Choulhan Aroukh · Orah Haïm
Pilpoul approfondi
Sources talmudiques, hakira de fond,
chitot des Richonim et des A'haronim sur la citerne et le puits entre deux cours
Sujet :
Choulhan Aroukh Orah Haïm siman שע״ו — 4 séifim dans le Choulhan Aroukh (Mehaber), avec la glose du Rama, introduite par הגה, aux séifim א et ב ; le Choulhan Aroukh HaRav en compte 4 aussi
avec notamment les sources : Guemara Érouvin, Rachi, Rambam, Raavad et Maguid Michné, Tour, Beit Yossef, Taz, מג״א, Michna Beroura, Biour Halakha
Michna Beroura : 24 ס״ק
Rédaction et étude :
Rav Yossef Haim Samama · DAAT
📑 Table des matières
- Le texte du Choulhan Aroukh — 4 seifim
- La michna et la guemara — la cloison, en bas ou en haut (séif א)
- Le mur de la cour, et la cloison faite pour cela (séif א)
- Un téfa'h dans l'eau, un téfa'h au-dessus — séparation ou signe ? (séif א)
- La poutre de quatre tefa'him — le seau et le bord du toit (séif א)
- Les ustensiles de la cour — la glose du Rama (séif א)
- Le puits du sentier — Rav, Chmouel et la voie de l'air (séif ב)
- Quatre tefa'him, fenêtres ou portes — Rachi et le Rambam (glose du Rama, séif ב)
- La question tirée du siman 375 — le Taz et le Biour Halakha (séif ב)
- La margelle de dix et le sentier qui n'est pas un domaine privé (séif ב)
- Les trois ruines — en rang, ou כחצובה (séif ג)
- Les ruines qui ont des propriétaires (séif ג)
- Les toilettes entre deux maisons (séif ד)
- Récapitulatif des chitot et conclusion halakhique
📜 Le texte du Choulhan Aroukh — 4 seifim
בור שבין שתי חצרות ואין ביניהם פתח או חלון שיוכלו לערב או שיש ביניהם ולא עירבו אין ממלאים ממנו בשבת אלא אם כן עשו מחיצה עשרה למעלה מן המים וצריך שיהיה טפח מן המחיצה יורד בתוך המים ואם הית' המחיצ' כולה בתוך המים צריך שיהי' טפח יוצא ממנה למעלה מן המים כדי שתהי' ניכרת רשות זה מרשות זה וכן אם עשו על פי הבור קורה רחבה ד״ט זה ממלא מצד הקורה וזה ממלא מצד האחר: הגה ודוקא אם בא למלאות בכלים של בית אבל בכלים של חצר לא בעינן שום תיקון דהא חצירות רשות אחת הן כדלעיל סי' שע״ב (הג״מ פט״ו):
résumé : chapeau du siman, puis le séif א. Une citerne entre deux cours sans ouverture ni fenêtre entre elles par lesquelles elles pourraient faire l'érouv, ou qui en ont une mais n'ont pas fait l'érouv : on n'y puise pas pendant Chabbat, à moins qu'on n'ait fait une cloison de dix [tefa'him] au-dessus de l'eau, dont un téfa'h descende dans l'eau ; si la cloison est tout entière dans l'eau, il faut qu'un téfa'h en sorte au-dessus de l'eau, afin que le domaine de l'un se distingue du domaine de l'autre ; de même, avec une poutre large de quatre tefa'him sur l'ouverture de la citerne, l'un puise du côté de la poutre et l'autre de l'autre côté. Glose du Rama : cela seulement s'il vient puiser avec des ustensiles de la maison ; avec des ustensiles de la cour, il n'est besoin d'aucune réparation, puisque les cours sont un seul domaine, comme au siman 372 (Hagahot Maïmoniyot).
résumé : un puits au milieu du sentier, entre deux murs de cours : bien qu'il soit éloigné de quatre tefa'him de chaque mur, tous deux y puisent, et ils n'ont pas besoin de saillies (zizim) par-dessus, car on n'interdit pas à son prochain par la voie de l'air. Glose du Rama : cela seulement quand les cours ne s'ouvrent sur le sentier que par des fenêtres (Tour, et le Maguid Michné) ; et certains disent que, s'ils ne sont pas éloignés de quatre [tefa'him], ils interdisent même dans ce cas (Beit Yossef au nom de Rachi).
résumé : deux cours, et entre elles trois ruines : chacun est permis dans celle qui est à côté de lui, pour s'en servir par les fenêtres, en lançant ; celle du milieu est permise aux deux. Si toutes trois étaient voisines des maisons, celle du milieu étant face aux deux, comme les trois têtes d'un kankan, chacun est permis dans la ruine qui est à côté de lui, et la troisième, proche des deux cours, est interdite aux deux.
résumé : des toilettes entre les deux maisons, dont [les habitants] n'ont pas fait l'érouv ensemble : le domaine de l'un et de l'autre s'exerce sur elles, et ils sont interdits. En petits caractères, entre parenthèses, sans le mot הגה : et voir plus haut le siman 355.
1. La michna et la guemara — la cloison, en bas ou en haut (séif א)
Le Beit Yossef donne la source de ce passage du Tour : « משנה בפרק כיצד משתתפין » (בית יוסף או״ח שע״ו). La michna : « בּוֹר שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת — אֵין מְמַלְּאִין מִמֶּנּוּ בַּשַּׁבָּת, אֶלָּא אִם כֵּן עָשׂוּ לוֹ מְחִיצָה גְּבוֹהָ עֲשָׂרָה טְפָחִים, בֵּין מִלְּמַטָּה, בֵּין מִתּוֹךְ אוֹגְנוֹ » (עירובין פ״ו ע״א). Rabban Chimon ben Gamliel y rapporte une discussion des deux écoles : « רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים מִלְּמַטָּה, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים מִלְּמַעְלָה » (עירובין פ״ו ע״א).
La guemara rapporte deux lectures de ces deux mots. Rav Houna : « אָמַר רַב הוּנָא: לְמַטָּה — לְמַטָּה מַמָּשׁ, לְמַעְלָה — לְמַעְלָה מַמָּשׁ, וְזֶה וָזֶה בְּבוֹר » (עירובין פ״ו ע״א). Rav Yehouda : « וְרַב יְהוּדָה אָמַר: לְמַטָּה — לְמַטָּה מִן הַמַּיִם, לְמַעְלָה — לְמַעְלָה מִן הַמַּיִם » (עירובין פ״ו ע״א).
Rav Houna ou Rav Yehouda ? Le Beit Yossef range les Richonim : « ופסקו ר״ח והתוספות והרי״ף והרא״ש כרב יהודה וכ״ד הרמב״ם בפ״ג מה״ע וכ״כ סמ״ג ורש״י פסק כרב הונא וכן דעת הראב״ד והרז״ה » (בית יוסף או״ח שע״ו) — Rabbénou 'Hananel, les Tossafot, le Rif et le Roch tranchent comme Rav Yehouda, c'est l'avis du Rambam, et le Smag l'écrit ; Rachi tranche comme Rav Houna, et c'est l'avis du Raavad et du Razah. Il conclut : « וכיון דהרי״ף והרמב״ם והרא״ש מסכימים לדעת אחת הכי נקטינן » (בית יוסף או״ח שע״ו).
Le Tour rapporte l'avis de Rachi : « ולרש״י שרי אפילו המחיצה למעלה בפי הבור בתוכו » (טור או״ח שע״ו), et le Beit Yossef précise que ces mots portent sur la cloison, et non sur la poutre : « לאו אקורה קאי אלא ארישא קאי והוא אשר כתבתי דרש״י פסק כרב הונא » (בית יוסף או״ח שע״ו).
