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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman קפ״ד · Dire le birkat hamazon au lieu du repas

לקבוע ברכת המזון במקום סעודה ומי ששכח ולא בירך — dire le birkat hamazon là où l'on a mangé, le cas de celui qui a oublié et est sorti (mezid / shogeg), celui qui a encore du pain, les sept espèces, le doute (de la Torah), jusqu'à quand on peut bénir (la digestion), et la mesure d'un kezayit
סימן קפ״ד · ו סעיפים
לקבוע ברכת המזון במקום סעודה ומי ששכח ולא בירך
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Ce siman enseigne où et jusqu'à quand se dit le birkat hamazon. Le principe : on bénit là où l'on a mangé (מברך במקום שאכל), avant de quitter sa place. Celui qui est sorti sans bénir (שכח ויצא) : s'il l'a fait exprès (mezid) il retourne, s'il a oublié (shogeg) c'est une מחלוקת — le Rambam le fait bénir sur place, le Rosh le fait retourner. S'il lui reste du pain, il en mange un peu ailleurs et bénit là ; les sept espèces se bénissent à leur place ; en cas de doute on bénit car c'est מן התורה ; on peut bénir jusqu'à la digestion ; et le שיעור est un kezayit. Texte hébreu, traduction française et explication des ו seifim, avec une section de cas pratiques.

Sujet : Le birkat hamazon au lieu du repas — מברך במקום שאכל, שכח ויצא, ספק מן התורה, שיעור עיכול
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן קפ״ד · ו סעיפים

Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

Après la coupe du birkat hamazon (siman précédent), le Choulhan Aroukh fixe ici et jusqu'à quand se dit le birkat hamazon. L'idée maîtresse : on bénit là où l'on a mangéמי שאוכל במקום אחד צריך לברך (שו״ע או״ח קפ״ד:א). Autour de ce noyau, le siman règle le cas de celui qui a oublié et est sorti (mahloket הרמב״ם et הרא״ש), celui qui a encore du pain, les sept espèces, le doute (car le birkat hamazon est מן התורה), le délai jusqu'à la digestion, et la mesure du kezayit. Nous étudions ici au niveau du principe ; pour la conduite personnelle, on se réfère à la décision du Rav.

📑 Plan de l'étude

A. מברך במקום שאכל · שכח ויצא (séif 1) — bénir à sa place, et celui qui est sorti
B. יש לו עוד פת (séif 2) — s'il a encore du pain
C. שבעת המינים (séif 3) — les sept espèces et leur bénédiction
D. ספק אם בירך (séif 4) — le doute, car de la Torah
E. עד אימתי מברך (séif 5) — jusqu'à la digestion, le שיעור עיכול
F. שיעור אכילה בכזית (séif 6) — la mesure du kezayit
1-3. Cas pratiques et questions de compréhension

A. מברך במקום שאכל — bénir là où l'on a mangé, et celui qui est sorti

בִּרְכַּת הַמָּזוֹן בִּמְקוֹם סְעוּדָה — le birkat hamazon se dit à l'endroit où l'on a mangé, avant de quitter sa place. La source est la mishna (Berakhot 53b) : celui qui a mangé et a oublié de bénir — Beit Chammaï disent qu'il retourne à sa place, Beit Hillel qu'il bénit là où il s'est souvenu. Le siman en règle les cas : mezid (exprès) et shogeg (oubli), avec la mahloket du Rambam et du Rosh.

