין לערב אחד הם » (בית יוסף או״ח שע״ב) — et selon l'explication que le Maguid Michné donne du Rambam : « ולפי פי׳ זה הא דצריך ששני הזיזים יהיו זה שלא כנגד זה הוא כדי שיוכל לעלות מזיז לחבירו שאם היו מכוונים זה למעלה מזה אינו יכול לעלות מאחד לחבירו » (בית יוסף או״ח שע״ב). Le Rambam : « הָיָה הַכֹּתֶל גָּבוֹהַּ עֶשְׂרִים טְפָחִים צָרִיךְ שְׁנֵי זִיזִין זֶה שֶׁלֹּא כְּנֶגֶד זֶה » (רמב״ם הלכות עירובין פ״ג ה״ו). La Michna Beroura (ס״ק צ״ו) : « אבל לעשותו פתח לערב יחד אינו מועיל אא״כ הזיז הוא בפחות מג״ט לראש הכותל והשני עשה ג״כ כזה מעבר השני » (משנה ברורה שע״ב ס״ק צ״ו).
Le chaume (séif 13). Rav Yossef demande à Rabba : « סוּלָּם מִכָּאן וְסוּלָּם מִכָּאן וְקַשִּׁין בָּאֶמְצַע, מַהוּ » (עירובין ע״ח ע״א) — réponse : « אֵין כַּף הָרֶגֶל עוֹלָה בָּהֶן » (עירובין ע״ח ע״א) ; et : « קַשִּׁין מִכָּאן וְקַשִּׁין מִכָּאן וְסוּלָּם בָּאֶמְצַע, מַהוּ? אֲמַר לֵיהּ: הֲרֵי כַּף הָרֶגֶל עוֹלָה בָּהֶן » (עירובין ע״ח ע״א). Le Rambam : « הָיָה סֻלָּם בָּאֶמְצַע וְקַשִּׁין מִכָּאן וְקַשִּׁין מִכָּאן אִם רָצוּ מְעָרְבִין שְׁנַיִם » (רמב״ם הלכות עירובין פ״ג ה״ז) ; et le Beit Yossef : « ודברי רבינו הם כפי׳ רש״י ולהרמב״ם וה״ה פי׳ אחר באבעיות אלו » (בית יוסף או״ח שע״ב). La Michna Beroura (ס״ק ק״ה) explique le second cas : « לפי שכף הרגל עולה בסולם והקש שמן הצד ראוי להחזיק בו בידיו ולעלות » (משנה ברורה שע״ב ס״ק ק״ה).
L'entaille (séif 14). « חָקַק לְהַשְׁלִים בַּכּוֹתֶל, בְּכַמָּה? אֲמַר לֵיהּ: בַּעֲשָׂרָה » (עירובין ע״ח ע״ב) ; « חֲקָקוֹ כּוּלּוֹ בַּכּוֹתֶל, בְּכַמָּה? אֲמַר לֵיהּ: מְלֹא קוֹמָתוֹ. וּמַאי שְׁנָא? אֲמַר לֵיהּ: הָתָם מִסְתַּלֵּק לֵיהּ, הָכָא לָא מִסְתַּלֵּק לֵיהּ » (עירובין ע״ח ע״ב). Rachi, rapporté par le Beit Yossef, l'entend de l'échelle étroite complétée par une entaille, et explique la différence : « התם כי איכא סולם מגיע לראש הכותל נוח לעלות בו ומיהו לא חשיב למיהוי פתח בציר מרוחב ד׳ הלכך כי משוי ליה רוחב ד׳ בגובה י׳ פתחא הוי אבל הכא אין נוח לעלות כ״כ אבל הרמב״ם פ״ג מה״ע פירשה לענין אחר » (בית יוסף או״ח שע״ב) — avec l'échelle qui atteint le sommet, il est aisé de monter, et dix de haut sur quatre de large font une ouverture ; sans échelle, il est moins aisé de monter ; le Rambam, lui, l'explique de la brèche : « הָיְתָה הַפִּרְצָה פְּחוּתָה מֵעֶשֶׂר וּבָא לְהַשְׁלִימָהּ לְיֶתֶר מֵעֶשֶׂר חוֹקֵק בַּכֹּתֶל גֹּבַהּ עֲשָׂרָה טְפָחִים וּמְעָרְבִין עֵרוּב אֶחָד » (רמב״ם הלכות עירובין פ״ג הי״א) ; le Beit Yossef écrit que le Maguid Michné a déjà expliqué la sougya selon lui.
