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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman קמ״א — Les statues et les figures de l’idolâtrie

La statue trouvée, l’ustensile orné, la figure que l’on fait — et celle qu’on ne fait pas
יורה דעה · סימן קמ״א
דִּין הַצְּלָמִים וְהַצּוּרוֹת שֶׁל עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Première approche du Siman 141 : les 8 seifim du Mehaber et les gloses du Rama, texte hébreu et traduction française fluide. Le siman 139 traitait de l’idole elle-même et de son annulation ; le 140, de l’offrande mélangée. Celui-ci se tourne vers les images : la statue trouvée dans une rue, le bijou gravé d’un soleil, la bague à sceau, le tableau, le candélabre à sept branches. Il pose deux questions qui ne se confondent jamais — pour quoi cette figure a-t-elle été faite ? (seifim 1 à 3) et qu’un Juif a-t-il le droit de faire, et de garder ? (seifim 4 à 8).

Sujet : Les statues et les figures — צלמים, שברי צלמים, חמה ולבנה ודרקון, מכובדים ומבוזים, לא תעשון אתי, בולט ושוקע, טבעת שחותמה בולט, צורה שלימה, תבנית היכל ומנורה
Source : שולחן ערוך יורה דעה סימן קמ״א

Compilation : הרב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

📑 Plan de l’étude

1. Le texte du Mehaber : les 8 seifim, avec les gloses du Rama
2. Contexte : les michnayot du chapitre כל הצלמים et la sougya de לא תעשון אתי
3. Les concepts-clés : présomption, honoré et vil, relief et creux, soupçon
4. Les tableaux récapitulatifs : trouver, faire, garder
5. Le Taz et le Chakh : huit entrées-clés
6. Les gloses du Rama (הגה) : sept interventions, et les parenthèses de source
7. Cas pratiques modernes : le musée, la médaille, la poupée, le logo solaire, la synagogue, la Menora
8. Synthèse et questions de compréhension

1. Le texte du Mehaber — les 8 seifim

Le Siman 141 est le plus commenté de son lot — trente-six notes du Chakh, quinze du Taz, quinze du Pit’hei Techouva. La raison est simple : il touche à ce que tout le monde possède. Il se lit en deux mouvements. Seifim 1 à 3 — la figure trouvée : elle a été faite par un non-Juif, et la seule question est de savoir pour quoi ; le lieu, l’attribut, l’état de l’objet et la nature de l’ustensile en sont les indices. Seifim 4 à 8 — la figure faite : ici c’est un Juif qui fait, ou qui garde, et la question devient celle du verset לא תעשון אתי et du soupçon.

Deux mots reviennent sans cesse et ne doivent pas être confondus : צלם, la statue faite pour être adorée ou présumée telle, et צורה, la figure en général — l’image d’un homme, d’un astre, d’un animal — qui n’est interdite que par un verset propre, indépendant de l’idolâtrie.

Seif 1 — Villages et grandes villes : la présomption sur la statue

דין הצלמים והצורות של עבודת כוכבים. ובו ח׳ סעיפים: כל הצלמים של עבודת כוכבים הנמצאים בכפרים אסורים דסתמא לשם אלילים נעשו והנמצאים בכרכים מותרים דודאי לנוי נעשו (לשון המחבר) אא״כ עומדין על פתח המדינה (לשון רמב״ם פ״ז מהל׳ עבודת כוכבים) והיה ביד הצורה צורת מקל או צפור או כדור או סייף או עטרה וטבעת: הגה צורת שמשתחוים לו דינו כדין צלם ואסור בלא ביטול אבל אותן שתולין בצואר לזכרון לא מקרי צלם ומותר (מרדכי ר״פ כל הצלמים בשם ראבי״ה):
Titre du siman : la loi des statues et des figures de l’idolâtrie ; et il comporte huit seifim.

Toutes les statues de l’idolâtrie que l’on trouve dans les villages sont interdites, car, à défaut d’indication, elles ont été faites pour les idoles ; et celles que l’on trouve dans les grandes villes sont permises, car elles ont certainement été faites pour l’ornement (langue du Mehaber) — sauf si elles se tiennent à l’entrée de la ville (langue du Rambam, ch. 7 des lois de l’idolâtrie) et que la figure tient en main la forme d’un bâton, d’un oiseau, d’une boule, d’une épée, ou d’une couronne et d’un anneau.

Glose du Rama : une figure devant laquelle on se prosterne a le statut d’une statue idolâtre et reste interdite tant qu’elle n’a pas été annulée ; mais celles que l’on suspend au cou en souvenir ne sont pas appelées « statue » et sont permises (Mordekhi, début du chapitre כל הצלמים, au nom du Raavya).
Le seif 1 pose la question du siman entier : pourquoi cette figure a-t-elle été faite ? Ce n’est pas la figure qui décide, c’est l’intention de celui qui l’a faite — et comme on ne la connaît pas, on la présume. Au village, la présomption est l’idolâtrie ; en ville, l’ornement. Deux signes renversent la présomption de la ville : la place — à l’entrée — et l’attribut dans la main. Le Chakh (ס״ק ב) précise que מדינה veut dire ici la ville, et le Chakh comme le Taz insistent : ces signes valent pour toute figure, non pour la seule figure humaine.

Seif 2 — Les débris, et la main qui se tient sur sa base

המוצא שברי צלמים מושלכים או בתוך שברי נחושת או אפילו שברי אלילים עצמן מותרים אבל מצא תבנית יד או רגל והוא עומד על בסיסו אסור:
Celui qui trouve des débris de statues jetés, ou parmi des débris de cuivre, ou même des débris d’idoles elles-mêmes — ils sont permis. Mais s’il a trouvé la forme d’une main ou d’un pied, et qu’elle se tient sur sa base — elle est interdite.
Le débris est permis parce qu’il porte en lui-même la preuve que son propriétaire l’a rejeté — et rejeter, c’est annuler. Une main posée sur un socle n’a pas l’air d’un débris : elle a l’air d’avoir été faite ainsi, et l’on adore aussi des mains seules. Le Chakh (ס״ק ז) montrera que le Rambam est plus sévère que le Mehaber sur les débris d’idoles, et qu’il y a là une contradiction avec le siman 146.

Seif 3 — Soleil, lune et dragon sur les ustensiles : honorés ou vils

המוצא כלים ועליהם צורות חמה או לבנה: הגה דהיינו צורות הנעשים לשם חמה ולבנה כמו שעושים בעלי הטלסמאות צורות לכוכבים כגון צורות המתייחסות לשמש מציירים מלך מעוטר יושב על עגלה וכן כיוצא בזה בלבנה יש להם צורה מיוחדת (רמב״ם בפירוש המשנה וברטנורה שם) או דרקון והוא דומה לנחש ויש כמין סנפירין בין פרק חוליות שבצואר אם הכלים מכובדים אסורים שודאי נעשו לשם אלילים ואם הם מבוזים מותרים שלא נעשו אלא לנוי ואלו הם מכובדים שעל השיראים ונזמים וטבעת ומבוזים (מטבעות) (הג״א ומרדכי ואגודה ורא״ש וסמ״ג לאוין צ״ב ובה״ג וכן מצאתי בתוספתא ר״פ ז׳) יורות קומקמוסים חמי חמין וכוסות ששותים בהם בין אם הם למטה מהמים או למעלה מהמים וכל זה בסתם שאין אנו יודעי׳ שנעבדו כלי׳ הללו אבל בידוע שלא נעבדו כלים הללו שעל המכובדי׳ נמי מותרי׳ (דעת הר״ן) ויש מי שאומר שכל צורה שהיא נעבדת בודאי אפילו על המבוזים אסורים אף ע״פ שאין אנו יודעים שכלים הללו נעבדו ולפי זה בזמן הזה שמחקקים חקק בכלים ומציירים בהם אלילים המוציא כלים שיש בהם אלילים אסורים: הגה והמנהג כסברא הראשונה ובזמן הזה שאין העובדי כוכבים עובדין לצורות הללו מותרים בהנאה אם מוצאן אבל אין להשהותן (תא״ו נט״ז) ויש מחמירים בכל הצורות הנזכרות אפילו בזמן הזה אע״ג דידעינן דלא פלחי להו. (כן משמע בטור ובתוס׳ פרק כל הצלמים) . וצורת דרקון מותר לעשותה אלא שאסור להשהותה אצלו משום חשד (ב״י מהרא״ש והטור):
Celui qui trouve des ustensiles portant la figure du soleil ou de la luneGlose du Rama : c’est-à-dire des figures faites pour le soleil et la lune, comme les faiseurs de talismans font des figures pour les astres : pour les figures rapportées au soleil, ils dessinent un roi couronné assis sur un char, et de même la lune a chez eux une figure particulière (Rambam dans le Commentaire de la Michna, et Bartenoura, ibid.) — ou un dragon, qui ressemble à un serpent avec comme des nageoires entre les vertèbres du cou : si les ustensiles sont honorés, ils sont interdits, car ils ont certainement été faits pour les idoles ; et s’ils sont vils, ils sont permis, car ils n’ont été faits que pour l’ornement. Et voici les honorés : ceux qui sont sur les שיראים — bracelets ou vêtements de soie, voir le Chakh — les anneaux de nez et les bagues ; et les vils : (les monnaies) (Hagahot Achéri, Mordekhi, Agouda, Roch, Semag lavin 92, Bahag, et ainsi ai-je trouvé dans la Tossefta, début du ch. 7) les chaudrons, les bouilloires, les chauffe-eau et les coupes dans lesquelles on boit — qu’elles soient au-dessous ou au-dessus du niveau de l’eau.

