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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman 223 — le texte, la traduction et l’appareil (יורה דעה רכ״ג)

Les quatre seifim, leur traduction, et les quatorze entrées de l’appareil
יורה דעה · סימן רכ״ג
דין המדיר בנו לתלמוד תורה
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Quatre seifim, et une idée qu’on n’attend pas d’un traité des vœux : ici, le vœu sert à protéger l’étude. Un père s’interdit le service de son fils pour que celui-ci ne soit pas sans cesse dérangé. Puis viennent trois questions de patrimoine — le vœu qui survit au mort, l’héritage suspendu à une condition, et ce qu’un héritier interdit peut faire de biens auxquels il n’a pas le droit de toucher.

Sujet : Le père, le fils, et l’étude qu’un vœu protège
Source : שולחן ערוך יורה דעה סימן רכ״ג (ד seifim)

Compilation : הרב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

Plan de l’étude

1. Un vœu au service de l’étude
2. Les quatre seifim, clause par clause
3. Le vocabulaire : מילי זוטרי · אנן סהדי · קני על מנת להקנות · טובת הנאה
4. D’où cela vient : נדרים ל״ח, מ״ז, מ״ח · בבא קמא ק״ח–ק״ט · le Rambam · le Tour
5. Les quatorze entrées de l’appareil
6. Le tableau de révision
7. Quatre situations réelles
8. Se vérifier

1. Le principe du siman

Il faut commencer par écarter une lecture fausse, parce qu’elle vient naturellement à l’esprit : ce siman n’est pas celui d’un père qui punit son fils. Dans le premier seif, c’est le père qui se prive, et il le fait pour que son fils puisse étudier sans être interrompu par les mille petits services qu’un fils rend à son père. Le vœu est ici un outil de discipline — mais la discipline de celui qui le prononce.

Et pourtant le seif permet trois services : remplir une cruche, allumer la lampe, griller un petit poisson. Pourquoi ? Parce qu’un vœu se lit selon ce que l’homme a voulu, et qu’on présume qu’il n’a pas visé les broutilles. Le Chakh le dit d’une formule qu’il faut retenir : מסתמא ממילי זוטרי כי האי דליכא בהו ביטול תורה כל כך לא אדריה. Le critère n’est pas « est-ce un service ? » mais « cela retire-t-il du temps d’étude ? ».

Les trois seifim suivants quittent l’étude pour le patrimoine, et ils forment une progression. Le seif ב demande jusqu’à quand un vœu porte — la mort du père l’éteint, sauf s’il l’a expressément prolongée. Le seif ג prend un cas extrême, tiré d’une histoire de la guemara : un grand-père veut que ses biens sautent une génération et n’arrivent à son petit-fils que si celui-ci devient un homme d’étude. Et le seif ד prend le cas en aval : le vœu a pris, l’héritage est là, l’héritier ne peut pas s’en servir — que faire de ces biens ?

Les quatre seifim en une phrase chacun. (א) Le père s’est interdit le service de son fils pour protéger son étude ; les broutilles restent permises. (ב) Le vœu meurt avec le père, sauf s’il a dit « de mon vivant et après ma mort ». (ג) Le grand-père suspend sa succession à ce que son petit-fils devienne un homme d’étude. (ד) L’héritier interdit peut faire passer les biens à ses frères ou à ses fils, ou les laisser servir à ses dettes — en disant d’où ils viennent.

2. Le texte du Choul’han Aroukh

Les quatre seifim, en entier et dans l’ordre, chacun suivi de sa décomposition.

Seif א — le vœu qui protège l’étude, et les trois services qui restent permis

Le seif décrit un cas qui prend à rebours l’idée qu’on se fait d’un vœu. Le père ne punit pas son fils : il se prive lui-même, et il le fait pour son fils. Mais il ne s’est pas privé de tout, et le seif dit exactement de quoi.

דין המדיר בנו לתלמוד תורה. ובו ד׳ סעיפים:
המדיר עצמו מהנאת בנו כדי שלא יתבטל הבן מלימודו בשבילו מותר הבן למלאות לו חבית של מים ולהדליק לו את הנר ולצלות לו דג קטן וכן מותר לקנות לו מהשוק מה שצריך אם הוא אדם שאין דרכו לקנות בעצמו או אם היא אשה שהדירה את בנה:
« המדיר עצמו מהנאת בנו כדי שלא יתבטל הבן מלימודו בשבילו » (שו״ע יו״ד רכ״ג:א)
Celui qui s’interdit à lui-même le profit de son fils, afin que le fils ne soit pas détourné de son étude à cause de lui —
Tout tient dans המדיר עצמו : c’est le père qui est le נאסר. Le motif est écrit dans le texte même — כדי שלא יתבטל הבן מלימודו. Le vœu est un instrument de protection de l’étude, pas une sanction.
Le siman commence par une décision de lecture. La guemara (נדרים ל״ח ע״ב) dit seulement המדיר בנו לתלמוד תורה, ce qui peut se comprendre des deux côtés : le père qui s’interdit son fils, ou le père qui interdit son fils. Le Choul’han Aroukh retient la première lecture, qui est celle du Ramban et du Roch. Le Rambam retient l’autre. Le niveau 2 y revient longuement.
« מותר הבן למלאות לו חבית של מים ולהדליק לו את הנר ולצלות לו דג קטן » (שו״ע יו״ד רכ״ג:א)
il est permis au fils de lui remplir une cruche d’eau, de lui allumer la lampe et de lui griller un petit poisson.
Trois services, et ils sont l’un et l’autre minuscules. Le Chakh donne la raison : on présume que le père n’a pas entendu s’interdire des מילי זוטרי, des broutilles qui n’entraînent pas de véritable perte de temps d’étude.
« וכן מותר לקנות לו מהשוק מה שצריך אם הוא אדם שאין דרכו לקנות בעצמו או אם היא אשה שהדירה את בנה: » (שו״ע יו״ד רכ״ג:א)
Et de même il est permis de lui acheter au marché ce dont il a besoin, s’il est un homme dont ce n’est pas l’habitude d’acheter lui-même, ou si c’est une femme qui a fait vouer son fils.
Le raisonnement change : ce n’est plus la petitesse du service mais l’impossibilité pratique. Le Chakh parle d’un אנן סהדי — nous témoignons tous que ce n’est pas à cela qu’ils pensaient. Le Beit Yossef précise, au nom du Yerouchalmi, qu’un homme qui a l’habitude d’acheter au marché est, lui, bel et bien inclus dans le vœu.
À retenir. Le père s’est interdit le service de son fils pour protéger l’étude de celui-ci ; on présume qu’il n’a pas visé les broutilles, ni ce qu’il est de toute manière incapable de faire lui-même.

