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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman שע״ז · 1 séif du Choulhan Aroukh

Deux étages face à face, ouverts sur une cour — pour découvrir et comprendre
סימן שע״ז
דין ב׳ עליות זו כנגד זו הפתוחות לחצר
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Première approche du Siman שע״ז : texte hébreu intégral du Mehaber et de la glose du Rama, traduction française, explications des concepts halakhiques, cas pratiques et synthèse.

Sujet : deux étages (aliyot) face à face, ouverts sur une cour qui n'a pas quatre amot, dont l'un a fait une fosse (goumma) dans la cour, pour verser ses eaux dans la cour — qui peut verser, selon que les deux ont fait l'érouv ensemble, ou que l'un l'a fait pour lui-même et l'autre pas du tout ; et la glose du Rama sur la cour de plus de quatre amot
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן שע״ז (un seul séif dans le Choulhan Aroukh, avec une glose du Rama ; un seul aussi dans le Choulhan Aroukh HaRav, étudié au niveau 4)

Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

📑 Plan de l'étude

1. Le texte du Choul'han Aroukh — l'unique séif du Mehaber, avec la glose du Rama
2. Le contexte général : pourquoi ce siman, quelle est la question ?
3. Les concepts-clés halakhiques de ce siman
4. Le détail des seifim — un par un
5. Le Mishnah Berurah — premières entrées
6. La position du Rama — sa glose et ses limites
7. Cas pratiques modernes
8. Synthèse pratique et règles à retenir
9. Questions de compréhension

1. Le texte du Choul'han Aroukh

Le siman שע״ז contient un seul séif du Mehaber (Rabbi Yossef Karo), avec une glose du Rama. Objet du siman, selon son titre : la règle de deux étages (aliyot) face à face, ouverts sur une cour. Le séif dit qui peut verser ses eaux dans une cour qui n'a pas quatre amot, quand l'un des deux étages y a fait une fosse : selon qu'ils ont fait l'érouv ensemble, ou que l'un l'a fait pour lui-même et l'autre pas du tout. Le Choulhan Aroukh de l'Admour HaZaken compte lui aussi un seul séif pour ce siman ; sa rédaction est étudiée au niveau 4.

Seif א

דין ב' עליות זו כנגד זו הפתוחות לחצר. ובו סעיף אחד:
שתי עליות הפתוחו' לחצר זו כנגד זו ואחת עשתה גומא בחצר כדי לשפוך בחצר שאין בה ד' אמות מימיה והשני' לא עשתה אם עירבו יחד שתיהן מותרו' לשפוך מימיהן ואם לא עירבו יחד והאחת עירב' לעצמ' והשני' לא עירב' כלל זו שלא עירב' אסור' ושעירבה מותרת ובלבד שלא תשפוך להדיא בגומא אלא תשפוך בעלייה והם יורדים לגומא: הגה דכחו בחצר שאינה מעורבת שרי (טור) וה״ה אם החצר יותר מד' אמות דשתיהם מותרים בכה״ג ואין צריכים לגומא (ב״י):
Traduction : Deux étages (aliyot) ouverts sur une cour, l'un face à l'autre ; l'un [des deux] a fait une fosse (goumma) dans la cour, pour verser ses eaux dans la cour, qui n'a pas quatre amot, et le second n'en a pas fait. S'ils ont fait l'érouv ensemble, les deux ont le droit de verser leurs eaux. Et s'ils n'ont pas fait l'érouv ensemble — l'un a fait l'érouv pour lui-même, et le second n'a pas fait d'érouv du tout —, celui qui n'a pas fait l'érouv est interdit [de verser], et celui qui l'a fait est permis, à condition qu'il ne verse pas directement dans la fosse, mais qu'il verse dans l'étage, et [les eaux] descendent à la fosse. Glose du Rama : car sa force (ko'ho) [l'eau que son geste fait descendre] dans une cour qui n'a pas d'érouv, c'est permis (Tour) ; et de même, si la cour a plus de quatre amot, les deux sont permis dans un tel cas, et n'ont pas besoin de fosse (Beit Yossef).
Ce que dit ce séif :

2. Le contexte général

De quoi parle ce siman ?

