דעת DAAT
Hilkhot Érouvin Siman שע״ג
DAAT · NIVEAU 3 — SYNTHÈSE MAGISTRALE

Siman שע״ג

סימן שע״ג · דין שתי גזוזטראות בשתי עליות
Récapitulatif & mnémoniques pour la révision

Synthèse magistrale · Hilkhot Érouvin · 1 séif dans le Choulhan Aroukh, 1 dans le Choulhan Aroukh HaRav
Pour mémoriser et réviser après les Niveaux 1 & 2

📑 Plan de la synthèse

  1. L'Axiome central du siman
  2. Les concepts-clés condensés
  3. Ce qui fait de deux balcons une ouverture — dans l'ordre du séif
  4. Arbre de décision — deux balcons sont-ils une ouverture, pour faire l'érouv ensemble ?
  5. Le Mehaber, le Rama et l'Admour HaZaken — où leurs textes diffèrent
  6. Mnémonique ד-ד-ג
  7. Pièges à éviter
  8. Cas pratiques
  9. Tableau de synthèse finale
  10. Les commandements pratiques

1. L'Axiome central

Le Siman שע״ג en une phrase.
Deux balcons qui avancent de deux étages, l'un face à l'autre, avec entre eux une planche large de quatre [tefa'him], sont comme une ouverture, et l'on fait l'érouv ensemble : « שתי גזוזטראו׳ הבולטו׳ משני עליו׳ זו כנגד זו ונתן ביניהם נסר רחב ארבע׳ הרי הוא כפתח ומערבין יחד » (שו״ע או״ח שע״ג:א) — séif א. La glose du Rama donne la même règle, même sans planche, quand la distance entre eux n'est pas de quatre [tefa'him] ; s'ils le veulent, chacun [des deux] fait l'érouv pour soi ; le décalage, ou la différence de hauteur, empêche l'ouverture quand l'écart est de trois tefa'him, et, à moins de trois, en écart comme en hauteur, cela compte bien comme une ouverture (séif א). Ce qui fait l'ouverture, selon la Michna Beroura : « דכיון שיש נסר ביניהם רחב ארבע הרי יכול בקל לילך מפתח העליה זו להעליה שכנגדו ומצטרפים » (משנה ברורה שע״ג ס״ק ג).

