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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman ש״ע · 8 séifim du Choulhan Aroukh

Qui doit prendre part à l'érouv des cours — pour découvrir et comprendre
סימן ש״ע
דיני שתוף בערוב
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Première approche du Siman ש״ע : texte hébreu intégral du Mehaber et des gloses du Rama, traduction française, explications des concepts halakhiques, cas pratiques et synthèse.

Sujet : qui, parmi ceux qui demeurent dans la cour, doit donner sa part à l'érouv, et qui n'interdit pas aux habitants de la cour
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן ש״ע (8 séifim dans le Choulhan Aroukh, avec des gloses du Rama aux séifim ב, ג, ד et ח ; 10 séifim dans le Choulhan Aroukh HaRav, étudié au niveau 4)

Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

📑 Plan de l'étude

1. Le texte du Choul'han Aroukh — les 8 séifim du Mehaber, avec les gloses du Rama
2. Le contexte général : pourquoi ce siman, quelle est la question ?
3. Les concepts-clés halakhiques de ce siman
4. Le détail des seifim — un par un
5. Le Mishnah Berurah — premières entrées
6. La position du Rama — ses gloses aux séifim ב, ג, ד et ח
7. Cas pratiques modernes
8. Synthèse pratique et règles à retenir
9. Questions de compréhension

1. Le texte du Choul'han Aroukh

Le siman ש״ע contient 8 séifim du Mehaber (Rabbi Yossef Karo) ; le Rama y ajoute des gloses aux séifim ב, ג (deux gloses), ד et ח. Objet du siman : qui, parmi ceux qui demeurent dans la cour, doit donner sa part à l'érouv — celui qui habite un lieu qui n'est pas une habitation (séif א), ceux qui habitent les maisons qu'un maître de maison leur a prêtées ou louées (séif ב), les groupes d'une même grande salle partagée par des cloisons (séif ג), ceux qui mangent à une même table (séif ד), celui qui mange en un lieu et dort en un autre, et ceux qui reçoivent une portion (séifim ה et ו), les maisons l'une à l'intérieur de l'autre (séif ז), et celui qui est hébergé (séif ח). Le Choulhan Aroukh HaRav (de l'Admour HaZaken) compte 10 séifim pour ce siman ; sa rédaction est étudiée au niveau 4.

Seif א

דיני שתוף בערוב. ובו ח סעיפים:
הדר בבי' שער אכסדרה ומרפס' שבחצר אינו אוסר על בני החצר שאינם חשובים דירה אבל הדר בבי' התבן בבי' העצים בבי' הבקר ובבי' האוצרו' אוסר:
Traduction : Celui qui habite dans un bâtiment d'entrée [beit cha'ar], une exèdre [akhsadra] ou une galerie [mirpesset] qui sont dans la cour n'interdit pas aux habitants de la cour [même s'il n'a pas donné sa part à l'érouv — Michna Beroura, ס״ק ג], car ils ne sont pas considérés comme une habitation ; mais celui qui habite dans la remise à paille, dans la remise à bois, dans l'étable ou dans les entrepôts interdit [jusqu'à ce qu'il donne sa part à l'érouv — Michna Beroura, ס״ק ו].
Ce que dit ce séif :

Seif ב

בעל הבי' שיש לו הרבה בתים בחצר והשאילן או השכירן לאחרים ויש לו בכל א' מהם דברים שאינם ניטלים בשב' מחמ' כבדן או מחמ' איסור שהם דברים שאסור לטלטלם אפי' לצורך מקומו אין הדרים בהם אוסרים עליו לפי שנעשו כולם כאורחים אצלו לפיכך גם הם מותרים להוציא מבתיהם לחצר אע״פ שלא נתנו עירוב ואם אין הבתים שלו לא קנויות ולא שכירות אע״פ שיש לו בהם דברים שאסור לטלטלם אוסרים זה על זה: הגה ויש אומרים דכל זה כשאין דיורים בחצר אלא הם אבל כשיש דיורים אחרים ומוליכים ערובן אצלן צריכים כל אחד לערב (הר״ר יהונתן פרק כיצד משתתפין) אחד ששכר בית מן העכו״ם והשכיר אחד מן הבירה לחבירו אם מתחלה לא שכרה אדעתא דהכי הוה ליה כאלו כל הבירה שלו והשכיר אחד מן הבתים לחבירו אבל אם שכרה מתחלה אדעתא דהכי הוה ליה שני בתים ולא מהני אע״פ שיש לאחד מהם תפיסת יד בבית חבירו (מהרי״ק שורש מ״א):
Traduction : Le maître de maison qui a plusieurs maisons dans la cour et les a prêtées ou louées à d'autres, et qui a dans chacune d'elles des objets qu'on ne prend pas le Shabbat, à cause de leur poids ou à cause d'un interdit, qui sont des objets qu'il est interdit de déplacer même pour le besoin de leur place [ces derniers mots portent-ils aussi sur le poids ? la Michna Beroura (ס״ק ח) et le Magen Avraham (ס״ק ג) ne lisent pas de même : voir la section 7, premier cas] : ceux qui y habitent ne lui interdisent pas, car ils sont tous devenus comme des invités chez lui ; c'est pourquoi eux aussi sont autorisés à sortir [des objets] de leurs maisons vers la cour, bien qu'ils n'aient pas donné [leur part à] l'érouv. Et si les maisons ne sont pas à lui, ni achetées ni louées, bien qu'il ait en elles des objets qu'il est interdit de déplacer, ils s'interdisent les uns aux autres. Glose du Rama : et certains disent que tout cela vaut quand il n'y a dans la cour d'autres habitants qu'eux ; mais quand il y a d'autres habitants et qu'on porte leur érouv chez ceux-ci [selon la Michna Beroura, ס״ק י״ג : quand l'érouv est déposé non dans la maison de ce maître de maison, mais dans les maisons des autres habitants], chacun doit prendre part à l'érouv [références du Rama, telles qu'imprimées : הר״ר יהונתן פרק כיצד משתתפין]. Celui qui a loué une maison [bayit ; c'est la bira, un grand bâtiment, dont il est question ensuite] d'un non-Juif et a loué l'une [des pièces] de la bira à son prochain [l'une de la bira, c'est une pièce de la bira — Michna Beroura, ס״ק י״ד] : si dès le départ il ne l'a pas louée dans cette intention, c'est comme si toute la bira était à lui et qu'il avait loué l'une des maisons à son prochain ; mais s'il l'a louée dès le départ dans cette intention [de louer aussi pour son prochain — Michna Beroura, ס״ק ט״ז], ce sont deux maisons, et cela ne sert pas, bien que l'un d'eux ait une prise de main [tefissat yad] dans la maison de son prochain [références du Rama, telles qu'imprimées : מהרי״ק שורש מ״א].
Ce que dit ce séif :

