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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman 230 — ce qui se délie, et à quelles conditions (יורה דעה ר״ל)

Le texte, sa traduction, et les neuf entrées de l’appareil
יורה דעה · סימן ר״ל
מתירין שבועות ונדרים
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Un siman d’un seul seif, sans intitulé, et qui tient en sept mots ce que le Tour développe sur une colonne : les serments et les vœux se délient, même celui qui a été prononcé sur le Nom. Le Rama y ajoute trois bornes — et la dernière fait passer le siman du droit des vœux au droit des biens.

Sujet : La déliaison des serments et des vœux
Source : שולחן ערוך יורה דעה סימן ר״ל (1 seif)

Compilation : הרב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

Plan de l’étude

1. Le principe — et deux remarques d’édition
2. Le texte du Choul’han Aroukh, clause par clause
3. Le vocabulaire : התרה · הזכרת השם · מדוחק · נדנוד עבירה
4. D’où cela vient : נדרים כ״ב ע״ב, le Rambam, le Tour
5. L’appareil, entrée par entrée — et une absence
6. Le tableau de révision
7. Trois situations réelles
8. Se vérifier

1. Le principe — et deux remarques d’édition

Première remarque, avant tout le reste : ce siman ne porte aucun intitulé. Là où ses voisins s’ouvrent sur une formule de la forme דין … ובו … סעיפים, celui-ci commence directement par « ובו סעיף אחד: » (שו״ע יו״ד ר״ל:א). Le titre français de ces pages est de notre rédaction : il décrit le seif, il ne reproduit pas un intitulé du Choul’han Aroukh, parce qu’il n’y en a pas. Le siman 225 est dans le même cas.

Seconde remarque. Le texte porte, entre crochets et précédé d’un astérisque, une glose d’édition : « פי׳ שאדם עושה בינו לבין עצמו » (שו״ע יו״ד ר״ל:א) — « c’est-à-dire ce qu’un homme fait entre lui et lui-même ». Elle n’est pas de la main du Mehaber : c’est une précision d’imprimeur, qui restreint la portée de la phrase aux vœux qu’on se donne à soi-même, par opposition à ceux qu’on prête à autrui. Nous la recopions telle qu’elle est imprimée, sans la retirer ni la fondre dans le texte.

Le siman en une phrase. Les serments et les vœux se délient — même celui qui a été prononcé en mentionnant le Nom. Puis le Rama pose trois bornes : pas a priori, sinon sous la contrainte ; jamais lorsque la déliaison sent la transgression ; et une opinion qui, en matière civile, tire de la transgression d’un serment l’annulation de l’acte lui-même.

2. Le texte du Choul’han Aroukh

Le siman n’a qu’un seif. Le voici en entier, avec son chapeau tel que l’édition le donne — sans intitulé —, puis clause par clause.