Et tout cela dans un cas indéterminé, où nous ne savons pas que ces ustensiles ont été adorés ; mais s’il est connu que ces ustensiles n’ont pas été adorés, même ceux qui sont sur les honorés sont permis (avis du Ran). Et il y a qui dit que toute figure qui est certainement adorée, même sur les vils, est interdite, bien que nous ne sachions pas que ces ustensiles ont été adorés ; et selon cela, de nos jours où l’on grave les ustensiles et qu’on y dessine des idoles, celui qui trouve des ustensiles portant des idoles — ils sont interdits.

Glose du Rama : et la coutume suit le premier avis ; et de nos jours, où les non-Juifs n’adorent pas ces figures, elles sont permises au profit si on les trouve, mais il ne faut pas les garder (Toldot Adam veHava, netiv 17) ; et il y a qui sont rigoureux pour toutes les figures mentionnées, même de nos jours, bien que nous sachions qu’ils ne les adorent pas (ainsi ressort-il du Tour et des Tossefot, chapitre כל הצלמים). Et la figure du dragon, il est permis de la faire, seulement il est interdit de la garder chez soi, à cause du soupçon (Beit Yossef d’après le Roch et le Tour).
Trois figures, et pas une de plus, font présumer l’adoration sur un ustensile : le soleil, la lune et le dragon. Et encore, seulement sur un ustensile honoré — un bijou —, car sur un chaudron nul n’adore. Le Rama précise que « soleil » et « lune » désignent les figures des talismans, non un simple disque. Le seif porte deux avis sur l’ustensile vil quand la figure est certainement adorée, et le Rama tranche : la coutume suit le premier, et de nos jours ces figures ne sont plus adorées — on peut en tirer profit, non les garder.

Seif 4 — Ce qu’un Juif ne fait pas : לא תעשון אתי, relief et creux

אסור לצייר צורות שבמדור שכינה כגון ד׳ פנים בהדי הדדי וכן צורות שרפים ואופני׳ ומלאכי השרת וכן צורת אדם לבדו כל אלו אסור לעשותם אפילו הם לנוי ואם עובד כוכבים עשאם לו אסור להשהותם: הגה ומיהו אם מוצא אותם מותרים מלבד בחמה ולבנה שדרך העובד כוכבים לעבדם או שיש הוכחה שעשאן לעבדם שאז אסור ככל הצלמים כמו שנתבאר בריש הסימן (טור): במה דברים אמורים בבולטת אבל בשוקעת כאותם שאורגים בבגד ושמציירים בכותל בסמנין מותר לעשותם וצורת חמה ולבנה וכוכבים אסור בין בולטת בין שוקעת ואם הם להתלמד להבין ולהורות כולן מותרות אפי׳ בולטות (ויש מתירין בשל רבים דליכא חשדא) (טור בשם הרא״ש):
Il est interdit de dessiner les figures qui sont dans la demeure de la Chekhina, comme les quatre faces ensemble, et de même les figures des séraphins, des ofanim et des anges du service ; et de même la figure de l’homme seule. Toutes celles-ci, il est interdit de les faire, même pour l’ornement ; et si un non-Juif les a faites pour lui, il est interdit de les garder.

Glose du Rama : toutefois, s’il les trouve, elles sont permises — sauf le soleil et la lune, que les non-Juifs ont l’habitude d’adorer, ou s’il y a une preuve qu’on les a faites pour les adorer, car alors elles sont interdites comme toutes les statues, ainsi qu’il a été expliqué au début du siman (Tour).

De quoi parle-t-on ? D’une figure en relief ; mais en creux — comme celles qu’on tisse dans un vêtement ou qu’on peint sur un mur avec des pigments — il est permis de les faire. Et la figure du soleil, de la lune et des étoiles est interdite, en relief comme en creux. Et si elles sont faites pour s’instruire — pour comprendre et pour enseigner —, toutes sont permises, même en relief. (Et il y a qui permettent pour le public, car il n’y a pas de soupçon) (Tour au nom du Roch).
Ici le siman change d’axe. Les seifim 1 à 3 demandaient ce qu’un non-Juif a fait ; le seif 4 demande ce qu’un Juif peut faire. La source est le verset לא תעשון אתי — « vous ne ferez pas avec moi » — que la guemara lit « vous ne ferez pas mes serviteurs » (les quatre faces, les anges, les astres) et « vous ne ferez pas moi » (la figure humaine). Trois régimes : faire est interdit par la Tora ; garder ce qu’un autre a fait est interdit par le soupçon ; trouver est permis. Et le relief : l’homme n’est interdit qu’en relief, mais le soleil et la lune le sont même en creux, car dans le firmament ils paraissent enfoncés.

Seif 5 — La bague à sceau

טבעת שיש עליה חותם שהוא צורת אדם אם היתה הצורה בולטת אסור להניחה ומותר לחתום בה ואם היתה הצורה שוקעת מותר להניחה ואסור לחתו׳ בה מפני שהנחתם תעשה בו הצורה בולטת (ל׳ רמב״ם פ״ג מהלכות עבודת כוכבים דין י״א) ואפילו חתם לו העובד כוכבים אסור להשהותה (כן משמע במרדכי פכ״ה ותוס׳) וה״ה בשאר צורות האסורות (בטור וכ״כ הר״ן בשם רי״ף וכן משמע בכל הפוסקים):
Une bague portant un sceau qui est une figure humaine : si la figure est en relief, il est interdit de la garder sur soi, mais il est permis de sceller avec elle ; et si la figure est en creux, il est permis de la garder, mais il est interdit de sceller avec elle, parce que l’empreinte y produira une figure en relief (langue du Rambam, ch. 3 des lois de l’idolâtrie, hal. 11). Et même si c’est le non-Juif qui a scellé pour lui, il est interdit de la garder (ainsi ressort-il du Mordekhi, ch. כל הצלמים, et des Tossefot) ; et il en va de même pour les autres figures interdites (Tour ; ainsi écrit le Ran au nom du Rif, et ainsi ressort-il de tous les poskim).
Le sceau inverse tout : ce qui est en relief sur la bague s’imprime en creux, et ce qui est en creux s’imprime en relief. D’où la symétrie du seif : la bague en relief se scelle mais ne se porte pas ; la bague en creux se porte mais ne se scelle pas. Le Rama ajoute que l’empreinte faite par un non-Juif ne se garde pas non plus — et le Chakh (ס״ק כ״ט) se demande pourquoi il fallait le redire.

Seif 6 — Animaux, oiseaux, poissons, arbres : permis

צורות הבהמות חיות ועופות ודגים וצורות אילנות ודשאים וכיוצא בהם מותר לצור אותם ואפילו היתה הצורה בולטת:
Les figures des animaux domestiques, des bêtes sauvages, des oiseaux et des poissons, les figures des arbres et des herbes, et leurs semblables — il est permis de les dessiner, même si la figure est en relief.
Le seif 6 est la limite du seif 4 : hors des « serviteurs d’en haut » et de la figure humaine, tout est permis, même en relief. Le Chakh (ס״ק ל) en tire que le lion est permis, contre le Ba’h qui voyait dans le lion et le taureau des signes du zodiaque : ce sont les douze ensemble qui seraient interdits, à l’image des quatre faces ensemble.