Le Rambam écrit : « אִם הָיְתָה לְמַעְלָה מִן הַמַּיִם צָרִיךְ שֶׁיִּהְיֶה טֶפַח מִן הַמְּחִצָּה יוֹרֵד בְּתוֹךְ הַמַּיִם » (הלכות עירובין פ״ג הכ״א), et le séif א, dans les mêmes mots : « וצריך שיהיה טפח מן המחיצה יורד בתוך המים » (שו״ע או״ח שע״ו:א).
Une cloison de dix, posée en haut de la citerne, à l'intérieur de son rebord, qui n'atteint pas l'eau. Selon Rachi, qui tranche comme Rav Houna, elle suffit — c'est ce que le Tour rapporte en son nom. Selon Rav Yehouda, que suivent notamment le Rif, le Rambam et le Roch, il faut qu'un téfa'h de la cloison descende dans l'eau : c'est ce qu'écrit le séif א.
Le Biour Halakha précise, sur les premiers mots du séif : « אפילו אין מימיו עמוקין י׳ טפחים » (ביאור הלכה שע״ו) — et il renvoie au תו״ש.
2. Le mur de la cour, et la cloison faite pour cela (séif א)
La michna rapporte aussi l'avis de Rabbi Yehouda : « אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: לֹא תְּהֵא מְחִיצָה גְּדוֹלָה מִן הַכּוֹתֶל שֶׁבֵּינֵיהֶם » (עירובין פ״ו ע״א). Rachi dit de quel mur il s'agit : « שמפסקת בין החצירות ומפסקת על פני הבור ואע״פ שאינה נכנסת לתוך אוגנו » (רש״י עירובין פ״ו ע״א) — le mur qui sépare les cours et passe au-dessus de la citerne, bien qu'il n'entre pas à l'intérieur de son rebord.
Le Tour écrit, à la suite de l'avis de Rachi : « ובלבד שתהא עשויה לכך להתיר למלאות » (טור או״ח שע״ו), et le Beit Yossef : « הוא לאפוקי מר״י דאמר שם באותה משנה לא תהא מחיצה גדולה מן הכותל שביניהם » (בית יוסף או״ח שע״ו) ; il appuie ensuite cette exclusion sur une règle de la guemara, à la fin du chapitre חלון (Érouvin 81b).
יסוד — Rachi, sur les mots מתוך אוגנו de la michna, explique pourquoi une cloison qui n'atteint pas l'eau peut suffire, et à quelle condition : « אע״פ שאינה נוגעת במים קל הוא שהקילו חכמים במים דאמר ביה גוד אחית למחיצה ובלבד שתהא בתוך אוגן הבור שתראה כהפסקה » (רש״י עירובין פ״ו ע״א) — on dit de la cloison goud a'hit [qu'elle se prolonge vers le bas], pourvu qu'elle soit à l'intérieur du rebord de la citerne, pour qu'elle se voie comme une séparation.
La Michna Beroura : « ומחיצת הכותל שעומד ע״ג הבור אין מועיל לזה כלל דבעינן דוקא שתהא עשויה לשם כך ובתוך אוגן הבור » (משנה ברורה שע״ו ס״ק ג). Le Choulhan Aroukh HaRav écrit aussi le goud a'hit, et sa raison : « הוֹאִיל וְיֵשׁ בָּהּ הֶכֵּר וְזִכָּרוֹן שֶׁלֹּא יָבֹאוּ לְטַלְטֵל מֵחָצֵר לְחָצֵר בְּמָקוֹם אַחֵר שֶׁלֹּא בִּמְקוֹם מִלּוּי מַיִם » (שו״ע הרב שע״ו:א) ; et du mur : « אֲבָל כֹּתֶל הֶחָצֵר שֶׁמְּהַלֵּךְ עַל גַּבֵּי הַבּוֹר אֵינוֹ נִדּוֹן מִשּׁוּם מְחִצָּה, לְפִי שֶׁאֵין בּוֹ הֶכֵּר כְּלָל, הוֹאִיל וְלֹא נַעֲשָׂה בִּשְׁבִיל כָּךְ » (שו״ע הרב שע״ו:א) ; voir le niveau 4, point א.
3. Un téfa'h dans l'eau, un téfa'h au-dessus — séparation ou signe ? (séif א)
Sur l'explication de Rav Yehouda, la guemara objecte deux fois que l'eau se mêle. Pour la cloison plantée dans le fond : « לְמַטָּה מִן הַמַּיִם נָמֵי, הָא עֲרִיבִי מַיָּא » (עירובין פ״ו ע״א) — et elle répond par une parole de Rav Yehouda au nom de Rav : « צָרִיךְ שֶׁיֵּרָאוּ רֹאשָׁן שֶׁל קָנִים לְמַעְלָה מִן הַמַּיִם טֶפַח » (עירובין פ״ו ע״א). Pour la cloison au-dessus de l'eau : « לְמַעְלָה מִן הַמַּיִם נָמֵי, הָא עֲרִיבִי מַיָּא » (עירובין פ״ו ע״א) — et elle répond par ce qu'enseigne Yaakov Karhina'a : « צָרִיךְ שֶׁיְּשַׁקַּע רָאשֵׁי קָנִים בַּמַּיִם טֶפַח » (עירובין פ״ו ע״א).
Le séif א écrit les deux cas, dans l'ordre du Rambam : d'abord la cloison au-dessus de l'eau, dont un téfa'h descend dans l'eau, puis « ואם הית׳ המחיצ׳ כולה בתוך המים צריך שיהי׳ טפח יוצא ממנה למעלה מן המים כדי שתהי׳ ניכרת רשות זה מרשות זה » (שו״ע או״ח שע״ו:א).
חקירה — la cloison dans l'eau doit-elle séparer les eaux, ou seulement marquer la séparation ? Rachi, sur la parole de Yaakov Karhina'a : « ובהא פליגי דבית שמאי בעו מחיצה המפסקת עד התהום וב״ה בעו היכר מחיצה » (רש״י עירובין פ״ו ע״א) — Beit Chammaï demandent une cloison qui sépare jusqu'au fond, Beit Hillel un signe de cloison.
La Michna Beroura parle d'une facilité accordée pour l'eau : « קל הוא שהקילו במים להתיר במחיצה כזו דבעינן רק שלא יכנס הדלי בהדיא לחלק חבירו » (משנה ברורה שע״ו ס״ק ד). Le Choulhan Aroukh HaRav l'écrit en ces termes : « שֶׁקַּל הוּא שֶׁהֵקֵלּוּ חֲכָמִים בְּמַיִם שֶׁלֹּא לְהַצְרִיךְ בָּהֶם מְחִצָּה גְמוּרָה לְהַבְדִּיל בֵּין מַיִם לְמַיִם לְגַמְרֵי, אֶלָּא שֶׁיְּהֵא נִרְאֶה כְּמֻבְדָּלִים » (שו״ע הרב שע״ו:א).
Le cas que le Tour ne mentionne pas. Le Tour écrit seulement la cloison au-dessus de l'eau, dont un téfa'h est enfoncé dans l'eau. Le Beit Yossef écrit que c'est ce qui ressort du Rif et de Rabbi Méir que rapporte le Roch, et que c'est l'avis du Rambam — une cloison tout entière dans l'eau suffit aussi, si un téfa'h en sort —, et il ajoute : « ולא ידעתי למה השמיטו רבינו » (בית יוסף או״ח שע״ו).