2. Les concepts-clés condensés

ConceptDéfinitionDans le séif
Le balcon (gezoutra)Le Taz l'explique d'après Rachi : « נסרים בולטים משפת תקרת העלייה לר״ה » (ט״ז או״ח שע״ג ס״ק א)Deux balcons qui avancent de deux étages (séif א)
זו כנגד זוFace à face : « ר״ל שזה בולט מדרום לצפון וזה מצפון לדרום » (משנה ברורה שע״ג ס״ק א)Face à face, reliés par la planche, ils sont comme une ouverture ; décalés, ils ne peuvent pas faire l'érouv ensemble (séif א)
נסר רחב ארבע׳La planche large de quatre [tefa'him] ; elle doit être fixée : « ובעינן שיקבע הנסר במסמרים שלא יוכל ליטלו בשבת » (משנה ברורה שע״ג ס״ק ב) ; le Magen Avraham l'écrit au nom du Chiltei HaGuibborim (ס״ק א)« הרי הוא כפתח ומערבין יחד » (שו״ע או״ח שע״ג:א)
הרי הוא כפתחComme une ouverture : « דכיון שיש נסר ביניהם רחב ארבע הרי יכול בקל לילך מפתח העליה זו להעליה שכנגדו ומצטרפים » (משנה ברורה שע״ג ס״ק ג)On fait l'érouv ensemble (séif א) ; selon le Peri Megadim, que cite la Michna Beroura, seulement comme l'a dépeint le Mehaber : « וכתב הפמ״ג דוקא כמו שצייר המחבר שהיו הגזוזטראות בולטות מן העליות שיש בהן דיורין » (משנה ברורה שע״ג ס״ק ג)
אין המרחק שביניהם ארבעה (רמ״א)Glose du Rama, expliquée par la Michna Beroura : « היינו שאין בין גזוזטרא לגזוזטרא הפסק אויר רק פחות מד״ט וא״כ יוכל לפסוע בקל מזה לזה » (משנה ברורה שע״ג ס״ק ד) ; la raison, selon le Taz, « כיון דיכול לפסוע מזה לזה » (ט״ז או״ח שע״ג ס״ק ב)Même sans planche, la règle est la même (séif א) ; si la proximité court sur toute la longueur du mur (Michna Beroura, ס״ק ה) — des balcons, écrit le Magen Avraham (ס״ק ב) — ou sur plus de dix amot, on fait un seul érouv, et non deux
כל א׳ מערבת לעצמהChacun pour soi : selon la Michna Beroura, il est permis alors à chacun de transporter les objets de sa maison sur la partie du balcon qui est à lui : « ובאופן זה יהיה מותר לכ״א לטלטל מכלי ביתו בשטח גזוזטרא השייך לו » (משנה ברורה שע״ג ס״ק ז)S'ils le veulent (séif א) ; selon la Michna Beroura, quand la planche ne s'étend que de quatre tefa'him à dix amot (ס״ק ו) ; elle ajoute (ודע) que l'érouv commun ne sert qu'à transporter sur le balcon, et à porter vers la cour de l'autre des objets qui ont passé Chabbat dans la maison : même sans érouv commun, « יכולים כ״א לערב לעצמו החצר עם בתיו ועליה שלו » (משנה ברורה שע״ג ס״ק ו) ; et, sur la partie qui fait face à la planche et sur la planche elle-même, « מסתברא דאסור שהרי כ״א פרוץ למקום חבירו ואוסרין זה על זה » (משנה ברורה שע״ג ס״ק ז)
משוכה למזרחDécalé : « ר״ל משוכה ממקום חברתה לצד מזרח » (משנה ברורה שע״ג ס״ק ח)Ils ne peuvent pas faire l'érouv ensemble (séif א) ; la raison, selon la Michna Beroura : « שכשיתנו הנסר מזו לזו יבא מקרן זוית של זו לזו ופתחא בקרן זוית לא עבדי אינשי » (משנה ברורה שע״ג ס״ק ט) ; et aussi « וגם לפי שאין הגשר ישר אלא באלכסון עומד מתירא אדם לעבור בו » (משנה ברורה שע״ג ס״ק ט)
אחת גבוה מחבירת׳L'un plus haut que l'autre« וכן אם היתה אחת גבוה מחבירת׳ לא חשיב פתח » (שו״ע או״ח שע״ג:א)
תוך ג׳À moins de trois tefa'him : « פי׳ דהוי כאלו הנסר מונח בשוה » (משנה ברורה שע״ג ס״ק י) ; pour le décalage, « אמרינן לבוד והוי כאלו הם זו כנגד זו » (משנה ברורה שע״ג ס״ק י״א)« והני מילי כשמרוחקו׳ זו מזו ג״ט אבל אם הם תוך ג׳ זו לזו בין בריחוק בין בגובה חשיב שפיר כפתח » (שו״ע או״ח שע״ג:א) ; et, quand l'écart entre eux dépasse quatre tefa'him, avec la planche : « ואז אף שעדיין יש אויר רחוק בין זו לזו יותר מד״ט מותר ע״י נסר שנותן בין זו לזו » (משנה ברורה שע״ג ס״ק י״א)

3. Ce qui fait de deux balcons une ouverture — dans l'ordre du séif

Face à face, avec une planche large de quatre [tefa'him] → « הרי הוא כפתח ומערבין יחד » (שו״ע או״ח שע״ג:א) ; la planche doit être fixée, selon la Michna Beroura (ס״ק ב).
↓
Glose du Rama — à moins de quatre [tefa'him], sans planche → « ואם אין המרחק שביניהם ארבעה אפילו בלא נסר נמי דינא הכי » (רמ״א או״ח שע״ג:א) : on peut enjamber de l'un à l'autre (Taz, ס״ק ב ; Michna Beroura, ס״ק ד). Selon la Michna Beroura, on peut alors faire l'érouv ensemble, ou deux érouvin, sauf si la proximité court sur toute la longueur du mur ou sur plus de dix amot : on fait alors un seul érouv, et non deux (ס״ק ה) ; le Magen Avraham pose la même limite, pour une proximité de plus de dix amot ou sur toute la longueur des balcons (ס״ק ב).
↓
Chacun pour soi → « ואם רצו כל א׳ מערבת לעצמה » (שו״ע או״ח שע״ג:א) ; selon la Michna Beroura, pas si la planche s'étend sur plus de dix amot ; elle ajoute (ודע) que l'érouv commun ne sert qu'à transporter sur le balcon, et à porter vers la cour de l'autre des objets qui ont passé Chabbat dans la maison ; chacun peut faire l'érouv de sa cour avec ses maisons et son étage (ס״ק ו).
↓
Décalés, l'un vers l'est et l'autre vers l'ouest → « אבל אם היו זו שלא כנגד זו שאחת משוכה למזרח וא׳ למערב אינם יכולים לערב יחד » (שו״ע או״ח שע״ג:א) : la planche irait d'un coin à l'autre, et elle serait en diagonale (Michna Beroura, ס״ק ט). La portée de ce cas est discutée (Taz, ס״ק ג ; Biour Halakha, au nom de l'Eliya Rabba).
↓
L'un plus haut que l'autre → « וכן אם היתה אחת גבוה מחבירת׳ לא חשיב פתח » (שו״ע או״ח שע״ג:א).
↓
La mesure des trois tefa'him → « והני מילי כשמרוחקו׳ זו מזו ג״ט אבל אם הם תוך ג׳ זו לזו בין בריחוק בין בגובה חשיב שפיר כפתח » (שו״ע או״ח שע״ג:א) : c'est comme si la planche était posée de niveau (Michna Beroura, ס״ק י), et, pour le décalage, on applique le lavoud ; quand le vide entre eux dépasse quatre tefa'him, c'est par la planche (ס״ק י״א).

