✦ ❖ ✦
DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman קצ״ב · La bénédiction du zimoun

ברכת זימון בשלשה או בעשרה — qui est tenu au zimoun (ג׳ שאכלו), le texte de l'appel à trois (נברך שאכלנו משלו), « nevarekh » ou « barekhou » à quatre, la mention du Nom à dix (נברך אלהינו), la faute de celui qui altère la formule, et l'erreur du mezamen
סימן קצ״ב · ב׳ סעיפים
ברכת זימון בשלשה או בעשרה
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
✦ ❖ ✦

Trois personnes qui ont mangé ensemble ne bénissent plus chacune pour soi : elles s'appellent l'une l'autre. Ce siman fixe d'un trait tout le texte de cet appel — le zimoun : qui y est tenu, ce que dit celui qui mène, ce que répond l'assemblée, ce qui change à quatre et ce qui change à dix, et ce qu'il advient de celui qui altère la formule. Un second séif règle l'erreur : le mezamen qui, à dix, a oublié אלהינו. Texte hébreu, traduction française et explication des ב׳ seifim, avec une section de cas pratiques.

Sujet : Le zimoun — חיוב הזימון, נוסח הזימון, נברך או ברכו, אזכרת השם בעשרה, וטעה המזמן
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן קצ״ב · ב׳ סעיפים

Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

Les simanim précédents portaient sur le Birkat haMazon d'un seul homme — son texte, sa coupe, celui qui en est dispensé. Ici s'ouvre le chapitre du Birkat haMazon en commun. La michna en donne la règle : שלשה שאכלו כאחת חייבין לזמן (ברכות מ״ה ע״א) ; et son verset : גדלו לה׳ אתי ונרוממה שמו יחדו (ברכות מ״ה ע״א). Ce qui distingue le zimoun des autres bénédictions, c'est qu'il est une formule fixe — une michna entière lui est consacrée : כיצד מזמנין בשלשה אומר נברך (ברכות מ״ט ע״ב) — et c'est pourquoi notre siman parle si peu de raisons et tant de mots. Nous étudions ici au niveau du principe ; pour la conduite personnelle, on se réfère à la décision du Rav.

📑 Plan de l'étude

A. חיוב הזימון ונוסחו בשלשה (séif 1) — qui est tenu, et que dit-on
B. נברך או ברכו (séif 1) — le cas de quatre convives
C. אזכרת השם בעשרה (séif 1) — la mention du Nom, et le lamed
D. כל המשנה מזה הנוסח, וטעה המזמן (séifim 1-2) — altérer la formule, et l'oubli du Nom
1-3. Cas pratiques et questions de compréhension

A. חיוב הזימון ונוסחו בשלשה — qui est tenu, et que dit-on

זִמּוּן — l'appel. Lorsque trois personnes au moins ont mangé du pain ensemble, l'une d'elles invite les autres à bénir : c'est le zimoun, qui précède le Birkat haMazon et lui donne sa forme collective. La michna en fixe l'obligation — שלשה שאכלו כאחת חייבין לזמן (ברכות מ״ה ע״א) — et la Guemara discute des deux : שנים שאכלו כאחת (ברכות מ״ה ע״א), qui ne sont pas tenus. Le Rambam le formule ainsi : שלשה שאכלו פת כאחד חיבין לברך ברכת הזמון קדם ברכת המזון (רמב״ם הלכות ברכות פרק ה׳ הלכה ב׳).