Seif ג

חמש חבורות ששבתו בטרקלין וחלקוהו במחיצות אם עוברים כולם זה על זה שאין פתח לחצר אלא החיצון וכולם עוברים דרך עליו אין צריכים ליתן בעירוב אלא שנים הפנימיים וכל האחרים חשובים כבית שער להם ואם היה לכל א' פתח פתוח לחצר: הגה או שאין עוברים זה על זה רק כל אחד יש לו פתח פתוח לבית שער שלפניהם והבית שער פתוח לחצר (ב״י) אם המחיצות מגיעות לתקרה בתוך ג״ט דהוי כל א' חדר בפני עצמו אפילו הן של יריעות אם בני החצר נותנים העירוב בא' משאר בתי החצר צריך כל אחת ואחת מחבורות שבטרקלין ליתן עירוב אבל אם נתנו העירוב בזה הטרקלין אין צריכין ליתן עירוב כלל שכולם דרים בבית זה ובית שמניחים בו העירוב אין צריך ליתן עירוב וכן אם אין דיורין אחרים בחצר אינם צריכים עירוב חלקוהו במחיצות שאין נוגעות לתקר' (אפי') אם בני החצר נותנים עירובן בא' משאר בתי החצר די בעירוב א' לכל החמש חבורות: הגה אם מקצתן עשו מחיצות ומקצתן לא עשו אותן שעשו הם מחולקים ואותם שלא עשו הם כמשותפין. (המגיד פרק ד') ואם היו דיורין בעליות ממש אפילו נתנו בני החצר העירוב בטרקלין צריכה כל חבורה וחבורה לתת עירוב אבל מי שיש לו מלמד או סופר בביתו וכן תלמידים הלומדים בפני הרב ודרים בביתו כל א' בחדרו אפילו יש לכל א' פתח פתוח לחצר ואוכל וישן בחדרו אינם אוסרים:
Traduction : Cinq groupes qui ont séjourné dans une grande salle [teraklin ; c'est-à-dire dont l'habitation est dans la salle — Michna Beroura, ס״ק י״ח] et l'ont partagée par des cloisons : s'ils passent tous l'un par l'autre — il n'y a d'ouverture vers la cour que [celle du groupe] le plus extérieur, et tous passent par lui —, seuls les deux plus intérieurs ont besoin de donner pour l'érouv, et tous les autres sont considérés comme un bâtiment d'entrée pour eux. Et si chacun avait une ouverture donnant sur la cour — glose du Rama : ou bien ils ne passent pas l'un par l'autre, mais chacun a une ouverture donnant sur le bâtiment d'entrée qui est devant eux, et le bâtiment d'entrée est ouvert sur la cour [référence du Rama : ב״י] — : si les cloisons atteignent le plafond, à moins de trois téfahim, de sorte que chacun est une chambre à part, même si elles sont de tentures [à condition, écrit la Michna Beroura, qu'elles soient bien attachées en bas, pour que le vent ne les agite pas — ס״ק כ״ג], [alors] si les habitants de la cour déposent l'érouv dans l'une des autres maisons de la cour, chacun des groupes de la salle doit donner l'érouv ; mais s'ils ont déposé l'érouv dans cette salle même, ils n'ont pas du tout besoin de donner l'érouv, car ils habitent tous dans cette maison, et la maison où l'on dépose l'érouv n'a pas besoin de donner l'érouv ; et de même, s'il n'y a pas d'autres habitants dans la cour, ils n'ont pas besoin d'érouv. [S'ils l'ont] partagée par des cloisons qui n'atteignent pas le plafond [parenthèse telle qu'imprimée : (אפי׳), même], si les habitants de la cour déposent leur érouv dans l'une des autres maisons de la cour, un seul érouv suffit pour les cinq groupes. Glose du Rama : si certains d'entre eux ont fait des cloisons et d'autres n'en ont pas fait, ceux qui en ont fait sont séparés, et ceux qui n'en ont pas fait sont comme associés [référence du Rama : המגיד פרק ד׳]. Et s'ils [les groupes eux-mêmes] étaient des habitants de véritables chambres hautes [aliyot mamach ; la Michna Beroura, ס״ק ל״א, y joint les groupes séparés par des cloisons fixes qui atteignent le plafond], même si les habitants de la cour ont déposé l'érouv dans la salle, chaque groupe doit donner l'érouv [sauf, écrit le Biour Halakha, le groupe chez qui l'on dépose l'érouv]. Mais celui qui a chez lui un précepteur ou un scribe, et de même des élèves qui étudient devant le Rav et habitent dans sa maison, chacun dans sa chambre, même si chacun a une ouverture donnant sur la cour et mange et dort dans sa chambre, ils n'interdisent pas.
Ce que dit ce séif :

