Sujet :
שולחן ערוך יורה דעה סימן רל״ד · ע״ד סעיפים · ש״ך · ט״ז · באר היטב · פתחי תשובה · נקודות הכסף
Rédaction :
הרב יוסף חיים סממה · DAAT
C’est le premier point à tenir, parce que tout le reste en dépend. La התרה est l’acte d’un sage ou de trois hommes : elle déracine le vœu depuis son origine, elle n’a pas de délai, elle porte sur tous les vœux. La הפרה est l’acte du père ou du mari : elle ne déracine pas, elle est bornée à un jour, et elle n’atteint que deux catégories de vœux. Le Baer Hetev ouvre son appareil sur cette limite même.
« האב והבעל מפירין דוקא דברים שיש בהם עינוי נפש או בינו לבינה כדלקמן סנ״ה ונ״ח » (באר היטב יו״ד רל״ד ס״ק א)
« דדוקא גבי התרת נדר אמרינן כן דחכם שמתיר עוקר הנדר מעיקרו אבל בבעל מיגז גייז מכאן ולהלאה. » (ט״ז יו״ד רל״ד ס״ק ל״ג)
« דבכ״ג מהני גבי חכם אבל בבעל לא מהני אפי׳ בפתח וחרטה » (באר היטב יו״ד רל״ד ס״ק מ״א)
Trois états où l’on annule, et ils s’excluent : le père seul, le mari seul, les deux ensemble — et un quatrième état où personne n’annule : une union où les קידושין ne prennent pas (seif 4) et la שומרת יבם (seif 7). Le seif 1 et le seif 2 posent les bornes des trois premiers, et le seif 5 l’état intermédiaire. Le Chakh y ajoute une précision utile en pratique : ce pouvoir atteint même un vœu prononcé « sur l’avis d’un grand nombre », et même si le mari avait d’avance renoncé.
« וכן בעל מפר נדרי אשתו אפילו נדרה עד״ר ואפילו ביטל הבעל דעתו ונתן לה רשות לדור עד״ר. » (ש״ך יו״ד רל״ד ס״ק ד)
« כתב הב״ח דנקטינן לחומרא » (ש״ך יו״ד רל״ד ס״ק י״ג)
Pour le père, le siman ne tranche pas quels vœux il atteint (seif 58, trois avis). Le Baer Hetev rapporte la position du Chakh, et c’est celle que retient la pratique.
« וכ׳ הש״ך דנ״ל עיקר להלכה שבתו שוה לאשתו: » (באר היטב יו״ד רל״ד ס״ק נ)
Le délai est un jour de calendrier, non vingt-quatre heures (seif 21). Passé le soir, le silence vaut confirmation. Deux précisions changent tout en pratique.
« ואם שותק ע״מ לקיים לאלתר שוב אינו יכול להפר אפילו בו ביום. » (באר היטב יו״ד רל״ד ס״ק כ״ו)
Le Chabbat n’arrête pas le délai, et c’est pourquoi on annule ce jour-là même sans besoin du Chabbat. Le Baer Hetev en donne la raison en une ligne.
« דאם לא יפר עד שתחשך לא יוכל שוב להפר. » (באר היטב יו״ד רל״ד ס״ק ל״א)
Mais des trois, le troisième est contesté dans le seif lui-même. Le Mehaber referme le seif 37 en rapportant l’avis du Roch et du Tour, pour qui celui qui n’a dit que אין נדר זה כלום n’a pas annulé. Le Chakh précise que cet avis admet en revanche le mot בטל. Cette page ne tranche pas ce que le Choulhan Aroukh laisse ouvert : un mari qui n’aurait dit que cette troisième formule doit poser la question à un Rav.
« ויש מי שחולק ואומר דאומר אין נדר זה כלום לא הוי הפרה » (שו״ע יו״ד רל״ד:לז)
« ויש מי שחולק כו׳. אבל באומר בטל מודה » (ש״ך יו״ד רל״ד ס״ק נ״ז)
Sur la bouche et le cœur, le Rama tranche au seif 40 contre la distinction du Rambam, et sa décision tient en deux mots — וכן עיקר. Elle se résume ainsi : l’annulation pensée ne vaut que si elle est accompagnée d’un acte qui la porte, la formule « prends et mange ».
Deux catégories seulement, et le régime n’est pas le même. La première, une fois levée, l’est pour toujours — le Chakh ajoute : et même à l’égard d’autrui. La seconde ne l’est que tant que le mari y a du profit, et le seif 55 dit lui-même jusqu’où cela va : tant qu’elle est sous lui, et, après le divorce, tant qu’elle ne s’est pas remariée — car il se peut qu’elle lui revienne. Une femme divorcée et non remariée reste donc couverte par l’annulation ; c’est seulement une fois remariée que le vœu prend effet à l’égard du mari aussi.