11. L'arbre et l'Achera — une ouverture sur laquelle un lion est couché (séif 15)
Rav Yossef demande à Rabba : « עֲשָׂאוֹ לָאִילָן סוּלָּם, מַהוּ » (עירובין ע״ח ע״ב). La question se pose selon Rabbi : « עַד כָּאן לָא קָאָמַר רַבִּי הָתָם כׇּל דָּבָר שֶׁהוּא מִשּׁוּם שְׁבוּת לֹא גָּזְרוּ עָלָיו — הָנֵי מִילֵּי בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת, אֲבָל כּוּלֵּי יוֹמָא — לָא » (עירובין ע״ח ע״ב) ; et selon les Rabbanan : « אוֹ דִילְמָא אֲפִילּוּ לְרַבָּנַן: פִּיתְחָא הוּא, וְאַרְיָא הוּא דִּרְבִיעַ עֲלֵיהּ » (עירובין ע״ח ע״ב). Même question pour l'Achera, selon Rabbi Yehouda : « עַד כָּאן לָא קָאָמַר רַבִּי יְהוּדָה הָתָם דְּמוּתָּר לִקְנוֹת בַּיִת בְּאִיסּוּרֵי הֲנָאָה, אֶלָּא הָתָם, דְּבָתַר דִּקְנָה לֵיהּ עֵירוּב לָא נִיחָא לֵיהּ דְּלִינְּטַר » (עירובין ע״ח ע״ב).
חקירה — ce qu'il est interdit d'emprunter compte-t-il comme ouverture ? D'un côté, l'ouverture est là, et l'interdit n'est qu'un lion couché dessus ; de l'autre, ce qu'on ne peut pas emprunter n'ouvre rien. Rabba : « אֲמַר לֵיהּ: אִילָן מוּתָּר, וַאֲשֵׁירָה אֲסוּרָה. מַתְקֵיף לַהּ רַב חִסְדָּא: אַדְּרַבָּה, אִילָן שֶׁאִיסּוּר שַׁבָּת גּוֹרֵם לוֹ — נִיתְּסַר » (עירובין ע״ח ע״ב) — « אֲשֵׁירָה שֶׁאִיסּוּר דָּבָר אַחֵר גּוֹרֵם לוֹ — לָא נִיתְּסַר » (עירובין ע״ח ע״ב). La Guemara rapporte dans le sens de Rav 'Hisda ce que Ravin, à sa venue, a dit au nom de Rabbi Elazar — et selon une autre version, Rabbi Abahou au nom de Rabbi Yo'hanan : « כֹּל שֶׁאִיסּוּר שַׁבָּת גָּרַם לוֹ — אָסוּר, כֹּל שֶׁאִיסּוּר דָּבָר אַחֵר גָּרַם לוֹ — מוּתָּר » (עירובין ע״ח ע״ב). Rav Na'hman bar Yits'hak l'enseigne autrement : « אִילָן — פְּלוּגְתָּא דְּרַבִּי וְרַבָּנַן. אֲשֵׁירָה — פְּלוּגְתָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה וְרַבָּנַן » (עירובין ע״ח ע״ב).
Le Rambam et le Roch. Le Rambam écrit comme Rabba : « הוֹאִיל וְאִסּוּר שְׁבוּת הוּא שֶׁגָּרַם לוֹ שֶׁלֹּא יַעֲלֶה בָּאִילָן » (רמב״ם הלכות עירובין פ״ג ה״ח). Le Tour, fils du Roch : « עשה מאילן מחובר סולם אינו מועיל מפני שאסור לעלות בו בשבת ואם הוא אשירה יבשה שאין בו משום איסור שבות מועיל אע״פ שיש בו איסור ע״ז » (טור או״ח שע״ב), puis : « והרמב״ם ז״ל כ׳ שאילן מועיל ואשרה אינו מועיל וא״א הרא״ש ז״ל לא כתב כן » (טור או״ח שע״ב). Le Beit Yossef : « ונחלקו הרמב״ם והרא״ש בפסק ההלכה » (בית יוסף או״ח שע״ב). Le séif 15 du Choulhan Aroukh écrit d'abord l'avis du Rambam, puis celui du Roch.