Le Taz : « ונ״ל דהוא מסופק דשמא הלכה כרב הונא דאוסר בזה כמ״ש ב״י בשם רש״י והראב״ד והרז״ה » (ט״ז או״ח שע״ו ס״ק א) — il lui semble que le Tour est dans le doute : peut-être la halakha suit-elle Rav Houna, qui interdit dans ce cas ; « ע״כ לא נקט אלא מאי דשרי לתרוייהו דהיינו למעל׳ מהמים סמוך למים » (ט״ז או״ח שע״ו ס״ק א) — c'est pourquoi il n'a écrit que ce qui est permis selon l'un et l'autre.
4. La poutre de quatre tefa'him — le seau et le bord du toit (séif א)
La guemara rapporte, de Rav Na'hman au nom de Rabba bar Avouha : « קוֹרָה אַרְבָּעָה מַתֶּרֶת בְּמַיִם » (עירובין פ״ו ע״ב). Rachi : « בבור שבין ב׳ חצירות ונתונה על רחבה באמצע הבור למעלה » (רש״י עירובין פ״ו ע״ב). Puis l'objection, et la réponse : « הָא קָא אָזֵיל דְּלִי לְאִידַּךְ גִּיסָא, וּמַיְיתֵי? קִים לְהוּ לְרַבָּנַן דְּאֵין דְּלִי מְהַלֵּךְ יוֹתֵר מֵאַרְבָּעָה טְפָחִים » (עירובין פ״ו ע״ב) ; et encore : « תַּחַת קוֹרָה מִיהָא הָא עֲרִיבִי מַיָּא! אֶלָּא מִשּׁוּם דְּקַל הוּא שֶׁהֵקֵילּוּ חֲכָמִים בְּמַיִם » (עירובין פ״ו ע״ב). Rachi, sur cette réponse : « וליתא לדרב יהודה אלא כדרב הונא דב״ה למעלה ממש קאמרי » (רש״י עירובין פ״ו ע״ב) — l'avis de Rav Yehouda n'est pas retenu ; [on suit] Rav Houna : Beit Hillel parlent [d'une cloison] réellement en haut. C'est ce que rapporte le Beit Yossef : Rachi tranche comme Rav Houna (section 1).
חקירה — la poutre fait-elle une cloison, ou suffit-il que le seau n'aille pas au-delà ? Le Beit Yossef donne la raison : « וטעמא לפי שאנו רואים כאילו קורה זו מחיצה שנמשכה ירדה עד המים וחלק כל רשות לעצמו » (בית יוסף או״ח שע״ו). Il rapporte ensuite, du Maguid Michné au nom du Rachba : « ויראה לי שהמחיצה י׳ בזמן שהיא רחבה ד׳ מותרת לד״ה משום שאין הכלי הולך יותר מד״ט ולפיכך מותר אע״פ שא״א במחיצה פי תקרה יורד וסותם » (בית יוסף או״ח שע״ו) — il lui semble qu'une cloison de dix, large de quatre, est permise selon tous, parce que l'ustensile ne va pas au-delà de quatre tefa'him, même si l'on ne dit pas, pour une cloison, pi tikra yored vessotem.
Le Magen Avraham : « דלא אזיל דלי יותר מד׳ ואף על גב דעירבו מיא תחת הקורה קל הוא שהקילו חכמים במים » (מגן אברהם שע״ו ס״ק ב). La Michna Beroura, au ס״ק ט, écrit l'une et l'autre raison, et le Choulhan Aroukh HaRav aussi : « וּכְאִלּוּ פִּי הַתִּקְרָה הוּא מְחִצָּה יוֹרֶדֶת עַד קַרְקָעִית הַבּוֹר » (שו״ע הרב שע״ו:א), puis « לְפִי שֶׁשִּׁעֲרוּ חֲכָמִים שֶׁאֵין דְּלִי מְהַלֵּךְ יוֹתֵר מִד׳ טְפָחִים » (שו״ע הרב שע״ו:א).
Une cloison épaisse de quatre tefa'him, et la poutre hors du rebord. Le Biour Halakha : « עיין בב״י שהביא בשם הרשב״א דה״ה אם היה המחיצה רחב בעוביה ארבעה טפחים ג״כ דינה כפי תקרה וא״כ די אם הורידה בתוך הבור ונמדד היו״ד טפחים משפת פי הבור ולמטה » (ביאור הלכה שע״ו). Sur la place de la poutre, il relève que les mots du séif viennent du Rambam, et rapporte d'autres avis : « ובעבודת הקודש ראיתי שכתב אם הקורה בתוך אוגן הבור וכן ג״כ דעת רבינו ירוחם בנתיב י״ב חלק י״ז עי״ש וצ״ע למעשה » (ביאור הלכה שע״ו) — il laisse la question ouverte pour la pratique.
Pourquoi craindre ici le seau, et non pour la galerie (siman 355) ? Le Beit Yossef rapporte : « כתב ה״ר יהונתן אהא דאמרינן דבעינן קורה כדי שלא ילך הדלי לחלק חבירו צ״ע דהא בגזוזטרא חזינן דניתרת במחיצה שאין בעביה ארבעה ולא חיישינן דילמא אזיל דלי לבראי » (בית יוסף או״ח שע״ו).
Le Beit Yossef propose : « ונראה דשאני גזוזטרא דכי אזיל דלי לבראי לא אזיל לרשות אדם אחר » (בית יוסף או״ח שע״ו) — de la galerie, le seau qui sort ne va pas dans le domaine d'un autre. Le Magen Avraham, sur les mots שתהיה נכרת du séif, répond autrement : « דשאני התם שהוא עומד למעלה ומשלשל דרך הנקב ביושר לא חיישינן שיצא חוץ למחיצה משא״כ כאן דעומד אצל הבור ומשלשל חיישינן שילך באלכסון » (מגן אברהם שע״ו ס״ק א). Le Biour Halakha, sur les mots וצריך שיהיה טפח, renvoie notamment au Beit Yossef, au Ba'h et au Magen Avraham, et écrit que le Rachba et le Ritva l'ont déjà traité, pour une bonne part, dans leurs 'hiddouchim.
5. Les ustensiles de la cour — la glose du Rama (séif א)
La glose du Rama : « ודוקא אם בא למלאות בכלים של בית אבל בכלים של חצר לא בעינן שום תיקון דהא חצירות רשות אחת הן » (רמ״א או״ח שע״ו:א), avec pour source les Hagahot Maïmoniyot. La règle des cours à laquelle elle renvoie (siman 372) se lit dans le Rambam : « כֻּלָּן רְשׁוּת אַחַת הֵן וּמְטַלְטְלִין בְּכֻלָּן בְּלֹא עֵרוּב כֵּלִים שֶׁשָּׁבְתוּ בְּתוֹכָן. אֲבָל לֹא כֵּלִים שֶׁשָּׁבְתוּ בְּתוֹךְ הַבַּיִת אֶלָּא אִם כֵּן עֵרְבוּ » (הלכות עירובין פ״ג הי״ח) ; et pour l'ustensile qui a passé Chabbat dans la maison et qu'on a sorti dans la cour : « וְכֵן אִם שָׁבַת הַכְּלִי בַּבַּיִת וְהוֹצִיאוֹ לֶחָצֵר לֹא יַעֲבִירֶנּוּ לְחָצֵר אַחֶרֶת אוֹ לְגַג אַחֵר אוֹ לְרֹאשׁ הַכֹּתֶל אוֹ לְקַרְפָּף אֶלָּא אִם כֵּן עֵרְבוּ אַנְשֵׁי כָּל הַמְּקוֹמוֹת שֶׁמַּעֲבִירִין בָּהֶן כְּלִי זֶה עֵרוּב אֶחָד » (הלכות עירובין פ״ג ה״כ) — on ne le fait pas passer dans une autre cour, sur un autre toit, au sommet du mur ou dans un enclos, à moins que les gens de tous les lieux par où l'on fait passer cet ustensile n'aient fait un seul érouv.
