דעת DAAT
Hilkhot Érouvin Siman שע״ו
DAAT · NIVEAU 3 — SYNTHÈSE MAGISTRALE

Siman שע״ו

סימן שע״ו · בור ובאר שבין שתי חצירות
Récapitulatif & mnémoniques pour la révision

Synthèse magistrale · Hilkhot Érouvin · 4 séifim dans le Choulhan Aroukh, 4 dans le Choulhan Aroukh HaRav
Pour mémoriser et réviser après les Niveaux 1 & 2

📑 Plan de la synthèse

  1. L'Axiome central du siman
  2. Les concepts-clés condensés
  3. Hiérarchie du siman — de la citerne aux toilettes
  4. Arbre de décision — peut-on se servir du lieu sans érouv ?
  5. Le puits du sentier — fenêtres, portes et distance (séif ב)
  6. Mnémonique — quatre lieux, dans l'ordre des séifim
  7. Pièges à éviter
  8. Cas pratiques
  9. Tableau de synthèse finale
  10. Les commandements pratiques

Les numéros de séif de cette page sont ceux du Choul'han Aroukh du Mehaber (4 séifim). Le Choulhan Aroukh HaRav, étudié au niveau 4, compte lui aussi 4 séifim, qui sur ce siman répondent un à un à ceux du Mehaber : quand il est cité, son nom est donné à côté du numéro.

1. L'Axiome central

Le Siman שע״ו en une phrase.
Deux voisins qui n'ont pas fait l'érouv ensemble peuvent-ils se servir, pendant Chabbat, d'un lieu qui touche à leurs deux domaines ? Le siman en règle les cas, chacun dans son séif : la citerne entre deux cours (séif א), le puits au milieu d'un sentier (séif ב), les trois ruines entre deux cours (séif ג), les toilettes entre deux maisons (séif ד). Pour l'eau, la Michna Beroura écrit que c'est une facilité accordée : « קל הוא שהקילו במים להתיר במחיצה כזו דבעינן רק שלא יכנס הדלי בהדיא לחלק חבירו » (משנה ברורה שע״ו ס״ק ד) ; pour le puits du sentier, le séif ב donne la raison de la permission : « שאין אדם אוסר על חבירו דרך אויר » (שו״ע או״ח שע״ו:ב), sous les réserves de la glose du Rama (section 5).