Seif ד

אנשי חצר שהיו כולם אוכלים על שלחן אחד אע״פ שכל א' יש לו בית בפני עצמו אינם צריכים עירוב מפני שהם כאנשי בית א' ואם הוצרכו לעשות עירוב עם אנשי חצר אחרת עירוב אחד (לכולן) ופת אחד בלבד מוליכין לאותו מקום שמערבין עמו ואם היה עירוב בא אצלם אינם צריכים לתת עירוב כדין בית שמניחים בו עירוב שכל אלו הבתים כבית אחת הם חשובים: הגה וכן אם הרבה בעלי בתים אוכלים בחדר אחד כל אחד על שלחנו אע״פ שכל א' ישן בחדר בפני עצמו עירוב א' לכולם הואיל ואין מחיצה מפסקת בין מקום אכילתן הוי כחמשה ששבתו בטרקלין וכו' ואע״פ שפורסין לפעמים וילון לפניהם לצניעות לא מיקרי מחיצה הואיל ולא הוי שם בקביעות (ר' ירוחם חט״ו):
Traduction : Les habitants d'une cour qui mangeaient tous à une même table, bien que chacun ait une maison à lui, n'ont pas besoin d'érouv, car ils sont comme les gens d'une seule maison. Et s'ils ont eu besoin de faire un érouv avec les habitants d'une autre cour, ils portent un seul érouv [parenthèse telle qu'imprimée : (לכולן), pour eux tous] et un seul pain à l'endroit avec lequel ils font l'érouv ; et si l'érouv vient chez eux, ils n'ont pas besoin de donner l'érouv, selon la règle de la maison où l'on dépose l'érouv, car toutes ces maisons sont considérées comme une seule maison. Glose du Rama : et de même, si plusieurs maîtres de maison mangent dans une même pièce, chacun à sa table, bien que chacun dorme dans une chambre à part, un seul érouv [suffit] pour tous, puisqu'aucune cloison ne sépare le lieu de leur repas : c'est comme cinq qui ont séjourné dans une salle, etc. ; et bien qu'on tende parfois un rideau devant eux par pudeur, cela ne s'appelle pas une cloison, puisqu'il n'y est pas à demeure [références du Rama, telles qu'imprimées : ר׳ ירוחם חט״ו].
Ce que dit ce séif :

Seif ה

מי שאוכל במקום א' וישן במקום אחר מקום אכילתו הוא העיקר ושם הוא אוסר הילכך האחים שאוכלים בבית אביהם וישנים בבתיהם אינם אוסרים ואם נותן להם פרס ואוכלים בבתיהם אוסרים והני מילי כשנותנים בני שאר החצר עירובן במקום אח' אבל אם היו בני שאר החצר נותנים העירוב בא' מבתים אלו או שאין עמהם דיורים בחצר אינם צריכים לערב:
Traduction : Celui qui mange en un lieu et dort en un autre lieu [dans une autre cour — Michna Beroura, ס״ק מ״ב] : son lieu de repas est l'essentiel, et c'est là qu'il interdit. C'est pourquoi les frères qui mangent chez leur père et dorment dans leurs maisons n'interdisent pas ; et s'il leur donne une portion [peras] et qu'ils mangent dans leurs maisons, ils interdisent. Et cela [selon la Michna Beroura, ס״ק מ״ו : que la portion reçue ne sert pas] vaut quand les habitants du reste de la cour déposent leur érouv en un autre lieu ; mais si les habitants du reste de la cour déposaient l'érouv dans l'une de ces maisons, ou s'il n'y a pas d'habitants avec eux dans la cour, ils n'ont pas besoin de faire l'érouv.
Ce que dit ce séif :

