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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman 217 — le cuit, le salé, le plat de marmite : la langue des hommes fait la loi

Quarante-huit seifim : ce qu’un mot désigne ici, dans cette langue, en ce temps-là
יורה דעה · סימן רי״ז
כיצד הולכין בנדרים אחר לשון בני אדם
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Première approche du Siman 217, quarante-huit seifim — le plus long du traité des נדרים. Le siman précédent réglait la portée des mots en לשון תורה, ce que le mot fait entendre de lui-même ; celui-ci règle la לשון בני אדם, ce que les gens appellent ainsi, à tel endroit et à telle époque. Le premier seif le dit en trois conditions : אם דרך אותו מקום באותו לשון ובאותו זמן. Tout ce qui suit en découle : la cuisine, les aliments, les lieux, les personnes et le temps. Ce sont des règles למעשה : tout cas réel se pose à un Rav.

Sujet : Ce que les mots désignent dans la langue des hommes
Source : שולחן ערוך יורה דעה סימן רי״ז (מ״ח סעיפים)

Compilation : הרב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

📑 Plan de l’étude

1. De quoi parle ce siman ?
2. Les quarante-huit seifim, l’un après l’autre, clause par clause
3. Les concepts-clés
4. D’où viennent ces seifim : la michna, la guemara, le Rambam, le Tour, le Beit Yossef
5. L’appareil du siman, cité entrée par entrée
6. Le tableau des quarante-huit seifim
7. Cas pratiques
8. Questions de compréhension

1. De quoi parle ce siman ?

Le Tour ouvre le siman 216 par la règle qui commande les deux simanim : tous les vœux se suivent d’après la langue. Si c’est la langue de la Torah, d’après ce que le mot fait entendre ; si c’est la langue des hommes, d’après la façon dont on parle en ce lieu-là et en ce temps-là. Le siman 216 a pris la première moitié. Le nôtre prend la seconde, et il lui consacre quarante-huit seifim — le plus long du traité.

La première ligne le dit en trois conditions accumulées, et il vaut la peine de les compter : אם דרך אותו מקום — l’usage de ce lieu-là ; באותו לשון — dans cette langue-là ; ובאותו זמן — et à cette époque-là. Aucune des trois n’est facultative. Un mot n’a pas de portée en soi : il a celle que trois circonstances lui donnent, et il la perd quand elles changent. Le Chakh le dira lui-même en deux endroits, à propos des légumes des champs et de la viande de poisson : de nos jours, il en va autrement.

Ce qui suit est l’application de cette phrase à une quarantaine de mots, rangés par blocs. Les seifim 1 à 3 posent le principe sur les modes de cuisson et livrent la règle du désaccord. Les seifim 4 à 24 parcourent les aliments, du légume au vin, en cherchant chaque fois ce que le mot recouvre et ce qu’un second mot vient en distinguer. Les seifim 25 à 32 passent aux choses et aux lieux — l’eau, le vêtement, la maison, la ville. Les seifim 33 à 46 aux catégories de personnes. Les seifim 47 et 48 au temps et aux engagements, et le dernier mot du siman renvoie à l’intention, c’est-à-dire au siman suivant.

Le siman en cinq blocs. Seifim 1 à 3 : le principe, et le doute quand l’usage est divisé. Seifim 4 à 24 : les aliments. Seifim 25 à 32 : les choses, les lieux, les demeures. Seifim 33 à 46 : les catégories de personnes. Seifim 47 et 48 : le temps, les engagements, et le passage à l’intention.

2. Les quarante-huit seifim, clause par clause

Voici les quarante-huit seifim, chacun d’abord en entier — tel que la source le donne, gloses entre parenthèses, crochets éditoriaux et gloses du Rama compris —, puis décomposé clause par clause.

Seif 1 — le cuit : ce que le mot désigne ici, dans cette langue, en ce temps-là

Le siman s’ouvre sur la règle qui le commande tout entier, et il l’énonce en trois conditions accumulées : le lieu, la langue, l’époque. Le siman précédent demandait ce que le mot fait entendre par lui-même ; celui-ci demande ce que les gens appellent ainsi. Rien n’y est acquis d’avance : le même mot interdit tout ici et presque rien ailleurs.

דין הנודר מהמבושל מהמליח ממעשה קדירה ודומיהם וכיצד הולכין בנדרים אחר לשון בני אדם. ובו מ״ח סעיפים:
נדר או נשבע מהמבושל אם דרך אותו מקום באותו לשון ובאותו זמן שקוראין מבושל אפי׳ לצלי ולשלוק הרי זה אסור בכל ואם אין דרכם לקרות מבושל אלא לבשר שנתבשל במים ובתבלין הרי זה מותר בצלי ובשלוק וכן המעושן והמטוגן והמבושל בחמי טבריא וכיוצא בהם הולכים בו אחר הלשון של בני העיר:
« דין הנודר מהמבושל מהמליח ממעשה קדירה ודומיהם וכיצד הולכין בנדרים אחר לשון בני אדם. ובו מ״ח סעיפים » (שו״ע יו״ד רי״ז:א)
Lois de celui qui voue [de s’abstenir] du cuit, du salé, du plat de marmite et de leurs semblables, et comment l’on suit, dans les vœux, la langue des hommes. Et il contient quarante-huit seifim :
« נדר או נשבע מהמבושל אם דרך אותו מקום באותו לשון ובאותו זמן שקוראין מבושל אפי׳ לצלי ולשלוק הרי זה אסור בכל » (שו״ע יו״ד רי״ז:א)
Il a voué ou juré [de s’abstenir] du cuit : si l’usage de ce lieu-là, dans cette langue-là et en ce temps-là, est d’appeler « cuit » même le rôti et le bouilli, le voici interdit en tout.
Trois conditions, et elles sont cumulatives : ce lieu-là, cette langue-là, ce temps-là. Le Choulhan Aroukh ne dit pas « selon l’usage » en général ; il date et il localise. Un usage attesté ailleurs, ou attesté ici il y a cent ans, ne décide de rien.
« ואם אין דרכם לקרות מבושל אלא לבשר שנתבשל במים ובתבלין הרי זה מותר בצלי ובשלוק » (שו״ע יו״ד רי״ז:א)
Et si leur usage n’est d’appeler « cuit » que la viande cuite dans l’eau et les épices, le voici permis dans le rôti et dans le bouilli.
« וכן המעושן והמטוגן והמבושל בחמי טבריא וכיוצא בהם הולכים בו אחר הלשון של בני העיר » (שו״ע יו״ד רי״ז:א)
Et de même le fumé, le frit, et ce qui a été cuit dans les eaux chaudes de Tibériade et leurs semblables : on suit en cela la langue des gens de la ville.
La liste de la troisième clause n’est pas un catalogue de cuissons : c’est la démonstration que la règle ne s’arrête pas au rôti et au bouilli. Le fumé, le frit, l’eau chaude naturelle de Tibériade — pour chacun la question se repose à neuf, et la réponse est « la langue des gens de la ville », non un classement de la cuisine.
Le seif 1 en un mot. Le mot n’a pas de portée propre ; il a la portée que lui donne l’usage d’un lieu, d’une langue et d’une époque. Tout le siman n’est que l’application de cette phrase à une quarantaine de mots.

Seif 2 — le plat de marmite, ce qui descend dans la marmite, ce qui entre au four

Le premier seif posait le principe ; celui-ci montre aussitôt comment une formule se resserre ou s’élargit selon le mot choisi. Trois paires y sont mises côte à côte, et chacune oppose une désignation d’espèce — « le plat de marmite », « le pain du four » — à une désignation d’instrument : tout ce qui descend dans la marmite, tout ce qui se fait au four.

הנודר ממעשה קדירה אינו אסור אלא מדברים שמרתיחים אותם בקדירה כגון ריפות ולביבות וכיוצא בהם אסר עצמו מכל היורד לקדירה הרי זה אסור בכל המתבשלים בקדירה נדר מהיורד לתוך התנור אינו אסור אלא בפת ואם אמר כל מעשה תנור עלי אסור בכל הנעשה בתנור:
« הנודר ממעשה קדירה אינו אסור אלא מדברים שמרתיחים אותם בקדירה כגון ריפות ולביבות וכיוצא בהם » (שו״ע יו״ד רי״ז:ב)
Celui qui voue [de s’abstenir] du plat de marmite n’est interdit que dans les choses que l’on fait bouillir dans une marmite, comme les grains concassés et les beignets et leurs semblables.
« אסר עצמו מכל היורד לקדירה הרי זה אסור בכל המתבשלים בקדירה » (שו״ע יו״ד רי״ז:ב)
S’il s’est interdit à lui-même tout ce qui descend dans la marmite, le voici interdit dans tout ce qui se cuit dans la marmite.
« נדר מהיורד לתוך התנור אינו אסור אלא בפת » (שו״ע יו״ד רי״ז:ב)
Il a voué [de s’abstenir] de ce qui descend dans le four : il n’est interdit que dans le pain.
Le contraste est exemplaire. « Ce qui descend dans le four », c’est le pain — parce que dans la bouche des gens, ce qu’on met au four, c’est le pain. « Tout ouvrage de four », c’est le four comme instrument, et alors tout y passe. Deux formules presque identiques à l’oreille, deux étendues sans commune mesure.
« ואם אמר כל מעשה תנור עלי אסור בכל הנעשה בתנור » (שו״ע יו״ד רי״ז:ב)
Et s’il a dit : tout ouvrage de four m’est [interdit], il est interdit dans tout ce qui se fait au four.
Le seif 2 en un mot. Nommer un plat, c’est nommer ce que les gens désignent par là ; nommer un ustensile, c’est tout prendre. Le Chakh, au ס״ק ב, note que le Mehaber a omis les distinctions du Tour entre marmite et poêle, à la suite du Rambam et pour la raison donnée par le Beit Yossef : elles sont évidentes.

Seif 3 — le salé, le mariné, et ce que l’on fait quand la ville est partagée

Deux applications du seif 1, puis la question que le seif 1 laissait ouverte et qui est la plus pratique du siman : que faire lorsque l’usage n’est pas unanime ? Le Choulhan Aroukh écarte ici expressément la solution qu’on attendrait — la majorité — et impose la règle propre aux vœux.

נדר או נשבע מן המליח אם דרכם לקרות מליח לכל המלוחים הרי זה אסור בכל המלוחין אפי׳ אינו מליח אלא להתקיים לשעה ואם אין דרכם לקרות מליח אלא לדג מליח בלבד אינו אסור אלא בדג מליח (טור ורא״ש ור״ן בשם הירושלמי) נדר או נשבע מן הכבוש אם דרכם לקרות כבוש לכל הכבושים הרי זה אסור בכל ואם אין דרכם לקרות כבוש אלא לירק כבוש בלבד אינו אסור אלא בכבוש של ירק וכן כל כיוצא בזה היו מקצת בני המקום קורין לו כך ומקצתן אין קורין אין הולכין אחר הרוב אלא הרי זה ספק נדרים וכל ספק נדרים להחמיר:
« נדר או נשבע מן המליח אם דרכם לקרות מליח לכל המלוחים הרי זה אסור בכל המלוחין אפי׳ אינו מליח אלא להתקיים לשעה » (שו״ע יו״ד רי״ז:ג)
Il a voué ou juré [de s’abstenir] du salé : si leur usage est d’appeler « salé » tout ce qui est salé, le voici interdit dans tous les salés, même s’il n’est salé que pour se conserver un temps.
La précision « même s’il n’est salé que pour se conserver un temps » est le cœur de la clause : elle écarte la tentation de définir « salé » par un degré de salaison. Ce n’est pas la technique qui décide, c’est le mot.
« ואם אין דרכם לקרות מליח אלא לדג מליח בלבד אינו אסור אלא בדג מליח » (שו״ע יו״ד רי״ז:ג)
Et si leur usage n’est d’appeler « salé » que le poisson salé seulement, il n’est interdit que dans le poisson salé.
« (טור ורא״ש ור״ן בשם הירושלמי) » (שו״ע יו״ד רי״ז:ג)
(Tour, Roch et Ran au nom du Yerouchalmi)
« נדר או נשבע מן הכבוש אם דרכם לקרות כבוש לכל הכבושים הרי זה אסור בכל » (שו״ע יו״ד רי״ז:ג)
Il a voué ou juré [de s’abstenir] du mariné : si leur usage est d’appeler « mariné » tous les marinés, le voici interdit en tout.
« ואם אין דרכם לקרות כבוש אלא לירק כבוש בלבד אינו אסור אלא בכבוש של ירק » (שו״ע יו״ד רי״ז:ג)
Et si leur usage n’est d’appeler « mariné » que le légume mariné seulement, il n’est interdit que dans le mariné de légume.
« וכן כל כיוצא בזה » (שו״ע יו״ד רי״ז:ג)
Et de même tout ce qui lui ressemble.
« היו מקצת בני המקום קורין לו כך ומקצתן אין קורין » (שו״ע יו״ד רי״ז:ג)
Une partie des gens du lieu l’appelaient ainsi et une partie ne l’appelaient pas ainsi :
« אין הולכין אחר הרוב אלא הרי זה ספק נדרים וכל ספק נדרים להחמיר » (שו״ע יו״ד רי״ז:ג)
on ne suit pas la majorité ; c’est au contraire un doute de vœux, et tout doute de vœux [se tranche] à la rigueur.
La règle décisive du siman, et elle est contre-intuitive : la majorité ne décide pas de l’usage. Un mot employé par une partie de la ville dans un sens et par l’autre dans un autre laisse un doute, et le doute en matière de vœux se tranche à la rigueur. Le Chakh, au ס״ק ג, pose aussitôt la porte de sortie : si celui qui a voué dit qu’il a entendu le mot comme la majorité l’entend, il est cru — et il renvoie pour cela au siman 208.
Le seif 3 en un mot. Le sel et la saumure ne sont que des exemples ; ce que le seif ajoute réellement au seif 1, c’est la conduite en cas d’usage divisé — pas de majorité, un doute, et la rigueur. Avec, par le Chakh, la réserve de l’intention déclarée.

Seif 4 — le légume : trois formules, trois étendues, et la preuve par l’envoyé

Le siman quitte les modes de cuisson pour les aliments eux-mêmes, et il choisit d’abord le légume, parce que c’est sur lui que la langue des hommes est la plus instable. Trois formules sont mises en série, de la plus étroite à la plus large ; puis le seif produit son critère de preuve, et c’est l’un des plus beaux du traité : ce sur quoi l’envoyé revient demander est dans l’espèce.

אמר קונם ירק עלי אינו אסור אלא בנאכלין חיים ואם אמר ירקי קדירה עלי אסור אף בנכבשים בה ואם אמר ירק המתבשל בקדרה אינו אסור אלא במתבשל בה ומיהו אסור בכל המתבשל בה אף בדילועין (פירוש מין ירק שעליו גדולות ביותר. ערוך) שכל דבר שהשליח נמלך עליו הוא בכלל המין ההוא ואם אמר לשלוחו קח לי ירק ואינו מוצא אלא דילועים הוא נמלך בו לומר תרצה דילועין אבל אם נדר מהדילועין מותר בירק:
« אמר קונם ירק עלי אינו אסור אלא בנאכלין חיים » (שו״ע יו״ד רי״ז:ד)
Il a dit : קונם, le légume m’est [interdit] — il n’est interdit que dans ceux qui se mangent crus.
Le mot nu, « légume », ne désigne pour les gens que ce qui se mange cru. C’est le plus étroit des trois. Le Chakh, au ס״ק ה, l’explique en deux mots : ces légumes-là qui se mangent aussi crus — « aussi », non « seulement ».
« ואם אמר ירקי קדירה עלי אסור אף בנכבשים בה » (שו״ע יו״ד רי״ז:ד)
Et s’il a dit : les légumes de marmite me sont [interdits], il est interdit même dans ceux qui y sont marinés.
« ואם אמר ירק המתבשל בקדרה אינו אסור אלא במתבשל בה » (שו״ע יו״ד רי״ז:ד)
Et s’il a dit : le légume qui cuit dans la marmite, il n’est interdit que dans ce qui y cuit.
« ומיהו אסור בכל המתבשל בה אף בדילועין » (שו״ע יו״ד רי״ז:ד)
Toutefois, il est interdit dans tout ce qui y cuit, même dans les courges
« (פירוש מין ירק שעליו גדולות ביותר. ערוך) » (שו״ע יו״ד רי״ז:ד)
(explication : une espèce de légume dont les feuilles sont très grandes. Aroukh)
« שכל דבר שהשליח נמלך עליו הוא בכלל המין ההוא » (שו״ע יו״ד רי״ז:ד)
car toute chose au sujet de laquelle l’envoyé revient consulter est dans la catégorie de cette espèce-là.
Le critère de l’envoyé. On ne demande pas au dictionnaire ce que le mot recouvre, on regarde ce que fait un homme envoyé au marché : s’il revient demander « veux-tu des courges ? », c’est que la courge est dans le champ possible du mot. L’usage se mesure à un comportement, non à une définition.
« ואם אמר לשלוחו קח לי ירק ואינו מוצא אלא דילועים הוא נמלך בו לומר תרצה דילועין » (שו״ע יו״ד רי״ז:ד)
Et s’il a dit à son envoyé : prends-moi du légume, et qu’il n’en trouve que des courges, il revient le consulter en disant : veux-tu des courges ?
« אבל אם נדר מהדילועין מותר בירק » (שו״ע יו״ד רי״ז:ד)
Mais s’il a voué [de s’abstenir] des courges, il est permis dans le légume.
L’asymétrie, et elle est logique : l’espèce contient le particulier, le particulier ne contient pas l’espèce. Le Chakh, au ס״ק ז, précise que les courges ne sont pas dans « le légume » tout court ni dans « les légumes de marmite », parce qu’elles ne se mangent que cuites.
Le seif 4 en un mot. Trois formules, trois étendues : le légume cru, le légume de marmite avec les marinés, le légume cuit avec les courges. Et une méthode pour trancher — la question que pose l’envoyé. Le Taz, au ס״ק ג, et le Chakh, au ס״ק ו, s’opposent longuement sur ce que « légumes de marmite » comprend au juste.

Seif 5 — pourquoi le légume sec reste du légume, et la fève sèche non

Un critère matériel, et il surprend : ce n’est pas l’humidité qui décide, c’est l’existence d’une aire de battage. Ce qui a une saison de récolte et une aire cesse d’être appelé légume ; ce qui n’en a pas reste légume même desséché.

הנודר מהירק אסור אפילו ביבש מאחר שאין לו גורן ומותר בפולין יבשים מאחר שיש לו גורן ואינם נקראים ירק אלא הלחים:
« הנודר מהירק אסור אפילו ביבש מאחר שאין לו גורן » (שו״ע יו״ד רי״ז:ה)
Celui qui voue [de s’abstenir] du légume est interdit même dans le sec, puisqu’il n’a pas d’aire de battage,
« ומותר בפולין יבשים מאחר שיש לו גורן ואינם נקראים ירק אלא הלחים » (שו״ע יו״ד רי״ז:ה)
et il est permis dans les fèves sèches, puisqu’elles ont une aire de battage et qu’on n’appelle « légume » que les frais.
La dernière clause donne la clé, et elle annule l’apparente contradiction : on n’appelle « légume » que le frais — et pourtant le légume sec reste interdit. La réponse est dans le Taz, au ס״ק ה : le légume séché ne sort pas de la catégorie « légume », faute d’une autre catégorie où le mettre ; la fève, elle, en a une.
Le seif 5 en un mot. Une chose ne quitte un mot que si un autre mot la reçoit. L’aire de battage est le signe qu’il y en a un — la fève est une légumineuse, non un légume.

Seif 6 — un doute laissé ouvert : le kolkas

Un seif d’une ligne, et il est précieux : le Choulhan Aroukh rapporte ici un doute du Yerouchalmi sans le trancher. C’est le rappel que la langue des hommes ne se déduit pas — quand la source n’a pas su, on ne sait pas.

הנודר מהירק נסתפק בירושלמי אם הוא אסור בקולקס (פירש הערוך שהוא מין לוף ומונח בתרמילו ארוך ויש בו גרגרין הרבה):
« הנודר מהירק נסתפק בירושלמי אם הוא אסור בקולקס » (שו״ע יו״ד רי״ז:ו)
Celui qui voue [de s’abstenir] du légume : le Yerouchalmi est resté dans le doute quant à savoir s’il est interdit dans le kolkas
Un doute non tranché tombe sous la règle du seif 3 : ספק נדרים להחמיר. Le Chakh, au ס״ק ח, se borne à renvoyer à l’Aroukh, à l’entrée קרקס et à l’entrée לוף — c’est-à-dire à une question de botanique, non de droit.
« (פירש הערוך שהוא מין לוף ומונח בתרמילו ארוך ויש בו גרגרין הרבה) » (שו״ע יו״ד רי״ז:ו)
(l’Aroukh a expliqué que c’est une espèce de arum, qui se tient dans une longue gousse où il y a de nombreux grains)
Le seif 6 en un mot. Là où l’usage n’est pas établi, le Choulhan Aroukh ne l’invente pas. Le doute demeure, et il se conduit à la rigueur.

Seif 7 — la viande et les tendons : le subordonné suit, le principal ne suit pas

Deux lignes, et un texte que le Chakh et le Taz déclarent tous deux corrompu dans les éditions de leur temps. Sefaria porte ici le mot [אסור] entre crochets éditoriaux : c’est exactement la correction que les deux commentateurs réclament.

הנודר מהבשר [אסור] בגידין מהגידין מותר בבשר:
« הנודר מהבשר [אסור] בגידין » (שו״ע יו״ד רי״ז:ז)
Celui qui voue [de s’abstenir] de la viande est [interdit] dans les tendons ;
Le Chakh, au ס״ק ט, est catégorique : dans tous les livres du Mehaber on lit מותר בגידים, et c’est une erreur ; il faut lire אסור בגידים, car les tendons sont subordonnés à la viande — ainsi le Beit Yossef et le Yerouchalmi. Le Taz, au ס״ק ה, dit la même chose et ajoute que le Levouch a tenté d’expliquer la leçon « permis », ce qui est une méprise.
« מהגידין מותר בבשר » (שו״ע יו״ד רי״ז:ז)
[celui qui voue] des tendons est permis dans la viande.
Le seif 7 en un mot. Le subordonné est compris dans le principal ; le principal n’est pas compris dans le subordonné. Et le seif est l’un des rares endroits du siman où l’appareil corrige le texte imprimé.

Seif 8 — la viande : ce que le lieu ajoute, ce que le lieu n’ôte pas, et l’intention manifeste

Le seif le plus riche du premier tiers. Il pose trois étages : ce que l’usage local ajoute au mot (le poisson, là où l’envoyé consulte), ce qui est interdit en tout lieu et ne dépend d’aucun usage (volaille, abats, tête, pieds), et enfin le renversement — quand les circonstances montrent l’intention, elles l’emportent sur l’usage.

מקום שדרכם אם ישלח אדם שליח לקנות לו בשר אומר לו לא מצאתי אלא דגים אם נשבע או נדר במקום זה מהבשר נאסר אף בבשר דגים וכן כל כיוצא בזה ובכל מקום הנודר מהבשר אסור בבשר עופות ובקרבים ובראש וברגלים בקנה ובלב ומותר בחגבים ואם מראים הדברים בעת שנדר שלא נתכוין אלא בבשר בהמה בלבד [או לבשר עוף ובהמה בלבד] ה״ז מותר בבשר דגים ואפי׳ במקום שהשליח נמלך עליהם. (ואפילו בבשר עופות נמי שרי דהא לא נתכוין רק לבשר בהמה) (כן משמע לשון הטור וכן מטין דברי הר״ן):
« מקום שדרכם אם ישלח אדם שליח לקנות לו בשר אומר לו לא מצאתי אלא דגים » (שו״ע יו״ד רי״ז:ח)
Un lieu où l’usage est que, si un homme envoie un envoyé lui acheter de la viande, celui-ci lui dit : je n’ai trouvé que du poisson —
« אם נשבע או נדר במקום זה מהבשר נאסר אף בבשר דגים » (שו״ע יו״ד רי״ז:ח)
s’il a juré ou voué en ce lieu-là [de s’abstenir] de la viande, il est interdit même dans la chair de poisson.
Voici la langue des hommes en acte. Le poisson n’est pas de la viande — et pourtant, dans une ville où l’envoyé revient dire « je n’ai trouvé que du poisson », le mot « viande » l’a englobé. Le Taz, au ס״ק ו, et le Chakh, au ס״ק י״א, notent tous deux, au nom du Maharchal, que de nos jours il n’en va plus ainsi : l’envoyé ne consulte plus, et le poisson est permis.
« וכן כל כיוצא בזה » (שו״ע יו״ד רי״ז:ח)
Et de même tout ce qui lui ressemble.
« ובכל מקום הנודר מהבשר אסור בבשר עופות ובקרבים ובראש וברגלים בקנה ובלב » (שו״ע יו״ד רי״ז:ח)
Et en tout lieu, celui qui voue [de s’abstenir] de la viande est interdit dans la chair de volaille, dans les abats, dans la tête, dans les pieds, dans la trachée et dans le cœur,
« En tout lieu » : cette énumération ne dépend d’aucun usage. Volaille, abats, tête, pieds, trachée, cœur sont de la viande partout. Le siman n’abandonne donc pas tout à la coutume — il garde un noyau que la langue locale ne peut pas entamer.
« ומותר בחגבים » (שו״ע יו״ד רי״ז:ח)
et il est permis dans les sauterelles.
« ואם מראים הדברים בעת שנדר שלא נתכוין אלא בבשר בהמה בלבד [או לבשר עוף ובהמה בלבד] ה״ז מותר בבשר דגים » (שו״ע יו״ד רי״ז:ח)
Et si les circonstances montrent, au moment où il a voué, qu’il n’a eu l’intention que de la viande d’animal seulement [ou de la viande de volaille et d’animal seulement], le voici permis dans la chair de poisson,
Le troisième étage, et le plus fort : ואם מראים הדברים. L’usage local avait étendu le mot au poisson ; l’intention manifeste le rétracte, et jusque dans ce lieu-là. C’est la porte du siman 218, qui traitera de l’intention pour elle-même. Le Pit’hei Techouva, au ס״ק ב, rapporte du Havot Yaïr un cas plus difficile encore : même si rien ne se montrait au moment du vœu, mais qu’il dit après coup avoir visé la viande d’animal, il est permis dans la volaille.
« ואפי׳ במקום שהשליח נמלך עליהם » (שו״ע יו״ד רי״ז:ח)
et même dans un lieu où l’envoyé revient les consulter.
« (ואפילו בבשר עופות נמי שרי דהא לא נתכוין רק לבשר בהמה) » (שו״ע יו״ד רי״ז:ח)
(Et même la chair de volaille est permise, puisqu’il n’a eu l’intention que de la viande d’animal)
« (כן משמע לשון הטור וכן מטין דברי הר״ן) » (שו״ע יו״ד רי״ז:ח)
(ainsi implique la langue du Tour, et ainsi penchent les mots du Ran)
Le seif 8 en un mot. Trois étages : l’usage local étend, un noyau résiste en tout lieu, l’intention manifeste rétracte. Et une observation des Aharonim qui vaut pour tout le siman — l’usage a changé depuis, et ce qui était interdit à Safed ne l’est plus nécessairement ailleurs.

Seif 9 — le dépôt, la sauce et la viande : trois mots pour un même plat

Un même plat, trois noms, et aucun des trois ne se recouvre. Le seif est bâti sur la même asymétrie que le seif 7, mais il y ajoute la réserve qui la renverse : une formule verbale ou désignante atteint ce qu’un nom d’espèce n’atteint pas.