2. Les concepts-clés condensés

ConceptDéfinitionDans le séif
מחיצה עשרהLa cloison de dix [tefa'him] au-dessus de l'eau ; selon la Michna Beroura, faite à cette fin, et à l'intérieur du rebord de la citerne (ס״ק ג)Séif א : on ne puise pas sans elle, « אלא אם כן עשו מחיצה עשרה למעלה מן המים » (שו״ע או״ח שע״ו:א) ; le Choulhan Aroukh HaRav (séif 1) écrit que le mur de la cour qui passe au-dessus de la citerne ne compte pas comme cloison
טפחLe téfa'h de la cloison qui descend dans l'eau — ou qui dépasse au-dessus de l'eau, si la cloison est tout entière dans l'eau ; selon la Michna Beroura, pour que la séparation se reconnaisse dans l'eau (ס״ק ד), et, sur le mot ניכרת, elle écrit « ובזה הטפח לבד סגי שלא ילך הדלי לרשות חבירו » (משנה ברורה שע״ו ס״ק ז) — de quel téfa'h elle parle, le niveau 4 ne le tranche pas (point א)Séif א
קורה רחבה ד״טUne poutre large de quatre tefa'him sur l'ouverture de la citerne ; selon la Michna Beroura, posée dès le départ pour permettre l'eau (ס״ק ח) ; on la voit comme si elle se prolongeait jusqu'à l'eau, et l'on ne craint pas de puiser du côté de l'autre, car les Sages ont estimé qu'un seau ne se déplace pas de plus de quatre tefa'him (ס״ק ט)Séif א : l'un puise du côté de la poutre, l'autre de l'autre côté ; le Biour Halakha laisse en question, pour la pratique, si elle doit être à l'intérieur du rebord (niveau 1, section 6)
כלים של חצרLes ustensiles de la cour ; le Choulhan Aroukh HaRav (séif 1) parle du seau qui a passé Chabbat dans la courGlose du Rama au séif א : avec eux, aucune réparation n'est nécessaire ; mais, selon la Michna Beroura, on ne fait pas entrer l'eau dans la maison sans réparation (ס״ק י)
זיזיםLes saillies que chacun ferait sortir de son mur vers le puits, comme signeSéif ב : on n'en a pas besoin ; la Michna Beroura y lit le rejet de l'avis de la guemara qui les exige (ס״ק י״ג)
דרך אוירL'usage par la voie de l'air : on n'interdit pas à son prochain de cette façonSéif ב ; selon la glose du Rama, seulement quand les cours ne s'ouvrent sur le sentier que par des fenêtres ; avec des portes, écrit la Michna Beroura, le sentier est comme une cour sans érouv (ס״ק י״ד)
מופלג ד׳Éloigné de quatre tefa'him des murs des coursGlose du Rama au séif ב : certains disent qu'à moins de quatre tefa'him, ils interdisent, même par les seules fenêtres ; la Michna Beroura écrit que les A'haronim ont tranché comme cet avis (ס״ק ט״ו)
זריקה / שלשולLancer de loin, ou descendre [un objet] près de sa fenêtreSéif ג : chacun se sert de la ruine voisine, par les fenêtres, en lançant ; la troisième, proche des deux cours, leur est interdite — selon la Michna Beroura, parce que les deux s'en servent commodément en y descendant [des objets] (ס״ק כ״ב) ; le Choulhan Aroukh HaRav écrit « עַל יְדֵי שִׁלְשׁוּל וּזְרִיקָה » (שו״ע הרב שע״ו:ג)
רשות שניהם שולטתLe domaine des deux s'exerce sur le lieuSéif ד : les toilettes entre deux maisons sans érouv sont interdites — selon la Michna Beroura, quand seule la fosse est commune (ס״ק כ״ג) ; le Magen Avraham compare le cas aux objets qui ont passé Chabbat dans la maison (ס״ק ט), et le Choulhan Aroukh HaRav (séif 4) l'écrit aussi

3. Hiérarchie du siman — de la citerne aux toilettes

Séif א — la citerne entre deux cours qui ne peuvent pas faire l'érouv, ou ne l'ont pas fait : on n'y puise pas pendant Chabbat sans une cloison de dix [tefa'him] au-dessus de l'eau dont un téfa'h descend dans l'eau — ou, si elle est tout entière dans l'eau, dont un téfa'h dépasse au-dessus de l'eau —, ou sans une poutre large de quatre tefa'him sur l'ouverture de la citerne. Glose du Rama : cela seulement quand on puise avec des ustensiles de la maison ; avec ceux de la cour, aucune réparation n'est nécessaire — mais, selon la Michna Beroura, on ne fait pas entrer l'eau dans la maison sans réparation (ס״ק י).
↓
Séif ב — le puits au milieu du sentier, entre deux murs de cours : même éloigné de quatre tefa'him de chaque mur, les deux y puisent, sans saillies, car on n'interdit pas à son prochain par la voie de l'air. Glose du Rama : seulement quand les cours ne s'ouvrent sur le sentier que par des fenêtres ; et certains disent que, s'il n'est pas éloigné de quatre tefa'him, ils interdisent même alors — la Michna Beroura écrit que les A'haronim ont tranché comme cet avis (ס״ק ט״ו).
↓
Séif ג — les trois ruines entre deux cours (selon la Michna Beroura, des ruines sans habitants, ouvertes l'une sur l'autre sur plus de dix amot, ס״ק ט״ז) : chacun se sert, par les fenêtres, en lançant, de celle qui est à côté de lui — mais pas de celle de l'autre pendant Chabbat (Michna Beroura, ס״ק י״ח) —, et celle du milieu est permise aux deux ; si toutes trois sont voisines des maisons, disposées comme les trois têtes d'un kankan, chacun reste permis dans la sienne, et la troisième, proche des deux cours, est interdite aux deux.
↓
Séif ד — les toilettes entre deux maisons dont les habitants n'ont pas fait l'érouv ensemble : le domaine des deux s'y exerce, et ils sont interdits — selon la Michna Beroura, quand seule la fosse est commune (ס״ק כ״ג) ; une parenthèse en petits caractères, sans le mot הגה, renvoie au siman 355.