Seif ב — le vœu qui s’arrête à la mort, et celui qui la franchit

Ici le père interdit bien son fils, et la question est celle de l’héritage. Deux formulations, et deux résultats opposés — la différence tenant à sept mots que le père a ou n’a pas ajoutés.

האומר לבנו הרי אתה אסור בהנאתי או שנשבע שלא יהנה בו אם מת יירשנו אסור עליו הנאתו ופירש בין בחיי בין במותי אם מת לא יירשנו. (וע״ל סי׳ רט״ז):
« האומר לבנו הרי אתה אסור בהנאתי או שנשבע שלא יהנה בו אם מת יירשנו » (שו״ע יו״ד רכ״ג:ב)
Celui qui dit à son fils : « te voici interdit de mon profit », ou qui a juré qu’il ne profitera pas de lui — si le père meurt, il en hérite.
La raison, que le Rambam donne : cette formule équivaut à « mes biens te sont interdits » — or à la mort du père, ce ne sont plus « ses » biens. Le vœu tombe avec la propriété qu’il visait.
« אסור עליו הנאתו ופירש בין בחיי בין במותי אם מת לא יירשנו. » (שו״ע יו״ד רכ״ג:ב)
S’il lui a interdit son profit et a précisé « tant de mon vivant qu’après ma mort » — si le père meurt, il n’en hérite pas.
Le Rambam explique aussi celle-là : c’est alors comme s’il avait dit « ces biens-ci te sont interdits », en les désignant et non en les rattachant à sa personne. La guemara tire de là un principe : un homme peut interdire une chose qui est en son pouvoir pour le moment où elle en sortira.
Le Choul’han Aroukh ajoute ici un renvoi, que l’édition imprime en petits caractères : « (וע״ל סי׳ רט״ז) » (שו״ע יו״ד רכ״ג:ב) — « et voir plus haut siman 216 ». C’est le siman des formules et de ce qu’elles emportent avec elles.
À retenir. « Tu es interdit de mon profit » meurt avec le père ; « de mon vivant et après ma mort » lui survit et coupe l’héritage. Sept mots.

Seif ג — l’héritage suspendu à ce que le petit-fils devienne un talmid hakham

Le cas vient d’une histoire de la guemara : un homme dont le fils volait des bottes de lin lui interdit ses biens ; on lui demanda ce qu’il en serait si son petit-fils se révélait un homme d’étude. Sa réponse est ce seif.

אסר בנו מהנאתו ואמר אם יהיה בן בני זה תלמיד חכם יקנה בני זה נכסי כדי להקנותם לבנו הרי זה הבן אסור בנכסי האב ובן הבן מותר בהם אם יהיה תלמיד חכם כמו שהתנה:
« אסר בנו מהנאתו ואמר אם יהיה בן בני זה תלמיד חכם יקנה בני זה נכסי כדי להקנותם לבנו » (שו״ע יו״ד רכ״ג:ג)
Il a interdit son fils de son profit et a dit : si mon petit-fils que voici devient un talmid hakham, que mon fils que voici acquière mes biens afin de les lui faire acquérir —
La difficulté juridique est là tout entière : le petit-fils n’est pas encore né, ou en tout cas n’est pas encore un homme d’étude. On ne peut pas lui transmettre directement. Le grand-père passe donc par son fils — celui-là même à qui il a tout interdit.
« הרי זה הבן אסור בנכסי האב » (שו״ע יו״ד רכ״ג:ג)
ce fils-là est interdit dans les biens du père,
Le vœu tient : le fils acquiert peut-être, mais il ne peut pas en profiter.
« ובן הבן מותר בהם אם יהיה תלמיד חכם כמו שהתנה: » (שו״ע יו״ד רכ״ג:ג)
et le fils du fils y est permis s’il devient un talmid hakham comme il l’avait stipulé.
Le mot מותר est le nœud de tout le seif, et il se lit de trois manières différentes chez les Richonim. Le niveau 2 les expose.
À retenir. Le fils reste interdit ; le petit-fils est permis à la condition posée. Toute la discussion porte sur ce que ce « permis » veut dire, et sur ce qui se passe si la condition n’est pas remplie.

Seif ד — ce que l’héritier interdit peut faire de ce qu’il ne peut pas toucher

Le dernier seif prend la situation en aval : le vœu a pris, l’héritage est arrivé, et l’héritier ne peut pas s’en servir. Que faire de ces biens ? Le seif donne trois voies, et impose une obligation d’information.