חקירה — qu'est-ce qui demande la réparation : l'ustensile avec lequel on puise, ou l'eau qu'on fait entrer dans la maison ? Le Rama ne parle que des ustensiles. Le Magen Avraham ajoute, d'après les Hagahot Maïmoniyot : « ועכ״פ אסור להכניס המים לבית אם לא עשו תיקון » (מגן אברהם שע״ו ס״ק ג), et la Michna Beroura : « ועכ״פ אסור להכניס המים לבית אם לא עשו שום תיקון דהא לא עירבו שתי החצרות ביחד » (משנה ברורה שע״ו ס״ק י).
Le Choulhan Aroukh HaRav écrit l'un et l'autre : « וְכָל זֶה לְמַלֹּאת הַמַּיִם וּלְהַכְנִיסָם לַבַּיִת, אוֹ אֲפִלּוּ יִשְׁתַּמֵּשׁ בָּהֶם בֶּחָצֵר אֶלָּא שֶׁדּוֹלֶה בִּדְלִי שֶׁשָּׁבַת בַּבַּיִת » (שו״ע הרב שע״ו:א) ; et la raison de la permission : « שֶׁהֲרֵי כָּל הַחֲצֵרוֹת רְשׁוּת אֶחָד הֵן לְכֵלִים שֶׁשָּׁבְתוּ בְּתוֹכָן, אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא עֵרְבוּ » (שו״ע הרב שע״ו:א) ; voir le niveau 4, point א.
Trois cas. Avec un seau qui a passé Chabbat dans la cour, pour se servir de l'eau dans la cour : aucune réparation (glose du Rama ; le Rav : vers les cours). Avec le même seau, pour faire entrer l'eau dans la maison : le Magen Avraham (ס״ק ג), la Michna Beroura (ס״ק י) et le Rav demandent la réparation. Avec un seau qui a passé Chabbat dans la maison, même pour se servir de l'eau dans la cour : la glose du Rama (בכלים של בית) et le Rav la demandent.
6. Le puits du sentier — Rav, Chmouel et la voie de l'air (séif ב)
Le cas du séif ב est celui d'une parole que Rav Yehouda rapporte au nom de Chmouel (Beit Yossef) : « בּוֹר שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת, מוּפְלֶגֶת מִכּוֹתֶל זֶה אַרְבָּעָה וּמִכּוֹתֶל זֶה אַרְבָּעָה — זֶה מוֹצִיא זִיז כׇּל שֶׁהוּא וּמְמַלֵּא, וְזֶה מוֹצִיא זִיז כׇּל שֶׁהוּא וּמְמַלֵּא » (עירובין פ״ה ע״א) ; Rav Yehouda lui-même dit : « וְרַב יְהוּדָה דִּידֵיהּ אָמַר: אֲפִילּוּ קַנְיָא » (עירובין פ״ה ע״א) — même un roseau [suffit]. Abayé dit à Rav Yossef : « הָא דְּרַב יְהוּדָה דִּשְׁמוּאֵל הִיא, דְּאִי דְּרַב, הָא אָמַר: אֵין אָדָם אוֹסֵר עַל חֲבֵירוֹ דֶּרֶךְ אֲוִיר » (עירובין פ״ה ע״א).
La guemara montre d'où se tire l'avis de Chmouel : « טַעְמָא דְּאַפֵּיק, הָא לָא אַפֵּיק — אָמְרִינַן: אָדָם אוֹסֵר עַל חֲבֵירוֹ דֶּרֶךְ אֲוִיר » (עירובין פ״ה ע״א) ; et, pour l'avis de Rav, elle cite notamment la règle des trois ruines (section 10) : « שְׁנֵי בָתִּים וְשָׁלֹשׁ חוֹרָבוֹת בֵּינֵיהֶם » (עירובין פ״ה ע״א).
יסוד — le Beit Yossef : « ופסק הרא״ש כרב וכן דעת הרמב״ם בפ״ג מה״ע והרי״ף השמיטו לפי שאינו דבר מצוי כ״כ » (בית יוסף או״ח שע״ו). Le Rambam : « וְאֵין צְרִיכִין לְהוֹצִיא זִיזִין עַל גַּבָּהּ שֶׁאֵין אָדָם אוֹסֵר עַל חֲבֵרוֹ דֶּרֶךְ אֲוִיר » (הלכות עירובין פ״ג הכ״ג) — et le séif ב reprend ses mots, presque tels quels. La Michna Beroura : « בא לאפוקי ממ״ד בגמרא דבעינן דוקא שיוציא כ״א זיז כל שהוא מכותלו עד לבור להכירא שלא יבוא לטלטל בעלמא מרשות לרשות » (משנה ברורה שע״ו ס״ק י״ג).
7. Quatre tefa'him, fenêtres ou portes — Rachi et le Rambam (glose du Rama, séif ב)
Chmouel parle d'une citerne éloignée de quatre de chaque mur. Rachi décrit le cas : « הפרודות זו מזו ומפסיק ביניהן כעין מבוי קטן ואין דיורין פתוחין לו » (רש״י עירובין פ״ה ע״א), et explique pourquoi la distance : « דאי לאו הכי דמופלג הוי תשמישו בנחת והוי כמו שהבור חציה בחצר זו וחציה בחצר זו שרשות שניהן שולטת בה » (רש״י עירובין פ״ה ע״א).
« Éloignée de quatre » : condition, ou a fortiori ? Le Beit Yossef cite les mots du Rambam, et en tire : « ולפ״ז מופלג דנקט שמואל אינו בדוקא כפירש״י אלא לרבותא נקט מופלגת בד׳ וכ״ש בפחות מכאן » (בית יוסף או״ח שע״ו). Il rapporte du Maguid Michné : « וכתב ה״ה שנראה עוד מדבריו שאע״פ שהחצירות פתוחות לשביל מותר למלאות דרך חלונות » (בית יוסף או״ח שע״ו) ; et, au nom du Rachba : « וכתב בשם הרשב״א דלרש״י האי מימרא בשאין חצירות פתוחות לשביל בדוקא היא שאם היו פתוחות כל שלא עירבו שניהם אסורים בו » (בית יוסף או״ח שע״ו).
Le séif ב écrit les mots du Rambam. Le Magen Avraham, sur les mots אף על פי שהיא : « וכ״ש בפחו׳ מד׳ (דאז) אף על פי שהחצירו׳ פתוחות לשביל שרי לסברא זו » (מגן אברהם שע״ו ס״ק ד). La glose du Rama écrit les deux limites que le Rachba et le Beit Yossef rapportent au nom de Rachi : les fenêtres seules (sources : le Tour et le Maguid Michné), puis, sous la forme וי״א, la distance de quatre (source : le Beit Yossef au nom de Rachi). Le Magen Avraham, sur le mot בחלונו : « דאז הוי תשמיש המילוי דרך אויר אבל כשהחצירות פתוחות לשביל רשות שניהם שולטות בו והוי השביל כחצר שאינ׳ מעורב׳ ואסור » (מגן אברהם שע״ו ס״ק ה).
Le Tour écrit le cas comme Rachi : « ואם אין הבור קרוב להם אלא רחוק מכל אחד ד׳ טפחים כגון שיש שביל קטן בין שתי החצירות והבור בתוכו ואין דיורין פתוחין לו אלא ממלאין דרך חלונות הפתוחין לו מב׳ החצירות » (טור או״ח שע״ו) — et il permet, parce qu'on n'interdit pas par la voie de l'air ; le Beit Yossef le dit : « שתשמיש בני החצירות בבור אינו אלא דרך אויר לדעת רש״י שסתם רבינו דבריו לדעתו » (בית יוסף או״ח שע״ו).