4. Arbre de décision — peut-on se servir du lieu sans érouv ?

Q1 : Est-ce une citerne entre les deux cours ? (séif א)
↓ OUI → Il faut une cloison de dix [tefa'him] au-dessus de l'eau, dont un téfa'h descend dans l'eau (ou dépasse, si elle est tout entière dans l'eau), ou une poutre large de quatre tefa'him ; sans elles, on n'y puise pas (séif א). Puis la glose du Rama : avec des ustensiles de la cour, elle n'exige aucune réparation — mais on ne fait pas entrer l'eau dans la maison sans réparation (Michna Beroura, ס״ק י) ; le Choulhan Aroukh HaRav (séif 1) parle du seau qui a passé Chabbat dans la cour, avec lequel on puise vers les cours sans aménagement.
Q2 : Est-ce un puits au milieu d'un sentier, où l'on puise par des fenêtres ? (séif ב)
↓ OUI → Les cours ont-elles des portes sur le sentier ? Selon la glose du Rama, la permission ne vaut que si elles ne s'y ouvrent que par des fenêtres ; avec des portes, écrit la Michna Beroura, c'est interdit, même par les fenêtres, tant qu'ils n'ont pas fait l'érouv ensemble (ס״ק י״ד) ; le Magen Avraham écrit que, selon l'avis du séif, c'est permis même quand les cours sont ouvertes sur le sentier (ס״ק ד). Le puits est-il éloigné de quatre tefa'him des murs ? Le séif permet même à cette distance ; l'avis que la glose rapporte ensuite interdit à moins de quatre, et la Michna Beroura écrit que les A'haronim ont tranché ainsi (ס״ק ט״ו). Le Choulhan Aroukh HaRav (séif 2) pose ses propres conditions : voir la section 5.
Q3 : Des ruines entre les deux cours — selon la Michna Beroura, sans habitants, ouvertes l'une sur l'autre (ס״ק ט״ז) ? (séif ג)
↓ OUI → Celle qui est à côté de soi : on s'en sert par les fenêtres, en lançant ; celle du milieu : permise aux deux ; dans la disposition du kankan, la troisième, proche des deux cours : interdite aux deux.
Q4 : Des toilettes entre deux maisons ? (séif ד)
↓ OUI → Sans érouv, ils sont interdits — selon la Michna Beroura, quand seule la fosse est commune ; si la place du siège aussi appartient aux deux, c'est permis (ס״ק כ״ג). Le Choulhan Aroukh HaRav (séif 4) écrit l'interdit lekhat'hila pour des toilettes qui appartiennent aux deux en association, sans faire cette distinction (piège 7) : consulte ton Rav. Pour celui qui a oublié de faire l'érouv, voir le piège 7.
→ Au moindre doute : consulte ton Rav.

5. Le puits du sentier — fenêtres, portes et distance (séif ב)

Le séif ב et sa glose posent plusieurs conditions, et le Choulhan Aroukh HaRav en pose encore d'autres. résumé : le tableau les met côte à côte, dans l'ordre du texte ; le texte complet et sa traduction sont aux niveaux 1 et 4.