Le Beit Yossef rattache ce cas à la fin du chapitre Kètsad mishtatfin du traité Érouvin : « והדין משנה ס״פ כיצד משתתפין » (בית יוסף או״ח שע״ז). La michna (88a) pose d'abord la règle de la petite cour : « חָצֵר שֶׁהִיא פְּחוּתָה מֵאַרְבַּע אַמּוֹת — אֵין שׁוֹפְכִין בְּתוֹכָהּ מַיִם בְּשַׁבָּת, אֶלָּא אִם כֵּן עָשׂוּ לָהּ עוּקָה מַחְזֶקֶת סָאתַיִם מִן הַנֶּקֶב וּלְמַטָּה » (עירובין פ״ח ע״א) — une cour de moins de quatre amot, on n'y verse pas d'eau pendant Chabbat, à moins qu'on ne lui ait fait une fosse (ouka) contenant deux se'a, de l'orifice vers le bas. Puis : « וְכֵן שְׁתֵּי דְיוֹטָאוֹת זוֹ כְּנֶגֶד זוֹ, מִקְצָתָן עָשׂוּ עוּקָה וּמִקְצָתָן לֹא עָשׂוּ עוּקָה, אֶת שֶׁעָשׂוּ עוּקָה — מוּתָּרִין, אֶת שֶׁלֹּא עָשׂוּ עוּקָה — אֲסוּרִין » (עירובין פ״ח ע״א) — et de même, deux étages (dyotaot) face à face : une partie a fait une fosse, et une partie n'en a pas fait ; ceux qui ont fait la fosse sont permis, ceux qui ne l'ont pas faite sont interdits. Rachi explique les étages : « עליות וחצר פחותה מארבע אמות לפניהם ששופכין בה מימיהם » (רש״י עירובין פ״ח ע״א) — des étages, avec devant eux une cour de moins de quatre amot, où ils versent leurs eaux ; et « בני האחת עשו עוקה בחצר ובני האחת לא עשו » (רש״י עירובין פ״ח ע״א) — les gens de l'un ont fait une fosse dans la cour, et les gens de l'autre n'en ont pas fait.

La guemara rapporte d'abord, au nom de Rava : « אָמַר רָבָא: אֲפִילּוּ עֵירְבוּ » (עירובין פ״ח ע״ב) — même s'ils ont fait l'érouv. Abbayé objecte, et la guemara rapporte autrement la parole de Rava : « לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁלֹּא עֵירְבוּ, אֲבָל עֵירְבוּ — מוּתָּרִין » (עירובין פ״ט ע״א) — on ne l'a enseigné que s'ils n'ont pas fait l'érouv ; mais s'ils l'ont fait, ils sont permis. Puis la raison de l'interdit : « וְכִי לֹא עֵירְבוּ, מַאי טַעְמָא לָא? אָמַר רַב אָשֵׁי: גְּזֵירָה דִּילְמָא אָתֵי לְאַפּוֹקֵי מִמָּאנֵי דְבָתִּים לְהָתָם » (עירובין פ״ט ע״א) — et s'ils n'ont pas fait l'érouv, pourquoi pas ? Rav Achi dit : c'est un décret, de peur qu'on en vienne à sortir [l'eau] avec les ustensiles des maisons, là-bas. Rachi lit le texte ainsi : « הכי גרסינן דלמא אתי לאפוקי מיא במאני דבתים להכא - לשפת העוקה לשפוך לתוכה » (רש״י עירובין פ״ט ע״א) — c'est ainsi que nous lisons : de peur qu'on en vienne à sortir l'eau dans les ustensiles des maisons, ici : jusqu'au bord de la fosse, pour y verser (les leçons sont comparées au niveau 2).