הנודר מהקיפה מותר ברוטב מהרוטב מותר בקיפה מהבשר מותר בשניהם אם לא שאומר קונם בשר עלי שאני טועם או שאני אוכל:
« הנודר מהקיפה מותר ברוטב » (שו״ע יו״ד רי״ז:ט)
Celui qui voue [de s’abstenir] du dépôt est permis dans la sauce ;
Le Taz, au ס״ק ח, explique קיפה : de fines miettes qui se figent au fond de la marmite. Le seif oppose donc deux parties du même plat, et le vœu portant sur l’une ne touche pas l’autre.
« מהרוטב מותר בקיפה » (שו״ע יו״ד רי״ז:ט)
[qui voue] de la sauce est permis dans le dépôt ;
« מהבשר מותר בשניהם » (שו״ע יו״ד רי״ז:ט)
[qui voue] de la viande est permis dans les deux —
« אם לא שאומר קונם בשר עלי שאני טועם או שאני אוכל » (שו״ע יו״ד רי״ז:ט)
à moins qu’il ne dise : קונם, la viande m’est [interdite], ce dont je goûterai, ou ce dont je mangerai.
La réserve, et elle est décisive : « la viande » ne prend ni la sauce ni le dépôt, mais « la viande, ce dont je goûterai » les prend, parce que le goût y est. Le Taz, au ס״ק י, tient pourtant que קונם בשר עלי est une faute d’impression et qu’il faut lire בשר זה — et il renvoie, pour le prouver, à ce siman même, seif 9.
Le seif 9 en un mot. Un nom d’espèce ne prend que ce qu’il nomme ; un verbe d’acte prend tout ce qui porte le goût. La règle est celle du siman 216, seif 9, rappelée ici sur un cas de cuisine.

Seif 10 — la grande liste des aliments : neuf couples, et le nom qui accompagne

Le seif le plus long du premier tiers, et c’est une michna presque entière. Il procède par couples inversés — de A on est interdit en B, de B on est permis en A —, et chacun repose sur un motif différent. La dernière clause livre le concept qui explique tous les autres : שם לווי, le nom accompagné.

הנודר מהגריסין אסור במקפה (פי׳ מרק קפוי ועב) של גריסין מהמקפה מותר בגריסין מהמקפה אסור בשום מהשום מותר במקפה מהתבלין אסור בחיין ומותר במבושלין ואם אמר קונם תבלין שאני טועם אסור בחיין ומבושלין מהכרוב [אסור] באספרגוס (פי׳ מין מים שבשלו בהם הכרוב רמב״ם ורש״י פי׳ מין כרוב) מהאספרגוס מותר בכרוב מהכרישין מותר בקפלוטות מהירק מותר בירקות שדה מפני שהוא שם לווי (משנה ס״פ הנודר מן המבושל) (דבלשון בני אדם אינם קורין ירק סתם רק לירקות הגדלים בגנות) (ב״י ורש״י שם בפי׳ המשנה):
« הנודר מהגריסין אסור במקפה » (שו״ע יו״ד רי״ז:י)
Celui qui voue [de s’abstenir] des gruaux est interdit dans la bouillie épaisse
« (פי׳ מרק קפוי ועב) » (שו״ע יו״ד רי״ז:י)
(explication : un bouillon figé et épais)
« של גריסין מהמקפה מותר בגריסין » (שו״ע יו״ד רי״ז:י)
de gruaux ; [qui voue] de la bouillie épaisse est permis dans les gruaux.
« מהמקפה אסור בשום » (שו״ע יו״ד רי״ז:י)
[Qui voue] de la bouillie épaisse est interdit dans l’ail ;
Pourquoi l’ail ? Le Taz, au ס״ק י״א, et le Chakh, au ס״ק י״ג, donnent la même raison au nom du Ran : מקפה désigne tout ce qui est figé et épais, et l’ail, qu’on délaie dans un peu d’eau et qu’on mange ainsi, en est. Le Taz ajoute l’explication du Roch : l’ail se met dans toutes les bouillies parce qu’il donne le goût.
« מהשום מותר במקפה » (שו״ע יו״ד רי״ז:י)
[qui voue] de l’ail est permis dans la bouillie épaisse.
« מהתבלין אסור בחיין ומותר במבושלין » (שו״ע יו״ד רי״ז:י)
[Qui voue] des épices est interdit dans les crues et permis dans les cuites ;
Les épices crues, non les cuites. Le Chakh, au ס״ק י״ד, borne la règle : elle ne vaut que pour ce qui donne du goût à la marmite — ail, oignon et leurs semblables — et n’a aucun sens pour le poivre, où la distinction cru/cuit ne se pose pas.
« ואם אמר קונם תבלין שאני טועם אסור בחיין ומבושלין » (שו״ע יו״ד רי״ז:י)
et s’il a dit : קונם, les épices dont je goûterai, il est interdit dans les crues et dans les cuites.
« מהכרוב [אסור] באספרגוס » (שו״ע יו״ד רי״ז:י)
[Qui voue] du chou est [interdit] dans l’aspargos
« (פי׳ מין מים שבשלו בהם הכרוב רמב״ם ורש״י פי׳ מין כרוב) » (שו״ע יו״ד רי״ז:י)
(explication : une espèce d’eau dans laquelle on a fait cuire le chou — Rambam ; et Rachi a expliqué : une espèce de chou)
« מהאספרגוס מותר בכרוב » (שו״ע יו״ד רי״ז:י)
; [qui voue] de l’aspargos est permis dans le chou.
« מהכרישין מותר בקפלוטות » (שו״ע יו״ד רי״ז:י)
[Qui voue] des poireaux est permis dans les kaplotot.
« מהירק מותר בירקות שדה מפני שהוא שם לווי » (שו״ע יו״ד רי״ז:י)
[Qui voue] du légume est permis dans les légumes des champs, parce que c’est un nom accompagné
שם לווי — le nom accompagné. « Légume des champs » n’est pas une espèce de « légume » : c’est un autre nom, et le vœu portant sur le mot nu ne l’atteint pas. Mais le Chakh, au ס״ק ט״ו, ajoute de lui-même ce qui change tout aujourd’hui : à présent, il est interdit dans les légumes des champs, car eux aussi sont compris dans « légumes » dans la langue des hommes.
« (משנה ס״פ הנודר מן המבושל) » (שו״ע יו״ד רי״ז:י)
(michna à la fin du chapitre « celui qui voue du cuit »)
« (דבלשון בני אדם אינם קורין ירק סתם רק לירקות הגדלים בגנות) » (שו״ע יו״ד רי״ז:י)
(car dans la langue des hommes on n’appelle « légume » tout court que les légumes qui poussent dans les jardins)
« (ב״י ורש״י שם בפי׳ המשנה) » (שו״ע יו״ד רי״ז:י)
(Beit Yossef et Rachi, là-bas, dans son commentaire de la michna)
Le seif 10 en un mot. Neuf couples, un seul principe : le mot prend ce que les gens rangent sous lui, et ce qu’un second mot vient distinguer sort de la prise. Deux commentaires le datent expressément — le Chakh au ס״ק ט״ו pour les légumes des champs, le Taz au ס״ק י״ג pour l’aspargos : de leur temps on appelait ainsi ; du nôtre, non.

Seif 11 — le lait, le petit-lait et le fromage : quand le nom d’un autre s’attache

Trois produits d’une même matière, et la question est de savoir lesquels s’emportent l’un l’autre. Le seif rapporte le Rambam, puis une opinion contraire — c’est l’une des rares ma’hlokot ouvertes du siman, et le Chakh lui consacre son plus long développement.

הנודר מהחלב מותר בקום (פי׳ מים המובדלים מהחלב כשמעמידים אותו הנקראת סור״ו) נדר מהקום מותר בחלב (רמב״ם פ״ט מה״נ ד״ח). וי״א דאם קורין לקום על שם החלב כגון שקורין אותה קומא דחלבא אסור (טור וב״י בשם הר״ן) מהחלב מותר בגבינה מהגבינה מותר בחלב ואסור בה בין מלוחה בין תפילה בין לחה בין יבשה:
« הנודר מהחלב מותר בקום » (שו״ע יו״ד רי״ז:י״א)
Celui qui voue [de s’abstenir] du lait est permis dans le petit-lait
« (פי׳ מים המובדלים מהחלב כשמעמידים אותו הנקראת סור״ו) » (שו״ע יו״ד רי״ז:י״א)
(explication : les eaux qui se séparent du lait quand on le fait cailler, que l’on nomme « soro »)
« נדר מהקום מותר בחלב » (שו״ע יו״ד רי״ז:י״א)
; [qui] a voué du petit-lait est permis dans le lait
« (רמב״ם פ״ט מה״נ ד״ח) » (שו״ע יו״ד רי״ז:י״א)
(Rambam, chapitre 9 des Lois des vœux, halakha 8).
« וי״א דאם קורין לקום על שם החלב כגון שקורין אותה קומא דחלבא אסור (טור וב״י בשם הר״ן) » (שו״ע יו״ד רי״ז:י״א)
Et certains disent que si l’on appelle le petit-lait du nom du lait — par exemple si on le nomme « le kouma du lait » — il est interdit (Tour et Beit Yossef au nom du Ran)
Le Chakh, au ס״ק י״ז, refuse de lire cette clause comme on la lit d’abord. À première vue elle jouerait dans les deux sens : qui voue du lait serait interdit dans le petit-lait, et inversement. Mais le Beit Yossef lui-même a repoussé le Ran, et le Tour, Rachi et la plupart des poskim le contredisent ouvertement. Le Chakh conclut donc que la clause ne porte que sur celui qui voue du lait — interdit alors dans le petit-lait ; qui voue du petit-lait reste permis dans le lait.
« מהחלב מותר בגבינה » (שו״ע יו״ד רי״ז:י״א)
[Qui voue] du lait est permis dans le fromage ;
« מהגבינה מותר בחלב » (שו״ע יו״ד רי״ז:י״א)
[qui voue] du fromage est permis dans le lait,
« ואסור בה בין מלוחה בין תפילה בין לחה בין יבשה » (שו״ע יו״ד רי״ז:י״א)
et il est interdit dans celui-ci, qu’il soit salé ou fade, humide ou sec.
Le fromage est fromage à tous ses états. La clause finale ferme la porte à l’argument qui aurait pu servir ici comme il sert au seif 13 pour les dattes : le changement d’état ne fait pas sortir du nom quand le nom reste.
Le seif 11 en un mot. Deux produits d’une même matière ne s’emportent pas l’un l’autre — sauf si l’usage attache le nom de l’un à l’autre, et alors dans un seul sens. Le seif 13 donnera la raison de cette exception, par contraste avec le miel de dattes.

Seif 12 — le poisson : la saumure et le mouriyes en sont sortis

Une ligne du Rambam, et une règle que le Taz et le Chakh bornent aussitôt d’une réserve capitale, absente du texte : la permission ne vaut que pour ce qui est déjà sorti avant le vœu.

הנודר מן הדגים מותר בציר ומורייס של דגים (לשון הרמב״ם שם):
« הנודר מן הדגים מותר בציר ומורייס של דגים » (שו״ע יו״ד רי״ז:י״ב)
Celui qui voue [de s’abstenir] des poissons est permis dans la saumure et dans le mouriyes de poissons
Le Chakh, au ס״ק י״ח, et le Taz, au ס״ק ט״ז, disent la même chose et c’est la clé pratique du seif : la permission ne porte que sur ce qui était déjà sorti du poisson avant le vœu. Ce qui en sort après est interdit s’il a dit קונם דגים שאני טועם, ou שאני אוכל, ou קונם דגים אלו — et ils renvoient au siman 216, seif 9. Le Taz étend expressément la même réserve au petit-lait du seif 11 et au miel de dattes du seif 13.
« (לשון הרמב״ם שם) » (שו״ע יו״ד רי״ז:י״ב)
(langue du Rambam, là-bas).
Le seif 12 en un mot. Ce qui est déjà séparé au moment du vœu n’est plus la chose ; ce qui s’en sépare après l’est encore, si la formule est désignante ou verbale. Le seif dit la première moitié, l’appareil dit la seconde.

Seif 13 — le miel de dattes : pourquoi le nom ne suffit pas à retenir

La question est posée par le texte lui-même : le miel de dattes porte le nom des dattes, et pourtant qui voue des dattes y est permis. Le Rama en donne deux raisons, et toutes deux tirées du Ran — la seconde éclairant, en creux, pourquoi le petit-lait du seif 11 se comporte autrement.

הנודר מהתמרים מותר בדבש תמרים: הגה אע״פ ששם התמרים עליו ונקרא דבש תמרים הואיל ונשתנה צורתן ממה שהיו תחילה משא״כ בקומא דחלבא (ר״ן בשם רשב״א) ועוד דמה שנקרא דבש תמרים אינו אלא כדי להבדילו משאר דבש (הר״ן) מדבש תמרים מותר בתמרים מסתוניות (פי׳ ענבים רעים הנשארים בגפן בימות הסתיו ועושין מהם חומץ) מותר בחומץ היוצא מהם:
« הנודר מהתמרים מותר בדבש תמרים » (שו״ע יו״ד רי״ז:י״ג)
Celui qui voue [de s’abstenir] des dattes est permis dans le miel de dattes.
« הגה אע״פ ששם התמרים עליו ונקרא דבש תמרים הואיל ונשתנה צורתן ממה שהיו תחילה משא״כ בקומא דחלבא » (רמ״א יו״ד רי״ז:י״ג)
Glose : bien que le nom des dattes soit sur lui et qu’on l’appelle « miel de dattes », puisque leur forme a changé de ce qu’elle était au départ — ce qui n’est pas le cas du « kouma du lait »
Première raison : le changement de forme. Et la glose se donne elle-même son contre-exemple — קומא דחלבא, où rien n’a changé de forme. Le Taz, au ס״ק י״ז, rapporte une troisième raison, trouvée chez Rabbi Leib de Prague : le petit-lait était liquide et l’est resté, tandis que la datte était un aliment et est devenue une boisson.
« (ר״ן בשם רשב״א) » (רמ״א יו״ד רי״ז:י״ג)
(Ran au nom du Rachba)
« ועוד דמה שנקרא דבש תמרים אינו אלא כדי להבדילו משאר דבש » (רמ״א יו״ד רי״ז:י״ג)
et encore : ce qu’on l’appelle « miel de dattes » n’est que pour le distinguer des autres miels
Deuxième raison, et elle est d’un autre ordre : le nom « de dattes » n’est pas là pour rattacher, il est là pour distinguer. Un nom qui sert à séparer de ses voisins ne rattache pas à son origine. C’est exactement le שם לווי du seif 10, retourné.
« (הר״ן) » (רמ״א יו״ד רי״ז:י״ג)
(le Ran)
« מדבש תמרים מותר בתמרים » (שו״ע יו״ד רי״ז:י״ג)
[Qui voue] du miel de dattes est permis dans les dattes.
« מסתוניות » (שו״ע יו״ד רי״ז:י״ג)
[Qui voue] des raisins tardifs
« (פי׳ ענבים רעים הנשארים בגפן בימות הסתיו ועושין מהם חומץ) » (שו״ע יו״ד רי״ז:י״ג)
(explication : de mauvais raisins qui restent sur la vigne à l’automne et dont on fait du vinaigre)
« מותר בחומץ היוצא מהם » (שו״ע יו״ד רי״ז:י״ג)
est permis dans le vinaigre qui en sort.
Le Chakh, au ס״ק י״ט, ouvre ici la seule vraie difficulté du seif, au nom du Ba’h : pourquoi la michna n’enseigne-t-elle pas le cas où l’on dit תמרים אלו ou שאני טועם תמרים, où l’on serait interdit dans ce qui en sort, comme elle l’enseigne pour les olives et les raisins ? Sa réponse est brève et vaut d’être retenue : le tanna n’est pas un colporteur qui énumère tout ; en vérité la règle est la même partout.
Le seif 13 en un mot. Porter le nom d’une chose ne suffit pas à en être : il faut encore que le nom rattache, et non qu’il distingue, et que la forme n’ait pas changé. Deux raisons du Ran, une troisième du Taz, et la réserve du Chakh au ס״ק י״ח — ce qui sort après le vœu reste interdit.

Seif 14 — le miel et le vinaigre : le mot nu ne prend que le sien

Le retour du seif 13, dans l’autre sens. Deux mots dont on aurait pu croire qu’ils couvrent tout un genre ne couvrent que leur référent le plus courant.

הנודר מדבש מותר בדבש תמרים מהחומץ מותר בחומץ סתוניות:
« הנודר מדבש מותר בדבש תמרים » (שו״ע יו״ד רי״ז:י״ד)
Celui qui voue [de s’abstenir] du miel est permis dans le miel de dattes ;
Le Chakh, au ס״ק כ״ב, et le Taz, au ס״ק י״ט, donnent la même raison en quatre mots, tirée du Tour : le miel tout court n’est que le miel d’abeilles. Le mot nu a un référent par défaut, et il n’en a qu’un.
« מהחומץ מותר בחומץ סתוניות » (שו״ע יו״ד רי״ז:י״ד)
[qui voue] du vinaigre est permis dans le vinaigre de raisins tardifs.
Le seif 14 en un mot. « Miel » veut dire miel d’abeilles ; ce qui porte un qualificatif est un autre objet. C’est le שם לווי du seif 10 appliqué aux liquides.

Seif 15 — le vin : le vin de pommes, le vin cuit, et le vin épicé

Trois cas, trois réponses, et la troisième est laissée en désaccord. Le seif s’achève sur un renvoi du Rama au siman précédent pour le vinaigre — l’un des deux endroits où le 217 avoue sa dépendance à l’égard du 216.

הנודר מהיין מותר ביין תפוחים ואסור ביין מבושל ומותר בקונדיטון (פי׳ משקה שיש בו דבש ויין ופלפלין) ויש מי שאוסר בקונדיטון (ודין חומץ עיין לעיל סוף סימן רט״ז סעיף י״א):
« הנודר מהיין מותר ביין תפוחים » (שו״ע יו״ד רי״ז:ט״ו)
Celui qui voue [de s’abstenir] du vin est permis dans le vin de pommes
« ואסור ביין מבושל » (שו״ע יו״ד רי״ז:ט״ו)
et il est interdit dans le vin cuit ;
Pourquoi le vin cuit est-il interdit, alors que le vin de pommes est permis ? Le Taz, au ס״ק כ, donne la réponse du Ran et elle renvoie au seif 10 : on aurait pu croire que « vin cuit » est un שם לווי comme « légume des champs ». Mais là-bas il s’agit d’une autre espèce, tandis qu’ici les deux sont du vin — et le fait d’avoir été cuit ne lui a rien fait perdre.
« ומותר בקונדיטון » (שו״ע יו״ד רי״ז:ט״ו)
et il est permis dans le kondyton
« (פי׳ משקה שיש בו דבש ויין ופלפלין) » (שו״ע יו״ד רי״ז:ט״ו)
(explication : une boisson où il y a du miel, du vin et du poivre)
« ויש מי שאוסר בקונדיטון » (שו״ע יו״ד רי״ז:ט״ו)
; et il en est qui interdisent le kondyton
Le Choulhan Aroukh laisse ici une opinion sans la trancher : ויש מי שאוסר. Le Chakh, au ס״ק כ״ג, ne discute pas le fond mais la définition : le kondyton est, selon le Tour, du vin cuit avec des aromates ; et il rapporte des responsa du Maharil que le mot exact serait [מבושם] — parfumé — et non (מבושל) — cuit.
« (ודין חומץ עיין לעיל סוף סימן רט״ז סעיף י״א) » (שו״ע יו״ד רי״ז:ט״ו)
(et pour la règle du vinaigre, voir plus haut à la fin du siman 216, seif 11)
Le seif 15 en un mot. Le vin de pommes est un autre objet ; le vin cuit est le même objet ; le kondyton est en litige. Et le vinaigre, qui poserait la même question, est renvoyé au siman 216.

Seif 16 — le tiroch : un mot de la Torah dans une bouche qui parle une autre langue

Le seif où les deux simanim se touchent. תירוש a, en langue de la Torah, une portée large — tout ce qui est doux ; mais « pour nous », qui ne parlons pas cette langue, il ne désigne que le vin. Le mot ne garde pas sa portée biblique dans une bouche qui ne parle plus la Bible.

הנודר מהתירוש לדידן אסור ביין ומותר בכל מיני מתיקה:
« הנודר מהתירוש לדידן אסור ביין » (שו״ע יו״ד רי״ז:ט״ז)
Celui qui voue [de s’abstenir] du tiroch — pour nous, il est interdit dans le vin
Le Chakh, au ס״ק כ״ד, et le Taz, au ס״ק כ״א, s’appuient sur le Ran : « pour nous » signifie parce que nous parlons en langue vernaculaire. Le Chakh tire alors la conséquence symétrique, et elle est fine : celui qui voue du tiroch en langue sainte est interdit dans le vin et permis dans les douceurs — car nous-mêmes n’appelons « tiroch », en langue de la Torah, que le vin.
« ומותר בכל מיני מתיקה » (שו״ע יו״ד רי״ז:ט״ז)
et permis dans toutes les espèces de douceurs.
Le seif 16 en un mot. Un mot biblique employé par un homme qui ne parle pas la langue de la Bible vaut ce qu’il vaut dans sa langue. Le Chakh, au ס״ק א, avait posé la règle inverse au nom de Rabbenou Yerouham : à défaut de langue des hommes — s’il a voué en langue sainte là où l’on ne la parle pas — on suit la langue de la Torah.

Seif 17 — l’huile : ce dont on se fournit décide, et la majorité ne sauve pas

Le seif applique la règle du seif 1 à un cas où deux usages coexistent. Et il tire la conséquence que le seif 3 avait posée en principe : quand les deux sont en usage, les deux sont interdits — même si l’un domine largement.

הנודר מהשמן אם הוא במקום שמסתפקים בשמן זית אסור בו ומותר בשמן שומשמין ואם הוא במקום שמסתפקין בשמן שומשמין אסור בו ומותר בשמן זית ואם מסתפקין בשניהם אסור בשניהם אע״פ שרוב סיפוקן מאחד מהם:
« הנודר מהשמן אם הוא במקום שמסתפקים בשמן זית אסור בו ומותר בשמן שומשמין » (שו״ע יו״ד רי״ז:י״ז)
Celui qui voue [de s’abstenir] de l’huile : s’il est dans un lieu où l’on se fournit en huile d’olive, il y est interdit et permis dans l’huile de sésame ;
« ואם הוא במקום שמסתפקין בשמן שומשמין אסור בו ומותר בשמן זית » (שו״ע יו״ד רי״ז:י״ז)
et s’il est dans un lieu où l’on se fournit en huile de sésame, il y est interdit et permis dans l’huile d’olive ;
« ואם מסתפקין בשניהם אסור בשניהם » (שו״ע יו״ד רי״ז:י״ז)
et si l’on se fournit dans les deux, il est interdit dans les deux,
« אע״פ שרוב סיפוקן מאחד מהם » (שו״ע יו״ד רי״ז:י״ז)
bien que la plus grande part de leur approvisionnement vienne de l’un d’eux.
La clause qui fait toute la valeur du seif. Le Chakh, au ס״ק כ״ה, la relie explicitement au seif 3 : on ne suit pas la majorité, car un doute de vœux se conduit à la rigueur. Le Baer Hetev, au ס״ק י״ד, le reprend mot pour mot. Le Taz, au ס״ק כ״ב, renvoie pour cela au siman 208.
Le seif 17 en un mot. Ce n’est pas ce qu’on produit qui décide mais ce dont on se fournit, et la coexistence de deux usages interdit les deux. La majorité n’a pas voix ici : c’est la loi du seif 3, appliquée.

Seif 18 — la récolte, le « produit » et le grain : les cinq espèces

Trois mots, une seule réponse. Le seif tranche une ma’hloket de la michna — Rabbi Meïr étendait דגן à toutes les légumineuses — en faveur des Sages.

הנודר מהתבואה או הנודר מעללתא אינו אסור אלא בחמשת המינים והוא הדין לנודר מהדגן:
« הנודר מהתבואה או הנודר מעללתא אינו אסור אלא בחמשת המינים » (שו״ע יו״ד רי״ז:י״ח)
Celui qui voue [de s’abstenir] de la récolte, ou celui qui voue de l’« alalta », n’est interdit que dans les cinq espèces ;
Le Taz, au ס״ק כ״ג, donne le sens de עללתא au nom du Roch : tout ce qui est de choix et excellent. Le Chakh, au ס״ק כ״ו, énumère les cinq : blé, orge, épeautre, avoine et seigle.
« והוא הדין לנודר מהדגן » (שו״ע יו״ד רי״ז:י״ח)
et il en va de même pour celui qui voue du grain.
Le Taz, au ס״ק כ״ד, rapporte du Tour que Rabbi Meïr interdisait, pour דגן, toutes les légumineuses sauf le blé fendu et concassé — parce que le blé y a déjà changé —, et que les Sages n’interdisent que les cinq espèces. Le Roch tranchait comme Rabbi Meïr ; le Mehaber suit le Rambam et les Sages. Le Pit’hei Techouva, au ס״ק ד, ajoute du Tiferet LeMoché une question laissée en צ״ע : la guemara enseigne que « la récolte du champ » interdit tout ce qui pousse au champ, et les poskim l’ont omis.
Le seif 18 en un mot. Trois mots différents, une même portée : les cinq céréales. Une ma’hloket de la michna tranchée en faveur des Sages, et une question du Pit’hei Techouva laissée ouverte.

Seif 19 — le pain, l’aliment, et « tout ce qui nourrit »

Trois cercles concentriques, du plus étroit au plus large, et le plus large est si vaste que le Chakh doit aussitôt le borner pour que le vœu puisse encore exister.

הנודר מפת סתם אינו אסור אלא בפת חטים ושעורים ובמקום שנוהגין לעשות פת מכל דבר ונדר מהפת או מהמזון אסור בחמשת המינין ואם אמר כל הזן עלי אסור בכל חוץ ממים ומלח:
« הנודר מפת סתם אינו אסור אלא בפת חטים ושעורים » (שו״ע יו״ד רי״ז:י״ט)
Celui qui voue [de s’abstenir] du pain, sans autre précision, n’est interdit que dans le pain de blé et d’orge ;
« ובמקום שנוהגין לעשות פת מכל דבר ונדר מהפת או מהמזון אסור בחמשת המינין » (שו״ע יו״ד רי״ז:י״ט)
et dans un lieu où l’on a coutume de faire du pain de toute chose, s’il a voué du pain ou de l’aliment, il est interdit dans les cinq espèces ;
Le Chakh, au ס״ק כ״ח, et le Baer Hetev, au ס״ק ט״ז, précisent que מזון vaut les cinq espèces même dans un lieu où l’on ne fait le pain que de blé et d’orge : le mot a sa portée propre. Le Taz, au ס״ק כ״ה, distingue les deux mots : l’aliment est ce qui soutient le cœur, tandis que « ce qui nourrit » est ce qui rassasse sans soutenir.
« ואם אמר כל הזן עלי אסור בכל חוץ ממים ומלח » (שו״ע יו״ד רי״ז:י״ט)
et s’il a dit : tout ce qui nourrit m’est [interdit], il est interdit en tout, hormis l’eau et le sel.
La borne, et elle est structurelle. Le Chakh, au ס״ק כ״ט, au nom du Ba’h : il faut que le vœu ait été pris pour un temps qu’il peut tenir ; sinon c’est comme vouer tous les fruits du monde, et il n’y a pas de vœu du tout — il renvoie au siman 232. Le Taz, au ס״ק כ״ה, le tire du Ran, et le Baer Hetev, au ס״ק י״ז, le répète.
Le seif 19 en un mot. « Pain » suit l’usage, « aliment » a sa mesure propre, « tout ce qui nourrit » prend tout sauf l’eau et le sel — à condition d’être borné dans le temps, faute de quoi il n’y a pas de vœu.

