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DAAT · NIVEAU 2 — LAMDAN

Choulhan Aroukh · Orah Haïm

Hilkhot Érouvin — étude approfondie
סימן שע״ה
מה הם הדברים השרוים בחצר שאינם אוסרים
עיון, פלפול, שיטות הראשונים והאחרונים
⚡ Pour les lamdanim et les talmidei hakhamim ⚡
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Pilpoul approfondi

Sources talmudiques, hakira de fond,
chitot des Richonim et des Aharonim sur la galerie des chambres hautes, la cour, et ce qui se trouve entre elles

Sujet :
Choulhan Aroukh Orah Haïm siman שע״ה — 4 séifim dans le Choulhan Aroukh (Mehaber), sans glose du Rama marquée הגה ; le Choulhan Aroukh HaRav en compte 5
avec notamment la Guemara et Rachi, le Rambam et le Maggid Mishneh, le Tour, le Beit Yossef, le ט״ז, le מג״א, la Michna Beroura et le Biour Halakha

Michna Beroura : 15 ס״ק

Rédaction et étude :
Rav Yossef Haim Samama · DAAT

📑 Table des matières

  1. Le texte du Choulhan Aroukh — 4 seifim
  2. La sougya — la galerie, Rachi, et l'échelle ouverture et cloison (séif 1)
  3. La hakira de fond — l'échelle, une ouverture ou une cloison ? (séif 1)
  4. La condition — le pied permis en son lieu, et ce que veut dire interdire (séif 1, fin)
  5. Rav et Chmouel — l'un en faisant descendre, l'autre en lançant (séif 2)
  6. Le tertre de moins de dix — le Rambam, le Tour et le séif (séif 2)
  7. Les parenthèses avec renvoi au Tour — et le tertre trop bas pour la galerie (séif 2)
  8. La citerne — ce que le séif n'écrit pas (Michna Beroura, ס״ק י״א)
  9. La matseva — la dakah de quatre, et ceux qui se retirent (séif 3)
  10. Les saillies — Rav, Chmouel et le mur de dix-neuf (séif 4)
  11. Récapitulatif des chitot et conclusion halakhique

📜 Le texte du Choulhan Aroukh — 4 seifim

סעיף א. מה הם הדברים השרוים בחצר שאינם אוסרים. ובו ד סעיפים:
מרפסת שהוא דרך לעליות הפתוחים לה ועומדת בחצר ועולים לה בסולם ובני העליות יורדים ממנה לחצר ועוברים לרשות הרבים אינם אוסרים על בני החצר דסולם תורת פתח עליו והוי כשתי חצרות ופתח ביניהם שאם רצו מערבים יחד ואם רצו כל א' מערב לעצמו ובלבד שיערבו כל בני מרפסת לעצמן כדי שתהא רגל המותרת במקומה:

résumé : chapeau du siman, puis le séif. Une galerie qui est le passage vers les chambres hautes ouvertes sur elle, qui se trouve dans la cour, à laquelle on monte par une échelle, et d'où les habitants des chambres hautes descendent vers la cour et passent vers le domaine public : ils n'interdisent pas aux habitants de la cour, car l'échelle a statut d'ouverture, et c'est comme deux cours avec une ouverture entre elles — s'ils le veulent, ils font l'érouv ensemble, et s'ils le veulent, chacun pour soi ; pourvu que tous les habitants de la galerie fassent l'érouv entre eux, afin que ce soit un pied permis en son lieu.

סעיף ב. אם לא עירבו יחד ויש בחצר תל או עמוד שהוא משותף בין שניהם אם אינם גבוהים י״ט הרי אלו נחשבי' בין החצר ובין המרפסת ושניהם אסורים להוציא שם כלים שבבתים ואם הם גבוהים מקרקעית החצר י״ט (ובתוך עשרה למרפסת (טור) והם בתוך ד' טפחים למרפסת בני מרפסת מותרים לפי שתשמישו (להם) בנחת מלבני החצר ואם היו רחוקים מהמרפס' ד״ט או יותר אע״פ שגבוהים עשרה (מן החצר לתוך עשרה למרפסת) (טור) הרי אלו בכלל החצר והמרפס' לפי ששניהם אפשר להשתמש בהם על ידי זריקה לפיכך שניהם אסורים להוציא שם כלים ששבתו בבתים עד שיערבו:

résumé : s'ils n'ont pas fait l'érouv ensemble, et qu'il y a dans la cour un tertre ou une colonne commun aux deux : s'ils ne sont pas hauts de dix téfahim, ils comptent à la fois à la cour et à la galerie, et il est interdit aux uns et aux autres d'y sortir les objets des maisons. Hauts de dix téfahim au-dessus du sol de la cour (parenthèse telle qu'imprimée, avec renvoi au Tour : et à moins de dix de la galerie) et à moins de quatre téfahim de la galerie : les habitants de la galerie sont autorisés, car l'usage leur est plus aisé qu'aux habitants de la cour. Éloignés de la galerie de quatre téfahim ou plus, même hauts de dix (parenthèse telle qu'imprimée, avec renvoi au Tour : depuis la cour, à moins de dix de la galerie) : ils relèvent de la cour et de la galerie, car les uns et les autres peuvent s'en servir en lançant ; c'est pourquoi il est interdit aux uns et aux autres d'y sortir des objets qui ont reposé dans les maisons, jusqu'à ce qu'ils fassent l'érouv. [Des sources de ce séif sont étudiées aux sections 4 à 6 ; pour la synthèse cas par cas, voir le tableau de la section 5 du niveau 3.]

סעיף ג. היתה מצבה ארבע' טפחים לפני המרפס' אין המרפסת אוסר' על בני החצר שהרי נחלקה מהם:

résumé : s'il y a une matseva de quatre téfahim devant la galerie, la galerie n'interdit pas aux habitants de la cour, car elle s'est séparée d'eux [le séif ne dit pas si les quatre téfahim sont la hauteur ou la largeur — section 8].

סעיף ד. זיזים היוצאים מהכתלים כל שהוא למטה מעשרה טפחים הרי זה נחשב מהחצר ובני החצר משתמשין בו וכל שהוא בתוך י״ט העליונים הסמוכים לעלייה אנשי עלייה משתמשין בו והנשאר בין י' התחתונים עד התחלת י' העליונים מן הזיזין היוצאים שניהם אסורים בו ואין משתמשין בהם בכלים ששבתו בבתים אלא אם כן עירבו:

résumé : les saillies (zizim) qui sortent des murs : ce qui est au-dessous de dix téfahim compte à la cour, et les habitants de la cour s'en servent ; ce qui est dans les dix téfahim supérieurs, proches de la chambre haute, les gens de la chambre haute s'en servent ; ce qui reste entre les dix inférieurs et le début des dix supérieurs est interdit aux uns et aux autres, et l'on ne s'en sert pas avec des objets qui ont reposé dans les maisons, à moins qu'ils n'aient fait l'érouv.

1. La sougya — la galerie, Rachi, et l'échelle ouverture et cloison (séif 1)

La michna, et Rachi

Le Beit Yossef rattache le séif à la michna du chapitre Keitsad mishtatfin (Érouvin 83b) : « אַנְשֵׁי חָצֵר וְאַנְשֵׁי מִרְפֶּסֶת שֶׁשָּׁכְחוּ וְלֹא עֵירְבוּ, כׇּל שֶׁגָּבוֹהַּ עֲשָׂרָה טְפָחִים — לְמִרְפֶּסֶת. פָּחוֹת מִכָּאן — לֶחָצֵר. חוּלְיַית הַבּוֹר וְהַסֶּלַע, גְּבוֹהִים עֲשָׂרָה טְפָחִים — לַמִּרְפֶּסֶת, פָּחוֹת מִכָּאן — לֶחָצֵר. בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — בִּסְמוּכָה, אֲבָל בְּמוּפְלֶגֶת — אֲפִילּוּ גָּבוֹהַּ עֲשָׂרָה טְפָחִים — לֶחָצֵר. וְאֵיזוֹ הִיא סְמוּכָה — כׇּל שֶׁאֵינָהּ רְחוֹקָה אַרְבָּעָה טְפָחִים » (עירובין פ״ג ע״ב) — les gens de la cour et les gens de la galerie qui ont oublié et n'ont pas fait l'érouv : tout ce qui est haut de dix téfahim est à la galerie ; moins que cela, à la cour. La margelle de la citerne et le rocher, hauts de dix téfahim, à la galerie ; moins que cela, à la cour. En quel cas cela est-il dit ? Quand [la chose] est proche ; mais quand elle est écartée, même haute de dix téfahim, à la cour. Et laquelle est proche ? Toute celle qui n'est pas éloignée de quatre téfahim. La michna limite donc au cas proche ce qu'elle donne à la galerie ; ce que veut dire à la cour, voir la section 4 ; le tertre écarté de quatre, les sections 5 et 6. La michna ne décrit pas la galerie, ni qui n'a pas fait l'érouv avec qui. Rachi le précise : « ולא עירבו אלו עם אלו אבל עירבו אלו לעצמן ואלו לעצמן » (רש״י עירובין פ״ג ע״ב) — ils n'ont pas fait l'érouv les uns avec les autres, mais ceux-ci ont fait l'érouv pour eux-mêmes, et ceux-là pour eux-mêmes ; et il décrit la galerie : « מרפסת ארוכה היא והרבה פתחי עליות פתוחין לה וכולן יוצאין בסולם א׳ לחצר וממנה לרה״ר » (רש״י עירובין פ״ג ע״ב) — la galerie est longue, beaucoup d'ouvertures de chambres hautes donnent sur elle, et tous sortent par une seule échelle vers la cour, et de là vers le domaine public.