Seif 7 — Seule la figure complète est interdite

יש מי שאומר שלא אסרו בצורת אדם ודרקון אלא דוקא בצורה שלימה בכל איבריה אבל צורת ראש או גוף בלא ראש אין בה שום איסור לא במוצאו ולא בעושה (וכן נוהגין) :
Il y a qui dit que l’on n’a interdit la figure de l’homme et du dragon que pour une figure complète, avec tous ses membres ; mais une figure de tête, ou de corps sans tête, ne comporte aucun interdit — ni pour qui la trouve, ni pour qui la fait. (Et ainsi est la coutume.)
Le seif 7 est l’avis du Roch, rapporté par le Tour : ce que la Tora interdit, c’est la figure, et une figure est un tout. Une tête sans corps n’est pas un homme. Le Rama enregistre que c’est la coutume ; le Chakh (ס״ק ל״ב) note que les Tossefot et le Semag sont plus sévères, et conclut que celui qui est rigoureux en cela « sera béni ».

Seif 8 — Le Temple et ses ustensiles : pas de réplique

לא יעשה בית תבנית היכל כשיעור גבהו וארכו ורחבו אכסדרה תבנית אולם. חצר תבנית עזרה. שלחן תבנית שלחן מנורה תבנית מנורה. אבל עושה של חמשה קנים או של ששה או שמונה אבל של שבעה לא יעשה אפילו משאר מיני מתכות ואפילו בלא גביעים וכפתורים ופרחים ואפי׳ אינה גבוהה י״ח טפחים:
On ne fera pas une maison à la forme du Heikhal, selon la mesure de sa hauteur, de sa longueur et de sa largeur ; ni une exèdre à la forme de l’Oulam ; ni une cour à la forme de la Azara ; ni une table à la forme de la Table ; ni un candélabre à la forme de la Menora — mais on en fait un à cinq branches, ou à six, ou à huit ; à sept, on n’en fera pas, même en d’autres métaux, même sans coupes, boutons et fleurs, et même s’il n’a pas dix-huit tefahim de haut.
Le dernier seif ne parle plus d’idolâtrie mais du Temple : on n’en fait pas la réplique, ni de ses ustensiles. La mesure est la ressemblance exacte — mêmes dimensions pour le Heikhal, sept branches pour la Menora. Le Chakh (ס״ק ל״ג-ל״ו) tire les bornes : changer partiellement les dimensions permet ; le bois et la terre cuite sont permis parce qu’ils seraient invalides au Temple ; et ce qui n’invalide pas la Menora (coupes, hauteur) n’exempte pas non plus.

2. Contexte — les michnayot de כל הצלמים et la sougya de לא תעשון אתי

Le seif 1 vient de la michna qui ouvre le chapitre כל הצלמים, et de trois précisions de la guemara : le cas des statues royales, l’entrée de la ville, et les trois attributs ajoutés.

« כׇּל הַצְּלָמִים אֲסוּרִין, מִפְּנֵי שֶׁהֵן נֶעֱבָדִין פַּעַם אַחַת בְּשָׁנָה, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֵינוֹ אָסוּר אֶלָּא כֹּל שֶׁיֵּשׁ בְּיָדוֹ מַקֵּל אוֹ צִפּוֹר אוֹ כַדּוּר » (עבודה זרה מ׳ ע״ב)
« אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: בְּאִנְדְּרָטִי שֶׁל מְלָכִים שָׁנִינוּ. אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: וּבְעוֹמְדִין עַל פֶּתַח מְדִינָה שָׁנִינוּ » (עבודה זרה מ׳ ע״ב)
« אָמַר רַבָּה: מַחְלוֹקֶת בְּשֶׁל כְּרַכִּים, אֲבָל בְּשֶׁל כְּפָרִים — דִּבְרֵי הַכֹּל אֲסוּרִים » (עבודה זרה מ״א ע״א)
« תָּנָא, הוֹסִיפוּ עֲלֵיהֶן: סַיִיף, עֲטָרָה, וְטַבַּעַת » (עבודה זרה מ״א ע״א)
résumé : toutes les statues sont interdites parce qu’elles sont adorées une fois l’an — avis de Rabbi Meïr ; les Sages : seule est interdite celle qui tient en main un bâton, un oiseau ou une boule. La guemara : la michna parle des statues des rois, et de celles qui se dressent à l’entrée de la ville ; Rabba : la controverse porte sur les villes, mais au village tous interdisent ; et une baraïta ajoute l’épée, la couronne et l’anneau.

Le seif 2 suit la deuxième michna et la discussion de Chmouel : pourquoi le débris est permis, pourquoi la main ne l’est pas, et le doute redoublé qui fonde tout.

« הַמּוֹצֵא שִׁבְרֵי צְלָמִים, הֲרֵי אֵלּוּ מוּתָּרִין. מָצָא תַּבְנִית יָד אוֹ תַּבְנִית רֶגֶל, הֲרֵי אֵלּוּ אֲסוּרִין, מִפְּנֵי שֶׁכַּיּוֹצֵא בָּהֶן נֶעֱבָד » (עבודה זרה מ״א ע״א)
« אָמַר שְׁמוּאֵל: אֲפִילּוּ שִׁבְרֵי עֲבוֹדָה זָרָה. וְהָאֲנַן תְּנַן: שִׁבְרֵי צְלָמִים! » (עבודה זרה מ״א ע״א)
« וְהָא שְׁבָרִים נִינְהוּ! תַּרְגְּמַהּ שְׁמוּאֵל: בְּעוֹמְדִין עַל בְּסִיסָן » (עבודה זרה מ״א ע״ב)
« הָתָם אֵימַר עֲבָדוּם אֵימַר לֹא עֲבָדוּם, וְאִם תִּמְצֵי לוֹמַר עֲבָדוּם — אֵימַר בִּטְּלוּם. עֲבוֹדָה זָרָה וַדַּאי עֲבָדוּהָ, מִי יֵימַר דְּבַטְּלֻהָ? הָוֵי סָפֵק וּוַדַּאי, וְאֵין סָפֵק מוֹצִיא מִידֵי וַדַּאי! » (עבודה זרה מ״א ע״ב)
« אִתְּמַר: עֲבוֹדָה זָרָה שֶׁנִּשְׁתַּבְּרָה מֵאֵילֶיהָ, רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אֲסוּרָה, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ אָמַר: מוּתֶּרֶת » (עבודה זרה מ״א ע״ב)
résumé : celui qui trouve des débris de statues — ils sont permis ; une main ou un pied — interdits, car on adore de tels membres. Chmouel : même des débris d’idoles. Et la main ? — Chmouel l’explique : lorsqu’elle se tient sur sa base. Le doute : on ne sait si on les a adorées, et si oui, peut-être les a-t-on annulées ; mais l’idole certaine, qui dira qu’on l’a annulée ? Et la controverse sur l’idole brisée d’elle-même : Rabbi Yo’hanan l’interdit, Rech Lakich la permet.

Le seif 3 est la troisième michna, tranchée selon Rabban Chimon ben Gamliel, avec la réponse d’Abayé — pourquoi ces trois figures et pas d’autres — et la définition des ustensiles honorés selon Chmouel.

« הַמּוֹצֵא כֵּלִים וַעֲלֵיהֶם צוּרַת חַמָּה, צוּרַת לְבָנָה, צוּרַת דְּרָקוֹן — יוֹלִיכֵם לְיָם הַמֶּלַח. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: שֶׁעַל הַמְכוּבָּדִין — אֲסוּרִין, שֶׁעַל הַמְבוּזִּין — מוּתָּרִין » (עבודה זרה מ״ב ע״ב)
« אָמַר אַבָּיֵי: מִיפְלָח לְכֹל דְּמַשְׁכְּחִי פָּלְחִי, מֵיצָר וּמִפְלָחי — הָנֵי תְּלָתָא דַּחֲשִׁיבִי צָיְירִי לְהוּ וּפָלְחִי לְהוּ, לְמִידֵּי אַחֲרִינָא — לְנוֹי בְּעָלְמָא עָבְדִי לְהוּ » (עבודה זרה מ״ב ע״ב)
« אָמַר רַב: מְכוּבָּדִין — לְמַעְלָה מִן הַמַּיִם, מְבוּזִּין — לְמַטָּה מִן הַמַּיִם. וּשְׁמוּאֵל אָמַר: אֵלּוּ וָאֵלּוּ מְבוּזִּין הֵן, אֶלָּא אֵלּוּ הֵן מְכוּבָּדִין — שֶׁעַל הַשֵּׁירִין וְעַל הַנְּזָמִים וְעַל הַטַּבָּעוֹת » (עבודה זרה מ״ג ע״ב)
« תַּנְיָא כְּוָותֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל: מְכוּבָּדִין — שֶׁעַל הַשֵּׁירִין, וְעַל הַנְּזָמִים, וְעַל הַטַּבָּעוֹת; מְבוּזִּין — שֶׁעַל הַיּוֹרוֹת, וְעַל הַקּוּמְקְמֹסִין, וְעַל מְחַמֵּי חַמִּים, וְשֶׁעַל הַסְּדִינִין, וְעַל הַמִּטְפָּחוֹת » (עבודה זרה מ״ג ע״ב)
résumé : des ustensiles portant le soleil, la lune ou le dragon — on les jette à la mer Morte ; Rabban Chimon ben Gamliel : sur les honorés, interdits ; sur les vils, permis. Abayé : on adore tout ce qu’on trouve, mais on ne dessine pour adorer que ces trois figures importantes ; le reste n’est que décor. Rav : honoré au-dessus de l’eau, vil au-dessous ; Chmouel : tout cela est vil, les honorés sont les bracelets, les anneaux de nez et les bagues — et la baraïta va comme Chmouel.

