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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman שע״ד · 4 séifim du Choulhan Aroukh

La porte ou la fenêtre de l'érouv bouchée pendant Chabbat, et les brèches entre cours et entre toits — pour découvrir et comprendre
סימן שע״ד
נסתם בשבת פתח או חלון במקום שעירב בו
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Première approche du Siman שע״ד : texte hébreu intégral du Mehaber, traduction française, explications des concepts halakhiques, cas pratiques et synthèse.

Sujet : la porte ou la fenêtre par laquelle deux cours ont fait l'érouv, bouchée pendant Chabbat ; le mur entre deux cours percé pendant Chabbat ; la petite cour ouverte sur une grande et le petit toit ouvert sur un grand
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן שע״ד (4 séifim du Choulhan Aroukh, sans glose introduite par הגה ; 4 aussi dans le Choulhan Aroukh HaRav, étudiés au niveau 4)

Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

📑 Plan de l'étude

1. Le texte du Choul'han Aroukh — les 4 séifim du Mehaber
2. Le contexte général : pourquoi ce siman, quelle est la question ?
3. Les concepts-clés halakhiques de ce siman
4. Le détail des seifim — un par un
5. Le Mishnah Berurah — premières entrées
6. La position du Rama — et les réserves des commentateurs
7. Cas pratiques modernes
8. Synthèse pratique et règles à retenir
9. Questions de compréhension

1. Le texte du Choul'han Aroukh

Le siman שע״ד contient 4 séifim du Mehaber (Rabbi Yossef Karo). Aucune glose n'y est introduite par le mot הגה ; au séif א, une mention entre parenthèses, en petits caractères, sans le mot הגה, suivie du nom de sa source, l'Agour (voir la section 6). Objet du siman, selon son titre : la porte ou la fenêtre bouchée pendant Chabbat, à l'endroit par lequel on a fait l'érouv ; les séifim ב, ג et ד traitent aussi de brèches : le mur entre deux cours, la petite cour ouverte sur une grande, le petit toit ouvert sur un grand. Le Choulhan Aroukh de l'Admour HaZaken compte lui aussi 4 séifim pour ce siman, sur les mêmes sujets et dans le même ordre ; sa numérotation est celle du niveau 4.

Seif א

נסתם בשבת פתח או חלון במקום שעירב בו. ובו ד סעיפים:
ערבו דרך חלון או פתח שביניהם ונסתם בשבת מותרים להשתמש דרך גובה הכותל וחוריו ואפי' אם עירב לשנה ונסתם הפתח בחול ונפתח בשבת (ואפילו סתמה במזיד) (אגור) חזר העירוב להתירו ולהרמב״ם אין מותר לטלטל אלא כל אחת לעצמה אבל מזו לזו לא:
Traduction : [Deux cours] qui ont fait l'érouv par une fenêtre ou par une porte qui se trouve entre elles, et [l'ouverture] s'est bouchée pendant Chabbat : [les habitants] sont autorisés à se servir [de l'une à l'autre, Michna Beroura, ס״ק ב] par le haut du mur et par ses trous. Et même s'il a fait l'érouv pour l'année, que la porte s'est bouchée un jour de semaine et s'est ouverte pendant Chabbat — en petits caractères, entre parenthèses (sans le mot הגה) : (et même s'il l'a bouchée délibérément) (Agour) — l'érouv revient à sa permission. Et selon le Rambam, il n'est permis de transporter que chacune pour elle-même, mais de l'une à l'autre, non.
Ce que dit ce séif :

Seif ב

היה כותל בין שתי חצרו' ועירבה כל אחת לעצמה ונפרץ הכותל בשבת מותרים לטלטל כל א' בחצרו אפי' כלי הבי' אבל חצר שנפרצה בשבת לרשו' הרבים או לכרמלית אסור:
Traduction : Il y avait un mur entre deux cours, chacune avait fait l'érouv pour elle-même, et le mur a été percé (nifrats) pendant Chabbat : ils sont autorisés à transporter, chacun dans sa cour, même les objets de la maison. Mais une cour qui a été ouverte par une brèche pendant Chabbat sur le domaine public (rechout harabim) ou sur une karmelit : c'est interdit.
Ce que dit ce séif :