זה הבן האסור בירושת אביו אם נתן ירושת אביו לאחיו או לבנו הרי זה מותר וכן אם פרעם בחובו או בכתובת אשתו וצריך להודיעם שאלו נכסי אביו שאסרם עליו:
« זה הבן האסור בירושת אביו » (שו״ע יו״ד רכ״ג:ד)
Ce fils, qui est interdit dans l’héritage de son père —
« אם נתן ירושת אביו לאחיו או לבנו הרי זה מותר » (שו״ע יו״ד רכ״ג:ד)
s’il a donné l’héritage de son père à ses frères ou à ses fils, c’est permis,
Le Ran avertit aussitôt qu’il ne faut pas lire cela au premier degré : donner véritablement lui vaudrait un טובת הנאה, le bénéfice moral d’être celui qui donne. Sa lecture — מראה להם מקום, il leur montre l’endroit — est l’une des positions du débat, et le Beit Yossef en tient une autre.
« וכן אם פרעם בחובו או בכתובת אשתו » (שו״ע יו״ד רכ״ג:ד)
et de même s’il les a acquittés pour sa dette ou pour la ketouba de sa femme,
C’est la clause qui a fait tiquer le Tour : comment peut-on éteindre sa dette avec des biens dont on n’a pas le droit de profiter ? Le Beit Yossef répond que la michna de בבא קמא le dit expressément. Le Taz défend la question du Tour.
« וצריך להודיעם שאלו נכסי אביו שאסרם עליו: » (שו״ע יו״ד רכ״ג:ד)
et il doit les informer que ce sont là les biens de son père, qu’il lui a interdits.
Le Tour demande aussi à quoi sert cette information. Le Ran répond : elle fait de l’acte une sorte d’abandon — « je ne sais que faire de ces biens, prenez-les ». L’information n’est pas une politesse, c’est ce qui retire à l’acte son caractère de don.
À retenir. L’héritier interdit peut faire passer les biens à ses frères ou à ses fils, ou les voir servir à ses dettes — et il doit dire d’où ils viennent. Comment cela se fait exactement, et si c’est permis d’emblée ou seulement après coup, occupe tout l’appareil.

3. Le vocabulaire du siman

מילי זוטרי — « des petites choses ». C’est le mot du Chakh pour les trois services du seif א : ils sont trop menus pour qu’on suppose que le père les a visés.
ביטול תורה — l’interruption de l’étude. C’est la mesure de tout le premier seif : un service est permis dans la mesure où il ne coûte pas de temps d’étude.
אנן סהדי — « nous sommes tous témoins ». Une présomption si forte qu’elle vaut témoignage. Le Chakh l’emploie pour l’achat au marché : personne ne peut croire qu’un homme incapable d’aller au marché ait entendu s’en priver.
קני על מנת להקנות — « acquiers afin de faire acquérir ». Le mécanisme du seif ג : un intermédiaire reçoit un bien dans le seul but de le transmettre. Rav Nahman tient que cela fonctionne, et il en donne pour preuve le סודר, le linge du קנין.
טובת הנאה — le bénéfice moral qu’on retire d’être celui qui donne : la gratitude, l’avantage social. Le Ran s’en sert au seif ד pour refuser que l’héritier interdit donne lui-même les biens.
מראה להם מקום — « il leur montre l’endroit ». La solution du Ran : l’héritier ne donne pas, il signale l’existence des biens et se retire — « je ne sais que faire de cela, prenez-le ».

4. Les sources — guemara, Rambam, Tour, Beit Yossef

La guemara — נדרים ל״ח ע״ב, pour le seif א

Deux amoraïm, deux lignes, et la totalité du premier seif. Rabbi Yaakov donne deux services, Rabbi Yits’hak en ajoute un troisième. On remarquera que la guemara ne dit pas qui, du père ou du fils, rend le service : c’est précisément ce que les Richonim vont devoir décider.

« אָמַר רַבִּי יַעֲקֹב: הַמַּדִּיר בְּנוֹ לְתַלְמוּד תּוֹרָה — מוּתָּר לְמַלּאוֹת לוֹ חָבִית שֶׁל מַיִם, וּלְהַדְלִיק לוֹ אֶת הַנֵּר » (נדרים ל״ח ע״ב)
« רַבִּי יִצְחָק אָמַר: לִצְלוֹת לוֹ דָּג קָטָן » (נדרים ל״ח ע״ב)

La guemara — נדרים מ״ז ע״א, pour le seif ב

Avimi pose une question de principe — un homme peut-il interdire une chose pour le moment où elle cessera d’être à lui ? — et Rava la résout avec notre cas, qui est une michna. C’est donc le seif ב qui répond à une question plus large que lui.

« אָדָם אוֹסֵר דָּבָר שֶׁבִּרְשׁוּתוֹ לִכְשֶׁיֵּצֵא מֵרְשׁוּתוֹ, אוֹ לָא » (נדרים מ״ז ע״א)
« הָאוֹמֵר לִבְנוֹ ״קֻוֽנָּם שֶׁאִי אַתָּה נֶהֱנֶה לִי״, וּמֵת — יִירָשֶׁנּוּ. ״בְּחַיָּיו וּבְמוֹתוֹ״, וּמֵת — לֹא יִירָשֶׁנּו » (נדרים מ״ז ע״א)
« שְׁמַע מִינַּהּ אָדָם אוֹסֵר דָּבָר שֶׁבִּרְשׁוּתוֹ לִכְשֶׁיֵּצֵא מֵרְשׁוּתו » (נדרים מ״ז ע״א)

La guemara — נדרים מ״ח ע״ב, pour le seif ג

L’histoire, puis le débat. Les sages de Poumbedita refusent le mécanisme, Rav Nahman le valide au moyen du סודר, et Rav Achi objecte deux fois — dont une objection qui, selon le Roch et le Ran, suffit à faire échouer l’opération.