Rav Chéchet rassemble les trois « sauf » du chapitre, et la guemara en fait la clé des seifim 4 à 7 : trouver n’est pas faire. Le dragon est défini.

« כׇּל הַמַּזָּלוֹת מוּתָּרִין — חוּץ מִמַּזַּל חַמָּה וּלְבָנָה, וְכׇל הַפַּרְצוּפִין מוּתָּרִין — חוּץ מִפַּרְצוּף אָדָם, וְכׇל הַצּוּרוֹת מוּתָּרוֹת — חוּץ מִצּוּרַת דְּרָקוֹן » (עבודה זרה מ״ב ע״ב)
« וְאִי בְּעוֹשֶׂה, צוּרַת דְּרָקוֹן מִי אֲסִיר? וְהָכְתִיב: ״לֹא תַעֲשׂוּן אִתִּי אֱלֹהֵי כֶסֶף וֵאלֹהֵי זָהָב״ » (עבודה זרה מ״ב ע״ב)
« תָּנוּ רַבָּנַן: אֵיזֶהוּ צוּרַת דְּרָקוֹן? פֵּירֵשׁ רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר: כֹּל שֶׁיֵּשׁ לוֹ צִיצִין בֵּין פְּרָקָיו. מַחְוֵי רַבִּי אַסִּי: בֵּין פִּרְקֵי צַוָּאר » (עבודה זרה מ״ג ע״א)
résumé : tous les signes du zodiaque sont permis sauf le soleil et la lune ; tous les visages sauf le visage humain ; toutes les figures sauf le dragon. Et si l’on parlait de faire, le dragon serait-il interdit ? Le verset ne vise que « des dieux d’argent et d’or ». Le dragon : ce qui a des écailles entre ses articulations — au cou.

La sougya centrale, de Roch Hachana et d’Avoda Zara. Rabban Gamliel avait des figures de la lune ; comment, si le verset interdit de faire « mes serviteurs » ? Les réponses successives d’Abayé dessinent la carte du seif 4 — et le seif 8 en sort en passant.

« דְּמוּת צוּרוֹת לְבָנָה הָיוּ לוֹ לְרַבָּן גַּמְלִיאֵל בְּטַבְלָא וּבְכוֹתֶל בַּעֲלִיָּיתוֹ, שֶׁבָּהֶן מַרְאֶה אֶת הַהֶדְיוֹטוֹת, וְאוֹמֵר: הֲכָזֶה רָאִיתָ אוֹ כָּזֶה » (ראש השנה כ״ד ע״א)
« וּמִי שְׁרֵי? וְהָכְתִיב: ״לֹא תַעֲשׂוּן אִתִּי״, לֹא תַעֲשׂוּן כִּדְמוּת שַׁמָּשַׁי הַמְשַׁמְּשִׁים לְפָנַי! » (עבודה זרה מ״ג ע״א)
« כִּדְתַנְיָא: לֹא יַעֲשֶׂה אָדָם בַּיִת תַּבְנִית הֵיכָל, אַכְסַדְרָה תַּבְנִית אוּלָם, חָצֵר תַּבְנִית עֲזָרָה, שׁוּלְחָן תַּבְנִית שׁוּלְחַן, מְנוֹרָה תַּבְנִית מְנוֹרָה, אֲבָל הוּא עוֹשֶׂה שֶׁל חָמֵשׁ וְשֶׁל שֵׁשׁ וְשֶׁל שְׁמוֹנֶה, וְשֶׁל שֶׁבַע לֹא יַעֲשֶׂה אֲפִילּוּ שֶׁל שְׁאָר מִינֵי מַתָּכוֹת » (עבודה זרה מ״ג ע״א)
« לֹא אָסְרָה תּוֹרָה אֶלָּא בִּדְמוּת אַרְבָּעָה פָּנִים בַּהֲדֵי הֲדָדֵי » (עבודה זרה מ״ג ע״ב)
« אָמַר רַב יְהוּדָה בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ: מִפִּרְקֵיהּ דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ שְׁמִיעַ לִי, ״לֹא תַעֲשׂוּן אִתִּי״ — לֹא תַעֲשׂוּן אוֹתִי, אֲבָל שְׁאָר שַׁמָּשִׁין שְׁרֵי » (עבודה זרה מ״ג ע״ב)
« אָמַר אַבָּיֵי: לֹא אָסְרָה תּוֹרָה אֶלָּא שַׁמָּשִׁין שֶׁבַּמָּדוֹר הָעֶלְיוֹן » (עבודה זרה מ״ג ע״ב)
« וְשֶׁבְּמָדוֹר הַתַּחְתּוֹן מִי שְׁרֵי? וְהָתַנְיָא: ״אֲשֶׁר בַּשָּׁמַיִם״ — לְרַבּוֹת חַמָּה וּלְבָנָה כּוֹכָבִים וּמַזָּלוֹת, ״מִמַּעַל״ — לְרַבּוֹת מַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת! » (עבודה זרה מ״ג ע״ב)
résumé : Rabban Gamliel avait des figures de lunes sur une tablette au mur, pour interroger les témoins. Est-ce permis ? Il est écrit : « vous ne ferez pas avec moi » — pas les serviteurs qui servent devant moi. Abayé : la Tora n’a interdit que les serviteurs qu’on peut reproduire — d’où la baraïta : pas de maison à la forme du Heikhal, ni de candélabre à sept branches, même d’autres métaux. Puis : que les quatre faces ensemble. Mais le visage humain seul ? — « vous ne ferez pas moi ». Puis : que les serviteurs de la demeure supérieure. Et ceux d’en bas — soleil, lune, étoiles — permis ? Cette baraïta-là parle de les adorer.

Reste la fabrication pure. La réponse finale distingue faire et garder, et introduit le soupçon, la bague, le public, l’objet démontable et l’étude.

« שָׁאנֵי רַבָּן גַּמְלִיאֵל, דַּאֲחֵרִים עָשׂוּ לוֹ » (עבודה זרה מ״ג ע״ב)
« וְהָא רַב יְהוּדָה, דַּאֲחֵרִים עָשׂוּ לוֹ, וַאֲמַר לֵיהּ שְׁמוּאֵל לְרַב יְהוּדָה: שִׁינָּנָא, סַמִּי עֵינֵיהּ דְּדֵין! » (עבודה זרה מ״ג ע״ב)
« הָתָם בְּחוֹתָמוֹ בּוֹלֵט, וּמִשּׁוּם חֲשָׁדָא, דְּתַנְיָא: טַבַּעַת שֶׁחוֹתָמָהּ בּוֹלֵט — אָסוּר לְהַנִּיחָהּ, וּמוּתָּר לַחְתּוֹם בָּהּ. חוֹתָמָהּ שׁוֹקֵעַ — מוּתָּר לְהַנִּיחָהּ, וְאָסוּר לַחְתּוֹם בָּהּ » (עבודה זרה מ״ג ע״ב)
« וּמִי חָיְישִׁינַן לַחֲשָׁדָא? וְהָא הָהִיא בֵּי כְנִישְׁתָּא דְּשַׁף וִיתֵיב בִּנְהַרְדְּעָא, דַּהֲוָה בֵּיהּ אִנְדְּרָטָא, וַהֲווֹ עָיְילִי רַב וּשְׁמוּאֵל וַאֲבוּהּ דִּשְׁמוּאֵל וְלֵוִי וּמְצַלּוּ הָתָם, וְלָא חָיְישִׁי לַחֲשָׁדָא! רַבִּים שָׁאנֵי » (ראש השנה כ״ד ע״ב)
« וְהָא רַבָּן גַּמְלִיאֵל דְּיָחִיד הֲוָה? כֵּיוָן דְּנָשִׂיא הוּא, שְׁכִיחִי רַבִּים גַּבֵּיהּ. וְאִיבָּעֵית אֵימָא: דִּפְרָקִים הֲוַאי » (עבודה זרה מ״ג ע״ב)
« וְאִיבָּעֵית אֵימָא, לְהִתְלַמֵּד שָׁאנֵי, דְּתַנְיָא: ״לֹא תִלְמַד לַעֲשׂוֹת״, אֲבָל אַתָּה לָמֵד לְהָבִין וּלְהוֹרוֹת » (עבודה זרה מ״ג ע״ב)
résumé : Rabban Gamliel est différent : d’autres les ont faites pour lui. Mais Rav Yehouda aussi, et Chmouel lui dit : « crève l’œil de celui-ci ! » — là, le sceau était en relief, et c’est le soupçon : une bague au sceau en relief, on ne la porte pas mais on scelle avec ; en creux, on la porte mais on ne scelle pas. Craint-on le soupçon ? La synagogue de Nehardea avait une statue et l’on y priait — le public, c’est différent. Rabban Gamliel était seul ? — le public fréquentait le Nassi ; ou bien elle était démontable ; ou bien : pour s’instruire, c’est différent — « tu n’apprendras pas à faire », mais tu apprends pour comprendre et enseigner.