Seif ג

חצר קטנה שנפרצ' קודם שבת במילוא' לגדול' ואין בפרצה יותר מי' אמו' גדול' מותרת להוציא כלי' ששבתו בבית לחצרה אם עירבה לעצמה וקטנה אסור' להוציא כלים ששבתו בבית לחצירה אלא אם כן עירבו יחד והיינו כשנכנסין כותלי קטנה לגדולה וכשכתלי קטנה מופלגים ג״ט מכותלי אורך הגדולה דאם לא כן היתה קטנה ניתרת ע״י נראה מבחוץ ושוה מבפנים:
Traduction : Une petite cour qui a été ouverte avant Chabbat, sur toute sa largeur (bimlo'ah), sur une grande, et la brèche ne dépasse pas dix amot : la grande est autorisée à sortir dans sa cour les objets qui ont passé [l'entrée de] Chabbat dans la maison (chéchavtou babayit), si elle a fait l'érouv pour elle-même ; et la petite n'est pas autorisée à sortir dans sa cour les objets qui ont passé [l'entrée de] Chabbat dans la maison, à moins qu'elles n'aient fait l'érouv ensemble. Et cela, quand les murs de la petite entrent dans la grande, et quand les murs de la petite sont éloignés de trois tefa'him des murs de la longueur de la grande ; car sinon la petite serait permise par [le principe] : vu de l'extérieur et égal de l'intérieur (nir'é mibah'outs vechavé mibifnim).
Ce que dit ce séif :

Seif ד

גג קטן שנפרץ קודם שבת במילואו לגג גדול קטן אסור להעלות עליו כלים ששבתו בבית וגדול מותר והוא שיהו מחיצות הבית ניכרות למי שעומד על הגג אבל אם אינם ניכרות כגון שהגג בולט עליהם הוי כרמלית אלא אם כן פתוח לו מהבית חלון ארבע על ארבע:
Traduction : Un petit toit qui a été ouvert avant Chabbat, sur toute sa largeur, sur un grand toit : sur le petit, il est interdit de monter les objets qui ont passé [l'entrée de] Chabbat dans la maison, et sur le grand, c'est permis. Et cela, à condition que les murs de la maison soient visibles pour celui qui se tient sur le toit ; mais s'ils ne sont pas visibles — par exemple si le toit déborde au-dessus d'eux —, c'est une karmelit, à moins que ne s'ouvre vers lui, depuis la maison, une fenêtre de quatre sur quatre [tefa'him].
Ce que dit ce séif :

2. Le contexte général

De quoi parle ce siman ?

Dans la guemara, Rabba rapporte la question qu'il a posée à Rav Houna et à Rav Yehouda, et la réponse qu'il a reçue : « בְּעַאי מֵרַב הוּנָא, וּבְעַאי מֵרַב יְהוּדָה: עֵירַב דֶּרֶךְ הַפֶּתַח וְנִסְתַּם הַפֶּתַח, דֶּרֶךְ הַחַלּוֹן וְנִסְתַּם הַחַלּוֹן, מַהוּ? וְאָמַר לִי: שַׁבָּת הוֹאִיל וְהוּתְרָה — הוּתְּרָה » (עירובין י״ז ע״א). Le séif א traite du même cas, la porte ou la fenêtre de l'érouv bouchée pendant Chabbat.

Pour les séifim ג et ד, la michna : « גַּג גָּדוֹל סָמוּךְ לְקָטָן — הַגָּדוֹל מוּתָּר, וְהַקָּטָן אָסוּר. חָצֵר גְּדוֹלָה שֶׁנִּפְרְצָה לִקְטַנָּה — גְּדוֹלָה מוּתֶּרֶת וּקְטַנָּה אֲסוּרָה, מִפְּנֵי שֶׁהִיא כְּפִתְחָהּ שֶׁל גְּדוֹלָה » (עירובין צ״ב ע״א). Les séifim ג et ד parlent de la petite cour ouverte sur la grande et du petit toit ouvert sur le grand.

La question fondamentale : quand l'ouverture par laquelle deux domaines ont fait l'érouv se bouche, ou qu'une brèche s'ouvre entre deux domaines, la permission de transporter demeure-t-elle ? Le siman répond notamment selon le moment — pendant Chabbat ou avant (séifim א, ב, ג et ד) —, selon le domaine sur lequel la brèche s'ouvre — une autre cour, ou le domaine public et la karmelit (séif ב) —, et selon la largeur de la brèche et ce qui reste des murs (séifim ג et ד).