TexteCe qu'il écrit
Le séif ב (Mehaber)Même éloigné de quatre tefa'him de chaque mur, les deux y puisent, sans saillies, « שאין אדם אוסר על חבירו דרך אויר » (שו״ע או״ח שע״ו:ב) ; la Michna Beroura tire de ces mots que, selon cet avis, c'est permis à plus forte raison à moins de quatre tefa'him (ס״ק י״ב) ; le Magen Avraham écrit que, selon cet avis, c'est permis même quand les cours sont ouvertes sur le sentier (ס״ק ד)
La glose du Rama, première partie« ודוקא כשאין חצרות פתוחות בשביל רק בחלונות » (רמ״א או״ח שע״ו:ב) ; avec des portes, écrit la Michna Beroura, le domaine des deux s'exerce sur le sentier dans un usage complet, et c'est interdit même par les fenêtres tant qu'ils n'ont pas fait l'érouv ensemble (ס״ק י״ד)
La glose du Rama, l'avis וי״א« וי״א דאם אינן מופלגים ארבעה אוסרים אפילו בכה״ג » (רמ״א או״ח שע״ו:ב), que la glose attribue au Beit Yossef au nom de Rachi ; la Michna Beroura : « ופסקו האחרונים כדעה זו » (משנה ברורה שע״ו ס״ק ט״ו) ; le Biour Halakha parle de l'accord des décisionnaires sur cet avis (niveau 1, section 6)
Le Choulhan Aroukh HaRav, séif 2Il écrit la permission pour une citerne éloignée de quatre tefa'him de chaque cour, où l'on puise par des fenêtres, à la condition « אִם יֵשׁ מִן הַחַלּוֹנוֹת לְמַיִם י׳ טְפָחִים » (שו״ע הרב שע״ו:ב), même si [la citerne, ou le sentier] leur appartient en association ; les cours ouvertes sur le sentier y sont interdites jusqu'à ce qu'elles fassent l'érouv ; et si le sentier est une karmelit, il est interdit d'y puiser, même à quatre tefa'him, à moins qu'une margelle haute de dix n'entoure la citerne. Le cas d'une citerne plus proche, il ne l'écrit pas dans ce séif (niveau 4, point ב)
Ce que le Choulhan Aroukh HaRav écrit notamment, sur les autres séifim, et que le séif du Mehaber n'écrit pas (sa numérotation, niveau 4) — ce qui ne veut pas dire que ce soit propre au Rav : le niveau 4 nomme où on le lit déjà :
  • Séif 1 (le séif א du Mehaber) : le mur de la cour ne compte pas comme cloison, « אֲבָל כֹּתֶל הֶחָצֵר שֶׁמְּהַלֵּךְ עַל גַּבֵּי הַבּוֹר אֵינוֹ נִדּוֹן מִשּׁוּם מְחִצָּה » (שו״ע הרב שע״ו:א) — ce que le Beit Yossef lit déjà dans les mots du Tour, et que la Michna Beroura, postérieure au Rav, écrit aussi (ס״ק ג) ; il donne pour raison au téfa'h enfoncé dans l'eau d'empêcher le seau d'aller puiser dans le domaine de l'autre — le Magen Avraham écrit déjà, au ס״ק א, que le seau ne doit pas aller dans le domaine de l'autre, et le niveau 4 ne tranche pas à quel cas il le rattache (point א) — ; et l'aménagement vaut pour faire entrer l'eau dans la maison — le Magen Avraham l'écrit déjà (ס״ק ג) —, ou même pour s'en servir dans la cour avec un seau qui a passé Chabbat dans la maison — ce que la glose du Rama dit déjà : « ודוקא אם בא למלאות בכלים של בית » (רמ״א או״ח שע״ו:א) — ; avec un seau qui a passé Chabbat dans la cour : « אֲבָל אִם שָׁבַת בֶּחָצֵר — אֵין צָרִיךְ שׁוּם תִּקּוּן לַבּוֹר לְמַלֹּאת מִמֶּנּוּ לַחֲצֵרוֹת » (שו״ע הרב שע״ו:א).
  • Séif 3 (le séif ג du Mehaber) : les ruines dont il parle sont closes de cloisons et ouvertes l'une sur l'autre par une brèche, et leurs propriétaires n'y habitent pas ; à la fin du séif, il écrit, comme le Tour et le Roch (niveau 4), « וְחֻרְבּוֹת אֵלּוּ, אַף עַל פִּי שֶׁיֵּשׁ לָהֶם בְּעָלִים, מֻתָּרִים בְּנֵי חֲצֵרוֹת הַסְּמוּכוֹת לָהֶן לְהִשְׁתַּמֵּשׁ בָּהֶן וְאֵין הַבְּעָלִים אוֹסְרִים עֲלֵיהֶן » (שו״ע הרב שע״ו:ג) ; le Biour Halakha, qui rapporte sur ce point un désaccord des Richonim, écrit « וכן פסק הגר״ז » (ביאור הלכה שע״ו).
  • Séif 4 (le séif ד du Mehaber) : il ajoute les toilettes entre deux cours, et pose la condition de l'association : « אִם הוּא שֶׁל שְׁנֵיהֶם בְּשֻׁתָּפוּת וְלֹא עֵרְבוּ יַחַד — אֲסוּרִים לִפָּנוֹת לוֹ לְכַתְּחִלָּה בְּשַׁבָּת » (שו״ע הרב שע״ו:ד), « עַד שֶׁיְּעָרְבוּ יַחַד אוֹ יַעֲשׂוּ לוֹ תִּקּוּן » (שו״ע הרב שע״ו:ד). La Michna Beroura, qui écrit après lui, distingue la place du siège et la fosse (ס״ק כ״ג) ; le Rav ne fait pas cette distinction, et le niveau 4 ne tranche pas comment les deux textes s'accordent. L'interdit lekhat'hila et l'aménagement se lisent déjà dans la glose du Rama au siman 355, séif ג, où renvoie la parenthèse du séif ד ; pour ce cas, l'aménagement qu'écrivent la Michna Beroura (355 ס״ק ל״ה) et le Rav lui-même au siman 355 est une planche ou un roseau, non une cloison suspendue (niveau 4, point ד).