Le Rambam, dont le Mehaber recopie la langue aux seifim 1 et 5, répartit la matière entre deux chapitres : le chapitre 7 (ce que l’on trouve) et le chapitre 3 (ce que l’on fait).

« כָּל הַצּוּרוֹת הַנִּמְצָאִים בַּכְּפָרִים אֲסוּרִים בַּהֲנָאָה מִפְּנֵי שֶׁחֶזְקָתָן שֶׁלַּעֲבוֹדַת כּוֹכָבִים הֵן עֲשׂוּיִין » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ז׳ הלכה ו׳)
« וְהַנִּמְצָאוֹת בַּמְּדִינָה אִם הָיוּ עוֹמְדִין עַל פֶּתַח הַמְּדִינָה וְהָיָה בְּיַד הַצּוּרָה צוּרַת מַקֵּל אוֹ צִפּוֹר אוֹ כַּדּוּר אוֹ סַיִף אוֹ עֲטָרָה וְטַבַּעַת חֶזְקָתוֹ שֶׁהוּא לַעֲבוֹדַת כּוֹכָבִים וְאָסוּר בַּהֲנָאָה. וְאִם לָאו הֲרֵי הוּא בְּחֶזְקַת לְנוֹי וּמֻתָּר » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ז׳ הלכה ו׳)
« אֲבָל הַמּוֹצֵא יָד מִצּוּרַת כּוֹכָב אוֹ מַזָּל אוֹ רַגְלָהּ אוֹ אֵיבָר מֵאֵיבָרֶיהָ מֻשְׁלָךְ הֲרֵי זֶה אָסוּר בַּהֲנָאָה הוֹאִיל וְיָדַע בְּוַדַּאי שֶׁזֶּה הָאֵיבָר מִן צוּרַת עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים הַנֶּעֱבֶדֶת הֲרֵי הִיא בְּאִסּוּרָהּ עַד שֶׁיִּוָדַּע לוֹ שֶׁהָעוֹבְדֵי כּוֹכָבִים עוֹבְדֶיהָ בִּטְּלוּהָ » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ז׳ הלכה ז׳)
« הַמּוֹצֵא כֵּלִים וַעֲלֵיהֶן צוּרַת חַמָּה וּלְבָנָה וּדְרָקוֹן. אִם הָיוּ כְּלֵי כֶּסֶף וְזָהָב אוֹ בִּגְדֵי שָׁנִי אוֹ שֶׁהָיוּ חֲקוּקִים עַל הַנְּזָמִים וְעַל הַטַּבָּעוֹת הֲרֵי אֵלּוּ אֲסוּרִין. וְעַל שְׁאָר הַכֵּלִים מֻתָּרִין מִפְּנֵי שֶׁחֶזְקָתָן לְנוֹי » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ז׳ הלכה ח׳)
« וְאֵין אִסּוּר לָצוּר לְנוֹי אֶלָּא צוּרַת הָאָדָם בִּלְבַד. לְפִיכָךְ אֵין מְצַיְּרִים לֹא בְּעֵץ וְלֹא בְּסִיד וְלֹא בְּאֶבֶן צוּרַת הָאָדָם. וְהוּא שֶׁתִּהְיֶה הַצּוּרָה בּוֹלֶטֶת כְּגוֹן הַצִּיּוּר וְהַכִּיּוּר שֶׁבַּטְּרַקְלִין וְכַיּוֹצֵא בָּהֶן וְאִם צָר לוֹקֵה » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ג׳ הלכה י׳)
« אֲבָל אִם הָיִתָה הַצּוּרָה מֻשְׁקַעַת אוֹ צוּרָה שֶׁל סַמָּנִין כְּגוֹן הַצּוּרוֹת שֵׁעַל גַּבֵּי הַלּוּחוֹת וִהַטַּבְלִיּוֹת אוֹ צוּרוֹת שֶׁרוֹקְמִין בָּאָרִיג הֲרֵי אֵלּוּ מֻתָּרוֹת » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ג׳ הלכה י׳)
« וְכֵן אָסוּר לָצוּר דְּמוּת חַמָּה וּלְבָנָה כּוֹכָבִים מַזָּלוֹת וּמַלְאָכִים… וַאֲפִלּוּ עַל הַלּוּחַ » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ג׳ הלכה י״א)
« צוּרוֹת הַבְּהֵמוֹת וּשְׁאָר נֶפֶשׁ חַיָּה חוּץ מִן הָאָדָם וְצוּרוֹת הָאִילָנוֹת וּדְשָׁאִים וְכַיּוֹצֵא בָּהֶן מֻתָּר לָצוּר אוֹתָם וַאֲפִלּוּ הָיְתָה הַצּוּרָה בּוֹלֶטֶת » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ג׳ הלכה י״א)
résumé : les figures des villages sont présumées idolâtres ; en ville, seule celle qui se dresse à l’entrée avec un bâton, un oiseau, une boule, une épée, une couronne ou un anneau est présumée telle. La main ou le pied d’une idole trouvés — interdits, car on sait que ce membre vient d’une idole adorée, tant qu’on ne sait pas qu’elle a été annulée. Les ustensiles avec soleil, lune ou dragon — interdits s’ils sont d’argent, d’or, d’écarlate, ou gravés sur anneaux et bagues. Il n’est interdit de dessiner pour l’ornement que la figure humaine, et seulement en relief ; en creux ou en couleurs, permis. Soleil, lune, étoiles, anges — interdits même sur une tablette. Les animaux, les arbres, permis même en relief.

Le Tour, enfin, sur trois points que le Mehaber lui reprend ou lui refuse : la présomption du village, la figure humaine trouvée, le désaccord avec le Rambam sur les débris, et la figure complète.

« כל הצלמים הנמצאים בכפרים אסורין כיון דספק אליל אסורה דסתמא לשם אלילים נעשו והנמצאים בכרכים מותרין דודאי לנוי נעשו » (טור יו״ד קמ״א)
« וצורות שאר כל המזלות ושאר כל הצורות אפי׳ צורת אדם המוצא אותם מותרות » (טור יו״ד קמ״א)
« כתב הרמב״ם המוצא יד אליל או רגל או אבר מאבריה מושלך אסור בהנאה ולא נהירא דהא מוקי ליה בגמרא בעומד על בסיסו כדפרישית » (טור יו״ד קמ״א)
« והא דאסרינן בצורת אדם ודרקון דווקא בצורה שלימה בכל איבריה אבל צורת ראש או גוף בלא ראש אין בה שום איסור לא במוצאו ולא בעושה » (טור יו״ד קמ״א)
résumé : les statues des villages sont interdites, car un doute d’idolâtrie est interdit et, sans indication, elles ont été faites pour les idoles ; en ville, permises, faites pour l’ornement. Tous les autres signes et toutes les autres figures, même la figure humaine, sont permis à qui les trouve. Le Rambam interdit la main ou le pied trouvés — cela ne convainc pas, la guemara parle d’une base. Et l’interdit de l’homme et du dragon ne vise qu’une figure complète ; une tête, ou un corps sans tête, n’a aucun interdit, ni à trouver ni à faire.