Seif ו

מי שיש לו חמשה נשים וחמש' עבדים מקבלים ממנו פרס וכל א' אוכל בביתו וכן תלמיד המקבל פרס מרבו ואוכל בביתו אינם אוסרים זה על זה אם אין עמהם דיורין בחצר או אם העירוב בא אצלם:
Traduction : Celui qui a cinq épouses et cinq esclaves qui reçoivent de lui une portion, et chacun mange dans sa maison, et de même l'élève qui reçoit une portion de son maître et mange dans sa maison : ils n'interdisent pas les uns aux autres, s'il n'y a pas d'habitants avec eux dans la cour, ou si l'érouv vient chez eux.
Ce que dit ce séif :

Seif ז

עשרה בתים זה לפנים מזה וכולם עוברים זה לזה ויוצאים דרך החיצון לחצר שנים הפנימיים לבד צריכים ליתן בעירוב והשאר פטורים שחשובים כולם כבית שער:
Traduction : Dix maisons l'une à l'intérieur de l'autre, toutes passant de l'une à l'autre et sortant par la plus extérieure vers la cour : seules les deux plus intérieures doivent donner pour l'érouv, et les autres en sont exemptées, car elles sont toutes considérées comme un bâtiment d'entrée.
Ce que dit ce séif :

Seif ח

המתארח בחצר אפי' נתארח בבית בפני עצמו אם לא נתארח דרך קבע אלא לשלשים יום או פחות אינו אוסר על בני החצר והוא והם מותרים בין בביתו בין בביתם: הגה ואפילו אם האורחים רבים ובעל הבית א' ודוקא בדאיכא בעל הבית א' קבוע דאז האורחים בטלים לגביה אבל אורחים ביחד אוסרים זע״ז מיד [תה״ד סי' ע״ו מגמ' סוף דף ע'] ועיין לקמן ס״ס שצ״א: [ועכו״ם המתארח ע״ל סי' שפ״ד]:
Traduction : Celui qui est hébergé dans une cour, même s'il est hébergé dans une maison à part, s'il n'est pas hébergé de façon fixe, mais pour trente jours ou moins, n'interdit pas aux habitants de la cour, et lui et eux sont autorisés, tant dans sa maison que dans les leurs. Glose du Rama : et même si les invités sont nombreux et le maître de maison un seul ; et seulement quand il y a un maître de maison fixe, car alors les invités sont annulés par rapport à lui ; mais des invités ensemble [c'est-à-dire quand il n'y a dans la cour que des invités, et quand chacun a une pièce particulière pour manger — Michna Beroura, ס״ק נ״ח] s'interdisent les uns aux autres aussitôt [entre crochets dans l'édition imprimée sur Sefaria (Maginei Eretz) : תה״ד סי׳ ע״ו מגמ׳ סוף דף ע׳] ; et voir plus loin, à la fin du siman שצ״א ; [entre crochets dans la même édition : et pour le non-Juif hébergé, voir plus loin, siman שפ״ד].
Ce que dit ce séif :

2. Le contexte général

De quoi parle ce siman ?

Le siman ש״ע a pour titre « דיני שתוף בערוב » (שו״ע או״ח ש״ע:א). Il demande qui doit donner sa part à l'érouv. Un habitant qui n'a pas donné sa part interdit aux autres habitants de la cour — la Michna Beroura l'explique sur le mot אוסר du séif א : « עד שיתן חלקו בעירוב » (משנה ברורה ש״ע ס״ק ו) —, et le séif ב dit de ceux qui, comme des invités, n'interdisent pas : « מותרים להוציא מבתיהם לחצר » (שו״ע או״ח ש״ע:ב). Le siman examine, séif après séif, des habitants qui, pour des raisons différentes, n'interdisent pas ou n'ont pas à donner leur part.

La question fondamentale : qui compte comme un habitant de la cour pour l'érouv ? Le siman ne répond pas par une règle unique, mais par plusieurs raisons, chacune dans son séif, notamment : le lieu n'est pas une habitation (séif א) ; ceux qui y habitent sont devenus « כאורחים אצלו » (שו״ע או״ח ש״ע:ב) ; dans la salle partagée dont les groupes passent tous l'un par l'autre, et dans les maisons qui se traversent, tous sauf les deux plus intérieurs valent « כבית שער » (שו״ע או״ח ש״ע:ג ; de même au séif ז) ; ceux qui mangent ensemble sont « כאנשי בית א׳ » (שו״ע או״ח ש״ע:ד) ; le lieu du repas est l'essentiel (séif ה) ; ceux que leur portion rattache au maître de maison, à leurs conditions (séifim ה et ו) ; l'invité d'un temps n'interdit pas (séif ח). Sur le séif א, à propos de la remise à paille, de la remise à bois, de l'étable et des entrepôts, la Michna Beroura renvoie au séif ה pour dire que, si l'on y mange, c'est une habitation même si l'on n'y dort pas : « דאם אוכל שם אע״פ שאינו ישן ושוכב שם מקרי דירה דמקום פיתא גורם » (משנה ברורה ש״ע ס״ק ה).