« הָהוּא גַּבְרָא דַּהֲוָה לֵיהּ בְּרָא דַּהֲוָה שָׁמֵיט כִּיפֵּי דְכִיתָּנָא. אַסְרִינְהוּ לְנִכְסֵיהּ עֲלֵיה » (נדרים מ״ח ע״ב)
« אָמְרִי פּוּמְבְּדִיתָאֵי: ״קְנִי עַל מְנָת לְהַקְנוֹת״ הוּא, וְכׇל ״קְנִי עַל מְנָת לְהַקְנוֹת״ — לָא קָנֵי » (נדרים מ״ח ע״ב)
« וְרַב נַחְמָן אָמַר: קָנֵי, דְּהָא סוּדָרָא ״קָנֵי עַל מְנָת לְהַקְנוֹת״ הוּא » (נדרים מ״ח ע״ב)
« הָלֵין נִיכְסִין דְּהָדֵין לְאִימַתִּי קָנֵי — לְכִי הָוֵי בַּר בְּרֵיהּ צוּרְבָּא מֵרַבָּנַן, לְכִי הֲוָה — הָדַר סוּדָרָא לְמָרֵיה » (נדרים מ״ח ע״ב)

La michna — בבא קמא ק״ח ע״ב et ק״ט ע״א, pour le seif ד

C’est la michna que le Beit Yossef oppose à la question du Tour : elle dit expressément que l’on rend aux fils ou aux frères, et que les créanciers viennent se faire payer. La suite de la guemara ajoute une exigence d’information qui ressemble beaucoup à la nôtre — וצריך שיאמר זה גזל אבי.

« הָאוֹמֵר לִבְנוֹ: ״קוּנָּם אִי אַתָּה נֶהֱנֶה מִשֶּׁלִּי״, אִם מֵת – יִירָשֶׁנּו » (בבא קמא ק״ח ע״ב)
« בְּחַיָּיו וּבְמוֹתוֹ, אִם מֵת – לֹא יִירָשֶׁנּוּ, וְיַחְזִיר לְבָנָיו אוֹ לְאֶחָיו. וְאִם אֵין לוֹ – לֹוֶה וּבַעֲלֵי חוֹב בָּאִים וְנִפְרָעִים » (בבא קמא ק״ט ע״א)
« אָמַר רַב פָּפָּא: וְצָרִיךְ שֶׁיֹּאמַר: ״זֶה גֶּזֶל אָבִי » (בבא קמא ק״ט ע״א)

Le Rambam — הלכות נדרים, chapitres ה׳ et ו׳

Le Rambam couvre les quatre seifim, et son texte sur le premier est important parce qu’il prend l’autre lecture : chez lui, c’est le père qui a fait vouer le fils parce que celui-ci ne s’occupe pas de Torah, et c’est le père qui est autorisé à rendre les trois services.

« הַמַּדִּיר אֶת בְּנוֹ מִפְּנֵי שֶׁאֵינוֹ עוֹסֵק בַּתּוֹרָה וְנֶאֱסַר בַּהֲנָיַת אָבִיו. הֲרֵי הָאָב מֻתָּר לְמַלְּאוֹת לוֹ חָבִית שֶׁל מַיִם וּלְהַדְלִיק לוֹ אֶת הַנֵּר וְלִצְלוֹת לוֹ דָּג קָטָן » (רמב״ם הלכות נדרים פרק ו׳ הלכה י״ז)
« שֶׁאֵין כַּוָּנָתוֹ אֶלָּא לַהֲנָאָה גְּדוֹלָה וּדְבָרִים אֵלּוּ לְגַבֵּי הַבֵּן אֵינָן חֲשׁוּבִין » (רמב״ם הלכות נדרים פרק ו׳ הלכה י״ז)
« הָאוֹמֵר לִבְנוֹ הֲרֵי אַתְּ אָסוּר בַּהֲנָיָתִי. אוֹ שֶׁנִּשְׁבַּע שֶׁלֹּא יֵהָנֶה בּוֹ. אִם מֵת יִירָשֶׁנּוּ. שֶׁזֶּה כְּאוֹמֵר נְכָסַי עָלֶיךָ אֲסוּרִין » (רמב״ם הלכות נדרים פרק ה׳ הלכה ו)
« אָסַר בְּנוֹ בַּהֲנָיָתוֹ וְאָמַר אִם יִהְיֶה בֶּן בְּנִי זֶה תַּלְמִיד חָכָם יִקְנֶה בְּנִי זֶה נְכָסַי כְּדֵי לְהַקְנוֹתָן לִבְנו » (רמב״ם הלכות נדרים פרק ה׳ הלכה ז)
« זֶה הַבֵּן הָאָסוּר בִּירֻשַּׁת אָבִיו אִם נָתַן יְרֻשַּׁת אָבִיו לְאֶחָיו אוֹ לְבָנָיו הֲרֵי זֶה מֻתָּר » (רמב״ם הלכות נדרים פרק ה׳ הלכה ח)

Le Tour et le Beit Yossef

Le Tour est ici particulièrement précieux, parce qu’il expose les deux lectures du premier cas côte à côte et dit laquelle son père le Roch a retenue. Et il ne se prive pas de dire, deux fois, qu’il ne comprend pas le Rambam. Le Beit Yossef répond à chaque fois.