Puis il dit pourquoi ils n'interdisent pas aux gens de la cour : « ואעפ״כ אין אוסרין הואיל וגבוה מרפסת י׳ שלא הלכו בסולם אלא להקל ואמרינן תורת מחיצה עליו ואינן אוסרין » (רש״י עירובין פ״ג ע״ב) — et pourtant ils n'interdisent pas, puisque la galerie est haute de dix : on n'a suivi l'échelle que pour alléger, et l'on dit qu'elle a statut de cloison, et ils n'interdisent pas. Il renvoie au chapitre Keitsad me'abrin : « סולם תורת פתח עליו ותורת מחיצה עליו והכל להקל ומ״מ שני רשויות הן ואין מוציאין מזו לזו » (רש״י עירובין פ״ג ע״ב) — l'échelle a statut d'ouverture et statut de cloison, et le tout pour alléger ; toutefois, ce sont deux domaines, et l'on ne sort pas de l'un à l'autre.

La parole de Rav

Au chapitre Keitsad me'abrin, Rav Ami bar Ada de Harpania interroge Rabba : « בָּעֵי מִינֵּיהּ רַב אַמֵּי בַּר אַדָּא הַרְפַּנָּאָה מֵרַבָּה: סוּלָּם מִכָּאן וּפֶתַח מִכָּאן, מַהוּ? אֲמַר לֵיהּ, הָכִי אָמַר רַב: סוּלָּם תּוֹרַת פֶּתַח עָלָיו » (עירובין נ״ט ע״ב) — une échelle d'un côté, et une ouverture de l'autre ? Ainsi a dit Rav : l'échelle a statut d'ouverture. Le cas est celui d'une ville ; Rachi y explique l'échelle : « שעולין ויורדין בו חוץ לחומתה » (רש״י עירובין נ״ט ע״ב) — par laquelle on monte et descend hors de sa muraille. Rav Na'hman réplique : « אֲמַר לְהוּ רַב נַחְמָן: לָא תְּצִיתוּ לֵיהּ, הָכִי אָמַר רַב אַדָּא אָמַר רַב: סוּלָּם תּוֹרַת פֶּתַח עָלָיו, וְתוֹרַת מְחִיצָה עָלָיו » (עירובין נ״ט ע״ב) — ne l'écoutez pas : ainsi a dit Rav Ada au nom de Rav : l'échelle a statut d'ouverture, et statut de cloison ; « תּוֹרַת מְחִיצָה עָלָיו, כְּדַאֲמַרַן. תּוֹרַת פֶּתַח עָלָיו, בְּסוּלָּם שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת, רָצוּ — אֶחָד מְעָרֵב, רָצוּ — שְׁנַיִם מְעָרְבִין » (עירובין נ״ט ע״ב) — statut de cloison, comme nous l'avons dit ; statut d'ouverture, pour l'échelle qui est entre deux cours : s'ils le veulent, un seul érouv ; s'ils le veulent, ils font deux érouvin. Rachi explique le statut de cloison : « כלומר אינו מבטל את הסתימה להיות כפתח » (רש״י עירובין נ״ט ע״ב) — elle n'annule pas la fermeture pour en faire une ouverture.

Le séif reprend presque mot pour mot le Tour, qui écrit lui aussi : « דסולם תורת פתח עליו והוי כשתי חצירות ופתח ביניהן » (טור או״ח שע״ה) . Le séif nomme ainsi l'une des deux faces de la parole de Rav, le statut d'ouverture ; Rachi explique la michna par l'autre, le statut de cloison. Sont-ce deux façons de dire la même règle ? C'est la question de la section 2.

2. La hakira de fond — l'échelle, une ouverture ou une cloison ? (séif 1)

חקירה — les gens de la galerie passent par la cour pour aller au domaine public. Pourquoi n'interdisent-ils pas aux gens de la cour ? Parce que l'échelle est une ouverture, qui fait de la galerie et de la cour deux cours reliées par une ouverture, dont chacune peut faire l'érouv pour elle-même ; ou parce que la galerie, haute de dix, est un domaine séparé par sa hauteur, et que l'échelle n'efface pas cette cloison ? La question est posée par cette page ; les textes qui suivent sont quelques-uns de ceux qu'on peut ranger de chaque côté.

La galerie qui n'est pas haute de dix. La guemara oppose aussitôt à Rav Na'hman une parole qu'il rapporte au nom de Chmouel : « וּמִי אָמַר רַב נַחְמָן הָכִי? וְהָאָמַר רַב נַחְמָן אָמַר שְׁמוּאֵל: אַנְשֵׁי חָצֵר וְאַנְשֵׁי מִרְפֶּסֶת שֶׁשָּׁכְחוּ » (עירובין נ״ט ע״ב) « וְלֹא עֵירְבוּ, אִם יֵשׁ לִפְנֵיהֶם דַּקָּה אַרְבָּעָה — אֵינָהּ אוֹסֶרֶת, וְאִם לָאו — אוֹסֶרֶת » (עירובין ס׳ ע״א) — les gens de la cour et les gens de la galerie qui ont oublié et n'ont pas fait l'érouv : s'il y a devant elle une dakah de quatre, elle n'interdit pas ; sinon, elle interdit. Rachi : « אלמא תורת פתח עליו ואפילו לחומרא » (רש״י עירובין ס׳ ע״א) — l'échelle aurait donc statut d'ouverture même pour aggraver. Réponse : « הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן, בִּדְלֹא גְּבוֹהָ מִרְפֶּסֶת עֲשָׂרָה » (עירובין ס׳ ע״א) ; Rachi : « בדלא גבוה י׳ - דליכא למימר תורת מחיצה עליה » (רש״י עירובין ס׳ ע״א) — là, on ne peut pas dire qu'elle a statut de cloison. Le séif ne nomme pas la hauteur de la galerie ; la Michna Beroura écrit, au nom des A'haronim : « ומיירי כשהמרפסת גבוה י״ט מן החצר דאי לא היה גבוה י״ט הוי ליה עם החצר כחצר אחת » (משנה ברורה שע״ה ס״ק א) — si elle n'est pas haute de dix, elle forme avec la cour une seule cour. Le Choulhan Aroukh HaRav écrit qu'une galerie ordinaire est haute de dix, et ne dit pas, à ce séif, ce qu'il en est d'une galerie plus basse (niveau 4, point א). La suite de la guemara, sur la dakah, est à la section 8.

3. La condition — le pied permis en son lieu, et ce que veut dire interdire (séif 1, fin)

Le séif conclut : « ובלבד שיערבו כל בני מרפסת לעצמן כדי שתהא רגל המותרת במקומה » (שו״ע או״ח שע״ה:א) . Rachi lit déjà la michna ainsi (section 1) : ceux de la galerie ont fait l'érouv pour eux-mêmes. Le Beit Yossef : « אבל אם לא עירבו בני מרפסת לעצמן ודאי אסרי אבני חצר דרגל האסורה במקומה אוסרת שלא במקומה » (בית יוסף או״ח שע״ה) — s'ils ne l'ont pas fait, ils interdisent sûrement aux gens de la cour, car un pied interdit en son lieu interdit hors de son lieu. La Michna Beroura en donne la raison : « דמרפסת כיון שאין לו דרך אחר לר״ה כ״א ע״י חצר הו״ל כחצר זה לפנים מזה שאין לו דרך אחר כ״א ע״י חצר החיצונה » (משנה ברורה שע״ה ס״ק ג) — la galerie n'a pas d'autre chemin vers le domaine public que par la cour ; c'est comme une cour à l'intérieur d'une autre, qui n'a pas d'autre chemin que par la cour extérieure. Elle renvoie au siman שע״ח.

Deux cours, l'une à l'intérieur de l'autre — le Rambam écrit cette loi juste après celles de la galerie : « עֵרְבָה הַחִיצוֹנָה וְלֹא עֵרְבָה הַפְּנִימִית שְׁתֵּיהֶן אֲסוּרוֹת. הַפְּנִימִית מִפְּנֵי שֶׁלֹּא עֵרְבָה וְהַחִיצוֹנָה מִפְּנֵי אֵלּוּ שֶׁלֹּא עֵרְבוּ שֶׁעוֹבְרִין עֲלֵיהֶן » (רמב״ם הלכות עירובין פ״ד הי״ט) — si l'extérieure a fait l'érouv et non l'intérieure, les deux sont interdites : l'intérieure, parce qu'elle n'a pas fait l'érouv ; l'extérieure, à cause de ceux qui n'ont pas fait l'érouv et passent chez elle ; « עֵרְבוּ זוֹ לְעַצְמָהּ וְזוֹ לְעַצְמָהּ זוֹ מֻתֶּרֶת בִּפְנֵי עַצְמָהּ וְזוֹ מֻתֶּרֶת בִּפְנֵי עַצְמָהּ אֲבָל אֵין מְטַלְטְלִין מִזּוֹ לָזוֹ » (רמב״ם הלכות עירובין פ״ד הי״ט) — si chacune a fait l'érouv pour elle-même, chacune est permise pour elle-même, mais on ne transporte pas de l'une à l'autre.