Les raisons : le Magen Avraham, pour le premier avis : « דמה שאסור לעלות באילן אינו אלא שבות ולא גזרו עליו ב״ה » (מגן אברהם שע״ב ס״ק כ״ד) ; la Michna Beroura, pour le Roch : « דכיון שאסור לעלות בו בשבת והאיסור בא מכח שבת ואיך יתיר דבר לשבת דהו״ל כשני סותרין » (משנה ברורה שע״ב ס״ק קי״ד). Sur l'Achera sèche, le Magen Avraham objecte : « צ״ע דברסי׳ של״ו פסק דאסור להשתמש אפילו ביבשה » (מגן אברהם שע״ב ס״ק כ״ו). La Michna Beroura, sur l'Achera sèche : « ומותר לעלות עליו בשבת מדינא אי לאו משום איסור אשרה ועיין לעיל סימן של״ו דיש ליזהר שלא לעלות אפילו באילן יבש התם רק משום סייג וגדר שלא יבואו להקל בשאר אילנות » (משנה ברורה שע״ב ס״ק קט״ז) — selon la loi on pourrait y monter, n'était l'interdit de l'Achera ; au siman 336, s'il faut se garder de monter même sur un arbre sec, ce n'est que par mesure de protection, pour qu'on ne vienne pas à être indulgent pour les autres arbres. Puis : « ועיין בא״ר שמצדד להלכה כסברא הראשונה שהיא דעת הרבה פוסקים » (משנה ברורה שע״ב ס״ק קט״ז). Le niveau 4 (point ב) relève que le texte du Rav ne rapporte que le premier avis.
12. Le fossé — séparation, annulation, planche (séifim 16-18)
La Michna : « חָרִיץ שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת, עָמוֹק עֲשָׂרָה וְרוֹחַב אַרְבָּעָה — מְעָרְבִין שְׁנַיִם, וְאֵין מְעָרְבִין אֶחָד. אֲפִילּוּ מָלֵא קַשׁ אוֹ תֶּבֶן. מָלֵא עָפָר אוֹ צְרוֹרוֹת — מְעָרְבִין אֶחָד, וְאֵין מְעָרְבִין שְׁנַיִם » (עירובין ע״ח ע״ב).
La paille ne sépare-t-elle pas ? La Guemara, à partir de la Michna de la meule (séif 19) : « וְתֶבֶן לָא חָיֵיץ? וְהָא אֲנַן תְּנַן: מַתְבֵּן שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת גָּבוֹהַּ עֲשָׂרָה טְפָחִים — מְעָרְבִין שְׁנַיִם וְאֵין מְעָרְבִין אֶחָד » (עירובין ע״ח ע״ב). Abayé : « לְעִנְיַן מְחִיצָה — כּוּלֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דְּהָוְיָא מְחִיצָה, אֲבָל לְעִנְיַן חֲצִיצָה, אִי בַּטְּלֵיהּ — חָיֵיץ, וְאִי לָא בַּטְּלֵיהּ — לָא חָיֵיץ » (עירובין ע״ח ע״ב) — la paille qui forme une cloison est une cloison ; celle qui remplit un fossé ne le comble que si on l'a annulée.
