Choulhan Aroukh · Orah Haïm
Pilpoul approfondi
Sources talmudiques, hakirot de fond,
chitot des Richonim et des Aharonim sur ceux qui, parmi les habitants de la cour, doivent prendre part à l'érouv
Sujet :
Choulhan Aroukh Orah Haïm siman ש״ע — 8 séifim, avec des gloses du Rama
avec notamment la Guemara d'Érouvin, Rachi et les Tossafot, le Rambam, le Tour, le Beit Yossef, le ט״ז, le מג״א, la Michna Beroura et le Biour Halakha
Michna Beroura : 61 ס״ק
Rédaction et étude :
Rav Yossef Haim Samama · DAAT
📑 Table des matières
- La sougya — les michnayot et les baraïtot d'où viennent les séifim
- Séif א — ce qui fait une habitation : le lieu ou le repas
- Séif ב — la tefissat yad du maître de maison
- Les gloses du Rama sur le séif ב — les autres habitants, et la bira louée d'un non-Juif
- Séif ג — les cinq groupes : les deux plus intérieurs, et le bâtiment d'entrée de la glose
- Séif ג, suite — les cloisons de la salle, et l'érouv qui vient chez eux
- Séif ג, fin — le précepteur, le scribe et les élèves
- Séif ד — une même table, et le rideau
- Séifim ה et ו — le lieu du repas et la portion
- Séif ז — dix maisons l'une dans l'autre
- Séif ח — l'invité
- Récapitulatif des chitot — et conclusion halakhique
📜 Le texte du Choulhan Aroukh — 8 seifim
הדר בבי' שער אכסדרה ומרפס' שבחצר אינו אוסר על בני החצר שאינם חשובים דירה אבל הדר בבי' התבן בבי' העצים בבי' הבקר ובבי' האוצרו' אוסר:
résumé : chapeau du siman, puis le séif. Celui qui habite un bâtiment d'entrée, une exèdre ou une galerie de la cour n'interdit pas aux habitants de la cour, ce ne sont pas des habitations ; celui qui habite la remise à paille, la remise à bois, l'étable ou les entrepôts interdit.
résumé : le maître de maison a prêté ou loué ses maisons de la cour et garde dans chacune des objets qu'on ne prend pas le Shabbat, à cause de leur poids ou d'un interdit, qui sont des objets qu'il est interdit de déplacer même pour le besoin de leur place : ceux qui y habitent ne lui interdisent pas, ils sont comme ses invités, et eux aussi peuvent sortir de leurs maisons vers la cour sans avoir donné à l'érouv. Si les maisons ne sont pas à lui, ni achetées ni louées, ils s'interdisent les uns aux autres. Glose du Rama : selon un avis, tout cela vaut quand il n'y a pas d'autres habitants dans la cour ; s'il y en a et qu'on porte leur érouv chez eux — chez les autres habitants, explique le Magen Avraham (ס״ק ה, section 4) —, chacun doit prendre part à l'érouv. Puis la bira louée d'un non-Juif dont on loue une pièce à son prochain : louée au départ sans cette intention, c'est comme si toute la bira était à lui ; louée dans cette intention, ce sont deux maisons, et la tefissat yad ne sert pas.
résumé : cinq groupes dans une salle partagée par des cloisons. S'ils passent tous l'un par l'autre et que seul le plus extérieur ouvre sur la cour, seuls les deux plus intérieurs donnent pour l'érouv. Si chacun a son ouverture sur la cour (glose du Rama : ou sur un bâtiment d'entrée ouvert sur la cour) et que les cloisons atteignent le plafond à moins de trois téfahim, même de tentures : l'érouv de la cour déposé dans une autre maison, chaque groupe donne ; déposé dans la salle, ou sans autres habitants, ils n'ont pas besoin d'érouv — selon la Michna Beroura, avec des cloisons provisoires seulement (ס״ק כ״ה). Des cloisons qui n'atteignent pas le plafond, l'érouv étant déposé dans une autre maison : un seul érouv pour les cinq. Glose du Rama : ceux qui ont fait des cloisons sont séparés, les autres sont comme associés. De vraies chambres hautes (ou des cloisons fixes qui atteignent le plafond ; Michna Beroura, ס״ק ל״א) : chaque groupe donne, même si l'érouv est dans la salle et même sans autres habitants (Michna Beroura, ס״ק כ״ה, ס״ק ל״ב). Le précepteur ou le scribe logé chez un maître de maison, et les élèves logés chez le Rav, chacun dans sa chambre, même avec leur ouverture sur la cour et mangeant et dormant dans leur chambre, n'interdisent pas.
résumé : les habitants d'une cour qui mangent tous à une même table, même si chacun a sa maison, n'ont pas besoin d'érouv, ils sont comme une seule maison ; avec une autre cour, ils portent un seul érouv et un seul pain, et si l'érouv vient chez eux, ils ne donnent pas. Glose du Rama : de même plusieurs maîtres de maison qui mangent dans une même pièce, chacun à sa table, même s'ils dorment chacun dans sa chambre ; le rideau tendu parfois par pudeur n'est pas une cloison, puisqu'il n'y est pas à demeure.
résumé : celui qui mange en un lieu et dort en un autre : le lieu du repas est l'essentiel, c'est là qu'il interdit. Les frères qui mangent chez leur père et dorment chez eux n'interdisent pas ; s'il leur donne une portion et qu'ils mangent chez eux, ils interdisent — quand l'érouv du reste de la cour est déposé ailleurs ; s'il est déposé dans l'une de ces maisons, ou s'il n'y a pas d'autres habitants avec eux, ils n'ont pas besoin de faire l'érouv.
résumé : les cinq épouses et les cinq esclaves qui reçoivent une portion du maître de maison et mangent chacun dans sa maison, et l'élève qui reçoit une portion de son maître et mange dans sa maison, n'interdisent pas les uns aux autres, s'il n'y a pas d'habitants avec eux dans la cour, ou si l'érouv vient chez eux.