Seif 20 — le blé au singulier et au pluriel : quatre formules, quatre résultats

Le seif le plus technique du siman, et l’un des plus étonnants du traité : le nombre grammatical du mot décide. « Une graine de blé » vise ce qui se mange en grain ; « du blé » vise ce qui s’en fait. Dire les deux, c’est tout prendre. La glose du Rama y greffe une seconde ma’hloket, sur la portée d’un mot qui gouverne une énumération.

הנודר מהחטים אסור בהם בין חיים בין מבושלים חטה חטים שאיני טועם אסור בהם בין קמח בין פת חטה שאיני טועם אסור בהם באפויה ומותר לכוס חטים שאיני טועם מותר באפויה ואסור לכוס חטה חטים שאיני טועם אסור בין באפויה בין לכוס: הגה האומר פת חטים ושעורים וכוסמין עלי אינו אסור אלא בפת חטים ופת שעורים ופת כוסמין דפת דקאמר קאי על כולם (הר״ן פ׳ שבועות שתים) ויש מחמירין לאסור בשעורים וכוסמין לגמרי אלא אם כן אומר שלא היתה כוונתו רק אפת או שידוע לשון בני אדם שבאותו העיר דאז הולכין אחר לשון בני אדם (כ״כ הר״ן בשם הרמב״ן):
« הנודר מהחטים אסור בהם בין חיים בין מבושלים » (שו״ע יו״ד רי״ז:כ)
Celui qui voue [de s’abstenir] du blé est interdit dans celui-ci, qu’il soit cru ou cuit.
« חטה חטים שאיני טועם אסור בהם בין קמח בין פת » (שו״ע יו״ד רי״ז:כ)
« Grain de blé, blés — ce dont je ne goûterai » : il est interdit dans ceux-ci, tant en farine qu’en pain.
« חטה שאיני טועם אסור בהם באפויה ומותר לכוס » (שו״ע יו״ד רי״ז:כ)
« Grain de blé — ce dont je ne goûterai » : il est interdit dans ceux-ci en pain cuit, et il lui est permis d’en mâcher.
Le singulier חטה vise le grain ; le grain ne se mâche pas ordinairement, donc le vœu qui le nomme porte sur le pain. Le pluriel חטים vise la matière ; c’est elle qu’on mâche, et le pain en est déjà sorti. Le renversement est exact, et c’est une leçon de grammaire autant que de droit.
« חטים שאיני טועם מותר באפויה ואסור לכוס » (שו״ע יו״ד רי״ז:כ)
« Blés — ce dont je ne goûterai » : il lui est permis en pain cuit, et interdit d’en mâcher.
« חטה חטים שאיני טועם אסור בין באפויה בין לכוס » (שו״ע יו״ד רי״ז:כ)
« Grain de blé, blés — ce dont je ne goûterai » : il est interdit tant en pain cuit que de les mâcher.
« הגה האומר פת חטים ושעורים וכוסמין עלי אינו אסור אלא בפת חטים ופת שעורים ופת כוסמין דפת דקאמר קאי על כולם » (רמ״א יו״ד רי״ז:כ)
Glose : celui qui dit « pain de blé, et d’orge, et d’épeautre m’est [interdit] » n’est interdit que dans le pain de blé, le pain d’orge et le pain d’épeautre, car le mot « pain » qu’il a dit porte sur tous
Le Rama ouvre ici une question de syntaxe pure : quand un mot commande une énumération, gouverne-t-il tous ses termes ? Le Ran dit oui — « pain » porte sur les trois céréales. La glose rapporte ensuite l’avis contraire, et le résout par les deux issues de tout le siman : l’intention déclarée, ou la langue des hommes de cette ville-là.
« (הר״ן פ׳ שבועות שתים) » (רמ״א יו״ד רי״ז:כ)
(le Ran, chapitre « Chevouot chetayim »)
« ויש מחמירין לאסור בשעורים וכוסמין לגמרי אלא אם כן אומר שלא היתה כוונתו רק אפת או שידוע לשון בני אדם שבאותו העיר דאז הולכין אחר לשון בני אדם » (רמ״א יו״ד רי״ז:כ)
et certains sont plus rigoureux et interdisent l’orge et l’épeautre entièrement, à moins qu’il ne dise que son intention ne portait que sur le pain, ou qu’il soit connu que la langue des hommes de cette ville-là est telle — auquel cas on suit la langue des hommes
« (כ״כ הר״ן בשם הרמב״ן) » (רמ״א יו״ד רי״ז:כ)
(ainsi a écrit le Ran au nom du Ramban)
Le seif 20 en un mot. Le singulier et le pluriel n’ont pas la même portée, et l’addition des deux prend tout. Et une ma’hloket du Rama, non tranchée, sur le mot qui gouverne une énumération.

Seif 21 — les gruaux : la même règle du nombre, appliquée à la fève cassée

Le seif 21 refait le seif 20 sur un autre aliment, et en sens inverse. Le singulier גריס vise ce qui se cuit ; le pluriel גריסין vise ce qui se mange cru.

גריס שאני טועם אסור לאכול מבושל ומותר לאכול חי גריסין שאני טועם אסור לאכלם חיים ומותר לאכלם מבושלים גריס גריסין שאני טועם אסור לאכלם חיים ומבושלים:
« גריס שאני טועם אסור לאכול מבושל ומותר לאכול חי » (שו״ע יו״ד רי״ז:כ״א)
« Gruau — ce dont je ne goûterai » : il lui est interdit d’en manger cuit et permis d’en manger cru.
Pourquoi l’inverse du seif 20 ? Parce que l’usage est inverse : la fève cassée au singulier s’emploie pour le plat, au pluriel pour la matière brute. Le siman ne pose aucune règle de grammaire ; il enregistre chaque fois ce que le mot fait dans la bouche des gens.
« גריסין שאני טועם אסור לאכלם חיים ומותר לאכלם מבושלים » (שו״ע יו״ד רי״ז:כ״א)
« Gruaux — ce dont je ne goûterai » : il lui est interdit de les manger crus et permis de les manger cuits.
« גריס גריסין שאני טועם אסור לאכלם חיים ומבושלים » (שו״ע יו״ד רי״ז:כ״א)
« Gruau, gruaux — ce dont je ne goûterai » : il lui est interdit de les manger crus et cuits.
Le seif 21 en un mot. Le nombre grammatical est un indice d’usage, non une loi. Dire les deux formes prend les deux états.

Seif 22 — les fruits de l’année : ce que « fruit » ne veut pas dire

Le siman quitte les aliments particuliers pour les catégories générales. Et il pose une distinction qui court sur trois seifim : fruits contre pousses. Le second mot prend ce que le premier laisse.

הנודר מפירות השנה אסור בכל פירות השנה ומותר בגדיים וטלאים בחלב ובביצים ובגוזלות ואם אמר גידולי שנה עלי אסור בכולם:
« הנודר מפירות השנה אסור בכל פירות השנה » (שו״ע יו״ד רי״ז:כ״ב)
Celui qui voue [de s’abstenir] des fruits de l’année est interdit dans tous les fruits de l’année,
« ומותר בגדיים וטלאים בחלב ובביצים ובגוזלות » (שו״ע יו״ד רי״ז:כ״ב)
et il est permis dans les chevreaux et les agneaux, dans le lait, dans les œufs et dans les pigeonneaux ;
Le Taz, au ס״ק כ״ז, pose l’objection et la résout. La guemara, au début de « Merouba », tire d’un verset que les bêtes aussi sont un « fruit ». Sa réponse tient tout le siman : en matière de vœux il en va autrement, car on suit la langue des hommes, et dans la langue des hommes on ne les appelle pas « fruit ». Le Chakh, au ס״ק ל, apporte le même point depuis le siman 177.
« ואם אמר גידולי שנה עלי אסור בכולם » (שו״ע יו״ד רי״ז:כ״ב)
et s’il a dit : les croissances de l’année me sont [interdites], il est interdit dans tous.
Le Chakh, au ס״ק ל״א, tire du Ran une observation qui vaut aussi pour le seif 19 : la clause finale ne tient que si le vœu porte sur un temps tenable, sinon il n’y a pas de vœu. Et il en déduit, par l’endroit où le Ran a placé sa remarque, que la première clause vaut même pour toujours — puisqu’il lui reste les chevreaux et les agneaux, il peut tenir son vœu.
Le seif 22 en un mot. « Fruit » est un mot d’arbre et de champ dans la bouche des gens, quoi que dise le verset ; « croissance » est un mot de vie, et il prend les bêtes.

Seif 23 — les fruits de la terre : les truffes et les champignons

Le pendant exact du seif 22, sur l’axe du sol au lieu de l’axe du temps, et avec la même paire de mots. L’exception est botanique et elle est célèbre.

הנודר מפירות הארץ אסור בכל פירות הארץ ובפרי העץ ומותר בכמיהין ופטריות ואם אמר גידולי קרקע עלי אסור בכולם:
« הנודר מפירות הארץ אסור בכל פירות הארץ ובפרי העץ » (שו״ע יו״ד רי״ז:כ״ג)
Celui qui voue [de s’abstenir] des fruits de la terre est interdit dans tous les fruits de la terre et dans le fruit de l’arbre,
« ומותר בכמיהין ופטריות » (שו״ע יו״ד רי״ז:כ״ג)
et il est permis dans les truffes et les champignons ;
Le Taz, au ס״ק כ״ח, donne la raison en une ligne : ils ne sont pas dans la catégorie « fruit de la terre », car ils tirent leur nourriture de l’air, bien qu’ils poussent du sol. C’est l’image talmudique classique des truffes.
« ואם אמר גידולי קרקע עלי אסור בכולם » (שו״ע יו״ד רי״ז:כ״ג)
et s’il a dit : les croissances du sol me sont [interdites], il est interdit dans tous.
Le Taz, au ס״ק כ״ט, tranche une question que le seif ne pose pas : « croissances du sol » prend-il les chevreaux et les agneaux ? Non — car dans la langue des hommes on n’appelle pas les bêtes des « croissances du sol », de même qu’on ne les appelle pas « fruit » au seif 22. Et il note que le Ba’h dit autrement ; le Baer Hetev, au ס״ק י״ט, rapporte le débat.
Le seif 23 en un mot. Ce qui se nourrit de l’air n’est pas un fruit de la terre, même s’il en sort. Et « croissance du sol » n’atteint pas le bétail, contre le Ba’h.

Seif 24 — l’« été » veut dire les figues

Une ligne, et c’est peut-être l’exemple le plus pur du siman : un mot qui, dans la bouche des gens, ne désigne pas du tout ce qu’il signifie.

הנודר מהקיץ אינו אסור אלא מהתאנים:
« הנודר מהקיץ אינו אסור אלא מהתאנים » (שו״ע יו״ד רי״ז:כ״ד)
Celui qui voue [de s’abstenir] de l’été n’est interdit que dans les figues.
Ni le Chakh ni le Taz ne commentent ce seif, et c’est révélateur : il n’y a rien à expliquer. קיץ était le mot du fruit qu’on sèche en été, et la saison a donné son nom à la figue. Le mot ne se déduit d’aucune racine — il s’observe.
Le seif 24 en un mot. L’usage peut donner à un mot un sens que sa racine ne contient pas, et le vœu suit l’usage.

Seif 25 — l’eau de telle source : le nom contre la provenance

Le siman passe des aliments aux choses et aux lieux, et il ouvre par un cas où deux formules quasi identiques suivent deux critères opposés : l’une suit l’eau, l’autre suit le nom.

הנודר מהמים הנמשכים ממעין פלוני אסור בכל הנהרות היונקות ממנו ואין צריך לומר מהנמשכים ממנו ואע״פ שנשתנה שמו ואין קורין אותו אלא נהר פלוני או מעין פלוני אם אמר מנהר פלוני או ממעין פלוני אינו אסור אלא בנקראים על שמו:
« הנודר מהמים הנמשכים ממעין פלוני אסור בכל הנהרות היונקות ממנו » (שו״ע יו״ד רי״ז:כ״ה)
Celui qui voue [de s’abstenir] des eaux qui coulent de telle source est interdit dans toutes les rivières qui s’en alimentent,
« ואין צריך לומר מהנמשכים ממנו » (שו״ע יו״ד רי״ז:כ״ה)
et il va sans dire, dans celles qui en coulent,
« ואע״פ שנשתנה שמו ואין קורין אותו אלא נהר פלוני או מעין פלוני » (שו״ע יו״ד רי״ז:כ״ה)
et cela bien que son nom ait changé et qu’on ne l’appelle plus que « telle rivière » ou « telle source ».
La clause charnière. Nommer les eaux qui coulent d’une source, c’est viser la matière, et la matière voyage sous d’autres noms. Le changement de nom ne rompt pas le lien.
« אם אמר מנהר פלוני או ממעין פלוני אינו אסור אלא בנקראים על שמו » (שו״ע יו״ד רי״ז:כ״ה)
S’il a dit : de telle rivière, ou de telle source, il n’est interdit que dans celles qui sont appelées de son nom.
Et l’inverse : nommer la rivière ou la source, c’est viser le nom, et alors seul ce qui porte encore ce nom est atteint. Deux formules, deux critères — c’est la structure même du siman 216, transportée ici dans la langue des hommes.
Le seif 25 en un mot. « Les eaux de » suit l’eau ; « la rivière » suit le nom. Aucun des deux commentateurs principaux ne s’y arrête, et le seif se lit seul.

Seif 26 — le vœu de profit sur une source : la tevila d’une mitsva

Le seul seif du siman qui porte sur un מודר הנאה — c’est le sujet du siman 221, annoncé ici en une ligne. La distinction est saisonnière, et le motif en est physique.

הנודר הנאה ממעין טובל בו טבילה של מצוה בימות הגשמים אבל לא בימות החמה:
« הנודר הנאה ממעין טובל בו טבילה של מצוה בימות הגשמים » (שו״ע יו״ד רי״ז:כ״ו)
Celui qui voue de ne tirer aucun profit d’une source s’y immerge d’une immersion de mitsva à la saison des pluies,
« אבל לא בימות החמה » (שו״ע יו״ד רי״ז:כ״ו)
mais non à la saison chaude.
Le Chakh, au ס״ק ל״ב, et le Baer Hetev, au ס״ק כ, donnent la raison en trois mots : il y a là un plaisir du corps. En hiver, l’immersion n’est que l’accomplissement de la mitsva ; en été, l’eau fraîche est un agrément, et c’est un profit.
Le seif 26 en un mot. Ce qui n’est qu’une mitsva est permis à l’interdit de profit ; ce qui y ajoute un agrément du corps ne l’est pas. La ligne de partage est le confort, non l’acte.

Seif 27 — le vêtement : ce que l’on ne se met pas sur le dos

Le critère est l’usage réel : n’est « vêtement » que ce dont les gens se couvrent. Une étoffe grossière n’en est pas, si personne ne s’en couvre.

הנודר מהכסות מותר בשק וביריעה ובחמילה (פי׳ מיני בגדים גסים שאין דרך בני אדם להתכסות בהם):
« הנודר מהכסות מותר בשק וביריעה ובחמילה » (שו״ע יו״ד רי״ז:כ״ז)
Celui qui voue [de s’abstenir] du vêtement est permis dans le sac, dans la toile et dans la ’hamila
Le Chakh, au ס״ק ל״ג, résume le Tour en quatre mots : ce sont des espèces de vêtements grossiers. Le Baer Hetev n’a pas d’entrée ici ; la parenthèse de Sefaria donne déjà l’explication dans le corps du seif.
« (פי׳ מיני בגדים גסים שאין דרך בני אדם להתכסות בהם) » (שו״ע יו״ד רי״ז:כ״ז)
(explication : des espèces de vêtements grossiers dont les gens n’ont pas coutume de se couvrir).
Le seif 27 en un mot. Une étoffe n’est pas un vêtement parce qu’elle couvre : elle l’est parce qu’on s’en vêt.

Seif 28 — la maison et l’étage : encore le subordonné et le principal

Le seif 7 sur la viande et les tendons, transporté dans le bâti. Le Chakh y greffe une limite prise au droit civil, et elle est instructive.

הנודר מהבית אסור בעליה מהעליה מותר בבית:
« הנודר מהבית אסור בעליה » (שו״ע יו״ד רי״ז:כ״ח)
Celui qui voue [de s’abstenir] de la maison est interdit dans l’étage ;
Le Chakh, au ס״ק ל״ד, borne aussitôt l’extension, au nom du Roch : mais la chambre et l’appentis ne sont pas dans la catégorie « maison » — et il le prouve par le droit de la vente : celui qui vend la maison n’a vendu ni la chambre ni l’appentis. Il renvoie au Hochen Michpat, siman 214. Le Baer Hetev, au ס״ק כ״א, le reprend.
« מהעליה מותר בבית » (שו״ע יו״ד רי״ז:כ״ח)
[qui voue] de l’étage est permis dans la maison.
Le seif 28 en un mot. L’étage est dans la maison, la maison n’est pas dans l’étage — et la preuve de la portée d’un mot se prend, ici, dans le droit de la vente.

Seif 29 — la ville : soixante-dix coudées et un reste

Une mesure précise là où l’on attendait une notion. Et le Chakh en tire la leçon la plus explicite du siman sur ce qui le distingue de tout le reste de la halakha.

הנודר מהעיר אסור ליכנס לעיבורה דהיינו תוך שבעים אמה ושירים:
« הנודר מהעיר אסור ליכנס לעיבורה דהיינו תוך שבעים אמה ושירים » (שו״ע יו״ד רי״ז:כ״ט)
Celui qui voue [de s’abstenir] de la ville : il lui est interdit d’entrer dans son ibbour, c’est-à-dire à l’intérieur de soixante-dix coudées et un reste.
Le Chakh, au ס״ק ל״ה, pose l’objection et y répond, et c’est la phrase-clé du siman entier. Pour tout le reste — Orah Haïm 496 et 574, Yoré Déa 228 — la ville s’étend jusqu’au te’houm, deux mille coudées. Mais ici, en matière de vœux, il en va autrement : on suit la langue des hommes, et elle ne va qu’à soixante-dix coudées et un reste. Il cite le Maharchal. Le Baer Hetev, au ס״ק כ״ב, le recopie.
Le seif 29 en un mot. Un même mot n’a pas la même étendue dans un traité et dans l’autre. En matière de vœux, la ville s’arrête où la parole ordinaire l’arrête — et pas deux mille coudées plus loin.

Seif 30 — la maison : l’épaisseur du seuil n’est pas dedans

La même exigence de précision que le seif 29, à l’échelle d’une porte. La frontière est la ligne où la porte se ferme.

הנודר מהבית אינו אסור אלא מהאגף ולפנים דהיינו מסתימת הדלת ולפנים אבל מסתימת הדלת ולחוץ על עובי המפתן מותר:
« הנודר מהבית אינו אסור אלא מהאגף ולפנים דהיינו מסתימת הדלת ולפנים » (שו״ע יו״ד רי״ז:ל)
Celui qui voue [de s’abstenir] de la maison n’est interdit que depuis l’agaf vers l’intérieur, c’est-à-dire depuis la fermeture de la porte vers l’intérieur ;
Le Chakh, au ס״ק ל״ו, ne s’explique pas : il renvoie à Orah Haïm 55, seif 13 — où la même question de l’אגף se pose pour le minyan, et se tranche de la même manière.
« אבל מסתימת הדלת ולחוץ על עובי המפתן מותר » (שו״ע יו״ד רי״ז:ל)
mais depuis la fermeture de la porte vers l’extérieur, sur l’épaisseur du seuil, il est permis.
Le seif 30 en un mot. « La maison » commence à la ligne de fermeture de la porte, non au bord extérieur du seuil.

Seif 31 — se tenir dans une maison, habiter un quartier, et la glose du Rama

Le pendant exact du seif 30 : s’engager à rester dans la maison n’a pas la même frontière que s’interdire la maison. Puis le Rama ajoute deux cas de la vie communautaire, dont le second n’a plus rien à voir avec le logement.

הנשבע לעמוד בבית א׳ אסור מהאגף ולחוץ: הגה הנודר לדור בשכונת היהודים צריך לדור בשכונה הגדולה וברחוב שלה דכן הוא לשון בני אדם ולא אמרינן דג׳ בתים מקרי שכונה (ב״י סי׳ רכ״ח דף רע״ד סוף ע״ב בשם תשובת הרשב״א) קהל שגזרו שלא לקנות בתים מעובדי כוכבים אסור להחליף עמהם דזה נמי מקרי קנייה ומכירה (מרדכי פרק המקבל):
« הנשבע לעמוד בבית א׳ אסור מהאגף ולחוץ » (שו״ע יו״ד רי״ז:ל״א)
Celui qui jure de se tenir dans une certaine maison est interdit depuis l’agaf vers l’extérieur.
« הגה הנודר לדור בשכונת היהודים צריך לדור בשכונה הגדולה וברחוב שלה דכן הוא לשון בני אדם » (רמ״א יו״ד רי״ז:ל״א)
Glose : celui qui voue d’habiter dans le quartier des Juifs doit habiter dans le grand quartier et dans sa rue, car telle est la langue des hommes,
Le Rama applique ici la règle du siman à une notion sociale : quartier. La langue des hommes, dit-il, n’appelle pas trois maisons un quartier ; s’engager à habiter « le quartier juif » oblige au grand quartier et à sa rue principale.
« ולא אמרינן דג׳ בתים מקרי שכונה » (רמ״א יו״ד רי״ז:ל״א)
et l’on ne dit pas que trois maisons s’appellent un quartier
« (ב״י סי׳ רכ״ח דף רע״ד סוף ע״ב בשם תשובת הרשב״א) » (רמ״א יו״ד רי״ז:ל״א)
(Beit Yossef, siman 228, folio 274, fin de la colonne b, au nom d’une responsa du Rachba)
« קהל שגזרו שלא לקנות בתים מעובדי כוכבים אסור להחליף עמהם דזה נמי מקרי קנייה ומכירה » (רמ״א יו״ד רי״ז:ל״א)
Une communauté qui a décrété de ne pas acheter de maisons aux idolâtres : il leur est interdit de faire échange avec eux, car cela aussi s’appelle achat et vente
Le second cas du Rama est d’une autre nature, et il montre la portée du siman : un décret communautaire est lui aussi une parole, et se lit comme un vœu. « Acheter » recouvre l’échange, parce que l’échange est, dans la langue des hommes, un achat et une vente.
« (מרדכי פרק המקבל) » (רמ״א יו״ד רי״ז:ל״א)
(Mordekhi, chapitre « HaMekabbel »)
Le seif 31 en un mot. L’obligation positive et l’interdit tracent la frontière du même côté du seuil, mais en sens contraire. Et la règle vaut hors du vœu : pour un décret de communauté aussi, la question est ce que le mot veut dire dans la bouche des gens.

Seif 32 — les habitants de la ville et ses fils : trente jours, douze mois

Deux expressions, deux durées, et derrière elles un même principe — l’appartenance se mesure au temps. Le Rama y ajoute une glose qui renvoie explicitement, et par deux fois, à la langue des hommes puis à l’intention : c’est le seul endroit du siman où les deux critères sont nommés dans la même phrase.

נדר מיושבי העיר אסור במי שישב שם שלשים יום מבני העיר אינו אסור אלא במי שישב שם י״ב חדש: הגה ואם נדר ממי שדר שם אפילו דירת עראי מקרי דירה (רשב״א סימן תרס״ז) מיהו הולכים אחר לשון בני אדם שאין נקרא דירה אלא בדר שם עם בני ביתו דרך קבוע אע״פ שהוא פחות מל׳ יום ואם לשון בני אדם הוא בדרך אחר הולכין אחריו אחר כוונת הנודר:
« נדר מיושבי העיר אסור במי שישב שם שלשים יום » (שו״ע יו״ד רי״ז:ל״ב)
Il a voué [de s’abstenir] des habitants de la ville : il est interdit à l’égard de quiconque y a résidé trente jours ;
« מבני העיר אינו אסור אלא במי שישב שם י״ב חדש » (שו״ע יו״ד רי״ז:ל״ב)
[il a voué] des fils de la ville : il n’est interdit qu’à l’égard de quiconque y a résidé douze mois.
« הגה ואם נדר ממי שדר שם אפילו דירת עראי מקרי דירה » (רמ״א יו״ד רי״ז:ל״ב)
Glose : et s’il a voué à l’égard de celui qui y demeure, même une demeure passagère est appelée demeure
« (רשב״א סימן תרס״ז) » (רמ״א יו״ד רי״ז:ל״ב)
(Rachba, siman 667)
« מיהו הולכים אחר לשון בני אדם שאין נקרא דירה אלא בדר שם עם בני ביתו דרך קבוע אע״פ שהוא פחות מל׳ יום » (רמ״א יו״ד רי״ז:ל״ב)
toutefois, on suit la langue des hommes, selon laquelle n’est appelé « demeure » que celui qui y demeure avec les siens de façon fixe, même si c’est moins de trente jours ;
La glose renverse le Rachba par la règle même du siman. Non la durée nominale, mais ce que les gens appellent « demeurer » : vivre là avec les siens, de façon fixe. Le Chakh, au ס״ק ל״ז, et le Baer Hetev, au ס״ק כ״ג, apportent tous deux le Mabit — en ces lieux-ci et en ce temps-ci, on n’appelle pas demeure une résidence de moins de six mois.
« ואם לשון בני אדם הוא בדרך אחר הולכין אחריו אחר כוונת הנודר » (רמ״א יו״ד רי״ז:ל״ב)
et si la langue des hommes est autre, on la suit — d’après l’intention de celui qui voue.
La dernière clause est la charnière des deux simanim : si la langue des hommes est autre, on la suit — et le Rama enchaîne aussitôt sur אחר כוונת הנודר. La langue n’est pas l’horizon ultime : derrière elle il y a l’intention, et c’est tout le siman 218.
Le seif 32 en un mot. Trente jours font un habitant, douze mois font un fils de la ville — mais ces durées cèdent devant l’usage local, et l’usage local devant l’intention. Le siman s’avoue ici lui-même provisoire.

Seif 33 — ceux qui descendent en mer : une identité, non un trajet

Le siman passe aux catégories de personnes, et il y restera jusqu’au seif 46. La question change de nature : ce n’est plus ce qu’une chose est, mais qui un homme est. Et la réponse est la même — ce que les gens appellent ainsi.

נדר מיורדי הים אסור בכל יורדי הים אפילו באותם שאין הולכים אלא מעכו ליפו ואפילו באותם שיורדים לטייל ומותר ביושבי יבשה:
« נדר מיורדי הים אסור בכל יורדי הים אפילו באותם שאין הולכים אלא מעכו ליפו » (שו״ע יו״ד רי״ז:ל״ג)
Il a voué [de s’abstenir] de ceux qui descendent en mer : il est interdit à l’égard de tous ceux qui descendent en mer, même ceux qui ne vont que d’Akko à Jaffa,
La brièveté du trajet ne retire pas le nom, et l’agrément non plus : ni la distance ni le motif ne sont dans le mot. Ce que le mot désigne, c’est un genre d’hommes — ceux qui prennent la mer.
« ואפילו באותם שיורדים לטייל » (שו״ע יו״ד רי״ז:ל״ג)
et même ceux qui descendent pour se promener,
« ומותר ביושבי יבשה » (שו״ע יו״ד רי״ז:ל״ג)
et il est permis à l’égard de ceux qui demeurent sur la terre ferme.
Le seif 33 en un mot. « Ceux qui descendent en mer » nomme un état, non un déplacement ; il ne s’en exclut ni le cabotage ni la promenade.

Seif 34 — ceux de la terre ferme : le terme large prend le terme étroit

Le retournement du seif 33, et il n’est pas symétrique. La terre ferme est la condition de tous ; la mer n’est celle que de quelques-uns.