Place dans Hilkhot Érouvin

Le siman ש״ע suit le siman שס״ט, qui dit de quelle manière on fait acquérir l'érouv (titre du siman : « באיזה אופן מקנין העירוב », שו״ע או״ח שס״ט:א). Il renvoie lui-même à d'autres simanim : la glose du Rama, au séif ח, renvoie à la fin du siman שצ״א ; suit, entre crochets dans l'édition imprimée sur Sefaria (Maginei Eretz), un renvoi au siman שפ״ד pour le non-Juif hébergé (« ועכו״ם המתארח ע״ל סי׳ שפ״ד », שו״ע או״ח ש״ע:ח) ; la Michna Beroura renvoie notamment plus loin au siman שע״ה pour le sens de la mirpesset (ס״ק ב), en arrière au siman שס״ב séif א pour les tentures du séif ג (ס״ק כ״ג), et, au séif ח, en arrière au siman שס״ו séif ט (ס״ק נ״ה) et plus loin au siman שפ״ד séif א (ס״ק נ״ו).

3. Les concepts-clés halakhiques

Quelques notions structurent ce siman :

Les notions essentielles du siman ש״ע :

4. Le détail des seifim — un par un

SeifContenu
אCelui qui habite dans un bâtiment d'entrée, une exèdre ou une galerie de la cour n'interdit pas, ce ne sont pas des habitations ; celui qui habite dans la remise à paille, la remise à bois, l'étable ou les entrepôts interdit.
בLe maître de maison qui a prêté ou loué ses maisons de la cour, et garde dans chacune des objets qu'on ne prend pas le Shabbat (à cause de leur poids ou d'un interdit, qui sont des objets qu'il est interdit de déplacer même pour le besoin de leur place) : ceux qui y habitent ne lui interdisent pas, ils sont comme ses invités, et eux aussi peuvent sortir vers la cour sans avoir donné à l'érouv. Si les maisons ne sont pas à lui, ni achetées ni louées, ils s'interdisent les uns aux autres. Rama : selon un avis, cela vaut seulement quand il n'y a pas d'autres habitants dans la cour — s'il y en a et que l'érouv est porté chez ces autres habitants, chacun doit donner ; et la bira louée d'un non-Juif dont on loue une pièce à son prochain : si on ne l'a pas louée dans cette intention, c'est comme si toute la bira était à lui ; si on l'a louée dans cette intention, ce sont deux maisons, et la tefissat yad ne sert pas.
גCinq groupes dans une salle partagée par des cloisons : s'ils passent l'un par l'autre, seuls les deux plus intérieurs donnent. Si chacun a son ouverture sur la cour (Rama : ou sur un bâtiment d'entrée ouvert sur la cour), avec des cloisons qui atteignent le plafond à moins de trois téfahim, même de tentures : chaque groupe donne si l'érouv est déposé dans une autre maison, aucun s'il est déposé dans la salle ou s'il n'y a pas d'autres habitants — selon la Michna Beroura, avec des cloisons provisoires seulement (ס״ק כ״ה). Cloisons qui n'atteignent pas le plafond, l'érouv étant déposé dans une autre maison : un seul érouv pour les cinq. Rama : ceux qui ont fait des cloisons sont séparés, les autres sont comme associés. De vraies chambres hautes, ou des cloisons fixes qui atteignent le plafond (Michna Beroura, ס״ק ל״א) : chaque groupe donne, même si l'érouv est dans la salle et même s'il n'y a pas d'autres habitants (Michna Beroura, ס״ק כ״ה, ס״ק ל״ב). Le précepteur ou le scribe logé chez un maître de maison, et les élèves logés chez le Rav, chacun dans sa chambre, n'interdisent pas.
דLes habitants d'une cour qui mangent tous à une même table n'ont pas besoin d'érouv, ils sont comme une seule maison ; avec une autre cour, ils portent un seul érouv et un seul pain, et si l'érouv vient chez eux, ils ne donnent pas. Rama : de même plusieurs maîtres de maison qui mangent dans une même pièce, chacun à sa table ; un rideau tendu parfois par pudeur n'est pas une cloison.
הCelui qui mange en un lieu et dort en un autre : le lieu du repas est l'essentiel, c'est là qu'il interdit. Les frères qui mangent chez leur père n'interdisent pas ; s'il leur donne une portion et qu'ils mangent chez eux, ils interdisent — quand l'érouv du reste de la cour est déposé ailleurs ; s'il est déposé dans l'une de ces maisons, ou s'il n'y a pas d'autres habitants avec eux, ils n'ont pas besoin de faire l'érouv.
וLes épouses et les esclaves qui reçoivent une portion du maître de maison et mangent chacun dans sa maison, et l'élève qui reçoit une portion de son maître : ils n'interdisent pas les uns aux autres, s'il n'y a pas d'autres habitants dans la cour ou si l'érouv vient chez eux.
זDix maisons l'une dans l'autre, qui sortent par la plus extérieure : seules les deux plus intérieures donnent ; les autres sont comme un bâtiment d'entrée.
חL'invité hébergé non de façon fixe, pour trente jours ou moins, même dans une maison à part, n'interdit pas. Rama : même des invités nombreux, quand il y a un maître de maison fixe ; des invités seuls s'interdisent aussitôt, selon la Michna Beroura (ס״ק נ״ח) quand chacun a une pièce particulière pour manger.
Le cœur du siman : qui doit donner sa part à l'érouv ? Celui qui habite un lieu qui compte comme une habitation interdit tant qu'il n'a pas donné sa part (séif א ; Michna Beroura, ס״ק ו). Le siman dit ensuite, séif par séif, qui n'a pas à la donner : ceux qui sont comme les invités du maître de maison (séif ב) ; les groupes d'une salle partagée, selon la disposition des ouvertures et des cloisons (séif ג) ; ceux qui mangent tous à une même table (séif ד) ; ceux que leur repas ou leur portion rattache au maître de maison, à leurs conditions (séifim ה et ו) ; les maisons qu'on traverse, qui comptent comme un bâtiment d'entrée, sauf les deux plus intérieures (séif ז) ; et l'invité d'un temps (séif ח). Le lieu où l'on dépose l'érouv dispense de donner, notamment aux séifim ג, ד, ה et ו.