résumé : dix maisons l'une à l'intérieur de l'autre, qui passent toutes l'une par l'autre et sortent vers la cour par la plus extérieure : seules les deux plus intérieures donnent pour l'érouv ; les autres en sont exemptées, elles sont comme un bâtiment d'entrée.
résumé : celui qui est hébergé dans une cour, même dans une maison à part, non de façon fixe mais pour trente jours ou moins, n'interdit pas aux habitants de la cour, et lui et eux sont autorisés, tant dans sa maison que dans les leurs. Glose du Rama : même si les invités sont nombreux et le maître de maison un seul ; et seulement quand il y a un maître de maison fixe ; des invités ensemble s'interdisent les uns aux autres aussitôt. Suivent un renvoi à la fin du siman שצ״א et, entre crochets, un renvoi au siman שפ״ד pour le non-Juif hébergé.
1. La sougya — les michnayot et les baraïtot d'où viennent les séifim
Les sources dans la Guemara
Le Beit Yossef rattache les séifim de ce siman à plusieurs passages d'Érouvin, et, pour les séifim ד et ח, au Rambam et à la Teroumat HaDéchen ; les voici dans l'ordre des séifim.
Séifim א et ב — la michna du chapitre Kitsad mishtatfin : « הַנּוֹתֵן אֶת עֵירוּבוֹ בְּבֵית שַׁעַר, אַכְסַדְרָה וּמִרְפֶּסֶת — אֵינוֹ עֵירוּב. וְהַדָּר שָׁם — אֵינוֹ אוֹסֵר עָלָיו » (עירובין פ״ה ע״ב) ; « בֵּית הַתֶּבֶן וּבֵית הַבָּקָר וּבֵית הָעֵצִים וּבֵית הָאוֹצָרוֹת — הֲרֵי זֶה עֵירוּב, וְהַדָּר שָׁם — אוֹסֵר » (עירובין פ״ה ע״ב) ; « רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אִם יֵשׁ שָׁם תְּפִיסַת יָד שֶׁל בַּעַל הַבַּיִת — אֵינוֹ אוֹסֵר » (עירובין פ״ה ע״ב). — Une baraïta du chapitre Hadar parle du même lieu, quand il est dans la cour d'un autre : « מִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ בֵּית שַׁעַר, אַכְסַדְרָה, וּמִרְפֶּסֶת בַּחֲצַר חֲבֵירוֹ — הֲרֵי זֶה אֵין אוֹסֵר עָלָיו » (עירובין ע״ב ע״ב) — elle ajoute que la remise à paille, l'étable, la remise à bois et les entrepôts interdisent ; puis : « רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אֵינוֹ אוֹסֵר אֶלָּא מְקוֹם דִּירָה בִּלְבַד » (עירובין ע״ב ע״ב). La guemara demande : « מַאי מְקוֹם דִּירָה? רַב אָמַר » (עירובין ע״ב ע״ב) — et répond sur la page suivante : « מְקוֹם פִּיתָּא, וּשְׁמוּאֵל אָמַר: מְקוֹם לִינָה » (עירובין ע״ג ע״א). Pour la tefissat yad, la guemara rapporte une baraïta de l'école de Chmouel (section 3).
Séif ג — la michna du chapitre Hadar : « חֲמִשָּׁה חֲבוּרוֹת שֶׁשָּׁבְתוּ בִּטְרַקְלִין אֶחָד, בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: עֵירוּב לְכׇל חֲבוּרָה וַחֲבוּרָה, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: עֵירוּב אֶחָד לְכוּלָּן » (עירובין ע״ב ע״א) ; « וּמוֹדִים בִּזְמַן שֶׁמִּקְצָתָן שְׁרוּיִין בַּחֲדָרִים אוֹ בַּעֲלִיּוֹת, שֶׁהֵן צְרִיכִין עֵירוּב לְכׇל חֲבוּרָה וַחֲבוּרָה » (עירובין ע״ב ע״א).
Séif ד — le Beit Yossef y cite le Rambam (section 8), qu'il rattache à l'avis de Rav, מְקוֹם פִּיתָּא.
Séifim ה et ו — la michna des frères et la baraïta des épouses et des esclaves, au même chapitre (section 9).
Séif ז — la discussion de Chmouel et de Rabbi Yo'hanan sur dix maisons l'une dans l'autre (section 10).
Séif ח — le Beit Yossef renvoie à la Teroumat HaDéchen (siman ע״ו) ; dans la glose du Rama, avant le renvoi au siman שצ״א, l'édition imprimée sur Sefaria (Maginei Eretz) porte entre crochets une référence qui la nomme aussi (section 11).
2. Séif א — ce qui fait une habitation : le lieu ou le repas
חקירה — qu'est-ce qui fait d'un lieu une habitation qui interdit : la nature du lieu — un bâtiment d'entrée, une exèdre, une galerie ne le sont pas, une remise à paille l'est —, ou l'usage qu'on en fait, le lieu où l'on prend son repas ?
- La nature du lieu. La michna (section 1) range les lieux en deux listes : celui qui habite les premiers n'interdit pas, celui qui habite les seconds interdit.
- L'usage. La baraïta de Rabbi Yehouda : seul le lieu d'habitation interdit ; et pour Rav, le lieu d'habitation est le lieu du pain (section 1).