Séif 1 — מברך במקום שאכל · מי ששכח ויצא

מי שאוכל במקום אחד צריך לברך קודם שיעקר ממקומו, ואם יצא ממקומו ולא בירך אם היה במזיד יחזור למקומו ויברך, ואם בירך במקו׳ שנזכר יצא ; ואם היה בשוגג להרמב״ם יברך במקום שנזכר, ולהר״ר יונה והרא״ש גם הוא יחזור למקומו ויברך:
Séif 1 : celui qui mange en un endroit doit bénir avant de quitter sa place. Et s'il est sorti sans bénir : s'il l'a fait exprès (mezid) il retourne à sa place et bénit — et s'il a béni là où il s'est souvenu, il s'est acquitté. Et s'il a oublié (shogeg), pour le Rambam il bénit là où il s'est souvenu, et pour Rabbenou Yona et le Rosh lui aussi retourne à sa place et bénit.
On dit le birkat hamazon au lieu du repas : מי שאוכל במקום אחד צריך לברך קודם שיעקר ממקומו (שו״ע או״ח קפ״ד:א). Celui qui est sorti sans bénir : volontairementאם היה במזיד יחזור למקומו ויברך ; et s'il a oublié, c'est une mahloket — pour le Rambam יברך במקום שנזכר, et pour le Rosh גם הוא יחזור למקומו ויברך. La source est la mishna (ברכות נ״ג ע״ב).
La glose du Rama (רמ״א או״ח קפ״ד:א) précise le partage : cette indulgence de bénir sur place n'est que résumé selon le Rambam — דאף בשוגג יחזור למקומו לכתחלה, et במזיד אף בדיעבד לא יצא s'il a béni ailleurs (טור).

B. יש לו עוד פת — s'il a encore du pain

Séif 2 — במה דברים אמורים · יש לו עוד פת

במה דברים אמורים כשאין לו פת עוד אבל אם יש לו פת עוד יאכל במקום השני מעט ויברך רק שלא יהא רעב מאכיל׳ ראשונ׳:
Séif 2 : en quel cas cela est-il dit (qu'il doit retourner à sa place) ? Quand il n'a plus de pain. Mais s'il a encore du pain, il mange un peu à ce second endroit et bénit là — pourvu qu'il ne soit pas déjà « affamé » du premier repas (c'est-à-dire que la première nourriture ne soit pas encore digérée).
La règle du retour ne vaut que s'il n'a plus de pain : במה דברים אמורים כשאין לו פת עוד. Mais אבל אם יש לו פת עוד יאכל במקום השני מעט ויברך — il rattache le nouvel endroit au repas et y bénit, רק שלא יהא רעב de la première nourriture (tant qu'elle n'est pas digérée).

C. שבעת המינים — les sept espèces

Séif 3 — שבעת המינים / חמשת מיני דגן

י״א שכל שבעת המינים טעונים ברכה לאחריהם במקומם וי״א דחמשת מיני דגן דוקא:
Séif 3 : certains disent que toutes les sept espèces requièrent une bénédiction finale à leur place (là où on les a mangées) ; et certains disent que seuls les cinq grains (les céréales).
Le principe « bénir à sa place » s'étend-il au-delà du pain ? י״א שכל שבעת המינים טעונים ברכה לאחריהם במקומם — pour un avis, les sept espèces exigent leur bénédiction finale à l'endroit du repas ; וי״א דחמשת מיני דגן דוקא — pour l'autre, seuls les cinq grains.

D. ספק אם בירך — le doute, car de la Torah

Séif 4 — אכל ואינו יודע אם בירך

אכל ואינו יודע אם בירך ברכת המזון אם לאו צריך לברך מספק מפני שהיא מן התורה:
Séif 4 : celui qui a mangé et ne sait pas s'il a dit le birkat hamazon ou non — doit bénir par doute, parce qu'il (le birkat hamazon) est de la Torah.
Le doute penche vers l'obligation : אכל ואינו יודע אם בירך ברכת המזון אם לאוצריך לברך מספק מפני שהיא מן התורה. Puisque le birkat hamazon est une obligation de la Torah (safek deoraïta lehahmir), on répète en cas de doute — au contraire des bénédictions de rang rabbinique, où le doute allège.