נדר מיושבי יבשה אסור גם ביורדי הים ואפי׳ באותם שמפליגים בו הרבה שסופם לירד ליבשה:
« נדר מיושבי יבשה אסור גם ביורדי הים » (שו״ע יו״ד רי״ז:ל״ד)
Il a voué [de s’abstenir] de ceux qui demeurent sur la terre ferme : il est interdit aussi à l’égard de ceux qui descendent en mer,
« ואפי׳ באותם שמפליגים בו הרבה שסופם לירד ליבשה » (שו״ע יו״ד רי״ז:ל״ד)
et même à l’égard de ceux qui s’éloignent beaucoup au large, car ils finiront par redescendre à terre.
Le motif est donné en trois mots : שסופם לירד ליבשה. L’appartenance à la terre est un état de fond, que l’absence temporaire n’interrompt pas. C’est pourquoi l’inclusion ne joue que dans un sens.
Le seif 34 en un mot. Tout homme de mer est aussi un homme de terre ; l’inverse n’est pas vrai. Le mot le plus général englobe le plus particulier, jamais le contraire.

Seif 35 — « dans trente jours » : le vœu se lit au moment où il est dit

Un seif de méthode, et il vaut pour tout le traité : quand un vœu vise une catégorie et prend effet plus tard, la catégorie se fixe au moment de la parole, non au moment où le vœu prend effet.

אמר יורדי הים לאחר ל׳ יום עלי מי שהוא בשעת הנדר מיורדי הים אסור בו ומי שאינו מיורדי הים בשעת הנדר מותר בו אע״פ שלאחר ל׳ יום כשחל הנדר הוא מיורדי הים:
« אמר יורדי הים לאחר ל׳ יום עלי מי שהוא בשעת הנדר מיורדי הים אסור בו » (שו״ע יו״ד רי״ז:ל״ה)
Il a dit : ceux qui descendent en mer, dans trente jours, me sont [interdits] — celui qui, au moment du vœu, est de ceux qui descendent en mer lui est interdit,
« ומי שאינו מיורדי הים בשעת הנדר מותר בו אע״פ שלאחר ל׳ יום כשחל הנדר הוא מיורדי הים » (שו״ע יו״ד רי״ז:ל״ה)
et celui qui n’est pas de ceux qui descendent en mer au moment du vœu lui est permis, bien qu’après trente jours, quand le vœu prend effet, il en soit.
Le Chakh, au ס״ק ל״ט, énonce la règle et l’étend : on suit, dans les vœux, le moment de la parole, non le moment où le vœu prend effet — et il renvoie au siman 234, seif 34. Puis il généralise : quiconque a dit « dans tel temps, les habitants de telle ville me seront interdits », et que l’un d’eux déménage entre-temps, reste interdit à son égard ; et celui qui s’y installe entre-temps reste permis.
Le seif 35 en un mot. La parole se lit au moment où elle est dite. Ce qui arrive ensuite au monde ne modifie pas ce que le mot désignait alors.

Seif 36 — « ceux que le soleil voit » : le mot l’emporte sur l’intention niée

Le seif le plus disputé de la seconde moitié, et le seul où le Rama tranche expressément contre l’intention déclarée. La formule רואי החמה se lit passivement : ceux que le soleil voit. Et le Choulhan Aroukh en tire deux exclusions — les poissons et les fœtus.

נדר מרואי החמה אסור אף בסומים שלא נתכוין אלא למי שהחמה רואה אותו לאפוקי דגים ועוברים: הגה ואפילו אמר לא נתכוונתי לכך לא מהני (ב״י בשם הרא״ש) הואיל והלשון ודאי כך הוא ומותר בכל דבר שאינו בעל חיים אע״פ שהחמה רואה אותו (ב״י בשם התוספות) : ואם נדר מרואים החמה מותר בסומים:
« נדר מרואי החמה אסור אף בסומים שלא נתכוין אלא למי שהחמה רואה אותו » (שו״ע יו״ד רי״ז:ל״ו)
Il a voué [de s’abstenir] de ceux que voit le soleil : il est interdit même à l’égard des aveugles, car il n’a eu l’intention que de celui que le soleil voit —
« לאפוקי דגים ועוברים » (שו״ע יו״ד רי״ז:ל״ו)
à l’exclusion des poissons et des fœtus.
« הגה ואפילו אמר לא נתכוונתי לכך לא מהני » (רמ״א יו״ד רי״ז:ל״ו)
Glose : et même s’il a dit « je n’ai pas eu cette intention-là », cela ne sert de rien
Voici la limite de l’intention, et elle est nette : quand la langue est certaine, l’intention niée ne la défait pas. Le Rama ne dit pas que l’intention est sans valeur — il dit que celle-ci ne peut pas contredire un mot dont le sens n’est pas douteux. À comparer au seif 8, où les circonstances manifestes, elles, l’emportent.
« (ב״י בשם הרא״ש) » (רמ״א יו״ד רי״ז:ל״ו)
(Beit Yossef au nom du Roch)
« הואיל והלשון ודאי כך הוא ומותר בכל דבר שאינו בעל חיים אע״פ שהחמה רואה אותו » (רמ״א יו״ד רי״ז:ל״ו)
puisque la langue est certainement ainsi ; et il est permis dans toute chose qui n’est pas un être vivant, bien que le soleil la voie
« (ב״י בשם התוספות) » (רמ״א יו״ד רי״ז:ל״ו)
(Beit Yossef au nom des Tossefot)
« ואם נדר מרואים החמה מותר בסומים » (שו״ע יו״ד רי״ז:ל״ו)
Et s’il a voué de ceux qui voient le soleil, il est permis à l’égard des aveugles.
La dernière clause distingue רואי החמה de רואים החמה — une seule lettre. Mais le Taz, au ס״ק ל, refuse le partage : la différence entre ces deux langues est vraiment étonnante, dit-il, et le sens simple est dans les deux cas « ceux qui voient ». Le Chakh, au ס״ק מ״א, rapporte le Ba’h dans le même sens. Le Baer Hetev, au ס״ק כ״ו, conclut pour l’acte : on ne s’appuie pas sur cette permission, le Tour étant seul contre les autres poskim.
Le seif 36 en un mot. Quand le mot est clair, l’intention niée ne le défait pas ; et la distinction d’une lettre entre « ceux que le soleil voit » et « ceux qui voient le soleil » est contestée par le Taz, le Ba’h et le Baer Hetev.

Seif 37 — « les têtes noires » : un mot d’usage, non de description

L’exemple le plus démonstratif du siman : un mot qui décrit une couleur de cheveux désigne, dans la bouche des gens, les hommes — et donc y compris les chauves et les vieillards blancs, dont la tête n’est pas noire du tout.

נדר משחורי הראש אסור בקרחים ובעלי שיבה ומותר בנשים ובקטנים שאין נקראי׳ שחורי הראש אלא האנשים ואם דרכם לקרות שחורי הראש לכל אסור [בכל] (הנודר מכל דבר שהוא אדום אסור לראות בחמה שגם כן היא אדומה) (נימוקי יוסף פ׳ המוכר את הספינה ותוס׳ שם דף ע״ד ע״א וחדושי רמב״ן שם):
« נדר משחורי הראש אסור בקרחים ובעלי שיבה » (שו״ע יו״ד רי״ז:ל״ז)
Il a voué [de s’abstenir] des têtes noires : il est interdit à l’égard des chauves et des hommes à cheveux blancs,
Le Taz, au ס״ק ל״ב, expose le raisonnement de la guemara, et il est élégant : s’il avait voulu viser la chevelure, il aurait dit « les porteurs de cheveux ». Ayant dit « têtes noires », il vise ceux que l’on appelle habituellement ainsi — les hommes — et les chauves comme les vieillards en sont.
« ומותר בנשים ובקטנים שאין נקראי׳ שחורי הראש אלא האנשים » (שו״ע יו״ד רי״ז:ל״ז)
et il est permis à l’égard des femmes et des enfants, car on n’appelle « têtes noires » que les hommes ;
« ואם דרכם לקרות שחורי הראש לכל אסור [בכל] » (שו״ע יו״ד רי״ז:ל״ז)
et si leur usage est d’appeler « têtes noires » tout le monde, il est interdit [à l’égard de tous]
« (הנודר מכל דבר שהוא אדום אסור לראות בחמה שגם כן היא אדומה) » (שו״ע יו״ד רי״ז:ל״ז)
(Celui qui voue [de s’abstenir] de toute chose rouge : il lui est interdit de regarder le soleil, qui est également rouge)
La parenthèse du Rama est d’un tout autre registre, et elle ouvre sur le vœu de profit : celui qui s’est interdit tout ce qui est rouge ne peut plus regarder le soleil. C’est la logique poussée à bout d’un mot pris à la lettre — et c’est un avertissement, non une règle courante.
« (נימוקי יוסף פ׳ המוכר את הספינה ותוס׳ שם דף ע״ד ע״א וחדושי רמב״ן שם) » (שו״ע יו״ד רי״ז:ל״ז)
(Nimoukei Yossef, chapitre « HaMokher et haSefina », et Tossefot là-bas, folio 74a, et les novellae du Ramban là-bas)
Le seif 37 en un mot. Un mot descriptif devient un nom de groupe, et il garde le groupe en perdant la description. Le Chakh, au ס״ק מ״ב, précise ce que veut dire ici « regarder le soleil » : tirer profit de sa lumière.

Seif 38 — « ceux qui chôment le chabbat »

Premier des neuf seifim qui portent sur des appellations de peuples et de groupes. Chacun repose sur une distinction unique, et ici c’est celle du commandement contre le simple fait.

הנודר משובתי שבת אסור אף בכותיים:
« הנודר משובתי שבת אסור אף בכותיים » (שו״ע יו״ד רי״ז:ל״ח)
Celui qui voue [de s’abstenir] de ceux qui chôment le chabbat est interdit même à l’égard des Koutim.
Le Taz, au ס״ק ל״ג, donne la raison au nom de la guemara, et elle est plus fine qu’il ne semble : les Koutim sont commandés sur le chabbat et le font ; tandis qu’un idolâtre qui observerait le chabbat n’en est pas commandé — et n’entre donc pas dans l’appellation.
Le seif 38 en un mot. Ce n’est pas l’acte qui range dans le nom, c’est l’obligation d’où l’acte procède.

Seif 39 — « ceux qui montent à Jérusalem »

Le pendant exact du seif 38, et il montre que le critère du commandement ne suffit pas seul : ici les Koutim sont commandés, et pourtant ils sont exclus — parce qu’ils ne le font pas.

נדר מעולי ירושלים אסור בישראל ומותר בכותיים:
« נדר מעולי ירושלים אסור בישראל ומותר בכותיים » (שו״ע יו״ד רי״ז:ל״ט)
Il a voué [de s’abstenir] de ceux qui montent à Jérusalem : il est interdit à l’égard d’Israël et permis à l’égard des Koutim.
Le Taz, au ס״ק ל״ד, l’explique : ils n’y montent pas, bien qu’ils en soient commandés ; le Beit Yossef ajoute qu’ils montent au mont Garizim à la place de Jérusalem. Puis le Taz rejette avec vigueur une glose de la Prisha selon laquelle « ceux qui montent en pèlerinage » inclurait les Koutim à cause du mont Garizim — וישתקע הוראה כזאת. Le Baer Hetev, au ס״ק כ״ח, le reprend et ajoute que ces mots n’ont sûrement pas été écrits par ce tsaddik lui-même.
Le seif 39 en un mot. L’appellation suit l’acte accompli, non l’obligation seule ; et le seif 38 suit l’obligation, non l’acte seul. Les deux critères se relaient selon ce que le mot nomme.

Seif 40 — « les fils de Noé » et « la semence d’Abraham »

Deux appellations qui, prises à la lettre, engloberaient tout le monde, et qui dans la bouche des gens désignent exactement des groupes distincts. L’exclusion d’Ismaël et d’Ésaü est la plus remarquable du siman.

נדר מבני נח אסור באומות העולם ומותר בישראל. נדר מזרע אברהם אסור בישראל ובגרים ומותר באומות העולם אפי׳ בבני ישמעאל ועשו:
« נדר מבני נח אסור באומות העולם ומותר בישראל » (שו״ע יו״ד רי״ז:מ)
Il a voué [de s’abstenir] des fils de Noé : il est interdit à l’égard des nations du monde et permis à l’égard d’Israël.
« נדר מזרע אברהם אסור בישראל ובגרים » (שו״ע יו״ד רי״ז:מ)
Il a voué [de s’abstenir] de la semence d’Abraham : il est interdit à l’égard d’Israël et des convertis,
Pourquoi les convertis sont-ils dans la « semence d’Abraham » ? Le Taz, au ס״ק ל״ה, avoue n’en avoir pas trouvé la source et propose la sienne : de ce qu’un converti peut dire אלהי אבותינו, car il est écrit je t’ai établi père d’une multitude de nations — ainsi les Tossefot, chapitre « HaSefina », folio 81.
« ומותר באומות העולם אפי׳ בבני ישמעאל ועשו » (שו״ע יו״ד רי״ז:מ)
et permis à l’égard des nations du monde, même à l’égard des fils d’Ismaël et d’Ésaü.
Ismaël et Ésaü sont pourtant de la descendance d’Abraham par le sang. Le Taz, au ס״ק ל״ו, donne le verset : car c’est par Isaac que sera nommée pour toi une semence — et non tout Isaac, ce qui exclut Ésaü ; et Ismaël à plus forte raison.
Le seif 40 en un mot. Une appellation généalogique ne se lit pas généalogiquement : elle se lit comme les gens la disent, et les gens ont un usage qui suit l’Écriture.

Seif 41 — « les incirconcis » : un nom d’appartenance, non d’état

Le cas le plus pur du siman, et il est d’une netteté presque provocante : le mot ne désigne pas l’état du corps, il désigne un peuple — et il vise donc les circoncis d’entre les nations et non les incirconcis d’Israël.

נדר מהערלים אסור במולי אומות העולם ומותר בערלי ישראל:
« נדר מהערלים אסור במולי אומות העולם ומותר בערלי ישראל » (שו״ע יו״ד רי״ז:מ״א)
Il a voué [de s’abstenir] des incirconcis : il est interdit à l’égard des circoncis des nations du monde et permis à l’égard des incirconcis d’Israël.
Le Taz, au ס״ק ל״ז, donne la raison, et elle est scripturaire : « l’incirconcision » n’est nommée dans l’Écriture que sur l’ensemble des nations, et de même le nom de « circoncis » sur la nation d’Israël seulement. Le Pit’hei Techouva, au ס״ק ט, ajoute le Beer Yaakov : il en va de même d’un apostat à l’idolâtrie, interdit bien qu’il soit circoncis ; et pour un apostat par l’incirconcision, il reste en צ״ע.
Le seif 41 en un mot. Un mot qui décrit un corps peut ne désigner qu’une appartenance. Ici la langue des hommes suit exactement la langue de l’Écriture.

Seif 42 — « les circoncis » : le miroir exact du seif 41

La réciproque, et elle est donnée séparément pour que la règle ne laisse aucun doute : le mot suit le peuple, dans les deux sens.

נדר מהמולים אסור בערלי ישראל ומותר במולי אומות העולם:
« נדר מהמולים אסור בערלי ישראל ומותר במולי אומות העולם » (שו״ע יו״ד רי״ז:מ״ב)
Il a voué [de s’abstenir] des circoncis : il est interdit à l’égard des incirconcis d’Israël et permis à l’égard des circoncis des nations du monde.
Le Baer Hetev, au ס״ק כ״ט, résume la raison du Taz en quatre mots : car le nom de « circoncis » se dit de la nation d’Israël seulement. Le Pit’hei Techouva, au ס״ק י, ajoute du Beer Yaakov que si l’on a voué des circoncis, un esclave circoncis est interdit.
Le seif 42 en un mot. Ni l’état du corps ni l’acte accompli : le nom suit l’appartenance, dans les deux sens.

Seif 43 — Israël et les convertis

Encore une paire asymétrique, et la troisième que le siman construit sur ce modèle — après la viande et les tendons, la maison et l’étage.

נדר מישראל אסור בגרים מהגרים מותר בישראל:
« נדר מישראל אסור בגרים » (שו״ע יו״ד רי״ז:מ״ג)
Il a voué [de s’abstenir] d’Israël : il est interdit à l’égard des convertis ;
Ni le Chakh ni le Taz ne s’arrêtent ici : la raison est déjà donnée au seif 40, où le Taz place les convertis dans la « semence d’Abraham ». Le converti est dans Israël ; Israël n’est pas dans les convertis.
« מהגרים מותר בישראל » (שו״ע יו״ד רי״ז:מ״ג)
[il a voué] des convertis : il est permis à l’égard d’Israël.
Le seif 43 en un mot. Le groupe particulier est dans le nom général ; le nom général n’est pas dans le groupe particulier.

Seif 44 — Israël, les kohanim et les leviim

La même structure, appliquée aux tribus. Et elle contient une affirmation que le seif ne commente pas : les kohanim et les leviim sont dans « Israël », alors même que la halakha les en distingue partout ailleurs.

נדר מישראל אסור בכהנים ולוים מכהנים ולוים מותר בישראל:
« נדר מישראל אסור בכהנים ולוים » (שו״ע יו״ד רי״ז:מ״ד)
Il a voué [de s’abstenir] d’Israël : il est interdit à l’égard des kohanim et des leviim ;
C’est exactement l’enseignement du seif 29, sous une autre forme : le mot « Israël » n’a pas, dans les vœux, la portée technique qu’il a dans les lois de la terouma ou du mariage. Dans la bouche des gens, « Israël » est le peuple entier.
« מכהנים ולוים מותר בישראל » (שו״ע יו״ד רי״ז:מ״ד)
[il a voué] des kohanim et des leviim : il est permis à l’égard d’Israël.
Le seif 44 en un mot. Dans les vœux, « Israël » se dit du peuple et non de la tribu ; et le nom d’une tribu ne prend pas le peuple.

Seif 45 — les kohanim et les leviim entre eux

Deux groupes du même rang : aucun n’est dans l’autre, et la règle est donc symétrique, contrairement aux trois seifim précédents.

נדר מכהנים מותר בלוים מלוים מותר בכהנים:
« נדר מכהנים מותר בלוים » (שו״ע יו״ד רי״ז:מ״ה)
Il a voué [de s’abstenir] des kohanim : il est permis à l’égard des leviim ;
Le seif est la preuve par l’absurde des trois qui le précèdent : quand ni l’un ni l’autre des deux noms n’englobe, la règle devient symétrique. L’asymétrie des seifim 43 et 44 n’était donc pas une règle de forme mais une observation de contenu.
« מלוים מותר בכהנים » (שו״ע יו״ד רי״ז:מ״ה)
[il a voué] des leviim : il est permis à l’égard des kohanim.
Le seif 45 en un mot. Deux noms de même rang ne se prennent pas l’un l’autre. Aucun commentateur n’a d’entrée ici — le seif se lit seul.

Seif 46 — les fils et les petits-fils

Le dernier seif du bloc des personnes, et le plus bref. Le mot « fils » ne descend pas d’un degré, et c’est le seul endroit du siman où le Pit’hei Techouva rapporte un cas de la vie qui la renverse entièrement.

נדר מבנים מותר בבני בנים:
« נדר מבנים מותר בבני בנים » (שו״ע יו״ד רי״ז:מ״ו)
Il a voué [de s’abstenir] des fils : il est permis à l’égard des fils des fils.
Le Pit’hei Techouva, au ס״ק י״א, rapporte de la Cheilat Yaavets un cas beaucoup plus difficile : celui qui élève un orphelin ou le fils d’un autre en l’appelant « mon fils », et l’autre l’appelant « mon père » — et qu’ils se vouent l’un l’autre en disant « fils » et « père » sans nommer personne. C’est un doute, et l’on suit la rigueur : en matière de vœux, ils se sont interdits l’un à l’autre ; en matière d’argent, la rigueur est du côté du demandeur.
Le seif 46 en un mot. « Fils » n’atteint pas le petit-fils dans la langue ordinaire, mais il peut atteindre celui que l’on appelle son fils — et là, le doute est à la rigueur.

Seif 47 — « sauf les fêtes » : Hanouka et Pourim en sont-ils ?

Le siman quitte les personnes pour le temps, et il pose la question par le biais de l’exception : un homme s’est réservé les fêtes ; peut-il dire ensuite qu’il entendait aussi Hanouka et Pourim ?

מי שנדר או נשבע על דבר חוץ ממועדות וי״ט אם אמר שבדעתו היה להוציא גם חנוכה ופורים מהכלל נאמן. (ועיין בא״ח סימן תק״ע):
« מי שנדר או נשבע על דבר חוץ ממועדות וי״ט » (שו״ע יו״ד רי״ז:מ״ז)
Celui qui a voué ou juré sur une chose, sauf les fêtes et les jours de fête :
« אם אמר שבדעתו היה להוציא גם חנוכה ופורים מהכלל נאמן » (שו״ע יו״ד רי״ז:מ״ז)
s’il dit que son intention était d’exclure aussi Hanouka et Pourim de l’ensemble, il est cru.
Le Taz, au ס״ק ל״ח, donne la raison et, ce faisant, résume tout le siman : dans la langue des hommes, ces jours aussi sont appelés « jours de fête » — comme la formule עבידנא יומא טבא לרבנן : tout jour où il y a de la joie. Et la règle, dans tout ce siman, est que l’on suit la langue des hommes ; mais ici la chose est un peu forcée, c’est pourquoi il a fallu qu’il le dise expressément.
« (ועיין בא״ח סימן תק״ע) » (שו״ע יו״ד רי״ז:מ״ז)
(et voir Orah Haïm, siman 570)
Le Chakh, au ס״ק מ״ג, relève ici une faute d’impression : dans tous les livres et dans le Levouch on lit « siman 179 », et c’est une erreur ; il faut lire « siman 570 ». Le texte de Sefaria porte déjà la leçon corrigée.
Le seif 47 en un mot. Hanouka et Pourim ne sont pas d’emblée dans « les fêtes », mais ils y entrent si celui qui a voué déclare les avoir eus en vue — parce que la langue des hommes les y met presque. Le Pit’hei Techouva, au ס״ק י״ב, ajoute un cas voisin du Tiferet Tsvi : celui qui a juré de ne pas boire d’eau-de-vie hormis les chabbats et les fêtes est permis aussi à la sortie de Kippour, s’il dit l’avoir visé.

Seif 48 — le jeu, les paris, et les six cas du Rama : où la langue cède à l’intention

Le seif de clôture, et il est bâti comme une porte ouverte sur le siman suivant. Le Mehaber y traite du vœu de ne pas jouer ; le Rama y ajoute cinq cas pris à des responsa, et le cinquième énonce en toutes lettres ce qui va suivre : il me semble que l’on suit son intention, et comme cela sera expliqué au siman 218.

מי שנדר או שנשבע שלא יצחוק שום צחוק אסור להטיל גורלות ולא שום אדם בשבילו וכן אסור להמרות עם חבירו שקורין אפוסטאר. (תשובת חזה התנופה) : הגה צבור שגזרו שלא להתפלל במנין משום איזה דבר אסורים לקרות בתורה דכל דבר קדושה נקרא תפלה (תשובת הרא״ש כלל ג׳ סי׳ ט׳) מי שנדר שלא לקבל פקדון אסור להלוות על משכון לישראל (מהרי״ל) מיהו נראה דהולכין אחר כוונתו וכדרך שיתבאר בסימן רי״ח (ד״ע) . מי שנדר או נשבע להתענות סך ימים ואירע תענית חובה עולה לו למנין הימים וכן מי שנדר לילך לבית הקברות או למקום ואירע לו שהלך ע״י עסק שם יצא ידי נדרו (תשובת מהרי״ל סימן קי״ח) וע״ל סימן רל״ט עוד מזה:
« מי שנדר או שנשבע שלא יצחוק שום צחוק אסור להטיל גורלות ולא שום אדם בשבילו » (שו״ע יו״ד רי״ז:מ״ח)
Celui qui a voué ou juré de ne jouer à aucun jeu : il lui est interdit de tirer au sort, ni [de le faire faire] par personne pour lui,
Le Taz, au ס״ק ל״ט, cite le Beit Yossef au nom de Rabbenou Yerouham : l’intention principale de celui qui jure ainsi est de s’écarter de tout jeu qui mène à une perte d’argent. Il en tire que celui qui jure simplement de ne pas jouer ne s’est interdit que le jeu qui fait perdre — puis se reprend : de toute façon il me semble que l’on suit l’intention de celui qui jure.
« וכן אסור להמרות עם חבירו שקורין אפוסטאר » (שו״ע יו״ד רי״ז:מ״ח)
et de même il lui est interdit de parier avec son compagnon, ce que l’on appelle « apostar ».
« (תשובת חזה התנופה) » (שו״ע יו״ד רי״ז:מ״ח)
(responsa Hazé haTenoufa)
« הגה צבור שגזרו שלא להתפלל במנין משום איזה דבר אסורים לקרות בתורה דכל דבר קדושה נקרא תפלה » (רמ״א יו״ד רי״ז:מ״ח)
Glose : une communauté qui a décrété de ne pas prier en minyan pour quelque raison, il leur est interdit de lire dans la Torah, car toute chose de sainteté est appelée « prière »
« (תשובת הרא״ש כלל ג׳ סי׳ ט׳) » (רמ״א יו״ד רי״ז:מ״ח)
(responsa du Roch, klal 3, siman 9)
« מי שנדר שלא לקבל פקדון אסור להלוות על משכון לישראל » (רמ״א יו״ד רי״ז:מ״ח)
Celui qui a voué de ne pas recevoir de dépôt, il lui est interdit de prêter sur gage à un Juif
Le Chakh, au ס״ק מ״ה, refuse la preuve du Maharil et le dit franchement : je ne sais quelle preuve c’est là. Un gage est un dépôt, soit ; mais un dépôt n’est pas un gage. Celui qui a voué de ne pas recevoir de dépôt visait l’exhortation des Sages הרחק מן הפקדונות, ce qui n’a rien à voir avec prêter sur gage. Et il conclut comme le Rama : on suit l’intention de celui qui voue.
« (מהרי״ל) » (רמ״א יו״ד רי״ז:מ״ח)
(Maharil)
« מיהו נראה דהולכין אחר כוונתו וכדרך שיתבאר בסימן רי״ח (ד״ע) » (רמ״א יו״ד רי״ז:מ״ח)
toutefois il me semble que l’on suit son intention, et de la manière qui sera expliquée au siman 218 (avis personnel).
La phrase qui referme le siman et ouvre le suivant. Après quarante-huit seifim passés à mesurer ce que les mots disent, le Rama écrit que la mesure n’est pas le dernier mot : derrière la langue, il y a l’intention — וכדרך שיתבאר בסימן רי״ח. Le Pit’hei Techouva, au ס״ק ט״ו, borne cette conclusion au nom du Vechav HaKohen : on ne suit l’intention que pour restreindre, non pour déplacer l’interdit d’un objet sur un autre.
« מי שנדר או נשבע להתענות סך ימים ואירע תענית חובה עולה לו למנין הימים » (רמ״א יו״ד רי״ז:מ״ח)
Celui qui a voué ou juré de jeûner un certain nombre de jours, et qu’il est survenu un jeûne obligatoire, celui-ci lui compte dans le nombre des jours ;
Deux cas de vœux positifs, et ils fonctionnent selon le même principe que tout le siman : ce qui a été dit s’accomplit par ce qui correspond au mot, même si l’occasion en est venue autrement. Un jeûne obligatoire est un jour de jeûne ; une visite faite pour affaire est une venue au lieu.
« וכן מי שנדר לילך לבית הקברות או למקום ואירע לו שהלך ע״י עסק שם יצא ידי נדרו » (רמ״א יו״ד רי״ז:מ״ח)
et de même celui qui a voué d’aller au cimetière ou en un lieu, et qu’il lui est arrivé d’y aller pour une affaire, il s’est acquitté de son vœu
« (תשובת מהרי״ל סימן קי״ח) » (רמ״א יו״ד רי״ז:מ״ח)
(responsa du Maharil, siman 118)
« וע״ל סימן רל״ט עוד מזה » (רמ״א יו״ד רי״ז:מ״ח)
et voir plus loin, siman 239, encore à ce sujet.
Le seif 48 en un mot. Le siman se ferme sur son propre dépassement : la langue des hommes a borné quarante-huit seifim, et la dernière ligne annonce que l’intention va les reprendre. Le Chakh, au ס״ק מ״ג, rappelle ici le Rambam au chapitre 9 des Lois des vœux : pour tout ce qui est écrit dans ce siman, la loi de celui qui voue et de celui qui jure est une seule.

