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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman שע״ה · 4 séifim du Choulhan Aroukh

La galerie des chambres hautes, et ce qui, dans la cour, n'interdit pas — pour découvrir et comprendre
סימן שע״ה
מה הם הדברים השרוים בחצר שאינם אוסרים
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Première approche du Siman שע״ה : texte hébreu intégral du Mehaber, traduction française, explications des concepts halakhiques, cas pratiques et synthèse.

Sujet : la galerie (mirpesset) des chambres hautes, à laquelle on monte de la cour par une échelle, dont les habitants n'interdisent pas aux habitants de la cour, pourvu qu'ils fassent l'érouv entre eux ; et les lieux qui se trouvent entre la cour et la galerie — tertre, colonne —, quand les habitants n'ont pas fait l'érouv ensemble ; la matseva devant la galerie ; et les saillies des murs, entre la cour et la chambre haute
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן שע״ה (4 séifim dans le Choulhan Aroukh, sans glose ouverte par הגה — le Taz attribue au Rama la première parenthèse du séif ב ; 5 séifim dans le Choulhan Aroukh HaRav, étudié au niveau 4)

Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

📑 Plan de l'étude

1. Le texte du Choul'han Aroukh — les 4 séifim du Mehaber
2. Le contexte général : pourquoi ce siman, quelle est la question ?
3. Les concepts-clés halakhiques de ce siman
4. Le détail des seifim — un par un
5. Le Mishnah Berurah — premières entrées
6. La position du Rama — aucune glose ouverte par הגה ; au séif ב, deux parenthèses, dont le Taz attribue la première au Rama
7. Cas pratiques modernes
8. Synthèse pratique et règles à retenir
9. Questions de compréhension

1. Le texte du Choul'han Aroukh

Le siman שע״ה contient 4 séifim du Mehaber (Rabbi Yossef Karo). Le texte que sert Sefaria n'y porte aucune glose du Rama marquée הגה, ni dans l'édition Maginei Eretz ni dans l'édition Torat Emet ; le séif ב porte deux additions imprimées en petits caractères — entre parenthèses dans l'édition Maginei Eretz, sans parenthèses dans l'édition Torat Emet —, chacune suivie du renvoi (טור) — le Taz attribue la première au Rama (section 6) —, et un mot entre parenthèses, (להם), que l'édition Torat Emet imprime lui aussi en petits caractères — il est dans la phrase du Tour (niveau 2, section 6). Objet du siman, selon son titre : ce qui se trouve dans la cour et n'interdit pas — la galerie (mirpesset) des chambres hautes, à laquelle on monte de la cour par une échelle (séif א) ; le tertre ou la colonne communs à la cour et à la galerie, quand leurs habitants n'ont pas fait l'érouv ensemble (séif ב) ; la matseva de quatre téfahim devant la galerie (séif ג) ; les saillies (zizim) qui sortent des murs (séif ד). Le Choulhan Aroukh HaRav (de l'Admour HaZaken) compte 5 séifim pour ce siman ; sa rédaction est étudiée au niveau 4.

Seif א

מה הם הדברים השרוים בחצר שאינם אוסרים. ובו ד סעיפים:
מרפסת שהוא דרך לעליות הפתוחים לה ועומדת בחצר ועולים לה בסולם ובני העליות יורדים ממנה לחצר ועוברים לרשות הרבים אינם אוסרים על בני החצר דסולם תורת פתח עליו והוי כשתי חצרות ופתח ביניהם שאם רצו מערבים יחד ואם רצו כל א' מערב לעצמו ובלבד שיערבו כל בני מרפסת לעצמן כדי שתהא רגל המותרת במקומה:
Traduction : Une galerie [mirpesset] qui est le passage vers les chambres hautes qui s'ouvrent sur elle, qui se trouve dans la cour, à laquelle on monte par une échelle, et d'où les habitants des chambres hautes descendent vers la cour et passent [par la cour] vers le domaine public : ils n'interdisent pas aux habitants de la cour [quand ils n'ont pas fait l'érouv ensemble ; et le séif parle d'une galerie haute de dix téfahim au-dessus de la cour, sinon elle forme une seule cour avec elle — Michna Beroura, ס״ק א], car l'échelle a statut d'ouverture, et c'est comme deux cours avec une ouverture entre elles : s'ils le veulent, ils font l'érouv ensemble, et s'ils le veulent, chacun fait l'érouv pour soi ; pourvu que tous les habitants de la galerie fassent l'érouv entre eux, afin que ce soit un pied permis en son lieu [reguel hamouteret bimkomah].
Ce que dit ce séif :