יסוד — ce que veut dire interdire. Le Beit Yossef, d'après le Rambam et le Maggid Mishneh : « והאי אוסרים ואינם אוסרים דקתני פי׳ הרמב״ם וה״ה בפ״ד דלענין כלים ששבתו בבית היא » (בית יוסף או״ח שע״ה) — les mots interdisent et n'interdisent pas de la michna visent les objets qui ont reposé dans la maison ; « כלומר דאילו לכלים ששבתו בחצר אפילו לא עירבו כלל מותר לטלטל מן החצר למרפסת והרי הם בכלל גגות וחצירות שהן רשות אחת » (בית יוסף או״ח שע״ה) — pour les objets qui ont reposé dans la cour, même sans aucun érouv, on peut transporter de la cour à la galerie, car elles sont comprises dans les toits et les cours, qui forment un seul domaine (voir le siman שע״ב, séif 1). Le Rambam écrit le cas où chacun a fait l'érouv pour soi : « אַנְשֵׁי הַמִּרְפֶּסֶת אוֹ אַנְשֵׁי הָעֲלִיָּה מְטַלְטְלִין כֵּלִים שֶׁשָּׁבְתוּ בְּבָתֵּיהֶן בְּכָל הַמִּרְפֶּסֶת » (רמב״ם הלכות עירובין פ״ד הט״ו) — les gens de la galerie, ou les gens de la chambre haute, transportent les objets qui ont reposé dans leurs maisons dans toute la galerie. La Michna Beroura précise ce qui reste interdit : « ר״ל ומותר לטלטל אפילו כלי הבית לחצר וכן כלי עליה למרפסת אבל כלי הבית למרפסת או כלי עליה לחצר אסור כיון שלא עירבו יחד » (משנה ברורה שע״ה ס״ק ב) . C'est la fin de la phrase de Rachi citée à la section 1 : deux domaines, et l'on ne sort pas de l'un à l'autre.

4. Rav et Chmouel — l'un en faisant descendre, l'autre en lançant (séif 2)

La guemara range les lieux qui sont entre deux domaines selon la façon dont chacun s'en sert : de plain-pied, par une ouverture ; vers le haut, en lançant ; vers le bas, en faisant descendre. Elle tient pour évidents les cas où l'usage est le même pour les deux (la fenêtre, le mur, le fossé entre deux cours), et ceux où l'un s'en sert par une ouverture (Rabba bar Rav Houna et Rav Chizvi, au nom de Rav Na'hman). Reste le dernier cas : « לָזֶה בְּשִׁלְשׁוּל וְלָזֶה בִּזְרִיקָה, מַאי? אָמַר רַב: שְׁנֵיהֶן אֲסוּרִין. וּשְׁמוּאֵל אָמַר: נוֹתְנִין אוֹתוֹ לָזֶה שֶׁבְּשִׁלְשׁוּל » (עירובין פ״ג ע״ב) — l'un en faisant descendre, l'autre en lançant : Rav dit que les deux sont interdits ; Chmouel dit qu'on le donne à celui qui fait descendre, « שֶׁלָּזֶה תַּשְׁמִישׁוֹ בְּנַחַת, וְלָזֶה תַּשְׁמִישׁוֹ בְּקָשֶׁה, וְכׇל דָּבָר שֶׁתַּשְׁמִישׁוֹ לָזֶה בְּנַחַת וְלָזֶה בְּקָשֶׁה — נוֹתְנִים אוֹתוֹ לָזֶה שֶׁתַּשְׁמִישׁוֹ בְּנַחַת » (עירובין פ״ג ע״ב) . Rachi en donne l'exemple : « כגון חצר זו גבוהה מזה התל י׳ וזו נמוכה ממנו י׳ » (רש״י עירובין פ״ג ע״ב) — une cour plus haute que le tertre de dix, et l'autre plus basse que lui de dix.

La michna contre Rav. La guemara suppose d'abord que les gens de la galerie sont les gens des chambres hautes : « בְּנֵי עֲלִיָּיה. וּמַאי קָרוּ לַהּ מִרְפֶּסֶת? דְּקָסָלְקִי בְּמִרְפֶּסֶת, אַלְמָא: כָּל לָזֶה בְּשִׁלְשׁוּל וְלָזֶה בִּזְרִיקָה — נוֹתְנִין אוֹתוֹ לָזֶה שֶׁבְּשִׁלְשׁוּל » (עירובין פ״ד ע״א) — on les appellerait ainsi parce qu'ils montent par la galerie ; la michna donnerait alors le tertre de dix à celui qui fait descendre, comme Chmouel. Réponse : « כִּדְאָמַר רַב הוּנָא: לְאוֹתָן הַדָּרִים בַּמִּרְפֶּסֶת. הָכִי נָמֵי: לְאוֹתָן הַדָּרִין בַּמִּרְפֶּסֶת » (עירובין פ״ד ע״א) — comme l'a dit Rav Houna : ceux qui habitent sur la galerie. Rachi : « כגון שיש בה דיורין דלדידהו הוי האי תל שבחצר שוה להן בתוך עשרה או נמוך או גבוה מהם פחות מי׳ » (רש״י עירובין פ״ד ע״א) — pour eux, le tertre de la cour est comme de plain-pied, à moins de dix au-dessus ou au-dessous d'eux. Et la fin de la michna : « אִי הָכִי, אֵימָא סֵיפָא: פָּחוֹת מִכָּאן — לֶחָצֵר. אַמַּאי? לָזֶה בְּפֶתַח וְלָזֶה בְּפֶתַח הוּא! מַאי ״לֶחָצֵר״? אַף לֶחָצֵר. וּשְׁנֵיהֶן אֲסוּרִין » (עירובין פ״ד ע״א) — à la cour veut dire aussi à la cour, et les deux sont interdits. La guemara le prouve par la phrase suivante de la michna : « הָכִי נָמֵי מִסְתַּבְּרָא, מִדְּקָתָנֵי סֵיפָא: בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים בִּסְמוּכָה. אֲבָל בְּמוּפְלֶגֶת, אֲפִילּוּ גָּבוֹהַּ עֲשָׂרָה טְפָחִים — לֶחָצֵר. מַאי ״לֶחָצֵר״? אִילֵּימָא: לֶחָצֵר וּשְׁרֵי, אַמַּאי? רְשׁוּתָא דְּתַרְוַיְיהוּ הוּא! אֶלָּא מַאי ״לֶחָצֵר״ — אַף לֶחָצֵר, וּשְׁנֵיהֶן אֲסוּרִין. הָכִי נָמֵי: מַאי ״לֶחָצֵר״ — אַף לֶחָצֵר, וּשְׁנֵיהֶן אֲסוּרִין. שְׁמַע מִינַּהּ » (עירובין פ״ד ע״א) — le tertre écarté, même haut de dix, n'est pas à la cour et permis, puisqu'il est le domaine des deux : il est aussi à la cour, et les deux sont interdits ; de même pour le tertre de moins de dix. Rachi : « אלא - על כרחך אף לחצר ואסורין לרב נמי דמתרץ לה בדיורי מרפסת מאי לחצר דקתני אפחות מכאן אף לחצר קאמר ואסורין » (רש״י עירובין פ״ד ע״א) — nécessairement, aussi à la cour, et interdit ; et de même, selon Rav, qui l'explique des gens qui habitent la galerie, à la cour, que la michna dit du tertre de moins de dix, veut dire aussi à la cour, et interdit.

La halakha : le Beit Yossef, « וידוע דהלכה כרב באיסורי וכן פסק הרא״ש שם והרמב״ם בפ״ד מה״ע » (בית יוסף או״ח שע״ה) — on sait que la halakha est comme Rav dans les interdits ; ainsi ont tranché le Roch, là, et le Rambam, au chapitre 4 des lois de l'érouv ; le Taz, « ורב סבירא ליה דלא מיקרי נחת אלא במשתמש דרך פתח אבל כאן לא אכפת לן בנחת קצת ושלשול וזריקה שוין הם ואסור והכי קי״ל » (ט״ז או״ח שע״ה ס״ק ב) — Rav tient que n'est aisé que l'usage par une ouverture ; ici, un peu d'aisance ne compte pas : descente et jet sont égaux, et c'est interdit ; et c'est ainsi que l'on tient. Le cas où le séif donne le tertre aux gens de la galerie — son deuxième cas, étudié à la section 6, après le premier (section 5) — est celui où le tertre est pour eux de plain-pied et, pour la cour, à atteindre en lançant : le cas de la guemara où l'un s'en sert par une ouverture et l'autre en lançant.