יסוד — le Beit Yossef explique ainsi l'accord de la michna et de la baraïta : « הלכך כל היכא שאינו קובע לאכול פתו שם אפילו הוא בית התבן ובית הבקר וכו׳ שהם מקומות ראויים לדירה ואפילו בית גמור המיוחד לדירת אדם אינו אוסר כיון שאינו קובע לאכול פתו שם » (בית יוסף או״ח ש״ע) ; « ואם קובע לאכול פתו שם אם הוא בית שער אכסדרה ומרפסת לא חשיב בית דירה ואינו אוסר ואם הוא בית התבן או בית הבקר וכו׳ חשיב בית דירה ואוסר ובכה״ג הוא דמפלגא מתני׳ בינייהו » (בית יוסף או״ח ש״ע). — selon lui, la michna ne distingue les deux listes que pour celui qui fixe là son repas. Sur le séif, la Michna Beroura renvoie au séif ה dans le même sens : « ומבואר לקמן בס״ה דאם אוכל שם אע״פ שאינו ישן ושוכב שם מקרי דירה דמקום פיתא גורם » (משנה ברורה ש״ע ס״ק ה).
נפקא מינה — séif א et séif ב. Le Biour Halakha précise de quelle remise à paille parle le séif : « מיירי שבית התבן ובית העצים שייך לו ואי מיירי שהיה שאול או שכור מאחר בעינן עכ״פ שלא יהא לבעה״ב שם עצים וכדומה דבר שאין ניטל בשבת » (ביאור הלכה ש״ע) — sinon le maître de maison a une tefissat yad, et l'on est au séif ב.
Le Choulhan Aroukh de l'Admour HaZaken écrit, pour le bâtiment d'entrée, « אֵין עָלָיו תּוֹרַת בַּיִת אֶלָּא תּוֹרַת חָצֵר » (שו״ע הרב ש״ע:א) ; et pour la remise à paille et ce qui lui ressemble, « לְפִי שֶׁרְאוּיִים לָדוּר בָּהֶם וַחֲשׁוּבִים דִּירָה, אַף עַל פִּי שֶׁעֲשׂוּיִים מִקָּנִים וְכַיּוֹצֵא בָהֶם » (שו״ע הרב ש״ע:א). La comparaison de son texte avec celui du Mehaber est au niveau 4.
3. Séif ב — la tefissat yad du maître de maison
Ce qu'est la tefissat yad
La michna (section 1) : selon Rabbi Yehouda, s'il y a là une tefissat yad du maître de maison, celui qui habite la remise n'interdit pas. Rachi : « שיש לבעל הבית מקום בדירתו של זה שנותן שם כליו להצניע » (רש״י עירובין פ״ה ע״ב). Rachi, tel que le cite le Beit Yossef, ajoute la raison : « דכל רשותא דחצר דידיה היא כאילו דר עמו בבית » (בית יוסף או״ח ש״ע). Le Beit Yossef établit que la halakha suit Rabbi Yehouda : « ומדמפרשי אמוראי מילתיה דרבי יהודה אלמא הלכתא כוותיה » (בית יוסף או״ח ש״ע) ; et encore : « ואפילו אי אתא לאיפלוגי הא קי״ל כדברי המיקל בעירוב » (בית יוסף או״ח ש״ע).
חקירה — ce qui fait la tefissat yad, est-ce un objet qui ne sera pas déplacé de fait — si bien que le poids suffit —, ou un objet que la halakha interdit de déplacer ?
- La source. « תָּנָא דְּבֵי שְׁמוּאֵל: דָּבָר הַנִּיטָּל בְּשַׁבָּת — אוֹסֵר. דָּבָר שֶׁאֵינוֹ נִיטָּל בְּשַׁבָּת — אֵינוֹ אוֹסֵר » (עירובין פ״ו ע״א) ; et la baraïta : « יֵשׁ לוֹ טֶבֶל, יֵשׁ לוֹ עֲשָׁשִׁית, וְכׇל דָּבָר שֶׁאֵינוֹ נִיטָּל בְּשַׁבָּת — אֵינוֹ אוֹסֵר » (עירובין פ״ו ע״א). Rachi explique l'objet qu'on peut prendre : « אינו תפיסת יד ואוסר דאי בעי שקיל ושדי ליה לבראי » (רש״י עירובין פ״ו ע״א) ; et la עששית : « של ברזל חתיכות גדולות » (רש״י עירובין פ״ו ע״א).
- Le Rambam ne nomme que l'interdit : « בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים בְּשֶׁהִנִּיחַ שָׁם דָּבָר שֶׁאָסוּר לְטַלְטְלוֹ בְּשַׁבָּת כְּגוֹן טֶבֶל וַעֲשָׁשִׁיּוֹת » (רמב״ם הלכות עירובין פ״ד הי״ד) ; « אֲבָל אִם נִשְׁאַר לוֹ בְּכָל בַּיִת מֵהֶן כֵּלִים שֶׁמֻּתָּר לְטַלְטְלָן הוֹאִיל וְאֶפְשָׁר שֶׁיּוֹצִיאֵם הַיּוֹם וְלֹא יִשָּׁאֵר לוֹ שָׁם תְּפִיסַת יָד הֲרֵי אֵלּוּ אוֹסְרִין עָלָיו עַד שֶׁיְּעָרְבוּ » (רמב״ם הלכות עירובין פ״ד הי״ד).
- Le Tour nomme aussi le poids : « אם אינן ניטלין בשבת מחמת איסור או מחמת כובדן אין הדרין בהם אוסרין עליו שחשובין כולם כאילו דרין עמו ואם ניטלין בשבת אוסרין כיון שיכול להוציא משם » (טור או״ח ש״ע). Le Beit Yossef explique sa lecture : « וסובר רבינו דנקט טבל ועששיות ללמד דכל שאינו ניטל מחמת איסורו או מחמת כובדו חשיב יש לו תפיסת יד » (בית יוסף או״ח ש״ע) — selon cette lecture, le טבל pour l'interdit, les עששיות pour le poids. Et il rapporte le Maggid Mishneh : « וכתב ה״ה בפ״ד שנ״ל שכל דבר שראוי לטלטלו לצורך מקומו בכלל דבר שניטל הוא ולזה ביארו טבל ועששיות שאין להם תורת כלים » (בית יוסף או״ח ש״ע).
