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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman שע״ו · 4 séifim du Choulhan Aroukh

Citerne et puits entre deux cours — pour découvrir et comprendre
סימן שע״ו
בור ובאר שבין שתי חצירות
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Première approche du Siman שע״ו : texte hébreu intégral du Mehaber avec les gloses du Rama, traduction française, explications des concepts halakhiques, cas pratiques et synthèse.

Sujet : la citerne et le puits entre deux cours qui n'ont pas fait l'érouv ensemble — quand peut-on y puiser pendant Chabbat, la cloison et la poutre qui séparent les domaines dans l'eau, le puits au milieu d'un sentier ; et aussi les ruines entre deux cours et les toilettes entre deux maisons
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן שע״ו (4 séifim du Choulhan Aroukh, avec la glose du Rama, introduite par הגה, aux séifim א et ב, et un renvoi entre parenthèses à la fin du séif ד ; 4 aussi dans le Choulhan Aroukh HaRav, étudiés au niveau 4)

Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

📑 Plan de l'étude

1. Le texte du Choul'han Aroukh — les 4 séifim du Mehaber, avec les gloses du Rama
2. Le contexte général : pourquoi ce siman, quelle est la question ?
3. Les concepts-clés halakhiques de ce siman
4. Le détail des seifim — un par un
5. Le Mishnah Berurah — premières entrées
6. La position du Rama — ses gloses, et les réserves des commentateurs
7. Cas pratiques modernes
8. Synthèse pratique et règles à retenir
9. Questions de compréhension

1. Le texte du Choul'han Aroukh

Le siman שע״ו contient 4 séifim du Mehaber (Rabbi Yossef Karo). La glose du Rama, introduite par le mot הגה, se lit aux séifim א et ב ; à la fin du séif ד, une parenthèse en petits caractères, sans le mot הגה, renvoie au siman 355. Objet du siman, selon son titre : la citerne (bor) et le puits (be'er) entre deux cours ; les séifim ג et ד traitent aussi des ruines entre deux cours et des toilettes entre deux maisons. Le Choulhan Aroukh de l'Admour HaZaken compte lui aussi 4 séifim pour ce siman : sa numérotation est celle du niveau 4, pas celle de cette page.

Seif א

בור ובאר שבין שתי חצירות. ובו ד סעיפים:
בור שבין שתי חצרות ואין ביניהם פתח או חלון שיוכלו לערב או שיש ביניהם ולא עירבו אין ממלאים ממנו בשבת אלא אם כן עשו מחיצה עשרה למעלה מן המים וצריך שיהיה טפח מן המחיצה יורד בתוך המים ואם הית' המחיצ' כולה בתוך המים צריך שיהי' טפח יוצא ממנה למעלה מן המים כדי שתהי' ניכרת רשות זה מרשות זה וכן אם עשו על פי הבור קורה רחבה ד״ט זה ממלא מצד הקורה וזה ממלא מצד האחר: הגה ודוקא אם בא למלאות בכלים של בית אבל בכלים של חצר לא בעינן שום תיקון דהא חצירות רשות אחת הן כדלעיל סי' שע״ב (הג״מ פט״ו):
Traduction : Une citerne (bor) entre deux cours, sans ouverture ni fenêtre entre elles [par lesquelles] elles pourraient faire l'érouv, ou bien il y en a une mais elles n'ont pas fait l'érouv : on n'y puise pas pendant Chabbat, à moins qu'on n'ait fait une cloison de dix [tefa'him] au-dessus de l'eau ; et il faut qu'un téfa'h de la cloison descende dans l'eau. Et si la cloison était tout entière dans l'eau, il faut qu'un téfa'h en sorte au-dessus de l'eau, afin que le domaine de l'un se distingue du domaine de l'autre. De même, si l'on a fait sur l'ouverture de la citerne une poutre large de quatre tefa'him, l'un puise du côté de la poutre et l'autre puise de l'autre côté. Glose du Rama : et cela seulement s'il vient puiser avec des ustensiles de la maison ; mais avec des ustensiles de la cour, il n'est besoin d'aucune réparation (tikoun), puisque les cours sont un seul domaine, comme plus haut, au siman 372 (Hagahot Maïmoniyot, chapitre 15).
Ce que dit ce séif :