4. Arbre de décision — deux balcons sont-ils une ouverture, pour faire l'érouv ensemble ?

Point de départ (début du séif) : deux balcons qui avancent de deux étages (séif א) ; selon le Peri Megadim, cité par la Michna Beroura, des étages où il y a des habitants (ס״ק ג).
↓
Q1 : Une planche large de quatre [tefa'him], fixée (Michna Beroura, ס״ק ב), est-elle posée entre eux ?
↓ OUI → c'est comme une ouverture : on fait l'érouv ensemble, et, s'ils le veulent, chacun pour soi (séif א ; selon la Michna Beroura, pas si la planche s'étend sur plus de dix amot ; elle ajoute (ודע) que l'érouv commun ne sert qu'à transporter sur le balcon, et à porter vers la cour de l'autre des objets qui ont passé Chabbat dans la maison, ס״ק ו ; et, sur la planche et sur la partie qui lui fait face, il lui paraît raisonnable que ce soit interdit, ס״ק ז) — à condition qu'ils ne soient ni décalés ni l'un plus haut que l'autre de trois tefa'him : Q3 et Q4. NON ↓
Q2 (glose du Rama) : La distance entre eux est-elle de moins de quatre [tefa'him] ?
↓ OUI → face à face, même sans planche, la règle est la même (séif א, où la glose vient dans le cas des balcons face à face ; pour ce cas, le Beit Yossef rapporte du Maggid Mishneh, au nom du Rashba, une autre règle — un seul érouv, et non deux —, que le Taz confronte à la glose avant de distinguer les deux cas, ס״ק ב : voir le niveau 1, section 6) ; sur toute la longueur du mur (Michna Beroura, ס״ק ה) — des balcons, écrit le Magen Avraham (ס״ק ב) — ou sur plus de dix amot, un seul érouv, et non deux. Pour des balcons proches mais décalés, cette page ne tranche pas : consulte ton Rav. NON → c'est par la planche (Q1) que le séif en fait une ouverture ; la glose du Rama ne dispense de la planche qu'à moins de quatre : « אבל אם הם סמוכות זו לזו ממש שיערו בארבע כמ״ש בהג״ה ואין צריך נסר » (מגן אברהם שע״ג ס״ק ה)
Q3 (balcons éloignés, reliés par la planche) : Sont-ils décalés l'un par rapport à l'autre, l'un vers l'est et l'autre vers l'ouest ? — Le Choulhan Aroukh HaRav écrit « וְכָל זֶה כְּשֶׁהֵן רְחוֹקוֹת זוֹ מִזּוֹ » (שו״ע הרב שע״ג:א) avant le cas sans planche (373:1) ; le Magen Avraham (ס״ק ה) réserve déjà aux balcons éloignés la mesure des trois tefa'him du décalage, et renvoie les balcons proches à la mesure de quatre de la glose.
↓ de trois tefa'him → ils ne peuvent pas faire l'érouv ensemble (séif א ; Michna Beroura, ס״ק ט) ; de moins de trois → c'est comme s'ils étaient face à face (séif א ; Michna Beroura, ס״ק י״א) ; non décalés ↓
Q4 (de même) : L'un est-il plus haut que l'autre ?
↓ de trois tefa'him → ce n'est pas une ouverture (séif א) ; de moins de trois → cela compte bien comme une ouverture (séif א ; Michna Beroura, ס״ק י)
→ Quand l'écart entre eux dépasse quatre tefa'him, un décalage ou une hauteur de moins de trois tefa'him laisse la planche nécessaire (Michna Beroura, ס״ק י״א). La portée du décalage est discutée : le Taz écrit « משמע כל שאינם בקרן זוית שפיר מהני הנסר אע״ג דהוה בעיקום » (ט״ז או״ח שע״ג ס״ק ג) ; le Biour Halakha rapporte que l'Eliya Rabba le conteste, « והנה בא״ר חולק עליו וסובר דאין נ״מ אלא כל שהוא מעוקם בג״ט לא מהני נסר » (ביאור הלכה שע״ג), et conclut « וכן עיקר דהרבה ראשונים ס״ל כדעת רש״י דהמשנה דגזוזטרא קאי אנסר ואפ״ה בזה שלא כנגד זה לא מהני » (ביאור הלכה שע״ג). Consulte ton Rav.