Séif 1 — היו מסובין ג׳ חייבים בזימון

היו מסובין ג׳ חייבים בזימון שאומר אחד מהם נברך שאכלנו משלו והם עונים ואומרי׳ ברוך שאכלנו משלו ובטובו חיינו והוא חוזר ואומר ברוך שאכלנו משלו ובטובו חיינו בא״י אמ״ה הזן את העולם וכו׳ ואם הם ד׳ יכול לומר ברכו שאכלנו משלו אבל יות׳ טוב לומר נברך שלא להוציא עצמו מן הכלל ואם הם עשרה צריך להזכי׳ את ה׳ שאומ׳ נברך אלהינו וכו׳ והם עונים ואומרים ברוך אלהינו וכו׳ ואין לומר נברך לאלהינו בלמ״ד ובין שיהיו עשרה או מאה או אלף או רבוא כך הם מברכים וכל המשנה מזה הנוסח כגון שאומ׳ נברך על המזון שאכלנו או שאומ׳ למי שאכלנו משלו או שאומר במקום ובטובו מטובו או במקו׳ חיינו אומ׳ חיים הרי זה בור וכשהם עשרה כיון שמזכירים את השם יכול לומ׳ נברך אלהינו על המזון שאכלנו משלו:
Séif 1 : s'ils étaient trois attablés, ils sont tenus au zimoun : l'un d'eux dit « nevarekh she-akhalnou mi-shelo », et ils répondent en disant « baroukh she-akhalnou mi-shelo ou-vetouvo hayinou » ; et lui répète en disant « baroukh she-akhalnou mi-shelo ou-vetouvo hayinou », « Béni sois-Tu, Éternel notre Dieu, Roi de l'univers, qui nourris le monde », etc. Et s'ils sont quatre, il peut dire « barekhou she-akhalnou mi-shelo » ; mais il vaut mieux dire « nevarekh », pour ne pas s'exclure soi-même de l'ensemble. Et s'ils sont dix, il faut mentionner le Nom : il dit « nevarekh Elo-hénou » etc., et ils répondent en disant « baroukh Elo-hénou » etc. Et l'on ne dira pas « nevarekh lé-Elo-hénou » avec un lamed. Et qu'ils soient dix, ou cent, ou mille, ou dix mille — ainsi bénissent-ils. Et quiconque modifie ce texte — par exemple en disant « nevarekh al ha-mazon she-akhalnou », ou en disant « lé-mi she-akhalnou mi-shelo », ou en disant « mi-touvo » à la place de « ou-vetouvo », ou « hayim » à la place de « hayinou » — celui-là est un rustre. Et lorsqu'ils sont dix, puisqu'ils mentionnent le Nom, il peut dire « nevarekh Elo-hénou al ha-mazon she-akhalnou mi-shelo ».
L'obligation d'abord : היו מסובין ג׳ חייבים בזימון (שו״ע או״ח קצ״ב:א). Le Mehaber ne dit pas « il est bon de », il dit ils sont tenus — et il le dit à partir de trois, exactement comme la michna : שלשה שאכלו כאחת חייבין לזמן (ברכות מ״ה ע״א). résumé : en dessous de trois il n'y a pas de zimoun ; c'est pourquoi le siman s'ouvre sur ce nombre et n'en parle plus ensuite que pour dire ce qui change au-dessus.
Puis la formule, en trois temps. Celui qui mène appelle : שאומר אחד מהם נברך שאכלנו משלו (שו״ע או״ח קצ״ב:א). L'assemblée répond : ברוך שאכלנו משלו ובטובו חיינו (שו״ע או״ח קצ״ב:א). Et il reprend leur réponse avant d'ouvrir la première bénédiction : והוא חוזר ואומר ברוך שאכלנו משלו ובטובו חיינו (שו״ע או״ח קצ״ב:א). C'est mot pour mot l'ordre du Rambam : נברך שאכלנו משלו והכל עונין ברוך שאכלנו משלו ובטובו חיינו (רמב״ם הלכות ברכות פרק ה׳ הלכה ב׳).
résumé : pourquoi celui qui appelle doit-il répéter après les autres ? Parce que l'appel n'est pas encore une bénédiction — c'est une invitation. Tant qu'il n'a pas dit lui aussi ברוך שאכלנו משלו, il n'a fait que convoquer ; en le disant, il entre dans ce qu'il a convoqué, et peut alors commencer הזן את העולם (שו״ע או״ח קצ״ב:א).

B. נברך או ברכו — le cas de quatre convives

À trois, celui qui mène est nécessairement l'un des trois : s'il disait « bénissez », il manquerait quelqu'un. À quatre, en revanche, les trois autres suffisent — et la michna admet donc les deux formes : בשלשה והוא אומר ברכו (ברכות מ״ט ע״ב). Le Mehaber le reprend : ואם הם ד׳ יכול לומר ברכו שאכלנו משלו (שו״ע או״ח קצ״ב:א).
Mais il tranche aussitôt en faveur de « nevarekh » : אבל יות׳ טוב לומר נברך שלא להוציא עצמו מן הכלל (שו״ע או״ח קצ״ב:א). La raison en est un principe général de Shmouel : לעולם אל יוציא אדם את עצמו מן הכלל (ברכות מ״ט ע״ב) ; et la Guemara conclut expressément : ומכל מקום נברך עדיף (ברכות נ׳ ע״א).
résumé : ce petit détail de vocabulaire dit tout le zimoun. Celui qui mène n'est pas un officiant qui bénit pour les autres — il est l'un d'eux qui parle avec eux. « Nevarekh », bénissons, le maintient dedans ; « barekhou », bénissez, l'en sortirait.