Les Tossafot, que le Beit Yossef recopie avec le Roch, posent la question : « וא״ת אי דלא עירבו תרוייהו ליתסרו » (תוספות עירובין פ״ט ע״א) — s'ils n'ont pas fait l'érouv, que les deux soient interdits ! Et ils répondent : « וי״ל דאינם שופכין ממש בתוך העוקה שבחצר אלא שופכין על הדיוטא והן יורדין על העוקה הסמוכה לה » (תוספות עירובין פ״ט ע״א) — ils ne versent pas directement dans la fosse de la cour, mais versent sur l'étage, et [les eaux] descendent à la fosse qui en est proche ; « ואע״ג דהוי חצר שאינה מעורבת מ״מ לא אסרו חכמים כאן אלא בכרמלית כעין שפירשנו לעיל אבל בחצר שאינה מעורבת לא אסרו כלל » (תוספות עירובין פ״ט ע״א) — bien que ce soit une cour sans érouv, les Sages n'ont interdit ici que vers un karmelit, mais dans une cour sans érouv ils n'ont rien interdit. Et ceux qui n'ont pas fait de fosse : « ואותם שלא עשו עוקה אסורים כדאמר דילמא אתו לאפוקי מיא במנא דבתים להכא שיורידו מן הדיוטא בכלים מלאים מים לשפת העוקה שרחוקה מהן דאין רוצין שיפלו המים למטה ויקלקל החצר » (תוספות עירובין פ״ט ע״א) — ils sont interdits, de peur qu'ils ne descendent de l'étage avec des récipients pleins d'eau jusqu'au bord de la fosse, qui est loin d'eux, parce qu'ils ne veulent pas que l'eau tombe en bas et abîme la cour. Ce passage se lit chez les Tossafot, non dans le Roch tel que le sert Sefaria, qui porte la question et la réponse. Le Biour Halakha note que le Rambam explique cette michna autrement : « הנה בב״י העתיק פירוש התוספות על סוגיא זו ויש עוד לרמב״ם בפירוש המשנה פירוש אחר על המשנה זו ובדרך זה דרך ג״כ בהלכותיו אבל כפי פירוש התוספות כתב ג״כ הרשב״א והריטב״א וכתבו שכן כתבו רוב המפרשים » (ביאור הלכה שע״ז) — le Beit Yossef a recopié l'explication des Tossafot ; le Rambam a une autre explication dans son commentaire de la Michna, et la suit dans ses Halakhot ; mais l'explication des Tossafot est aussi celle du Rashba et du Ritva, qui écrivent que c'est celle de la plupart des commentateurs.

