Pourquoi un niveau 4 dédié à l’Admour HaZaken ? Le Choulhan Aroukh de l’Admour HaZaken n’est pas un commentaire sur le Mehaber (מחבר) — c’est un Choulhan Aroukh autonome et complet, écrit par l’Admour HaZaken (Rabbi Schneur Zalman de Liadi, fondateur de Habad, élève du Maguid (מגיד) de Mezeritch). Sa singularité : il combine halakha (הלכה) + טעמי המצוות + dimension intérieure dans un seul ouvrage, et il tranche avec une rigueur talmudique unique.
Pour le Habad, l’Admour HaZaken est הפוסק האחרון — son psak est l’autorité décisionnaire. Cette page rassemble la voie du Rav sur le siman קצ״ג — אִם מִצְטָרְפִין לְזִמּוּן אִם לָאו (Qui se joint au zimoun et qui ne s’y joint pas), qui se déploie chez le Rav en ב׳ סְעִיפִים (deux seifim) : le cas de deux hommes qui ont mangé ensemble — inaptes au zimoun, et tenus a priori de bénir chacun pour soi — mais dont l’un sait bénir et l’autre non, de sorte que celui qui sait acquitte celui qui ne sait pas, à condition que la fixité (kevi’out) requise pour joindre à un zimoun de trois ait été établie ; puis l’exigence de kavana des deux côtés — l’auditeur suivant mot à mot, le récitant ayant l’intention d’acquitter — avec renvoi au siman 185 sur la question de la langue ; et enfin la définition même de cette fixité : accoudement sur les lits, table unique, ou nappe unique de nos jours.
→ Lire la préface générale sur la chitah de l’Admour HaZaken
שולחן ערוך הרב — סימן קצ״ג — אִם מִצְטָרְפִין לְזִמּוּן אִם לָאו
Le texte intégral du Choulhan Aroukh de l’Admour HaZaken
שולחן ערוך הרב, סימן קצ״ג — אִם מִצְטָרְפִין לְזִמּוּן אִם לָאו — וּבוֹ ב׳ סְעִיפִים
Texte de l’Admour HaZaken lui-même (source Sefaria Shulchan_Arukh_HaRav,_Orach_Chayim.193), suivi de notre traduction française. Le siman comporte deux seifim (ב׳ סְעִיפִים ; seif k → .193.k).
סעיף א שְׁנַיִם שֶׁאָכְלוּ — הַיּוֹדֵעַ מְבָרֵךְ וּמוֹצִיא אֶת שֶׁאֵינוֹ יוֹדֵעַ.
אִם מִצְטָרְפִין לְזִמּוּן אִם לָאו, וּבוֹ ב׳ סְעִיפִים:
שְׁנַיִם שֶׁאָכְלוּ כְּאַחַת, אִם נִקְבְּעוּ בִּקְבִיעוּת הַמּוֹעֶלֶת לְצָרֵף לְזִמּוּן בִּשְׁלֹשָׁה, אַף עַל פִּי שֶׁשְּׁנַיִם אֵין רְאוּיִם לְזִמּוּן, וְלָכֵן צָרִיךְ כָּל אֶחָד לְבָרֵךְ לְעַצְמוֹ לְכַתְּחִלָּה, מִכָּל מָקוֹם, אִם אֶחָד יוֹדֵעַ לְבָרֵךְ וְהַשֵּׁנִי אֵינוֹ יוֹדֵעַ — מְבָרֵךְ הַיּוֹדֵעַ וּמוֹצִיא מִי שֶׁאֵינוֹ יוֹדֵעַ.
וְצָרִיךְ לְכַוֵּן מִלָּה בְּמִלָּה לְכָל מַה שֶּׁיֹּאמַר הַמְבָרֵךְ, וְהַמְבָרֵךְ צָרִיךְ לְכַוֵּן לְהוֹצִיאוֹ יְדֵי חוֹבָתוֹ.