Place dans Hilkhot Érouvin

Dans l'index de Sefaria, la section הלכות עירובין du Choul'han Aroukh commence au siman 345. Le siman שע״ד suit le siman שע״ג · 373. La Michna Beroura y renvoie notamment au siman 372 : pour les objets de la cour, qui se transportent d'une cour à l'autre (ס״ק ח), « דכל החצרות רשות אחת וכדלעיל בריש סי׳ שע״ב » (משנה ברורה שע״ד ס״ק ח), et pour les objets qui ont passé Chabbat sur le toit (ס״ק כ״ה).

3. Les concepts-clés halakhiques

Quelques notions structurent ce siman :

Les notions essentielles du siman שע״ד :

4. Le détail des seifim — un par un

SeifContenu
אDeux cours ont fait l'érouv par une fenêtre ou une porte entre elles : si l'ouverture se bouche pendant Chabbat, on se sert de l'une à l'autre (selon la Michna Beroura, ס״ק ב) par le haut du mur et par ses trous. L'érouv fait pour l'année revient à sa permission quand la porte, bouchée en semaine, s'ouvre pendant Chabbat ; une mention entre parenthèses, en petits caractères, ajoute : même s'il l'a bouchée délibérément (Agour). Selon le Rambam, chacune pour elle-même seulement.
בLe mur entre deux cours, chacune ayant fait l'érouv pour elle-même, percé pendant Chabbat : chacun transporte dans sa cour, même les objets de la maison ; la cour ouverte pendant Chabbat sur le domaine public ou sur une karmelit est interdite.
גLa petite cour ouverte avant Chabbat, sur toute sa largeur, sur une grande, par une brèche de dix amot au plus : la grande, si elle a fait l'érouv pour elle-même, sort dans sa cour les objets qui ont passé Chabbat dans la maison ; la petite ne le peut qu'avec un érouv commun — quand ses murs entrent dans la grande et sont éloignés de trois tefa'him des murs de la grande ; sinon, la petite est permise par le principe : vu de l'extérieur et égal de l'intérieur ; le Biour Halakha écrit, au nom du Gaon de Vilna, qu'il suffit qu'un seul mur soit éloigné de trois tefa'him pour que la petite soit interdite (section 6).
דLe petit toit ouvert avant Chabbat, sur toute sa largeur, sur un grand (sans érouv commun, le petit toit ne dépassant pas dix amot ; Michna Beroura, ס״ק כ״ג) : on ne monte pas sur le petit les objets qui ont passé Chabbat dans la maison, on peut les monter sur le grand — à condition que les murs de la maison soient visibles de celui qui se tient sur le toit ; sinon, par exemple si le toit déborde, c'est une karmelit, à moins qu'une fenêtre de quatre sur quatre ne s'ouvre vers lui depuis la maison ; même alors, monter sur ce toit les objets qui ont passé Chabbat dans la maison reste interdit sans érouv commun (Michna Beroura, ס״ק כ״ט).
Le cœur du siman : ce qui a été permis au crépuscule du début de Chabbat reste permis pour tout le Chabbat : la Michna Beroura en donne la raison pour l'ouverture bouchée (séif א ; ס״ק ג) et pour le mur percé entre deux cours (séif ב ; ס״ק ז), et l'écarte pour la cour ouverte sur un domaine réellement autre (séif ב ; ס״ק ט). Quand la brèche s'est ouverte avant Chabbat (séifim ג et ד), la règle dépend notamment de la largeur de la brèche et de ce qui reste des murs : la grande cour, pour laquelle la brèche est comme une porte, est permise si elle a fait l'érouv pour elle-même (ס״ק י״ג et ט״ו) ; la petite, ouverte sur toute sa largeur, est interdite sans érouv commun (ס״ק ט״ז), quand ses murs entrent dans la grande et sont éloignés de trois tefa'him de ses murs ; sinon, elle est permise elle aussi (séif ג ; ס״ק י״ט) ; le Biour Halakha écrit, au nom du Gaon de Vilna, qu'il suffit qu'un seul mur soit éloigné de trois tefa'him pour que la petite soit interdite (section 6).