Terre et cailloux, même sans annulation ? La Guemara objecte la Michna d'Ohalot : « בַּיִת שֶׁמִּילְּאָהוּ תֶּבֶן אוֹ צְרוֹרוֹת וּבִיטְּלוֹ — בָּטֵל » (עירובין ע״ח ע״ב) — annulée, oui ; non annulée, non. Après d'autres réponses, Rav Achi : « בַּיִת אַחָרִיץ קָא רָמֵית?! בִּשְׁלָמָא חָרִיץ לְמִיטְיְימֵיהּ קָאֵי. אֶלָּא בַּיִת, לְמִיטְיְימֵיהּ קָאֵי? » (עירובין ע״ט ע״א) — un fossé est fait pour être comblé, une maison ne l'est pas : la Michna d'Ohalot, qui parle d'une maison, ne contredit donc pas la règle du fossé. Le Rambam : « שֶׁסְּתָם עָפָר וּצְרוֹרוֹת בְּחָרִיץ מְבֻטָּלִין הֵן. אֲבָל אִם מִלְּאָהוּ תֶּבֶן אוֹ קַשׁ אֵין מְמַעֲטִין עַד שֶׁיְּבַטֵּל » (רמב״ם הלכות עירובין פ״ג הי״ב). Sur tant qu'on ne l'a pas annulé, la Michna Beroura (ס״ק קכ״א) : « בפירוש ואמר לא שקילנא מהכא וי״א שאפילו לא אמר בפיו רק שהסכים בלבו לזה ג״כ ממילא מתבטל » (משנה ברורה שע״ב ס״ק קכ״א).
Les fruits — la glose du Rama. Le Beit Yossef rapporte les Hagahot Acheri : « ואם מילא פירות אפילו סתמא בטלי להו הואיל ודרכם לעשות מהם אוצר » (בית יוסף או״ח שע״ב). Le Magen Avraham objecte : « וקשה דבגמרא דף פ״ד מוקי לה בפירות טבלים משמע דבשאר פירות אסור » (מגן אברהם שע״ב ס״ק כ״ח) ; et encore : « וע״ק על רמ״א דהא פסק בסי׳ של״ג דמותר להסתפק ממנו א״כ הוה ליה דבר הניטל בשבת ואינו ממעט » (מגן אברהם שע״ב ס״ק כ״ח) — et laisse la question ouverte (וצ״ע). La Michna Beroura (ס״ק קכ״ה) rapporte que le Gaon de Vilna se range à son avis.
La planche (séif 17). Rava : « לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁנָּתַן לְרׇחְבּוֹ, אֲבָל לְאׇרְכּוֹ — אֲפִילּוּ כָּל שֶׁהוּא נָמֵי, שֶׁהֲרֵי מִיעֲטוֹ מֵאַרְבָּעָה » (עירובין ע״ט ע״א). La Michna Beroura (ס״ק קכ״ח) en pose la limite : « ודע דלא חשבינן אותו כפתח אלא מד״ט רוחב עד עשר אמות אבל ביותר מזה חשוב כפרצה » (משנה ברורה שע״ב ס״ק קכ״ח) ; le Magen Avraham (ס״ק כ״ט), d'après le Ba'h et le Rambam, l'écrit de la planche posée dans la longueur.
Le Beit Yossef rapporte R. Yehonatan : « כתב ה״ר יהונתן אפילו לא נסתם מכל אותו חריץ אלא י׳ אמות לבד ונשאר חריץ מכאן ומכאן כפתח הוי ואם רצו מערבין אחד ואם רצו מערבין ב׳ » (בית יוסף או״ח שע״ב) ; et s'étonne : « ואיני יודע למה הצריך י׳ אמות גם למה כתב שלא הוזכר במשנה דכל כה״ג משמע דבד׳ טפחים סגי » (בית יוסף או״ח שע״ב). Le Taz l'explique autrement : la parole de R. Yehonatan porte sur la planche de la Michna, et vient enseigner : « קמ״ל דאפי׳ נסתם החריץ עד י׳ אמה דנשארו חריצין מכאן ומכאן אפ״ה לא נחשב לפרצה רק לפתח ויוכל לערב ב׳ » (ט״ז שע״ב ס״ק ט).