6. Mnémonique — quatre lieux, dans l'ordre des séifim

Chaque séif du siman traite d'un lieu entre deux domaines ; leurs initiales, dans l'ordre des séifim, donnent ב · ב · ח · ב :

ב — בור : la citerne entre deux cours — cloison de dix avec son téfa'h, ou poutre de quatre tefa'him ; avec les ustensiles de la cour, aucune réparation, selon la glose du Rama — mais on ne fait pas entrer l'eau dans la maison sans réparation (Michna Beroura, ס״ק י) (séif א).

ב — באר : le puits au milieu du sentier — par la voie de l'air, on n'interdit pas ; la glose du Rama exige que les cours ne s'y ouvrent que par des fenêtres, et rapporte l'avis qui interdit à moins de quatre tefa'him, comme lequel, écrit la Michna Beroura, les A'haronim ont tranché (ס״ק ט״ו) (séif ב).

ח — חורבות : les trois ruines (sans habitants, selon la Michna Beroura, ס״ק ט״ז) — chacun la sienne, celle du milieu aux deux ; dans la disposition du kankan, la troisième est interdite aux deux (séif ג).

ב — בית הכסא : les toilettes entre deux maisons sans érouv — interdites (séif ד) ; selon la Michna Beroura, quand seule la fosse est commune (ס״ק כ״ג).