נפקא מינה — un objet lourd qu'il est permis de déplacer. La lecture que le Beit Yossef donne du Tour le compte comme une tefissat yad ; le Maggid Mishneh écrit qu'il lui semble que tout ce qu'on peut déplacer pour le besoin de sa place est un objet qu'on prend, et explique ainsi que la baraïta nomme le טבל et les עששיות, qui n'ont pas statut d'ustensiles. Le séif nomme le poids et l'interdit côte à côte. Le Magen Avraham, sur le poids : « צ״ע דמה גבול יש לכובד זה דמשוי שקשה לא׳ נוח לב׳ ומ״מ כ׳ דוקא דברים המוקצים ע״ש ויש להחמיר » (מגן אברהם ש״ע ס״ק ג) — il laisse la question ouverte et conclut qu'il y a lieu d'être strict. La Michna Beroura explique le poids : « אף שאין נעשה מוקצה ע״י הכובד מ״מ כיון שיש טורח לפנותן אין דרך ליטלן בשבת » (משנה ברורה ש״ע ס״ק ח) ; et l'interdit, sur les mots du séif אפי׳ לצורך מקומו (même pour le besoin de sa place) : « דאם היה מותר לטלטלן לצורך גופן ומקומן אפשר שיצטרך בעה״ב להשתמש בהם בשבת או להוציאן מביתו מחמת איזה סיבה ולא ישאר לו שם תפיסת יד » (משנה ברורה ש״ע ס״ק ט).
Le Choulhan Aroukh de l'Admour HaZaken rapporte le poids comme un avis : « וְיֵשׁ אוֹמְרִים שֶׁאִם אֵינָן נִטָּלִין מֵחֲמַת כָּבְדָּן, חֲשׁוּבִין תְּפִיסַת יָד אַף עַל פִּי שֶׁמֻּתָּרִים בְּטִלְטוּל » (שו״ע הרב ש״ע:ב) , suivi, entre parenthèses, de וְיֵשׁ לְהַחֲמִיר בְּזֶה (niveau 4).
Les habitants peuvent-ils eux aussi sortir vers la cour ?
- Le Rambam en donne la raison : « הוֹאִיל וְיֵשׁ לוֹ תְּפִיסַת יָד בְּכָל בַּיִת מֵהֶן נַעֲשׂוּ הַכּל כְּאוֹרְחִין אֶצְלוֹ » (רמב״ם הלכות עירובין פ״ד הי״ד) ; le Beit Yossef en déduit : « ולפ״ז גם הם מותרים להוציא מבית התבן לחצר אף על פי שלא נתנו עירוב כיון דאורחים נינהו » (בית יוסף או״ח ש״ע).
- Le Beit Yossef rapporte le Mordekhaï : « וכ״כ שם המרדכי שהוא דעת רש״י להתיר ודלא כריב״א שפירש דיש לו תפיסה מהניא כדי שלא יאסור הדר בבית התבן על בע״ה אבל הדר בבית התבן אסור להוציא ולהכניס מביתו לחצר » (בית יוסף או״ח ש״ע) — selon Rachi, ils sont permis ; selon le Riva, la tefissat yad sert seulement à ce que celui qui habite la remise n'interdise pas au maître de maison, mais lui-même ne sort pas de sa maison vers la cour.
- Le séif : « לפיכך גם הם מותרים להוציא מבתיהם לחצר אע״פ שלא נתנו עירוב » (שו״ע או״ח ש״ע:ב).
4. Les gloses du Rama sur le séif ב — les autres habitants, et la bira louée d'un non-Juif
La première glose : « ויש אומרים דכל זה כשאין דיורים בחצר אלא הם אבל כשיש דיורים אחרים ומוליכים ערובן אצלן צריכים כל אחד לערב » (שו״ע או״ח ש״ע:ב). Le Beit Yossef rapporte ce que Rabbi Yehonatan écrit au nom de יש מן הרבנים (certains rabbins) : « יש מן הרבנים שאומרים כי מה שאמרנו שאינו אוסר ה״מ כגון חצר שהיה כולה שלו ומשכיר הבתים שבה לאחרים והוא שוכן באחד מהם ויש לו תפיסת יד בכולן שאינם אוסרי׳ עליו משום דדמי לאחין השותפין שאוכלין על שלחן אביהם וישינים בבתיהם שאין צריכין עירוב כל אחד ואחד » (בית יוסף או״ח ש״ע) ; « וה״מ בזמן שאין עמהם דיורין בחצר אבל אם יש שם דיורין בחצר ומוליכין עירובן אצל אחרים צריכין עירוב כל אחד ואחד מגו דאסרי הני הני נמי אסרי » (בית יוסף או״ח ש״ע).
Cet avis rapproche donc la tefissat yad des frères de la michna, qui mangent à la table de leur père et dorment chez eux — Rabbi Yehonatan en reprend les mots ; la guemara la lit comme parlant de ceux qui reçoivent une portion (« בִּמְקַבְּלֵי פְרָס שָׁנוּ » (עירובין ע״ב ע״ב), section 9), et c'est ainsi que le séif ה la range : frères qui reçoivent une portion et la mangent chez eux. Quand d'autres habitants interdisent, ceux-ci interdisent aussi — c'est la raison que le Taz écrit sur la glose : « דמגו דאסרי הני אחרים אסרי נמי הנך שדרים שם בבית שיש לו לבע״ה בו תפיסת יד » (ט״ז או״ח ש״ע ס״ק א). Le Magen Avraham précise la portée et le sens de la glose : « קאי אסעיף זה ולא אסעיף א׳ » (מגן אברהם ש״ע ס״ק ד) ; « פי׳ שהם מוליכין עירובן אצל אחרים כמ״ש ס״ה » (מגן אברהם ש״ע ס״ק ה). Le Choulhan Aroukh de l'Admour HaZaken écrit lui aussi la comparaison avec les frères : « וַהֲרֵי דִינוֹ עִמָּהֶם כְּדִין אַחִים הַמְקַבְּלִים פְּרָס מֵאֲבִיהֶם שֶׁיִּתְבָּאֵר » (שו״ע הרב ש״ע:ג).