5. Le Mishnah Berurah — premières entrées

Le Mishnah Berurah de Rabbi Israël Méir Kagan (Hafets Haïm) compte 29 entrées sur ce siman. Voici les neuf premières, sur les séifim א et ב — pour mieux comprendre le sens du texte :

משנה ברורה (א) — (א) ונסתם בשבת - כגון שנפלה מפולת כנגדו [רש״י]:
משנה ברורה (ב) — (ב) מותרים להשתמש - מזו לזו בשבת זו וכ״ש כל אחת לעצמה דמותרת אף אותה שאין העירוב מונחת בתוכה:
משנה ברורה (ג) — (ג) דרך גובה הכותל וחוריו - ר״ל אע״ג דעכשיו שנסתם אין ראויין להתערב יחד דהלא אין בחורין שיעור חלון אפ״ה לא נתבטל העירוב על שבת זו דכיון שהותר בתחלת השבת הותר לכל השבת:
משנה ברורה (ד) — (ד) ונפתח בשבת - ר״ל לא מיבעי אם נפתח קודם השבת בודאי הוי עירוב דהא בעת כניסת השבת היו כבר פתוחין מזו לזו אלא אפילו אם נפתח בשבת גופא מ״מ כיון שבעת הנחת העירוב שהניח לכמה שבתות או לשנה היה פתח מזו לזו וחל העירוב לכן אף שבשבת אחרת היה סתום מתחלת השבת ולא היה אז העירוב מועיל לכולם מ״מ לא נתבטל ומיד שנפתח חזר העירוב להתירו הראשון:
משנה ברורה (ה) — (ה) ואפילו סתמה במזיד - היינו בכונה. ודע דמ״א וכמה אחרונים צידדו לאסור בזה כשחזר ונפתח בשבת דכיון שסתם הפתח שבין שתי החצרות במזיד הוי כביטל העירוב בידים דהרי גלי דעתיה שאינו חפץ בעירוב וא״כ כיון שביה״ש שהוא זמן חלות העירוב היה עדיין סתום לא מהני כשנפתח אח״כ בשבת גופא ואין להקל כשסתמו במזיד אלא כשנפתח קודם השבת דאז אמרינן אף שנתבטל מעיקרא כיון שחזר ונפתח הרי עכ״פ הם שותפין בפת של עירוב וביה״ש שהוא זמן קניית העירוב הרי יש פתח ביניהם שראוי לערב ועיין בבה״ל שביארנו שכן ראוי לנהוג למעשה. אכן אם בעת שסתמו היה בדעתו רק לפי שעה ואח״כ לחזור ולפתחו מסתברא דמותר אף כשחזר ונפתח בשבת:
משנה ברורה (ו) — (ו) ולהרמב״ם וכו' - קאי אריש הסעיף היכא שנסתם הפתח בשבת דלדעה הראשונה מותר להשתמש מזו לזו דרך חורין ולדידיה אינו מותר אלא כל חצר לעצמה והרבותא הוא דאפילו אותה חצר שאין העירוב מונח בתוכה מותרת ומ״מ אם חזר ונפתח לכו״ע מותר לטלטל מזו לזו כמו מתחלה. ולענין הלכה העיקר כסברא הראשונה כ״כ האחרונים:
משנה ברורה (ז) — (ז) כל אחד בחצירו - דאף דכל חצר נפרץ עתה לרשות אחרת שאין משותפין יחד והוי נפרץ למקום האסור לו מ״מ כיון שבין השמשות היה מותר הותר לכל השבת:
משנה ברורה (ח) — (ח) ואפי' כלי הבית - דאלו כלי החצר מותר לטלטל אף מחצר לחצר גם כשנפרץ דכל החצרות רשות אחת וכדלעיל בריש סי' שע״ב:
משנה ברורה (ט) — (ט) אבל וכו' - לכרמלית אסור. בזה לא אמרינן כיון שהותרה הותרה כמו דאמרינן מעיקרא דשם לא נפרץ אלא לחצר שהוא רה״י כמוהו ואין ביניהם אלא שזה הוא של יחיד זה וזה הוא של אחר אבל זה שנפרץ לרשות אחרת ממש לא אמרינן ביה הואיל והותרה הותרה ועיין בבה״ל:

Pour le texte intégral des 29 entrées, consulte Sefaria : Mishnah Berurah 374.

6. La position du Rama

Dans le texte que sert Sefaria (édition Maginei Eretz), le Rama (Rabbi Moshe Isserles) n'a sur ce siman aucune glose introduite par le mot הגה. Au séif א, une mention entre parenthèses, en petits caractères, sans le mot הגה ; le Biour Halakha la rapporte au Rama. Les commentateurs ajoutent aussi des réserves aux séifim du Mehaber ; en voici plusieurs, séif par séif.

La mention entre parenthèses, et les réserves des commentateurs :

7. Cas pratiques modernes

Les situations ci-dessous rattachent chacune un cas à un séif nommé ; quand la situation est d'aujourd'hui, la ligne le dit : application du site, et non parole de la source.