Seif ב

אם לא עירבו יחד ויש בחצר תל או עמוד שהוא משותף בין שניהם אם אינם גבוהים י״ט הרי אלו נחשבי' בין החצר ובין המרפסת ושניהם אסורים להוציא שם כלים שבבתים ואם הם גבוהים מקרקעית החצר י״ט (ובתוך עשרה למרפסת (טור) והם בתוך ד' טפחים למרפסת בני מרפסת מותרים לפי שתשמישו (להם) בנחת מלבני החצר ואם היו רחוקים מהמרפס' ד״ט או יותר אע״פ שגבוהים עשרה (מן החצר לתוך עשרה למרפסת) (טור) הרי אלו בכלל החצר והמרפס' לפי ששניהם אפשר להשתמש בהם על ידי זריקה לפיכך שניהם אסורים להוציא שם כלים ששבתו בבתים עד שיערבו:
Traduction : S'ils n'ont pas fait l'érouv ensemble, et qu'il y a dans la cour un tertre ou une colonne [tel, amoud] qui est commun aux deux [s'il est à l'un d'eux seulement, il est dans le domaine de celui-là, et l'autre ne lui interdit pas — Michna Beroura, ס״ק ד ; et le séif parle, selon le Biour Halakha, d'un tertre ou d'une colonne larges de quatre téfahim sur quatre — sinon c'est un makom petour, annulé aux uns et aux autres] : s'ils ne sont pas hauts de dix téfahim, ils sont comptés à la fois à la cour et à la galerie, et les uns et les autres ont interdiction d'y sortir les objets qui sont dans les maisons. Et s'ils sont hauts de dix téfahim au-dessus du sol de la cour [parenthèse telle qu'imprimée, avec renvoi au Tour : et à moins de dix de la galerie] et qu'ils sont à moins de quatre téfahim de la galerie, les habitants de la galerie sont autorisés, car son usage [parenthèse telle qu'imprimée : (להם), leur] est plus aisé [be-na'hat] qu'aux habitants de la cour. Et s'ils étaient éloignés de la galerie de quatre téfahim ou plus, bien qu'ils soient hauts de dix [parenthèse telle qu'imprimée, avec renvoi au Tour : au-dessus de la cour, à moins de dix de la galerie], ils relèvent à la fois de la cour et de la galerie, car les uns et les autres peuvent s'en servir en lançant [al yedei zerika] ; c'est pourquoi les uns et les autres ont interdiction d'y sortir des objets qui ont reposé dans les maisons, jusqu'à ce qu'ils fassent l'érouv.
Ce que dit ce séif :

Seif ג

היתה מצבה ארבע' טפחים לפני המרפס' אין המרפסת אוסר' על בני החצר שהרי נחלקה מהם:
Traduction : S'il y avait une matseva de quatre téfahim devant la galerie [quatre téfahim de hauteur, selon la Michna Beroura, ס״ק י״ב ; le séif ne le précise pas], la galerie n'interdit pas aux habitants de la cour, car elle s'est séparée d'eux [même pour le tertre et la colonne proches d'elle, à moins de quatre téfahim, et hauts de dix téfahim : en faisant une séparation devant la galerie, ils ont montré qu'ils se retiraient de la cour — Michna Beroura, ס״ק י״ג].
Ce que dit ce séif :