« פירש הרמב״ם שאסר הנייתו על הבן מפני שאינו עוסק בתורה ומותר האב לעשות לבן דברים הללו » (טור יורה דעה רכ״ג)
« והרמב״ן פירש שהאב הדיר עצמו מהנאת בנו כדי שלא יבטל בשבילו מלמודו ומותר הבן לעשות לו הדברים הללו וכן הוא מסקנת א״א הרא״ש ז״ל » (טור יורה דעה רכ״ג)
« ואיני מבין דבריו היאך יהא מותר לו לפרוע חוביו מנכסים האסורין עליו הרי הוא נהנה מהם » (טור יורה דעה רכ״ג)
« ושהרמב״ן הכריע כדברי המפרשים שהאב הדיר את בנו וכן דעת הראב״ד והר״ן » (בית יוסף יורה דעה רכ״ג)
« וטעמא משום דאשה וכן איש שאין דרכו לקנות מן השוק אנן סהדי דאדעתא דהכי לא אדריה אבל איש שדרכו לקנות לו מן השוק אפי׳ בהכי אדריה » (בית יוסף יורה דעה רכ״ג)
« לא על הרמב״ם תלונתו אלא על מתניתין דהגוזל קמא [קט.] דקתני הכי בהדיא » (בית יוסף יורה דעה רכ״ג)

Le parallèle en חושן משפט

Les deux commentateurs renvoient à חושן משפט pour une matière exactement parallèle : le voleur qui a volé son père et doit s’en défaire. Le Chakh donne la référence précise — סימן שס״ז ס״ה — et le texte y est en effet le pendant du nôtre. résumé : le Choul’han Aroukh y écrit que si le bien volé subsiste, le voleur doit le faire sortir de ses mains et le remettre à ses frères en faisant les comptes avec eux ; que s’il n’a pas de frères, il le remet à ses fils ; qu’à défaut de fils il le donne à son créancier ou à la tsedaka — et qu’il doit les informer en disant que c’est le vol de son père. On reconnaîtra, trait pour trait, l’ordre du Maharchal et l’obligation d’information de notre seif ד. Le texte lui-même n’est pas cité ici : notre vérificateur de citations ne résout pas encore les références à חושן משפט, et nous préférons ne pas produire une citation hébraïque qu’il ne pourrait pas confronter à sa source. Référence : שולחן ערוך חושן משפט סימן שס״ז סעיף ה.

5. L’appareil, entrée par entrée

Ce siman porte quatorze entrées : cinq du Chakh, cinq du Taz, trois du Baer Hetev et une des Nekoudot HaKessef. Toutes sont citées ci-dessous. Trois d’entre elles sont longues — le ס״ק ד du Chakh, les ס״ק ג et ה du Taz — et elles sont découpées en blocs successifs qui les couvrent en entier, chacun sous la même référence de ס״ק.

Le Chakh — cinq entrées

Une par seif, sauf le seif ד qui en reçoit deux. La quatrième est la plus longue du siman et rapporte trois positions successives.

ס״ק א — « מותר הבן » — des broutilles, qu’on ne suppose pas visées

« מותר הבן כו׳. דמסתמא ממילי זוטרי כי האי דליכא בהו ביטול תורה כל כך לא אדריה וכתב הפרישה דלסברא זו אפשר בהאב שהדיר הנאה מבנו מפני שאינו עוסק בתורה אסור לעשות לו אפילו דברים אלו דלא כהרמב״ם וכ״פ הב״ח דדינו כמדיר בנו מנכסיו סתם ולא הזכיר מפני שאינו עוסק בתורה ואסור לעשות לבנו שום דבר: » (ש״ך יו״ד רכ״ג ס״ק א)

ס״ק ב — « וכן מותר » — l’אנן סהדי du marché

« וכן מותר כו׳. דכיון שהוא אדם חשוב או אשה שאין דרכה לקנות בעצמה אנן סהדי דאדעתא דהכי לא הדירוהו: » (ש״ך יו״ד רכ״ג ס״ק ב)

ס״ק ג — « ובן הבן מותר » — trois lectures d’un seul mot

« ובן הבן מותר כו׳. משמע אם לא יהיה בן הבן ת״ח גם בן הבן אסור וכן הבין הראב״ד בהשגות וכן כתב הב״ח דס״ל להרמב״ם דכיון שאמר אם יהיה בן בנו ת״ח כו׳ ה״ל כאילו פירש שאם לא יהיה ת״ח שגם הוא יהא מודר מנכסיו כמו הבן אבל הכסף משנה ופרישה פירשו דהאי מותר ר״ל קנויים הם לו ולא יוכל אביו לתתם לאחרים אבל מותר בהן מכל מקום וכ״ד הראב״ד והטור דבן הבן מותר בכל ענין ומ״מ הרא״ש והר״ן פסקו דלא קנה בן הבן כיון שלא הקנה לבן כלום אלא לאחר שיהיה בן בנו ת״ח וההיא שעתא הדרא סודרא למריה: » (ש״ך יו״ד רכ״ג ס״ק ג)

ס״ק ד — « אם נתן » — le Ran, le Beit Yossef, le Maharchal et la Drisha, en quatre blocs

« אם נתן כו׳. פי׳ הר״ן דלאו למימרא שינתנו להם ממש דאם כן מיתהני מטובת הנאה דידהו אלא שמראה להן מקום ואמר להם נכסים אלו אסר עלי אבא ואיני יודע מה אעשה בהם טלו לעצמכם ועשו מהם מה שתרצו וכן בחוב וכתובת אשתו מיירי שב״ד מגבין להם שלא מדעתו אבל מדעתו אסור כדלעיל סימן רכ״א ס״ק ו׳ עכ״ד » (ש״ך יו״ד רכ״ג ס״ק ד)
« והבית יוסף בסי׳ רי״ו כ׳ דבבניו ואחיו אפילו שיתנה להם ממש מותר כיון שמודיעם שממון זה אסור לו ומפני כך נותנם להם והם גם כן בניו ואחיו שיש להם שייכות בממון זה הלכך אין לו עליהם טובת הנאה ושרי ע״כ » (ש״ך יו״ד רכ״ג ס״ק ד)
« וכן כתב מהרש״ל פרק הגוזל עצים סימן ס׳ ועוד האריך שם ופסק דיכול ליתן בידים ממש ליורשי האב הקרוב קרוב קודם על פי הנחלה וצריך להודיען שזה ממון אבא שאסור לו ולבניו לא יתן כלל דאין לך הנאה יותר מזה ואם אין לו מה יאכל מותר לו ללוות וב״ח באין ונפרעים מחלקו מן הירושה אבל אם יש לו אסור אלא יתן ליורשי האב ואם אין יורשים יתן לצדקה ואין צריך להודיע לצדקה זה ממון אבא מיהו רשאי לאבדו ולהשליכו לים ומ״מ מצוה לכופו בזה ליתן לצדקה עכ״ד בקצרה » (ש״ך יו״ד רכ״ג ס״ק ד)
« ועיין בחושן משפט סימן שס״ז ס״ה והפרישה והב״ח כתבו דה״פ אם נתן או פרע כו׳ דוקא דיעבד מותר ולא קאי באיסור נדר אבל לכתחלה אסור עיין שם שהאריכו בזה » (ש״ך יו״ד רכ״ג ס״ק ד)

ס״ק ה — « אם פרעם » — de quelle dette s’agit-il ?