Seif ב

באר שבאמצע השביל בין שני כותלי חצירות אע״פ שהיא מופלגת מכותל זה ד״ט ומכותל זה ד״ט שניהם ממלאים ממנה ואינם צריכים זיזים על גבן שאין אדם אוסר על חבירו דרך אויר: הגה ודוקא כשאין חצרות פתוחות בשביל רק בחלונות (טור והמגיד פ״ג מה' עירובין) וי״א דאם אינן מופלגים ארבעה אוסרים אפילו בכה״ג (ב״י בשם רש״י):
Traduction : Un puits (be'er) au milieu du sentier, entre deux murs de cours : bien qu'il soit éloigné de ce mur-ci de quatre tefa'him et de ce mur-là de quatre tefa'him, tous deux y puisent, et ils n'ont pas besoin de saillies (zizim) par-dessus, car on n'interdit pas à son prochain par la voie de l'air. Glose du Rama : et cela seulement quand les cours ne sont pas ouvertes sur le sentier, sinon par des fenêtres (Tour, et le Maguid [Michné], chapitre 3 des Hilkhot Érouvin) ; et certains disent que s'ils ne sont pas éloignés de quatre [tefa'him], ils interdisent, même dans ce cas (Beit Yossef au nom de Rachi).
Ce que dit ce séif :

Seif ג

שתי חצרות וביניהם ג' חורבות כל א' מותר באותה שאצלו להשתמש בה דרך חלונות על ידי זריקה והאמצעי' מותרת לשניהם ואם היו שלשתן סמוכי' לבתים שהיתה האמצעי' כנגד השתים כשלשה ראשי קנקן כל א' מותר בחורבה שאצלו והשלישי' הקרובה לשתי החצירו' אסורה לשתיהן:
Traduction : Deux cours, et entre elles trois ruines (h'orvot) : chacun est permis dans celle qui est à côté de lui, pour s'en servir par les fenêtres, en lançant (al yedei zerika) ; et celle du milieu est permise aux deux. Et si toutes trois étaient voisines des maisons, celle du milieu étant face aux deux, comme les trois têtes d'un kankan [selon la Michna Beroura, ס״ק כ״א : elle s'étirait le long des deux ruines, et ses deux extrémités atteignaient les deux cours], chacun est permis dans la ruine qui est à côté de lui, et la troisième, proche des deux cours, est interdite aux deux.
Ce que dit ce séif :

Seif ד

בית הכסא שבין שני הבתים ולא עירבו יחד רשות שניהם שולטת בו ואסורים (וע״ל סי' שנ״ה):
Traduction : Des toilettes (beit hakissé) entre les deux maisons, et [leurs habitants] n'ont pas fait l'érouv ensemble : le domaine de l'un et de l'autre s'exerce sur elles, et ils sont interdits. Parenthèse en petits caractères (sans le mot הגה) : (et voir plus haut le siman 355).
Ce que dit ce séif :

2. Le contexte général

De quoi parle ce siman ?

La michna du traité Érouvin enseigne : « בּוֹר שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת — אֵין מְמַלְּאִין מִמֶּנּוּ בַּשַּׁבָּת, אֶלָּא אִם כֵּן עָשׂוּ לוֹ מְחִיצָה גְּבוֹהָ עֲשָׂרָה טְפָחִים, בֵּין מִלְּמַטָּה, בֵּין מִתּוֹךְ אוֹגְנוֹ » (עירובין פ״ו ע״א). Dans la guemara, Rav Yehouda explique : « וְרַב יְהוּדָה אָמַר: לְמַטָּה — לְמַטָּה מִן הַמַּיִם, לְמַעְלָה — לְמַעְלָה מִן הַמַּיִם » (עירובין פ״ו ע״א) ; le Be'er HaGolah rattache à son explication le téfa'h dans l'eau que demande le séif א.

Pour la poutre, la guemara donne la raison : « קִים לְהוּ לְרַבָּנַן דְּאֵין דְּלִי מְהַלֵּךְ יוֹתֵר מֵאַרְבָּעָה טְפָחִים » (עירובין פ״ו ע״ב) ; et pour l'eau qui se mêle sous la poutre : « אֶלָּא מִשּׁוּם דְּקַל הוּא שֶׁהֵקֵילּוּ חֲכָמִים בְּמַיִם » (עירובין פ״ו ע״ב). La Michna Beroura reprend l'un et l'autre (ס״ק ט).