Seif ד

זיזים היוצאים מהכתלים כל שהוא למטה מעשרה טפחים הרי זה נחשב מהחצר ובני החצר משתמשין בו וכל שהוא בתוך י״ט העליונים הסמוכים לעלייה אנשי עלייה משתמשין בו והנשאר בין י' התחתונים עד התחלת י' העליונים מן הזיזין היוצאים שניהם אסורים בו ואין משתמשין בהם בכלים ששבתו בבתים אלא אם כן עירבו:
Traduction : Des saillies [zizim] qui sortent des murs [le séif parle, selon la Michna Beroura, ס״ק י״ד, du cas où les habitants de la cour et ceux de la chambre haute ont fait l'érouv chacun pour soi, où les saillies leur appartiennent en commun, et où elles sont larges de quatre téfahim — sinon c'est un makom petour, annulé aux uns et aux autres, selon Rachi] : tout ce qui est au-dessous de dix téfahim est compté à la cour, et les habitants de la cour s'en servent ; tout ce qui est dans les dix téfahim supérieurs, proches de la chambre haute, les gens de la chambre haute s'en servent ; et ce qui reste, des saillies qui sortent entre les dix [téfahim] inférieurs et le début des dix supérieurs, est interdit aux uns et aux autres, et l'on ne s'en sert pas avec des objets qui ont reposé dans les maisons, à moins qu'ils n'aient fait l'érouv.
Ce que dit ce séif :

2. Le contexte général

De quoi parle ce siman ?

Le siman שע״ה a pour titre « מה הם הדברים השרוים בחצר שאינם אוסרים » (שו״ע או״ח שע״ה:א). Les chambres hautes (aliyot) qu'il décrit s'ouvrent sur une galerie, et leurs habitants descendent de la galerie dans la cour par une échelle pour passer vers le domaine public (séif א). Interdisent-ils aux habitants de la cour, comme des habitants de la cour qui n'auraient pas donné leur part à l'érouv ? Le séif א répond qu'ils n'interdisent pas : l'échelle a statut d'ouverture, et ce sont comme deux cours, pourvu que les habitants de la galerie fassent l'érouv entre eux. Les séifim ב à ד disent ensuite, quand les habitants n'ont pas fait l'érouv ensemble, à qui reviennent le tertre et la colonne qui se trouvent entre la cour et la galerie, ce que change une matseva devant la galerie, et à qui reviennent les saillies des murs, entre la cour et la chambre haute.

La question fondamentale : les habitants des chambres hautes, qui passent par la cour, sont-ils des habitants de la cour ? Le séif א répond : « דסולם תורת פתח עליו והוי כשתי חצרות ופתח ביניהם » (שו״ע או״ח שע״ה:א). La Michna Beroura le précise : « ולא הוי כחצר אחד שעירבו בני חציה לעצמן ובני חציה לעצמן דאסרי אהדדי אלא הוי כשתי חצרות » (משנה ברורה שע״ה ס״ק א) — ce n'est pas comme une seule cour dont chaque moitié a fait l'érouv pour soi, et qui s'interdisent l'une à l'autre. Pour le tertre et la colonne communs aux deux (séif ב), le séif donne lui-même la raison de ses deux derniers cas : l'usage est plus aisé pour les habitants de la galerie que pour ceux de la cour ; et, quand le tertre est éloigné de la galerie, les uns et les autres peuvent s'en servir par jet. Les commentateurs lisent diversement la portée de ces mots et divergent sur plusieurs des cas que ces mots n'écrivent pas ; le Rav en traite au séif 2 de son Choulhan Aroukh. Voir le tableau de la section 5 du niveau 3 ; le niveau 2 en étudie des sources ; consulte ton Rav.