5. Le Mehaber, le Rama et l'Admour HaZaken — où leurs textes diffèrent

Le Choulhan Aroukh de l'Admour HaZaken compte lui aussi un seul séif pour ce siman. Le niveau 4 en donne le texte entier et la comparaison ; voici des points où son texte diffère du séif du Mehaber et de la glose du Rama. Ces points ne sont pas propres au Rav pour autant : plusieurs de ces précisions se lisent déjà, notamment chez Rachi, dans le Tour, le Magen Avraham et le Taz ; le niveau 4 nomme, à chaque point, où elles se lisent. Les rangées suivent l'ordre du séif du Mehaber ; dans le texte du Rav, le cas sans planche, à moins de quatre, vient après le décalage et la hauteur.

PointMehaber et Rama (séif א)Choulhan Aroukh HaRav (373:1)
La planche (niveau 4, point א)« ונתן ביניהם נסר רחב ארבע׳ הרי הוא כפתח ומערבין יחד » (שו״ע או״ח שע״ג:א) ; le séif ne dit pas comment la planche tient à sa placeLa planche est « כְּמִין גֶּשֶׁר מִזּוֹ לְזוֹ » (שו״ע הרב שע״ג:א), et fixée : « וּקְבָעוֹ שָׁם בְּמַסְמֵר שֶׁלֹּא יוּכַל לְהִנָּטֵל בְּשַׁבָּת » (שו״ע הרב שע״ג:א) ; puis, entre parenthèses, « אוֹ שֶׁבִּטְּלוֹ בְּפֵרוּשׁ לְכָל הַשַּׁבָּת » (שו״ע הרב שע״ג:א). La description « comme un pont » se lit déjà chez Rachi, « כמין גשר מזו לזו » (רש״י עירובין ע״ח ע״ב) ; le Magen Avraham écrit la condition du clou au nom du Chiltei HaGuibborim (ס״ק א), et la Michna Beroura l'écrit après le Rav (ס״ק ב) ; la parenthèse ne se lit ni dans le Magen Avraham, ni dans le Taz, ni dans la Michna Beroura sur ce siman : d'où le Rav la tire, la question est posée au Rav (niveau 4)
Sans planche, à moins de quatre (niveau 4, point ג)Glose du Rama : « ואם אין המרחק שביניהם ארבעה אפילו בלא נסר נמי דינא הכי » (רמ״א או״ח שע״ג:א), sans dire si, dans ce cas, chacun peut faire l'érouv pour soi ; la faculté de le faire, « ואם רצו כל א׳ מערבת לעצמה » (שו״ע או״ח שע״ג:א), suit la glose dans le séif, et la Michna Beroura lit la glose « כמו בנסר שיכולין לערב יחד כשירצו ואם רצו מערבין שנים » (משנה ברורה שע״ג ס״ק ה)Le Rav ouvre ce cas par « וְכָל זֶה כְּשֶׁהֵן רְחוֹקוֹת זוֹ מִזּוֹ » (שו״ע הרב שע״ג:א), — le Magen Avraham (ס״ק ה) réservait déjà aux balcons éloignés la mesure des trois tefa'him du décalage — ; il donne la règle avec sa raison, celle du Taz (ס״ק ב) : « אֲבָל אִם אֵין הַמֶּרְחָק שֶׁבֵּינֵיהֶן ד׳, אַף שֶׁאֵין שָׁם נֶסֶר כְּלָל — מְעָרְבִין יַחַד, מִפְּנֵי שֶׁנּוֹחַ לִפְסוֹעַ מִשְּׂפַת זוֹ לִשְׂפַת זוֹ » (שו״ע הרב שע״ג:א) ; et il en tire « וְלָכֵן אֵינָן יְכוֹלִים לְעָרֵב כָּל אַחַת לְעַצְמָהּ וּלְטַלְטֵל זוֹ בְּשֶׁלָּהּ וְזוֹ בְּשֶׁלָּהּ, מִפְּנֵי שֶׁהֵן אוֹסְרוֹת זוֹ עַל זוֹ » (שו״ע הרב שע״ג:א), « אֶלָּא אִם כֵּן קֵרוּב זֶה שֶׁבֵּינֵיהֶן אֵינוֹ בְּמִלּוּאוֹ אֶלָּא בְּאֶמְצַע רָחְבָּן בִּלְבָד » (שו״ע הרב שע״ג:א), « וְגַם אֵין בְּקֵרוּב זֶה יוֹתֵר מֵעֲשָׂרָה אַמּוֹת » (שו״ע הרב שע״ג:א) — les deux conditions du Magen Avraham (ס״ק ב). La Michna Beroura, après lui, pose ces conditions en partant de la faculté de faire deux érouvin (ס״ק ה)