La formule du Tour. Le Tour termine le siman par : « אבל כל שתשמישו בנחת יותר מלחבירו נותנין אותו למי שהוא בנחת בין אם הוא עליון או תחתון » (טור או״ח שע״ה) . Le Beit Yossef : « אין לשון זה נוח לי דהא אליבא דשמואל הוא דאמרינן נותנין אותו לזה שתשמישו בנחת אבל לרב שניהם אסורים עד שיהא לזה בנחת לגמרי דומיא דפתח ולזה בקשה » (בית יוסף או״ח שע״ה) — cette formule est celle de Chmouel ; selon Rav, les deux sont interdits tant que l'usage n'est pas tout à fait aisé pour l'un, comme une ouverture, et malaisé pour l'autre. Le Taz répond : « ונ״ל דכיון דכבר כ׳ הטור דין שלשול וזריקה דאסור ממילא לפרש הך מלתא על ענין שלזה יש ריעותא ולזה אין ריעותא » (ט״ז או״ח שע״ה ס״ק ב) — le Tour ayant déjà écrit que la descente contre le jet est interdite, sa formule s'entend du cas où l'un a un défaut et l'autre n'en a pas. En tête du même ס״ק, le Taz pose la règle générale qu'il tire de ce séif, et y range l'écart parmi les usages malaisés : « הכלל מסעי׳ זה דכל שלזה תשמישו בנחת ולזה בקשה לא מקרי רק רשות לאותו שתשמישו בנחת ואין השני יכול למחות בידו כלל אבל אם שניהם שוים הן בנחת כגון ששניהם משתמשים ע״י פתח הן בקשה שייך לשניהם ואוסרין זה על זה אלא דיש פלוגתא בגמ׳ איזה מקרי בנחת ואיזה בקשה דהיינו כל שצריך לתשמישו זריקה דהיינו שהמקום ההוא גבוה ממנו י״ט וצריך לזרוק שם מקרי קשה וכן בשלשול דהיינו שהמקום נמוך ממנו י״ט וצריך לשלשל שם ואם הוא פחות מי״ט הן בזריקה והן בשלשול לא מקרי קשה ועוד קרוי קשה אפי׳ אם הוא פחות מי׳ טפחים כגון אם הוא מופלג בריחוק המשך ממנו ד״ט אלא דאם לא׳ בזריקה ולא׳ בשלשול ס״ל לשמואל דאע״פ דתרווייהו קשים הם מ״מ שלשול אינו קשה כל כך כמו זריקה ע״כ הוא שייך לבעל השלשול דהוא בעל נחת ורב סבירא ליה דלא מיקרי נחת אלא במשתמש דרך פתח אבל כאן לא אכפת לן בנחת קצת ושלשול וזריקה שוין הם ואסור והכי קי״ל » (ט״ז או״ח שע״ה ס״ק ב) — ce dont l'usage est aisé pour l'un et malaisé pour l'autre n'est le domaine que de celui pour qui il est aisé, et l'autre ne peut s'y opposer ; mais s'ils sont égaux, l'usage étant aisé pour les deux (par exemple, tous deux s'en servent par une ouverture) ou malaisé pour les deux, il appartient aux deux, et ils s'interdisent l'un à l'autre. La guemara est partagée sur ce qui s'appelle aisé ou malaisé : ce dont on ne se sert qu'en lançant, le lieu étant plus haut de dix téfahim, s'appelle malaisé, et de même ce dont on ne se sert qu'en faisant descendre, le lieu étant plus bas de dix ; à moins de dix, ni le jet ni la descente ne s'appellent malaisés. Est encore appelé malaisé, même à moins de dix téfahim, le lieu écarté, en distance, de quatre téfahim. Quand l'un lance et l'autre fait descendre, Chmouel tient que la descente, bien que malaisée, l'est moins que le jet, et le lieu revient à celui qui fait descendre ; Rav tient que n'est aisé que l'usage par une ouverture, que descente et jet sont égaux, et que c'est interdit ; et c'est ainsi que l'on tient (plus haut). Il écrit plus loin que tout cela est la shita du Tour, et que le Rambam ne la tient pas : « כל זה שיטת הטור אבל הרמב״ם לא ס״ל כך » (ט״ז או״ח שע״ה ס״ק ב) (section 6).

5. Le tertre de moins de dix — le Rambam, le Tour et le séif (séif 2)

Le début du séif reprend les mots du Rambam : « אִם אֵינָן גְּבוֹהִין עֲשָׂרָה טְפָחִים הֲרֵי אֵלּוּ נֶחְשָׁבִין בֵּין הֶחָצֵר וּבֵין הַמִּרְפֶּסֶת וּשְׁנֵיהֶן אֲסוּרִין לְהוֹצִיא שָׁם כֵּלִים שֶׁבַּבָּתִּים » (רמב״ם הלכות עירובין פ״ד הט״ז) ; le séif : « אם אינם גבוהים י״ט הרי אלו נחשבי׳ בין החצר ובין המרפסת ושניהם אסורים להוציא שם כלים שבבתים » (שו״ע או״ח שע״ה:ב) — s'ils ne sont pas hauts de dix téfahim, ils comptent à la fois à la cour et à la galerie, et il est interdit aux uns et aux autres d'y sortir les objets des maisons. Le Tour écrit : « ואם אינו גבוה י׳ לבני החצר וממנו למרפסת ארבעה או אם הוא תוך י׳ לשניהן ורחוק מן המרפסת ד׳ טפחים בני החצר מותרין בו שהוא נוח להם יותר » (טור או״ח שע״ה) — s'il n'est pas haut de dix pour les gens de la cour et qu'il y a de lui à la galerie quatre, ou s'il est à moins de dix pour les deux et écarté de la galerie de quatre téfahim, les gens de la cour y sont permis, car il leur est plus aisé. Il poursuit, pour le tertre pareil pour les deux : « ואם הוא לשניהן שוה תוך י׳ או יותר מי׳ והוא בתוך ד׳ למרפסת … שניהם אסורין » (טור או״ח שע״ה) — s'il est pareil pour les deux, à moins de dix ou à plus de dix, et à moins de quatre de la galerie, […] les deux sont interdits.

Écarté de quatre de la galerie. Le Beit Yossef lit le Rambam : « ומרישא דלישניה שכתב אם אינם גבוהין י׳ טפחים הרי אלו נחשבין בין החצר והמרפסת ושניהם אסורין ולא חילק בין אם מופלגים ארבעה לאם אינם מופלגין משמע נמי דאע״פ שהן מופלגין מן המרפסת ד׳ ואינם גבוהין י׳ טפחים רשות מרפסת שולטת בהם ג״כ » (בית יוסף או״ח שע״ה) — il n'a pas distingué entre écarté de quatre et non écarté ; même écarté de quatre et moins haut que dix, le domaine de la galerie s'y étend aussi. Et il conclut : « ולא משכחת לה צד היתר אלא בגבוהים י׳ ואינם מופלגים ד׳ דהשתא הוי לבני מרפסת בנחת ולבני חצר בזריקה ונותנין אותה לזה שבנחת » (בית יוסף או״ח שע״ה) — il n'y a de cas permis que haut de dix et non écarté de quatre, l'usage étant alors aisé pour la galerie et par jet pour la cour. Il ajoute que le sens simple de la michna le prouve : « ופשטא דמתני׳ כוותיה מוכחא דקתני בד״א בסמוכה אבל במופלגת אפילו גבוה י׳ טפחים לחצר ומשמע דה״ק בד״א דגבוה י׳ טפחים למרפסת בסמוכה אבל במופלגת בין גבוה י׳ טפחים בין פחות מי׳ לחצר כלומר אף לחצר כדמוקי בגמרא הרי בהדיא לא משכחת לה צד היתרא אלא בשני תנאים גבוהים י׳ טפחים וסמוכים דאז בני מרפסת מותרין הא פחות מגובה י׳ אפילו הם סמוכים או מופלגים אע״ג שגבוהים י׳ הוי אף לחצר ושניהם אסורים » (בית יוסף או״ח שע״ה) — la michna dit : quand il est proche ; mais écarté, même haut de dix, à la cour — c'est-à-dire : haut de dix, à la galerie quand il est proche ; écarté, qu'il soit haut de dix ou moins, à la cour, c'est-à-dire aussi à la cour, comme l'établit la guemara (section 4) ; il n'y a donc, explicitement, de cas permis qu'à deux conditions, haut de dix et proche, où les gens de la galerie sont permis ; à moins de dix de haut, même proche ; ou écarté, bien que haut de dix : il est aussi à la cour, et les deux sont interdits. Dans ces passages, le Beit Yossef ne nomme pas la hauteur du tertre au-dessous de la galerie. Sur l'avis du Tour, il écrit : « ולדעת רבינו צריך לדחוק ולומר שהוא סובר דכי אקשינן מאי לחצר אילימא לחצר ושרי אמאי רשותא דתרווייהו הוא לא קשיא לן הכי אלא בגבוהין י׳ דהוי תשמישן לחצר נמי בקושי אבל היכא דאינם גבוהים י׳ ניחא דליהוי לחצר ושרי דהא כיון דאינם גבוהים י׳ הוי תשמישן לחצר בנחת וא״כ כי אוקימנא אף לחצר לא הוי אלא בגבוהים י׳ אבל באינם גבוהים י׳ הוי לחצר דוקא ושרי ולפ״ז מתני׳ דקתני אבל במופלגת אפילו גבוה י׳ טפחים לחצר דלישנא דאפילו משמע בין גבוה מי׳ בין פחות מי׳ לצדדין קתני דבגבוה מי׳ הוי אף לחצר ושניהם אסורים ובפחות מי׳ הוי דוקא לחצר ושרי » (בית יוסף או״ח שע״ה) — selon le Tour, il faut forcer le texte et dire que la question de la guemara (si à la cour veut dire à la cour, et permis, pourquoi, puisque c'est le domaine des deux ?) ne porte que sur le tertre haut de dix, dont l'usage est malaisé aussi pour la cour ; moins haut que dix, l'usage en est aisé pour la cour, et il est à la cour seulement, et permis ; et la michna, dont le même englobe le tertre haut de dix et celui de moins de dix, parle de deux cas à la fois : haut de dix, aussi à la cour, et les deux sont interdits ; moins de dix, à la cour seulement, et permis. Le Taz, sur les mots du Rambam, qui sont ceux du séif : « מבואר דברישא באין גבוהין י׳ אסור לשניהם אפילו במופלג ד׳ ממרפסת מדלא זכר ברישא מחילוק מופלג או סמוך וכ״כ ב״י וכ״מ » (ט״ז או״ח שע״ה ס״ק ב) — il est clair que, dans la première clause, le tertre qui n'est pas haut de dix est interdit aux deux, même écarté de quatre de la galerie, puisqu'elle ne fait pas de distinction entre écarté et proche ; ainsi l'écrivent le Beit Yossef et le Kessef Mishneh.