3. Les concepts-clés de ce siman

לשון בני אדם — La langue des hommes — l’usage parlé d’un lieu, d’une langue et d’une époque. C’est la règle de lecture de tout ce siman, par opposition à לשון תורה, ce que le mot fait entendre de lui-même, qui est celle du siman 216.
ספק נדרים להחמיר — Un doute en matière de vœux se conduit à la rigueur. C’est ce qui interdit de trancher un usage divisé par la majorité — seif 3, puis seif 17 pour l’huile. Le Chakh, au ס״ק ג, en ouvre la porte de sortie : l’intention déclarée.
שליח נמלך — L’envoyé qui revient consulter. Critère de preuve du seif 4 : est dans l’espèce tout ce au sujet de quoi un homme envoyé au marché revient demander « veux-tu ceci ? ». L’usage se mesure à un comportement, non à une définition.
שם לווי — Le nom accompagné. Un mot qualifié — « légume des champs », « miel de dattes », « vinaigre de raisins tardifs » — est un autre nom, et le vœu portant sur le mot nu ne l’atteint pas. Seifim 10, 13, 14 et 15.
נשתנה צורתן — Le changement de forme. Première raison du Rama au seif 13 : porter le nom d’une chose ne suffit pas si la forme a changé. Le Taz, au ס״ק י״ז, en propose une autre : un aliment devenu boisson n’est plus l’aliment.
היוצא לאחר הנדר — Ce qui sort après le vœu. Réserve capitale, absente du texte et posée par le Chakh au ס״ק י״ח et le Taz au ס״ק ט״ז : la permission de la saumure, du petit-lait et du miel de dattes ne vaut que pour ce qui s’était déjà séparé avant le vœu.
עיבורה של עיר — L’ibbour de la ville : soixante-dix coudées et un reste. Le Chakh, au ס״ק ל״ה, en tire la phrase-clé du siman — partout ailleurs la ville va jusqu’au te’houm, deux mille coudées ; ici, en matière de vœux, on suit la langue des hommes.
בתר שעת אמירה — On suit le moment de la parole. Le seif 35 et le Chakh au ס״ק ל״ט : quand un vœu vise une catégorie et prend effet plus tard, la catégorie se fixe au moment où il est prononcé.
מראים הדברים — Les circonstances manifestes. Au seif 8, elles rétractent ce que l’usage local avait étendu. Au seif 36, en revanche, le Rama pose leur limite : quand la langue est certaine, l’intention niée ne la défait pas.
דין הנודר ונשבע אחד הוא — La loi de celui qui voue et de celui qui jure est une seule. Le Chakh, au ס״ק מ״ג, rapporte cette phrase du Rambam pour tout ce qui est écrit dans ce siman — d’où les נדר או נשבע qui ouvrent tant de seifim.

4. D’où viennent ces seifim

La michna et la guemara — נדרים, chapitres « הנודר מן המבושל » et « הנודר מן הירק »

La matière première du siman est le sixième et le septième chapitre de Nedarim, qui portent précisément les noms des premiers mots du siman. Les seifim 1 à 24 en suivent l’ordre de près : le cuit, le plat de marmite, le salé et le mariné, le légume, la viande, la sauce et le dépôt, les gruaux, le chou, le lait, les dattes, le vin, l’huile, la récolte, le pain. Les seifim 33 à 46 viennent du troisième chapitre, celui des נדרי שגגות et des appellations de personnes.

Le Rambam — הלכות נדרים, chapitre 9

Le Rambam a rassemblé toute cette matière au neuvième chapitre des Lois des vœux, et le Mehaber l’y suit de très près — parfois mot pour mot, comme le note Sefaria au seif 12 : לשון הרמב״ם. Le Chakh, au ס״ק מ״ג, cite la phrase que le Rambam pose au terme de ce chapitre, et elle vaut avertissement pour tout le siman : דין הנודר ונשבע אחד הוא.

Le Tour et le Beit Yossef

Le Tour est présent partout dans l’appareil, et souvent contre le Mehaber : le Taz, au ס״ק א, ouvre le siman en relevant que le Tour n’écrit pas ולשלוק ; au ס״ק ל, il note que le Mehaber suit le Tour sur une distinction que lui-même juge forcée. Le Beit Yossef, cité de bout en bout, est la source de la plupart des explications parenthétiques que Sefaria insère dans le texte.

5. L’appareil du siman, entrée par entrée

L’appareil de ce siman est le plus dense du bloc : cent trente-six entrées — quarante-six ס״ק du Chakh, trente-neuf du Taz, trente-deux du Baer Hetev, seize du Pit’hei Techouva, trois des Nekoudot HaKessef. Nous les citons toutes, dans l’ordre, sans en résumer aucune. L’Aroukh HaChoul’han n’est pas cité : il ne nous est pas accessible pour ce siman. Le Pri Ḥadach, le Biour HaGra et le Beer HaGola ne le sont pas davantage.

Le Chakh (ש״ך) — מ״ו ס״ק

ס״ק א — les échanges : « bouilli et pas bouilli », et la règle de Rabbenou Yerouham

« ולשלוק. פי׳ בשיל ולא בשיל אבל בשיל יותר מדאי בכלל מבושל הוא בכל מקום כך כתבו התו׳ והר״ן וכ״פ הב״ח ועיקר: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק א)
« ר׳ ירוחם בנדרים הלך אחר לשון בני אדם ואם אין לשון בני אדם כגון שנדר בלשון הקדש ובאותי מקום אין מדברים בלה״ק הלך אחר לשון תורה כך פשוט בפ׳ השותפין עכ״ל ומביאו בית יוסף בסב״ה: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק א)

ס״ק ב — ce que le Mehaber a omis du Tour : marmite et poêle

« היורד לקדרה כו׳. ועיין בטור ופוסקים דיני קדרה ואלפס ומביאם העט״ז והמחבר השמיטם לפי שגם הרמב״ם השמיטם וכתב בבית יוסף מפני שפשוטים הם ולא הוצרך לכתבם: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק ב)

ס״ק ג — la porte de sortie du doute : « j’entendais comme la majorité »

« אין הולכין אחר הרוב כו׳. ומיהו אם הוא אומר נתכוונתי כך כמו שקורין הרוב נאמן כדלעיל סי׳ ר״ח ס״ק ג׳: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק ג)

ס״ק ד — « légume » — renvoi au ס״ק ט״ו

« ירק כו׳. ע״ל ס״ק ט״ו: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק ד)

ס״ק ה — « ceux qui se mangent crus » veut dire : aussi crus

« אלא בנאכלים חיים. כלומר באותן ירקות שנאכלין גם חיים: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק ה)

ס״ק ו — le grand développement sur les légumes de marmite : Maharchal, Prisha, Ba’h

« אסור אף בנכבשים כו׳. כלומר אף באותן שאין נאכלים רק בנכבשים אבל מ״מ אותן ירקות אסור לאכלן גם מבושלים וכן כתב מהרש״ל וז״ל אף בנכבשים פירוש וכ״ש דאסור בירקות המבושלים בין שהם נאכלים כמות שהם חיים בין אין נאכלים חיים אבל ירק ודאי מותר לאכול עכ״ל ובפרישה סעיף י׳ הקשה עליו מלשון הרא״ש ולק״מ דה״ק הרא״ש באומר ירק קדירה עלי אינו אסור בירק שהוא » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק ו)
« נאכל דוקא על ידי בישול כגון דילועין וכהאי גוונא אבל מה שנאכל ע״י כיבוש אסור בו בכל ענין וגם הב״ח מביא דברי מהרש״ל וכתב עליהם ופשוט הוא שוב ראיתי בקונטרס אחרון שהשיג על הפרישה בזה: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק ו)

ס״ק ז — pourquoi les courges ne sont pas dans « légume » tout court

« ומיהו אסור כו׳. אבל אינו בכלל סתם ירק או ירקי קדרה שמשמע בנאכלין חיים או כבושים ודילועין אינם נאכלין רק מבושלים וכן כתב בדרישה: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק ז)

ס״ק ח — le kolkas : renvoi à l’Aroukh, entrées קרקס et לוף

« בקולקס. בערוך ערך קרקס פירש שהוא מין הלוף ועיין בערך לוף האריך בזה: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק ח)

ס״ק ט — « permis dans les tendons » est une faute : il faut lire « interdit »

« הנודר מבשר מותר בגידים. כן הוא בכל ספרי המחבר ובעט״ז אבל טעות הוא וצ״ל הנודר מהבשר אסור בגידים שהם טפלים לבשר וכן הוא בב״י ובירושלמי: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק ט)

ס״ק י — le Mabit : « une demi-pièce de viande pour chabbat »

« ואפי׳ בבשר עופות כו׳. כתוב בתשוב׳ מבי״ט ח״ב סימן רנ״ח דף קי״ט ע״ג מי שנודר שלא יקנה לשבת אלא חצי חתיכה בשר נראין הדברים שלא נתכוין אלא לבשר בהמה הנמכר בחתיכה אבל בעופות מותר ע״ש: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק י)

ס״ק י״א — le Maharchal : de nos jours, interdit dans les deux

« מותר בשניהם. כתב מהרש״ל דהאידנא אסור בשניהם דאזלינן בתר ל׳ בני אדם והביאוהו האחרונים: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק י״א)

ס״ק י״ב — la bouillie de gruaux est un plat de gruaux

« אסור במקפה של גריסין. שהוא תבשיל של גריסין: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק י״ב)

ס״ק י״ג — pourquoi l’ail : « מקפה » veut dire tout ce qui est figé et épais

« אסור בשום. דלשון מקפה כולל כל דבר קפוי ועב ושום נמי קפוי הוא שממחין אותו במעט מים ונאכל בכך ר״ן: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק י״ג)

ס״ק י״ד — ce qu’est une « épice » : ce qui donne goût à la marmite, non le poivre

« תבלין כו׳. דבר הבא ליתן טעם בקדירה כגון שומים ובצלים וכיוצא בהם הכל נכלל בשם תבלין ובהני הוא דשייך לפלוגי בין חיים ומבושלים אבל בפלפלין וכיוצא בהן אין שייך לחלק בהן ב״י והאחרונים: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק י״ד)

ס״ק ט״ו — aujourd’hui, les légumes des champs sont interdits

« מותר בירקות שדה. ונראה לי דעכשיו אסור בירקות שדה שגם הוא בלשון ירקות בלשון בני אדם: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק ט״ו)

ס״ק ט״ז — le קום : « נסיובי דחלבא », et les renvois aux simanim 81 et 87

« בקום. פרש״י והרא״ש והר״ן דהיינו נסיובי דחלבא וע״ל סי׳ פ״א ס״ה וסימן פ״ז ס״ח: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק ט״ז)

ס״ק י״ז — le grand développement sur le petit-lait : le Ran, le Beit Yossef et un seul sens

« וי״א דאם קורין כו׳. לכאורה משמע דר״ל אם קורין לקום ע״ש החלב בין שנדר מהחלב בין שנדר מהקום אסור בשניהם וכמ״ש הר״ן וכן נרשם בש״ע ב״י בשם הר״ן אבל קשה כיון דב״י דחה דברי הר״ן בטוב טעם היאך פסקו הרב וגם דעת הטור ורש״י במשנה ושאר הפוסקים מוכח בהדיא דלא כהר״ן וכ״פ הב״ח וכן כתב בפרישה הלכך נראה דאהנודר מחלב קאי דאם קורים לקום קומא דחלבא אסור » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק י״ז)
« בקום וכמ״ש הטור והפוסקים אבל בנדר מהקום אף על פי שקורין אותו קומא דחלבא מותר בחלב וכן כתב בעט״ז בהדיא: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק י״ז)

ס״ק י״ח — la saumure : seulement ce qui est sorti avant le vœu

« מותר בציר ומורייס. היינו דוקא מה שכבר יצא מהם קודם שנדר אבל מה שיצא מהן לאחר שנדר אסור אם אמר קונם דגים שאני טועם (או שאני אוכל או קונם דגים אלו) כדלעיל סימן רט״ז ס״ט כ״כ הב״ח וכ״כ בפרישה בשם מהרש״ל ועיקר: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק י״ח)

ס״ק י״ט — la question du Ba’h, et la réponse : « le tanna n’est pas un colporteur »

« מותר בדבש תמרים וכו׳. כתב הב״ח ויש לעיין אמאי לא תניא בשאמר תמרים אלו או שאני טועם תמרים דאסור ביוצא מהן כדקתני בזיתים וענבים וכדלעיל ס״ס רי״ו וכן גבי ירק (לעיל סעיף י׳) ה״ל למיתני דאסור אף בירקות השדה ובדלועין כי היכי דתני בכבוש שאני טועם דאסור בכל הכבושים וכן בצלי ושלוק ומליח תני כשאומר שאני טועם דאסור בכל צלי ושלוק ומלוח (והוא בטור » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק י״ט)
« ע״ש) ומ״ש הכא דלא תני הכי ע״כ ונראה דלק״מ דאטו תנא כי רוכלא ליחשב וליזל אבל לקושטא דמילתא בכולהו דינא הכי: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק י״ט)

ס״ק כ — pourquoi « kouma du lait » rattache et « miel de dattes » distingue

« ועוד דמה שנקרא דבש תמרים כו׳. אבל בקומא דחלבא כי קרו ליה קומא דחלבא מפני שעדיין תורת חלב עליו קרי ליה הכי ולא להפריש בין זה לאחר שאין נקרא קום אלא זה. שם: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק כ)

ס״ק כ״א — les raisins tardifs : les derniers raisins qui ne mûrissent pas

« מסתוניות. פי׳ סופי ענבים שאין מתבשלין. טור: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק כ״א)

ס״ק כ״ב — le miel tout court est le miel d’abeilles

« מותר בדבש תמרים. שסתם דבש אינו אלא דבש של דבורים. טור: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק כ״ב)

ס״ק כ״ג — le kondyton : vin cuit aux aromates, et la leçon « parfumé »

« בקונדיטון. פי׳ יין מבושל במיני בשמים טור. ובתשו׳ מהרי״ל סימן ק״ל כתב דהיינו (מבושל) [מבושם] במיני בשמים וע״ש: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק כ״ג)

ס״ק כ״ד — « pour nous » : et le cas inverse, celui qui voue en langue sainte

« לדידן. דמשתעינן בלשון לע״ז לפ״ז אם נדר מן התירוש בלשון הקדש אסור ביין ומותר בכל מיני מתיקה דאנן לא קרינן תירוש אלא ליין בלשון תורה עכ״ל ר״ן וה״ה אם נדר מתירוש בל׳ לע״ז אינו אסור אלא ביין ולא בשאר מיני מתיקה דאינם בכלל לשון: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק כ״ד)

ס״ק כ״ה — interdit dans les deux : on ne suit pas la majorité

« אסור בשניהם כו׳. ולא אזלינן בתר רובא דספק נדרים להחמיר וע״ל סעיף ג׳: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק כ״ה)

ס״ק כ״ו — les cinq espèces, nommées

« בחמשת מינים. הם ה׳ מיני דגן שהוא חטה ושעורה כוסמין שבולת שועל ושיפון: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק כ״ו)

ס״ק כ״ז — « du pain tout court » — renvoi au siman 210

« מפת סתם כו׳. עיין לעיל סימן ר״י: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק כ״ז)

ס״ק כ״ח — « l’aliment » a sa mesure propre, indépendante de l’usage local

« או מהמזון כו׳. כלומר אפי׳ במקום שנוהגים לעשות פת רק מחטים ושעורים ונדר מהמזון משמעו של המזון הוא ה׳ מינים: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק כ״ח)

ס״ק כ״ט — « tout ce qui nourrit » : il faut un temps que l’on puisse tenir

« ואם אמר כל הזן כו׳. ומיירי שלא אסר אלא לזמן שיוכל לעמוד בו דאל״כ הוי כנודר מכל פירות שבעולם דאינו נדר כלל כדלקמן סימן רל״ב (סעיף ה׳) ב״ח וכן כתב בפרישה סכ״ט וכן יתבאר בסמוך: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק כ״ט)

ס״ק ל — les chevreaux et les agneaux, contre le siman 177

« ומותר בגדיים כו׳. ואף על גב דלעיל סי׳ קע״ז סעיף ל״ח אמרינן דהנותן מעות לחבירו ליקח בהם פירות רשאי ליקח בהן כל מין שירצה ואפילו ב״ח שאני הכא כיון דאמר פירות השנה כן כתב הב״ח וכן מסיק בפרישה ועיקר: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק ל)

ס״ק ל״א — le Ran sur la durée, et ce que la place de sa remarque enseigne

« אסור בכולם. וכב״י בשם הר״ן דהיינו דוקא שלא אסרן עליו אלא לזמן שהוא יכול לעמוד בו אבל לעולם לא הוי נדר כלל שא״א לקיימו והביאוהו האחרונים. ומדכתבו הר״ן והאחרונים כן אסיפא דגידולי שנה משמע דברישא הוי נדר אפי׳ לעולם דכיון שמותר בגדיים וטלאים יכול לקיים נדרו וכן כתבתי לקמן סי׳ רל״ב ס״ק ח׳ בשם תשובת מיימוני וע״ש: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק ל״א)

ס״ק ל״ב — pourquoi la saison chaude est interdite : un plaisir du corps

« אבל לא בימות החמה. דאיכא הנאת הגוף. » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק ל״ב)

ס״ק ל״ג — le sac, la toile et la ’hamila : des espèces de vêtements grossiers

« מותר בו׳ ובחמילה. מיני בגדים גסים הם. טור: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק ל״ג)

ס״ק ל״ד — la chambre et l’appentis ne sont pas dans « maison » — la preuve par la vente

« אסור בעליה. וכתב הרא״ש אבל חדר ויציע לא הוי בכלל בית דהמוכר את הבית לא מכר את החדר ולא את היציע אלמא לא הוי בכלל בית ע״כ ומביאו בית יוסף ועיין בח״מ סי׳ רי״ד: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק ל״ד)

ס״ק ל״ה — soixante-dix coudées et non deux mille : la phrase-clé du siman

« לעיבורה. ואף על גב דלענין שאר דברים תוך התחום דין עיר עליו כמו שנתבאר בא״ח ס״ס תצ״ו ור״ס תקע״ד ולקמן סי׳ רכ״ח סוף סעיף ל״ג בהג״ה שאני הכא בנדרים דהלך אחר לשון בני אדם שאינו אלא תוך שבעים אמה ושירים. וכן כ׳ מהרש״ל פ׳ כל הבשר סי׳ נ״ג: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק ל״ה)

ס״ק ל״ו — l’agaf — renvoi à Orah Haïm 55, seif 13

« מהאגף ולפנים כו׳. עיין בא״ח סי׳ נ״ה סעיף י״ג: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק ל״ו)

ס״ק ל״ז — le Mabit : de nos jours, moins de six mois n’est pas une demeure

« ואם לשון בני אדם כו׳. כתוב בתשובת מבי״ט ח״א סי׳ ס״א דל״ב ע״ב ובמקומות אלו בזמנינו זה נראה שאינו נקרא דירה בלשון בני אדם במקום אחד פחות מו׳ חדשים: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק ל״ז)

ס״ק ל״ח — « dans trente jours » : ce que la formule veut dire

« אמר יורדי הים עלי לאחר ל׳ יום. כלומר לאחר ל׳ יום יהו יורדי הים אסורים עלי: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק ל״ח)

ס״ק ל״ט — on suit le moment de la parole, non celui où le vœu prend effet

« מי שהוא כו׳. דבתר שעת אמירה הולכים בנדרים לא בתר חלות הנדר וע״ל סי׳ רל״ד סעיף ל״ד ונראה דבכל שאר מילי נמי דינא הכי כגון אמר לאחר זמן פלוני יהו יושבי עיר פלוני אסורים עלי ובתוך כך עקר א׳ דירתו מאותו עיר אסור בו כיון שבשעת אמירת הנדר היה מאותו עיר וכן אם בשעת אמירה לא הים שם אף על פי שבשעת חלות הנדר הוא שם מותר וכן כל כיוצא בזה: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק ל״ט)

ס״ק מ — renvois aux simanim 208 et 232

« ואפי׳ אמר כו׳. ע״ל ריש סי׳ ר״ח וסי׳ רל״ב סעיף י״ד סק״ל: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק מ)

ס״ק מ״א — le Ba’h : il n’y a pas de différence entre les deux formules

« ואם נדר מרואים החמה כו׳. והב״ח כתב דאין חילוק בין נדר מרואי החמה לרואים החמה ואינו מותר בסומים אלא בנדר מרואים את החמה ע״ש: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק מ״א)

ס״ק מ״ב — « regarder le soleil » veut dire : tirer profit de sa lumière — et le Tour sur les enfantés

« אסור לראות בחמה. כלומר אסור ליהנות מאור החמה וכן משמע בב״י שם ובד״מ: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק מ״ב)
« הטור הנודר מן הילודים או מן הנולדים אסור בין באותן שנולדו כבר בין באותן שיולדו אח״כ ואינו מותר אלא בעופות ודגים שמטילין ביצים ואין דרכן להוליד ע״כ. והוא מפרק ד׳ דנדרים וכתב הפרישה ואע״ג דהוי דבר שלא בא לעולם וכתבתי לעיל סימן רט״ו בדרישה לענין מי שנדר ליתן מעשר מן הריוח דלית בו מן הריוח כיון דהוי דבר שלא בא לעולם ואפשר דזה נקרא יותר בא » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק מ״ב)
« לעולם כיון דודאי יבא דדרך העולם בכך עכ״ל ולחנם דחק דאף על גב דאין אדם מקדיש דבר שלא בא לעולם מכל מקום אדם אוסר על עצמו דבר שלא בא לעולם כדלעיל סוף סימן ר״ד: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק מ״ב)

ס״ק מ״ג — « siman 179 » est une faute : il faut lire 570 — et le Rambam au chapitre 9

« ועיין בא״ח סימן קע״ט. כן הוא בכל הספרים ובעט״ז. וטעות הוא וצ״ל סימן תק״ע: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק מ״ג)
« הרמב״ם פ״ט אחר שכתב כל הדינים הכתובים בסימן זה ובכל הדברים האלו וכיוצא בהן דין הנודר ונשבע אחד הוא ומביאו ב״י ופשוט הוא וע״ל סימן רל״ט נתבאר שדין השבועה שוה לכל דבר לנדרים חוץ מכמה דברים שנתבארו שם: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק מ״ג)

ס״ק מ״ד — le jeu : renvois à la Drisha, au Bayit Hadach et au siman 228

« שלא יצחוק כו׳. עיין בדרישה ס״ס רט״ו ובבית חדש ס״ס רט״ז מדיני צחוק. וע״ל סימן רכ״ח סעיף ט״ו וכ״ח: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק מ״ד)

ס״ק מ״ה — « je ne sais quelle preuve c’est là » : le Chakh contre le Maharil — et le scribe de Réouven

« אסור להלוות כו׳. מדקאמר בפרק שבועת הדיינים המלוה חבירו על המשכון כו׳ ומסיק שמא יוציא זה הפקדון עכ״ל לקוטי מהרי״ל שם. ולא ידעתי מאי ראיה היא זו ודאי דפקדון בכלל משכון הוא דהא משכון גופיה פקדון הוא אבל משכון אינו בכלל פקדון. ואם נדר שלא לקבל פקדון היינו ממה שאמרו חז״ל הרחק מן הפקדונות ואינו בכלל זה שלא ילוה על המשכון ונראה דאזלינן בתר כוונת » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק מ״ה)
« הנודר וכמ״ש הרב: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק מ״ה)
« בתשובת מהר״מ דפוס פראג סימן תתקס״ה סופר של ראובן שנתן תקיעת כף לשמעון כשיגמור מלאכת ראובן שלא יכתוב לשום אדם כ״א לשמעון ואח״כ נשרפה העיר ונשרף קונטרס אחד של ראובן מה שכתב הסופר ועתה שואל הסופר אם יכול לכתוב אותו קונטרס כשיגמור מלאכתו טרם יכתוב לשמעון וכשנשרף הקונטרס עדיין לא גמר לראובן את הספר ודאי יכול לכתוב כי לא נגמרה מלאכת ראובן ודאי » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק מ״ה)
« אם נשרף הקונטרס לאחר שסיים כל הספר אז ודאי היתה נגמרה מלאכתו ולא היה יכול לכתוב וראיה ממסכת כלים (פ״ד) [פכ״ז] בגד שארג בו ג׳ על ג׳ כו׳. משה עזריאל בהר״ר אליעזר דרשן. ע״כ וה״ה בכל מלאכות הדין כן. וכן נראה מהראיה שהביא ממסכת כלים: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק מ״ה)

ס״ק מ״ו — le jeûne obligatoire qui compte : renvoi à Orah Haïm 568

« עולה לו כו׳. וכן כתב המחבר באורח חיים סימן תקס״ח סעיף י׳ י״א ע״ש: » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק מ״ו)

Le Taz (ט״ז) — ל״ט ס״ק

ס״ק א — le texte du Tour, la Prisha, et la preuve tirée de « ויבשלו את הפסח »

« אפי׳ לצלי ולשלוק. בטור לא כתוב ולשלוק אלא צלי לבדו ומסיים בו אסור בו ובשלוק והוא תמוה למה לא כתב תחילה ולשלוק וא״ל שחסר באמת תחילה תיבת ולשלוק קשה הי׳ לו לומר אסור בהם כמ״ש אח״כ מותר בהם ע״כ פי׳ בפרישה דכל שקורין מבושל מסתמא דגם שלוק בכלל ע״כ כ׳ שפיר שכל שקורין לצלי מבושל אסור גם בשלוק ונראה לי ראיה לזה מדאמרינן בגמרא שר׳ יאשיה אוסר » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק א)
« מדכתיב ויבשלו את הפסח ור׳ יאשיה קאי גם אשלוק כדמשמע בסוגיא ולא הביא סמך אלא לצלי אלא צ״ל דהא בהא תליא דכיון דגם צלי קרי מבושל ק״ו לשלוק ושלוק הוא כאן בשיל ולא בשיל דכן הוא בלשון בני אדם אבל בעלמא הוה שלוק בשיל יותר מבישול: » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק א)

ס״ק ב — ce que sont les ריפות et les לביבות

« ריפות. מעשה חטין שנכתשו ולביבות הם מעשה רוחשות: » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ב)

ס״ק ג — le grand développement contre le Maharchal et le Ba’h sur « légumes de marmite »