7. Pièges à éviter

Piège 1 : Croire que le mur de la cour qui passe au-dessus de la citerne sert de cloison. La Michna Beroura : « ומחיצת הכותל שעומד ע״ג הבור אין מועיל לזה כלל דבעינן דוקא שתהא עשויה לשם כך ובתוך אוגן הבור » (משנה ברורה שע״ו ס״ק ג) ; le Choulhan Aroukh HaRav l'écrit aussi (séif 1).
Piège 2 : Croire qu'une cloison de dix au-dessus de l'eau suffit sans autre condition. Le séif א : « וצריך שיהיה טפח מן המחיצה יורד בתוך המים » (שו״ע או״ח שע״ו:א) ; et si elle est tout entière dans l'eau, un téfa'h doit en dépasser au-dessus de l'eau.
Piège 3 : Croire qu'avec des ustensiles de la cour, tout est permis. La glose du Rama : « ודוקא אם בא למלאות בכלים של בית אבל בכלים של חצר לא בעינן שום תיקון » (רמ״א או״ח שע״ו:א) ; mais la Michna Beroura ajoute : « ועכ״פ אסור להכניס המים לבית אם לא עשו שום תיקון דהא לא עירבו שתי החצרות ביחד » (משנה ברורה שע״ו ס״ק י).
Piège 4 : Oublier la limite que pose la glose du Rama : « ודוקא כשאין חצרות פתוחות בשביל רק בחלונות » (רמ״א או״ח שע״ו:ב). Sur les mots du séif, le Magen Avraham écrit « וכ״ש בפחו׳ מד׳ (דאז) אף על פי שהחצירו׳ פתוחות לשביל שרי לסברא זו » (מגן אברהם שע״ו ס״ק ד) — il lit dans l'avis du séif une permission même quand les cours sont ouvertes sur le sentier (niveau 4, point ב) ; la glose du Rama ne permet que si elles ne s'y ouvrent que par des fenêtres, et la Michna Beroura l'explique : avec des portes, le sentier est comme une cour sans érouv (ס״ק י״ד) ; le Choulhan Aroukh HaRav : « אֲבָל אִם חֲצֵרוֹת פְּתוּחוֹת לַשְּׁבִיל — רְשׁוּת שְׁנֵיהֶם שׁוֹלֶטֶת בּוֹ וַהֲרֵי הוּא כְּחָצֵר שֶׁל שְׁנֵיהֶם, וַאֲסוּרִים בּוֹ עַד שֶׁיְּעָרְבוּ » (שו״ע הרב שע״ו:ב).
Piège 5 : Tenir la distance de quatre tefa'him pour indifférente. Le séif ב permet même à quatre tefa'him, et la Michna Beroura en tire que, selon cet avis, c'est permis à plus forte raison plus près (ס״ק י״ב) ; mais la glose du Rama rapporte l'avis qui interdit à moins de quatre tefa'him, même par les seules fenêtres, et la Michna Beroura écrit que les A'haronim ont tranché comme cet avis (ס״ק ט״ו). Le Choulhan Aroukh HaRav (séif 2) écrit la permission pour une citerne éloignée de quatre tefa'him de chaque cour ; le cas d'une citerne plus proche, il ne l'écrit pas dans ce séif. Pour une citerne plus proche, consulte ton Rav.
Piège 6 : Juger les ruines disposées comme les trois têtes d'un kankan comme celles du premier cas du séif. Dans le premier cas, celle du milieu est permise aux deux ; mais, quand les trois sont disposées comme les trois têtes d'un kankan — celle du milieu face aux deux, « שהיתה האמצעי׳ כנגד השתים » (שו״ע או״ח שע״ו:ג) —, « והשלישי׳ הקרובה לשתי החצירו׳ אסורה לשתיהן » (שו״ע או״ח שע״ו:ג) — selon la Michna Beroura, parce que les deux s'en servent commodément, près de la fenêtre, en y descendant [des objets] (ס״ק כ״ב). Selon la Michna Beroura (ס״ק כ״א, niveau 1), dans cette disposition, celle du milieu s'étire le long des deux ruines, et ses deux extrémités atteignent les deux cours.
Piège 7 : Tenir les toilettes communes pour interdites dans tous les cas, ou pour permises sans réserve. Le séif ד : « רשות שניהם שולטת בו ואסורים » (שו״ע או״ח שע״ו:ד) ; selon la Michna Beroura, c'est quand seule la fosse est commune, et si la place du siège aussi appartient aux deux, c'est permis (ס״ק כ״ג) ; pour celui qui a oublié : « דאם שכח ולא עירב בדיעבד מותר לפנות דגדול כבוד הבריות » (משנה ברורה שע״ו ס״ק כ״ד). Le Choulhan Aroukh HaRav (séif 4) écrit l'interdit « לְכַתְּחִלָּה » (שו״ע הרב שע״ו:ד), quand les toilettes appartiennent aux deux en association.
Piège 8 : Mêler les deux numérotations. Les niveaux 1 à 3 suivent le Choul'han Aroukh du Mehaber ; le niveau 4 suit le Choulhan Aroukh HaRav. Sur ce siman, ses 4 séifim répondent un à un à ceux du Mehaber, mais ils en disent davantage, notamment la condition des dix tefa'him entre les fenêtres et l'eau, le sentier qui est une karmelit (séif 2), les ruines qui ont des propriétaires (séif 3), les toilettes entre deux cours (séif 4).