Chacun pour soi (niveau 4, point ג)« ואם רצו כל א׳ מערבת לעצמה » (שו״ע או״ח שע״ג:א)Il l'écrit pour la planche : « הֲרֵי הוּא כְּפֶתַח וּמְעָרְבִין יַחַד, וְאִם רָצוּ, כָּל אַחַת מְעָרֶבֶת לְעַצְמָהּ » (שו״ע הרב שע״ג:א). La limite de dix amot que la Michna Beroura pose dans le cas de la planche (ס״ק ו), le Rav ne l'écrit pas pour la planche dans ce séif : s'il la tient d'ailleurs, la question est posée au Rav (niveau 4)
Décalés, ou l'un plus haut (niveau 4, point ב)« אבל אם היו זו שלא כנגד זו שאחת משוכה למזרח וא׳ למערב אינם יכולים לערב יחד » (שו״ע או״ח שע״ג:א), sans la raison ; la mesure de trois tefa'him est donnée une fois pour les deux cas, « בין בריחוק בין בגובה » (שו״ע או״ח שע״ג:א)La raison : « מִפְּנֵי שֶׁהַנֶּסֶר שֶׁיִּתְּנוּ מִזּוֹ לְזוֹ יָבֹא מִקֶּרֶן זָוִית שֶׁל זוֹ לְשֶׁל זוֹ וְאֵינוֹ חָשׁוּב כְּפֶתַח, שֶׁאֵין דֶּרֶךְ לַעֲשׂוֹת פֶּתַח בְּקֶרֶן זָוִית » (שו״ע הרב שע״ג:א) — c'est celle du Tour, que le Magen Avraham reprend (ס״ק ג) ; la mesure, pour le décalage, « כְּשֶׁהֵן מְשׁוּכוֹת זוֹ מִכְּנֶגֶד זוֹ ג׳ טְפָחִים, אֲבָל פָּחוֹת מִג׳ טְפָחִים אֵינוֹ כְּלוּם, וְכִמְכֻוָּנוֹת הֵן » (שו״ע הרב שע״ג:א), et de nouveau pour la hauteur, « וַאֲפִלּוּ אִם הֵן מְכֻוָּנוֹת מַמָּשׁ, אִם הָאַחַת גָּבוֹהַּ מֵחֲבֶרְתָּהּ ג׳ טְפָחִים — אֵינוֹ חָשׁוּב פֶּתַח » (שו״ע הרב שע״ג:א). Sur la portée de cette raison, le Taz et l'Eliya Rabba, que rapporte le Biour Halakha, divergent ; le Rav écrit la raison du Tour, sans l'inférence du Taz ni l'objection de l'Eliya Rabba ; cette page ne dit pas laquelle des deux lectures il suit : la question est posée au Rav (niveau 4)
Les balcons eux-mêmes et les étages avec leur cour (niveau 4, point ד)Le séif ne fait pas cette distinction « בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים? לְטַלְטֵל בִּגְזוּזְטְרָאוֹת עַצְמָן » (שו״ע הרב שע״ג:א) ; « אֲבָל הָעֲלִיּוֹת שֶׁאֶצְלָן יְכוֹלָה כָּל אַחַת לְעָרֵב לְעַצְמָהּ עִם הַבָּתִּים שֶׁבַּחֲצֵרָהּ » (שו״ע הרב שע״ג:א) , sous cette condition : « רַק שֶׁלֹּא יְטַלְטְלוּ בִּגְזוּזְטְרָאוֹת » (שו״ע הרב שע״ג:א) ; et, s'ils le veulent, les maisons des deux cours peuvent faire l'érouv ensemble, « רַק שֶׁיִּהְיוּ סֻלָּמוֹת כְּדִינָם מֵהַבָּתִּים לָעֲלִיּוֹת » (שו״ע הרב שע״ג:א) ; de même si les balcons sont éloignés, mais qu'on a posé une planche de l'un à l'autre, « וְהוּא הַדִּין אִם הַגְּזוּזְטְרָאוֹת רְחוֹקוֹת אֶלָּא שֶׁנָּתַן נֶסֶר מִזּוֹ לְזוֹ » (שו״ע הרב שע״ג:א). Le Taz distinguait, lui, selon la largeur des balcons et selon qu'on veut s'en servir ou seulement en faire une ouverture de cour à cour (ס״ק ב) : si les deux distinctions se recouvrent, et à quelles règles renvoie la condition des échelles « conformes à leur règle », la question est posée au Rav (niveau 4)

6. Mnémonique ד-ד-ג

Trois mesures du séif, dans l'ordre où il les donne, forment ד-ד-ג — quatre, quatre, trois :

ד — נסר רחב ארבע׳ : la planche large de quatre [tefa'him] entre deux balcons face à face en fait une ouverture (séif א).