SituationAnalyse rapide
L'ouverture entre deux cours unies par un érouv se bouche pendant ChabbatSéif א : « ונסתם בשבת מותרים להשתמש דרך גובה הכותל וחוריו » (שו״ע או״ח שע״ד:א) ; selon Rachi rapporté par la Michna Beroura, par exemple quand un éboulement est tombé devant elle (ס״ק א). Si elle s'est bouchée avant Chabbat, le Biour Halakha interdit, même rouverte pendant Chabbat, sauf l'érouv fait pour l'année, déjà acquis un Chabbat précédent alors que la porte était ouverte (section 6). Consulte ton Rav.
La forme de porte (tsurat hapetah) de l'allée, abîmée en semaine et réparée pendant ChabbatCe n'est pas un cas du séif ; c'est le Biour Halakha qui étend le séif א, quand l'érouv des cours (érouv 'hatserot) a été fait pour l'année : « ונראה דה״ה כשנתבטל הע״ח ע״י סיבה אחרת כגון שנתקלקל הצוה״פ שבמבוי וממילא עי״ז נתבטל הע״ח שבמבוי זו וכמבואר בסימן שס״ה בסופו אם חזר ונתקן הצוה״פ בשבת ע״י עכו״ם וכדומה אף שבה״ש היה פרוץ עדיין מ״מ כשחזר ונתקן בשבת חוזר מע״ח למקומו כיון שהע״ח נעשה מתחלה לכל השנה » (ביאור הלכה שע״ד) — réparée pendant Chabbat, écrit-il, par un non-Juif ou de façon semblable ; il note une différence possible, les cloisons percées étant peut-être plus graves, et conclut : « מ״מ בשעת הדחק יש להקל גם בזה » (ביאור הלכה שע״ד) — en cas de nécessité pressante, il y a lieu d'alléger là aussi. Pour l'érouv fait pour un seul Chabbat, il n'allège pas. Pour l'érouv d'une ville d'aujourd'hui (application du site), consulte ton Rav.
La porte bouchée exprès en semaine, rouverte pendant ChabbatSéif א et la mention entre parenthèses : l'érouv fait pour l'année revient, « (ואפילו סתמה במזיד) (אגור) » (שו״ע או״ח שע״ד:א). La Michna Beroura n'allège, pour la porte bouchée délibérément, que si elle s'est rouverte avant Chabbat ; et si on ne l'avait bouchée que pour un temps, avec l'intention de la rouvrir, elle estime logique que ce soit permis (ס״ק ה) ; le Biour Halakha conclut qu'en pratique il paraît ne pas falloir alléger ; le Choulhan Aroukh HaRav suit l'avis indulgent dans une règle des Sages (séif 1 de sa numérotation ; section 6 et niveau 4). Consulte ton Rav.
Le mur entre deux cours, chacune ayant fait l'érouv pour elle-même, est percé pendant ChabbatSéif ב : « מותרים לטלטל כל א׳ בחצרו אפי׳ כלי הבי׳ » (שו״ע או״ח שע״ד:ב) ; mais si la cour s'est ouverte sur le domaine public ou sur une karmelit, c'est interdit, et le Biour Halakha conclut qu'il paraît ne pas falloir alléger pour transporter de la cour vers la karmelit dans les quatre amot (section 6). Consulte ton Rav.
Deux toits plats voisins, dont les propriétaires n'ont pas fait l'érouv ensembleSéif ד : si un petit toit est ouvert, sur toute sa largeur, sur un grand, on ne monte pas sur le petit les objets qui ont passé Chabbat dans la maison, et on peut les monter sur le grand, à condition que les murs de la maison soient visibles, le petit toit ne dépassant pas dix amot (Michna Beroura, ס״ק כ״ג) ; si les deux toits sont égaux, ils s'interdisent l'un à l'autre (Michna Beroura, ס״ק כ׳). Pour une terrasse d'aujourd'hui (application du site), la forme des murs et des toits compte : consulte ton Rav.
Pour les cas pratiques précis : les séifim font dépendre la permission, notamment, du moment où l'ouverture s'est bouchée ou ouverte, du domaine sur lequel elle s'ouvre, de la largeur de la brèche et de ce qui reste des murs ; la Michna Beroura et le Biour Halakha y ajoutent des réserves, séif par séif (section 6). Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav.