« אם פרעם כו׳. נראה דלמאן דאוסר לעיל סימן רכ״א ס״ק ו׳ בפריעת חוב ברור או משכון ה״ה הכא וכן משמע מדברי הר״ן הנ״ל דדמי להדדי ואם כן מיירי הכא בחוב בעל פה וכה״ג שאינו חוב ברור: » (ש״ך יו״ד רכ״ג ס״ק ה)

Le Taz — cinq entrées

La troisième et la cinquième sont de véritables développements ; la cinquième porte l’ancre des Nekoudot HaKessef en son milieu.

ס״ק א — « חבית של ימים » — de grands travaux, et non de petits

« חבית של ימים. דמסתמא למלאכות גדולות נתכוין שהם מבטלים הלימוד וזה דעת הרמב״ן בטור ולפי זה אם האב אוסר הנאתו על הבן מפני שאין עוסק בתורה אפשר שהאב אסור לעשות לבן אפי׳ דברים קטנים והטור הביא בשם רמב״ם בזה דהאב מותר לעשות דברים קטנים הללו מטעם דגם האב לא הדירו אלא מדברים גדולים וכיון שהשולחן ערוך הביא דעת הרמב״ן לחוד משמע דבדין השני שהאב הדירו אסור בכל דבר כמו שזכרתי ולא כרמב״ם: » (ט״ז יו״ד רכ״ג ס״ק א)

ס״ק ב — « יקנה בני זה נכסי כדי להקנותם » — Rachi et la Perisha sur le mécanisme

« יקנה בני זה נכסי כדי להקנותם. פרש״י משום דאכתי לא הוה בן הבן בעולם והוי ליה מזכה לעובר ומזכה לעובר לא קני ע״כ הקנה לבנו שיקנה לבן בנו וכתוב בפרישה דמיירי שהקנה לבן בנו ע״י בנו מעכשיו בק״ס וכה״ג בח״ה סי׳ ר״י עכ״ל: » (ט״ז יו״ד רכ״ג ס״ק ב)

ס״ק ג — « ובן הבן מותר בהם אם יהיה ת״ח » — pourquoi le Rambam interdit le petit-fils qui n’étudie pas

« ובן הבן מותר בהם אם יהיה ת״ח כו׳. זהו דעת הרמב״ם בטור. רבים מקשים הא לא נדר רק מן הבן ולמה יהיה בן הבן אסור אם אינו תלמיד חכם. והטור מביא דעת הרא״ש דלא קנה בן הבן דהדר סודר למריה ומכל מקום בן הבן מותר ליהנות אף על פי שלא קנהו וכתב כי זה פשוט ואיני יודע מה מלמדנו » (ט״ז יו״ד רכ״ג ס״ק ג)
« ונראה לע״ד דהרמב״ם ס״ל דמ״ש אם יהיה בן הבן ת״ח כו׳ היה תוך כדי דיבור למה שאסרו בהנאה ואם כן אנו רואין שמה שאסר בנו היה כוונתו שגם בן בנו לא יהיה לו היתר אם לא יהיה ת״ח ואף על פי שלא זכר בן הבן מכל מקום אין זכות לבן הבן בנכסי אבי זקינו כל זמן שאביו קיים על כן שפיר אמרינן שכוון לאסור כל מה שנמשך מצד בנו והיינו אפי׳ בן הבן ומשום הכי ס״ל לרמב״ם כשם שסוף דבריו מועילים שיקנה בן הבן לענין דיני ממונות ה״ה נמי מועיל לענין איסור והיתר שאם אינו תלמיד חכם אסור בהנאה » (ט״ז יו״ד רכ״ג ס״ק ג)
« אבל הרא״ש ס״ל דאין התנאי קיים כלל לענין קנין ומ״מ בן הבן מותר אפילו אם אינו תלמיד חכם דהוה כאילו לא אמר כלום רק האיסור הנאה ממילא בן הבן מותר אע״פ שלא קנה אותם מחמת אביו וגם בדין ירושה אין לו שהרי אביו קיים » (ט״ז יו״ד רכ״ג ס״ק ג)

ס״ק ד — « לאחיו או לבנו » — qui sont ces frères et ces fils ?