5. Le Mishnah Berurah — premières entrées

Le Mishnah Berurah de Rabbi Israël Méir Kagan (Hafets Haïm) compte 61 entrées sur ce siman. Voici les premières — pour mieux comprendre le sens du séif א :

משנה ברורה (א) — (א) הדר בבית שער וכו' - לא שנא של רבים ולא שנא של יחיד ואע״פ שיש לו להבית שער ארבע מחיצות וגם הוא מקורה אפ״ה כיון שעוברים דרך שם אינו חשוב דירה ועיין לקמן בס״ז:
משנה ברורה (ב) — (ב) ומרפסת - פירושה מבואר לקמן בסימן שע״ה:
משנה ברורה (ג) — (ג) אינו אוסר וכו' - אם לא נתן חלק בעירוב:
משנה ברורה (ד) — (ד) שאינם חשובים דירה - וה״ה סוכת החג בחג ג״כ לא חשיבה דירה לאסור. בית שאין בו ד״א על ד״א אינו אוסר דלא חשיבא דירה:
משנה ברורה (ה) — (ה) אבל הדר וכו' - דחשובים דירה ואע״פ שעשוים מקנים וכיו״ב ומבואר לקמן בס״ה דאם אוכל שם אע״פ שאינו ישן ושוכב שם מקרי דירה דמקום פיתא גורם:
משנה ברורה (ו) — (ו) אוסר - עד שיתן חלקו בעירוב:

Pour le texte intégral des 61 entrées, consulte Sefaria : Mishnah Berurah 370.

6. La position du Rama

Dans ce siman, les gloses du Rama (Rabbi Moshe Isserles, הגה) se trouvent aux séifim ב, ג (deux gloses), ד et ח.

Les gloses du Rama :

7. Cas pratiques modernes

Les situations ci-dessous sont des applications du site : le séif ne les nomme pas, chacune est rattachée au séif qu'elle met en jeu.