« אף בנכבשים בה כו׳. כתב רש״ל וכ״ש במבושל בין נאכל חי או אינו נאכל חי מכל מקום ירק חי מותר לאכול נ״ל עכ״ל. ומו״ח ז״ל הביא זה וכתב על זה ופשוט וקשה מדברי התלמוד עליו במאי דפריך על מ״ש במשנה הנודר מירק אסור בדילועין לר״ע והא ירק קאמר (פי׳ הרא״ש וסתם ירק בל׳ בני אדם הוא סתם ירק הנאכל חי) אמר עולא באומר ירק קדירה עלי ודילמא ירק הנאכל בקדירה » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ג)
« קאמר (ופי׳ האשר״י על ידי כבישת הקדירה ובלשון בני אדם יותר נקרא ירק מן ירק המתבשל בקדירה) ומשני באומר ירק המתבשל בקדירה קאמר פירוש על כן אסור בדלועין שאוכלין אותם ע״י בישול והרי לפנינו דבאומר ירק קדירה עלי מותר בדילועין דלא אמר ירק אלא דרך כבישה שכן הוא בל׳ סתם בני אדם ודילועין הוא דבר המתבשל ובפרישה הקשה קושיא זו עליו וכתב שנראה לו דמ״ש » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ג)
« הטור אסור אף בנכבשים היינו לומר שכ״ש שאסור בהנאכלין חי אלא שצ״ע מנין לו לטור דבר זה עכ״ל. ונראה לי דבריו נכונים בדעת הטור ודבריו של הטור בנויים על ענין זה כפירוש דברי התלמוד דלשון ירק אינו יוצא מידי פשוטו דהיינו סתם ירק הנאכל חי עד שיהיה מבורר דלא נתכוין על זה וע״כ הקשה המקשן דילמא ירק הנאכל בקדירה קאמר דהיינו נכבש אם כן יהיה פירושו עכ״פ » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ג)
« אינו מבושל ואע״פ שלענין הדין הוה כבוש כמבושל מ״מ בלשון בני אדם אינו כן וא״כ כשנפרש דבריו שאמר קדירה על הכבוש נרויח בזה דירקי יהיה כפשוטו בדבר הנאכל חי וא״כ לאכלו חי פשיטא דאסור ואפי׳ דרך כיבוש גם כן אסור אבל על ידי בישול לא נדר כלל ומותר ומשני דאמר בפירוש ירק המתבשל בקדירה נמצא דלענין הלכה קיי״ל שפיר דאומר ירקי קדירה עלי אסור בחי ובכבוש » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ג)
« ולא במבושל אלא א״כ אמר ירק המתבשל ואז נראה מותר בכבוש ובחי והאיסור בדילועין הוא גם כן אחר הבישול. ובדרישה כתב שאיסור הדילועין מחמת שאינן נאכלין חי ולא דק דאיסור דילועין לא עדיף משאר ירק שאינו אסור רק אחר הבישול ולא חי ה״נ בדילועין אע״פ שאפשר לאכלן חי כן נראה לי נכון דעת הטור ולא כדברי רש״ל שזכרנו. בטור כתוב והרמב״ם כתב שהולכין אחר לשון » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ג)
« בני אדם לפי המקום והזמן והתיר ביצה מגולגלת ולא נהירא עד כאן לשונו בכ״מ הבין שהטור כתב לא נהירא על מה שכתב הרמב״ם שהולכין לפי המקום כו׳ ותמה על זה דבאמת לא בא הטור לחלוק רק על ביצה מגולגלת לחוד והוצרך לכתוב תחילה מה שכתב הרמב״ם לפי המקום כו׳ כדי שלא תתרץ מה שכתב הרמב״ם להתיר ביצה מגולגלת הוא מצד מנהג מקומו לזה כתב שא״א לומר כן שהרי הרמב״ם » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ג)
« כתב תחילה שהולכין לפי המקום ובזה כ׳ סתמא שמותר ש״מ דמצד הדין אמר כן ולא נהירא כן נראה לע״ד: » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ג)

ס״ק ד — « et s’il a dit à son envoyé » : voici ta preuve

« ואם אמר לשלוחו כו׳. פי׳ והא לך ראייה דאם אמר לשלוחו כו׳: » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ד)

ס״ק ה — le légume sec ne sort pas du nom — et « permis dans les tendons » est une faute de copiste

« אסור אפי׳ ביבש. פי׳ אע״ג דירק נקרא לחין מ״מ בזה אסור אפילו ביבש מאחר שאין עושין גורן לירק אפילו יבש לא נפיק מכלל ירק: ומ״ש מותר בגידים טעות סופר הוא וצ״ל אסור שכן הוא בירושלמי וב״י מביאו גם כן בנוסח אסור ובלבוש כתב לפרש שהוא מותר מטעם שהם שני מינים ושגגה היא: » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ה)

ס״ק ו — le poisson dans « viande » : annonce du seif 9

« נאסר אף בבשר דגים. בסעיף ט׳ נעתיק דברי רש״ל דהאידנא מותר בדגים: » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ו)

ס״ק ז — les jours de saignée : pourquoi le poisson sort du vœu, et non la volaille

« ואם מראין הדברים כו׳. בטור כתב ע״פ הגמרא דאם נדר בימי הקזה אין דגים בכלל הנדר שבלאו הכי לא אוכל אותם ולא הוצרך לידור נדר והיינו ביום ראשון דהקזה דהא אמרו שני לדם דג. ופריך בגמרא דא״כ אפילו עופות נמי נימא הכי דהא אמרו מאן דמקיז ואוכל בישרא דציפורא פרח ליביה ומשני דאפשר לאכלו על ידי שליקה וע״כ שפיר קאי הנדר עלייהו וכתב הרא״ש דשמואל לא אמר » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ז)
« דפרח ליביה. אלא בצלי ובדרישה תמה דהא הטור ושאר הפוסקים סתמו מזה ועוד דעמא דבר לאכול תרנגולים ביום הקזה וע״כ חילק בין בשר תרנגולים לציפורים ובחנם דחק בזה דדוקא בצלי אין לאכול אפילו תרנגולים ועל הטור לק״מ במה שסתם ולא חילק דמה היה לו לחלק כיון שאפשר שום אכילה בעופות חל עלייהו הנדר ואוסרים בכל גווני מיהו עכ״פ יש לתמוה במה דאמרינן התם בגמ׳ » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ז)
« דהקיז דם לא יאכל לא חלב ולא גבינה ולא ביצים כו׳ והעולם נהגו לאכול ביצים תיכף אחר ההקזה ואפשר דהקזה דידהו הוה קשה טפי שהיו מקיזים דם הרבה: » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ז)

ס״ק ח — la קיפה : de fines miettes au fond de la marmite

« מהקיפה. פי׳ פרורין דקין שנקפין בשולי הקדירה: » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ח)

ס״ק ט — le Maharchal : aujourd’hui, l’envoyé ne consulte plus

« מהבשר מותר בשניהם. כתב רש״ל נ״ל דהאידנא אסור בשניהם דאזלינן בתר לשון בני אדם ומ״ה שרינן סתם בדגים עכ״ל מבואר מדבריו דהאידנא הנודר מבשר סתם מותר בדגים דאין דרך האידנא דמימלך שליח עליה: » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ט)

ס״ק י — « קונם בשר עלי » doit se lire « בשר זה »

« אם לא שיאמר קונם בשר עלי כו׳. גם בטור כתב כן אבל האמת יורה דרכו שיש שם ובכאן ט״ס וצ״ל בשר זה כדמוכח בסימן רי״ז סעיף ט׳: » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק י)

ס״ק י״א — pourquoi l’ail est pris, et pourquoi la bouillie d’ail n’est pas nommée

« אסור במקפה של גריסין. מקפה הוא תבשיל עב וגבי איסור שום לא נקט מקפה של שום הטעם דאפילו שום בפני עצמו אסור דכיון שאמר כל מקפה אסור עלי ושום הוא שנותנין אותו בכל מקפה כמו שכתב הרא״ש בסוף פרק הנודר מן המבושל וז״ל דשום רגילין ליתן בכל מיני מקפה כי נותן טעם הוא והשום הוא המקפה אבל אין עושין מגריסין לבדן מקפה אלא מכמה מינים עושין מקפה עכ״ל והא » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק י״א)
« דאמרינן דנודר מגריסין אסור אפילו במקפה של גריסין הטעם דקרי ליה מקפה של גריסין כמו שכתב בית יוסף בשם הר״ן אבל נודר ממקפה סתם אין גריסין בפני עצמן בכלל שהרי אין הגריסין הכרחיים למקפה משא״כ בשום שהם הכרחיים למקפה ע״כ אפילו בנודר ממקפה הוה שום בפני עצמו אסור שסתם מקפה היא של שום אבל נודר משום לא אסרו אלא בפני עצמו ולא כשנותנין אותו בהמקפה » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק י״א)
« דמידי אחרינא הוא וג״כ אין נקרא שם השום על המקפה לקרותו מקפה של שום כמו שהוא בגריסין כן נ״ל טעם דינים אלו: » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק י״א)

ס״ק י״ב — « ce dont je goûterai » vaut aussi « ce dont je mangerai »

« תבלין שאני טועם. ה״ה שאני אוכל כ״כ רש״ל: » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק י״ב)

ס״ק י״ג — l’aspargos : Rachi contre le Rambam, et la langue de leur temps

« מהאספרגוס. לשון הטור פירש״י אספרגוס הוא מין כרוב והרמב״ם פי׳ מין שלקות של כרוב עכ״ל וא״ל להרמב״ם למה אסור לנודר מכרוב מהאיספרגוס מ״ש מנודר מבשר דאמרינן בסמוך דמותר ברוטב דיש לומר דבנדרים הולכין אחר לשון בני אדם ובזמנם היו קורין גם לאספרגוס כרוב ולא לכרוב אספרגוס משא״כ בבשר ורוטב שמעולם לא היה נקרא בימים ההם לרוטב בשר כן נ״ל. ובנוסח השו״ע » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק י״ג)
« כתוב הנדר מן הכרוב מותר באיספרגוס והוא ט״ס וכן בבית יוסף נרשם מותר והוא ג״כ ט״ס אלא כנוסח הטור כן הוא במשנה ובכל הפוסקים ובלבוש סבר שהנוסחא של השלחן ערוך אמת ונתן טעם לפי שהם שני מינים ושגגה היא: » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק י״ג)

ס״ק י״ד — le קום : les eaux du lait qui s’en séparent

« מותר בקום. פי׳ מי חלב הנבדלין ממנו: » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק י״ד)

ס״ק ט״ו — le Tour sur דג דגה, et le Maharchal

« הנודר מן הדגים. בטור כתוב דגים שאני טועם אסור בין בגדולים בין בקטנים וכתב רש״ל וז״ל בי״ס דג דגה שאני טועם כו׳ ואמת שהאוסר עליו דג דגה אסור בשניהם דדג משמע גדול ודגה משמע קטנים בלשון בני אדם אבל דגים לבד נ״ל דלא צריך דג דגים שאף בדגים לבד נאסר הכל כי כן משמעותו וכן כתב הרא״ש אבל בדגה לבד לכ״ע דוקא קטנים ובדג דגה נאסר בשניהם לכולי עלמא » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ט״ו)
« עכ״ל: » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ט״ו)

ס״ק ט״ז — la saumure sortie après le vœu — et la même règle pour le petit-lait et le miel de dattes

« מותר בציר כו׳. דבר פשוט הוא דהיינו בציר שיצא קודם הנדר אבל לאחר הנדר אסור כמ״ש בסי׳ רט״ז סעיף ט׳ לענין בשר ויין ממילא ה״ה נמי כאן דאם אמר דגים שאני טועם או אוכל או דגים אלו עלי אסור בציר היוצא מהם אחר הנדר וכן לענין קום החלב בסעיף י״א ולענין דבש תמרים סעיף י״ג כן נ״ל: » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ט״ז)

ס״ק י״ז — la réponse de Rabbi Leib de Prague : liquide resté liquide, aliment devenu boisson

« אף על פי ששם התמרים כו׳. תירוץ זה כתב ב״י בשם הר״ן ומצאתי למוהר״ר ליב מפראג שתירץ דשאני קום החלב דהוה עדיין משקה כמו תחלה משא״כ בדבש תמרים שתחלה היה אוכל ועכשיו נעשה משקה: » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק י״ז)

ס״ק י״ח — les raisins tardifs : les derniers, qui ne mûrissent pas

« מסתוניות. פירוש סופי ענבים שאינם מתבשלים: » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק י״ח)

ס״ק י״ט — le miel tout court est celui des abeilles

« מותר בדבש תמרים. שסתם דבש הוא של דבורים: » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק י״ט)

ס״ק כ — pourquoi le vin cuit n’est pas un « nom accompagné »

« ויש מי שאוסר בקונדיטון. ולא דמי לסעיף י׳ בנודר מירקות דמותר בירקות שדה מטעם שיש להם שם לווי והכא נמי יש לווי דמקרי יין מבושל שאני התם דמין אחר הוא משא״כ כאן דשניהם יין ומפני שנתבשל לא הפסיד. ר״ן: » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק כ)

ס״ק כ״א — « pour nous » : nous n’appelons תירוש que le vin, en langue de la Torah

« מהתירוש לדידן. דאין אנו קורין תירוש אלא ליין בלשון תורה: » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק כ״א)

ס״ק כ״ב — la majorité de l’approvisionnement — renvoi au siman 208

« אע״פ שרוב סיפוקן מאחד כו׳. עיין מ״ש מזה בסי׳ ר״ח סעיף א׳: » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק כ״ב)

ס״ק כ״ג — עללתא : tout ce qui est de choix et excellent

« מעללתא. כל דבר מעולה ומשובח כ״כ הרא״ש שם: » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק כ״ג)

ס״ק כ״ד — Rabbi Meïr contre les Sages sur le דגן, et le Roch contre le Rambam

« וה״ה לנודר מהדגן. בטור כתוב וז״ל מהדגן קאמר רבי מאיר שאוסר בכל מיני קטניות חוץ מחילקא וטיסני פי׳ רש״י חטה נחלקת לשנים או לשלשה או לארבעה חלקים ולהכי שרי שכבר נשתנית החטה וחכמים אומרים שאינו אסור אלא בחמשה מינים בלבד ויראה מדברי א״א שפוסק כרבי מאיר ומדברי הרמב״ן יראה שפוסק כחכמים והכי מסתבר וכן כתב הרמב״ם עכ״ל ויש לתמוה דהא בגמרא חשיב » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק כ״ד)
« בדברי רבי מאיר חוץ מאורז וחילקא כו׳ ולמה השמיט הטור האורז וא״ל דחסרון הוא בטור דהא כתב חוץ מחילקא דאי חשב גם אורז הל״ל וחילקא ונלע״ד דהטור ס״ל דחכמים שמקילים טפי מר״ח וסבירא להו דשאר מינים שאינם מחמשה מינים מותר כ״ש דמקילין במה שמיקל ר׳ מאיר דהיינו בחטה הנחלקת חילקא וטירגיס כו׳ שאע״פ שהחטה א׳ מה׳ מינים מ״מ מותר בו כיון שנשתנה וכן ראיתי » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק כ״ד)
« בפרישה שהביא זו בשם רש״ל אך שכתב שא״כ היה לו לרמב״ם לכתוב דאלו מותרים מ״מ נ״ל דהטור סבירא ליה שפיר כן ולהכי הביא׳ בדברי ר״מ כיון שכוונתו לפסוק הלכה כחכמים קמ״ל דגם לחכמים יש היתר זה דחילקא וטירגיס וכו׳ ולהכי לא הביא דאורז כי אין בזה צורך לדברי חכמים דהא בהדיא אמרו דוקא ה׳ מינים ואורז לא מהם הוא משום הכי הביא הטור אותן שיש בהן צורך רבותא » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק כ״ד)
« אליבא דהלכתא דהיינו כחכמים ואי הוה מביא גם אורז לא היה לנו שום הרגש בדבר דאתי לרבותא דחכמים כן נראה לי להלכה אבל לא למעשה להקל בחילקא וטירגיס כיון שבעל הש״ע לא כתב כן בפירוש: » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק כ״ד)

ס״ק כ״ה — l’aliment soutient le cœur, « ce qui nourrit » rassasie seulement

« או מהמזון. היינו דברים שמסעדים הלב וזה דוקא בה׳ מינים אבל הזן פירושו אע״פ שאינו סועד הלב מכל מקום משביע ומיזן. וכתב הר״ן דכאן מיירי שאוסר על זמן מועט שיכול לעמוד בו אבל לזמן מרובה הוה ליה נדר שאי אפשר לקיימו ולא חל הנדר כלל והאי או מהמזון דקאמר פירושו אפי׳ במקום שעושין פת דוקא מחטים ושעורים מכל מקום דוקא חמשה מינים קאמר: » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק כ״ה)

ס״ק כ״ו — les truffes et les champignons sont dans « les fruits de l’année »

« אסור בכל פירות. פשוט דבכמהין ופטריות דאסור: » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק כ״ו)

ס״ק כ״ז — la sougya de « Merouba » : les bêtes sont un fruit dans le verset, non dans la langue

« ומותר בגדיים וטלאים. אף על גב דאמרינן ריש מרובה בבקר וצאן פרט מה הפרט מפורש פרי מפרי וגידולי קרקע כו׳ שמע מיניה דבהמות מקריין פרי י״ל דלענין נדרים שאני דהולכין אחר לשון בני אדם ובלשון בני אדם לא מקריין פרי וכתב הר״ן דלא מיירי כאן אלא בנודר לזמן כו׳ כמו לעיל בסעיף י״ט: » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק כ״ז)

ס״ק כ״ח — les truffes tirent leur nourriture de l’air

« ומותר בכמיהין ופטריות. לפי שאינם בכלל פרי הארץ דמאוירא ינקי אף על פי שגדילין מן הארץ: » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק כ״ח)

ס״ק כ״ט — « croissances du sol » ne prend pas le bétail, contre le Ba’h

« אסור בכולם. נראה דמכל מקום מותר בגדיים וטלאים דאף על גב דגם הם גידולי קרקע כמו שזכרתי בשם הגמרא ריש מרובה בסעיף כ״ב מכל מקום בנדרים לא כן הוא דבלשון בני אדם לא מקרי בהמות בשם גידולי קרקע כמו דאמרינן שלא מקרי פרי בסעיף כ״ב הכי נמי לענין גידולי קרקע ומו״ח ז״ל כתב בזה דאסור בבעלי חיים מדקריין גידולי קרקע בפרק הפועלים ול״נ כמו שכתבתי דמ״ש » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק כ״ט)
« גידולי קרקע מלשון פרי דלא אזלינן בתריה כיון דבלשון בני אדם לא מקרי כן הכי נמי כן דבלשון בני אדם לא מקרי גידולי קרקע אלא מה שהוא בגוף הקרקע ממש ועוד דאי לא תימא הכי היה לו לכתוב רבותא דאפילו בבעלי חיים אסור משום גידולי קרקע ק״ו בכמיהין ופטריות אלא כדפרישית וכן הוא הרבה פעמים בסי׳ זה דלא אזלינן בתר מה דמקרי בלשון חכמים אלא בתר לשון בני אדם: » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק כ״ט)

ס״ק ל — « la différence entre ces deux langues est vraiment étonnante »

« נדר מרואי החמה כו׳. זה נמשך אחר דעת הטור שחילק בין אומר רואי חמה לרואים חמה ותמוה באמת מה בין לשון זה לזה דאף א״ת שבלשון רואי חמה יש לפרשו שהחמה רואה אותן מ״מ פי׳ דחוק הוא וטפי ניחא לן לו׳ כפשוטו שהם רואים החמה וכמו דאיתא לעיל סעיף ד׳ לענין ירק דאנן הולכין אחר לשון הפשוט וטפי קשה מה שכתב רמ״א הואיל והלשון ודאי כך הוא ובמשנה הכי איתא הנודר » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ל)
« מן רואי החמה אסור אף בסומין שלא נתכוין זה אלא למי שהחמה רואה אותן ואמרינן עלה בגמרא מאי טעמא מדלא אמר מן הרואין לאפוקי דגים ועוברין שאין חמה רואה אותן ופירוש הפשוט בזה דמיתור לשון דייק התלמוד מדהיה לו להזכיר מהרואין לחוד והיה מוציא בזה הסומין ולמה הזכיר כלל חמה אלא ודאי דנתכוין שהחמה רואה אותן לאפוקי דגים ועוברין ונמצא דאין חילוק בין רואה » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ל)
« חמה לרואין החמה דגם בלשון רואין החמה יש יתור לשון החמה וכ״כ הר״ן וכן נראה מדברי הרמב״ם ורא״ש בפסקיו שלא הזכירו כלל להתיר בסומין כשאומר רואין החמה גם מל׳ התוס׳ נראה לי כן אלא שיש טעות סופר בדבריהם שז״ל מדלא קאמר הנודר מן הרואין כלומר מדלא אמר האיש הנודר שהוא נודר מן הרואים את החמה שאז ודאי הוי משמע למעט סומין וא״ת הא דלא קאמר מן הרואין » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ל)
« משום דאז הוה דגים ועוברים בכלל והוא רוצה שלא יהיו בכלל י״ל דהשתא נמי כשאומר מרואי החמה כל כמה דלא נפרש שהחמה רואה אותן קאמר שהרי דגים רואין יפה החמה אבל החמה רואה אותם לא מקרי הואיל ומכוסין הם במים עכ״ל והנה לפי התחלת דבריהם משמע דיש היתר סומין אם אמר רואין את החמה וסוף דבריהם לא כן הוא שהרי כתבו וא״ת הא דלא קאמר מן הרואים משום דאז כו׳ » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ל)
« משמע דההוכחה הוא מדלא אמר מן הרואים לחוד ותו דהיאך אפשר שיהיה הוכחה מדלא אמר רואין את החמה ולמה לא עשו הוכחה מדלא הוה להזכיר כלל חמה אלא מהרואין לחוד. גם קושית ואם תאמר כו׳ אין לה הבנה לפי הנחה זאת שתליא מילתא דהיתר סומין באומר מן הרואין את החמה והנה אנו רואין עין בעין שיש אחר כך טעות סופר בדברי התוס׳ בקושייתם ונראה דהגירסא הנכונה בדברי » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ל)
« התוס׳ כן הוא כלומר מדלא קאמר האיש הנודר שהוא נודר מן הרואים בלא החמה שאז ודאי הוה משמע למעוטי סומין ואם תאמר הא דלא קאמר מן הרואין משום דאז הוה דגים ועוברין בכלל והוא לא רצה שיהיו בכלל יש לומר כו׳ וכוונתם להקשות כיון דעיקר הוכחה מדלא אמר מן הרואין לחוד דילמא אי קאמר כן היה דגים ועוברין בכלל והוא לא רצה בכך על כן הזכיר החמה להוציא דגים » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ל)
« שאינם רואין החמה כיון שהם במים ותירצו דאם כן לא הועיל כלום במה שהזכיר החמה שהרי באמת דגים רואים החמה ולא נתמעטו הדגים אלא שאין החמה רואה אותן וצ״ל דגם בעוברים הוה כן שהם רואים את החמה והתוספות לא הוצרכו להזכיר עוברים דממילא הוא מדגים ויש לזה ראייה מדאיתא בגמרא פרק ג׳ דנדה דהעובר מביט מסוף העולם אל סופו אלא שאין החמה רואה את העובר דהיינו » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ל)
« שאין מגולה נגד החמה כמו שכתבו התוספות גבי הדגים דאם לא כן תקשה לך קושיית התוספות על העוברים כן נראה לי ביאור דבריהם ואל יקשה בעיניך שהגהתי בדבריהם שאותן התוספות מלאים טעיות לכל רגיל לקרותם אלא שדעת הטור צ״ע שכתב אם אמר מרואים החמה מותר בסומין מה חילוק ישבין לשון זה לרואי החמה ונראה כוונתו דגם הוא מפרש שיש כאן יתור לשון דלמה לו להזכיר החמה » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ל)
« כלל אלא ע״כ דאיהו קאמר בלשון דחוק שהחמה רואה אותן דלשון רואי החמה הוא דביקות והוה כאומר שיש להם ראיות חמה ואם כן ודאי נוכל לומר בזה המשמעות שהחמה רואה אותן מה שאין כן באומר מהרואים את החמה אף על פי שיש כאן קושיא דלמה אמר יתור לשון דהחמה מכל מקום אין לך תירוץ על הקושיא דאי אפשר לומר שהחמה רואה אותן דהרואים אינו סובל פי׳ זה דדוקא רואי החמה » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ל)
« יש לפרשו כן על צד הדוחק ורוצה לומר שיש בהם ראייה מן החמה שהוא לשון דביקות מה שאין כן בתיבת רואין שהיא תיבה מוכרת בלי דביקות לתיבה שאחריה ממילא פירושו רואין סתם דהיינו שהם הרואים יהיה מה שיהיה וכיון שאין לך שום תירוץ על היתור לשון אין אנו למידין מזה היתור לשון כלום והוה כאלו אמר מהרואים לחוד ע״כ מותר בסומין כן נראה לי כוונת הטור ומה שכתב » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ל)
« רמ״א הואיל והלשון ודאי כך פירוש מכח קושיא דיתור לשון אנו מוכרחים לתרץ כן כיון שיש תירוץ לפנינו ומו״ח ז״ל כתב דמדברי התוס׳ האלו משמע שאין היתר אלא באומר מהרואים את החמה דהעיקר הוא לשון את החמה וע״כ מגיה בדברי הטור ג״כ את החמה ולא משמע כן בסוף דברי התוספות שהקשו ואם תאמר כו׳ גם בפירוש דברי הטור לא נראה כן דא״כ לא היה לו להטור לחלק בין רואי » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ל)
« חמה לרואין את החמה אלא ברואים גופיה הוי ליה לחלוקי בהכי אם אמר את או לא גם לא ידעתי שום הוכחה מלשון את בזה כלל וכמו שבלא את תדחק לפרש הרואים החמה שנראים מן החמה ה״נ אם אמר את הוה במקום מן כמו הנני משחיתם את הארץ. כצאתי את העיר. והתוס׳ לא כוונו לזה עכ״פ כמבואר למעיין בדבריהם ואיך שיהיה פירוש דברי הטור נראה למעשה שאין לסמוך להתיר בל׳ רואים » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ל)
« החמה בסומין כיון ששאר הפוסקים לא חילקו הוי ליה הטור יחיד בדבר זה וכן פסק מו״ח ז״ל שאין להתיר ברואין את החמה וזה אין נראה כלל אלא כמשמעות שאר הפוסקים דכל שיש יתור לשון דהיינו החמה אנו מפרשים כוונתו כל לשון שיאמר שהחמה רואה אותם כן נראה לע״ד: » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ל)

ס״ק ל״א — les Tossefot : « ceux que le soleil voit » suppose des êtres faits pour voir

« בכל דבר שאינו בעל חיים כו׳. בתוספות הביאם ב״י פירשו כן וז״ל דכיון שהזכיר רואי החמה משמע דוקא בעלי חיים שעשויין לראות החמה עד כאן לשונו וקשה הא אנו מפרשים דבריו שהחמה רואה ולא שהם רואים ויש לומר דמכל מקום אין הלשון יוצא מידי פשוטו שהם רואים הכי קאמר שהם רואים החמה בלי שום הפסק בנתיים והיינו שהחמה רואה אותם כלומר שאין הפסק ביניהם לאפוקי » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ל״א)
« דגים שרואים דרך הפסק כמו שכתבו התוס׳ לעיל והטור דלעיל סבירא ליה דבלשון רואים החמה אין זה במשמעותו מדאמר מן הרואים החמה דתיבת הרואים אינו דבוק לתיבה שלאחריו כמו רואי חמה ממילא משמע דבלאו הכי הם רואים גם כן ולאפוקי סומין: » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ל״א)

ס״ק ל״ב — le raisonnement de la guemara : s’il avait voulu les cheveux, il l’aurait dit