8. Cas pratiques

SituationAnalyseConduite
Une citerne commune à deux cours qui n'ont pas fait l'érouv ensembleOn n'y puise pas sans une cloison de dix [tefa'him] au-dessus de l'eau, dont un téfa'h descend dans l'eau — ou dépasse, si elle est tout entière dans l'eau —, ou sans une poutre large de quatre tefa'him sur l'ouverture (séif א) ; selon la Michna Beroura, une cloison faite à cette fin, à l'intérieur du rebord (ס״ק ג), une poutre posée dès le départ pour permettre l'eau (ס״ק ח) ; le Choulhan Aroukh HaRav (séif 1) écrit que le mur de la cour qui passe au-dessus ne compte pasLe Biour Halakha laisse en question, pour la pratique, si la poutre doit être à l'intérieur du rebord (niveau 1, section 6) ; consulte ton Rav
Puiser avec un seau de la courAvec des ustensiles de la cour, aucune réparation n'est nécessaire (glose du Rama au séif א) ; selon la Michna Beroura, on ne fait pas entrer l'eau dans la maison sans réparation (ס״ק י) ; selon le Choulhan Aroukh HaRav (séif 1), on puise vers les cours, sans aménagement, avec un seau qui a passé Chabbat dans la cour, et il faut l'aménagement pour puiser avec un seau qui a passé Chabbat dans la maison, même pour se servir de l'eau dans la courConsulte ton Rav
Un puits au milieu d'un sentier, entre les murs de deux cours, où l'on puise par les fenêtresAu milieu du sentier, même éloigné de quatre tefa'him de chaque mur, les deux y puisent, sans saillies (séif ב) ; selon la glose du Rama, seulement quand les cours ne s'ouvrent sur le sentier que par des fenêtres (selon le Magen Avraham, l'avis du séif permet même quand elles y sont ouvertes, ס״ק ד — il l'écrit à la suite de ce qu'il dit du puits à moins de quatre tefa'him, et le niveau 4 ne tranche pas s'il le dit aussi à quatre) ; et certains disent qu'à moins de quatre tefa'him, ils interdisent même alors — la Michna Beroura écrit que les A'haronim ont tranché comme cet avis (ס״ק ט״ו)Le Choulhan Aroukh HaRav (séif 2) ajoute des conditions (section 5) ; consulte ton Rav
Des ruines entre deux coursSelon la Michna Beroura, des ruines sans habitants, ouvertes l'une sur l'autre sur plus de dix amot (ס״ק ט״ז) : chacun se sert, par les fenêtres, en lançant, de celle qui est à côté de lui — mais pas de celle de l'autre pendant Chabbat (Michna Beroura, ס״ק י״ח) —, et celle du milieu est permise aux deux ; dans la disposition du kankan, la troisième, proche des deux cours, est interdite aux deux (séif ג)Quand les ruines ont des propriétaires, le Biour Halakha rapporte un désaccord des Richonim et cite ceux qui permettent, l'Admour HaZaken compris (niveau 1, section 6 ; Choulhan Aroukh HaRav, séif 3) ; consulte ton Rav
Des toilettes entre deux maisons qui n'ont pas fait l'érouv ensembleLe domaine des deux s'y exerce, et ils sont interdits (séif ד) ; selon la Michna Beroura, quand seule la fosse est commune ; si la place du siège aussi appartient aux deux, c'est permis (ס״ק כ״ג) ; le Choulhan Aroukh HaRav (séif 4) parle de toilettes qui appartiennent aux deux en association, et écrit l'interdit lekhat'hila, jusqu'à ce qu'ils fassent l'érouv ou un aménagementPour celui qui a oublié de faire l'érouv, la Michna Beroura écrit qu'a posteriori il est permis d'y aller, car la dignité des créatures est grande (ס״ק כ״ד) ; consulte ton Rav

9. Tableau de synthèse finale

ÉlémentDétail
Sujet du simanLa citerne et le puits entre deux cours (בור ובאר שבין שתי חצירות) ; les séifim ג et ד traitent aussi des ruines entre deux cours et des toilettes entre deux maisons
PlaceDans l'index de Sefaria, la section הלכות עירובין du Choul'han Aroukh commence au siman 345
Nombre de séifim4 séifim (Mehaber) — 4 aussi dans le Choulhan Aroukh HaRav, qui sur ce siman répondent un à un à ceux du Mehaber
Michna Beroura24 ס״ק sur ce siman
Gloses du RamaAux séifim א et ב, introduites par le mot הגה ; à la fin du séif ד, une parenthèse en petits caractères, sans le mot הגה, renvoie au siman 355
RenvoisAu siman 372, pour les ustensiles de la cour (glose du Rama au séif א) ; au siman 355, pour les toilettes (parenthèse du séif ד) ; le Choulhan Aroukh HaRav renvoie notamment aux simanim 355, 372, 375, 354 et 371 (niveau 4)
Sources talmudiques et RishonimVoir le Niveau 2
Règle d'orPour l'eau, une cloison de dix dont un téfa'h descend dans l'eau (ou dépasse, si elle est tout entière dans l'eau), ou une poutre large de quatre tefa'him, suffit, car, selon la Michna Beroura, on demande seulement que le seau n'entre pas ouvertement dans la part de l'autre (séif א ; ס״ק ד) ; l'usage qui ne passe que par l'air, par des fenêtres, n'interdit pas à l'autre (séifim ב et ג), sous les réserves de la glose du Rama au séif ב ; la ruine dont les deux se servent commodément leur est interdite (séif ג ; Michna Beroura, ס״ק כ״ב) ; les toilettes entre deux maisons sans érouv aussi (séif ד)
Décision pratiquePour chaque cas, la règle de son séif ; la Michna Beroura et le Biour Halakha y ajoutent des conditions, séif par séif (niveau 1), et le Choulhan Aroukh HaRav ses propres précisions (niveau 4) ; consulte ton Rav