13. La meule de paille — la crainte qu'elle soit réduite, ou le mouktsé (séif 19)
La Michna : « מַתְבֵּן שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת גָּבוֹהַּ עֲשָׂרָה טְפָחִים — מְעָרְבִין שְׁנַיִם, וְאֵין מְעָרְבִין אֶחָד. אֵלּוּ מַאֲכִילִין מִכָּאן, וְאֵלּוּ מַאֲכִילִין מִכָּאן. נִתְמַעֵט הַתֶּבֶן מֵעֲשָׂרָה טְפָחִים, — מְעָרְבִין אֶחָד, וְאֵין מְעָרְבִין שְׁנַיִם » (עירובין ע״ט ע״א). Rav Houna : « וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יִתֵּן לְתוֹךְ קוּפָּתוֹ וְיַאֲכִיל » (עירובין ע״ט ע״א). La Guemara lui objecte : « וּלְאוֹקֹמֵי שְׁרֵי? וְהָאָמַר רַב הוּנָא אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: מַעֲמִיד אָדָם אֶת בְּהֶמְתּוֹ עַל גַּבֵּי עֲשָׂבִים בְּשַׁבָּת. וְאֵין מַעֲמִיד אָדָם אֶת בְּהֶמְתּוֹ עַל גַּבֵּי מוּקְצֶה בְּשַׁבָּת » (עירובין ע״ט ע״א) — et répond : « דְּקָאֵים לַהּ בְּאַפַּהּ וְאָזְלָה וְאָכְלָה » (עירובין ע״ט ע״א). Une baraïta, sur la maison : « בַּיִת שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת וּמִילְּאָהוּ תֶּבֶן — מְעָרְבִין שְׁנַיִם וְאֵין מְעָרְבִין אֶחָד. זֶה נוֹתֵן לְתוֹךְ קוּפָּתוֹ וְיַאֲכִיל, וְזֶה נוֹתֵן לְתוֹךְ קוּפָּתוֹ וְיַאֲכִיל » (עירובין ע״ט ע״א) ; la Guemara distingue : « כִּי מִיפְּחִית — מִינַּכְרָא לֵיהּ מִלְּתָא. הָכָא — לָא מִינַּכְרָא לֵיהּ מִלְּתָא » (עירובין ע״ט ע״א).
Pourquoi pas au panier ? Rachi, rapporté par le Beit Yossef : « שלא יתן בידים לתוך קופתו דילמא שקיל טובא וממעיט ליה מי׳ וקא מטלטל בחצר האסור » (בית יוסף או״ח שע״ב) ; et selon une autre version : « ל״א לא יתן לתוך קופתו משום דמוקצה מאתמול למחיצה זו » (בית יוסף או״ח שע״ב). « והרא״ש הקשה עליו ופירש דאלו מאכילין מכאן וכו׳ בחול קאמר » (בית יוסף או״ח שע״ב) — selon le Roch, la Michna parle de la semaine. Le Magen Avraham, d'après le Roch, écarte le mouktsé : « ומשום מוקצה ליכא דדוקא בבית שנפל בשבת כיון שהיה אסור ב״ה משום סתיר׳ אוהל אסור גם בשבת אבל הכא לא הוה מוקצה » (מגן אברהם שע״ב ס״ק ל׳) ; et, d'après le Yerouchalmi : « דאינו כסותר אהלים אלא כסומך אהלים » (מגן אברהם שע״ב ס״ק ל׳) ; puis : « ורש״י ס״ל דהוי מוקצה מה שלמטה מי׳ » (מגן אברהם שע״ב ס״ק ל׳).
La Michna Beroura (ס״ק קל״ז) : « דחיישינן דלמא שקיל טובא וממעט ליה מי״ט וקאתי לטלטל בחצר ואע״ג דבשבת זו מותר מדינא דהואיל והותרה הותרה חיישינן שמא יבוא לטלטל גם בשבת הבאה » (משנה ברורה שע״ב ס״ק קל״ז) — crainte pour le Shabbat suivant, ce Shabbat-ci étant permis selon la loi — ; et rapporte aussi la raison du mouktsé, sous la formule וי״א. Sur l'avis du Roch, elle écrit : « ודוקא בנוטל מעט מעט חיישינן לזה אבל לא במסלק כולו בבת אחת. והעיקר כסברא ראשונה » (משנה ברורה שע״ב ס״ק ק״מ). Le Biour Halakha : « עיין בא״ר ותו״ש שכתבו שלשון זה מגומגם דלהרא״ש דוקא בחול אבל בשבת אין לנו לחוש שמא יתמעט דאפילו נתמעט שרי מטעם שהותר מעיקרא ובמאמ״ר כתב דלשון אפילו הוא רק לאפוקי מדעה ראשונה דס״ל דבחול שרי » (ביאור הלכה שע״ב) — l'Eliya Rabba et le Tossefet Shabbat écrivent que cette formulation est malaisée, puisque selon le Roch l'interdit ne vaut qu'en semaine ; le Maamar Mordekhaï écrit que le mot même sert seulement à exclure le premier avis, qui permet en semaine.