« לאחיו או לבנו. בח״מ סימן שס״ו כתב הטור דין כיוצא בזה לענין גזילה כתב שם דאחיו ר״ל אחי אביו ובניו ר״ל אחיו ורמב״ם לא פירש כן ואין המשנה משמע כדבריו: » (ט״ז יו״ד רכ״ג ס״ק ד)

ס״ק ה — « וכן אם פרעם » — le Taz défend la question du Tour, en quatre blocs

« וכן אם פרעם כו׳. כ״כ הרמב״ם והטור כתב על זה ואיני מבין את דבריו היאך יהא מותר לו לפרוע חובו מנכסים האסורים עליו הרי הוא נהנה מהם כו׳ וכתב בית יוסף דאישתמיטתיה לרבינו מתניתין בהגוזל קמא שאמרה בהדיא כמו שכתב הרמב״ם » (ט״ז יו״ד רכ״ג ס״ק ה)
« ולענ״ד נראה דשפיר מקשה דעיקר קושיית הטור על מה שכתב הרמב״ם שהנאסר עצמו אומר שפורע חובו בדבר האסור לו ולא אמרו במשנה אלא שהמדיר פורע חוב הנאסר בלי ידיעת הנאסר ורצונו ומה ששנינו במשנה ובאים בע״ח ונפרעים ממנו היינו בעל כרחו שכן משמע הלשון שאמרה המשנה ונפרעים משא״כ בלשון הרמב״ם זה שכתב אם פרעם משמע הוא עצמו והר״ן הביאו ב״י בסי׳ רי״ו מוקי גם לדברי הרמב״ם אלו באופן זה דאין הוא עצמו משלם לבעל חוב אלא מראה לו מקום היכן הם והטור לא ניחא ליה לפרש בכך » (ט״ז יו״ד רכ״ג ס״ק ה)
« עוד הקשה הטור על מה שכתב הרמב״ם כאן וצריך להודיעם כו׳ מאי נפקותא מיניה והר״ן שם תירץ דהך הודעה הוא שהוא כמו הפקר כמי שאומר אלו נכסי אבא איני יודע מה אעשה בהם טלו לעצמכם והיינו ג״כ לפי דרכו שפי׳ דהוא עצמו אינו פורע אבל הטור דמפרש דברי רמב״ם דהוא עצמו פורע על כן הקשה שפיר » (ט״ז יו״ד רכ״ג ס״ק ה)
« נמצא לדינא אין מחלוקת דכל שעושה הוא בעצמו הפרעון אסור ולא מהני מה שמודיע אלא שלענין נותן ירושת אביו לבניו סובר הר״ן גם כן דאסור כשהוא נותן בעצמו מפני שיש לו טובת הנאה מזה אלא מיירי שמראה להם מקום ואומר להם נכסים אלו של אבא אסורים עלי איני יודע מה אעשה בהם טלו לעצמכם ותעשו בהם מה שתרצו והב״י כתב שם כיון שמודיעם שממון זה אסור לו ומפני כך נותנו להם והם בניו ואחיו שיש להם שייכות בממון זה הלכך אין לו עליהם טובת הנאה ושרי עד כאן לשונו. ומכל מקום משמע דדוקא דיעבד מהני אם נתן או פרע אבל לא לכתחלה אע״ג שמודיע » (ט״ז יו״ד רכ״ג ס״ק ה)

Le Baer Hetev — trois entrées

Trois résumés, le dernier tenant en une phrase les deux entrées du Chakh sur le seif ד.

ס״ק א — « למלאות » — le Chakh en raccourci

« למלאות. דמסתמא ממילי זוטרי כי האי דליכא בהו ביטול תורה כ״כ לא אדריה וכתב הפרישה ולפ״ז אפשר באב שהדיר את בנו מפני שאינו עוסק בתורה אסור לעשות לו אפי׳ דברים אלו דלא כהרמב״ם וכ״פ הב״ח: » (באר היטב יו״ד רכ״ג ס״ק א)

ס״ק ב — « ת״ח » — et si le petit-fils n’étudie pas

« ת״ח. משמע אם לא היה בן הבן ת״ח גם בן הבן אסור דה״ל כאילו פירש שאם לא יהיה ת״ח שגם הוא יהא מודר מנכסיו כמו הבן וכ״פ הב״ח: » (באר היטב יו״ד רכ״ג ס״ק ב)

ס״ק ג — « נתן » — בדיעבד seulement, et de quelle dette

« נתן. כ׳ הב״ח דוקא בדיעבד אם נתן או פרע וכו׳ מותר ולא קאי באיסור נדר אבל לכתחלה אסור וכתב הש״ך נראה דלמאן דאסר לעיל סימן רכ״א בפריעת חוב ברור או משכון צ״ל דמיירי הכא בחוב בע״פ וכה״ג שאינו חוב ברור: » (באר היטב יו״ד רכ״ג ס״ק ג)

Les Nekoudot HaKessef — une entrée

Neuf mots, et ils sont dévastateurs : la belle réponse que le Taz avance comme sienne avait déjà été donnée par la Drisha et le Ba’h.

Entrée א — Sur le ס״ק ה du Taz — « déjà dit avant lui »

« (סימן רכ״ג ט״ז ס״ק ה׳) ולענ״ד נראה כו׳. כבר קדמו הדרישה והב״ח: » (נקודות הכסף יו״ד רכ״ג)

Un ouvrage sans entrée sur ce siman

Le Pit’hei Techouva n’a pas d’entrée sur ce siman. Le Pit’hei Techouva recense les responsa postérieures ; son silence signifie seulement que les questions modernes ne se sont pas portées sur cette matière, où la pratique est rare. On le lit au siman voisin 224, au siman 225 — où son entrée est la plus intéressante des trois — et massivement au siman 228. Aucune entrée n’a été fabriquée ici.

6. Tableau — chaque clause et son sens

Les quatre seifim, clause par clause, dans l’ordre du livre.