Le Magen Avraham écrit sur les premiers mots du séif, et rapporte le Beit Yossef sous cette glose : « וגם למרפסת אין גבוהים י׳ דהוי לשניהם בנחת וכתב הב״י דאף ע״פ שרחוק ד׳ מן המרפסת שניהם אסורים דבני המרפסת יכולים להשתמש עליו בזריקה » (מגן אברהם שע״ה ס״ק א) — et, pour la galerie aussi, ils ne sont pas [plus bas qu'elle de] dix, de sorte que l'usage en est aisé pour les deux ; et le Beit Yossef a écrit que, même écarté de quatre de la galerie, les deux sont interdits, les gens de la galerie pouvant s'en servir par jet. Sa glose borne la première phrase du séif au tertre à moins de dix au-dessous de la galerie, et c'est sous elle qu'il rapporte l'interdit du Beit Yossef pour le tertre écarté ; puis : « אבל בטור ובפוסקים משמע דכל פחות מי׳ לאו כלום הוא ונותנין אותו לבני החצר אם הוא רחוק ד׳ מן המרפסת או נמוך ממנו י׳ דאין אדם אוסר על חבירו דרך אויר » (מגן אברהם שע״ה ס״ק א) — selon le Tour et les décisionnaires, à moins de dix ce n'est rien, et on le donne aux gens de la cour s'il est écarté de quatre de la galerie, ou plus bas qu'elle de dix, car on n'interdit pas à son prochain par l'air ; et il ajoute : « ואפשר שגם דעת הרמב״ם כן אלא שדרכו לסתום » (מגן אברהם שע״ה ס״ק א) — peut-être est-ce aussi l'avis du Rambam, mais il a coutume d'écrire sans préciser.

La Michna Beroura écrit, sur ces mots du séif : « ודוקא כשהיה התל והעמוד סמוך להמרפסת בתוך ד״ט דאם היו רחוקים ממנו ד״ט א״כ תשמיש המרפסת עליו בקשה והחצר בנחת ונותנים אותו לבני החצר » (משנה ברורה שע״ה ס״ק ז) — et seulement quand le tertre ou la colonne est proche de la galerie, à moins de quatre téfahim ; s'ils en sont éloignés de quatre téfahim, l'usage de la galerie y est malaisé et celui de la cour aisé, et on le donne aux habitants de la cour ; et, pour la hauteur par rapport à la galerie : « וגם מן המרפסת שלמעלה מהם אין נמוך ממנה עשרה טפחים דאז נוח לשניהם להשתמש שם ולכן אוסרים זה על זה דאם היה נמוך מן המרפסת עשרה טפחים אז היו נותנים אותו לבני החצר » (משנה ברורה שע״ה ס״ק ו) — et, par rapport à la galerie qui est au-dessus d'eux, il n'est pas non plus de dix téfahim plus bas qu'elle, car alors l'usage en est aisé pour les deux, et c'est pourquoi ils s'interdisent l'un à l'autre ; s'il était plus bas que la galerie de dix téfahim, on le donnerait aux habitants de la cour. Le Choulhan Aroukh HaRav écrit (séif 2 de sa numérotation) : « וְאִם הוּא תּוֹךְ עֲשָׂרָה לִשְׁנֵיהֶם, אוֹ יוֹתֵר מֵעֲשָׂרָה לִשְׁנֵיהֶם — אִם הוּא מֻפְלָג מִכְּנֶגֶד הַמִּרְפֶּסֶת ד׳, נוֹתְנִים אוֹתוֹ לֶחָצֵר, שֶׁתַּשְׁמִישׁוֹ לָהּ בְּנַחַת יוֹתֵר מִלַּמִּרְפֶּסֶת. וְאִם אֵינוֹ מֻפְלָג ד׳, שְׁנֵיהֶם אֲסוּרִים » (שו״ע הרב שע״ה:ב) — s'il est à moins de dix pour les deux, ou à plus de dix pour les deux : s'il est écarté de quatre de devant la galerie, on le donne à la cour, car son usage est plus aisé pour elle que pour la galerie ; et s'il n'est pas écarté de quatre, les deux sont interdits ; et : « וְאִם הוּא תּוֹךְ עֲשָׂרָה לֶחָצֵר, וְיוֹתֵר מֵעֲשָׂרָה לַמִּרְפֶּסֶת — נוֹתְנִים אוֹתוֹ לֶחָצֵר בְּכָל עִנְיָן » (שו״ע הרב שע״ה:ב) — s'il est à moins de dix pour la cour et à plus de dix pour la galerie, on le donne à la cour en tout cas (niveau 4, point ב).

La leçon du Tour. Dans le premier cas du Tour, il y a quatre du tertre à la galerie. Le Beit Yossef l'explique : « ומ״ש ואם אינו גבוה י׳ לבני החצר וממנו למרפסת ד׳ כלומר והוא רחוק ממרפסת י׳ » (בית יוסף או״ח שע״ה) — c'est-à-dire : et il est éloigné de la galerie de dix ; il n'est alors pas donné à la galerie pour deux raisons, éloigné d'elle de dix et écarté d'elle de quatre, et il poursuit que, même avec une raison, l'écart de quatre, il n'est pas donné à la galerie. Le Taz : « ובטור כתוב ואם אינו גבוה י׳ לבני החצר וממנו למרפסת ד׳ צ״ל יו״ד במקום דל״ת וכן הגיה מו״ח ז״ל והוא פשוט וא״צ למה שנדחק ב״י לפרשו » (ט״ז או״ח שע״ה ס״ק ב) — il faut lire yod (dix) au lieu de dalet (quatre) ; son beau-père (מו״ח) corrigeait ainsi, c'est simple, et il n'y a pas besoin de l'explication forcée du Beit Yossef.

Pour la synthèse cas par cas, voir le tableau de la section 5 du niveau 3. Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav.

6. Les parenthèses avec renvoi au Tour, et le tertre trop bas pour la galerie (séif 2)

Pour donner à la galerie le tertre haut de dix, le Tour pose une condition : « אם הוא גבוה מקרקעית החצר י׳ טפחים ואין מראשו למרפסת י׳ טפחים והוא בתוך ד״ט למרפסת בני מרפסת מותרין בו לפי שתשמישו להם בנחת מלבני החצר » (טור או״ח שע״ה) — et il n'y a pas dix de son sommet à la galerie. Le Beit Yossef la tire de la réponse de Rav Houna (section 4) : « ומ״ש ואין מראשו למרפסת י״ט הוא מדאוקימנא מאי מרפסת לאותם הדרין במרפסת » (בית יוסף או״ח שע״ה) — ce qu'il écrit, et il n'y a pas dix téfahim de son sommet à la galerie, vient de ce que l'on a établi que la galerie, ce sont ceux qui habitent sur la galerie. Le Rambam ne l'écrit pas : « וְאִם גְּבוֹהִין עֲשָׂרָה וְהָיָה בֵּינֵיהֶן וּבֵין הַמִּרְפֶּסֶת פָּחוֹת מֵאַרְבָּעָה טְפָחִים הֲרֵי אֵלּוּ נֶחְשָׁבִין עִם הַמִּרְפֶּסֶת שֶׁהֲרֵי הֵן שָׁוִין לָהּ וּבְנֵי מִרְפֶּסֶת מֻתָּרִין בָּהֶם » (רמב״ם הלכות עירובין פ״ד הט״ז) — s'ils sont hauts de dix et qu'il y a entre eux et la galerie moins de quatre téfahim, ils comptent avec la galerie, car ils lui sont égaux, et les habitants de la galerie y sont permis. Dans le séif, elle est imprimée en petits caractères, entre parenthèses, avec un renvoi au Tour : « ואם הם גבוהים מקרקעית החצר י״ט (ובתוך עשרה למרפסת (טור » (שו״ע או״ח שע״ה:ב) . Le mot (להם), lui aussi entre parenthèses dans le séif, est dans la phrase du Tour citée ici.

Le Taz attribue la première parenthèse au Rama : « ולא זכר הרמב״ם כלל מענין נמוך התל ממרפסת י׳ או יותר ורמ״א הכניס לתוך דברי הרמב״ם מן שיטת הטור דהיינו ובתוך י׳ למרפסת בבבא דגבוהים י׳ » (ט״ז או״ח שע״ה ס״ק ב) — le Rambam ne parle pas du tertre plus bas que la galerie de dix ; le Rama a introduit dans ses mots la position du Tour. Il objecte : « וא״כ גם ברישא באין גבוהים י׳ ה״ל להגיה גם נמוכים ממרפסת פחות מי׳ דאז דוקא שוה לשניהם אבל בנמוך י׳ ממרפסת בני החצר מותרים כדעת הטור ולהרמב״ם אינו כן » (ט״ז או״ח שע״ה ס״ק ב) — s'il en est ainsi, il aurait dû ajouter aussi au début, pour le tertre de moins de dix, qu'il n'est pas dix plus bas que la galerie, car alors seulement il est égal pour les deux ; selon le Tour, le tertre plus bas que la galerie de dix est permis aux gens de la cour, et selon le Rambam, non. La Michna Beroura explique la parenthèse : « דאם היה מרוחק עשרה גם ממרפסת היה לשניהם בקשה ויד שניהן שוין בו לאסור זה על זה » (משנה ברורה שע״ה ס״ק ח) — car s'il était éloigné de dix aussi de la galerie, l'usage en serait malaisé pour les deux, et ils y auraient un droit égal pour s'interdire l'un à l'autre. Le Taz nomme le Rama pour la première parenthèse ; plus haut dans le même ס״ק, il distingue dans ce séif la langue du Choulhan Aroukh de ce qu'il appelle, au pluriel, les gloses du Rama : « ומבואר מלשונו דהיינו לשון הש״ע שבסעיף זה זולת הגהות רמ״א » (ט״ז או״ח שע״ה ס״ק ב) ; il ne désigne pas la seconde parenthèse à part.