חקירה — qu'est-ce que la « voie de l'air » : la fenêtre, ou la distance ? Pour l'avis du séif, la Michna Beroura : « והטעם דתשמיש שהוא דרך חלון ס״ל לדעה זו דתמיד מיקרי דרך אויר בין כשהוא מופלג ד״ט ובין פחות מד״ט » (משנה ברורה שע״ו ס״ק י״ב). Pour l'avis rapporté par le Rama : « דעה זו ס״ל להיפוך מדעה קמייתא דאין להתיר רק דוקא כשהבור מופלג מן כותלי החצרות ד״ט דאז מקרי התשמיש דרך אויר אבל כשהוא פחות מד״ט לשניהם לא מקרי דרך אויר אלא חשיב התשמיש לשניהם בנחת ואוסרין זה ע״ז אפילו אם אין פתחים להחצרות ותשמישן הוא רק דרך חלונות שבכותל ופסקו האחרונים כדעה זו » (משנה ברורה שע״ו ס״ק ט״ו).
Le Taz donne la lecture de Rachi : « דלא אמרו אין אדם אוסר דרך אויר אלא דוקא בתרתי לריעות׳ דהיינו באינו יכול להשתמש אלא דרך זריק׳ או שלשול כזה בבאר ועוד ריעותא דבעי׳ שיהיה מופלג מן רשותו ד״ט » (ט״ז או״ח שע״ו ס״ק ג) — deux défauts réunis : un usage qui ne se fait qu'en lançant ou en descendant [le seau], et l'éloignement de quatre tefa'him. Le Biour Halakha : « עיין מ״ב דהסכמת הפוסקים הוא כדעת ההגה״ה דהוא דוקא במופלג ד׳ » (ביאור הלכה שע״ו).
Un puits à moins de quatre tefa'him des murs, où l'on puise par les fenêtres. Selon l'avis du séif, lu par le Magen Avraham (ס״ק ד) et la Michna Beroura (ס״ק י״ב), c'est permis à plus forte raison. Selon l'avis que le Rama rapporte ensuite, c'est interdit ; la Michna Beroura écrit que les A'haronim ont tranché ainsi (ס״ק ט״ו). Un puits, quand les cours ont des portes sur le sentier. Selon le Magen Avraham, l'avis du séif permet (ס״ק ד) — il l'écrit à la suite de ce qu'il dit du puits à moins de quatre tefa'him, et cette page ne tranche pas s'il le dit aussi à quatre ; la glose du Rama interdit, et le Magen Avraham explique : le sentier est alors comme une cour sans érouv (ס״ק ה). Le Choulhan Aroukh HaRav pose la permission pour une citerne « רָחוֹק מִכָּל אֶחָד ד׳ טְפָחִים » (שו״ע הרב שע״ו:ב), dans les mots du Tour, et écrit pour les portes : « אֲבָל אִם חֲצֵרוֹת פְּתוּחוֹת לַשְּׁבִיל — רְשׁוּת שְׁנֵיהֶם שׁוֹלֶטֶת בּוֹ וַהֲרֵי הוּא כְּחָצֵר שֶׁל שְׁנֵיהֶם, וַאֲסוּרִים בּוֹ עַד שֶׁיְּעָרְבוּ » (שו״ע הרב שע״ו:ב) ; le cas d'une citerne plus proche, son séif 2 ne l'écrit pas (niveau 4, point ב).
8. La question tirée du siman 375 — le Taz et le Biour Halakha (séif ב)
Le monticule de la cour. Le Taz, sur les mots שאין אדם אוסר על חבירו דרך אויר, demande : « למה פסק הרמב״ם בסי׳ שע״ה ס״ג גבי תל שבחצר שבעל החצר אוסר על בעל המרפס׳ בגבוה י׳ והלא אין תשמישו על התל אלא בזריקה והיינו דרך אויר » (ט״ז או״ח שע״ו ס״ק ב) — pourquoi a-t-il tranché, au siman 375, séif ג [ainsi numéroté par le Taz ; dans le Choul'han Aroukh, le cas du monticule est au séif ב du siman 375, et le séif ג y traite de la stèle], à propos d'un monticule dans la cour, que le maître de la cour interdit au maître de la galerie, à une hauteur de dix ? L'usage qu'il a du monticule n'est pourtant que par lancer, c'est-à-dire par la voie de l'air. Le Biour Halakha rapporte la même difficulté : « והאחרונים הקשו מהא דסימן שע״ה דבני מרפסת אוסרין על בני חצר אף במופלג ד׳ » (ביאור הלכה שע״ו) — les gens de la galerie interdisent aux gens de la cour, même à quatre de distance. Au séif ב du siman 375, quand le monticule, haut de dix, est éloigné de quatre de la galerie, le Choul'han Aroukh écrit : « לפיכך שניהם אסורים להוציא שם כלים ששבתו בבתים עד שיערבו » (שו״ע או״ח שע״ה:ב) — les deux y sont interdits ; le Taz parle de l'interdit que le maître de la cour cause au maître de la galerie, le Biour Halakha de celui que les gens de la galerie causent aux gens de la cour.
Le Taz répond d'abord : « וצ״ל דלא אמרו האי מילתא אלא במים שאין שם תשמיש רק מילוי מים וכן בחורבה דאמרי׳ בגמ׳ שאין אדם אוסר דרך אויר כמ״ש בסמוך שם ג״כ אין דרך להשתמש בחורבה אבל בתל שבחצ׳ דרך להשתמש שם בתשמיש קבוע » (ט״ז או״ח שע״ו ס״ק ב) — on ne l'a dit que pour l'eau, dont le seul usage est le puisage, et pour la ruine ; mais du monticule de la cour, on a un usage fixe. Au ס״ק ג, il écrit que, selon Rachi, la difficulté ne se pose pas : « ולפ״ז לק״מ במ״ש בסמו׳ להרמב״ם מדין התל שבחצר דלרש״י שהוא כשיטת הטור לא תמצא שם תרתי לריעותא » (ט״ז או״ח שע״ו ס״ק ג) — selon Rachi, qui est la méthode du Tour, on ne trouve pas là les deux défauts réunis (section 7). Il rapporte ensuite la réponse de son beau-père, le Ba'h : « ותי׳ דדוקא גבי בור וחורבה דאין שם תשמיש כלל בחול אלא ע״י זריקה משך ד״ט דרך אויר אמרו אין אדם אוסר דרך אויר » (ט״ז או״ח שע״ו ס״ק ג), et écrit aussitôt : « ובסמוך יתבאר דרש״י לא כ״כ והקושיא מעיקרא ליתא כמ״ש לדעת רש״י » (ט״ז או״ח שע״ו ס״ק ג) — on expliquera plus loin que Rachi ne l'écrit pas ainsi, et la difficulté ne se pose pas dès l'abord, comme il l'a écrit selon Rachi.
Le Biour Halakha rapporte la réponse du Rachba : « וראיתי שכבר הקשה זה בחידושי הרשב״א בנדפס מחדש ותירץ דהתם כשעשו התל בשותפות ובחול משתמשין בו שניהם דרך החצר הלכך לאו תשמיש אויר לחוד הוא » (ביאור הלכה שע״ו) — et ajoute que le Ba'h a eu la même idée de lui-même.