8. Synthèse pratique du Siman

Les enseignements du Siman שע״ד :
  1. L'ouverture de l'érouv bouchée pendant Chabbat : on se sert de l'une à l'autre (selon la Michna Beroura, ס״ק ב) par le haut du mur et par ses trous (séif א), ce qui a été permis au début du Chabbat restant permis pour tout le Chabbat (Michna Beroura, ס״ק ג). Bouchée alors qu'il faisait encore jour, elle reste interdite même rouverte pendant Chabbat, écrit le Biour Halakha, sauf l'érouv fait pour l'année, déjà acquis un Chabbat précédent alors que la porte était ouverte (section 6).
  2. L'érouv fait pour l'année : la porte bouchée en semaine et ouverte pendant Chabbat, l'érouv revient à sa permission (séif א). La mention entre parenthèses ajoute : même bouchée délibérément ; la Michna Beroura n'allège alors que si elle s'est rouverte avant Chabbat, et estime logique de permettre si on ne l'avait bouchée que pour un temps (ס״ק ה) ; le Biour Halakha conclut qu'en pratique il paraît ne pas falloir alléger, et le Choulhan Aroukh HaRav suit, dans une règle des Sages, l'avis indulgent (séif 1 de sa numérotation ; niveau 4). Consulte ton Rav.
  3. Selon le Rambam, quand l'ouverture se bouche pendant Chabbat, chacune pour elle-même seulement (séif א) ; pour la halakha, l'essentiel est le premier avis, selon les A'haronim (Michna Beroura, ס״ק ו).
  4. Le mur entre deux cours percé pendant Chabbat : chacun transporte dans sa cour, même les objets de la maison, si chacune avait fait l'érouv pour elle-même ; la cour ouverte pendant Chabbat sur le domaine public ou sur une karmelit est interdite (séif ב).
  5. La petite cour ouverte avant Chabbat sur une grande, sur toute sa largeur, par une brèche de dix amot au plus : la grande, qui a fait l'érouv pour elle-même, est permise ; la petite est interdite sans érouv commun, quand ses murs entrent dans la grande et sont éloignés de trois tefa'him de ses murs ; sinon, elle est permise par le principe : vu de l'extérieur et égal de l'intérieur (séif ג) ; le Biour Halakha écrit, au nom du Gaon de Vilna, qu'il suffit qu'un seul mur soit éloigné de trois tefa'him pour que la petite soit interdite (section 6).
  6. Le petit toit ouvert avant Chabbat, sur toute sa largeur, sur un grand (sans érouv commun, le petit toit ne dépassant pas dix amot ; Michna Beroura, ס״ק כ״ג) : on ne monte pas sur le petit les objets qui ont passé Chabbat dans la maison, on peut les monter sur le grand, à condition que les murs de la maison soient visibles ; s'ils ne le sont pas — par exemple si le toit déborde au-dessus d'eux, de quatre tefa'him selon la Michna Beroura (ס״ק כ״ח) —, c'est une karmelit, à moins qu'une fenêtre de quatre sur quatre ne s'ouvre vers lui depuis la maison (séif ד) ; même alors, monter sur ce toit les objets qui ont passé Chabbat dans la maison reste interdit sans érouv commun (Michna Beroura, ס״ק כ״ט).
  7. Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav.

9. Questions de compréhension

Vérifie ta compréhension :
  1. Pourquoi l'ouverture bouchée pendant Chabbat n'annule-t-elle pas l'érouv de ce Chabbat (séif א ; Michna Beroura, ס״ק ג) ?
  2. Pourquoi l'érouv fait pour l'année revient-il quand la porte s'ouvre pendant Chabbat (ס״ק ד), et que disent la Michna Beroura et le Biour Halakha de la porte bouchée délibérément (ס״ק ה) ?
  3. Au séif ב, pourquoi le texte dit-il « même les objets de la maison » (ס״ק ח), et pourquoi la cour ouverte sur le domaine public est-elle interdite (ס״ק ט) ?
  4. Au séif ג, pourquoi la grande cour est-elle permise et la petite interdite (ס״ק י״ג et ט״ז) ?
  5. Que signifie : vu de l'extérieur et égal de l'intérieur, et pourquoi faut-il que les murs de la petite cour soient éloignés de trois tefa'him (ס״ק י״ח et י״ט) ?
  6. Au séif ד, quand les murs de la maison sont-ils visibles, et que permet la fenêtre de quatre sur quatre (ס״ק כ״ז à כ״ט) ?

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
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