3. Les concepts-clés

צֶלֶם · צוּרָהla statue et la figure. Le צלם est une effigie faite pour être adorée, ou présumée telle ; la צורה est une image en général. Les seifim 1 à 3 parlent du premier, les seifim 4 à 7 de la seconde — et les règles ne se ressemblent pas : l’un est interdit par l’idolâtrie, l’autre par un verset propre.
חֲזָקָה — כְּפָרִים וּכְרַכִּיםla présomption — villages et villes. On ne connaît pas l’intention du sculpteur ; on la présume d’après le lieu. Au village on ne sculpte pas pour décorer ; en ville, si. Le Chakh (ס״ק א) précise qu’en cas de doute réel, on interdit : il faut savoir que c’est pour l’ornement.
מְכוּבָּדִין · מְבוּזִּיןustensiles honorés et vils. Un bijou, un anneau, une bague — honorés ; un chaudron, une bouilloire, une coupe — vils, parce qu’on y mange et boit. La figure adorée gravée sur un bijou est présumée faite pour le culte ; sur un chaudron, pour le décor. Le Chakh (ס״ק י) ajoute : l’ustensile moyen, ni honoré ni vil, est interdit.
חַמָּה · לְבָנָה · דְּרָקוֹןsoleil, lune, dragon. Les trois figures que l’on dessine pour adorer, selon Abayé. Le Rama et le Chakh (ס״ק ח) précisent : il s’agit des figures des talismans — un roi couronné sur un char —, non du simple disque.
לֹא תַעֲשׂוּן אִתִּי« vous ne ferez pas avec moi ». Le verset d’Exode 20 lu deux fois : אִתִּי — « mes serviteurs », les quatre faces, les anges, les astres ; et אוֹתִי — « moi », la figure de l’homme, forme sous laquelle Dieu se montre aux prophètes. C’est un interdit de faire, indépendant de l’idolâtrie.
בּוֹלֵט · שׁוֹקֵעַen relief, en creux. L’homme est interdit en relief seulement, car c’est ainsi qu’il paraît ; le soleil, la lune et les étoiles sont interdits même en creux, car dans le firmament ils paraissent enfoncés (Tossefot, Chakh ס״ק כ״ה). Une peinture ou un tissage compte comme « en creux ».
חֲשָׁדle soupçon. Faire est interdit par la Tora ; garder ce qu’un autre a fait n’est interdit que par crainte qu’on ne soupçonne le propriétaire d’adorer. D’où trois allègements : le public (pas de soupçon), l’objet démontable, et l’objet destiné à l’étude.
תַּבְנִית הֵיכָל · מְנוֹרָהla réplique du Temple. Le seif 8 interdit de reproduire le Heikhal, l’Oulam, la Azara, la Table, la Menora — aux mêmes dimensions, ou à sept branches. Ce n’est plus l’idolâtrie : c’est le respect dû aux « serviteurs » d’ici-bas, que l’on peut reproduire et qu’on ne doit pas.

4. Les tableaux récapitulatifs — trouver, faire, garder

A. Ce que l’on trouve

Ce que l’on trouveVerdictPourquoi
Statue au villageInterditePrésumée faite pour l’idole (seif 1)
Statue en ville, sans attributPermisePrésumée ornementale (seif 1)
Statue à l’entrée de la ville, bâton / oiseau / boule / épée / couronne et anneau en mainInterditeL’attribut renverse la présomption (seif 1, Rambam)
Figure devant laquelle on se prosterneInterdite sans annulationRama, seif 1
Pendentif porté au cou en souvenirPermisCe n’est pas un צלם (Rama, seif 1)
Débris de statues, même d’idolesPermisLe débris prouve le rejet (seif 2)
Main ou pied sur son socleInterditFait ainsi dès l’origine, et adoré (seif 2)
Bijou avec soleil, lune ou dragonInterditHonoré : présumé fait pour le culte (seif 3)
Chaudron, bouilloire, coupe avec ces figuresPermisVil : décor seulement (seif 3)
Ustensile avec toute autre figure, même humainePermisSeules trois figures sont dessinées pour être adorées (seif 4, Rama)
De nos jours, ces trois figures sur un ustensileProfit permis, garde interditeOn ne les adore plus, mais le soupçon demeure (Rama, seif 3)

B. Ce que l’on fait, et ce que l’on garde

Ce que l’on fait ou gardeFaireGarder (fait par un autre)
Quatre faces ensemble ; séraphins, ofanim, angesInterdit — לא תעשון אתיInterdit — soupçon (seif 4)
Figure humaine complète, en reliefInterdit — לא תעשון אותיInterdit — soupçon (seif 4)
Figure humaine en creux, peinte, tisséePermisPermis (seif 4)
Soleil, lune, étoiles — relief ou creuxInterditInterdit (seif 4)
DragonPermisInterdit — soupçon (Rama, seif 3)
Animaux, oiseaux, poissons, arbres, même en reliefPermisPermis (seif 6)
Toute figure, pour comprendre et enseignerPermis, même en reliefPermis (seif 4)
Toute figure, dans un lieu publicInterdit à fairePermis selon certains — pas de soupçon (Rama, seif 4)
Bague au sceau humain en reliefSceller : permisPorter : interdit (seif 5)
Bague au sceau humain en creuxSceller : interditPorter : permis (seif 5)
Tête seule, corps sans têtePermisPermis — et c’est la coutume (seif 7)
Maison aux dimensions du Heikhal ; Menora à sept branchesInterdit— (seif 8)

5. Le Taz et le Chakh — huit entrées-clés

ש״ך ס״ק א — le doute est interdit

« ואה״נ בספק אם נעשו לשם אלילים או לנוי אסורים דבעינן דוקא למידע בודאי שנעשו לשם נוי כדקאמר בסיפא » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק א)
résumé : et en effet, dans le doute — faite pour l’idole ou pour l’ornement ? — c’est interdit : il faut savoir avec certitude que c’est pour l’ornement, comme le dit la fin du seif. Le Chakh lit ainsi la dissymétrie du Mehaber — « sans indication » au village, « certainement » en ville — et refuse la lecture du Ba’h.

ש״ך ס״ק ג · ט״ז ס״ק א — toute figure, pas seulement l’homme

« המחבר העתיק מלשון הרמב״ם כדרכו ומשמע מלשון זה דכל צורות העומדות על פתח המדינה ובידם מקל כו׳ אסורים » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק ג)
« ומ״מ משמע דאף אם יש בידו סייף לא מהני לאיסור אלא בצורה שידוע לנו שיש עובדין לצורה כזו דומיא דאיסורו של ר״מ משום גזירה וא״כ אין חילוק בין אם הצורה ההיא של אדם או שאר צורה » (ט״ז יו״ד קמ״א ס״ק א)
résumé : le Mehaber a copié le Rambam, et il en ressort que toute figure dressée à l’entrée de la ville avec un attribut est interdite — contre le Ba’h qui limitait à la figure humaine. Le Taz : même l’épée en main n’interdit que si l’on sait qu’on adore une figure de ce type ; dès lors, homme ou autre, la règle est la même.

ש״ך ס״ק ז · ט״ז ס״ק ד — les débris d’idoles : le Rambam contre le Mehaber

« אבל באמת דברי הרמב״ם נראין עיקר בש״ס דכל שברי אלילים אסורים אפילו אינם עומדים על בסיסם דחיישינן שמא לא בטלום העובדי כוכבי׳ אבל שברי צלמים מותרים דאיכא ספק ספיקא ספק נעבדו או לא ואת״ל נעבדו שמא בטלום העובדי כוכבים » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק ז)
« ותימה על המחבר שהוא עצמו העתיק בסי׳ קמ״ו סעיף י״א לשון הרמב״ם לפיכך המוצא שברי אלילים הרי אלו אסורים בהנאה שמא לא בטלום העובדי כוכבים » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק ז)
« והטור כתב בשם הרמב״ם דאסור אפילו באין עומד על בסיסו והקשה הטור עליו דהא אוקמיה בגמרא אליביה דשמואל דוקא בעומד על בסיסו ותירץ ב״י דרמב״ם ס״ל דשמואל סבר גם בעבודת כוכבים שנשתברה מאליה דמותר » (ט״ז יו״ד קמ״א ס״ק ד)
résumé : le Chakh tient les mots du Rambam pour fondés dans la guemara : tout débris d’idole est interdit même hors socle, de peur qu’on ne l’ait pas annulé ; le débris de statue est permis par doute redoublé. Et il s’étonne : le Mehaber lui-même recopie le Rambam au siman 146 seif 11, et permet ici. Le Taz expose la réponse du Beit Yossef : le Rambam a écarté Chmouel, parce que Chmouel suivait Rech Lakich sur l’idole brisée d’elle-même.