Seif unique — ce qui se délie, et à quelles conditions

ובו סעיף אחד:
מתירין שבועות ונדרים [*פי׳ שאדם עושה בינו לבין עצמו] אפילו נשבע בהזכרת השם (כן נהגו על פי ש״ס ופוסקים עיין בית יוסף) : הגה ומ״מ לא ישאל עליו לכתחלה אלא מדוחק ועיין לעיל סימן ר״ג (הגאונים וע״פ) כל נדר שיש בהתרתו נדנוד עבירה אין להתירו (הר״ד כהן וריב״ש סי׳ תל״ב) י״א כל מי שנשבע שלא לעשות איזה דבר כגון שנשבע שלא למכור חפץ פלוני ועבר ומכרו אין במכירתו כלום הואיל ועבר על שבועתו. (במרדכי הגהות דשבועות):
« מתירין שבועות ונדרים » (שו״ע יו״ד ר״ל:א)
On délie les serments et les vœux
Le verbe est au présent de la pratique : on délie. Ce n’est ni une permission théorique ni une faveur : c’est ce que fait le tribunal. Notez l’ordre des mots — שבועות avant נדרים. C’est le serment qui faisait difficulté, pas le vœu ; le Choul’han Aroukh commence donc par le cas fort.
« אפילו נשבע בהזכרת השם » (שו״ע יו״ד ר״ל:א)
même s’il a juré en mentionnant le Nom
Voilà le cas fort. Un serment prêté « par le D. d’Israël » reste déliable. Le Choul’han Aroukh ajoute aussitôt sa caution : « כן נהגו על פי ש״ס ופוסקים עיין בית יוסף » (שו״ע יו״ד ר״ל:א) — c’est l’usage, fondé sur le Talmud et les décisionnaires. Cette parenthèse n’est pas décorative : elle répond à des Gueonim qui tenaient l’inverse (voir la section 4).
« ומ״מ לא ישאל עליו לכתחלה אלא מדוחק ועיין לעיל סימן ר״ג » (רמ״א יו״ד ר״ל:א)
Et néanmoins, on ne demandera pas [la déliaison] a priori, sinon sous la contrainte ; et voir plus haut siman 203.
Le Rama ne conteste pas le pouvoir : il en règle l’usage. מדוחק — sous la contrainte. Le Chakh élargira d’un cas, et d’un seul : « או לצורך מצוה כן הוא בריב״ש בשם הרמב״ן שמביא בית יוסף ס״ס זה והוא פשוט » (ש״ך יו״ד ר״ל ס״ק ב) — « ou pour le besoin d’une mitsva ».
« כל נדר שיש בהתרתו נדנוד עבירה אין להתירו » (רמ״א יו״ד ר״ל:א)
Tout vœu dont la déliaison comporte une ombre de transgression, on ne le délie pas.
נדנוד עבירה — littéralement le frémissement d’une faute. Le Chakh renvoie au lieu où la règle est développée : « נדנוד עבירה כו׳. ע״ל סימן רכ״ח סט״ו » (ש״ך יו״ד ר״ל ס״ק ג).
« י״א כל מי שנשבע שלא לעשות איזה דבר כגון שנשבע שלא למכור חפץ פלוני ועבר ומכרו אין במכירתו כלום הואיל ועבר על שבועתו » (רמ״א יו״ד ר״ל:א)
Certains disent : quiconque a juré de ne pas faire une chose — par exemple, de ne pas vendre tel objet — et a transgressé et l’a vendue : sa vente n’est rien, puisqu’il a transgressé son serment.
Ici le siman change de terrain : il passe du droit des vœux au droit des biens. La question n’est plus « le serment tient-il ? » mais « la vente tient-elle ? ». C’est la question que les quatre entrées de l’appareil discutent, et elle n’est pas tranchée dans le même sens partout — voir la section 5.

3. Le vocabulaire du siman

התרת נדרים — la déliaison d’un vœu. Elle n’est pas une annulation pour l’avenir : le sage déracine le vœu depuis son origine, en établissant que l’homme ne l’aurait pas prononcé s’il avait su. D’où le fait qu’elle exige un רגע de regret réel, et non une formalité.
הזכרת השם — la mention du Nom. Un serment peut se prêter sans nommer D., par un כינוי ou par un objet saint ; le nommer est le degré le plus grave. Notre seif dit que même ce degré-là se délie.
מדוחק — sous la contrainte, dans la gêne. Le mot du Rama qui distingue le pouvoir de délier, entier, de son usage, qui doit rester exceptionnel.
נדנוד עבירה — l’ombre, le frémissement d’une transgression. Un vœu qui protégeait d’une faute ne se délie pas sous prétexte qu’il pèse : on ne rend pas licite, par la porte de la התרה, ce qui était bien de s’interdire.
אי עביד לא מהני — « s’il a fait, cela ne prend pas ». Principe talmudique discuté au premier chapitre de תמורה : un acte accompli contre la parole de la Torah est-il seulement invalide ? Le Taz nomme cette sugya comme la raison de l’opinion rapportée par le Rama.

4. Les sources — guemara, Rambam, Tour

La guemara — נדרים כ״ב ע״ב

La règle décisive y est donnée sous la forme d’un הלכתא, une conclusion tranchée :

« הִלְכְתָא, פּוֹתְחִין בַּחֲרָטָה, וְנִזְקָקִין לֵ״אלֹהֵי יִשְׂרָאֵל » (נדרים כ״ב ע״ב)

« Halakha : on ouvre par le regret, et l’on se saisit du [serment prêté par] le D. d’Israël. » La seconde moitié est exactement notre seif : le serment le plus solennel reste justiciable du sage.

Le Rambam — הלכות שבועות פרק ו׳

« אֶחָד הַנִּשְׁבָּע בֵּינוֹ לְבֵין עַצְמוֹ וְאֶחָד הַנִּשְׁבָּע בָּרַבִּים » (רמב״ם הלכות שבועות פרק ו׳ הלכה ח׳)
« וַאֲפִלּוּ נִשְׁבַּע בַּשֵּׁם הַמְיֻחָד בַּה׳ אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל וְנִחַם הֲרֵי זֶה נִשְׁאָל עַל שְׁבוּעָתוֹ וּמַתִּירִין לו » (רמב״ם הלכות שבועות פרק ו׳ הלכה ח׳)

Le Rambam met les deux cas sur le même plan — en privé ou en public — puis ajoute le cas fort, mot pour mot celui de notre seif. Notez sa graphie défective, ואפלו et המיחד : nous la recopions telle quelle.