« אסור בקרחים ובעלי שיבה. הטעם בגמרא מדלא אמר מבעלי שער אלא ודאי דלא ממעט שער אלא מאותן שרגילין להיות שחורי הראש וא״ל אכתי אין לנו הוכחה לאוסרו בבעלי שיבה ונאמר דממעט בעלי שיבה יש לומר כיון דע״כ זה מותר בקרחים מכח ההוכחה דהיה לו לומר מבעלי שער אלא ע״כ דנתכוין אף על גב שאין להם עכשיו שחורי הראש הוא הדין נמי לענין בעלי שיבה אמרינן כן. כן פירש » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ל״ב)
« הר״ן וקשה לי ממה נפשך אם יש סברא טובה לפרש הך שחורי ראש שיש לו פעם אחת שחור ראש כמו שיש סברא לפרש מי שהוא עכשיו שחור למה לו לתלמודא להוכיח מכח מדלא אמר מבעלי שער הא אפילו בלא הוכחה יש לנו להחמיר דסתם נדרים להחמיר כמ״ש סימן ר״ח ואי אין סברא כל כך קשה מנלן באמת לאסור בקרחין ובעלי שיבה נימא בתרווייהו להתיר כיון שסברא טפי לומר שיש להם עכשיו » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ל״ב)
« שחור ראש והא דלא אמר בעלי שער דאם כן הוה אסור בבעלי שיבה ולא היה מותר רק בקרחין ע״כ אמר לשון דממעיט תרוייהו להתיר ויש לומר דודאי אם נימא דניזול בתר פירוש היותר פשוט טפי מסתבר מי שיש עכשיו קושיא לפנינו דלמא אתי למשרי תרוייהו אלא דהאמת דאין שום משמעות לפרש דשחורי הראש אתי למעוטי קרחין דאין זה היפך משחורי הראש אלא היפך מבעלי שער על כן ודאי » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ל״ב)
« אינו ממעט קרחין וא״כ גם שיבה ממועט כיון דמוכרח דפירושו מי שהיה לו שחורי הראש וא״ל דלמא אם אמר בעלי שער הוי אמינא גם נשים וקטנים אסור דאם כן היה לו לומר מכל אדם על כן אמר לשון המובדל מהם: » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ל״ב)

ס״ק ל״ג — les Koutim sont commandés sur le chabbat

« אף בכותים. לפי שהם מצווים על שבת ועושין כן אבל עובדי כוכבים אפי׳ אם שומרים שבת מ״מ אינם מצווים בכך. גמרא: » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ל״ג)

ס״ק ל״ד — ils ne montent pas — et le rejet de la glose de la Prisha sur le mont Garizim

« ומותר בכותים. לפי שאינם עולים שם אף על פי שמצווים על זה וכתב ב״י שהכותים עולים להר גריזים במקום ירושלים ובפרישה בהג״ה כתב שאם נדר מעולי רגלים אסרו אף בכותים שהרי עולים להר גריזים וישתקע הוראה כזאת שהרי אפילו אם היו עולים לירושלים ולא היו מצווים לא נתכוין להם דנתכוין דוקא למצוה ועוש׳ ק״ו בזה דלא נתכוין להם ובודאי אין דברים הללו יצאו מפי » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ל״ד)
« הצדיק עצמו: » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ל״ד)

ס״ק ל״ה — les convertis dans « la semence d’Abraham » : « je t’ai établi père d’une multitude »

« ובגרים. לא נמצא לזה מקור ונראה דיליף לה מדמצינו לענין ברכה שהגר יכול לומר אלהי אבותינו שנאמר כי אב המון גוים נתתיך כמו שכתבו התוס׳ בפרק הספינה דף פ״א: » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ל״ה)

ס״ק ל״ו — « car c’est par Isaac » — et non tout Isaac

« אפילו בבני ישמעאל ועשו. דכתיב כי ביצחק יקרא לך זרע ולא כל יצחק היינו למעוטי עשו וכ״ש ישמעאל: » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ל״ו)

ס״ק ל״ז — « l’incirconcision » est un nom de nations, « les circoncis » un nom d’Israël

« אסור במולי או״ה. לפי שהערלה נקראת במקרא על כלל או״ה דוקא וכן שם מולים על אומה ישראלית דוקא: » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ל״ז)

ס״ק ל״ח — « עבידנא יומא טבא לרבנן » — et la règle de tout le siman

« גם חנוכה ופורים. לפי שגם ימים אלו בלשון בני אדם נקראים ימים טובים כמו ההיא דעבידנא יומא טבא לרבנן דהיינו כל שיש בו שמחה והכלל בכל סימן זה דהולכים אחר לשון בני אדם אלא דכאן הוה קצת דוחק שיהיו ימים אלו בכלל על כן הוצרך שיאמר הנודר כן בפירוש שנתכוין לזה: » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ל״ח)

ס״ק ל״ט — « apostar » : le mot en langue d’Achkenaz, et Rabbenou Yerouham sur la perte d’argent

« שקורין אפוסטר. בלשון אשכנז וועטי״ן וכתב בית יוסף בשם רבינו ירוחם בזה דעיקר כוונתו היתה בשבועתו כדי להמנע מכל שחוק שמביא לידי הפסד ממון עכ״ל משמע מזה דהנשבע סתם שלא לשחוק היינו בענין שיש בו הפסד ממון אבל בלא הפסד מותר לשחוק ומ״מ נראה לי שהולכין אחר כוונת הנשבע בזה דאם בשביל הפסד ממון היה לו דאגה או בשביל שהיה מאבד זמן במיני שחוק שאז אסור » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ל״ט)
« אפי׳ בשחוק בחנם. כן נ״ל: » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ל״ט)

Le Baer Hetev (באר היטב) — ל״ב ס״ק

ס״ק א — « et le bouilli » : le Chakh en abrégé

« ולשלוק. פי׳ בשיל ולא בשיל אבל בשיל יותר מדאי בכלל מבושל הוא בכל מקום כ״כ התוס׳ והר״ן וכ״כ הב״ח ועיקר: » (באר היטב יו״ד רי״ז ס״ק א)

ס״ק ב — la langue : Rabbenou Yerouham, et deux responsa sur le serment de louer et de gager

« הלשון. כתב רבי׳ ירוחם ואם אין לשון בני אדם כגון שנדר בלה״ק ובאותו מקום אין מדברים בו הלך אחר לשון תורה עכ״ל (מי שנשבע שלא לשכור ושלא למשכן בית שלו כ״א לפלוני אין ירושה בכלל רשד״ם חלק ח״מ סי׳ רנ״ו ועיין לעיל סימן רט״ז ס״ק ז׳ מש״ש בשם הראנ״ח הנשבע לעשות דבר כשיהיה נשוי או איפכא לא אעשה דבר זה כשאהיה נשוי לא עבר על שבועתו כ״ז שלא נשא אשה » (באר היטב יו״ד רי״ז ס״ק ב)
« בכתובה וקידושין וז׳ ברכות וכן לא נתחייב לעשותו אלא לכשיהיה נשוי בכתובה וז׳ ברכות כיון דבין בלשון תלמוד ובין בלשון בני אדם לשון נישואין לחוד ולשון אירוסין לחוד כנה״ג והרדב״ז והרשד״ם אבל מהריב״ל ח״ג סי׳ קי״ז כתב דאירוסין בכלל נשואין ע״ש עיין בכה״ג הנשבע שלא ישא אשה אחרת על אשתו אין אירוסין בכלל וה״ה במקום שנוהגים חרם דרגמ״ה דאין קידושין » (באר היטב יו״ד רי״ז ס״ק ב)
« בכלל רשד״ם חי״ד סי׳ צ״ח ולפי דברי מהריב״ל הנ״ל אף אירוסין בכלל עיין כנה״ג. הנודר מראובן ובניו ובני בניו מותר בדור רביעי כנה״ג וכ״כ בש״י חלק ח״מ סי׳ קע״ג ומהר״מ מטראני ח״ב סי׳ כ״ח כתב דהוי ספיקא): » (באר היטב יו״ד רי״ז ס״ק ב)

ס״ק ג — « crus » : les légumes qui se mangent aussi crus

« חיים. כלומר באותן ירקות שנאכלין גם חיים ש״ך: » (באר היטב יו״ד רי״ז ס״ק ג)

ס״ק ד — « les marinés » : le Chakh et le Taz face à face

« בנכבשים. פי׳ הש״ך אף באותן שאין נאכלים רק בנכבשים אבל מ״מ אותן ירקות אסור לאוכלן גם מבושלים אבל ירק חי ודאי מותר לאכול וכ״כ מהרש״ל אבל הט״ז פסק דאם אומר ירקי קדירה אסור בחי ובכבוש ולא במבושל ואם אמר ירק המתבשל אז מותר בכבוש ובחי ע״ש שמאריך בזה: » (באר היטב יו״ד רי״ז ס״ק ד)

ס״ק ה — « montrent » : les jours de saignée, et la difficulté des œufs

« מראים. בטור כתב עפ״י הש״ס דאם נדר בימי הקזה אין דגים בכלל הנדר שבלא״ה לא אכיל אותם ולא הוצרך לידור נדר והיינו ביום א׳ דהקזה דהא אמרו שני לדם דג מיהו יש לתמוה דאמרינן התם בש״ס דהקיז דם לא יאכל ביצים והעולם נהגו לאכול ביצים תיכף אחר ההקזה ואפשר דהקזה דידהו היה קשה טפי שהיו מקיזים דם הרבה עכ״ל הט״ז (ובנה״כ מחלק בין צלוים רכים למבושלים וקשים » (באר היטב יו״ד רי״ז ס״ק ה)
« כדאיתא בפרק כיצד מברכין וכן ידוע לחכמי הרופאים עכ״ל) וכתב בתשובת מבי״ט מי שנדר שלא יקנה לשבת אלא חצי חתיכת בשר נראין הדברים שלא נתכוין אלא לבשר בהמה הנמכר בחתיכה אבל בעופות מותר (מהר״מ מטראני ח״א סי׳ רנ״ח): » (באר היטב יו״ד רי״ז ס״ק ה)

ס״ק ו — « dans les deux » : le Maharchal et le Taz, et « בשר זה »

« בשניהם. כתב רש״ל נ״ל דהאידנא אסור בשניהם דאזלינן בתר לשון בני אדם ומ״ה שרינן סתם בדגים עכ״ל מבואר מדבריו דהאידנא הנודר מבשר סתם מותר בדגים דאין דרך עכשיו דמימלך שליח עליה ט״ז וכתב עוד שהאי בשר עלי הוא ט״ס וצ״ל בשר זה: » (באר היטב יו״ד רי״ז ס״ק ו)

ס״ק ז — « ce dont je goûterai » : et ce qu’est une épice

« טועם. וה״ה שאני אוכל כ״כ מהרש״ל ודבר הבא ליתן טעם בקדירה כגון שומין ובצלים וכיוצא בהם הכל נכלל בשם תבלין ובהני הוא דשייך לפלוגי בין חיים ומבושלים אבל בפלפלים וכיוצא בהן אין שייך לחלק בהכי ב״י והאחרונים: » (באר היטב יו״ד רי״ז ס״ק ז)

ס״ק ח — « dans l’aspargos » : la question du Taz sur le Rambam

« באספרגוס. כתב הט״ז וא״ל לדעת הרמב״ם דפי׳ שהוא מין שלקות של ירק למה הנודר מן הכרוב אסור באספרגוס מ״ש מנודר מבשר דמותר ברוטב די״ל דבזמנם היו קורין גם לאספרגוס כרוב ולא להיפך משא״כ בבשר ורוטב שמעולם לא היה נקרא בימים ההם לרוטב בשר: » (באר היטב יו״ד רי״ז ס״ק ח)

ס״ק ט — « dans les jardins » : aujourd’hui, les légumes des champs sont interdits

« בגנות. ונראה דעכשיו אסור בירקות שדה שגם הוא בלשון ירקות בלשון בני אדם ש״ך: » (באר היטב יו״ד רי״ז ס״ק ט)

ס״ק י — « dans le petit-lait » : Rachi, et les renvois aux simanim 81 et 87

« בקום. פירש״י דהיינו נסיובי דחלבא וע״ל סי׳ פ״א ס״ה וסי׳ פ״ז ס״ח: » (באר היטב יו״ד רי״ז ס״ק י)

ס״ק י״א — « dans la saumure » : avant le vœu seulement — et le Roch sur דג דגה

« בציר. כתבו הט״ז והש״ך דהיינו דוקא מה שכבר יצא מהם קודם הנדר אבל מה שיצא מהן לאחר שנדר אסור אם אמר קונם דגים שאני טועם או שאני אוכל או קונם דגים אלו כדלעיל סי׳ רט״ז ס״ט (וכן לענין קום ודבש תמרים היוצאים מהם אחר שנדר אסור רש״ל) וכ׳ הרא״ש דאם אמר דגים או דג דגה נאסר בגדולים וקטנים ובדגה לבד אינו אסור אלא בקטנים לכ״ע: » (באר היטב יו״ד רי״ז ס״ק י״א)

ס״ק י״ב — « permis » : le miel des abeilles, et le vœu sur ce qui vient de l’animal

« מותר. שסתם דבש הוא של דבורים (א׳ שנדר שלא לאכול זמן ידוע דבר הבא מן החי מותר לאכול דבש דבורים ולשתות מי דבש שקורים מע״ד ת׳ ש״א סי׳ כ״ט ע״ש): » (באר היטב יו״ד רי״ז ס״ק י״ב)

ס״ק י״ג — « pour nous » : le Ran, et le vœu en langue sainte

« לדידן. דמשתעינן בלשון לע״ז ולפ״ז אם נדר מן התירוש בלשון הקודש אסור ביין ומותר בכל מיני מתיקה דאנן לא קרינן תירוש אלא ליין בלשון תורה עכ״ל הר״ן: » (באר היטב יו״ד רי״ז ס״ק י״ג)

ס״ק י״ד — « que la majorité » : on ne suit pas la majorité

« שרוב. ולא אזלינן בתר רובא דספק נדרים להחמיר וע״ל סי׳ ר״ח ס״א: » (באר היטב יו״ד רי״ז ס״ק י״ד)

ס״ק ט״ו — « dans les cinq » : les cinq espèces nommées

« בחמשת. הם חטה ושעורה כוסמין שבולת שועל ושיפון: » (באר היטב יו״ד רי״ז ס״ק ט״ו)

ס״ק ט״ז — « de l’aliment » : sa mesure propre

« מהמזון. כלומר אפילו במקום שנוהגים לעשות פת מחטים ושעורים ונדר מהמזון משמעו של המזון הוא ה׳ מינים: » (באר היטב יו״ד רי״ז ס״ק ט״ז)

ס״ק י״ז — « ce qui nourrit » : il faut un temps que l’on puisse tenir

« הזן. ומיירי שלא אסר אלא לזמן שיוכל לעמוד בו דאל״כ הוי כנודר מכל פירות שבעולם דאינו נדר כלל כדלקמן סי׳ רל״ב ס״ה כ״כ הב״ח ופרישה: » (באר היטב יו״ד רי״ז ס״ק י״ז)

ס״ק י״ח — « dans tous » : le Ran sur la durée, et ce que sa place enseigne

« בכולם. וכב״י בשם הר״ן דהיינו דוקא שלא אסרן עליו אלא לזמן שיכול לעמוד בו אבל לעולם לא הוי נדר כלל שא״א לקיימו ומדכתבו כן אסיפא דגידולי שנה ולא כתבו כן ארישא בפירות השנה משמע דשם הוי נדר אפי׳ לעולם כיון דמותר בגדיים וטלאים יכול לקיים נדרו וכ״כ לקמן סי׳ רל״ב ס״ה עכ״ל הש״ך: » (באר היטב יו״ד רי״ז ס״ק י״ח)

ס״ק י״ט — « interdit » : le Taz contre le Ba’h sur les chevreaux et les agneaux

« אסור. כ׳ הט״ז ונראה דמ״מ מותר בגדיים וטלאים ובשאר בעלי חיים ודלא כב״ח ע״ש: » (באר היטב יו״ד רי״ז ס״ק י״ט)

ס״ק כ — « la saison chaude » : un plaisir du corps

« החמה. דאיכא הנאת הגוף: » (באר היטב יו״ד רי״ז ס״ק כ)

ס״ק כ״א — « dans l’étage » : le Roch sur la chambre et l’appentis

« בעליה. וכתב הרא״ש אבל חדר ויציע לא הוי בכלל בית (דהמוכר אח הבית לא מכר את היציע ולא את החדר) ועיין בח״מ סי׳ רי״ד: » (באר היטב יו״ד רי״ז ס״ק כ״א)

ס״ק כ״ב — « son ibbour » : soixante-dix coudées et non le te’houm

« לעיבורה. ואע״ג דלענין שאר דברים תוך התחום דין עיר עליו כמ״ש בא״ח ס״ס חצ״ו ור״ס תקע״ד ולקמן סי׳ רכ״א ס״ס ל״ג בהג״ה שאני הכא בנדרים דהלך אחר ל׳ בני אדם שאינו אלא תוך ע׳ אמה ושירים עכ״ל הש״ך: » (באר היטב יו״ד רי״ז ס״ק כ״ב)

ס״ק כ״ג — « langue » : le Mabit, et les six mois

« לשון. כתב בתשובת מבי״ט ובמקומות אלו בזמנינו זה נראה שאינו נקרא דירה בלשון בני אדם במקום אחד פחות מו׳ חדשים: » (באר היטב יו״ד רי״ז ס״ק כ״ג)

ס״ק כ״ד — « me sont » : ce que la formule des trente jours veut dire

« עלי. פי׳ לאחר ל׳ יום יהיו יורדי הים אסורים עלי: » (באר היטב יו״ד רי״ז ס״ק כ״ד)

ס״ק כ״ה — « au moment » : on suit l’heure de la parole

« בשעת. דבתר שעת אמירה הולכים בנדרים לא בתר חלות הנדר וע״ל סי׳ רל״ד סל״ד ונראה דבכל שאר מילי נמי דינא הכי כגון אמר לאחר זמן פלוני יהיו יושבי עיר פלוני אסורים עלי ובתוך כך עקר אחד דירתו מאותה העיר אסור בו כיון שבשעת אמירת הנדר היה מאותה העיר וכן אם בשעת האמירה לא היה שם אע״פ שבשעת חלות הנדר הוא שם מותר וכן כל כיוצא בזה עכ״ל הש״ך: » (באר היטב יו״ד רי״ז ס״ק כ״ה)

ס״ק כ״ו — « ceux qui voient » : pour l’acte, on ne s’appuie pas sur cette permission

« מרואים. והט״ז חולק ע״ז וכתב נראה למעשה שאין לסמוך להתיר בלשון רואים החמה בסומין כיון ששאר הפוסקים לא חילקו הוי הטור יחיד לגבייהו וכ״פ הב״ח שאין להתיר וכו׳ ע״ש באריכות: » (באר היטב יו״ד רי״ז ס״ק כ״ו)

ס״ק כ״ז — « au soleil » : profiter de sa lumière — et le Tour sur ceux qui naissent

« בחמה. כלומר אסור ליהנות מאור החמה כתב הטור הנודר מן הילודים או מן הנולדים אסור בין באותן שנולדו כבר בין באותן שיולדו אחר כך ואינו מותר אלא בעופות ודגים שמטילין בצים ואין דרכן להוליד ואף ע״ג דאין אדם מקדיש דבר שלא בא לעולם (וכמ״ש לעיל לענין מי שנדר ליתן מעשר מן הריוח אפשר דזה נקרא יותר בא לעולם ועוד דאע״ג דאין אדם מקדיש דשלב״ל מ״מ אדם אוסר » (באר היטב יו״ד רי״ז ס״ק כ״ז)
« על עצמו דשלב״ל עכ״ל הש״ך: » (באר היטב יו״ד רי״ז ס״ק כ״ז)

ס״ק כ״ח — « Jérusalem » : le Taz sur la glose de la Prisha

« ירושלים. כתב הט״ז דבהגהת פרישה כתב שאם נדר מעולי רגלים אסור אף בכותים שהרי עולים להר גריזים וישתקע הוראה הזאת וכו׳ ובודאי לא יצאו דברים הללו מפי אותו צדיק עצמו עכ״ל: » (באר היטב יו״ד רי״ז ס״ק כ״ח)

ס״ק כ״ט — « dans les incirconcis » : le nom de « circoncis » se dit d’Israël seulement

« בערלי. דשם מולים נקרא על אומה ישראלית דוקא ט״ז: » (באר היטב יו״ד רי״ז ס״ק כ״ט)

ס״ק ל — « a juré » : le Rambam au chapitre 9 — vœu et serment, une seule loi

« נשבע. כתב הרמב״ם פ״ט אחר שכתב כל הדינים הכתובים בסימן זה ובכל הדברים האלו וכיוצא בהן דין הנודר ונשבע אחד הוא ומביאו ב״י ופשוט הוא וע״ל סי׳ רל״ט עכ״ל הש״ך: » (באר היטב יו״ד רי״ז ס״ק ל)

ס״ק ל״א — « parier » : le mot en langue d’Achkenaz, et Rabbenou Yerouham

« להמרות. שקורין בל״א וועטי״ן וכתב ב״י בשם רבינו ירוחם בזה דעיקר כונתו היתה בשבועתו כדי להמנע מכל שחוק שמביא לידי הפסד ממון ע״כ משמע מזה דהנשבע סתם שלא לשחוק היינו בענין שיש בו הפסד ממון אבל בלא הפסד מותר לשחוק ומ״מ נ״ל שהולכין אחר כונת הנשבע בזה דאם בשביל הפסד ממון היה לו דאגה או בשביל שהיה מאבד זמן במיני שחוק שאז אסור אפילו לשחוק בחנם » (באר היטב יו״ד רי״ז ס״ק ל״א)
« עכ״ל הט״ז: » (באר היטב יו״ד רי״ז ס״ק ל״א)

ס״ק ל״ב — « son intention » : le scribe de Réouven, dans les responsa du Maharam

« כוונתו. כתוב בתשובת מהר״מ. סופר של ראובן שנתן ת״כ לשמעון כשיגמור מלאכת ראובן שלא יכתוב לשום אדם כ״א לשמעון ואח״כ נשרפה העיר ונשרף קונטרס א׳ של ראובן מה שכתב הסופר ועתה שואל הסופר אם יכול לכתוב אותו קונטרס כשיגמור מלאכתו טרם שיכתוב לשמעון וכשנשרף הקונטרס עדיין לא גמר לראובן את הספר ודאי יכול לכתוב כי לא נגמרה עדיין מלאכת ראובן ודאי אם נשרף » (באר היטב יו״ד רי״ז ס״ק ל״ב)
« הקונטרס לאחר שסיים כל הספר אז היתה נגמרה מלאכתו ולא היה יכול לכתוב עכ״ל וה״ה בכל מלאכות הדין כן ש״ך (מי שנדר שלא לאכול בשום סעודת הרשות יכול לאכול בסעודת חינוך הבית בא״י ולא בח״ל באר שבע דף קי״ג. הסכימו הקהל שלא ללבוש בגדי משי אף טאבי״ע שרובו משי ומיעוט צמר בכלל הסכמה. הנודר מבגדים ומלבושים אין צמידים של זהב בכלל כנה״ג ע״ש): » (באר היטב יו״ד רי״ז ס״ק ל״ב)

Le Pit’hei Techouva (פתחי תשובה) — ט״ז ס״ק

ס״ק א — le Chevout Yaakov : le vœu portant sur le fœtus d’une bête

« אחר הלשון. עיין בתשובת שבות יעקב ח״א סימן ע״ג לענין מי שנדר מעובר שבמעי בהמה אי מותר להשתמש בגופה בעודה מעוברת או לא משום דעובר ירך אמו. ופסק אף דקיימא לן עובר ירך אמו היינו אם נדר מאמו אסור ליהנות אף מולד אבל לא להיפך ומביא ראיות על זה מש״ס דתמורה עיין שם ועיין בתשובת נו״ב תניינא חי״ד סי׳ ה׳ שכתב בקהל שגזרו בחרם על שוחט א׳ שתהא שחיטתו » (פתחי תשובה יו״ד רי״ז ס״ק א)
« אסורה מותר לאכול משחיטתו אם ישראל אחר בדק סכין ונתן לו דלשון בני אדם שתהא שחיטתו אסורה משמע כשחיטת מומר וכה״ג במומר שרי כדלעיל סי׳ ב׳ ע״ש: » (פתחי תשובה יו״ד רי״ז ס״ק א)

ס״ק ב — le Havot Yaïr : l’intention déclarée après coup

« דהא לא נתכוון. עיין בתשובת חות יאיר סימן ט״ז דאפילו אם לא היו מראין הדברים בעת שנדר אלא שאח״כ אמר כוונתי לבשר בהמה דקרינן ליה בשר סתם מותר בעופות ע״ש. ואיפכא צ״ע. עב״י וד״מ לעיל סימן ר״י לענין פת חטין ושעורין: » (פתחי תשובה יו״ד רי״ז ס״ק ב)

ס״ק ג — renvois croisés sur le miel de dattes, et le Michkenot Yaakov

« מותר בדבש תמרים. [עיין ש״ך ס״ק י״ט ועיין בתשובות משכנות יעקב סי׳ מ״ט מ״ש בזה ועיין ט״ז ס״ק ט״ו וש״ך ס״ק י״ח]: » (פתחי תשובה יו״ד רי״ז ס״ק ג)

ס״ק ד — « la récolte du champ » : une omission des poskim laissée en צ״ע

« הנודר מהתבואה. בגמרא דף נ״ה ע״א מבואר דאם אמר תבואת השדה אסור בכל הגדל שבשדה וצ״ע שהשמיטו הפוסקים. תפל״מ: » (פתחי תשובה יו״ד רי״ז ס״ק ד)

ס״ק ה — le Tsela’h sur Berakhot 35, à propos de « tout ce qui nourrit »

« ואם אמר כל הזן. עיין בצל״ח בברכות דף ל״ה בד״ה אלא שראיתי מה שכתב בזה: » (פתחי תשובה יו״ד רי״ז ס״ק ה)

ס״ק ו — le Radbaz : le sucre n’est pas un fruit

« הנודר מפירות הארץ. עיין בתשובת רדב״ז החדשות סוס״י תקס״ג שכתב דהנודר מפרי עץ ומפרי האדמה מותר לאכול הצוקר שאין זה פרי עיין שם: » (פתחי תשובה יו״ד רי״ז ס״ק ו)

ס״ק ז — « au moment du vœu » : renvoi au Baer Hetev et au Bigdei Kehouna

« בשעת הנדר. עבה״ט ועיין בתשו׳ בגדי כהונה חי״ד סי׳ ז׳: » (פתחי תשובה יו״ד רי״ז ס״ק ז)

ס״ק ח — le Noda BiYehouda : pourquoi les poskim ont omis « celui qui voue de la lumière »

« אסור לראות בחמה. עי׳ בתשובת נו״ב תניינא חי״ד סי׳ קמ״ה טעם למה השמיטו הפוסקים הך דינא המפורש בריש פסחים הנודר מהאור אסור באורן של כוכבים ע״ש: » (פתחי תשובה יו״ד רי״ז ס״ק ח)

ס״ק ט — le Beer Yaakov : l’apostat à l’idolâtrie, bien que circoncis

« במולי או״ה. עיין בס׳ באר יעקב שכתב דה״ה במומר לעבודת כוכבים דאסור אע״פ שהוא מהול ובמומר לערלות צ״ע ע״ש: » (פתחי תשובה יו״ד רי״ז ס״ק ט)

ס״ק י — le Beer Yaakov : l’esclave circoncis

« ומותר במולי או״ה. כתב בס׳ באר יעקב דהוא הדין במומר לעבודת כוכבים ובמומר לערלות צ״ע. ואסור מספק. וכתב עוד דאם נדר מהמולים אסור בעבד מהול ע״ש: » (פתחי תשובה יו״ד רי״ז ס״ק י)