וְאִם צָרִיךְ שֶׁיִּהְיֶה הָעַם הָאָרֶץ מֵבִין בִּלְשׁוֹן הַקֹּדֶשׁ, נִתְבָּאֵר בְּסִימָן קפ״ה:
S’ils se joignent au zimoun ou non, et il comporte deux seifim. Deux personnes qui ont mangé ensemble : si elles se sont fixées de la fixité (kevi’out) qui est efficace pour joindre à un zimoun de trois — bien que deux ne soient pas aptes au zimoun, et que chacun doive donc a priori bénir pour lui-même — néanmoins, si l’un sait bénir et que le second ne sait pas, celui qui sait bénit et acquitte celui qui ne sait pas.
Et il faut se concentrer mot à mot sur tout ce que dira celui qui bénit, et celui qui bénit doit avoir l’intention de l’acquitter de son obligation.
Et quant à savoir si le am haaretz doit comprendre la langue sainte, cela a été expliqué au siman 185.
סעיף ב אֵיזוֹ הִיא קְבִיעוּת הַמִּצְטָרֶפֶת לְזִמּוּן?
אֵיזוֹ הִיא קְבִיעוּת הַמִּצְטָרֶפֶת לְזִמּוּן? כְּשֶׁהֵסֵבוּ עַל הַמִּטּוֹת, אוֹ שֶׁיָּשְׁבוּ בְּשֻׁלְחָן אֶחָד, אוֹ בְּלֹא שֻׁלְחָן בְּמַפָּה אַחַת, בִּזְמַן הַזֶּה שֶׁאֵין לָנוּ הֲסִבָּה, אוֹ שֶׁקָּבְעוּ [חָסֵר]:
Quelle est la fixité (kevi’out) qui joint au zimoun ? Lorsqu’ils se sont accoudés sur les lits, ou qu’ils se sont assis à une même table, ou, sans table, sur une même nappe — de nos jours, où nous n’avons pas l’accoudement (hassiba) — ou qu’ils se sont fixés [manquant].
הלכה למעשה — מנהג חב״ד
La conduite Habad pratique
Des points de conduite qui découlent directement du siman קצ״ג dans la sensibilité de l’Admour HaZaken et de Habad — présentés au niveau du principe, en renvoyant au Rav pour le détail des cas.
Pour le Hassid Habad — Siman קצ״ג (אִם מִצְטָרְפִין לְזִמּוּן אִם לָאו)
- ① Seif א. Deux hommes qui ont mangé ensemble ne forment pas un zimoun : a priori, chacun bénit pour lui-même. Mais si l’un sait bénir et que l’autre ne sait pas, celui qui sait bénit à voix haute et acquitte celui qui ne sait pas — et cela suppose qu’ils se soient fixés de la fixité (kevi’out) qui, à trois, aurait joint au zimoun.
- ① bis — la kavana des deux côtés. L’auditeur doit suivre mot à mot tout ce que dit celui qui bénit, et celui qui bénit doit avoir l’intention de l’acquitter : l’acquittement ne se fait ni par distraction ni par hasard. La question de savoir si celui qui ne sait pas doit comprendre la langue sainte, le Rav ne la tranche pas ici — il renvoie explicitement au siman 185.
- ② Seif ב. Qu’est-ce que cette fixité qui joint au zimoun ? L’accoudement (hassiba) sur les lits ; ou le fait de s’asseoir à une même table ; ou, sans table, sur une même nappe — c’est la forme retenue de nos jours, où l’accoudement n’a plus cours.
- ② bis — une lacune du texte. Le seif ב s’achève sur « ou qu’ils se sont fixés », suivi de la mention [חָסֵר] portée par l’édition : le développement du Rav ne nous est pas parvenu à cet endroit. Nous n’ajoutons rien : pour la suite pratique de la définition de la kevi’out, on se reporte aux niveaux 1 à 3 de ce siman (Mehaber et Rama) et à son Rav.
⚠ Cette section présente la conduite Habad fondée sur le Choulhan Aroukh de l’Admour HaZaken, siman קצ״ג (texte réel reproduit au §1). Elle ne remplace pas une décision rabbinique pour un cas particulier. Pour toute question concrète — deux qui ont mangé ensemble, l’acquittement de celui qui ne sait pas bénir, la kevi’out requise — consulter ton Rav, et pour Habad, un Rav de Habad.