ד — אין המרחק שביניהם ארבעה : glose du Rama — à moins de quatre [tefa'him], même sans planche, la règle est la même (séif א).

ג — ג״ט : le décalage ou la hauteur empêche l'ouverture quand l'écart est de trois tefa'him ; à moins de trois, cela compte bien comme une ouverture (séif א).

La mesure des dix amot ne se lit pas dans le séif du Mehaber : elle se lit chez le Magen Avraham (ס״ק ב), qui renvoie au siman 372, séif 7, et écrit « וכ״כ במ״מ בשם הרשב״א וכ״כ הב״ח » (מגן אברהם שע״ג ס״ק ב) ; le Choulhan Aroukh HaRav l'écrit pour le cas sans planche (373:1) ; la Michna Beroura l'écrit pour le cas sans planche (ס״ק ה), et aussi pour la planche (ס״ק ו), où le Rav ne l'écrit pas dans ce séif. Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav.

7. Pièges à éviter

Piège 1 : Croire qu'une planche simplement posée suffit. La Michna Beroura demande qu'elle soit fixée : « ובעינן שיקבע הנסר במסמרים שלא יוכל ליטלו בשבת » (משנה ברורה שע״ג ס״ק ב) ; le Magen Avraham l'écrit au nom du Chiltei HaGuibborim (ס״ק א). Le Choulhan Aroukh HaRav écrit le clou, et, entre parenthèses, « אוֹ שֶׁבִּטְּלוֹ בְּפֵרוּשׁ לְכָל הַשַּׁבָּת » (שו״ע הרב שע״ג:א) (section 5).
Piège 2 : Étendre le séif à des balcons qui avanceraient de deux cours. La Michna Beroura cite le Peri Megadim : « וכתב הפמ״ג דוקא כמו שצייר המחבר שהיו הגזוזטראות בולטות מן העליות שיש בהן דיורין » (משנה ברורה שע״ג ס״ק ג) ; et « אבל אם היו כה״ג בולטות משתי חצרות לא מהני כיון שהוא למעלה מי״ט » (משנה ברורה שע״ג ס״ק ג). Sur l'érouv commun des maisons des deux cours, le Choulhan Aroukh HaRav pose la condition des échelles (373:1, section 5).
Piège 3 : Croire que « chacun pour soi » vaut sans limite. Dans le cas de la glose du Rama, qui précède dans le séif, selon la Michna Beroura, on fait un seul érouv, et non deux, si la proximité court sur toute la longueur du mur ou sur plus de dix amot (ס״ק ה), et de même selon le Magen Avraham, pour une proximité de plus de dix amot ou sur toute la longueur des balcons (ס״ק ב). Le séif écrit ensuite, « ואם רצו כל א׳ מערבת לעצמה » (שו״ע או״ח שע״ג:א) ; mais, selon la Michna Beroura, « ודוקא כשאין הנסר מחזיק רק מארבעה טפחים עד עשר אמות אבל אם הוא מרוצף בנסרים יותר מעשר אמות מערבין אחד ולא שנים » (משנה ברורה שע״ג ס״ק ו) ; elle ajoute (ודע) que l'érouv commun ne sert qu'à transporter sur le balcon, et à porter vers la cour de l'autre des objets qui ont passé Chabbat dans la maison ; chacun peut faire l'érouv de sa cour avec ses maisons et son étage (ס״ק ו) ; et, quand chacun fait l'érouv pour soi, sur la partie qui fait face à la planche et sur la planche elle-même, « מסתברא דאסור שהרי כ״א פרוץ למקום חבירו ואוסרין זה על זה » (משנה ברורה שע״ג ס״ק ז) — la Michna Beroura écrit qu'il lui paraît raisonnable que ce soit interdit. Pour la planche, le Choulhan Aroukh HaRav écrit « וְאִם רָצוּ, כָּל אַחַת מְעָרֶבֶת לְעַצְמָהּ » (שו״ע הרב שע״ג:א), sans y écrire la limite de dix amot de la Michna Beroura (ס״ק ו ; voir le niveau 4, point ג). Pour des balcons à moins de quatre tefa'him, sans planche, il écrit qu'on ne peut pas faire l'érouv chacun pour soi pour transporter chacun sur son balcon, sauf si le rapprochement n'est qu'au milieu de leur largeur et ne dépasse pas dix amot, mais que chaque étage peut faire l'érouv avec les maisons de sa cour, pourvu qu'on ne transporte pas sur les balcons (373:1).
Piège 4 : Croire que la planche suffit, quelle que soit la place des balcons. Décalés, « אינם יכולים לערב יחד » (שו״ע או״ח שע״ג:א) — selon la Michna Beroura, la planche irait d'un coin à l'autre, et l'on ne fait pas d'ouverture dans un coin, et l'on a peur de passer sur une passerelle en diagonale (ס״ק ט) ; l'un plus haut que l'autre, ce n'est pas une ouverture (séif א) — cela, quand l'écart est de trois tefa'him (séif א). Sur la portée du cas des balcons décalés, le Taz et l'Eliya Rabba divergent, et le Biour Halakha conclut comme l'Eliya Rabba (section 4). Consulte ton Rav.
Piège 5 : Lire « והני מילי כשמרוחקו׳ זו מזו ג״ט אבל אם הם תוך ג׳ זו לזו בין בריחוק בין בגובה חשיב שפיר כפתח » (שו״ע או״ח שע״ג:א) comme une dispense de planche. Selon la Michna Beroura, quand l'écart entre eux dépasse quatre tefa'him, « ואז אף שעדיין יש אויר רחוק בין זו לזו יותר מד״ט מותר ע״י נסר שנותן בין זו לזו » (משנה ברורה שע״ג ס״ק י״א).
Piège 6 : Confondre les mesures. Quatre [tefa'him] : la largeur de la planche, et la distance de la glose du Rama ; trois tefa'him : le décalage et la hauteur (séif א) ; dix amot : la limite du Magen Avraham (ס״ק ב) et de la Michna Beroura (ס״ק ה et ו), que le Choulhan Aroukh HaRav écrit pour le cas sans planche (373:1). Les tefa'him ne sont pas des amot.
Piège 7 : Prêter au séif du Mehaber les raisons de ses règles. Le séif écrit les règles ; les raisons rapportées sur cette page viennent du Tour et des commentateurs — notamment le Magen Avraham, le Taz, la Michna Beroura et le Biour Halakha —, et le Choulhan Aroukh HaRav écrit plusieurs de ces raisons dans le corps de la loi (373:1, section 5).