Le séif du Mehaber reprend les mots du Tour, et le Taz écrit qu'il n'a pas réussi à les expliquer : « בסעיף זה העתיק לשון הטור ובאמת הסכנתי נפשי מאוד לישב זה ולא עלתה בידי » (ט״ז או״ח שע״ז ס״ק א) — dans ce séif, il a recopié le texte du Tour ; je me suis donné beaucoup de peine pour l'expliquer, et je n'y suis pas parvenu. Dans la guemara et chez les Tossafot, explique-t-il, la différence entre les deux étages tient à la fosse, proche de l'un et loin de l'autre ; le Tour, lui, « והנה הטור הולך בשיטת התו׳ והכניס דברי׳ אחרים לכאן מה שאין להם ענין » (ט״ז או״ח שע״ז ס״ק א) — suit la méthode des Tossafot, et a introduit ici d'autres paroles qui n'ont pas de rapport : l'érouv de l'étage pour lui-même. L'explication de son beau-père, une galerie devant l'étage, ne le satisfait pas : « ולמו״ח ז״ל ראיתי שפי׳ בזה שיש שם מרפסת להעליי׳ וכל רוא׳ דבריו בזה לא ימצא ישוב ותי׳ כלל על התימהון שיש כאן » (ט״ז או״ח שע״ז ס״ק א) — j'ai vu que mon beau-père, de mémoire bénie, l'explique par une galerie de l'étage ; quiconque voit ses paroles n'y trouvera ni explication ni réponse à l'étonnement qu'il y a ici. Et : « ואולי יש ט״ס וחסרון איזה בבא בדברי הטור והתימא הגדולה שהב״י לא הרגיש בתימה זו והעתיק כאן בש״ע הנחנו הדבר למי שלבו שלם בדבר אולי יכול ליישבו » (ט״ז או״ח שע״ז ס״ק א) — peut-être y a-t-il une erreur de copiste, et un passage manquant, dans les paroles du Tour ; le grand étonnement est que le Beit Yossef ne s'en est pas aperçu, et l'a recopié ici dans le Choulhan Aroukh ; nous laissons la chose à qui a le cœur entier pour l'expliquer. Il rapporte aussi la réponse du Levush, interrogé sur ce point — la chose dépendrait de la fosse et de l'érouv, non de la distance —, et la rejette au nom des Tossafot. L'Eliya Rabba, lui, tient pour l'essentiel le Tour et la réponse du Levush, contre le Taz : « לכן נראה לי עיקר בטור וביישוב הלבוש אף שהט״ז כתב דמאן דמותיב שפיר מותיב ולבוש לא תירץ כלום » (אליה רבה שע״ז ס״ק ג) — c'est pourquoi il me semble que l'essentiel est [selon] le Tour et la résolution du Levush, bien que le Taz ait écrit que celui qui objecte objecte bien, et que le Levush n'a rien résolu. Cette page rapporte ces lectures sans trancher (niveau 2, section 5). Le Magen Avraham et la Michna Beroura, eux, lisent le séif avec une galerie devant les étages (section 3).

La question fondamentale : deux étages face à face donnent sur une cour qui n'a pas quatre amot, où l'on ne verse pas d'eau sans fosse ; l'un d'eux a fait une fosse. Qui peut y verser ses eaux ? Le séif répond notamment selon l'érouv — fait ensemble, ou par l'un pour lui-même, l'autre n'en ayant fait aucun —, selon la fosse, et selon la manière de verser : directement dans la fosse, ou dans l'étage, l'eau descendant à la fosse ; la glose du Rama ajoute la raison, et le cas de la cour de plus de quatre amot.

Place dans Hilkhot Érouvin

Dans l'index de Sefaria, la section הלכות עירובין du Choul'han Aroukh commence au siman 345. Le siman שע״ז s'appuie sur le siman 357, séif 1 — la cour de moins de quatre amot, où l'on ne verse pas d'eau sans fosse quand elle est proche du domaine public, en été : le Tour y renvoie, « כדי לשפוך בחצר שאין בה ד״א מימיה כדפרישית לעיל » (טור או״ח שע״ז), comme la Michna Beroura (ס״ק ב) ; et une parenthèse à la fin du séif 1 du siman 357, en petits caractères dans le texte que sert Sefaria, renvoie au siman 377 : « וע״ל סי׳ שע״ז » (שו״ע או״ח שנ״ז:א). Le Magen Avraham renvoie notamment au siman 375 (ס״ק ב).

3. Les concepts-clés halakhiques

Quelques notions structurent ce siman, dans l'ordre du séif :

Les notions essentielles du siman שע״ז :