5. Séif ג — les cinq groupes : les deux plus intérieurs, et le bâtiment d'entrée de la glose
La michna : Beit Chammaï exigent un érouv pour chaque groupe, Beit Hillel un seul pour tous ; et tous reconnaissent que ceux qui sont dans des chambres ou des chambres hautes en donnent chacun un (section 1).
Pourquoi le séif distingue-t-il le cas où tous passent l'un par l'autre ? Les Tossafot : « דאם לא היה לכל אחד פתח לחצר הוה אמרינן פנימי נותן עירובו ודיו או שני הפנימיים לר׳ יוחנן » (תוספות עירובין ע״ב ע״א) — la michna parle de groupes qui ont chacun leur ouverture sur la cour ; sinon, on appliquerait la règle des dix maisons (séif ז, section 10).
Les deux plus intérieurs : à quelles conditions, et combien d'érouv ?
- Le Taz rapporte l'avis de son beau-père et le rejette : « וכ׳ מו״ח ז״ל דאין פנימי׳ אלו חייבים אלא אם חולקים במחיצות המגיעות לתקר׳ ולע״ד ל״נ כן דכאן אין חילוק בין מגיעות לתקר׳ או לא » (ט״ז או״ח ש״ע ס״ק ב). Il explique aussi : « פירוש הם ביחד נותנים עירוב אחד לאותו שנותני׳ בני חצר כמ״ש בסיפא » (ט״ז או״ח ש״ע ס״ק ב).
- Le Biour Halakha : « עיין בט״ז שכתב דבעירוב אחד סגי לשני הפנימיים כיון שעוברין רק דרך פתח אחד וכבר השיגו עליו האחרונים וכמו שהעתקנו לעיל בשער הציון אות י״א ודעתם דכל אחד מהן צריך ליתן חלק בעירוב » (ביאור הלכה ש״ע).
- La Michna Beroura : « ומיירי באופן שהמחיצות שביניהן מגיעות לתקרה ואי אין המחיצות מגיעות לתקרה נחשבין שנים כבית אחד ואין צריכין ליתן רק עירוב אחד בין שניהן אם יש עמהן עוד דיורין בחצר » (משנה ברורה ש״ע ס״ק י״ט).
Le Choulhan Aroukh de l'Admour HaZaken écrit des deux plus intérieures, même de vraies pièces : « שֶׁהֵם בִּלְבַדָּם חֲשׁוּבִים דִּירוֹת וְאוֹסְרִים בֶּחָצֵר זֶה עַל זֶה וְכֵן לְטַלְטֵל מִזֶּה לְזֶה, אֲבָל כָּל הָאֲחֵרִים חֲשׁוּבִים כְּבֵית שַׁעַר לָהֶם » (שו״ע הרב ש״ע:ה).
La glose : chacun ouvre sur un bâtiment d'entrée
La glose porte, entre parenthèses, la référence au Beit Yossef. Celui-ci y examine la question du Smak sur le Sar de Coucy : « וצ״ע אי מצריך אפילו בפתחא לר״ה דהא משמע דלא מהני פתח אחד כי אם לאחשוביה החיצונה בית שער » (בית יוסף או״ח ש״ע) ; et il la lit ainsi : « ונ״ל דכשאין הבתים פתוחים זה לזה מיירי כגון שכל הבתים פתוחים לבית שער אחד ואותו בית שער פתוח לחצר » (בית יוסף או״ח ש״ע) ; « אבל כה״ג שאינם פתוחים זה לזה אף על פי שאין להם אלא פתח אחד צריכים לערב זה עם זה » (בית יוסף או״ח ש״ע).
נפקא מינה — le Magen Avraham en tire une conséquence pour les maisons de son temps : « ומה״ט בבתים שלנו אם נתקלקל העירוב אסור לטלטל מחדר לחדר אם אין לבע״ה תפיסת יד וגם מחדר לבית אסור אם דרים שם שנים » (מגן אברהם ש״ע ס״ק ז). Le Biour Halakha en déduit : « ומוכח מדבריו דכשם שחכמים אסרו לטלטל מבית לחצר בלי עירוב כמו כן אסרו להוציא מבית לבית » (ביאור הלכה ש״ע) ; il rapporte des Aharonim qui en ont douté, et conclut : « מ״מ לדינא העיקר כמ״א ושארי אחרונים שהסכימו לאיסור » (ביאור הלכה ש״ע).
6. Séif ג, suite — les cloisons de la salle, et l'érouv qui vient chez eux
Sur cette michna, la guemara objecte, à l'un des avis amoraïques, une baraïta de Rabbi Yehouda HaSabbar : « לֹא נֶחְלְקוּ בֵּית שַׁמַּאי וּבֵית הִלֵּל עַל מְחִיצוֹת הַמַּגִּיעוֹת לַתִּקְרָה שֶׁצְּרִיכִין עֵירוּב לְכׇל חֲבוּרָה וַחֲבוּרָה. עַל מָה נֶחְלְקוּ — עַל מְחִיצוֹת שֶׁאֵין מַגִּיעוֹת לַתִּקְרָה » (עירובין ע״ב ע״ב) ; et Rav Na'hman, au nom de Rav, tranche : « אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַב: הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה הַסַּבָּר » (עירובין ע״ב ע״ב). Rav Na'hman bar Yits'hak le lit dans la michna elle-même — les chambres et chambres hautes dont parle sa fin ne sont pas de vraies pièces, ce qui irait de soi : « אֶלָּא לָאו: כְּעֵין חֲדָרִים, כְּעֵין עֲלִיּוֹת. וּמַאי נִיהוּ — מְחִיצוֹת הַמַּגִּיעוֹת לַתִּקְרָה » (עירובין ע״ב ע״ב).