8. Cas pratiques

Ces situations sont des applications du site : le séif ne les nomme pas ; chacune est rattachée à la proposition du séif qu'elle met en jeu.

SituationAnalyseConduite
Deux balcons face à face, sur deux bâtiments, reliés par une plancheApplication du site, séif א : c'est la forme du cas du séif — des balcons qui avancent d'étages habités (le Peri Megadim, cité par la Michna Beroura, ס״ק ג), face à face, une planche large de quatre [tefa'him] entre eux : « הרי הוא כפתח ומערבין יחד » (שו״ע או״ח שע״ג:א) ; la planche doit être fixée (Michna Beroura, ס״ק ב)Si un bâtiment d'aujourd'hui répond à ces conditions : consulte ton Rav
Deux balcons presque contigus, sans plancheApplication du site, séif א, glose du Rama : face à face, si la distance entre eux n'est pas de quatre [tefa'him], même sans planche, la règle est la même (la glose vient dans le cas des balcons face à face ; pour ce cas, le Beit Yossef rapporte au nom du Maggid Mishneh une autre règle — un seul érouv, et non deux —, que le Taz confronte à la glose avant de distinguer les deux cas, ס״ק ב : voir le niveau 1, section 6) ; pour des balcons proches mais décalés, cette page ne tranche pas ; un seul érouv si la proximité court sur toute la longueur du mur ou sur plus de dix amot (Michna Beroura, ס״ק ה) ; le Choulhan Aroukh HaRav n'admet pas l'érouv de chacun pour soi pour transporter sur les balcons, sauf à deux conditions, et chaque étage peut cependant faire l'érouv avec les maisons de sa cour, pourvu qu'on ne transporte pas sur les balcons (373:1)Consulte ton Rav
Deux balcons décalés l'un par rapport à l'autreApplication du site, séif א : « אינם יכולים לערב יחד » (שו״ע או״ח שע״ג:א), sauf si le décalage est de moins de trois tefa'him (séif א) ; la portée de ce cas est discutée (Taz, ס״ק ג ; Biour Halakha, au nom de l'Eliya Rabba)Consulte ton Rav