« ואפי׳ לאחרים: » (ש״ך יו״ד רל״ד ס״ק ס״ח)
« דהיינו כל זמן שהיא תחתיו ולאחר שתתגרש כל זמן שלא תנשא שאפשר שתחזור אליו אבל לאחר שתנשא חל הנדר גם לדידיה » (שו״ע יו״ד רל״ד:נה)
Un point reste controversé et se signale plutôt qu’il ne se tranche : faut-il annuler par précaution ce à quoi la femme est déjà tenue, dans l’éventualité d’un divorce ? Le Chakh, au nom du Pericha, dit oui ; le Baer Hetev le rapporte et signale aussitôt que le Taz conteste.
« מיהו יש להפר שמא יגרשנה כדלעיל סעיף ע״א פרישה וע״ל ס״ק ס׳ שם כתבתי דהט״ז חולק ע״ז: » (באר היטב יו״ד רל״ד ס״ק ס״ב)
Ce qui ferme est la הקמה, et elle se donne plus facilement qu’on ne croit : toute formule qui indique qu’il a confirmé, même dite pour la contrarier (seif 37) ; le silence tenu jusqu’au soir (seif 21) ; le fait de rattacher son propre vœu au sien (seif 52). Une fois donnée, l’annulation est close.
« אפי׳ לאחר כמה ימים ולא אמרינן דהוי כשתיקה » (ש״ך יו״ד רל״ד ס״ק ס״ג)
« היינו ביום השאלה שהוא לו כיום השמיעה ועל הקמתו יכול לשאול אפילו לאחר כמה ימים…(והי״א ס״ל דההקמה שעשה לא גרע משתיקה ביום השמיעה ותו לא מצי למפר) » (באר היטב יו״ד רל״ד ס״ק מ״ה)
« וי״א שאינו יכול להשאל על ההקם אלא ביום השמיעה » (שו״ע יו״ד רל״ד:מט)
« ויש להחמיר כסברא האחרונה (ר״ן והתוספות וכ״כ ר׳ ירוחם ובת״ה בשם סמ״ק) ויתיר לה חכם ג״כ כדלעיל סעיף כ״ג): » (שו״ע יו״ד רל״ד:מט)
Le Rama, au seif 23, ajoute une rigueur, et la parenthèse finale du seif 49 — que les éditions imprimées donnent comme sa glose, sans que notre texte de base la marque — va dans le même sens : a priori, on fait faire en outre une dissolution par un sage ou trois hommes. Le Chakh en donne le motif — sortir du doute —, et le Baer Hetev en tire la règle pour le cas où le mari n’est pas là.
« הלכך לכתחלה להוציא נפשיה מפלוגתא יש לעשות כל מה דאפשר » (ש״ך יו״ד רל״ד ס״ק ל״ט)
« והלכך היכא דאין הבעל בפנינו יש להתיר לה ע״י ג׳ הדיוטות. » (באר היטב יו״ד רל״ד ס״ק ל)
| Question | Ce que le siman répond | Où c’est écrit |
|---|---|---|
| Le mari peut-il annuler un vœu voué « sur l’avis d’un grand nombre » ? | Oui — et même s’il avait renoncé d’avance | seif 1 · Chakh ס״ק ד |
| Le père peut-il annuler après la בגרות ou le mariage ? | Non — son pouvoir cesse de lui-même | seif 1 |
| Entre les fiançailles et la חופה, un seul peut-il annuler ? | Non — une seule main ne fait qu’amoindrir | seif 5 |
| Le délai est-il de vingt-quatre heures ? | Non — c’est le jour, jusqu’au soir | seif 21 |
| Le silence jusqu’au soir vaut-il confirmation ? | Oui — et le silence qui vise à confirmer ferme aussitôt | seif 21 · Baer Hetev ס״ק כ״ו |
| Ignorer qu’on pouvait annuler rouvre-t-il le délai ? | Oui | seif 21 |
| Ignorer le délai le rouvre-t-il ? | Non | seif 22 |
| Annule-t-on le Chabbat ? | Oui — sans prononcer l’annulation | seif 24 · Baer Hetev ס״ק ל״א |
| Peut-on charger un émissaire d’annuler ? | Non | seif 30 |
| « Il t’est permis » annule-t-il ? | Non — c’est la formule du sage | seif 37 · Baer Hetev ס״ק מ״א |
| L’annulation pensée suffit-elle ? | Non — sauf accompagnée de « prends et mange » | seifim 38 et 40 |
| La confirmation pensée suffit-elle ? | Oui | seif 41 |
| Une confirmation donnée se défait-elle ? | Oui — devant un sage, et l’on annule ensuite ; mais sur le délai de la demande, deux avis, et le second n’ouvre que le jour de l’audition | seif 49 · Chakh ס״ק ס״ג |
| Une annulation donnée se défait-elle ? | Non | seif 49 |
| L’annulation libère-t-elle le tiers qui s’est rattaché au vœu ? | Non — elle ne déracine pas | seif 51 |
| Tous les vœux sont-ils annulables ? | Non — deux catégories seulement | seif 55 · Baer Hetev ס״ק א |
| Un vœu qui ne prive ni ne touche à ce qui est entre eux ? | Pas d’annulation | seifim 72 et 74 |
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