Sur בתוך ג״ט (à moins de trois téfahim), le Beit Yossef rapporte : « וכתב ה״ה בפ״ד בה״ע בשם הרשב״א שאם המחיצות מגיעות תוך ג׳ לתקרה חשיבי מגיעות דכל פחות מג׳ כלבוד דמי » (בית יוסף או״ח ש״ע). Sur les tentures, il écarte l'avis que le Mordekhaï rapporte de Rabbi Hillel : « ולא כמו שכתב המרדכי שנראה לר׳ הלל דמחיצות דיריעות גריעי » (בית יוסף או״ח ש״ע) ; la Michna Beroura y met une condition, au nom des Aharonim : « אכן באופן שקשורות היטב מלמטה שלא ינידם הרוח » (משנה ברורה ש״ע ס״ק כ״ג).
Quand l'érouv vient chez eux
La guemara rapporte deux versions d'une baraïta : « תָּנָא: בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים, כְּשֶׁמּוֹלִיכִין אֶת עֵירוּבָן לְמָקוֹם אַחֵר. אֲבָל אִם הָיָה עֵירוּבָן בָּא אֶצְלָן — דִּבְרֵי הַכֹּל עֵירוּב אֶחָד לְכוּלָּן » (עירובין ע״ב ע״ב) ; « וְאִיכָּא דְּאָמְרִי: בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים, כְּשֶׁהָיָה עֵירוּב בָּא אֶצְלָן. אֲבָל אִם הָיוּ מוֹלִיכִין אֶת עֵירוּבָן לְמָקוֹם אַחֵר — דִּבְרֵי הַכֹּל צְרִיכִין עֵירוּב לְכׇל חֲבוּרָה וַחֲבוּרָה » (עירובין ע״ב ע״ב).
Des cloisons qui atteignent le plafond, et l'érouv déposé dans la salle —
- Les Tossafot, rapportés par le Beit Yossef : « וי״ל דלב״ה נמי נפקא מינה בכעין חדרים ועליות דדוקא במוליכין עירובן קאמר דמודו שצריכה עירוב לכל חבורה וחבורה אבל בעירוב בא אצלן עירוב אחד לכולן » (בית יוסף או״ח ש״ע) — mais : « ומיהו בחדרים ועליות ממש אין נראה לחלק בין מוליכים עירוב לעירוב בא אצלן » (בית יוסף או״ח ש״ע). Le Beit Yossef ajoute : « וכ״כ הרא״ש ג״כ ורבינו כתב כשיטתם » (בית יוסף או״ח ש״ע).
- Le Rambam : « אִם הָיָה מַפְסִיק בֵּין כָּל חֲבוּרָה וַחֲבוּרָה מְחִצָּה הַמַּגַּעַת לַתִּקְרָה הֲרֵי כָּל חֲבוּרָה מֵהֶן כְּאִלּוּ הִיא בְּחֶדֶר בִּפְנֵי עַצְמוֹ אוֹ בַּעֲלִיָּה בִּפְנֵי עַצְמָהּ לְפִיכָךְ צְרִיכִין פַּת מִכָּל חֲבוּרָה » (רמב״ם הלכות עירובין פ״ד ה״ז). Le Beit Yossef en déduit : « אבל מדברי הרמב״ם בפ״ד מהלכות עירובין משמע דכל שמחיצות מגיעות לתקרה הם כחלוקים לכל דבר שהם צריכים לטלטל מזה לזה ואפילו עירוב בא אצלן צריך כל אחד ואחד לתת עירוב כאילו היו שרויים בעליות וחדרים ממש » (בית יוסף או״ח ש״ע).
- Le séif écrit, comme le Tour, que l'érouv déposé dans cette salle les dispense.
יסוד — la Michna Beroura limite ce cas du séif : « ומיירי במחיצות עראי כעין מחיצות של יריעות דאלו חלקוהו במחיצות גמורות כגון של נסרים וכדומה בוודאי אין נ״מ בין עירוב בא אצלן וכו׳ ובין יש דיורין אחרים בחצר או אין דיורין דבכולהו צריכין ליתן חלק בעירוב » (משנה ברורה ש״ע ס״ק כ״ה) — avec de vraies cloisons, de planches par exemple, chaque groupe donne sa part dans tous les cas ; et, pour les cloisons provisoires, elle explique pourquoi l'érouv posé dans l'une des pièces vaut pour toutes : « דהתקרה מחברן לבית אחד כיון שתחתיו הם מחיצות גרועות » (משנה ברורה ש״ע ס״ק כ״ו). Le Choulhan Aroukh de l'Admour HaZaken écrit, pour l'érouv déposé dans l'une des pièces : « אֵין בְּכָךְ כְּלוּם, הוֹאִיל וְאֵינָן אֶלָּא מְחִצּוֹת עֲרַאי » (שו״ע הרב ש״ע:ה).
Sur la fin du passage, « ואם היו דיורין בעליות ממש » (שו״ע או״ח ש״ע:ג) — la Michna Beroura y joint les cloisons fixes qui atteignent le plafond (ס״ק ל״א) —, le Choulhan Aroukh de l'Admour HaZaken écrit : « וְכָל זֶה כְּשֶׁעָשׂוּ מְחִצּוֹת עֲרַאי לְפִי שָׁעָה. אֲבָל אִם שָׁבְתוּ בַּחֲדָרִים וַעֲלִיּוֹת מַמָּשׁ, וְהֵם פְּתוּחִים לֶחָצֵר — אוֹסְרִים זֶה עַל זֶה אֲפִלּוּ אֵין דִּיּוּרִין אֲחֵרִים בֶּחָצֵר » (שו״ע הרב ש״ע:ה).