Le Tour — pourquoi ce siman fait une ligne là où le Tour fait une colonne

Le Tour consacre à ce siman un développement entier, parce qu’à son époque la question n’allait pas de soi. Il rapporte d’abord le Rif, qui restreint fortement :

« דלא מזדקקי רבנן להתיר שבועה אלא כדמתרמי מילתא דאית בית תקנתא או מצוה » (טור יורה דעה ר״ל)

Puis Rav Haï Gaon, plus restrictif encore :

« כתב רב האי הנשבע בספר תפלות ותחנונים ושאר ספרי הקדש שבידו אין לו התרה » (טור יורה דעה ר״ל)
« וכתב שבדורו׳ האחרונים אין כח באדם לעולם להתיר שבועה ולהפר כלל » (טור יורה דעה ר״ל)

Et enfin le Roch, père de l’auteur, qui tranche contre ces positions :

« וא״א הרא״ש ז״ל כתב וכל אלו חומרו׳ הן » (טור יורה דעה ר״ל)
« אלא כל שבועות יש להן התרה מן התורה אלא שהחרימו בימי הגאונים ואמרו שלא להתיר שבועו » (טור יורה דעה ר״ל)
« ואמרתי להתיר להם נדרים ושבועות » (טור יורה דעה ר״ל)
« Et j’ai dit de leur délier vœux et serments. » Toute la colonne du Tour se résout en cette phrase — et c’est elle que le Choul’han Aroukh a condensée en sept mots, avec la caution « כן נהגו על פי ש״ס ופוסקים עיין בית יוסף » (שו״ע יו״ד ר״ל:א). Le siman est court parce que la controverse est close, pas parce qu’elle n’a pas eu lieu.

5. L’appareil, entrée par entrée

Ce siman porte neuf entrées : quatre du Chakh, une du Taz, deux du Baer Hetev, deux du Pit’hei Techouva. Elles sont citées ci-dessous, chacune avec sa référence.

Le Chakh — quatre entrées

ס״ק א — sur « מתירין שבועות ונדרים » (שו״ע יו״ד ר״ל:א). Le Chakh rapporte une responsa du Maharam Mintz : lorsqu’il délie pour des gens qui prennent les vœux à la légère, il leur impose quelque chose.

« מתי שיבא לידי כה״ג להתיר להמון עם הפרוצים בנדרים אני משים עליהם להתענות בה״ב וכה״ג לפי האדם ולפי הנדר » (ש״ך יו״ד ר״ל ס״ק א)
« וכן ליתן מעות לדבר מצוה זהוב או כהאי גוונא לפי עשרו כדי שלא יזלזלו בנדרים » (ש״ך יו״ד ר״ל ס״ק א)
« שאומר מאי אכפת לי אם אשב״ע כל מה שארצה אלך אצל חכם ויתיר לי » (ש״ך יו״ד ר״ל ס״ק א)
« וכן שמעתי מרבותי עד כאן לשונו וכן נכון לעשות » (ש״ך יו״ד ר״ל ס״ק א)
La raison est donnée sans détour : « car il dit — que m’importe ? je jurerai tout ce que je voudrai, j’irai chez un sage et il me déliera ». Le remède n’est pas de refuser la déliaison, c’est de lui donner un prix. Et le Chakh conclut : « et ainsi convient-il de faire ».

ס״ק ב — sur « אלא מדוחק » (רמ״א יו״ד ר״ל:א) :

« או לצורך מצוה כן הוא בריב״ש בשם הרמב״ן שמביא בית יוסף ס״ס זה והוא פשוט » (ש״ך יו״ד ר״ל ס״ק ב)

ס״ק ג — un simple renvoi, mais qui vaut d’être suivi :

« נדנוד עבירה כו׳. ע״ל סימן רכ״ח סט״ו » (ש״ך יו״ד ר״ל ס״ק ג)

ס״ק ד — sur l’opinion finale du Rama. Le Chakh y confronte quatre décisionnaires :

« ובח״מ סי׳ ר״ח כתב הרב בסתם דמכירתו מכירה » (ש״ך יו״ד ר״ל ס״ק ד)
« והסמ״ע שם פסק כהי״א דהכא שאני ע״ש שהאריך » (ש״ך יו״ד ר״ל ס״ק ד)
« אבל הב״ח שם פסק דספיקא דדינא הוי והמע״ה וכן עיקר » (ש״ך יו״ד ר״ל ס״ק ד)

Et il appuie le Bah sur une réponse du Roch, qui distingue deux sortes d’actes :

« היינו במצות שאי אפשר לבטלן » (ש״ך יו״ד ר״ל ס״ק ד)
« אבל התקנה וחרם וכה״ג שאפשר לבטלו בהא מודה רבא דמהני » (ש״ך יו״ד ר״ל ס״ק ד)
La distinction est fine et elle porte tout le débat : là où l’acte ne peut pas être défait, אי עביד לא מהני ; là où il peut l’être — une takana, un ‘hérem —, le Roch admet qu’il prend effet. Une vente est de cette seconde espèce.