Le mur et le fossé, quand les cours ont fait leur érouv. Le Taz conclut — le Beit Yossef le rapporte des Hagahot Acheri, au nom du Or Zaroua : « הני מילי דכותל וחריץ מיירי בלא עירבו בני החצר אבל עירבו בני החצר מותר הכל » (ט״ז שע״ב ס״ק י).
14. Récapitulatif des chitot et conclusion halakhique
Le fondement — pour Rabbi Chimon, toits, cours et karpef ne sont pas des lieux d'usage réservé et constant, et l'érouv des cours ne vient que pour les objets des maisons (Rachi, rapporté par le Beit Yossef ; Michna Beroura ס״ק ג). Dans l'ordre des séifim :
- séif 1 : la halakha suit Chmouel et Rabbi Yo'hanan, même quand les cours ont fait leur érouv (Beit Yossef) ; l'objet de la maison ne passe pas d'une cour à l'autre (Rambam ; Michna Beroura ס״ק ט״ז), et son déplacement dans la cour même est discuté (Biour Halakha) ;
- séifim 1-2 : le karpef de sa'tayim au plus, ou entouré pour l'habitation ; au-delà, une karmelit ; les objets de la maison vers un karpef non entouré pour l'habitation (de sa'tayim au plus) sont l'objet d'une ma'hloket des Richonim (Biour Halakha), et le Choulhan Aroukh HaRav (séif 1 de sa numérotation) écrit que, pour un tel karpef, l'érouv n'y sert pas, même s'il est à lui ;
- séif 3 : celui qui a déjà fait l'érouv avec les siens agit pour tous (Rachi sur Érouvin 49a, rapporté par le Beit Yossef ; voir aussi Érouvin 73a) ; la condition du Rama, et sa limite (Michna Beroura ס״ק כ״ב) ;
- séifim 4-5 : la fenêtre de quatre sur quatre, en partie dans les dix ; entre deux maisons, comme pleine, mais toujours quatre sur quatre (Érouvin 76b) ;
- séif 6 : le mur de dix ; les fruits de la maison selon la largeur de quatre, comme le Beit Yossef et contre le Tour ; le mur haut d'un seul côté et large de quatre, donné à celui qui s'en sert aisément ;
- séif 7 : la brèche jusqu'à dix amot, s'il reste du mur (R. Yehonatan) ;
- séifim 8-14 : échelles, assise, banquettes, jatte, ziz, chaume et entailles — l'ouverture, ou seulement l'usage du mur ; la condition du séif 9, que le Beit Yossef discute : le Biour Halakha écrit qu'en cas de nécessité pressante on peut s'appuyer sur l'avis qui allège ; le Choulhan Aroukh HaRav (séif 13 de sa numérotation) écrit, comme le Mehaber, que la banquette n'est pas une ouverture pour l'érouv commun — il en donne pour raison les trois tefa'him qui restent jusqu'au sommet, borne que la Michna Beroura (ס״ק פ״ג) lit aussi dans les mots du Mehaber — et n'écrit pas d'indulgence pour le cas de nécessité pressante, que le Biour Halakha écrira plus tard ;
- séif 15 : l'arbre et l'Achera, entre Rabba et Rav 'Hisda, entre le Rambam et le Roch ;
- séifim 16-18 : le fossé, qui sépare, plein de paille et de chaume, tant qu'il n'est pas annulé ; la terre, annulée sans précision ; les fruits de la glose du Rama, que le Magen Avraham met en question ; la planche ; la règle du mur ;
- séif 19 : la meule de paille, et les raisons de l'interdit — la crainte qu'elle soit réduite, ou le mouktsé.
Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav ; l'usage de la communauté compte aussi.
Pour aller plus loin
Niveau 3 — Synthèse : récapitulatif structuré, repères mnémotechniques, arbres de décision et règles pratiques.
Niveau 4 — Daat HaRav : la chita de l'Admour HaZaken (Choulhan Aroukh HaRav, 22 séifim sur ce siman).