4. Le détail des seifim — un par un

SeifContenu
אDeux étages face à face, ouverts sur une cour ; l'un a fait une fosse dans la cour, pour verser ses eaux dans la cour, qui n'a pas quatre amot ; l'autre non. S'ils ont fait l'érouv ensemble, les deux peuvent verser leurs eaux. S'ils ne l'ont pas fait ensemble — l'un l'a fait pour lui-même, l'autre pas du tout —, celui qui n'a pas fait l'érouv est interdit, celui qui l'a fait est permis, à condition de ne pas verser directement dans la fosse, mais dans l'étage, l'eau descendant à la fosse. Rama : car sa force dans une cour sans érouv est permise (Tour) ; de même, si la cour a plus de quatre amot, les deux sont permis dans un tel cas, et n'ont pas besoin de fosse (Beit Yossef).
Le cœur du siman : qui peut verser ses eaux dans une petite cour — qui n'a pas quatre amot, et où l'on ne verse pas sans fosse (siman 357, séif 1 : quand elle est proche du domaine public, en été ; Michna Beroura, ס״ק ב) — quand deux étages face à face y donnent, et que l'un d'eux a fait la fosse. L'érouv fait ensemble permet aux deux de verser (séif א) — même directement dans la fosse, précise la Michna Beroura (ס״ק ג). Sans érouv commun, quand l'un l'a fait pour lui-même et l'autre pas du tout, le premier verse dans son étage, l'eau descendant à la fosse, et non directement dans la fosse ; le second est interdit (séif א). La Michna Beroura lit le cas avec une galerie devant chaque étage, et réserve la permission à celui qui a fait la fosse (ס״ק ד, ה et ו) ; le Taz écrit qu'il n'a pas réussi à expliquer ce séif (section 2). La glose du Rama donne la raison — sa force, dans une cour sans érouv, est permise — et ajoute que, dans une cour de plus de quatre amot, les deux sont permis dans un tel cas (בכה״ג), sans fosse (séif א) — selon le Beit Yossef, s'ils n'ont pas fait l'érouv [ensemble], chacun verse dans son domaine, l'eau allant par sa force (מכחו) à la cour, et non directement dans la cour ; selon la Michna Beroura (ס״ק ט), aussi sur la galerie, quand chacun a fait l'érouv pour soi ; le Taz met en doute cette distinction, et le Biour Halakha rapporte que beaucoup d'A'haronim ont écarté sa preuve (section 6).

5. Le Mishnah Berurah — premières entrées

Le Mishnah Berurah de Rabbi Israël Méir Kagan (Hafets Haïm) compte 10 entrées sur ce siman. Les voici toutes, dans l'ordre — pour mieux comprendre le sens du séif :

משנה ברורה (א) — (א) ואחת עשתה גומא וכו' - סמוך לה נגד עליתה:
משנה ברורה (ב) — (ב) כדי לשפוך בחצר שאין בה וכו' - דבחצר כזה אסור לשפוך מים כשאין בה גומא לזה וכנ״ל בסימן שנ״ז ס״א עי״ש. וביש בהחצר ד״א עיין בסוף הסעיף בהג״ה ובמה שכתבנו שם:
משנה ברורה (ג) — (ג) לשפוך מימיהן - אפילו תוך הגומא להדיא:
משנה ברורה (ד) — (ד) והאחת עירבה וכו' - אותה שעשתה הגומא עם כל שכניה הדרים אצלה בעליתה ומיירי בשיש מרפסת לפני כל עליה ועליה ונכנסין הכל להמרפסת דרך פתח העליה וממנה יורדין לחצר:
משנה ברורה (ה) — (ה) אסורה - אפילו אם עשתה ג״כ גומא [וכ״ש לפי מה דאיירי המחבר בשלא עשתה גומא] ולא מיבעי שאסורה להוציא הכלי עם השופכין דרך החצר עד גומתה או להוציא להמרפסת דהא לא עירבה אלא אפילו לשפוך בביתה שילך המים מעצמו למרפסת ומשם ירד למטה ג״כ אסור דחיישינן שמא יחוס על קלקול ביתו שלא יטנף מפני השופכין ויטלטל הכלי עם השופכין להמרפסת להדיא והלא היא משותפת לכל דיירי העליה ולא עירבו ביניהם:
משנה ברורה (ו) — (ו) ושעירבה מותרת - ובלבד שעשתה גומא וכנ״ל אבל בלא גומא אסורה לשפוך בביתה או למרפסת שירדו המים לחצר דבודאי ירדו מהחצר לר״ה וכנ״ל בסימן שנ״ז ואפילו אם חברתה עשתה גומא והמים ירדו מהחצר לאותה גומא ג״כ אסור דחיישינן שיחוש לקלקול החצר שלא יטנף מהשופכין דרך הליכתן לגומא כיון שהגומא רחוקה ממנה ויוציא כלי הבית עם השופכין לחצר כדי לשפוך להדיא לגומא והם הלא לא עירבו יחד:
משנה ברורה (ז) — (ז) שלא תשפוך להדיא בגומא - דהא החצר משותף לשניהם והם לא עירבו ביחד:
משנה ברורה (ח) — (ח) דכמו בחצר וכו' - ר״ל אע״ג דהחצר שהגומא ביה שייך לשניהם והמים יורדים שם בגומא מכחו:
משנה ברורה (ט) — (ט) דשתיהם מותרים וכו' - היינו לשפוך גם על המרפסת ושירד לחצר ומיירי בשעירבו כ״א לעצמו ולא חיישינן שיוציא הכלי עם המים לחצר לשפוך בתוך הגומא שעשה חבירו דכיון שיש בהחצר שיעור ד״א בשיעור שהוא רחב כזה ראוי שיבלע המים במקומו ולא יתקלקל החצר:
משנה ברורה (י) — (י) ואין צריכים לגומא - ר״ל וע״כ אפילו אם אחד עשה גומא לצד עליתו לא חיישינן שהשני יוליך הכלי עם השופכין לשם:

Dans le texte que sert Sefaria, l'entrée (ח) commence par « דכמו », là où le séif, dans l'édition Maginei Eretz, porte « דכחו » ; recopié tel quel. Pour le texte sur Sefaria : Mishnah Berurah 377.

6. La position du Rama

Le Rama (Rabbi Moshe Isserles) ajoute une glose (הגה) à ce séif. Dans le texte que sert Sefaria (édition Maginei Eretz), elle vient à la fin du séif, après les mots אלא תשפוך בעלייה והם יורדים לגומא, et cite le Tour, puis le Beit Yossef.

La glose du Rama et ses limites :

7. Cas pratiques modernes

Les situations ci-dessous sont des applications du site : le séif ne les nomme pas, chacune est rattachée à la proposition du séif qu'elle met en jeu.

SituationAnalyse rapide
Deux logements à l'étage, face à face, au-dessus d'une petite cour commune, qui ont fait l'érouv ensembleApplication du site, séif א : dans le cas du séif — une cour qui n'a pas quatre amot, et une fosse faite par l'un —, « אם עירבו יחד שתיהן מותרו׳ לשפוך מימיהן » (שו״ע או״ח שע״ז:א) ; même directement dans la fosse, selon la Michna Beroura (ס״ק ג). Si une cour et un écoulement d'aujourd'hui répondent au cas du séif : consulte ton Rav.
Deux étages face à face, chacun de plusieurs logements ouverts sur une galerie commune ; ceux d'un étage ont fait l'érouv entre eux, ceux de l'autre aucunApplication du site, séif א, lu comme le lit la Michna Beroura (ס״ק ד : l'érouv pour soi est celui que fait l'étage avec tous les voisins qui y habitent, une galerie se trouvant devant chaque étage) : dans le cas du séif — une cour qui n'a pas quatre amot, et une fosse faite par l'étage qui a fait l'érouv —, celui qui n'a pas fait l'érouv est interdit, celui qui l'a fait est permis, à condition de ne pas verser directement dans la fosse, mais dans l'étage, l'eau descendant à la fosse (séif א) ; la Michna Beroura réserve la permission à celui qui a fait la fosse (ס״ק ו), et interdit à l'autre même de verser dans sa maison pour que l'eau aille d'elle-même à la galerie (ס״ק ה). Le Taz écrit qu'il n'a pas réussi à expliquer ce séif (ס״ק א). Consulte ton Rav.
La cour commune a quatre amot ou plusApplication du site, séif א, glose du Rama : les deux sont permis dans un tel cas, et n'ont pas besoin de fosse (d'après le Beit Yossef) ; selon le Beit Yossef, s'ils n'ont pas fait l'érouv [ensemble], chacun verse dans son domaine et l'eau va par sa force (מכחו) à la cour : on n'y verse pas directement ; selon la Michna Beroura, en versant aussi sur la galerie, l'eau descendant à la cour, quand chacun a fait l'érouv pour soi (ס״ק ט) ; le Biour Halakha écrit que « plus de quatre » n'est pas précis : de même à quatre amot. Le Taz met en doute cette distinction (ס״ק א), et le Biour Halakha rapporte que beaucoup d'A'haronim ont écarté sa preuve. Consulte ton Rav.
Pour les cas pratiques précis : le séif fait dépendre la permission, notamment, de l'érouv — fait ensemble, ou par l'un pour lui-même —, de la fosse et de la manière de verser ; la glose du Rama, de la taille de la cour ; et les commentateurs y posent des conditions, ou en discutent la lecture. Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav.