Ce que le Taz écrit là pour le Rambam est sa lecture. Le Rambam lui-même, et le Mehaber au séif ד, donnent à la cour la saillie qui est à moins de dix au-dessus de la cour, la chambre haute étant à plus de vingt téfahim du sol : « זיזים היוצאים מהכתלים כל שהוא למטה מעשרה טפחים הרי זה נחשב מהחצר ובני החצר משתמשין בו » (שו״ע או״ח שע״ה:ד) ; « מיירי בשהיו יותר מעשרים טפחים מן העליה לקרקע החצר » (משנה ברורה שע״ה ס״ק ט״ו) — et le Taz ne dit pas comment il concilie sa lecture avec ce séif (section 9). En tête du même ס״ק (section 4), le Taz compte la descente de dix comme un usage malaisé : « וכן בשלשול דהיינו שהמקום נמוך ממנו י״ט וצריך לשלשל שם » (ט״ז או״ח שע״ה ס״ק ב) — et de même la descente : le lieu est plus bas de dix téfahim que celui qui s'en sert, et il faut y faire descendre. Pour le Rambam, il écrit que, lorsque l'un et l'autre ont un défaut, ils s'interdisent l'un à l'autre, et que la galerie n'est permise que lorsqu'elle a l'avantage et la cour le défaut, haut de dix et à moins de quatre, sans y nommer la hauteur au-dessous de la galerie (ci-dessous) ; il n'écrit pas, selon le Rambam, le tertre haut de dix, plus bas de dix que la galerie et proche d'elle.

La seconde parenthèse précise le cas du tertre écarté : « ואם היו רחוקים מהמרפס׳ ד״ט או יותר אע״פ שגבוהים עשרה (מן החצר לתוך עשרה למרפסת) (טור » (שו״ע או״ח שע״ה:ב) — haut de dix depuis la cour, et à moins de dix de la galerie. Le Tour, auquel elle renvoie, écrit ce tertre interdit aux deux : « או שהוא גבוה י׳ לבני החצר ורחוק ד׳ מן המרפסת … שניהם אסורין » (טור או״ח שע״ה) — ou s'il est haut de dix pour les gens de la cour et écarté de quatre de la galerie, […] les deux sont interdits ; il n'y fixe pas la hauteur au-dessous de la galerie, et la parenthèse, qui renvoie à lui, ajoute : à moins de dix de la galerie. Le Taz : « היינו שלכל א׳ יש לבעל החצר ריעות׳ מכח זריקה ולבעל מרפסת מכח הפלגה ד״ט ולגביה אין ריעותא מכח שלשול כיון שהוא תוך י׳ שלו וע״כ אסור ששניהם שולטים בו » (ט״ז או״ח שע״ה ס״ק ב) — chacun a son défaut : la cour doit lancer, la galerie est écartée de quatre ; pour elle, il n'y a pas le défaut de devoir faire descendre, puisqu'il est à moins de dix d'elle ; c'est pourquoi il est interdit, puisque l'un et l'autre y ont prise. La Michna Beroura : « אפ״ה כיון שמופלגין ממנה ד״ט וכשרוצים בני מרפסת להשתמש שם הוא רק ע״י זריקה מקרי תשמישו ג״כ בקשה זה מחמת גובהו וזה מחמת רחקו » (משנה ברורה שע״ה ס״ק י) — même ainsi, puisqu'ils sont écartés d'elle de quatre téfahim, et que, lorsque les habitants de la galerie veulent s'en servir, ce n'est que par jet, leur usage aussi s'appelle malaisé : pour les uns à cause de sa hauteur, pour les autres à cause de son éloignement.

Haut de dix pour la cour, plus bas de dix que la galerie, et écarté d'elle. Le Taz : « ואם היו תרתי לריעות׳ לבעל המרפסת דהיינו למעלה מי׳ ומופלג נ״ל שמותר בעל החצר בהתל ואין בעל המרפסת יוכל לאסור עליו מפני שאין אדם אוסר דרך אויר » (ט״ז או״ח שע״ה ס״ק ב) — quand la galerie a les deux défauts, il lui paraît que la cour est permise, car on n'interdit pas par l'air. Plus loin dans le même ס״ק, il écrit que tout cela est la shita du Tour, et que le Rambam, dont le séif reprend les mots, ne la tient pas : « כל זה שיטת הטור אבל הרמב״ם לא ס״ל כך » (ט״ז או״ח שע״ה ס״ק ב) ; « וכן אם לשניהם ריעותא ג״כ אוסרים זה על זה אלא שאם יש למרפסת מעלה ולחצר ריעותא אז יש היתר למרפסת היינו בגובה י׳ ואינם רחוקים ד׳ טפחים » (ט״ז או״ח שע״ה ס״ק ב) — selon le Rambam, quand l'un et l'autre ont un défaut, les deux s'interdisent ; la galerie n'est permise que lorsqu'elle a l'avantage et la cour le défaut, haut de dix et à moins de quatre. La Michna Beroura rapporte deux avis : « יש אומרים דכיון שלבעל המרפסת יש שתי ריעותות שנמוכים מעשרה וגם מופלגים ד״ט א״כ תשמיש של אנשי החצר נוח יותר שם ונותנין אותו להם » (משנה ברורה שע״ה ס״ק י״א) — certains disent : puisque l'habitant de la galerie a deux défauts, qu'ils sont plus bas de dix et aussi écartés de quatre téfahim, l'usage des gens de la cour y est plus aisé, et on le leur donne ; « ויש אומרים דכיון שלהחצר נמי גבוה י״ט מקרי לשניהם תשמישו בקשה ואוסרין זה ע״ז » (משנה ברורה שע״ה ס״ק י״א) — d'autres disent : puisque pour la cour aussi il est haut de dix téfahim, l'usage en est dit malaisé pour les deux, et ils s'interdisent l'un à l'autre. Le Beit Yossef recopie l'explication de Rachi sur la guemara, selon laquelle ce tertre est interdit aux deux, même selon Chmouel — la galerie doit à la fois lancer au loin et faire descendre : « דלשניהם תשמישו בקשה לחצר בזריקת גובה ולעלייה בזריקה את משך ההפלגה ובשלשול את הנמוכות ונהי דלשמואל שלשול לגבי זריקת גובה נוח היא הכא דאיכא שלשול וזריקת משך שוים הם לזריקת גובה ואמאי לחצר » (בית יוסף או״ח שע״ה) — pour les deux, l'usage en est malaisé : pour la cour, par un jet en hauteur ; pour la chambre haute, par un jet sur la longueur de l'écart, et en faisant descendre vers ce qui est plus bas ; et bien que, selon Chmouel, la descente soit aisée au regard du jet en hauteur, ici, où il y a descente et jet en longueur, ils équivalent au jet en hauteur : pourquoi donc à la cour ? Pour la synthèse cas par cas, voir le tableau de la section 5 du niveau 3.

La largeur — le Biour Halakha, sur le tertre ou la colonne du séif 2 : « מיירי שהוא רחב דע״ד דאל״ה הוי מקום פטור ובטל להכא ולהכא » (ביאור הלכה שע״ה) — le séif parle d'un tertre qui a la largeur [de quatre sur quatre] ; sinon c'est un makom petour, annulé à l'un et à l'autre ; il renvoie au siman שע״ב et au Ritva. Rachi le dit des saillies (section 9).

7. La citerne — ce que le séif n'écrit pas (Michna Beroura, ס״ק י״א)

La michna nomme, avec le rocher, la margelle de la citerne. La guemara : « תְּנַן: חוּלְיַית הַבּוֹר וְהַסֶּלַע שֶׁהֵן גְּבוֹהִין עֲשָׂרָה — לַמִּרְפֶּסֶת, פָּחוֹת מִכָּאן — לֶחָצֵר. אָמַר רַב הוּנָא: לְאוֹתָן הַדָּרִים בַּמִּרְפֶּסֶת. תִּינַח סֶלַע. בּוֹר מַאי אִיכָּא לְמֵימַר » (עירובין פ״ד ע״א) — pour le rocher, cela va ; mais pour la citerne, que dire ? Rachi : « שממלאים הימנו תשמישתו בשלשול הוא אפילו לבני מרפסת שהרי מקרקעיתו דולין » (רש״י עירובין פ״ד ע״א) — on y puise, et pour les gens de la galerie aussi l'usage est en faisant descendre, puisqu'on puise au fond ; la michna donnerait donc la citerne à ceux qui font descendre, comme Chmouel. Rav Its'hak fils de Rav Yehouda répond, et la guemara le repousse : « אָמַר רַב יִצְחָק בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוּדָה: הָכָא בְּבוֹר מְלֵאָה מַיִם עָסְקִינַן. וְהָא חָסְרָא! כֵּיוָן דְּכִי מַלְיָא שַׁרְיָא — כִּי חָסְרָא נָמֵי שַׁרְיָא. אַדְּרַבָּה, כֵּיוָן דְּכִי חָסְרָא אֲסִירָא — כִּי מַלְיָא נָמֵי אֲסִירָא » (עירובין פ״ד ע״א) . Abayé : « אֶלָּא אָמַר אַבָּיֵי: הָכָא בְּבוֹר מְלֵיאָה פֵּירוֹת עָסְקִינַן. וְהָא חָסְרִי. בְּטִיבְלָא » (עירובין פ״ד ע״א) — une citerne pleine de fruits tevel, qu'on ne prend pas à Chabbat, et qui ne diminue donc pas, comme le rocher. Pourquoi nommer les deux ? « צְרִיכָא, דְּאִי אַשְׁמְעִינַן סֶלַע — דְּלֵיכָּא לְמִיגְזַר, אֲבָל בּוֹר — לִיגְזוֹר זִמְנִין דְּמַלְיָא פֵּירוֹת מְתוּקָּנִין, צְרִיכָא » (עירובין פ״ד ע״א) — il fallait les deux : si l'on avait enseigné le rocher, où il n'y a pas lieu de décréter, [on aurait dit] mais la citerne, décrétons, car elle est parfois pleine de fruits préparés. Rachi sur les fruits préparés : « דשקלי מנייהו וחסרי ואתו לידי שילשול » (רש״י עירובין פ״ד ע״א) — on en prend, ils diminuent, et l'on en vient à faire descendre.