SituationAnalyse rapide
Un propriétaire loue des logements dans sa cour et y laisse des affaires à luiApplication du site, séif ב : s'il garde dans chacun des objets qu'on ne prend pas le Shabbat, à cause de leur poids ou d'un interdit, qui sont des objets qu'il est interdit de déplacer même pour le besoin de leur place, ceux qui y habitent sont comme ses invités et ne lui interdisent pas ; il faut que ses objets y soient réellement posés (ס״ק י) et qu'il ait le droit de les y poser (ס״ק י״א). Pour des objets que seul leur poids empêche de prendre, comme des meubles lourds, la Michna Beroura explique le poids : « אף שאין נעשה מוקצה ע״י הכובד מ״מ כיון שיש טורח לפנותן אין דרך ליטלן בשבת » (משנה ברורה ש״ע ס״ק ח) ; mais le Magen Avraham s'interroge sur la limite d'un tel poids, puis écrit « ומ״מ כ׳ דוקא דברים המוקצים ע״ש ויש להחמיר » (מגן אברהם ש״ע ס״ק ג), et l'Admour HaZaken, dans son Choulhan Aroukh, rapporte le poids comme un avis, en écrivant « וְיֵשׁ לְהַחֲמִיר בְּזֶה » (שו״ע הרב ש״ע:ב), au niveau 4. Et selon l'avis que rapporte le Rama, cela ne vaut que s'il n'y a pas d'autres habitants dans la cour, ou si l'érouv n'est pas porté chez les autres habitants (séif ב) — c'est-à-dire, précise la Michna Beroura, s'il est déposé chez ce maître de maison ou dans l'une des maisons prêtées (ס״ק י״ג). Consulte ton Rav.
Plusieurs locataires occupent chacun leurs pièces dans une même maison, et sortent par une pièce communeApplication du site, séif ג et glose du Rama. La Michna Beroura en tire la règle pour les maisons de son temps : « ולפ״ז בבתים שלנו שדרים כמה שכנים בבית וכ״א בחדרים מיוחדים אע״פ שעוברים לחוץ דרך הבית שלפניהם שהוא להם כבית שער מ״מ חייבים כולם בעירוב » (משנה ברורה ש״ע ס״ק כ״א), et sa conséquence : « ולפיכך אם נתקלקל העירוב של עיר אסורים לטלטל כ״א מחדרו לחדר חבירו » (משנה ברורה ש״ע ס״ק כ״א) — sauf, ajoute-t-elle aussitôt, si le maître de maison a une tefissat yad dans leurs chambres, comme au séif ב. Consulte ton Rav.
Un étudiant logé chez son Rav, dans sa propre chambre ouverte sur la courApplication du site, fin du séif ג : les élèves qui étudient devant le Rav et habitent chez lui n'interdisent pas, même s'ils mangent et dorment dans leur chambre. La Michna Beroura en donne deux raisons — ils se servent tous de ce qui est au maître de maison pour cuire le pain, pour la cuisine et pour toute chose ; « ועוד דאין משאיל להם רשותו לאסור עליו » (משנה ברורה ש״ע ס״ק ל״ג) — et leur limite : il faut que les deux raisons soient réunies, « אבל אם היה מקום החדרים קנוי או מושכר להם או אפילו בשאול רק שמשתמשין כל אחד בפ״ע בחדרו אוסרין דדוקא בצירוף שני הטעמים ביחד מקילינן. וכ״ז בשלא היה לבעה״ב אצלם תפיסת יד דאל״ה מותר בכל גווני » (משנה ברורה ש״ע ס״ק ל״ג) — la tefissat yad renvoie au séif ב. Le Choulhan Aroukh HaRav (séif 5 de sa numérotation) ne retient comme raison que la seconde, avec la clause des Tossafot qu'il peut les renvoyer à tout moment : « לְפִי שֶׁאֵינוֹ מַשְׁאִיל לָהֶם רְשׁוּתוֹ לֶאֱסוֹר עָלָיו וְלֹא לֶאֱסוֹר זֶה עַל זֶה, וַהֲרֵי יָכוֹל לְסַלְּקָם בְּכָל עֵת » (שו״ע הרב ש״ע:ה) ; de la cuisson dans la grande maison, il écrit qu'elle ne sert à rien quand les pièces leur appartiennent, leur sont louées, ou leur sont prêtées sans qu'il puisse les renvoyer avant le terme : « וַאֲפִלּוּ הֵם מִשְׁתַּמְּשִׁים בַּאֲפִיָּה וּבִשּׁוּל בְּבַיִת גָּדוֹל שֶׁל בַּעַל הַבַּיִת — אֵין זֶה מוֹעִיל כְּלוּם, כֵּיוָן שֶׁאוֹכְלִים בְּחַדְרֵיהֶם, אֶלָּא אִם כֵּן תַּלְמִידִים הַמְקַבְּלִים פְּרָס מֵרַבָּן כְּמוֹ שֶׁיִּתְבָּאֵר » (שו״ע הרב ש״ע:ה). Le Biour Halakha lit qu'il fait tout dépendre de la possibilité de les renvoyer ; lui-même limite l'exigence des deux raisons au prêt pour un temps où l'on ne peut les renvoyer, et rapporte, après le 'Hayé Adam, que là où le maître de maison peut les renvoyer à tout moment, ils n'interdisent pas même si chacun cuit à part, en ajoutant « וכן משמע מהגר״ז » (ביאור הלכה ש״ע) — ce que la Michna Beroura, telle qu'elle est écrite, ne distingue pas (niveau 4). Consulte ton Rav.
Des invités logent pour quelques Shabbatot dans un logement à part de la courApplication du site, séif ח : l'invité non fixe, pour trente jours ou moins, n'interdit pas, même dans une maison à part ; selon le Rama, s'il y a un maître de maison fixe. Au-delà, la Michna Beroura : « וביותר משלשים אפילו אם היה רק בשאילה לבד תו מקרי קבע ויצא מכלל אורח ואוסר » (משנה ברורה ש״ע ס״ק נ״ה), et ajoute : « ומסתברא דאם קבע עצמו לכתחלה יותר משלשים אוסר מיד » (משנה ברורה ש״ע ס״ק נ״ה) ; le Choulhan Aroukh HaRav écrit, lui, qu'après trente jours l'invité interdit « אִם הוּא בְּעִנְיָן שֶׁאֵינָם יְכוֹלִים לְסַלְּקוֹ תּוֹךְ מֶשֶׁךְ זְמַן שְׂכִירוּתוֹ אוֹ שְׁאֵלָתוֹ » (שו״ע הרב ש״ע:י) — condition que la Michna Beroura n'écrit pas —, et : « וּמִכָּל מָקוֹם אֲפִלּוּ אִם קוֹבֵעַ לְיוֹתֵר מִשְּׁלֹשִׁים יוֹם, אֵינוֹ אוֹסֵר עַד לְאַחַר שְׁלֹשִׁים יוֹם, אֲבָל לֹא תּוֹךְ שְׁלֹשִׁים » (שו״ע הרב ש״ע:י) : pour l'invité qui se fixe d'emblée pour plus de trente jours, les deux textes n'écrivent pas la même chose (niveau 4). La Michna Beroura rapporte aussi, au nom du Taz, que là où il y a une communauté qui fait l'érouv des cours la veille de Pessah, selon l'usage de son temps (כדרכנו), il est dispensé même alors, « כי לב ב״ד מתנה על כל הדיורים שיתוספו » (משנה ברורה ש״ע ס״ק נ״ה), et ajoute qu'il est bon, là où il y a des foires (yeridim) où les visiteurs viennent d'habitude séjourner plus de trente jours, que la communauté stipule expressément, en faisant l'érouv, qu'il vaut pour quiconque s'ajoutera dans la ville (ס״ק נ״ה). Et pour celui qui vient souvent : « י״א שאפילו רגיל לבוא שם כמה פעמים להתארח ויש מי שמחמיר בזה » (משנה ברורה ש״ע ס״ק נ״ו). Consulte ton Rav.
Pour les cas pratiques précis : la conduite dépend de la disposition des maisons et des cloisons, de qui possède les lieux, de qui mange où, et de l'endroit où l'érouv est déposé. Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav.