ס״ק י״א — la Cheilat Yaavets : celui que l’on appelle « mon fils » sans l’être

« נדר מבנים. עיין בשאילת יעב״ץ ח״א סימן קס״ה שכתב דהמגדל יתום או בנו של אדם אחר וקוראו בנו והלה קוראו לו אבי שנדרו זה מזה בשם בן ואב בסתם או שנתנו מתנה זה לזה בלי זכרון שם העצם ספיקא הוי ואזלינן לחומרא דהיינו בנדרים נאסרים זה ע״ז ובממון חומרא לתובע מיהו ביש לו בנים לזה המגדל נראה שאפי׳ בנדרים אין המתגדל נאסר דאמרינן לבניו ממש נתכוין אכן ביש » (פתחי תשובה יו״ד רי״ז ס״ק י״א)
« לו אב למתגדל אע״פ שהמגדל מחשיבו לבנו ונאסר בו מ״מ כשנדר הבן י״ל שלאביו האמיתי נתכוין וכיון שהדבר שקול כי ליכא הוכחה מדעת הנותן והנודר אזלינן הכא והכא לחומרא. וחורגו שאינו גדל אצלו ודאי דאינו בכלל בן לשום דבר ע״ש. [ועמ״ש בפ״ת לח״מ סי׳ מ״ב סט״ו בהג״ה בד״ה הואיל וגדלהו]: » (פתחי תשובה יו״ד רי״ז ס״ק י״א)

ס״ק י״ב — le Tiferet Tsvi : la sortie de Kippour dans le vœu sur l’eau-de-vie

« גם חנוכה ופורים. עיין בתשובת תפארת צבי חלק יו״ד סימן כ״ד מי שנשבע שלא ישתה יין שרף חוץ משבתות וי״ט מותר גם כן במוצאי יוה״כ אם אמר הנשבע שכוון לזה ע״ש: » (פתחי תשובה יו״ד רי״ז ס״ק י״ב)

ס״ק י״ג — le Rav Eliyahou Mizrahi : le décret de la communauté sur les dés

« שלא יצחוק. ע׳ בתשובת הר״א מזרחי סימן י״ד שכתב דאם הסכימו הקהל וקיבלו עליהם שלא יצחוק שום אדם בקוביא נכלל בזאת הסכמה לאסור כל מיני השחוק שבעולם אף שהוציאו בלשונם בלשון קוביא כולם בכלל האיסור הן ע״ש וע׳ בתשובת שמש צדקה חלק יו״ד סי׳ ל״ב לענין הנודר סתם שלא יצחוק אם צחוק האישקאקאי בכלל נדר זה ע״ש: » (פתחי תשובה יו״ד רי״ז ס״ק י״ג)

ס״ק י״ד — le Radbaz : le jeu fait par un envoyé

« בשבילו. ע׳ בתשובת רדב״ז החדשות סי׳ רי״ד הרבה טעמים לזה. וע׳ בס׳ תפל״מ שכתב דה״ה הנשבע על שאר דברים דאסור לעשותו ע״י שליח דשלוחו כמותו כו׳. מיהו י״ל דאזלינן בתר כוונת הנודר אי דרכו לעשות אותו דבר מעצמו או ע״י שליח כדלקמן סי׳ רי״ח ס״ה וצ״ע דלא מחלק הכא בשחוק כן עכ״ד ע״ש. [ועמ״ש בסי׳ רי״ח ס״ק ה׳ בשם תשובת הראנ״ח סימן ט׳ ובשו״ע לקמן סי׳ רכ״א » (פתחי תשובה יו״ד רי״ז ס״ק י״ד)
« ס״י ובש״ך שם]: » (פתחי תשובה יו״ד רי״ז ס״ק י״ד)

ס״ק ט״ו — le Vechav HaKohen : l’intention ne sert qu’à restreindre

« דהולכין אחר כוונתו. לכאורה משמע דר״ל דאזלינן לגמרי בתר כוונת הנודר ולפ״ז אם אומר שדעתו היה באומרו שלא לקבל פקדון היה כוונתו על משכון לבד אסור ללוות על משכון ומותר לקבל פקדון וע׳ בתשובת ושב הכהן סימן ע״ט שדעתו שאין הולכין אחר כוונתו אלא לענין אם אומר שכוונתו היה רק על פקדון מותר להלוות על המשכון ולא להיפך ע״ש: » (פתחי תשובה יו״ד רי״ז ס״ק ט״ו)

ס״ק ט״ז — le repas de ’hanoukat habayit : mitsva ou non ?

« כוונתו. עיין בה״ט ומ״ש מי שנדר שלא לאכול בסעודת הרשות יכול לאכול בסעודת חנוך הבית בא״י ולא בח״ל עיין בתשובת ברית אברהם שאלה ט״ז מ״ש בזה. ועיין בתשובת חות יאיר סי׳ ע׳ שנסתפק בזה אם סעודת חינוך הבית מצוה היא או לא (אף בא״י) אם לא שדורשין בו וע״י כך נעשה סעודת מצוה מפני שהדורש בא מחמת הסעודה וכל המסובים שם מקשיבים לקול הדורש אבל אם אין » (פתחי תשובה יו״ד רי״ז ס״ק ט״ז)
« דורשין בו רק ששם קצת ת״ח שיש ביניהם ד״ת אינו מספיק. וע״ש עוד שהאריך לבאר מה הן הסעודות הנקראות סעודות מצוה לענין שיהא הנודר מסעודת הרשות מותר ליהנות משם וכתב דסעודת ברית מילה וחתונה ודאי הוי סע״מ ואפי׳ בנישואין דבת ת״ח לע״ה דאין לנו ע״ה שדברו חכמים פה וכן סעודת ליל סבלונות שלפני יום החתונה אבל מה שעושין סעודה אחר כתיבת התנאים שקורין קנס » (פתחי תשובה יו״ד רי״ז ס״ק ט״ז)
« מאל לא מיקרי סעודת מצוה וכן סעודת ליל שלפני המילה ויום שלישי למילה לא הוי סעודת מצוה שאינם רק מנהג. וליל שבת של בן זכר פסק בת״ה סימן רס״ט (הובא ברמ״א לקמן סימן רס״ה סי״ב בהג״ה) שהוא ג״כ סע״מ ויש לסמוך עליו ומותר הנודר ליכנס לשם. דבלא״ה י״ל שבשם סעודה לא יכונה וכן ליל שפינהאל״ץ כי בנדרים אזלינן בתר לשון ב״א ושם אין אוכלין בקבע רק אלו » (פתחי תשובה יו״ד רי״ז ס״ק ט״ז)
« נכנסין ואלו יוצאין ושותין מעט מזעיר וכמה לא יטעמו דבר. וסעודת הסיום ודאי הוי סע״מ וה״ה יום של אחריו כנהוג ואפשר דה״ה שאחר אחריו וכן סעודה שעושה בעל הנס ביום שנעשה בו נס או סעודה שעושין מי שנתן ס״ת וכלי קדש לבהכ״נ. אבל יום המוגבל לחברה בכל שנה או סעודת בן שבעים שיש להסתפק אפילו זה הבן שבעים מברך שהחיינו כי כך נראה לי מ״מ לא יחוייב שיהא » (פתחי תשובה יו״ד רי״ז ס״ק ט״ז)
« סע״מ לכן ראוי לדרוש בהם. וכתב עוד דהמקבל עליו שלא לאכול בסעודת הרשות ואינו אומר בל״א איך וויל ניט אויש הויז עסין. רק שאומר איך וויל אויף קיין סעודה גיין זולת סעודת מצוה שאין בכלל זה לסעוד עם חבירו ובני ביתו דבלשון ב״א לא נכלל במלת סעודה רק כשמזמנים שם קרואים ואם זימן ב״א אין מספיק מה שהוא שבת לומר שהוא סע״מ דאף דמצוה להרבות בסעודה היינו » (פתחי תשובה יו״ד רי״ז ס״ק ט״ז)
« בבשר ומעדנים אבל זימון קרואים אינו מצוה זה הכלל דלא נקרא סע״מ אלא כשאסיפת ב״א הוא בשביל המצוה או היתר הדרוש שכבר יצא מפי הקדמונים מפני שהדרוש בא מחמת הסעודה משא״כ מה ששם קצת ת״ח לא מהני ע״ש. ומ״ש הבה״ט הסכימו הקהל שלא ללבוש בגדי משי כו׳ כן כתב בשו״ת משפטי שמואל סימן נ״ח ע״ש: » (פתחי תשובה יו״ד רי״ז ס״ק ט״ז)

Les Nekoudot HaKessef (נקודות הכסף) — ג׳ entrées

ס״ק א — sur le Taz ס״ק ג : la question contre le Maharchal ne tient pas

« (סי׳ רי״ז ט״ז סק״ג) הקשה על מהרש״ל ולא ק״מ וכמ״ש בש״ך סק״ו ע״ש: » (נקודות הכסף יו״ד רי״ז ס״ק א)

ס״ק ב — sur le même : pourquoi citer le Kessef Michné et non le Beit Yossef

« (שם) בכ״מ הבין כו׳. לא ידעתי למה לא כתב בב״י הבין כו׳ וגוף הדבר כבר קדמו הדרישה וגם הב״י מסיק דקאי אביצה ע״ש: » (נקודות הכסף יו״ד רי״ז ס״ק ב)

ס״ק ג — sur le Taz ס״ק ז : les œufs rôtis mous ne sont pas les œufs durs

« (שם סק״ז) יש לתמוה כו׳ והעולם נהגו לאכול ביצים כו׳. לא קשה מידי דיש חילוק בין צלוים רכים למבושלים וקשים כדאי׳ בסוף פרק כיצד מברכין וכן ידוע לחכמי הרופאים: » (נקודות הכסף יו״ד רי״ז ס״ק ג)

6. Le tableau des quarante-huit seifim

Tout le siman dans une grille : le seif, ce dont il traite, et la règle qu’il pose.

SeifCe dont il traiteLa règle
1
א
le cuit : ce que le mot désigne ici, dans cette langue, en ce temps-làLe mot n’a pas de portée propre ; il a la portée que lui donne l’usage d’un lieu, d’une langue et d’une époque. Tout le siman n’est que l’application de cette phrase à une quarantaine de mots.
2
ב
le plat de marmite, ce qui descend dans la marmite, ce qui entre au fourNommer un plat, c’est nommer ce que les gens désignent par là ; nommer un ustensile, c’est tout prendre. Le Chakh, au ס״ק ב, note que le Mehaber a omis les distinctions du Tour entre marmite et poêle, à la suite du Rambam et pour la raison donnée par le Beit Yossef : elles sont évidentes.
3
ג
le salé, le mariné, et ce que l’on fait quand la ville est partagéeLe sel et la saumure ne sont que des exemples ; ce que le seif ajoute réellement au seif 1, c’est la conduite en cas d’usage divisé — pas de majorité, un doute, et la rigueur. Avec, par le Chakh, la réserve de l’intention déclarée.
4
ד
le légume : trois formules, trois étendues, et la preuve par l’envoyéTrois formules, trois étendues : le légume cru, le légume de marmite avec les marinés, le légume cuit avec les courges. Et une méthode pour trancher — la question que pose l’envoyé. Le Taz, au ס״ק ג, et le Chakh, au ס״ק ו, s’opposent longuement sur ce que « légumes de marmite » comprend au juste.
5
ה
pourquoi le légume sec reste du légume, et la fève sèche nonUne chose ne quitte un mot que si un autre mot la reçoit. L’aire de battage est le signe qu’il y en a un — la fève est une légumineuse, non un légume.
6
ו
un doute laissé ouvert : le kolkasLà où l’usage n’est pas établi, le Choulhan Aroukh ne l’invente pas. Le doute demeure, et il se conduit à la rigueur.
7
ז
la viande et les tendons : le subordonné suit, le principal ne suit pasLe subordonné est compris dans le principal ; le principal n’est pas compris dans le subordonné. Et le seif est l’un des rares endroits du siman où l’appareil corrige le texte imprimé.
8
ח
la viande : ce que le lieu ajoute, ce que le lieu n’ôte pas, et l’intention manifesteTrois étages : l’usage local étend, un noyau résiste en tout lieu, l’intention manifeste rétracte. Et une observation des Aharonim qui vaut pour tout le siman — l’usage a changé depuis, et ce qui était interdit à Safed ne l’est plus nécessairement ailleurs.
9
ט
le dépôt, la sauce et la viande : trois mots pour un même platUn nom d’espèce ne prend que ce qu’il nomme ; un verbe d’acte prend tout ce qui porte le goût. La règle est celle du siman 216, seif 9, rappelée ici sur un cas de cuisine.
10
י
la grande liste des aliments : neuf couples, et le nom qui accompagneNeuf couples, un seul principe : le mot prend ce que les gens rangent sous lui, et ce qu’un second mot vient distinguer sort de la prise. Deux commentaires le datent expressément — le Chakh au ס״ק ט״ו pour les légumes des champs, le Taz au ס״ק י״ג pour l’aspargos : de leur temps on appelait ainsi ; du nôtre, non.
11
י״א
le lait, le petit-lait et le fromage : quand le nom d’un autre s’attacheDeux produits d’une même matière ne s’emportent pas l’un l’autre — sauf si l’usage attache le nom de l’un à l’autre, et alors dans un seul sens. Le seif 13 donnera la raison de cette exception, par contraste avec le miel de dattes.
12
י״ב
le poisson : la saumure et le mouriyes en sont sortisCe qui est déjà séparé au moment du vœu n’est plus la chose ; ce qui s’en sépare après l’est encore, si la formule est désignante ou verbale. Le seif dit la première moitié, l’appareil dit la seconde.
13
י״ג
le miel de dattes : pourquoi le nom ne suffit pas à retenirPorter le nom d’une chose ne suffit pas à en être : il faut encore que le nom rattache, et non qu’il distingue, et que la forme n’ait pas changé. Deux raisons du Ran, une troisième du Taz, et la réserve du Chakh au ס״ק י״ח — ce qui sort après le vœu reste interdit.
14
י״ד
le miel et le vinaigre : le mot nu ne prend que le sien« Miel » veut dire miel d’abeilles ; ce qui porte un qualificatif est un autre objet. C’est le שם לווי du seif 10 appliqué aux liquides.
15
ט״ו
le vin : le vin de pommes, le vin cuit, et le vin épicéLe vin de pommes est un autre objet ; le vin cuit est le même objet ; le kondyton est en litige. Et le vinaigre, qui poserait la même question, est renvoyé au siman 216.
16
ט״ז
le tiroch : un mot de la Torah dans une bouche qui parle une autre langueUn mot biblique employé par un homme qui ne parle pas la langue de la Bible vaut ce qu’il vaut dans sa langue. Le Chakh, au ס״ק א, avait posé la règle inverse au nom de Rabbenou Yerouham : à défaut de langue des hommes — s’il a voué en langue sainte là où l’on ne la parle pas — on suit la langue de la Torah.
17
י״ז
l’huile : ce dont on se fournit décide, et la majorité ne sauve pasCe n’est pas ce qu’on produit qui décide mais ce dont on se fournit, et la coexistence de deux usages interdit les deux. La majorité n’a pas voix ici : c’est la loi du seif 3, appliquée.
18
י״ח
la récolte, le « produit » et le grain : les cinq espècesTrois mots différents, une même portée : les cinq céréales. Une ma’hloket de la michna tranchée en faveur des Sages, et une question du Pit’hei Techouva laissée ouverte.
19
י״ט
le pain, l’aliment, et « tout ce qui nourrit »« Pain » suit l’usage, « aliment » a sa mesure propre, « tout ce qui nourrit » prend tout sauf l’eau et le sel — à condition d’être borné dans le temps, faute de quoi il n’y a pas de vœu.
20
כ
le blé au singulier et au pluriel : quatre formules, quatre résultatsLe singulier et le pluriel n’ont pas la même portée, et l’addition des deux prend tout. Et une ma’hloket du Rama, non tranchée, sur le mot qui gouverne une énumération.
21
כ״א
les gruaux : la même règle du nombre, appliquée à la fève casséeLe nombre grammatical est un indice d’usage, non une loi. Dire les deux formes prend les deux états.
22
כ״ב
les fruits de l’année : ce que « fruit » ne veut pas dire« Fruit » est un mot d’arbre et de champ dans la bouche des gens, quoi que dise le verset ; « croissance » est un mot de vie, et il prend les bêtes.
23
כ״ג
les fruits de la terre : les truffes et les champignonsCe qui se nourrit de l’air n’est pas un fruit de la terre, même s’il en sort. Et « croissance du sol » n’atteint pas le bétail, contre le Ba’h.
24
כ״ד
l’« été » veut dire les figuesL’usage peut donner à un mot un sens que sa racine ne contient pas, et le vœu suit l’usage.
25
כ״ה
l’eau de telle source : le nom contre la provenance« Les eaux de » suit l’eau ; « la rivière » suit le nom. Aucun des deux commentateurs principaux ne s’y arrête, et le seif se lit seul.
26
כ״ו
le vœu de profit sur une source : la tevila d’une mitsvaCe qui n’est qu’une mitsva est permis à l’interdit de profit ; ce qui y ajoute un agrément du corps ne l’est pas. La ligne de partage est le confort, non l’acte.
27
כ״ז
le vêtement : ce que l’on ne se met pas sur le dosUne étoffe n’est pas un vêtement parce qu’elle couvre : elle l’est parce qu’on s’en vêt.
28
כ״ח
la maison et l’étage : encore le subordonné et le principalL’étage est dans la maison, la maison n’est pas dans l’étage — et la preuve de la portée d’un mot se prend, ici, dans le droit de la vente.
29
כ״ט
la ville : soixante-dix coudées et un resteUn même mot n’a pas la même étendue dans un traité et dans l’autre. En matière de vœux, la ville s’arrête où la parole ordinaire l’arrête — et pas deux mille coudées plus loin.
30
ל
la maison : l’épaisseur du seuil n’est pas dedans« La maison » commence à la ligne de fermeture de la porte, non au bord extérieur du seuil.
31
ל״א
se tenir dans une maison, habiter un quartier, et la glose du RamaL’obligation positive et l’interdit tracent la frontière du même côté du seuil, mais en sens contraire. Et la règle vaut hors du vœu : pour un décret de communauté aussi, la question est ce que le mot veut dire dans la bouche des gens.
32
ל״ב
les habitants de la ville et ses fils : trente jours, douze moisTrente jours font un habitant, douze mois font un fils de la ville — mais ces durées cèdent devant l’usage local, et l’usage local devant l’intention. Le siman s’avoue ici lui-même provisoire.
33
ל״ג
ceux qui descendent en mer : une identité, non un trajet« Ceux qui descendent en mer » nomme un état, non un déplacement ; il ne s’en exclut ni le cabotage ni la promenade.
34
ל״ד
ceux de la terre ferme : le terme large prend le terme étroitTout homme de mer est aussi un homme de terre ; l’inverse n’est pas vrai. Le mot le plus général englobe le plus particulier, jamais le contraire.
35
ל״ה
« dans trente jours » : le vœu se lit au moment où il est ditLa parole se lit au moment où elle est dite. Ce qui arrive ensuite au monde ne modifie pas ce que le mot désignait alors.
36
ל״ו
« ceux que le soleil voit » : le mot l’emporte sur l’intention niéeQuand le mot est clair, l’intention niée ne le défait pas ; et la distinction d’une lettre entre « ceux que le soleil voit » et « ceux qui voient le soleil » est contestée par le Taz, le Ba’h et le Baer Hetev.
37
ל״ז
« les têtes noires » : un mot d’usage, non de descriptionUn mot descriptif devient un nom de groupe, et il garde le groupe en perdant la description. Le Chakh, au ס״ק מ״ב, précise ce que veut dire ici « regarder le soleil » : tirer profit de sa lumière.
38
ל״ח
« ceux qui chôment le chabbat »Ce n’est pas l’acte qui range dans le nom, c’est l’obligation d’où l’acte procède.
39
ל״ט
« ceux qui montent à Jérusalem »L’appellation suit l’acte accompli, non l’obligation seule ; et le seif 38 suit l’obligation, non l’acte seul. Les deux critères se relaient selon ce que le mot nomme.
40
מ
« les fils de Noé » et « la semence d’Abraham »Une appellation généalogique ne se lit pas généalogiquement : elle se lit comme les gens la disent, et les gens ont un usage qui suit l’Écriture.
41
מ״א
« les incirconcis » : un nom d’appartenance, non d’étatUn mot qui décrit un corps peut ne désigner qu’une appartenance. Ici la langue des hommes suit exactement la langue de l’Écriture.
42
מ״ב
« les circoncis » : le miroir exact du seif 41Ni l’état du corps ni l’acte accompli : le nom suit l’appartenance, dans les deux sens.
43
מ״ג
Israël et les convertisLe groupe particulier est dans le nom général ; le nom général n’est pas dans le groupe particulier.
44
מ״ד
Israël, les kohanim et les leviimDans les vœux, « Israël » se dit du peuple et non de la tribu ; et le nom d’une tribu ne prend pas le peuple.
45
מ״ה
les kohanim et les leviim entre euxDeux noms de même rang ne se prennent pas l’un l’autre. Aucun commentateur n’a d’entrée ici — le seif se lit seul.
46
מ״ו
les fils et les petits-fils« Fils » n’atteint pas le petit-fils dans la langue ordinaire, mais il peut atteindre celui que l’on appelle son fils — et là, le doute est à la rigueur.
47
מ״ז
« sauf les fêtes » : Hanouka et Pourim en sont-ils ?Hanouka et Pourim ne sont pas d’emblée dans « les fêtes », mais ils y entrent si celui qui a voué déclare les avoir eus en vue — parce que la langue des hommes les y met presque. Le Pit’hei Techouva, au ס״ק י״ב, ajoute un cas voisin du Tiferet Tsvi : celui qui a juré de ne pas boire d’eau-de-vie hormis les chabbats et les fêtes est permis aussi à la sortie de Kippour, s’il dit l’avoir visé.
48
מ״ח
le jeu, les paris, et les six cas du Rama : où la langue cède à l’intentionLe siman se ferme sur son propre dépassement : la langue des hommes a borné quarante-huit seifim, et la dernière ligne annonce que l’intention va les reprendre. Le Chakh, au ס״ק מ״ג, rappelle ici le Rambam au chapitre 9 des Lois des vœux : pour tout ce qui est écrit dans ce siman, la loi de celui qui voue et de celui qui jure est une seule.

7. Cas pratiques

Six situations, prises dans l’ordre du siman. Chacune se clôt sur le même renvoi : la conduite réelle revient au Rav.

Cas 1 — un mot employé aujourd’hui

Quelqu’un s’est interdit « le cuit », « le salé », « la viande ». La première question n’est pas ce qu’il voulait interdire, mais ce que ce mot désigne là où il l’a dit, dans la langue où il l’a dit, à l’époque où il l’a dit. Rien ne se transpose d’un siècle à l’autre : le Chakh écrit lui-même, au ס״ק ט״ו, que la règle des légumes des champs a changé depuis la michna. Demande à ton Rav.

Cas 2 — quand les gens ne sont pas d’accord sur le mot

Une partie de la ville appelle ainsi, l’autre non. Le seif 3 écarte expressément la majorité : c’est un doute, et le doute en matière de vœux se conduit à la rigueur. Mais le Chakh, au ס״ק ג, ouvre la porte : celui qui a voué peut dire qu’il entendait le mot comme la majorité l’entend, et il est cru. Savoir si cette déclaration est recevable ici relève d’un Rav.

Cas 3 — le sous-produit et le plat

Le petit-lait, la saumure, le miel de dattes, la sauce, le dépôt de la marmite. Le siman les permet — mais le Chakh, au ס״ק י״ח, et le Taz, au ס״ק ט״ז, ajoutent la condition qui manque au texte : seulement ce qui s’était séparé avant le vœu, et seulement si la formule ne désignait pas et ne nommait pas un acte. Trois conditions qui ne se lisent pas sur le seif : demande à ton Rav.

Cas 4 — un vœu sans borne de temps

« Tout ce qui nourrit », « les fruits de l’année », « les croissances de l’année ». Le Chakh, aux ס״ק כ״ט et ל״א, et le Taz, au ס״ק כ״ה, posent la même limite au nom du Ba’h et du Ran : si le vœu ne peut pas être tenu, il n’y a pas de vœu du tout, et ils renvoient au siman 232. Déterminer si un engagement réel tombe sous cette règle est l’affaire d’un Rav.

Cas 5 — un engagement pris à propos de personnes

Les seifim 33 à 46 montrent que les appellations de personnes ne se lisent ni généalogiquement, ni descriptivement, ni par l’état du corps : elles se lisent comme les gens les disent. Et le Pit’hei Techouva, au ס״ק י״א, rapporte le cas de celui que l’on appelle « mon fils » sans l’être — un doute, donc la rigueur. Aucune de ces qualifications ne se tranche sans un Rav.

Cas 6 — un engagement collectif ou une résolution personnelle

Le Rama, aux seifim 31 et 48, applique le siman hors du vœu individuel : un décret de communauté, une résolution de ne pas jouer, une promesse de jeûner un nombre de jours. La question reste la même — que veut dire le mot employé ? — mais le Rama et le Chakh y ajoutent, au dernier seif, que l’on suit l’intention. Le Pit’hei Techouva, au ס״ק ט״ו, borne cette conclusion. Trois couches, et donc : demande à ton Rav.

8. Questions de compréhension

  1. Quelles sont les trois conditions que le seif 1 accumule, et pourquoi aucune n’est facultative ?
  2. Que fait-on lorsque l’usage de la ville est partagé ? Donne la règle du seif 3 et la réserve du Chakh au ס״ק ג.
  3. Explique le critère de l’envoyé au seif 4, et dis pourquoi il mesure l’usage mieux qu’une définition.
  4. Pourquoi le légume sec reste-t-il du légume, alors que la fève sèche n’en est plus ? Donne la réponse du Taz au ס״ק ה.
  5. Le Chakh, au ס״ק ט, corrige le texte du seif 7. Que corrige-t-il, et sur quelles preuves ?
  6. Expose les trois étages du seif 8, et dis lequel l’emporte sur lequel.
  7. Qu’est-ce qu’un שם לווי ? Donne trois exemples pris dans des seifim différents.
  8. Le Chakh, au ס״ק י״ז, refuse la lecture immédiate du seif 11. Quelle lecture, et pour quelle raison ?
  9. Le Rama donne deux raisons au seif 13, et le Taz une troisième. Quelles sont-elles ?
  10. Pourquoi le vin cuit est-il interdit et le vin de pommes permis ? Donne la réponse du Taz au ס״ק כ.
  11. Explique pourquoi « le blé » au singulier et au pluriel n’ont pas la même portée au seif 20, et pourquoi le seif 21 renverse l’ordre.
  12. Le Taz, au ס״ק כ״ז, oppose le verset à la langue des hommes. Sur quel point, et comment tranche-t-il ?
  13. Quelle est la phrase du Chakh au ס״ק ל״ה, et pourquoi est-elle la clé de tout le siman ?
  14. Au seif 36, le Rama écarte l’intention déclarée ; au seif 8, les circonstances l’emportent. Comment les concilier ?
  15. Pourquoi « les incirconcis » vise-t-il les circoncis des nations ? Donne la raison du Taz au ס״ק ל״ז.
  16. Le Chakh, au ס״ק מ״ה, refuse la preuve du Maharil. Quelle est sa distinction, et à quelle conclusion arrive-t-il ?
  17. Par quelle phrase le siman se referme-t-il, et sur quel siman ouvre-t-elle ?

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
Les sources de ce niveau sont consultables sur Sefaria :
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן רי״ז · Niveau 1 — Initiation · כיצד הולכין בנדרים אחר לשון בני אדם
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