Le Choulhan Aroukh HaRav ne pose pas la question ; il écrit, dans son séif 2, que ce puisage par l'air « וְאֵינוֹ כְּדַאי לֶאֱסוֹר עַל חֲבֵרוֹ אֶלָּא אִם כֵּן הוּא בְּתוֹךְ עֲשָׂרָה, עַיֵּן סִמָּן שע״ה » (שו״ע הרב שע״ו:ב), et il met une condition à la permission : « אִם יֵשׁ מִן הַחַלּוֹנוֹת לְמַיִם י׳ טְפָחִים, שֶׁתַּשְׁמִישׁ מִלּוּי זֶה הוּא תַּשְׁמִישׁ בְּקֹשִׁי » (שו״ע הרב שע״ו:ב). Cette condition n'est ni dans le séif du Mehaber ni dans la glose du Rama ; le Rav renvoie lui-même au siman 375, où, au séif ב, des ajouts entre parenthèses, au nom du Tour, écrivent pour le monticule « ובתוך עשרה למרפסת » (שו״ע או״ח שע״ה:ב) ; cette page ne dit pas que ce soit la même condition, ni comment le Rav répond à la difficulté des A'haronim (niveau 4, point ב).
9. La margelle de dix et le sentier qui n'est pas un domaine privé (séif ב)
Le Beit Yossef rapporte des Tossafot l'explication de Ri pour le cas de Chmouel, en deux façons. La première : « ודע שהתוספות כתבו בדף פ״ה שר״י מפרש כגון שזה הבור מושך כל אורך החצירות ומפסיק בין ד׳ הסמוכים לחצר זו לד׳ הסמוכים לחצר אחרת דחשיב כל חד רשותא לנפשיה » (בית יוסף או״ח שע״ו) ; la seconde, introduite par א״נ : « א״נ כגון שאותו הפסק שבין שתי חצירות שהבור עומד שם אינו רה״י אלא ר״ה או כרמלית ומחיצות הבור גבוהים י׳ דכשממלאים מהבור לחצר מביאין דרך מלמעלה מי׳ דהוי מקום פטור » (בית יוסף או״ח שע״ו).
Pourquoi ces deux façons ? Le Beit Yossef l'explique : « כיון שמבוי הקטן אסור להשתמש בו שניהם כדמשמע שם גבי ב׳ בתים וג׳ חורבות ביניהם היאך יכול לטלטל ולמלא מן הבור לחצר דרך המבוי האסור » (בית יוסף או״ח שע״ו).
Le Beit Yossef poursuit, en citant Rachi : « אבל רש״י כתב דלא דמי לההיא דב׳ בתים וג׳ חורבות ביניהם דאילו חורבה משתמשים בה נמי בסמוך אבל הכא במבוי ליכא שום תשמי׳ אלא מילוי והוא ע״י הפלגת אויר ד׳ » (בית יוסף או״ח שע״ו) — dans le sentier, il n'y a d'autre usage que le puisage, et il se fait à travers quatre tefa'him d'air.
La margelle haute de dix. Le Raavad, dans ses hassagot sur le Rambam (Hilkhot Érouvin 3:23), met une condition à cette halakha : que la margelle de la citerne soit haute de dix tefa'him ; alors l'air du domaine public ne l'interdit pas, et le domaine du compagnon non plus, par la voie de l'air ; sans cela, on n'y puise pas ; et il renvoie à la michna du chapitre המוצא תפילין. Le Maguid Michné s'en étonne : selon lui, le Rambam traite ici de l'interdit que les propriétaires font peser l'un sur l'autre, et il a exposé ce qui dépend de la nature des domaines au chapitre 15 des Hilkhot Chabbat.
Le Choulhan Aroukh HaRav distingue : « בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים? כְּשֶׁהַשְּׁבִיל הוּא רְשׁוּת הַיָּחִיד » (שו״ע הרב שע״ו:ב) ; « אֲבָל אִם הוּא כַּרְמְלִית, כְּגוֹן שֶׁמְּפֻלָּשׁ בִּשְׁנֵי רָאשָׁיו לְכַרְמְלִית — אֲפִלּוּ אִם הַבּוֹר מֻפְלָג מִכָּתְלֵי הַחֲצֵרוֹת ד׳ טְפָחִים אָסוּר לְמַלֹּאת מִמֶּנּוּ, אֶלָּא אִם כֵּן מַקִּיפָתוֹ חֻלְיָא גָּבוֹהַּ עֲשָׂרָה » (שו״ע הרב שע״ו:ב). Ces textes se lisent côte à côte : le Raavad demande la margelle sans distinguer, la seconde façon de Ri place le cas dans un sentier qui est un domaine public ou une karmelit, où les parois de la citerne sont hautes de dix, et le Rav ne demande la margelle que pour le sentier qui est une karmelit. Cette page ne dit pas d'où le Rav tire sa distinction.
10. Les trois ruines — en rang, ou כחצובה (séif ג)
La guemara rapporte, de Rav Na'hman au nom de Rabba bar Avouha au nom de Rav : « שְׁנֵי בָתִּים וְשָׁלֹשׁ חוֹרָבוֹת בֵּינֵיהֶם. זֶה מִשְׁתַּמֵּשׁ בַּסָּמוּךְ שֶׁלּוֹ עַל יְדֵי זְרִיקָה, וָזֶה מִשְׁתַּמֵּשׁ בַּסָּמוּךְ שֶׁלּוֹ עַל יְדֵי זְרִיקָה » (עירובין פ״ה ע״א) — « וְהָאֶמְצָעִי — אָסוּר » (עירובין פ״ה ע״ב). Rachi décrit les ruines : « מחיצות פרוצות זו לזו ואין בהן דיורין ואין להן בעלים אלא בני הבתים האלו ויש חלונות בבתים פתוחין לחורבה » (רש״י עירובין פ״ה ע״א).
L'objection de Rabbi Éliézer. Il demande à Rav : « וְהָא מָר הוּא דְּאָמַר: לָזֶה בְּשִׁלְשׁוּל וְלָזֶה בִּזְרִיקָה — שְׁנֵיהֶן אֲסוּרִין » (עירובין פ״ה ע״ב). Rachi : « אלמא אף על גב דשלשול נוח מזריקה הואיל דאינו ממש לאחד מהן כפתח לא שרינן ליה לחד מינייהו » (רש״י עירובין פ״ה ע״ב) — bien que descendre [un objet] soit plus commode que lancer, puisque ce n'est vraiment comme une porte pour aucun des deux, on ne le permet à aucun d'eux.
Rav répond : « מִי סָבְרַתְּ דְּקָיְימִי כְּשׁוּרָה? לָא — דְּקָיְימִי כַּחֲצוּבָה » (עירובין פ״ה ע״ב) — crois-tu qu'elles sont en rang ? Non : elles sont disposées כחצובה. Rachi, sur le rang : « זו אצל זו שתהא החיצונה מפסקת בין הבית ולאמצעי » (רש״י עירובין פ״ה ע״ב) — l'une à côté de l'autre, l'extérieure séparant la maison de celle du milieu ; et sur כחצובה : « ושלשתן סמוכין לבתים האמצעי כנגד השתים כשלשה רגלי הקנקן הלכך הסמוכין מותרין דאין אדם אוסר על חברו דרך אויר והאמצעי אסור דשניהן משתמשין בה בשלשול ורשות שניהם היא » (רש״י עירובין פ״ה ע״ב) — toutes trois voisines des maisons, celle du milieu face aux deux, comme les trois pieds d'un kankan ; c'est pourquoi les voisines sont permises, car on n'interdit pas à son prochain par la voie de l'air, et celle du milieu est interdite, car tous deux s'en servent en descendant [des objets], et c'est le domaine des deux. Il ajoute : « ואף על גב דשתים הסמוכות פרוצות לאמצעי האוסר לא אחמור רבנן במקום שאין לו תשמיש גמור שיהא אסור משום פרוץ » (רש״י עירובין פ״ה ע״ב) — la Michna Beroura le recopie (ס״ק כ״ב).