Place dans Hilkhot Érouvin

Dans l'index de Sefaria, la section הלכות עירובין du Choul'han Aroukh commence au siman 345. Le siman שע״ה suit le siman שע״ד, qui traite de l'ouverture ou de la fenêtre de l'érouv bouchée pendant le Chabbat (titre : « נסתם בשבת פתח או חלון במקום שעירב בו », שו״ע או״ח שע״ד:א), et précède le siman שע״ו (titre : « בור ובאר שבין שתי חצירות », שו״ע או״ח שע״ו:א). Sur la condition du séif א, la Michna Beroura renvoie à la règle du pied interdit en son lieu, « דקיי״ל לקמן בסימן שע״ח » (משנה ברורה שע״ה ס״ק ג). Et le siman ש״ע · 370 renvoyait déjà au nôtre pour le sens de la galerie : « פירושה מבואר לקמן בסימן שע״ה » (משנה ברורה ש״ע ס״ק ב).

3. Les concepts-clés halakhiques

Quelques notions structurent ce siman, dans l'ordre des séifim :

Les notions essentielles du siman שע״ה :

4. Le détail des seifim — un par un

SeifContenu
אLa galerie qui dessert les chambres hautes, dans la cour, à laquelle on monte par une échelle, et d'où ses habitants descendent dans la cour pour passer vers le domaine public : ils n'interdisent pas aux habitants de la cour ; l'échelle a statut d'ouverture, et ce sont comme deux cours avec une ouverture entre elles — ils font l'érouv ensemble, ou chacun pour soi, à leur gré —, pourvu que les habitants de la galerie fassent l'érouv entre eux.
בSans érouv commun, pour y sortir les objets des maisons, le tertre ou la colonne communs aux deux : moins de dix téfahim de haut, le séif les compte à la cour et à la galerie et les interdit aux uns et aux autres ; hauts de dix téfahim au-dessus du sol de la cour (et, selon une parenthèse avec renvoi au Tour, à moins de dix de la galerie), et à moins de quatre téfahim de la galerie, il les permet aux habitants de la galerie, dont l'usage est plus aisé ; éloignés de la galerie de quatre téfahim ou plus, même hauts de dix (et, selon la seconde parenthèse, à moins de dix de la galerie), il les dit relever des deux, qui peuvent s'en servir par jet, et les interdit aux uns et aux autres jusqu'à ce qu'ils fassent l'érouv. Les commentateurs lisent diversement la portée de ces mots et divergent sur plusieurs des cas que ces mots n'écrivent pas ; le Rav en traite au séif 2 de son Choulhan Aroukh. Voir le tableau de la section 5 du niveau 3 ; le niveau 2 en étudie des sources ; consulte ton Rav.
גUne matseva de quatre téfahim devant la galerie : la galerie n'interdit pas aux habitants de la cour, car elle s'est séparée d'eux.
דLes saillies qui sortent des murs : au-dessous de dix téfahim, elles comptent à la cour ; dans les dix téfahim supérieurs, proches de la chambre haute, elles sont aux gens de la chambre haute ; entre les deux, elles sont interdites aux uns et aux autres pour des objets qui ont reposé dans les maisons, à moins qu'ils n'aient fait l'érouv.
Le cœur du siman : les habitants des chambres hautes qui descendent dans la cour par l'échelle de leur galerie ne comptent pas comme des habitants de la cour : ce sont comme deux cours avec une ouverture entre elles, pourvu qu'ils fassent l'érouv entre eux (séif א). Le séif ב, tel qu'imprimé, écrit trois cas du tertre ou de la colonne communs, quand les habitants n'ont pas fait l'érouv ensemble, pour y sortir les objets des maisons : moins de dix téfahim de haut, interdits aux uns et aux autres ; hauts de dix au-dessus de la cour et à moins de quatre téfahim de la galerie, aux habitants de la galerie, dont l'usage est plus aisé ; éloignés de la galerie de quatre téfahim ou plus, même hauts de dix, interdits aux uns et aux autres, qui peuvent s'en servir par jet, jusqu'à ce qu'ils fassent l'érouv. Deux parenthèses du texte imprimé, avec renvoi au Tour, ajoutent aux deux derniers cas : à moins de dix de la galerie. Les commentateurs lisent diversement la portée de ces mots et divergent sur plusieurs des cas que ces mots n'écrivent pas ; le Rav en traite au séif 2 de son Choulhan Aroukh. Voir le tableau de la section 5 du niveau 3 ; le niveau 2 en étudie des sources ; consulte ton Rav. Une matseva de quatre téfahim devant la galerie la sépare de la cour (séif ג) ; les saillies des murs se partagent selon leur hauteur (séif ד).