Pour le puits du séif ב, Rav Yehouda rapporte au nom de Chmouel : « בּוֹר שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת, מוּפְלֶגֶת מִכּוֹתֶל זֶה אַרְבָּעָה וּמִכּוֹתֶל זֶה אַרְבָּעָה — זֶה מוֹצִיא זִיז כׇּל שֶׁהוּא וּמְמַלֵּא, וְזֶה מוֹצִיא זִיז כׇּל שֶׁהוּא וּמְמַלֵּא » (עירובין פ״ה ע״א) ; Rav Yehouda, en son propre nom, dit « וְרַב יְהוּדָה דִּידֵיהּ אָמַר: אֲפִילּוּ קַנְיָא » (עירובין פ״ה ע״א) — même un roseau [suffit] ; et Abayé fait remarquer à Rav Yossef que cette parole de Rav Yehouda est l'avis de Chmouel, et non celui de Rav : « הָא דְּרַב יְהוּדָה דִּשְׁמוּאֵל הִיא, דְּאִי דְּרַב, הָא אָמַר: אֵין אָדָם אוֹסֵר עַל חֲבֵירוֹ דֶּרֶךְ אֲוִיר » (עירובין פ״ה ע״א). Le séif ב écrit que les deux puisent sans saillies, « שאין אדם אוסר על חבירו דרך אויר » (שו״ע או״ח שע״ו:ב) ; la Michna Beroura y lit le rejet de l'avis qui exige la saillie (ס״ק י״ג). La même page de guemara traite aussi de « שְׁנֵי בָתִּים וְשָׁלֹשׁ חוֹרָבוֹת בֵּינֵיהֶם » (עירובין פ״ה ע״א), le sujet du séif ג.

La question fondamentale : deux voisins qui n'ont pas fait l'érouv ensemble peuvent-ils se servir, pendant Chabbat, d'un lieu qui touche à leurs deux domaines — une citerne, un puits, des ruines, des toilettes ? Le siman répond notamment selon qu'une cloison ou une poutre sépare les domaines dans l'eau (séif א), selon les ustensiles avec lesquels on puise (glose du Rama au séif א), selon que l'usage passe seulement par l'air, par des fenêtres (séifim ב et ג), et selon que le lieu est éloigné ou proche des murs et des maisons (glose du Rama au séif ב, séif ג).

Place dans Hilkhot Érouvin

Dans l'index de Sefaria, la section הלכות עירובין du Choul'han Aroukh commence au siman 345. Le siman שע״ו suit le siman שע״ה · 375 ; la glose du Rama au séif א renvoie au siman 372 pour les ustensiles de la cour, et la parenthèse du séif ד au siman 355. Sur le séif א, le Magen Avraham explique pourquoi l'on craint ici que le seau ne passe dans le domaine de l'autre, quand on ne le craint pas pour la galerie du siman 355 (ס״ק א). Sur le séif ב, le Biour Halakha rapporte une difficulté que les A'haronim ont soulevée à partir du siman 375 : « והאחרונים הקשו מהא דסימן שע״ה דבני מרפסת אוסרין על בני חצר אף במופלג ד׳ » (ביאור הלכה שע״ו) ; le Taz soulève une question semblable (ס״ק ב).

3. Les concepts-clés halakhiques

Quelques notions structurent ce siman, dans l'ordre de ses séifim :

Les notions essentielles du siman שע״ו :