Le Taz — une entrée

ס״ק א — sur l’opinion du Rama, dont il donne la raison puis qu’il écarte :

« הטעם דכיון שעבר על השבועה אין במכירתו כלום » (ט״ז יו״ד ר״ל ס״ק א)
« כההיא דפ״ק דתמורה כל מאי דאמר רחמנא לא תעביד אי עביד לא מהני מידי » (ט״ז יו״ד ר״ל ס״ק א)
« וכבר נתבאר דלא קים לן הכי בח״מ סי׳ ר״ח בדברינו ולעיל בי״ד סימן רכ״ח סעיף ל״ה » (ט״ז יו״ד ר״ל ס״ק א)
Le Taz ne discute pas la logique : il constate qu’en 'Hochen Michpat 208 et ici même au siman 228:35, la halakha n’a pas été fixée ainsi. C’est un argument de position, pas de raisonnement — et c’est exactement ce que le Chakh reprendra en sens inverse.

Le Baer Hetev — deux entrées

ס״ק א rapporte le Maharam Mintz d’après le Chakh :

« כתוב בתשובת מהר״מ מינץ ומ״מ מתי שיבא לידי כה״ג להתיר להמון עם הפרוצים בנדרים » (באר היטב יו״ד ר״ל ס״ק א)

ס״ק ב résume le débat de 'Hochen Michpat :

« ובח״מ סי׳ ר״א כתב הר״ב בסתם דמכירתו מכירה ובסמ״ע פסק שם כהי״א דהכא » (באר היטב יו״ד ר״ל ס״ק ב)
Un point à signaler. Le Chakh écrit « ובח״מ סי׳ ר״ח כתב הרב בסתם דמכירתו מכירה » (ש״ך יו״ד ר״ל ס״ק ד) — 'Hochen Michpat 208 — tandis que le Baer Hetev, qui le résume, écrit « ובח״מ סי׳ ר״א כתב הר״ב בסתם דמכירתו מכירה ובסמ״ע פסק שם כהי״א דהכא » (באר היטב יו״ד ר״ל ס״ק ב), soit 'Hochen Michpat 201. Le Taz nomme lui aussi le siman 208. Nous recopions les deux tels qu’ils sont imprimés et ne corrigeons rien.

Le Pit’hei Techouva — deux entrées

ס״ק א, sur « שלא למכור » (רמ״א יו״ד ר״ל:א), apporte la distinction du Noda BiYehouda :

« דע״כ לא קאמר המרדכי אלא בנשבע לחלוטין שלא למכור דבר זה שאז א״א בשום אופן שימכור כ״א שיעבור על השבועה » (פתחי תשובה יו״ד ר״ל ס״ק א)
« הרי גוף המקח נעשה באיסור » (פתחי תשובה יו״ד ר״ל ס״ק א)
« אבל אם נשבע שלא למכור כ״א בידיעת פלוני ועבר ומכר עד שלא שאל את פלוני א״כ המקח היה יכול להיו׳ בהיתר » (פתחי תשובה יו״ד ר״ל ס״ק א)
« והרי זה דומה לשוחט בשבת ויוה״כ » (פתחי תשובה יו״ד ר״ל ס״ק א)
Autrement dit : si le serment interdisait la vente elle-même, l’acte ne pouvait pas naître autrement que dans la faute. Mais s’il n’interdisait que de vendre sans consulter untel, la vente pouvait parfaitement se faire licitement ; la faute accompagne l’acte, elle ne le constitue pas — « et cela ressemble à celui qui abat une bête le Chabbat », dont la che’hita est valide bien que l’acte soit fautif.

ס״ק ב renvoie à la littérature des responsa :

« עבה״ט ועיין בתשובת מהר״ם לובלין סימן ע״ב ובשו״ת ארבעה טורי אבן סימן כ״ד » (פתחי תשובה יו״ד ר״ל ס״ק ב)

Un ouvrage sans entrée sur ce siman

Les Nekoudot HaKessef n’ont pas d’entrée ici. C’est attendu : elles sont la réponse du Chakh au Taz, et le Taz n’écrit ici qu’une ligne, que le Chakh ne conteste pas frontalement. On les trouve en force juste à côté — quatre entrées au siman 229, quatre au siman 232. Aucune entrée n’a été fabriquée ici pour compléter un tableau.