5. Le Mishnah Berurah — premières entrées

Le Mishnah Berurah de Rabbi Israël Méir Kagan (Hafets Haïm) compte 15 entrées sur ce siman. Voici les trois premières — celles du séif א :

משנה ברורה (א) — (א) אינן אוסרין על בני החצר - כשלא עירבו יחד אלא בני העליות לעצמן ובני החצר לעצמן ולא הוי כחצר אחד שעירבו בני חציה לעצמן ובני חציה לעצמן דאסרי אהדדי אלא הוי כשתי חצרות. ומיירי כשהמרפסת גבוה י״ט מן החצר דאי לא היה גבוה י״ט הוי ליה עם החצר כחצר אחת [אחרונים]:
משנה ברורה (ב) — (ב) לעצמו - ר״ל ומותר לטלטל אפילו כלי הבית לחצר וכן כלי עליה למרפסת אבל כלי הבית למרפסת או כלי עליה לחצר אסור כיון שלא עירבו יחד:
משנה ברורה (ג) — (ג) ובלבד שיערבו וכו' - ר״ל דאם לא עירבו בפני עצמן והיא אסורה במקומה אוסרת ג״כ על החצר לטלטל בתוכה מכלי הבית דמרפסת כיון שאין לו דרך אחר לר״ה כ״א ע״י חצר הו״ל כחצר זה לפנים מזה שאין לו דרך אחר כ״א ע״י חצר החיצונה דקיי״ל לקמן בסימן שע״ח דאם בני חצר הפנימי לא עירבו לעצמן דהו״ל רגל האסורה במקומה אוסרין על החיצונה:

Pour le texte intégral des 15 entrées, consulte Sefaria : Mishnah Berurah 375.

6. La position du Rama

Dans les quatre séifim du texte que sert Sefaria, aucune glose du Rama (Rabbi Moshe Isserles) n'est ouverte par הגה, ni dans l'édition Maginei Eretz ni dans l'édition Torat Emet. Mais le séif ב porte deux additions imprimées en petits caractères (entre parenthèses dans l'édition Maginei Eretz ; l'édition Torat Emet les imprime sans parenthèses), et le Taz attribue la première au Rama : « ורמ״א הכניס לתוך דברי הרמב״ם מן שיטת הטור דהיינו ובתוך י׳ למרפסת בבבא דגבוהים י׳ » (ט״ז או״ח שע״ה ס״ק ב) ; il distingue aussi, dans ce séif, la langue du Choulhan Aroukh de ce qu'il appelle, au pluriel, les gloses du Rama : « ומבואר מלשונו דהיינו לשון הש״ע שבסעיף זה זולת הגהות רמ״א » (ט״ז או״ח שע״ה ס״ק ב) .

Ce que le texte imprimé porte entre parenthèses :

7. Cas pratiques modernes

Les situations ci-dessous sont des applications du site : le séif ne les nomme pas, chacune est rattachée au séif qu'elle met en jeu.