4. Le détail des seifim — un par un

SeifContenu
אCiterne entre deux cours qui ne peuvent pas faire l'érouv, ou ne l'ont pas fait : on n'y puise pas pendant Chabbat, à moins d'une cloison de dix [tefa'him] au-dessus de l'eau dont un téfa'h descende dans l'eau — ou, si elle est tout entière dans l'eau, dont un téfa'h dépasse —, ou d'une poutre large de quatre tefa'him sur l'ouverture de la citerne. Glose du Rama : cela seulement quand on puise avec des ustensiles de la maison ; avec ceux de la cour, aucune réparation n'est nécessaire — mais, selon la Michna Beroura, on ne fait pas entrer l'eau dans la maison sans réparation (ס״ק י).
בPuits au milieu du sentier, entre deux murs de cours, même à quatre tefa'him de chacun : les deux y puisent, sans saillies, car on n'interdit pas à son prochain par la voie de l'air. Glose du Rama : cela seulement quand les cours ne s'ouvrent sur le sentier que par des fenêtres ; et certains disent que, s'il n'est pas éloigné de quatre tefa'him, ils interdisent même alors — la Michna Beroura écrit que les A'haronim ont tranché comme cet avis (ס״ק ט״ו).
גTrois ruines entre deux cours : chacun se sert, en lançant par les fenêtres, de celle qui est à côté de lui, et celle du milieu est permise aux deux ; si toutes trois sont voisines des maisons, disposées comme les trois têtes d'un kankan, chacun reste permis dans la sienne, et la troisième, proche des deux cours, est interdite aux deux.
דToilettes entre deux maisons dont les habitants n'ont pas fait l'érouv ensemble : le domaine des deux s'y exerce, et ils sont interdits — selon la Michna Beroura, quand seule la fosse est commune (ס״ק כ״ג) ; une parenthèse renvoie au siman 355.
Le cœur du siman : un lieu qui touche aux deux domaines interdit-il à l'un et à l'autre, quand ils n'ont pas fait l'érouv ensemble ? Pour l'eau, c'est une facilité accordée : une cloison qui n'atteint pas le fond, ou une poutre, suffit, car on demande seulement que le seau n'entre pas ouvertement dans la part de l'autre (Michna Beroura, ס״ק ד), qu'on ne voie pas clairement qu'il puise dans le domaine de l'autre (ס״ק ט) (séif א). L'usage qui ne passe que par l'air, par des fenêtres, n'interdit pas à l'autre (séif ב) — pourvu, selon la glose du Rama, que les cours ne s'ouvrent sur le sentier que par des fenêtres, et, selon l'avis qu'elle rapporte ensuite, que le puits soit éloigné de quatre tefa'him ; et la Michna Beroura écrit que les A'haronim ont tranché ainsi (ס״ק ט״ו). La ruine proche des deux cours, dont les deux se servent commodément, leur est interdite (séif ג) ; et les toilettes entre deux maisons sans érouv aussi (séif ד).

5. Le Mishnah Berurah — premières entrées

Le Mishnah Berurah de Rabbi Israël Méir Kagan (Hafets Haïm) compte 24 entrées sur ce siman. Voici les dix premières, sur le séif א et sa glose du Rama — pour mieux comprendre le sens du texte :

משנה ברורה (א) — (א) ואין ביניהם וכו' - ר״ל שבכותל המפסיק בין החצרות העומד ע״ג הבור אין פתח וחלון:
משנה ברורה (ב) — (ב) אין ממלאין וכו' - שהרי כ״א ממלא מרשות חבירו:
משנה ברורה (ג) — (ג) אא״כ עשו מחיצה י' - כדי להפסיק בין הרשויות ויהא כ״א דולה מרשותו ומחיצת הכותל שעומד ע״ג הבור אין מועיל לזה כלל דבעינן דוקא שתהא עשויה לשם כך ובתוך אוגן הבור:
משנה ברורה (ד) — (ד) וצריך שיהיה וכו' - כדי שיהיה ניכר הפסק המחיצה המחלקת בתוך המים ואע״פ שאינה מגעת המחיצה עד קרקע הבור קל הוא שהקילו במים להתיר במחיצה כזו דבעינן רק שלא יכנס הדלי בהדיא לחלק חבירו:
משנה ברורה (ה) — (ה) טפח מן המחיצה - וכ״ש אם מחציתה למטה ומחציתה למעלה:
משנה ברורה (ו) — (ו) המחיצה כולה - היינו של העשרה טפחים וה״ה אפילו אם היתה ארוכה יותר ומגעת עד קרקע הבור צריך ג״כ היכר הפסק מלמעלה:
משנה ברורה (ז) — (ז) ניכרת - ההפרשה ובזה הטפח לבד סגי שלא ילך הדלי לרשות חבירו:
משנה ברורה (ח) — (ח) וכן אם עשו וכו' - ר״ל שהניחו לכתחלה מלמעלה על שפת הבור כדי להתיר המים אבל כשלא נעשה כדי להתיר לא:
משנה ברורה (ט) — (ט) זה ממלא מצד הקורה וכו' - וטעמא לפי שאנו רואים כאלו קורה זו נמשכת ויורדת עד המים וחולקת כל רשות לעצמו וכאן אין לחוש לומר שזה דולה מרשות חבירו לפי ששיערו חכמים שאין דלי מהלך יותר מד״ט וא״כ לא יחצוב מים מצד הבור שהוא ברשות חבירו ואף שחוצב מתחת הקורה ושם רשות שניהם שולטות קל הוא שהקילו חכמים במים וא״צ אלא שלא יהא ניכר להדיא שחוצב מרשות חבירו:
משנה ברורה (י) — (י) לא בעינן שום תיקון - ועכ״פ אסור להכניס המים לבית אם לא עשו שום תיקון דהא לא עירבו שתי החצרות ביחד:

Pour le texte intégral des 24 entrées, consulte Sefaria : Mishnah Berurah 376.

6. La position du Rama

Le Rama (Rabbi Moshe Isserles) ajoute sa glose (הגה) aux séifim א et ב ; à la fin du séif ד, une parenthèse en petits caractères, sans le mot הגה, renvoie au siman 355. Voici ses gloses, chacune à sa place, avec des réserves des commentateurs, séif par séif.

Les gloses du Rama, et les réserves des commentateurs :

7. Cas pratiques modernes

Les situations ci-dessous rattachent chacune un cas à un séif nommé ; quand la situation est d'aujourd'hui, la ligne le dit : application du site, et non parole de la source.

SituationAnalyse rapide
Une citerne commune à deux cours qui n'ont pas fait l'érouv ensembleSéif א : « אין ממלאים ממנו בשבת אלא אם כן עשו מחיצה עשרה למעלה מן המים » (שו״ע או״ח שע״ו:א), un téfa'h de la cloison descendant dans l'eau — ou, si elle est tout entière dans l'eau, un téfa'h la dépassant ; ou une poutre large de quatre tefa'him sur l'ouverture. Selon la Michna Beroura, la cloison est faite à cette fin, à l'intérieur du rebord de la citerne (ס״ק ג), et la poutre posée dès le départ pour permettre l'eau (ס״ק ח) ; le Biour Halakha laisse en question, pour la pratique, si la poutre doit être à l'intérieur du rebord (section 6). Consulte ton Rav.
Puiser avec un seau de la cour, sans réparationGlose du Rama au séif א : avec des ustensiles de la cour, « לא בעינן שום תיקון דהא חצירות רשות אחת הן » (רמ״א או״ח שע״ו:א) ; mais la Michna Beroura ajoute qu'il est alors interdit de faire entrer l'eau dans la maison, si l'on n'a fait aucune réparation, puisque les deux cours n'ont pas fait l'érouv ensemble (ס״ק י). Consulte ton Rav.
Un puits au milieu d'un sentier, entre les murs de deux cours, où l'on puise par les fenêtresSéif ב : tous deux y puisent, sans saillies, « שאין אדם אוסר על חבירו דרך אויר » (שו״ע או״ח שע״ו:ב) ; selon la glose du Rama, seulement quand les cours ne s'ouvrent sur le sentier que par des fenêtres ; et certains disent que, si le puits n'est pas éloigné de quatre tefa'him des murs, ils interdisent même alors — la Michna Beroura écrit que les A'haronim ont tranché comme cet avis (ס״ק ט״ו). Consulte ton Rav.
Des ruines entre deux coursSéif ג : chacun se sert de la ruine voisine, en lançant par les fenêtres, et celle du milieu est permise aux deux ; disposées comme les trois têtes d'un kankan, la troisième, proche des deux cours, est interdite aux deux. Quand les ruines ont d'autres propriétaires, le Biour Halakha rapporte un désaccord des Richonim et cite ceux qui permettent, l'Admour HaZaken compris (section 6). Consulte ton Rav.
Des toilettes entre deux maisons qui n'ont pas fait l'érouv ensembleSéif ד : « רשות שניהם שולטת בו ואסורים » (שו״ע או״ח שע״ו:ד) ; selon la Michna Beroura, quand le siège est propre à chacun et que seule la fosse est commune ; si le siège aussi appartient aux deux, c'est permis (ס״ק כ״ג) ; et, si l'on a oublié de faire l'érouv, a posteriori il est permis d'y aller, car la dignité des créatures est grande (ס״ק כ״ד ; section 6). Consulte ton Rav.
Pour les cas pratiques précis : les séifim font dépendre l'interdit, notamment, d'une cloison ou d'une poutre dans la citerne, des ustensiles avec lesquels on puise, des portes et des fenêtres qui s'ouvrent sur le lieu, et de la distance qui le sépare des murs ou des maisons ; la Michna Beroura et le Biour Halakha y ajoutent des conditions, séif par séif (section 6). Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav.