6. Tableau — chaque clause et son sens

AuteurTexteSens
Mehaber « מתירין שבועות ונדרים » (שו״ע יו״ד ר״ל:א) Le pouvoir de délier existe, pour les serments comme pour les vœux.
Mehaber « אפילו נשבע בהזכרת השם » (שו״ע יו״ד ר״ל:א) Il s’étend au cas le plus grave : le serment prêté sur le Nom.
Rama « ומ״מ לא ישאל עליו לכתחלה אלא מדוחק ועיין לעיל סימן ר״ג » (רמ״א יו״ד ר״ל:א) Le pouvoir est entier ; son usage est réservé à la contrainte.
Rama « כל נדר שיש בהתרתו נדנוד עבירה אין להתירו » (רמ״א יו״ד ר״ל:א) Une borne de fond : la déliaison ne doit pas rouvrir une faute.
Rama « י״א כל מי שנשבע שלא לעשות איזה דבר כגון שנשבע שלא למכור חפץ פלוני ועבר ומכרו אין במכירתו כלום הואיל ועבר על שבועתו » (רמ״א יו״ד ר״ל:א) Une opinion (י״א) qui, en droit des biens, annule l’acte accompli en violation d’un serment.
Chakh « אבל הב״ח שם פסק דספיקא דדינא הוי והמע״ה וכן עיקר » (ש״ך יו״ד ר״ל ס״ק ד) En pratique, un doute de droit : celui qui réclame doit prouver.

7. Cas pratiques

Un homme a juré « par le D. d’Israël » de ne plus adresser la parole à son frère

Le serment est déliable : c’est exactement ce que dit notre seif. Mais deux questions précèdent la déliaison — y a-t-il דוחק, et la paix entre frères est-elle ici un צורך מצוה au sens du Chakh ס״ק ב ? Dans ce cas précis, les deux se rencontrent, et c’est le cas type. La démarche se fait devant un Rav, pas seul.

Un homme a fait vœu de ne plus fumer et demande à en être délié

C’est le cas du נדנוד עבירה. Le vœu protégeait d’une chose qu’il valait mieux ne pas faire ; le délier pour y revenir, c’est rouvrir ce que le vœu fermait. Le Rama dit de ne pas le délier, et le Chakh ס״ק ג renvoie au siman 228:15 où la règle est développée. Question à poser à un Rav, qui appréciera le cas.

Un homme avait juré de ne pas vendre l’appartement de son père, et l’a vendu

Deux questions distinctes, et il ne faut pas les confondre. A-t-il fauté ? Oui, sans discussion. La vente tient-elle ? C’est le débat de la section 5, et il n’est pas tranché dans un sens unique : le Chakh conclut « אבל הב״ח שם פסק דספיקא דדינא הוי והמע״ה וכן עיקר » (ש״ך יו״ד ר״ל ס״ק ד) — doute de droit, donc celui qui veut faire sortir l’argent des mains de l’autre doit prouver. C’est une affaire de beit din, pas de conscience individuelle.

8. Questions de compréhension

  1. Pourquoi le Choul’han Aroukh écrit-il « שבועות » avant « נדרים », contrairement à l’ordre habituel ?
  2. Que signifie la glose entre crochets, et pourquoi ne l’avons-nous pas fondue dans le texte ?
  3. Le Rama dit « לא ישאל עליו לכתחלה ». Cela contredit-il le Mehaber ? Formulez la différence en une phrase.
  4. Quel mot le Chakh ajoute-t-il à « מדוחק », et d’après quelle autorité ?
  5. Le Roch, dans la réponse citée par le Chakh ס״ק ד, distingue deux sortes d’actes. Lesquelles, et de quel côté tombe une vente ?
  6. Le Noda BiYehouda distingue deux formes de serment sur une vente. Retrouvez-les, et dites laquelle laisse la vente valide.
  7. Les Nekoudot HaKessef n’écrivent rien ici. Qu’en conclure — et qu’est-il interdit d’en conclure ?

Pour aller plus loin

Le mécanisme de la déliaison lui-même — פתח, חרטה, מומחה, שלשה הדיוטות — est au siman 228. Ce qui se passe quand un vœu n’a été délié qu’en partie est au siman 229. Qui peut délier, et pourquoi une condition d’auto-annulation ne vaut rien, est au siman 231.
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן ר״ל · Niveau 1 — Initiation · מתירין שבועות ונדרים
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