יסוד — le séif ג écrit d'abord le cas où la ruine du milieu est permise aux deux ; le Beit Yossef l'explique du rang : « וכי קיימי כשורה זו אצל זו שהחיצונה מפסקת בין הבית לאמצעי ושניהם אין משתמשין בה אלא דרך אויר שניהם מותרים בה דאינם אוסרים זה על זה דרך אויר » (בית יוסף או״ח שע״ו). Disposées « כשלשה ראשי קנקן » (שו״ע או״ח שע״ו:ג), la troisième, proche des deux cours, est interdite aux deux. Le Magen Avraham donne la raison de l'une et de l'autre : « כיון דאין ב׳ החצירות משתמשות בו אלא דרך אויר זריקה » (מגן אברהם שע״ו ס״ק ז) ; « כיון דמשתמשין בחורבה ע״י שלשול מה שאין כן בס״ב דהוי דרך אויר » (מגן אברהם שע״ו ס״ק ח).
Les textes n'ont pas tous le même mot : le Rachi que sert Sefaria écrit « כשלשה רגלי הקנקן » (רש״י עירובין פ״ה ע״ב), le Beit Yossef le cite « כג׳ ראשי קנקן » (בית יוסף או״ח שע״ו), le séif écrit « כשלשה ראשי קנקן » (שו״ע או״ח שע״ו:ג), et le Choulhan Aroukh HaRav « כְּג׳ רַגְלֵי הַקַּנְקַן » (שו״ע הרב שע״ו:ג) ; la guemara dit « כַּחֲצוּבָה » (עירובין פ״ה ע״ב). Le Taz, au ס״ק ה, rapporte la difficulté que Rachi soulève à partir du puits du séif ב, et sa réponse : la ruine sert à bien des usages, de près comme de loin, le puits au seul puisage (section 9).
11. Les ruines qui ont des propriétaires (séif ג)
Rachi écrit que les ruines n'ont pas d'autres propriétaires que les gens des maisons (section 10). Le Beit Yossef rapporte la réaction du Roch : « ועל מה שפירש״י שאין לחורבות בעלים אלא בעלי בתים הללו כתב הרא״ש משמע דס״ל דאם יש להם בעלים אוסרין אותם הבעלים על בעלי בתים אע״פ שאין לבעלים דיורים בחורבה וקשה דהא קי״ל דירה בלא בעלים לא שמה דירה » (בית יוסף או״ח שע״ו).
חקירה — une demeure sans maître n'interdit pas les autres ; mais peut-on transporter en elle ? Le Roch propose, pour Rachi : « ונראה דרש״י סובר דנהי שאינה אוסרת את החצר ואת המבוי שהיא פתוחה להם בתוכה מיהו אסור לטלטל » (בית יוסף או״ח שע״ו) ; et il conclut : « וקשה לעשות דירה בלא בעלים דירה לחצאין הלכך נראה דאינה אוסרת כלום » (בית יוסף או״ח שע״ו). Le Beit Yossef : « ורבינו סתם דבריו כדעת הרא״ש » (בית יוסף או״ח שע״ו) — et le Tour écrit en effet : « ואפי׳ יש לחורבות בעלים אינן אוסרים כיון שאין דרים בהם » (טור או״ח שע״ו).
Le Biour Halakha range les avis. D'un côté : « הנה דעת רש״י דדוקא כשאין להחורבות בעלים אחרים אלא בעלי החצרות שותפין בהן » (ביאור הלכה שע״ו), et « וכן הוא ג״כ דעת בעל המאור ובחידושי הרשב״א הביא שכן הוא ג״כ דעת הראב״ד » (ביאור הלכה שע״ו). De l'autre : « אבל בתוספות הביאו בשם ר״י שחולק על רש״י וס״ל דאפילו יש להן בעלים ג״כ מותר לפי שאינה בית דירה » (ביאור הלכה שע״ו) ; c'est aussi, écrit-il, l'avis du Roch et du Rachba, et le Tour a tranché ainsi. Puis : « ולפלא על השו״ע שלא הבית דעתו בזה ואפשר מדסתם ולא חילק משמע ג״כ דבכל גווני שרי ובלבוש פסק בהדיא דמותר אפילו ביש להן בעלים וכן פסק הגר״ז » (ביאור הלכה שע״ו).
Le Choulhan Aroukh HaRav, à la fin de son séif 3 : « וְחֻרְבּוֹת אֵלּוּ, אַף עַל פִּי שֶׁיֵּשׁ לָהֶם בְּעָלִים, מֻתָּרִים בְּנֵי חֲצֵרוֹת הַסְּמוּכוֹת לָהֶן לְהִשְׁתַּמֵּשׁ בָּהֶן וְאֵין הַבְּעָלִים אוֹסְרִים עֲלֵיהֶן, הוֹאִיל וְאֵינָן דָּרִים בָּהֶם, וְדִירָה בְּלֹא בְעָלִים אֵינָהּ אוֹסֶרֶת » (שו״ע הרב שע״ו:ג) ; voir le niveau 4, point ג.
Des ruines qui appartiennent à d'autres, qui n'y habitent pas. Selon Rachi — et, selon le Biour Halakha, le Ba'al HaMaor et le Raavad —, on ne s'en sert pas ; selon Ri dans les Tossafot, le Roch, le Rachba et le Tour, on s'en sert ; le Biour Halakha écrit que le Levouch l'a tranché expressément, et le Rav de même, et que le Mehaber l'a peut-être dit par son silence.
12. Les toilettes entre deux maisons (séif ד)
Le Beit Yossef donne la source du séif ד, les Hagahot Maïmoniyot : « כתוב בהגהות פט״ו מה״ש בית הכסא שבין שני בתים אם יש ביניהם פתח שיכולין לערב יחד מערבין ומותרים בו ואם לאו רשות שניהם שולטת בו ואסורין » (בית יוסף או״ח שע״ו), et en donne la raison : « וטעמא משום דדמי לבור שבין ב׳ חצירות ואין מחיצה תלויה מועלת בבית הכסא כמו בבור דאין מחיצה תלויה מתרת אלא במים » (בית יוסף או״ח שע״ו). La règle qu'il invoque est la réponse de Rav à Rabbi Tavla, dans la guemara : « אֵין מְחִיצָה תְּלוּיָה מַתֶּרֶת אֶלָּא בְּמַיִם, קַל הוּא שֶׁהֵקֵילּוּ חֲכָמִים בַּמַּיִם » (עירובין פ״ו ע״ב).
Un avis qui permet. Le Beit Yossef poursuit : « וכ״כ המרדכי בפרק הזורק אך כתב שה״ר יעקב מקינון מתיר משום דצואה מקום פטור הוא » (בית יוסף או״ח שע״ו) — le Mordekhaï écrit de même, mais rapporte que Rabbi Yaakov de Chinon permet, parce que les excréments sont un makom patour. Le séif ד écrit l'interdit sans rapporter cet avis.