C. אזכרת השם בעשרה — la mention du Nom, et le lamed

À partir de dix, la formule change une seule fois, et pour toujours : ואם הם עשרה צריך להזכי׳ את ה׳ שאומ׳ נברך אלהינו וכו׳ והם עונים ואומרים ברוך אלהינו וכו׳ (שו״ע או״ח קצ״ב:א). La michna dit de même : בעשרה אומר נברך אלהינו (ברכות מ״ט ע״ב).
Mais sans lamed : ואין לומר נברך לאלהינו בלמ״ד (שו״ע או״ח קצ״ב:א). résumé : dire « bénissons à notre Dieu » ferait du Nom le destinataire d'un discours tenu entre nous ; dire « bénissons notre Dieu » en fait l'objet direct de la bénédiction. La différence tient à une seule lettre — et c'est pour une lettre que le Mehaber s'arrête. On notera que le Rambam, lui, écrit המברך אומר נברך לאלהינו שאכלנו משלו (רמב״ם הלכות ברכות פרק ה׳ הלכה ד׳) : c'est là une divergence de nossah, étudiée au Niveau 2.
Et au-delà de dix, plus rien ne change : ובין שיהיו עשרה או מאה או אלף או רבוא כך הם מברכים (שו״ע או״ח קצ״ב:א). La michna connaissait pourtant des formules croissantes pour cent, mille et dix mille ; mais la halakha suit Rabbi Akiva — מה מצינו בבית הכנסת אחד מרובים ואחד מועטים אומר ברכו את ה׳ (ברכות מ״ט ע״ב) — et la Guemara tranche : הלכה כרבי עקיבא (ברכות נ׳ ע״א).
résumé : il y a donc deux seuils et pas davantage — trois, qui crée le zimoun ; dix, qui y ajoute le Nom. Tout le reste des nombres est sans effet sur les mots que l'on dit.

D. כל המשנה מזה הנוסח, וטעה המזמן — altérer la formule, et l'oubli du Nom

Le séif se termine par une liste d'erreurs de langue, toutes tirées de la même page de Guemara : וכל המשנה מזה הנוסח כגון שאומ׳ נברך על המזון שאכלנו או שאומ׳ למי שאכלנו משלו או שאומר במקום ובטובו מטובו או במקו׳ חיינו אומ׳ חיים הרי זה בור (שו״ע או״ח קצ״ב:א). Dans la Guemara : נברך שאכלנו משלו הרי זה תלמיד חכם (ברכות נ׳ ע״א) et למי שאכלנו משלו הרי זה בור (ברכות נ׳ ע״א) ; ברוך שאכלנו משלו הרי זה תלמיד חכם (ברכות נ׳ ע״א) et על המזון שאכלנו הרי זה בור (ברכות נ׳ ע״א) ; ובטובו הרי זה תלמיד חכם, ומטובו הרי זה בור (ברכות נ׳ ע״א) ; et בטובו חיינו הרי זה תלמיד חכם (ברכות נ׳ ע״א).
résumé : le mot בור ne veut pas dire ici que la bénédiction est invalide, mais que celui qui parle ainsi montre qu'il n'a pas compris ce qu'il dit — « mi-touvo », d'une part de Sa bonté, mesure ce que Dieu donne ; « ou-vetouvo », et par Sa bonté, ne le mesure pas.
Une dernière permission, à dix : וכשהם עשרה כיון שמזכירים את השם יכול לומ׳ נברך אלהינו על המזון שאכלנו משלו (שו״ע או״ח קצ״ב:א). Ce qui était fautif à trois devient permis à dix — et la Guemara en donne exactement la raison : לא אמרן אלא בשלשה דליכא שם שמים אבל בעשרה דאיכא שם שמים מוכחא מילתא (ברכות נ׳ ע״א). résumé : à trois, « al ha-mazon » risquait de laisser croire qu'on bénit la nourriture ; à dix, le Nom est dit, et l'équivoque tombe d'elle-même.