8. Synthèse pratique du Siman

Les enseignements du Siman ש״ע :
  1. Le lieu qui n'est pas une habitation : celui qui habite un bâtiment d'entrée, une exèdre ou une galerie n'interdit pas ; la remise à paille, à bois, l'étable et les entrepôts sont une habitation (séif א).
  2. Les invités du maître de maison : qui habite une maison prêtée ou louée par le maître de maison, lequel garde dans chacune des objets qu'on ne prend pas le Shabbat, à cause de leur poids ou d'un interdit, qui sont des objets qu'il est interdit de déplacer même pour le besoin de leur place, ne lui interdit pas ; si les maisons ne sont pas à lui, ils s'interdisent les uns aux autres (séif ב). Selon un avis que rapporte le Rama, la dispense ne vaut que s'il n'y a pas d'autres habitants dans la cour, ou si l'érouv n'est pas porté chez les autres habitants (séif ב) — c'est-à-dire, explique la Michna Beroura, s'il est déposé chez ce maître de maison ou dans l'une des maisons prêtées (ס״ק י״ג).
  3. La salle partagée : des groupes qui passent l'un par l'autre, seuls les deux plus intérieurs donnent ; chacun avec son ouverture sur la cour et des cloisons qui atteignent le plafond, même de tentures, chacun donne si l'érouv est déposé dans une autre maison, et aucun s'il est déposé dans la salle — selon la Michna Beroura, avec des cloisons provisoires seulement (ס״ק כ״ה) ; des cloisons qui n'atteignent pas le plafond, un seul érouv, l'érouv étant déposé dans une autre maison ; de vraies chambres hautes, ou des cloisons fixes qui atteignent le plafond (Michna Beroura, ס״ק ל״א), chaque groupe donne (séif ג). Le précepteur ou le scribe logé chez un maître de maison, et les élèves logés chez le Rav, n'interdisent pas (séif ג) ; sur ses conditions, la Michna Beroura (ס״ק ל״ג) et le Choulhan Aroukh HaRav (niveau 4) n'écrivent pas la même chose.
  4. Une même table : ceux qui mangent tous ensemble sont une seule maison ; selon le Rama, aussi chacun à sa table dans une même pièce (séif ד).
  5. Le lieu du repas est l'essentiel : les frères qui mangent chez leur père n'interdisent pas ; avec une portion mangée chez eux, ils interdisent, sauf si l'érouv du reste de la cour est déposé dans l'une de ces maisons ou s'il n'y a pas d'autres habitants avec eux (séif ה).
  6. Épouses, esclaves, élève qui reçoivent une portion : ils n'interdisent pas, s'il n'y a pas d'autres habitants dans la cour ou si l'érouv vient chez eux (séif ו).
  7. Des maisons l'une dans l'autre : seules les deux plus intérieures donnent (séif ז).
  8. L'invité pour trente jours ou moins n'interdit pas ; selon le Rama, quand il y a un maître de maison fixe (séif ח).
  9. Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav.

9. Questions de compréhension

Vérifie ta compréhension :
  1. Pourquoi celui qui habite un bâtiment d'entrée n'interdit-il pas, quand celui qui habite une remise à paille interdit (séif א ; Michna Beroura, ס״ק א) ?
  2. Qu'est-ce qui fait des habitants des maisons prêtées ou louées comme des invités du maître de maison, et quand ne le sont-ils pas (séif ב) ?
  3. Dans la salle partagée, pourquoi seuls les deux groupes les plus intérieurs donnent-ils leur part, quand tous passent l'un par l'autre (séif ג ; Michna Beroura, ס״ק י״ט) ?
  4. Quelle différence le séif ג fait-il entre des cloisons qui atteignent le plafond et des cloisons qui ne l'atteignent pas ?
  5. Pourquoi les frères qui mangent chez leur père n'interdisent-ils pas, et quand la portion qu'il leur donne ne les dispense-t-elle pas (séif ה) ?
  6. À quelles conditions l'invité n'interdit-il pas, selon le séif ח et la glose du Rama ?

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
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DAAT · רב יוסף חיים סממה

סימן ש״ע · Niveau 1 — Initiation
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