7. Séif ג, fin — le précepteur, le scribe et les élèves
Les Tossafot (sur la michna des cinq groupes) écrivent que le scribe, le précepteur et les élèves logés chacun dans sa chambre n'interdisent pas, et en donnent deux raisons : « כיון שכולם משתמשין בתוך הבית בכל עיסקי תשמישתיה באפייה ובבישול ובכל דבר חשיבי כולהו כאילו אוכלים וישנים במקום אחד » (תוספות עירובין ע״ב ע״א) ; « ועוד דאין משאיל להם רשותו לאסור עליו ולא זה על זה ומצי לסלוקינהו » (תוספות עירובין ע״ב ע״א).
חקירה — ces habitants n'interdisent pas parce qu'ils vivent de la maison du maître de maison — ils y cuisent, et הכל נקראים על שם בעל הבית (תוספות עירובין ע״ב ע״א) (tous sont appelés du nom du maître de maison) —, ou parce qu'il ne leur a pas prêté son domaine pour qu'ils lui interdisent, et peut les renvoyer ?
- Le Beit Yossef, rapporté par le Taz : « וכתב ב״י שעיקר ההיתר בצירוף טעם השני דוק׳ ואין לסמוך להתיר משום טעם הראשון במקום שאין שם שייכות טעם השני » (ט״ז או״ח ש״ע ס״ק ו).
- La Michna Beroura : « וכ״ז בשהיה שאול להם אבל אם היה מקום החדרים קנוי או מושכר להם או אפילו בשאול רק שמשתמשין כל אחד בפ״ע בחדרו אוסרין דדוקא בצירוף שני הטעמים ביחד מקילינן. וכ״ז בשלא היה לבעה״ב אצלם תפיסת יד דאל״ה מותר בכל גווני » (משנה ברורה ש״ע ס״ק ל״ג).
- Le Biour Halakha rattache la Michna Beroura au Taz et au Magen Avraham ; le Magen Avraham aussi, tel que l'expliquent les commentateurs, exige les deux raisons, « עיין מ״ב ס״ק ל״ג והוא מט״ז ומ״א וכפי שפירשו המפרשים כדברי המגן אברהם דגם הוא ס״ל דתרתי בעינן דוקא » (ביאור הלכה ש״ע) ; et il écrit que c'est ce qui lui paraît l'essentiel pour la halakha : « וכן נראה עיקר לדינא שהרי הרשב״א בעבוה״ק ובחידושיו וריטב״א פליגי אעיקר דינא דמחבר » (ביאור הלכה ש״ע) ; puis il limite cette exigence : « ונראה דעד כאן לא הצריכו תרתי אלא במקום דמשאיל לו לזמן דלא מצי לסלוקינהו בכל שעה » (ביאור הלכה ש״ע) ; un peu plus loin, une phrase commence « וכן מבואר בח״א דהיכי דאיכא תרתי טעמים אפילו השאילו לזמן ארוך שרי » (ביאור הלכה ש״ע) et se poursuit : « אבל היכי דמצי לסלוקינהו בכל שעה כגון שלא השאילו לזמן מיוחד לא יכול לאסור עליו אפילו אופה ומבשל בפני עצמו » (ביאור הלכה ש״ע).
Le Biour Halakha nomme le Choulhan Aroukh de l'Admour HaZaken (הגר״ז) dans cette discussion, et identifie sa position à celle du Rachba et du Ritva, dont il a écrit plus haut qu'ils « פליגי אעיקר דינא דמחבר » (ביאור הלכה ש״ע) : « ודע דדעת הגר״ז דתלוי רק במצי לסלוקינהו והיכי דלא מצי לסלוקינהו משמע מיניה דצריך עירוב אפילו אופין ומבשלין ביחד והוא ממש כשיטת הרשב״א והריטב״א » (ביאור הלכה ש״ע). Le Rav écrit : « לְפִי שֶׁאֵינוֹ מַשְׁאִיל לָהֶם רְשׁוּתוֹ לֶאֱסוֹר עָלָיו וְלֹא לֶאֱסוֹר זֶה עַל זֶה, וַהֲרֵי יָכוֹל לְסַלְּקָם בְּכָל עֵת » (שו״ע הרב ש״ע:ה) ; et pour des pièces qui leur appartiennent : « אֲבָל אִם הַחֲדָרִים קְנוּיִים לָהֶם אוֹ שְׂכוּרִים (אוֹ שְׁאוּלִים בְּעִנְיָן שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לְסַלְּקָם תּוֹךְ זְמַן שְׁאִילָתָם — אֵין לוֹמַר שֶׁאֵינוֹ מַשְׁאִיל לָהֶם רְשׁוּתוֹ לֶאֱסוֹר עָלָיו, כֵּיוָן שֶׁכְּבָר הִשְׁאִיל לָהֶם וְאֵין בְּיָדוֹ לְסַלְּקָם, וּבְעַל כָּרְחוֹ הֵם) אוֹסְרִים עָלָיו, אֶלָּא אִם כֵּן יֵשׁ לוֹ בָּהֶם תְּפִיסַת יָד. וַאֲפִלּוּ הֵם מִשְׁתַּמְּשִׁים בַּאֲפִיָּה וּבִשּׁוּל בְּבַיִת גָּדוֹל שֶׁל בַּעַל הַבַּיִת — אֵין זֶה מוֹעִיל כְּלוּם, כֵּיוָן שֶׁאוֹכְלִים בְּחַדְרֵיהֶם, אֶלָּא אִם כֵּן תַּלְמִידִים הַמְקַבְּלִים פְּרָס מֵרַבָּן כְּמוֹ שֶׁיִּתְבָּאֵר » (שו״ע הרב ש״ע:ה). La comparaison de son texte avec celui du Mehaber est au niveau 4.