SituationAnalyse rapide
Des logements à l'étage desservis par une coursive commune, d'où un escalier descend dans la courApplication du site, séif א : le séif parle d'une galerie qui dessert les chambres hautes et que relie à la cour une échelle ; ses habitants n'interdisent pas aux habitants de la cour, pourvu qu'ils fassent l'érouv entre eux. Selon la Michna Beroura, le séif parle d'une galerie haute de dix téfahim au-dessus de la cour (ס״ק א) ; et, sans érouv commun, on ne transporte ni les objets de la maison vers la galerie ni ceux de la chambre haute vers la cour (ס״ק ב). Le séif parle d'une échelle (סולם) ; qu'un escalier se juge de même, il ne le dit pas. Consulte ton Rav.
Un muret commun, ou un bac maçonné, dans la cour, près de la coursiveApplication du site, séif ב : cela dépend notamment de sa largeur — le Biour Halakha écrit que le séif parle d'un tertre ou d'une colonne larges de quatre téfahim sur quatre, sinon c'est un makom petour : « מיירי שהוא רחב דע״ד דאל״ה הוי מקום פטור ובטל להכא ולהכא » (ביאור הלכה שע״ה) —, de sa hauteur au-dessus du sol de la cour (dix téfahim) et au-dessous de la galerie (séif ב, avec ses parenthèses), de sa distance à la galerie (quatre téfahim) et de qui il est ; s'il est à l'un seulement, il est dans son domaine (Michna Beroura, ס״ק ד). Le séif ב, tel qu'imprimé, écrit trois cas du tertre ou de la colonne communs, quand les habitants n'ont pas fait l'érouv ensemble, pour y sortir les objets des maisons : moins de dix téfahim de haut, interdits aux uns et aux autres ; hauts de dix au-dessus de la cour et à moins de quatre téfahim de la galerie, aux habitants de la galerie, dont l'usage est plus aisé ; éloignés de la galerie de quatre téfahim ou plus, même hauts de dix, interdits aux uns et aux autres, qui peuvent s'en servir par jet, jusqu'à ce qu'ils fassent l'érouv. Deux parenthèses du texte imprimé, avec renvoi au Tour, ajoutent aux deux derniers cas : à moins de dix de la galerie. Les commentateurs lisent diversement la portée de ces mots et divergent sur plusieurs des cas que ces mots n'écrivent pas ; le Rav en traite au séif 2 de son Choulhan Aroukh. Voir le tableau de la section 5 du niveau 3 ; le niveau 2 en étudie des sources ; consulte ton Rav.
Un puits ou une citerne commune dans la cour, entouré d'une margelleApplication du site, Michna Beroura sur le séif ב : quand la margelle est haute de dix téfahim et proche de la galerie, les habitants de la cour et de la galerie s'interdisent l'un à l'autre de puiser avec un seau qui a reposé dans la maison ou dans les chambres hautes, et d'en porter l'eau dans leurs maisons, quand ils n'ont pas fait l'érouv ensemble (ס״ק י״א) ; même plein d'eau jusqu'à la margelle, par crainte que l'eau ne baisse pendant le Chabbat, « אסור משום גזירה שמא יחסרו המים בשבת וישתמשו בו כבתחלה » (משנה ברורה שע״ה ס״ק י״א) ; puis : « אבל אם היה הבור מלא בדבר שאין ניטל בשבת הרי הוא כעמוד או תל גבוה י׳ מחצר ותוך עשרה למרפסת שנותנין אותו לבני מרפסת [כשאינו מופלג מכנגדה ד״ט וכנ״ל] להשתמש על גבה » (משנה ברורה שע״ה ס״ק י״א) — rempli de ce qu'on ne prend pas le Chabbat, il est comme le tertre haut de dix au-dessus de la cour et à moins de dix de la galerie, qu'on donne aux habitants de la galerie, quand il n'est pas éloigné d'elle de quatre téfahim. Consulte ton Rav.
Des rebords ou corniches le long du mur de la cour, sous les fenêtres de l'étageApplication du site, séif ד : au-dessous de dix téfahim, à la cour ; dans les dix téfahim supérieurs, proches de la chambre haute, aux gens de la chambre haute ; entre les deux, interdits aux uns et aux autres pour des objets qui ont reposé dans les maisons, à moins qu'ils n'aient fait l'érouv. Selon la Michna Beroura, le séif parle de saillies communes, larges de quatre téfahim, quand chacun a fait l'érouv pour soi (ס״ק י״ד) ; elle précise que le séif parle de plus de vingt téfahim entre la chambre haute et le sol de la cour, et qu'il en va de même à moins de vingt, quand la saillie est au milieu, à moins de dix téfahim de l'une et de l'autre (ס״ק ט״ו). Consulte ton Rav.
Pour les cas pratiques précis : la conduite dépend notamment de la hauteur et de la distance des lieux par rapport à la cour, à la galerie et à la chambre haute, de leur largeur, de qui ils sont, et de l'érouv que les habitants ont fait, ensemble ou chacun pour soi. Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav.