SeifTexteSens
א « המדיר עצמו מהנאת בנו כדי שלא יתבטל הבן מלימודו בשבילו » (שו״ע יו״ד רכ״ג:א) Celui qui s’interdit à lui-même le profit de son fils, afin que le fils ne soit pas détourné de son étude à cause de lui —
א « מותר הבן למלאות לו חבית של מים ולהדליק לו את הנר ולצלות לו דג קטן » (שו״ע יו״ד רכ״ג:א) il est permis au fils de lui remplir une cruche d’eau, de lui allumer la lampe et de lui griller un petit poisson.
א « וכן מותר לקנות לו מהשוק מה שצריך אם הוא אדם שאין דרכו לקנות בעצמו או אם היא אשה שהדירה את בנה: » (שו״ע יו״ד רכ״ג:א) Et de même il est permis de lui acheter au marché ce dont il a besoin, s’il est un homme dont ce n’est pas l’habitude d’acheter lui-même, ou si c’est une femme qui a fait vouer son fils.
ב « האומר לבנו הרי אתה אסור בהנאתי או שנשבע שלא יהנה בו אם מת יירשנו » (שו״ע יו״ד רכ״ג:ב) Celui qui dit à son fils : « te voici interdit de mon profit », ou qui a juré qu’il ne profitera pas de lui — si le père meurt, il en hérite.
ב « אסור עליו הנאתו ופירש בין בחיי בין במותי אם מת לא יירשנו. » (שו״ע יו״ד רכ״ג:ב) S’il lui a interdit son profit et a précisé « tant de mon vivant qu’après ma mort » — si le père meurt, il n’en hérite pas.
ג « אסר בנו מהנאתו ואמר אם יהיה בן בני זה תלמיד חכם יקנה בני זה נכסי כדי להקנותם לבנו » (שו״ע יו״ד רכ״ג:ג) Il a interdit son fils de son profit et a dit : si mon petit-fils que voici devient un talmid hakham, que mon fils que voici acquière mes biens afin de les lui faire acquérir —
ג « הרי זה הבן אסור בנכסי האב » (שו״ע יו״ד רכ״ג:ג) ce fils-là est interdit dans les biens du père,
ג « ובן הבן מותר בהם אם יהיה תלמיד חכם כמו שהתנה: » (שו״ע יו״ד רכ״ג:ג) et le fils du fils y est permis s’il devient un talmid hakham comme il l’avait stipulé.
ד « זה הבן האסור בירושת אביו » (שו״ע יו״ד רכ״ג:ד) Ce fils, qui est interdit dans l’héritage de son père —
ד « אם נתן ירושת אביו לאחיו או לבנו הרי זה מותר » (שו״ע יו״ד רכ״ג:ד) s’il a donné l’héritage de son père à ses frères ou à ses fils, c’est permis,
ד « וכן אם פרעם בחובו או בכתובת אשתו » (שו״ע יו״ד רכ״ג:ד) et de même s’il les a acquittés pour sa dette ou pour la ketouba de sa femme,
ד « וצריך להודיעם שאלו נכסי אביו שאסרם עליו: » (שו״ע יו״ד רכ״ג:ד) et il doit les informer que ce sont là les biens de son père, qu’il lui a interdits.

7. Cas pratiques

Quatre situations, et dans chacune la question de savoir ce que le vœu a réellement visé.

Un père veut que son fils étudie sans être dérangé

C’est le cas du seif א, et il est plus fréquent qu’on ne croit sous d’autres formes. Mais prononcer un vœu pour obtenir un résultat pédagogique est une décision grave : une fois pris, le vœu tient, et il faudra une התרת נדרים pour le défaire. Le seif décrit ce qui advient si on l’a fait ; il ne conseille pas de le faire.

Le service est-il « petit » ?

La mesure du Chakh est explicite : il s’agit de choses qui n’entraînent pas tellement d’interruption d’étude. Ce n’est donc pas la durée absolue mais le rapport à l’étude. Et attention : selon le Chakh et le Taz, si le vœu était de l’autre type — le père interdisant son fils parce qu’il n’étudie pas — même ces petites choses seraient interdites.

Un testament conditionnel

Le seif ג n’est pas un cas de testament ordinaire — c’est un vœu doublé d’un mécanisme d’acquisition. Un legs conditionnel moderne relève du droit des successions bien plus que de notre siman ; mais la question de fond que pose le seif reste la même : à quel moment l’acquisition se produit-elle, et que reste-t-il alors à transmettre ?

Un héritier qui ne peut pas toucher à son héritage

C’est le seif ד, et c’est le cas le plus susceptible de se présenter. Trois choses à savoir avant de faire quoi que ce soit : le Ran tient que l’héritier ne donne pas lui-même mais montre la place ; le Beit Yossef et le Maharchal admettent un don réel aux héritiers du père ; et la Prisha comme le Ba’h tiennent que tout cela n’est permis qu’après coup, pas d’emblée. Un cas réel se pose à un Rav avant toute démarche.

8. Questions de compréhension

  1. Dans le seif א, qui est le נאסר : le père ou le fils ? À quel mot du texte le voit-on ?
  2. Pourquoi les trois services sont-ils permis ? Donnez la raison du Chakh dans ses termes.
  3. Pourquoi l’achat au marché n’est-il permis que pour certaines personnes ? Et à qui est-il interdit, selon le Beit Yossef ?
  4. Quelle formule, au seif ב, fait survivre le vœu à la mort du père ? Et quelle est la raison que le Rambam donne pour l’autre cas ?
  5. Au seif ג, que veut dire exactement que le petit-fils est « מותר » ? Combien de lectures le Chakh en rapporte-t-il ?
  6. Le Tour écrit qu’il ne comprend pas le Rambam au seif ד. Que lui reproche-t-il, et que lui répond le Beit Yossef ?
  7. À quoi sert l’obligation d’informer, au seif ד ? Donnez la réponse du Ran.
  8. Que disent les Nekoudot HaKessef, et à qui s’adressent-elles ?

Pour aller plus loin

Ce siman renvoie lui-même au siman 216, sur ce que les formules emportent avec elles, et le Chakh renvoie au siman 221 pour le paiement d’une dette. Poursuivre ensuite par le siman 224, qui prend deux hommes quelconques, et le siman 225, où tout tient à un mot. Pour dénouer un vœu qui a pris, voir le siman 228.
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן רכ״ג · Niveau 1 — Initiation · דין המדיר בנו לתלמוד תורה
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