8. Synthèse pratique du Siman

Les enseignements du Siman שע״ז :
  1. Le cas : deux étages face à face, ouverts sur une cour qui n'a pas quatre amot ; l'un a fait une fosse dans la cour, pour verser ses eaux dans la cour, l'autre non (séif א) ; dans une telle cour, on ne verse pas sans fosse (Michna Beroura, ס״ק ב ; au siman 357, séif 1, quand la cour est proche du domaine public, en été).
  2. S'ils ont fait l'érouv ensemble, les deux peuvent verser leurs eaux (séif א) — même directement dans la fosse, selon la Michna Beroura (ס״ק ג).
  3. Si l'un a fait l'érouv pour lui-même, et l'autre pas du tout, celui qui n'a pas fait l'érouv est interdit, celui qui l'a fait est permis (séif א) ; selon la Michna Beroura, celui qui n'a pas fait l'érouv est interdit même s'il a fait une fosse (ס״ק ה), et celui qui l'a fait n'est permis que s'il a fait la fosse (ס״ק ו).
  4. La condition : ne pas verser directement dans la fosse, mais dans l'étage, l'eau descendant à la fosse (séif א) — la cour est commune aux deux, et ils n'ont pas fait l'érouv ensemble (Michna Beroura, ס״ק ז).
  5. Glose du Rama : car sa force, dans une cour sans érouv, est permise (séif א, d'après le Tour).
  6. Glose du Rama : de même, si la cour a plus de quatre amot, les deux sont permis dans un tel cas, et n'ont pas besoin de fosse (séif א, d'après le Beit Yossef) ; le Taz met cette distinction en doute (ס״ק א), et le Biour Halakha rapporte que beaucoup d'A'haronim ont écarté sa preuve.
  7. Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav.

9. Questions de compréhension

Vérifie ta compréhension :
  1. Pourquoi ne verse-t-on pas d'eau, sans fosse, dans une cour qui n'a pas quatre amot, et quand n'a-t-on pas besoin de fosse (siman 357, séif 1) ?
  2. Que dit la michna des deux étages face à face (עירובין פ״ח ע״א), et comment la parole de Rava la limite-t-elle (עירובין פ״ט ע״א) ?
  3. Quelle est la crainte de Rav Achi, et comment les Tossafot l'expliquent-elles pour l'étage qui n'a pas fait de fosse ?
  4. Pourquoi celui qui a fait l'érouv ne verse-t-il pas directement dans la fosse (séif א ; Michna Beroura, ס״ק ז) ?
  5. Comment la Michna Beroura lit-elle « l'un a fait l'érouv pour lui-même » (ס״ק ד), et quelle difficulté le Taz trouve-t-il dans ce séif (ס״ק א) ?
  6. Que permet la glose du Rama dans une cour de plus de quatre amot, et pourquoi le Taz en doute-t-il (ס״ק א ; Biour Halakha) ?

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
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