ש״ך ס״ק ח — le disque et le talisman

« משמע דדוקא בכה״ג אסורים אבל עגול כשמש או קשת עגול כלבנה ממש מותרים דאין דרכן לעבדם בענין זה » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק ח)
« וי״ל דודאי לעשות או להשהות בידו אף בעיגול שלהן אסור דלעשות נפקא לן מלא תעשון וגו׳ כל אשר בשמים ממעל והאי אשר בשמים ממעל הוא ואסור וכן להשהותם בידו איכא חשדא אף בעיגול שלהן דלאיזה צורך הוא משהה אותם אבל במוצא מותר דאין לחוש שמא עבדו בעיגול » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק ח)
résumé : seules les figures des talismans sont interdites à qui les trouve ; un simple disque solaire ou un croissant sont permis, car on ne les adore pas sous cette forme — contre le Levouch. Mais les faire ou les garder reste interdit même pour le disque : faire, par le verset « ce qui est dans les cieux » ; garder, par le soupçon.

ש״ך ס״ק י״ז — « il y a qui sont rigoureux » : le Chakh ne comprend pas

« באמת יש כאן מקום לתמוה שלא ראיתי מי שהחמיר בזה ואין טעם כלל לסברא זו דכיון דידעינן בודאי דלא פלחי לה למאי ניחוש לה » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק י״ז)
« דאפילו תימא דאין חילוק בין זמן זה לזמנם מ״מ כיון דידעינן דלא פלחי להו הרי ודאי לא נעבדו כלים הללו ואין כאן איסור כלל וצ״ע » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק י״ז)
résumé : il y a ici de quoi s’étonner : personne n’a vu cette rigueur, et elle n’a aucun sens — si l’on sait qu’on ne les adore pas, de quoi se méfier ? Même à supposer qu’aucune différence ne sépare notre temps du leur, dès lors qu’on sait qu’on ne les adore pas, ces ustensiles n’ont certainement pas été adorés, et il n’y a aucun interdit. Cela reste à élucider.

ט״ז ס״ק י״ב — le Ramban : le creux ne sauve pas ce que la Tora interdit

« בכל מה שאסור מן התורה משום לא תעשון אתי דהיינו ארבעה פנים שבמדור שכינה ודמות מלאכים שבמדור העליון ודמות חמה ולבנה כוכבים ומזלות שבמדור התחתון ודמות אדם משום שנאמר לא תעשון אותי פי׳ כדמות שאני מראה עצמי לנביאים כל אלו אסור בין שוקע בין בולט » (ט״ז יו״ד קמ״א ס״ק י״ב)
« ולענין הלכה ודאי שאין להקל כלל נגד דברי הרמב״ן והטור מסיק כן וכן הר״ן » (ט״ז יו״ד קמ״א ס״ק י״ב)
« ובדברי הר״ן שזכרתי שהיא דעת הרמב״ן כתוב בהדיא דמותרים בשהייתן בשקועה » (ט״ז יו״ד קמ״א ס״ק י״ב)
résumé : tout ce que la Tora interdit par « vous ne ferez pas avec moi » — les quatre faces, les anges, le soleil, la lune, les étoiles, et l’homme — est interdit en creux comme en relief ; la distinction ne vaut que pour les autres figures, interdites par les Sages. Le Taz s’étonne que le Choulhan Aroukh n’ait pas rapporté le Ramban, et tranche : on n’allège pas contre lui. Mais pour garder une figure en creux faite par un autre, le Ran au nom du Ramban permet.

ש״ך ס״ק כ״ה — la peinture est « en creux », et la demi-figure est permise

« ומה״ט מה שמציירים על הכותל ולוח אע״פ שהוא שוה מיקרי שוקעת כיון דלא הוי בולטת כמו שהן עצמם והלכך צורת חמה ולבנה וכיוצא בהן דהן נמי שוקעים ברקיע אסור אפילו בשוקעת » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק כ״ה)
« ונראה דכל צורות דאסרינן אינם אסורים אלא בצורה שלימה ממש כגון צורת אדם בשתי עינים וחוטם שלם וכל הגוף וכיוצא בו אבל לא חצי הציור כדרך קצת המציירים צד אחד של הצורה וזה אינו אסור נ״ל » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק כ״ה)
résumé : ce que l’on peint sur un mur ou une tablette, même à plat, compte comme en creux, puisque ce n’est pas en relief comme l’objet réel ; d’où le soleil et la lune, qui dans le firmament sont eux-mêmes enfoncés, sont interdits même en creux. Et : aucune figure n’est interdite sinon complète — deux yeux, un nez entier, tout le corps ; le demi-profil que dessinent certains peintres n’est pas interdit.

ש״ך ס״ק ל · ט״ז ס״ק י״ג · נקודות הכסף — le lion, et les signes du zodiaque

« משמע דאפילו אריה מותר וכן פסק הרשב״א בתשובה סימן קס״ז ע״ש ובעל שלטי הגבורי׳ העתיק דבריו » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק ל׳)
« הלכך נראה דהא דאמרינן דמזלות אסורים היינו כל י״ב מזלות ביחד דומיא דארבעה פנים להדדי כן נ״ל » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק ל׳)
« ומכל מקום נראה דאותן שמציירים במחזורים בתפלת גשם צורות המזלות לא יפה הם עושים כיון שהם מכוונים לעשות צורת המזלות » (ט״ז יו״ד קמ״א ס״ק י״ג)
« גם מה שחלק על המציירים הי״ב מזלות במחזורים אינו כלום דהדבר פשוט דהוי להבין ולהורות. ועוד דאינו צורה גמורה » (נקודות הכסף יו״ד קמ״א)
résumé : même le lion est permis, comme le Rachba l’a tranché ; le Ba’h l’interdisait comme signe du zodiaque, mais alors les douze signes seraient interdits un par un, et nul ne s’en garde — les « signes » interdits sont les douze ensemble, à l’image des quatre faces. Le Taz, lui, blâme ceux qui dessinent les signes dans les ma’hzorim de la prière de la pluie ; et les Nekoudot HaKessef répondent : c’est évidemment pour comprendre et enseigner, et ce n’est pas une figure complète.

6. Les gloses du Rama (הגה) et les parenthèses de source

« צורת שמשתחוים לו דינו כדין צלם ואסור בלא ביטול אבל אותן שתולין בצואר לזכרון לא מקרי צלם ומותר » (רמ״א יו״ד קמ״א:א)
Seif 1. Le Rama distingue deux objets que le Mehaber ne nommait pas : la figure devant laquelle on se prosterne — un צלם à part entière, interdit sans annulation — et le pendentif porté en souvenir, qui n’est pas un צלם. Le Chakh (ס״ק ו) précise : ce pendentif n’est permis que si l’on sait qu’on ne s’est pas prosterné devant lui.
« דהיינו צורות הנעשים לשם חמה ולבנה כמו שעושים בעלי הטלסמאות צורות לכוכבים כגון צורות המתייחסות לשמש מציירים מלך מעוטר יושב על עגלה » (רמ״א יו״ד קמ״א:ג)
Seif 3, première glose. « Soleil » et « lune » ne sont pas le disque et le croissant : ce sont les figures que les faiseurs de talismans attribuent aux astres — un roi couronné sur un char. La source est le Rambam dans son commentaire de la Michna, et le Chakh (ס״ק ח) en tire que le disque trouvé est permis.
« והמנהג כסברא הראשונה ובזמן הזה שאין העובדי כוכבים עובדין לצורות הללו מותרים בהנאה אם מוצאן אבל אין להשהותן » (רמ״א יו״ד קמ״א:ג)
Seif 3, seconde glose — la coutume. Entre les deux avis du Mehaber sur l’ustensile vil, la coutume suit le premier. Et de nos jours, où l’on n’adore plus ces figures, on peut en tirer profit si on les trouve — mais non les garder, à cause du soupçon (Rabbénou Yerou’ham). Le Chakh (ס״ק ט״ז) rattache cette phrase aux trois figures du seif.
« ויש מחמירים בכל הצורות הנזכרות אפילו בזמן הזה אע״ג דידעינן דלא פלחי להו » (רמ״א יו״ד קמ״א:ג)
Seif 3, suite. Une opinion rigoureuse interdit toutes ces figures même de nos jours. Le Rama la tient du Tour et des Tossefot par l’intermédiaire du Beit Yossef ; le Chakh (ס״ק י״ז) refuse de la comprendre et montre que ni les Tossefot ni le Tour ne la portent.
« וצורת דרקון מותר לעשותה אלא שאסור להשהותה אצלו משום חשד » (רמ״א יו״ד קמ״א:ג)
Seif 3, fin — le dragon. On peut le faire — il n’est pas dans la liste du verset, et le Maharchal explique qu’il vole dans l’air sans être « dans les cieux » — mais on ne peut le garder, à cause du soupçon. Le Taz (ס״ק ו) donne un autre motif : peut-être a-t-il déjà été adoré, d’où même en creux.
« ומיהו אם מוצא אותם מותרים מלבד בחמה ולבנה שדרך העובד כוכבים לעבדם או שיש הוכחה שעשאן לעבדם שאז אסור ככל הצלמים » (רמ״א יו״ד קמ״א:ד)
Seif 4. Ce qu’il est interdit de faire et de garder reste permis à qui le trouve — sauf le soleil et la lune, que l’on adore, ou une figure dont on a la preuve qu’elle fut faite pour le culte. Le Chakh (ס״ק כ״ד) : permis au profit, non à la garde.
« ויש מתירין בשל רבים דליכא חשדא » (רמ״א יו״ד קמ״א:ד)
Seif 4, entre parenthèses. Certains permettent de garder une figure dans un lieu public, car là il n’y a pas de soupçon — c’est l’avis du Roch, tiré de la synagogue de Nehardea. Le Chakh (ס״ק כ״ז) : cela ne vaut que pour garder, jamais pour faire ; et Rabbénou Yerou’ham ajoute que, même sans soupçon, la chose est laide.
« ואפילו חתם לו העובד כוכבים אסור להשהותה… וה״ה בשאר צורות האסורות » (רמ״א יו״ד קמ״א:ה)
Seif 5 et seif 7. L’empreinte en relief faite par un non-Juif ne se garde pas non plus — le Chakh (ס״ק כ״ט) se demande ce que cela ajoute au seif 4 —, et la règle vaut pour toutes les figures interdites. Au seif 7, un mot suffit : וכן נוהגין — la tête seule est permise, et c’est la coutume ; le Chelah la déconseille (פתחי תשובה ס״ק י״א).