10. Les commandements pratiques du Siman שע״ו

Pour la conduite quotidienne

  1. La citerne entre deux cours qui ne peuvent pas faire l'érouv, ou ne l'ont pas fait : on n'y puise pas pendant Chabbat sans une cloison de dix [tefa'him] au-dessus de l'eau, dont un téfa'h descend dans l'eau — ou, tout entière dans l'eau, dont un téfa'h dépasse —, ou sans une poutre large de quatre tefa'him sur l'ouverture (séif א) ; selon la Michna Beroura, une cloison faite à cette fin, à l'intérieur du rebord (ס״ק ג), une poutre posée pour permettre l'eau (ס״ק ח) ; le mur de la cour qui passe au-dessus ne compte pas (Choulhan Aroukh HaRav, séif 1).
  2. Les ustensiles de la cour : avec eux, aucune réparation n'est nécessaire (glose du Rama au séif א) — mais, selon la Michna Beroura, on ne fait pas entrer l'eau dans la maison sans réparation (ס״ק י) ; le Choulhan Aroukh HaRav (séif 1) parle du seau qui a passé Chabbat dans la cour.
  3. Le puits au milieu du sentier, même à quatre tefa'him de chaque mur : les deux y puisent, sans saillies (séif ב) — seulement, selon la glose du Rama, si les cours ne s'ouvrent sur le sentier que par des fenêtres (selon le Magen Avraham, l'avis du séif permet même quand elles y sont ouvertes, ס״ק ד — il l'écrit à la suite de ce qu'il dit du puits à moins de quatre tefa'him, et le niveau 4 ne tranche pas s'il le dit aussi à quatre) ; et certains disent que, s'il n'est pas éloigné de quatre tefa'him, ils interdisent même alors — la Michna Beroura écrit que les A'haronim ont tranché comme cet avis (ס״ק ט״ו). Le Choulhan Aroukh HaRav (séif 2) ajoute ses conditions (section 5) ; pour une citerne plus proche, consulte ton Rav.
  4. Les trois ruines (selon la Michna Beroura, sans habitants, ouvertes l'une sur l'autre, ס״ק ט״ז) : chacun se sert de la sienne, par les fenêtres, en lançant, et celle du milieu est permise aux deux ; disposées comme les trois têtes d'un kankan, la troisième, proche des deux cours, est interdite aux deux (séif ג).
  5. Les toilettes entre deux maisons sans érouv : le domaine des deux s'y exerce, ils sont interdits (séif ד) — selon la Michna Beroura, quand seule la fosse est commune (ס״ק כ״ג) ; le Choulhan Aroukh HaRav (séif 4) écrit l'interdit lekhat'hila pour des toilettes qui appartiennent aux deux en association, sans cette distinction ; pour celui qui a oublié de faire l'érouv, voir le piège 7.
  6. En cas de doute — consulte ton Rav. Pilpoul approfondi — Niveau 2 ; chitah Habad — Niveau 4.
📚 Récapitulatif du parcours d'étude
Tu as étudié le Siman שע״ו en 3 niveaux :
  • 🌱 Niveau 1 — Base : le texte du Mehaber séif par séif, avec les gloses du Rama, introduites par הגה, aux séifim א et ב, traduction française, concepts halakhiques
  • ⚡ Niveau 2 — Lamdan : sources talmudiques, שיטות des Rishonim, מחלוקות, נפקא מינות
  • ✨ Niveau 3 — Synthèse : axiome, mnémonique, arbre de décision, commandements pratiques
Pour aller plus loin : Niveau 4 — Daat HaRav (chitah de l'Admour HaZaken dans le Choulhan Aroukh HaRav siman שע״ו).
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DAAT · רב יוסף חיים סממה

סימן שע״ו · Niveau 3 — Synthèse Magistrale
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