Séif 2 — אם טעה המזמן בעשר׳

אם טעה המזמן בעשר׳ והעוני׳ ולא הזכירו אלהינו אין יכולים לחזור אבל אם עדיין לא ענו אחריו יחזור ויזמן בשם:
Séif 2 : si le mezamen s'est trompé alors qu'ils étaient dix, ainsi que ceux qui répondent, et qu'ils n'ont pas mentionné « Elo-hénou », ils ne peuvent plus revenir en arrière ; mais si l'on ne lui a pas encore répondu, il recommencera et fera le zimoun avec le Nom.
Deux moments, deux règles. Tant que nul n'a répondu : אבל אם עדיין לא ענו אחריו יחזור ויזמן בשם (שו״ע או״ח קצ״ב:ב) — l'appel n'a pas encore pris, il peut être refait. Une fois la réponse donnée : אין יכולים לחזור (שו״ע או״ח קצ״ב:ב) — le zimoun a eu lieu, fût-ce sans le Nom.
résumé : le principe sous-jacent est celui que la Guemara énonce ailleurs — אין זמון למפרע (ברכות נ׳ ע״א). Un zimoun ne se rattrape pas après coup : ou bien il est fait au moment voulu, ou bien il ne l'est pas. La mention du Nom est un ornement du zimoun de dix, non sa condition d'existence ; son oubli n'annule donc pas ce qui a été fait.
Le siman en une phrase : le zimoun est une formule, et le siman en garde les mots — היו מסובין ג׳ חייבים בזימון ; on dit נברך שאכלנו משלו et l'on répond ברוך שאכלנו משלו ובטובו חיינו ; à quatre נברך vaut mieux que ברכו, pour ne pas s'exclure ; à dix on ajoute le Nom, mais jamais avec un lamed, et cent ou mille n'y changent rien ; qui altère la formule הרי זה בור ; et qui a oublié le Nom ne recommence que si nul n'a encore répondu.

Cas pratiques

Cas 1 — Nous sommes quatre à table : « nevarekh » ou « barekhou » ?

Situation : je mène le Birkat haMazon devant trois autres convives. Puis-je dire « barekhou » ?
Conduite : c'est permis — ואם הם ד׳ יכול לומר ברכו שאכלנו משלו (שו״ע או״ח קצ״ב:א) — mais ce n'est pas ce qu'on choisit : אבל יות׳ טוב לומר נברך שלא להוציא עצמו מן הכלל (שו״ע או״ח קצ״ב:א), et la Guemara dit de même ומכל מקום נברך עדיף (ברכות נ׳ ע״א). Pour l'usage de sa communauté, on suit son Rav.

Cas 2 — Nous sommes dix : que faut-il ajouter ?

Situation : un repas de dix hommes ; le mezamen doit-il changer quelque chose ?
Conduite : oui, une seule chose — le Nom : ואם הם עשרה צריך להזכי׳ את ה׳ שאומ׳ נברך אלהינו (שו״ע או״ח קצ״ב:א), et l'assemblée répond ברוך אלהינו (שו״ע או״ח קצ״ב:א). Attention à la forme exacte : ואין לומר נברך לאלהינו בלמ״ד (שו״ע או״ח קצ״ב:א). Et s'il vient encore du monde, rien de plus ne change : ובין שיהיו עשרה או מאה או אלף או רבוא כך הם מברכים (שו״ע או״ח קצ״ב:א). Pour la pratique, on suit son Rav.

Cas 3 — J'ai commencé le zimoun à dix sans dire « Elo-hénou »

Situation : nous étions dix, j'ai dit « nevarekh she-akhalnou mi-shelo » sans mentionner le Nom. Que faire ?
Conduite : tout dépend de ce qui s'est passé juste après. Si personne n'a encore répondu — אבל אם עדיין לא ענו אחריו יחזור ויזמן בשם (שו״ע או״ח קצ״ב:ב) — on reprend l'appel avec le Nom. Si l'assemblée a déjà répondu — אין יכולים לחזור (שו״ע או״ח קצ״ב:ב) — on poursuit le Birkat haMazon sans recommencer. résumé : le zimoun ne se refait pas après coup, אין זמון למפרע (ברכות נ׳ ע״א). Pour la pratique, on suit son Rav.

Questions de compréhension

Vérifie ta compréhension :
  1. À partir de combien de convives y a-t-il obligation de zimoun, et pourquoi le siman ne parle-t-il pas de deux (séif 1) ?
  2. Pourquoi celui qui mène répète-t-il la réponse de l'assemblée avant d'ouvrir la bénédiction (séif 1) ?
  3. Pourquoi « nevarekh » vaut-il mieux que « barekhou » même à quatre (séif 1) ?
  4. Qu'ajoute-t-on à dix, et pourquoi refuse-t-on le lamed (séif 1) ?
  5. Pourquoi על המזון שאכלנו est-il fautif à trois et permis à dix (séif 1), et que faire si le Nom a été oublié (séif 2) ?

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
Continuer vers le siman suivantSiman 193 →
~ ~ ~ ~ ~
DAAT · רב יוסף חיים סממה

סימן קצ״ב · ב׳ סעיפים · Niveau 1 — Initiation
♥ Soutenir DAAT
📖Rejoindre la khavroutha