E. עד אימתי מברך — jusqu'à la digestion

Séif 5 — עד שיתעכל המזון · שיעור עיכול

עד אימתי יכול לברך עד שיתעכל המזון שבמעיו וכמה שיעורו כל זמן שאינו רעב מחמת אותה אכילה ומשעה שהתחיל להיות רעב אע״פ שלא נתעכל עדיין לגמרי כנתעכל לגמרי דיינינן ליה וכן נמי לענין אכילת פירות ושתיית יין אם אינו רעב ולא צמא ותאב לאות׳ פירות יברך אם אינו יודע לשער אם נתעכלו:
Séif 5 : jusqu'à quand peut-il bénir ? Jusqu'à ce que la nourriture se digère dans ses entrailles. Et quelle en est la mesure ? Tant qu'il n'a pas faim à cause de ce repas. Et dès l'instant où il commence à avoir faim — même si ce n'est pas encore entièrement digéré — nous le considérons comme entièrement digéré. Et de même pour la consommation de fruits et le vin : s'il n'a ni faim ni soif ni envie de ces fruits, il bénit, s'il ne sait pas estimer s'ils sont digérés.
On peut encore bénir jusqu'à la digestion : עד אימתי יכול לברך עד שיתעכל המזון שבמעיו. La mesure : וכמה שיעורו כל זמן שאינו רעב מחמת אותה אכילה — la Guemara l'enseigne au nom de Rabbi Yohanan, כל זמן שאינו רעב (ברכות נ״ג ע״ב). Et ומשעה שהתחיל להיות רעב, on le tient déjà comme כנתעכל לגמרי דיינינן ליה.

F. שיעור אכילה — la mesure d'un kezayit

Séif 6 — שיעור אכילה בכזית

שיעור אכיל׳ לברך עליה ברכ׳ המזון בכזית:
Séif 6 : la mesure d'une consommation pour dire dessus le birkat hamazon est un kezayit (le volume d'une olive).
résumé : la mesure minimale de pain mangé qui rend le birkat hamazon obligatoire est un kezayitבכזית (שו״ע או״ח קפ״ד:ו). En deçà d'un kezayit, on ne dit pas le birkat hamazon.
Le siman en une phrase : on dit le birkat hamazon là où l'on a mangé, avant de sortir ; celui qui est sorti sans bénir retourne s'il l'a fait exprès, et s'il a oublié c'est une mahloket (le Rambam bénit sur place, le Rosh fait retourner) ; s'il a encore du pain il en mange un peu ailleurs et bénit là ; les sept espèces se bénissent à leur place ; en cas de doute on bénit, מפני שהיא מן התורה ; on peut bénir jusqu'à la digestion ; et le שיעור est un כזית.

Cas pratiques

Cas 1 — J'ai quitté la table sans bentcher

Situation : j'ai mangé du pain, je me suis levé et suis parti, et je me souviens seulement dehors que je n'ai pas dit le birkat hamazon. Que faire ?
Conduite : selon le cas — si je suis parti exprès, יחזור למקומו ויברך (séif 1) ; si j'ai oublié, c'est une mahloket : pour le Rambam יברך במקום שנזכר, pour le Rosh je retourne. Pour la conduite pratique, on suit son Rav.

Cas 2 — Il me reste du pain

Situation : je me suis déplacé dans une autre pièce, et il me reste du pain. Dois-je retourner à ma place pour bentcher ?
Conduite : non nécessairement — אם יש לו פת עוד יאכל במקום השני מעט ויברך (séif 2) : j'en mange un peu au nouvel endroit et j'y bénis, רק שלא יהא רעב du premier repas. Pour la pratique, on suit son Rav.

Cas 3 — Je ne sais plus si j'ai bentché

Situation : j'ai mangé un vrai repas de pain et je ne me rappelle plus si j'ai dit le birkat hamazon. Dois-je le redire ?
Conduite : oui — צריך לברך מספק מפני שהיא מן התורה (séif 4), tant que la nourriture n'est pas digérée (עד שיתעכל המזון, séif 5) et que j'ai mangé au moins un כזית (séif 6). Pour la pratique, on suit son Rav.

Questions de compréhension

Vérifie ta compréhension :
  1. Où doit-on dire le birkat hamazon, et que fait celui qui est sorti exprès sans bénir (séif 1) ?
  2. Celui qui a oublié : quelle est la mahloket du Rambam et du Rosh (séif 1) ?
  3. Que fait celui à qui il reste encore du pain (séif 2) ?
  4. Pourquoi bénit-on en cas de doute, et quel est le rôle de « מן התורה » (séif 4) ?
  5. Jusqu'à quand peut-on bénir, et quelle est la mesure d'aliment nécessaire (séifim 5-6) ?

Pour aller plus loin

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