8. Synthèse pratique du Siman

Les enseignements du Siman שע״ו :
  1. La citerne entre deux cours qui ne peuvent pas faire l'érouv, ou ne l'ont pas fait : on n'y puise pas pendant Chabbat sans une cloison de dix [tefa'him] au-dessus de l'eau dont un téfa'h descend dans l'eau — ou, tout entière dans l'eau, dont un téfa'h dépasse —, ou sans une poutre large de quatre tefa'him sur l'ouverture (séif א) ; selon la Michna Beroura, une cloison faite à cette fin, à l'intérieur du rebord (ס״ק ג), une poutre posée pour permettre l'eau (ס״ק ח).
  2. La glose du Rama : cela seulement quand on puise avec des ustensiles de la maison ; avec ceux de la cour, aucune réparation n'est nécessaire (séif א) — mais, selon la Michna Beroura, on ne fait pas entrer l'eau dans la maison sans réparation (ס״ק י).
  3. Le puits au milieu du sentier, même à quatre tefa'him de chaque mur : les deux y puisent, sans saillies (séif ב) ; glose du Rama : seulement si les cours ne s'ouvrent sur le sentier que par des fenêtres ; et certains disent que, s'il n'est pas éloigné de quatre tefa'him, ils interdisent même alors — la Michna Beroura écrit que les A'haronim ont tranché comme cet avis (ס״ק ט״ו).
  4. Les trois ruines : chacun se sert de la sienne en lançant par les fenêtres, et celle du milieu est permise aux deux ; disposées comme les trois têtes d'un kankan, la troisième, proche des deux cours, est interdite aux deux (séif ג).
  5. Les toilettes entre deux maisons sans érouv : le domaine des deux s'y exerce, ils sont interdits (séif ד) — selon la Michna Beroura, quand seule la fosse est commune (ס״ק כ״ג) ; pour celui qui a oublié de faire l'érouv, voir la section 6.
  6. Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav.

9. Questions de compréhension

Vérifie ta compréhension :
  1. Pourquoi ne puise-t-on pas, sans cloison, dans une citerne entre deux cours qui n'ont pas fait l'érouv (Michna Beroura, ס״ק ב) ?
  2. Pourquoi une cloison qui n'atteint pas le fond de la citerne suffit-elle (ס״ק ד), et pourquoi le mur de la cour qui passe au-dessus de la citerne ne suffit-il pas (ס״ק ג) ?
  3. Pourquoi une poutre large de quatre tefa'him suffit-elle (séif א ; ס״ק ט), et quelle question le Biour Halakha laisse-t-il ouverte à son sujet ?
  4. Selon la glose du Rama au séif א, quand n'a-t-on besoin d'aucune réparation, et que précise la Michna Beroura (ס״ק י) ?
  5. Au séif ב, que veut dire la règle selon laquelle on n'interdit pas à son prochain par la voie de l'air, et dans quels cas la glose du Rama ne permet-elle pas de puiser ?
  6. Au séif ג, pourquoi la ruine du milieu est-elle permise aux deux (ס״ק כ׳), et la troisième, dans la disposition du kankan, interdite aux deux (ס״ק כ״ב) ?
  7. Au séif ד, dans quel cas les toilettes entre deux maisons sont-elles interdites selon la Michna Beroura (ס״ק כ״ג), et que dit-elle de celui qui a oublié de faire l'érouv (ס״ק כ״ד) ?

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
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