חקירה — qu'est-ce qui est interdit ? Le Magen Avraham : « דדמי לכלים ששבתו בבית » (מגן אברהם שע״ו ס״ק ט). La Michna Beroura renvoie au siman 355 : « דמיירי שמקום מושב ביהכ״ס היה מיוחד לכל אחד לבדו ורק מקום החפירה שלמטה שהצואה נופלת שם היה של שניהם ולכן אסור דמוציא מרשותו לרשות השותפין שלא עירב עמדו אבל אם גם מקום המושב היה שייך לשניהם מותר » (משנה ברורה שע״ו ס״ק כ״ג). Le Choulhan Aroukh HaRav écrit la condition : « אִם הוּא שֶׁל שְׁנֵיהֶם בְּשֻׁתָּפוּת וְלֹא עֵרְבוּ יַחַד — אֲסוּרִים לִפָּנוֹת לוֹ לְכַתְּחִלָּה בְּשַׁבָּת » (שו״ע הרב שע״ו:ד), et la raison du Magen Avraham : « וְהַצּוֹאָה הִיא כְּכֵלִים שֶׁשָּׁבְתוּ בַּבַּיִת, וְאָסוּר לְהוֹצִיאָם אֲפִלּוּ מֵחָצֵר לְחָצֵר » (שו״ע הרב שע״ו:ד). Il écrit la condition de l'association sans distinguer le siège et la fosse ; cette page ne tranche pas comment ces textes s'accordent (niveau 4, point ד).
La parenthèse du séif ד renvoie au siman 355 ; la glose du Rama y écrit, au séif ג : « בית הכסא העומד בין שני בתים אסור לפנות שם אם לא עירבו יחד ולא עשו לו תיקון מבע״י כמו שנתבאר סעיף ב׳ דאז שרי דלא הוי אלא כמו חצר שאינה מעורבת כדלקמן סי׳ שנ״ו ועסי׳ שע״ו ס״ד » (רמ״א או״ח שנ״ה:ג), et : « וכל זה דוקא לכתחלה אבל דיעבד ששכחו ולא ערבו מותר דגדול כבוד הבריות » (רמ״א או״ח שנ״ה:ג). L'interdit lekhat'hila et l'aménagement, que le séif 4 du Rav écrit, se lisent déjà là. Sur l'aménagement, la Michna Beroura écrit : « היינו תיקון דדף או קנה. אבל תיקון דמחיצה תלויה אינו מועיל הכא עד שיורדת עד למטה » (משנה ברורה שנ״ה ס״ק ל״ה). Le Rav compare lui aussi le lieu à une cour, mais pour en tirer l'interdit : « לְפִי שֶׁהוּא כְּחָצֵר שֶׁל שְׁנֵיהֶם » (שו״ע הרב שע״ו:ד) ; chez le Rama, « כמו חצר שאינה מעורבת » (רמ״א או״ח שנ״ה:ג) vient après « דאז שרי » (רמ״א או״ח שנ״ה:ג), une fois l'aménagement fait, et la Michna Beroura écrit sur le renvoi qui suit : « דשם מבואר דבחצר שאינה מעורבת לכו״ע מותר כחו » (משנה ברורה שנ״ה ס״ק ל״ו) ; au siman 355, le Rav écrit lui-même, de ce cas, « אִם לֹא עַל יְדֵי דַף וְקָנֶה » (שו״ע הרב שנ״ה:י״ב) (niveau 4, point ד).
Pour celui qui a oublié de faire l'érouv, la Michna Beroura : « דאם שכח ולא עירב בדיעבד מותר לפנות דגדול כבוד הבריות » (משנה ברורה שע״ו ס״ק כ״ד) ; le séif 4 du Rav écrit « לְכַתְּחִלָּה » (שו״ע הרב שע״ו:ד), et ne dit pas ce qu'il en est après coup ; le Rav l'écrit au siman 355, au séif qui suit celui cité ci-dessus : « וְכָל זֶה לְכַתְּחִלָּה. אֲבָל בְּדִיעֲבַד, שֶׁשָּׁכְחוּ וְלֹא עֵרְבוּ — מֻתָּר מִשּׁוּם כְּבוֹד הַבְּרִיּוֹת » (שו״ע הרב שנ״ה:י״ג), comme la glose du Rama au siman 355 (ci-dessus).
13. Récapitulatif des chitot et conclusion halakhique
Le fondement — pour l'eau, une facilité est accordée : on demande que les domaines se distinguent, et que le seau n'aille pas ouvertement dans la part de l'autre (Michna Beroura, ס״ק ד et ט) ; et l'usage qui ne passe que par l'air n'interdit pas à l'autre, notamment aux séifim ב et ג :
- la citerne entre deux cours qui ne peuvent pas faire l'érouv, ou ne l'ont pas fait : pas de puisage pendant Chabbat sans une cloison de dix [tefa'him] au-dessus de l'eau dont un téfa'h descend dans l'eau — ou, si elle est tout entière dans l'eau, dont un téfa'h dépasse — (séif א, selon Rav Yehouda, que suivent notamment le Rif, le Rambam et le Roch) ; selon la Michna Beroura, une cloison faite à cette fin, à l'intérieur du rebord ; le mur de la cour ne compte pas (ס״ק ג) ;
- ou une poutre large de quatre tefa'him sur l'ouverture (séif א) — parce qu'on la voit descendre jusqu'à l'eau, et qu'un seau ne va pas au-delà de quatre tefa'him (Michna Beroura, ס״ק ט ; le Rav) ; le Biour Halakha laisse ouverte, pour la pratique, la question de la poutre hors du rebord ;
- la glose du Rama : cela seulement avec des ustensiles de la maison ; avec ceux de la cour, aucune réparation (séif א) — mais, selon le Magen Avraham et la Michna Beroura, on ne fait pas entrer l'eau dans la maison sans réparation (ס״ק ג ; ס״ק י), ce qu'écrit aussi le Rav ;
- le puits au milieu du sentier, même à quatre tefa'him de chaque mur : les deux y puisent, sans saillies (séif ב), comme Rav ; glose du Rama : seulement si les cours ne s'ouvrent sur le sentier que par des fenêtres ; et certains disent que, s'il n'est pas éloigné de quatre tefa'him, ils interdisent même alors — la Michna Beroura écrit que les A'haronim ont tranché ainsi (ס״ק ט״ו) ; le Rav écrit la permission pour un sentier qui est un domaine privé, quand les cours n'ont sur lui que des fenêtres, la citerne étant à quatre tefa'him de chaque cour et les fenêtres à dix tefa'him de l'eau, et, pour un sentier qui est une karmelit, exige une margelle haute de dix ;
- les trois ruines : chacun se sert de la sienne en lançant par les fenêtres, et celle du milieu est permise aux deux — quand elles sont en rang, explique le Beit Yossef ; disposées comme les trois têtes d'un kankan, la troisième, proche des deux cours, est interdite aux deux (séif ג) ; pour des ruines qui ont d'autres propriétaires, le Biour Halakha rapporte le désaccord de Rachi et des Tossafot, et cite notamment le Levouch et le Rav, qui permettent ;
- les toilettes entre deux maisons sans érouv : le domaine des deux s'y exerce, ils sont interdits (séif ד) — la cloison suspendue ne sert que pour l'eau (Beit Yossef) ; selon la Michna Beroura, quand seule la fosse est commune (ס״ק כ״ג), et, pour celui qui a oublié de faire l'érouv, a posteriori il est permis d'y aller (ס״ק כ״ד) ; le Rav : interdit lekhat'hila, quand elles appartiennent aux deux en association, jusqu'à l'érouv ou un aménagement — au siman 355, le Rav écrit pour ce cas une planche ou un roseau, et, pour celui qui a oublié de faire l'érouv, qu'a posteriori c'est permis (séif 13).
Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav ; l'usage de la communauté compte aussi.
Pour aller plus loin
Niveau 3 — Synthèse : récapitulatif structuré, repères mnémotechniques, arbres de décision et règles pratiques.
Niveau 4 — Daat HaRav : la chita de l'Admour HaZaken (Choulhan Aroukh HaRav, 4 séifim sur ce siman).