Le Rambam l'écrit : « בּוֹר שֶׁבֶּחָצֵר אִם הָיָה מָלֵא פֵּרוֹת טְבָלִים שֶׁאָסוּר לְטַלְטְלָן בְּשַׁבָּת וְכַיּוֹצֵא בָּהֶן הֲרֵי הוּא וְחֻלְיָתוֹ כְּסֶלַע אוֹ תֵּל שֶׁבֶּחָצֵר » (רמב״ם הלכות עירובין פ״ד הי״ח) ; et pour la citerne pleine d'eau : « אֲבָל אִם הָיָה מָלֵא מַיִם אֵין בְּנֵי חָצֵר וְלֹא בְּנֵי מִרְפֶּסֶת מַכְנִיסִין מִמֶּנּוּ לַבָּתִּים עַד שֶׁיְּעָרְבוּ » (רמב״ם הלכות עירובין פ״ד הי״ח) . Le Beit Yossef dit pourquoi le Tour n'écrit pas la citerne pleine de produits tevel, que le Rambam écrit : « ורבינו לא חשש לכותבו משום דכיון שהוא מלא דבר שאינו ניטל בשבת ה״ל בכלל תל או עמוד שכתב » (בית יוסף או״ח שע״ה) — pleine d'une chose qu'on ne prend pas à Chabbat, elle est comprise dans le tertre ou la colonne qu'il a écrits. Le séif du Mehaber ne l'écrit pas non plus.

יסוד — la Michna Beroura écrit le cas de la citerne d'eau, commune aux deux, à la fin du ס״ק י״א : « בור שבחצר. [של בני המרפסת ובני החצר בשותפות] ומקיפתו חוליא גבוה י׳ טפחים וסמוכה למרפסת בתוך ד״ט אוסרין זה על זה כשלא עירבו יחד » (משנה ברורה שע״ה ס״ק י״א) ; « ואפילו אם הבור מלא מים עד גובה החוליא שסמוכה למרפסת אסור משום גזירה שמא יחסרו המים בשבת וישתמשו בו כבתחלה אבל אם היה הבור מלא בדבר שאין ניטל בשבת הרי הוא כעמוד או תל גבוה י׳ מחצר ותוך עשרה למרפסת שנותנין אותו לבני מרפסת [כשאינו מופלג מכנגדה ד״ט וכנ״ל] להשתמש על גבה » (משנה ברורה שע״ה ס״ק י״א) — même si la citerne est pleine d'eau jusqu'à la hauteur de la margelle proche de la galerie, c'est interdit, par décision préventive, de crainte que l'eau ne baisse pendant Chabbat et qu'on s'en serve comme au début ; mais si elle est pleine d'une chose qu'on ne prend pas à Chabbat, elle est comme une colonne ou un tertre haut de dix depuis la cour et à moins de dix de la galerie, qu'on donne aux gens de la galerie [s'il n'est pas écarté de quatre téfahim de devant elle, comme plus haut] pour s'en servir dessus. Le Choulhan Aroukh HaRav en fait un séif, le séif 3 de sa numérotation, en des termes proches : « וַאֲפִלּוּ אִם הַבּוֹר מָלֵא מַיִם עַד גֹּבַהּ הַחֻלְיָא סָמוּךְ לַמִּרְפֶּסֶת — אָסוּר, מִשּׁוּם גְּזֵרָה שֶׁמָּא יַחְסְרוּ הַמַּיִם בְּשַׁבָּת וְיִשְׁתַּמְּשׁוּ בּוֹ כְּבַתְּחִלָּה. אֲבָל אִם הָיָה הַבּוֹר מָלֵא בְּדָבָר שֶׁאֵינוֹ נִטָּל בְּשַׁבָּת — הֲרֵי הוּא כְּעַמּוּד אוֹ תֵּל גָּבוֹהַּ עֲשָׂרָה מֵחָצֵר וְתוֹךְ עֲשָׂרָה לַמִּרְפֶּסֶת, שֶׁנּוֹתְנִים אוֹתוֹ לַמִּרְפֶּסֶת אִם אֵינוֹ מֻפְלָג מִכְּנֶגְדָּהּ ד׳ » (שו״ע הרב שע״ה:ג) . Dans la guemara, la citerne d'eau est interdite même pleine, parce qu'elle l'est quand elle diminue (la réplique de la guemara à Rav Its'hak, ci-dessus).

8. La matseva — la dakah de quatre, et ceux qui se retirent (séif 3)

Le séif reprend le Rambam : « הָיְתָה מַצֵּבָה רְחָבָה אַרְבָּעָה טְפָחִים לִפְנֵי הַמִּרְפֶּסֶת אֵין הַמִּרְפֶּסֶת אוֹסֶרֶת עַל בְּנֵי הֶחָצֵר שֶׁהֲרֵי נֶחְלְקָה מֵהֶן » (רמב״ם הלכות עירובין פ״ד הט״ז) ; le séif : « היתה מצבה ארבע׳ טפחים לפני המרפס׳ אין המרפסת אוסר׳ על בני החצר שהרי נחלקה מהם » (שו״ע או״ח שע״ה:ג) — sans le mot large. Le Maggid Mishneh, rapporté par le Beit Yossef, donne pour source la parole de Rav Na'hman au nom de Chmouel sur la dakah (section 2), et écrit : « ויש שם על מימרא זו אוקימתות ורבינו כתבה כפשטה ומדבריו נראה שהוא מפרש שהמצבה הזאת מתרת הרשויות שנאמר עליהם למעלה שהם אסורים » (בית יוסף או״ח שע״ה) — la guemara propose sur cette parole plusieurs explications, le Rambam l'a écrite selon son sens simple, et il semble comprendre que la matseva permet les domaines dont il a dit plus haut qu'ils sont interdits.

La guemara. Après la réponse citée à la section 2, elle demande : « וְאִי לֹא גְּבוֹהָ מִרְפֶּסֶת עֲשָׂרָה, כִּי קָא עָבֵיד דַּקָּה, מַאי הָוֵי? בִּמְגוּפֶּפֶת עַד עֶשֶׂר אַמּוֹת, דְּכֵיוָן דְּעָבֵיד דַּקָּה — אִיסְתַּלּוֹקֵי אִיסְתַּלּוּק לֵיהּ מֵהָכָא » (עירובין ס׳ ע״א) — si la galerie n'est pas haute de dix, qu'importe qu'on fasse une dakah ? Dans une galerie entourée [d'une cloison] jusqu'à dix amot : dès qu'on fait une dakah, on se retire d'ici. Rachi sur la place de la dakah : « לפני המרפסת לרגלי הכבש בתחלת עלייתה » (רש״י עירובין ס׳ ע״א) ; sur ce qu'elle est : « פתח קטן גובה ארבעה אין אוסרין בני מרפסת על בני החצר דהא איסתלק להו » (רש״י עירובין ס׳ ע״א) — une petite ouverture, haute de quatre : les gens de la galerie n'interdisent pas aux gens de la cour, car ils se sont retirés ; et sur la galerie entourée : « מוקפת מחיצה סביב אלא שנשאר לפנים י׳ אמות כדין פתח בלא היקף » (רש״י עירובין ס׳ ע״א) — entourée d'une cloison, sauf dix amot laissées devant, comme une ouverture. Plus haut (59b), Rav Idi bar Avin dit au nom de Rav Hisda, de l'habitant d'un mavoy : « אֶחָד מִבְּנֵי מָבוֹי שֶׁעָשָׂה דַּקָּה לְפִתְחוֹ — אֵינוֹ אוֹסֵר עַל בְּנֵי מָבוֹי » (עירובין נ״ט ע״ב) ; Rachi, sur la phrase qui la précède — une ville où chaque mavoy a fait une dakah —, puis sur celle-ci : « דעבוד דקה - פתח נמוך בראש כל מבוי דגלו אדעתייהו לאסתלוקי כל חד מחבריה: לפתחו - לפתח חצירו: אינו אוסר על המבוי - אם לא נשתתף עמהן דגלי אדעתיה דאסתלק » (רש״י עירובין נ״ט ע״ב) — une ouverture basse à l'entrée de chaque mavoy, par laquelle chacun montre qu'il se retire des autres ; à sa porte, à la porte de sa cour : il n'interdit pas au mavoy s'il ne s'est pas associé avec eux, car il a montré qu'il se retire.

Une règle sans source ? Le Beit Yossef : « ולא ידעתי למה השמיט הרא״ש מימרא זו וגם הרמב״ם שהזכירה לא כתב החילוקים שנאמרו בה » (בית יוסף או״ח שע״ה) — il ne sait pas pourquoi le Roch a omis cette parole, ni pourquoi le Rambam, qui l'a écrite, n'a pas écrit les distinctions qu'on y a dites. Le Biour Halakha : « עיין בב״י שמתמיה על הרמב״ם שלפי מה שמפרש הגמרא דף ס׳ למימרא דשמואל אין מקור לדין זה ובבית מאיר מיישב קצת » (ביאור הלכה שע״ה) — selon la façon dont la guemara explique la parole de Chmouel, cette règle n'a pas de source ; le Beit Meïr justifie quelque peu [le Rambam]. Cette page ne tranche pas.