Les parenthèses du seif ne sont pas du Rama mais du Mehaber lui-même ou de ses éditeurs : (לשון המחבר) et (לשון רמב״ם פ״ז מהל׳ עבודת כוכבים) au seif 1 séparent ce qui vient du Tour de ce qui vient du Rambam ; (דעת הר״ן) au seif 3 signe le premier avis ; (ל׳ רמב״ם פ״ג מהלכות עבודת כוכבים דין י״א) au seif 5 renvoie à la source de la bague. On les recopie telles quelles : elles font partie du texte reçu.

7. Cas pratiques modernes

Les cas ci-dessous illustrent les seifim ; ils ne remplacent pas une question à un Rav.

Cas 1 — La statue du musée

Une statue antique, autrefois adorée, exposée dans un musée. À qui la trouve, la règle des seifim 1 et 2 s’applique : au village elle est présumée idolâtre, en ville ornementale ; brisée, elle est permise. Mais la posséder chez soi tombe sous le seif 4 : une figure humaine complète en relief ne se garde pas, à cause du soupçon — et selon le Rama (seif 4) le public change la donne. Question à poser à ton Rav avant d’acheter.

Cas 2 — La médaille et la monnaie

Une pièce ou une médaille portant un visage en relief. Le seif 3 range les monnaies parmi les ustensiles vils ; le Pit’hei Techouva (ס״ק ד) rapporte l’avis qui distingue l’argent, honoré, du cuivre, vil ; et le Yaavets (ס״ק י) tient qu’un buste avec un visage complet en relief sur une monnaie est un interdit grave. La monnaie ordinaire circule sans difficulté ; la médaille commémorative à l’effigie d’un homme est un vrai cas.

Cas 3 — La poupée et la figurine

Une poupée à visage complet, en relief, est une figure humaine — mais elle n’est faite ni pour le culte ni pour la parade. Le seif 7 (Roch, Tour) ne parle que de la figure complète ; le Chakh (ס״ק כ״ה) exige deux yeux, un nez, tout le corps. Les usages varient — certains ôtent un détail — et le Chakh conclut que le rigoureux sera béni. Demande.

Cas 4 — Le logo solaire

Un soleil rayonnant sur une enseigne, un vitrail, un logo. Le Chakh (ס״ק ח) permet le disque trouvé, mais interdit de le faire — et le ’Hatam Sofer (פתחי תשובה ס״ק ג) a exigé qu’on retire d’une synagogue une fenêtre ronde aux rayons de soleil. Une figure abstraite n’est pas la figure du talisman ; un soleil à visage l’est bien davantage.

Cas 5 — Les figures dans la synagogue

Lions, aigles, signes du zodiaque peints ou sculptés dans une synagogue. Le lion seul est permis (Chakh ס״ק ל) ; Rabbénou Éliakim voulait faire retirer les lions de Cologne, et le Beit Yossef conclut qu’on ne le suit pas. Mais le Taz (ס״ק י״ד) rapporte qu’on ne dessine pas ces figures en face de celui qui prie, pour qu’il ne paraisse pas se prosterner devant elles.

Cas 6 — La Menora à sept branches

Un candélabre à sept branches, en métal, dans un salon ou une synagogue. Le seif 8 l’interdit, même sans coupes ni boutons, même bas ; le Chakh (ס״ק ל״ה) permet le bois et la terre cuite, invalides au Temple ; le Pit’hei Techouva (ס״ק י״ד) discute les sept branches disposées en cercle et les bougies à la place de l’huile, et conclut à la rigueur. Six ou huit branches, aucun problème.

Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

8. Synthèse du Siman 141

En une phrase : pour la figure trouvée, tout dépend de l’intention présumée de celui qui l’a faite — lieu, attribut, débris, ustensile ; pour la figure faite, tout dépend du verset לא תעשון אתי — les serviteurs d’en haut et la figure humaine, en relief —, et pour la figure gardée, du soupçon.

Tableau-mémoire — les 8 seifim en une ligne chacun

SeifEn une ligne
1Statue au village : interdite ; en ville : permise, sauf à l’entrée avec un attribut. Rama : la figure adorée est un צלם ; le pendentif n’en est pas un.
2Débris, même d’idoles : permis. Main ou pied sur son socle : interdit.
3Soleil, lune, dragon sur un ustensile honoré : interdit ; sur un vil : permis. Deux avis quand la figure est certainement adorée. Rama : coutume selon le premier ; de nos jours, profit permis, garde interdite ; le dragon se fait mais ne se garde pas.
4Interdit de faire : les quatre faces, les anges, l’homme — même pour l’ornement ; interdit de garder si un autre les a faits. Rama : trouvés, permis, sauf soleil et lune. En relief seulement, sauf les astres ; pour l’étude, tout est permis ; en public, certains permettent.
5Bague au sceau humain : en relief, on scelle mais on ne porte pas ; en creux, on porte mais on ne scelle pas. Rama : même scellée par un non-Juif, on ne garde pas.
6Animaux, oiseaux, poissons, arbres : permis, même en relief.
7Seule la figure complète est interdite ; la tête seule, permise — et c’est la coutume.
8Pas de réplique du Heikhal, de l’Oulam, de la Azara, de la Table, de la Menora ; sept branches interdites, cinq, six ou huit permises.

Questions de compréhension

  1. Pourquoi la même statue est-elle interdite au village et permise en ville ? Quel est le rôle de l’attribut dans la main ?
  2. Le débris d’une idole certainement adorée est permis au seif 2 ; pourquoi, et pourquoi le Chakh (ס״ק ז) trouve-t-il le Rambam plus fondé ?
  3. Quelle différence entre un ustensile honoré et un ustensile vil, et pourquoi la figure du soleil ne rend-elle pas la coupe interdite ?
  4. Que signifient אִתִּי et אוֹתִי dans la lecture du verset ? Quelles figures chacun interdit-il ?
  5. Pourquoi la figure humaine n’est-elle interdite qu’en relief, et le soleil même en creux ? Que dit le Ramban, et que tranche le Taz ?
  6. Pourquoi peut-on faire un dragon et non le garder ? Pourquoi peut-on garder une figure dans un lieu public ?
  7. Pourquoi une Menora à six branches est-elle permise et une à sept interdite, même en fer, même basse ?

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
Les sources de ce niveau sont consultables sur Sefaria :

L’Aroukh HaChoul’han ne nous est pas accessible pour ce siman ; le Pri Hadach n’y est cité qu’à travers ceux qui le rapportent.

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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
יורה דעה · סימן קמ״א · Niveau 1 — Initiation
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