8. Synthèse pratique du Siman

Les enseignements du Siman שע״ה :
  1. La galerie des chambres hautes : ceux qui y habitent et descendent dans la cour par une échelle n'interdisent pas aux habitants de la cour ; l'échelle a statut d'ouverture, ce sont comme deux cours, qui font l'érouv ensemble ou chacune pour soi, à leur gré, pourvu que les habitants de la galerie fassent l'érouv entre eux (séif א).
  2. La condition : que les habitants de la galerie fassent l'érouv entre eux (séif א) ; sinon, selon la Michna Beroura, ils interdisent aussi aux habitants de la cour (ס״ק ג).
  3. Le tertre ou la colonne communs : le séif ב, tel qu'imprimé, écrit trois cas du tertre ou de la colonne communs, quand les habitants n'ont pas fait l'érouv ensemble, pour y sortir les objets des maisons : moins de dix téfahim de haut, interdits aux uns et aux autres ; hauts de dix au-dessus de la cour et à moins de quatre téfahim de la galerie, aux habitants de la galerie, dont l'usage est plus aisé ; éloignés de la galerie de quatre téfahim ou plus, même hauts de dix, interdits aux uns et aux autres, qui peuvent s'en servir par jet, jusqu'à ce qu'ils fassent l'érouv. Deux parenthèses du texte imprimé, avec renvoi au Tour, ajoutent aux deux derniers cas : à moins de dix de la galerie. Les commentateurs lisent diversement la portée de ces mots et divergent sur plusieurs des cas que ces mots n'écrivent pas ; le Rav en traite au séif 2 de son Choulhan Aroukh. Voir le tableau de la section 5 du niveau 3 ; le niveau 2 en étudie des sources ; consulte ton Rav.
  4. La matseva de quatre téfahim devant la galerie : la galerie n'interdit pas aux habitants de la cour (séif ג).
  5. Les saillies des murs : au-dessous de dix téfahim, à la cour ; dans les dix supérieurs, à la chambre haute ; entre les deux, interdites aux deux pour les objets des maisons, sans érouv (séif ד) — selon la Michna Beroura, le séif parle de saillies communes, larges de quatre téfahim, quand chacun a fait l'érouv pour soi (ס״ק י״ד), et le Choulhan Aroukh HaRav écrit qu'elles sont aux deux en association (séif 5).
  6. Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav.

9. Questions de compréhension

Vérifie ta compréhension :
  1. Pourquoi les habitants de la galerie n'interdisent-ils pas aux habitants de la cour (séif א ; Michna Beroura, ס״ק א) ?
  2. Quelle condition le séif א pose-t-il, et qu'arrive-t-il, selon la Michna Beroura, quand elle n'est pas remplie (ס״ק ג) ?
  3. Quand le tertre commun revient-il aux habitants de la galerie, et quand est-il interdit aux deux (séif ב) ?
  4. Pourquoi le tertre éloigné de la galerie de quatre téfahim, même haut de dix (et, selon la seconde parenthèse, à moins de dix de la galerie), est-il interdit aux uns et aux autres (séif ב) ?
  5. Que change la matseva placée devant la galerie (séif ג ; Michna Beroura, ס״ק י״ג) ?
  6. Comment les saillies des murs se partagent-elles entre la cour et la chambre haute (séif ד) ?

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
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