La raison, et l'étendue — le Taz : « דכיון שעשה הפסק לפני המרפסת גילה דעתיה דסליק נפשיה מהחצר » (ט״ז או״ח שע״ה ס״ק ג) — la guemara donne une raison semblable pour la dakah : on s'est retiré. La Michna Beroura : « ר״ל אפילו התל ועמוד הסמוכה לה בתוך ד״ט וגבוה י״ט שכיון שעשו הפסק לפני המרפסת גילו דעתם שסילקו עצמם מן החצר » (משנה ברורה שע״ה ס״ק י״ג) — même le tertre et la colonne proches d'elle, dans les quatre téfahim, et hauts de dix. Le Choulhan Aroukh HaRav (séif 4 de sa numérotation) écrit la même raison, et l'étend au tertre et à la colonne proches d'elle (niveau 4, point ד).

Quatre téfahim de quoi ? Le Rambam écrit large de quatre (ci-dessus) ; le séif écrit de quatre téfahim sans dire de quoi ; Rachi décrit la dakah comme haute de quatre (ci-dessus) ; la Michna Beroura : « ארבעה טפחים - בגובה שלה » (משנה ברורה שע״ה ס״ק י״ב) ; le Choulhan Aroukh HaRav : « הָיְתָה מַצֵּבָה גָּבוֹהַּ ד׳ טְפָחִים לִפְנֵי הַמִּרְפֶּסֶת » (שו״ע הרב שע״ה:ד) . Cette page ne dit pas si une matseva large de quatre et moins haute que quatre suffit ; la question est posée au Rav.

9. Les saillies — Rav, Chmouel et le mur de dix-neuf (séif 4)

Dans la discussion de Rav et de Chmouel, la guemara apporte une baraïta : « תָּא שְׁמַע: אַנְשֵׁי חָצֵר וְאַנְשֵׁי עֲלִיָּיה שֶׁשָּׁכְחוּ וְלֹא עֵירְבוּ — אַנְשֵׁי חָצֵר מִשְׁתַּמְּשִׁין בָּעֲשָׂרָה הַתַּחְתּוֹנִים, וְאַנְשֵׁי עֲלִיָּיה מִשְׁתַּמְּשִׁין בָּעֲשָׂרָה הָעֶלְיוֹנִים. כֵּיצַד? זִיז יוֹצֵא מִן הַכּוֹתֶל לְמַטָּה מֵעֲשָׂרָה — לֶחָצֵר, לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה — לָעֲלִיָּיה » (עירובין פ״ד ע״א) — les gens de la cour et les gens de la chambre haute qui ont oublié et n'ont pas fait l'érouv : les gens de la cour se servent des dix [téfahim] inférieurs, et les gens de la chambre haute des dix supérieurs ; une saillie qui sort du mur au-dessous de dix, à la cour ; au-dessus de dix, à la chambre haute. Elle en tire : « הָא דְּבֵינֵי בֵּינֵי — אָסוּר » (עירובין פ״ד ע״א) — ce qui est entre les deux est interdit ; Rachi : « אסור - לתרוייהו כרב » (רש״י עירובין פ״ד ע״א) . Rav Na'hman répond : « אָמַר רַב נַחְמָן: הָכָא בְּכוֹתֶל תִּשְׁעָה עָשָׂר עָסְקִינַן, וְזִיז יוֹצֵא מִמֶּנּוּ. לְמַטָּה מֵעֲשָׂרָה — לָזֶה בְּפֶתַח, וְלָזֶה בְּשִׁלְשׁוּל. לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה — לָזֶה בְּפֶתַח, וְלָזֶה בִּזְרִיקָה » (עירובין פ״ד ע״א) — la baraïta parle d'un mur de dix-neuf ; Rachi : « בכותל תשעה עשר עסקינן - דליכא ביני » (רש״י עירובין פ״ד ע״א) — il n'y a pas d'entre-deux. Rachi pose aussi la largeur : « ובזיז רחב ארבעה עסקינן דבציר מהכי לא הוה רשותא ומקום פטור הוא ובטיל להכא ולהכא » (רש״י עירובין פ״ד ע״א) .

Le séif suit Rav — le Beit Yossef : « ותניא תו התם זיז היוצא מן הכותל למטה מי׳ לחצר למעלה מי׳ לעלייה ודייק אליבא דרב דקי״ל כוותיה הא דביני וביני אסור » (בית יוסף או״ח שע״ה) — on infère de la baraïta, selon Rav, dont la halakha suit l'avis, que l'entre-deux est interdit ; il ajoute que le Rambam l'écrit, et que le Tour ne l'écrit pas parce qu'on l'apprend de ce qu'il a écrit. Le Rambam : « וְהַנִּשְׁאָר בֵּין עֲשָׂרָה הַתַּחְתּוֹנִים עַד תְּחִלַּת עֲשָׂרָה הָעֶלְיוֹנִים מִן הַזִּיזִין הַיּוֹצְאִין שָׁם שְׁנֵיהֶן אֲסוּרִין בּוֹ וְאֵין מִשְׁתַּמְּשִׁין בָּהֶן בַּכֵּלִים שֶׁבַּבָּתִּים אֶלָּא אִם כֵּן עֵרְבוּ » (רמב״ם הלכות עירובין פ״ד הי״ז) ; le séif : « והנשאר בין י׳ התחתונים עד התחלת י׳ העליונים מן הזיזין היוצאים שניהם אסורים בו ואין משתמשין בהם בכלים ששבתו בבתים אלא אם כן עירבו » (שו״ע או״ח שע״ה:ד) .

Les conditions du séif, selon la Michna Beroura : « גם זה הסעיף מיירי שבני החצר ובני העליה עירבו כ״א לעצמן ושהזיזים היו שייכין לבני החצר והעליה בשותפות » (משנה ברורה שע״ה ס״ק י״ד) ; « וגם מיירי שהזיזין היו רחבים ד״ט דאל״ה הוי מקום פטור ובטיל להכא ולהכא » (משנה ברורה שע״ה ס״ק י״ד) — au nom de Rachi ; et : « מיירי בשהיו יותר מעשרים טפחים מן העליה לקרקע החצר וה״ה כשהיה פחות מעשרים טפחים והזיז עומד באמצע ואין ממנו עשרה טפחים לא לזה ולא לזה » (משנה ברורה שע״ה ס״ק ט״ו) . Le Choulhan Aroukh HaRav (séif 5 de sa numérotation) écrit dans le séif que les saillies sont communes, « זִיזִין הַיּוֹצְאִין מִן הַכְּתָלִים וְהֵם מִבְּנֵי הֶחָצֵר וְהָעֲלִיּוֹת בְּשֻׁתָּפוּת » (שו״ע הרב שע״ה:ה) , et nomme l'érouv qui les permet : « אֶלָּא אִם כֵּן עֵרְבוּ יַחַד בְּנֵי הֶחָצֵר עִם בְּנֵי הָעֲלִיּוֹת » (שו״ע הרב שע״ה:ה) (niveau 4, point ה).

10. Récapitulatif des chitot et conclusion halakhique

Le fondement — le séif ב donne aux habitants de la galerie le tertre haut de dix téfahim au-dessus de la cour et à moins de quatre téfahim de la galerie (et, selon une parenthèse avec renvoi au Tour, à moins de dix au-dessous d'elle), parce que l'usage leur est plus aisé qu'aux habitants de la cour ; et il interdit aux uns et aux autres, pour les objets des maisons, le tertre éloigné de la galerie de quatre téfahim ou plus, même haut de dix (et, selon la seconde parenthèse, à moins de dix de la galerie), parce qu'ils peuvent s'en servir par jet ; des sources en sont étudiées aux sections 4 à 6 ; pour la synthèse cas par cas, voir le tableau de la section 5 du niveau 3. Dans l'ordre des séifim :

Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav ; l'usage de la communauté compte aussi.

Le Choulhan Aroukh de l'Admour HaZaken — le Choulhan Aroukh HaRav compte 5 séifim pour ce siman, quand le Choulhan Aroukh du Mehaber en compte 4 : son séif 3 est la citerne, que le séif du Mehaber n'écrit pas, et ses séifim 4 et 5 répondent aux séifim 3 et 4 du Mehaber. Au séif 1 de sa numérotation, il fonde la règle sur ce que les chambres hautes ne s'ouvrent que sur la galerie, et que la galerie ordinaire est haute de dix — raison que donne déjà Rachi (section 2) ; au séif 2, il écrit le tertre et la colonne cas par cas, selon la hauteur au-dessus de la cour, la hauteur au-dessous de la galerie et l'écart de quatre téfahim (sections 5 et 6 ; ce qu'il écrit : niveau 4, point ב ; pour la synthèse cas par cas, voir le tableau de la section 5 du niveau 3) ; au séif 3, il écrit la citerne et la décision préventive (section 7) ; au séif 4, la matseva haute de quatre, avec la raison de la guemara, que le Taz donne au séif du Mehaber (section 8) ; au séif 5, les saillies communes, et l'érouv des gens de la cour avec ceux des chambres hautes (section 9). La comparaison de son texte avec celui du Mehaber est au niveau 4.

Pour aller plus loin

Niveau 3 — Synthèse : récapitulatif structuré, repères mnémotechniques, arbres de décision et règles pratiques.
Niveau 4 — Daat HaRav : la chita de l'Admour HaZaken (Choulhan Aroukh HaRav, 5 séifim sur ce siman).

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DAAT · Rav Yossef Haim Samama

Siman שע״ה · Niveau 2 — Lamdan
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