9. Tableau de synthèse finale

ÉlémentDétail
Sujet du simanDeux balcons qui avancent de deux étages : quand sont-ils une ouverture, pour qu'on fasse l'érouv ensemble ?
PlaceHilkhot Érouvin, après le siman 372
Nombre de séifim1 (Mehaber, avec une glose du Rama) — 1 aussi dans le Choulhan Aroukh HaRav
Michna Beroura11 ס״ק
Source talmudiqueLa michna d'Érouvin 78b et la parole de Rava en 79a, que le Beit Yossef rattache au séif ; étudiées aux niveaux 1 et 2
Règle d'orFace à face : avec une planche large de quatre [tefa'him] — ou, selon la glose du Rama, à moins de quatre sans planche — : une ouverture ; décalés ou l'un plus haut, quand l'écart est de trois tefa'him : pas d'ouverture (séif א)
Décision pratiqueLe séif écrit chaque cas ; la portée du décalage est discutée (Taz, ס״ק ג ; Biour Halakha) ; la limite des dix amot vient des commentateurs (Magen Avraham, ס״ק ב ; Michna Beroura, ס״ק ה et ו) et du Choulhan Aroukh HaRav (373:1) : consulte ton Rav

10. Les commandements pratiques du Siman שע״ג

Pour la conduite quotidienne

  1. Deux balcons face à face, reliés par une planche large de quatre [tefa'him], sont comme une ouverture : on fait l'érouv ensemble (séif א) ; la planche doit être fixée, selon la Michna Beroura (ס״ק ב).
  2. Glose du Rama : face à face, si la distance entre eux n'est pas de quatre [tefa'him], même sans planche, la règle est la même (séif א) ; si la proximité court sur toute la longueur du mur (Michna Beroura, ס״ק ה) — des balcons, écrit le Magen Avraham (ס״ק ב) — ou sur plus de dix amot, on fait un seul érouv, et non deux.
  3. S'ils le veulent, chacun fait l'érouv pour soi (séif א) ; selon la Michna Beroura, pas si la planche s'étend sur plus de dix amot ; elle ajoute (ודע) que l'érouv commun ne sert qu'à transporter sur le balcon, et à porter vers la cour de l'autre des objets qui ont passé Chabbat dans la maison ; chacun peut faire l'érouv de sa cour avec ses maisons et son étage (ס״ק ו).
  4. Balcons décalés l'un par rapport à l'autre : ils ne peuvent pas faire l'érouv ensemble (séif א) ; la portée de ce cas est discutée (Taz, ס״ק ג ; Biour Halakha).
  5. L'un plus haut que l'autre : ce n'est pas une ouverture (séif א).
  6. Cela, quand l'écart est de trois tefa'him ; à moins de trois, en écart ou en hauteur, cela compte bien comme une ouverture (séif א) — avec la planche quand l'écart entre eux dépasse quatre tefa'him, selon la Michna Beroura (ס״ק י״א).
  7. Le Choulhan Aroukh HaRav écrit le cas d'une planche fixée par un clou, ou, entre parenthèses, annulée expressément pour tout le Chabbat ; sans planche, à moins de quatre, il écrit qu'on fait l'érouv ensemble et qu'on ne peut pas le faire chacun pour soi pour transporter chacun sur son balcon, sauf si le rapprochement n'est qu'au milieu de leur largeur et ne dépasse pas dix amot ; et il écrit que cela vaut pour transporter sur les balcons eux-mêmes, chaque étage pouvant faire l'érouv avec les maisons de sa cour pourvu qu'on ne transporte pas sur les balcons, et les maisons des deux cours pouvant, s'ils le veulent, faire l'érouv ensemble pourvu qu'il y ait des échelles conformes à leur règle, des maisons aux étages ; et de même si les balcons sont éloignés, mais qu'on a posé une planche de l'un à l'autre (373:1) — voir la section 5 et le niveau 4.
  8. En cas de doute : consulte ton Rav.
  9. Pilpoul approfondi — Niveau 2 ; chitah Habad — Niveau 4.
📚 Récapitulatif du parcours d'étude
Tu as étudié le Siman שע״ג en 3 niveaux :
  • 🌱 Niveau 1 — Base : le séif du Mehaber avec la glose du Rama, traduction française, concepts halakhiques, les 11 ס״ק de la Michna Beroura
  • ⚡ Niveau 2 — Lamdan : la sougya d'Érouvin 78b-79a, la hakira sur la michna des balcons, Rachi et Rabbénou Tam, les Rishonim et les Aharonim
  • ✨ Niveau 3 — Synthèse : axiome, mnémonique, arbre de décision, commandements pratiques
Pour aller plus loin : Niveau 4 — Daat HaRav (chitah de l'Admour HaZaken dans le Choulhan Aroukh HaRav siman שע״ג).
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DAAT · רב יוסף חיים סממה

סימן שע״ג · Niveau 3 — Synthèse Magistrale
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