8. Séif ד — une même table, et le rideau
Le séif suit de près les mots du Rambam, qui en donne la raison : « וּכְשֵׁם שֶׁאֵין אִשְׁתּוֹ שֶׁל אָדָם וּבְנֵי בֵּיתוֹ וַעֲבָדָיו אוֹסְרִין עָלָיו וְאֵינוֹ צָרִיךְ לְעָרֵב עִמָּהֶן כָּךְ אֵלּוּ כְּאַנְשֵׁי בַּיִת אֶחָד הֵן מִפְּנֵי שֶׁהֵן כֻּלָּן סוֹמְכִין עַל שֻׁלְחָן אֶחָד » (רמב״ם הלכות עירובין פ״ד ה״א). Le Beit Yossef précise : « ונ״ל שאפילו אם הם חלוקין בעיסתן קאמר שאינם אוסרין זה על זה » (בית יוסף או״ח ש״ע) — et il rapporte : « וכ״כ ר׳ ירוחם בחט״ו בשם התוספות כמה אנשים שדרים בבית אחד אפילו הבית שלהם אינם אוסרים זה על זה » (בית יוסף או״ח ש״ע).
Le rideau — la glose écrit qu'il n'est pas une cloison, puisqu'il n'y est pas à demeure. Le Beit Yossef, à propos de voisins d'Égypte qui habitaient de son temps chacun dans une exèdre d'une même maison, écrit notamment : « ואפילו אם מגיע לתקרה נראה דלא חשיב מחיצה כיון שאינו פרוס תדיר » (בית יוסף או״ח ש״ע) ; « ועוד שאין הוילון קבוע מלמטה והרוח מוליכו ומביאו » (בית יוסף או״ח ש״ע). Il écrit encore que, même si chacun mange dans sa chambre, ils comptent comme une seule maison, puisqu'ils cuisent ensemble et sortent tous par une seule ouverture ; et que, si chacun avait sa propre ouverture sur le domaine public, il y aurait matière à discuter pour alléger, mais : « אלא שאיני סומך להתיר בזה משום דאיכא למימר שלא סמכו הפוסקים על טעם זה לבדו אלא משום שלא השאיל להם רשותו כדי שיאסרו עליו » (בית יוסף או״ח ש״ע).
Le Choulhan Aroukh de l'Admour HaZaken écrit du rideau : « אֲפִלּוּ אִם מַגִּיעַ לַתִּקְרָה, הוֹאִיל וְאֵינוֹ פָּרוּס שָׁם תָּמִיד כָּל זְמַן שֶׁהֵם בַּבַּיִת, אֶלָּא כְּשֶׁרוֹצִין לַעֲשׂוֹת שָׁם דְּבַר צְנִיעוּת פּוֹרְסִין אוֹתוֹ וְאַחַר כָּךְ מְסַלְּקִין אוֹתוֹ. מַה שֶּׁאֵין כֵּן בַּחֲבוּרוֹת שֶׁשָּׁבְתוּ בִּטְרַקְלִין, שֶׁהַיְרִיעוֹת שֶׁפָּרְסוּ בֵּינֵיהֶן הֵן פְּרוּסוֹת שָׁם כָּל זְמַן שְׁבִיתָתָן שָׁם » (שו״ע הרב ש״ע:ו).
9. Séifim ה et ו — le lieu du repas et la portion
La michna : « הָאַחִין שֶׁהָיוּ אוֹכְלִין עַל שֻׁלְחָן אֲבִיהֶם וִישֵׁנִים בְּבָתֵּיהֶם — צְרִיכִין עֵירוּב לְכׇל אֶחָד וְאֶחָד » (עירובין ע״ב ע״ב) ; « אֵימָתַי, בִּזְמַן שֶׁמּוֹלִיכִין עֵירוּבָן בִּמְקוֹם אַחֵר. אֲבָל אִם הָיָה עֵירוּב בָּא אֶצְלָן, אוֹ שֶׁאֵין עִמָּהֶן דָּיוֹרִין בֶּחָצֵר — אֵינָן צְרִיכִין לְעָרֵב » (עירובין ע״ב ע״ב). La guemara en tire d'abord que le lieu du sommeil décide ; Rav Yehouda répond au nom de Rav : « שְׁמַע מִינַּהּ מְקוֹם לִינָה גּוֹרֵם. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: בִּמְקַבְּלֵי פְרָס שָׁנוּ » (עירובין ע״ב ע״ב). Rachi : « הוצאה מבית אביהם ואין אוכלין על שולחנו ממש » (רש״י עירובין ע״ב ע״ב). Et pourquoi interdisent-ils quand d'autres habitants sont là : « הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן — כְּגוֹן דְּאִיכָּא דָּיוֹרִין בַּהֲדַיְיהוּ. דְּמִגּוֹ דְּהָנֵי אָסְרִי, הָנֵי נָמֵי אָסְרִי » (עירובין ע״ג ע״א).
Qu'est-ce que recevoir une portion ?
- Rachi : une allocation de la maison du père, sans manger réellement à sa table (ci-dessus).
- Le Rambam parle de ceux « שֶׁאֵינָן סוֹמְכִין עַל שֻׁלְחַן בַּעֲלֵיהֶן אוֹ רַבָּן תָּמִיד אֲבָל אוֹכְלִין הֵם עַל שֻׁלְחָנוֹ בִּשְׂכַר מְלָאכָה שֶׁעוֹשִׂין לוֹ אוֹ בְּטוֹבָה יָמִים יְדוּעִין כְּמִי שֶׁסּוֹעֵד אֵצֶל חֲבֵרוֹ שָׁבוּעַ אוֹ חֹדֶשׁ » (רמב״ם הלכות עירובין פ״ד ה״ו).
- Pain ou argent — le Beit Yossef : « ואע״פ שהתוספות והרא״ש רצו לחלק ביניהם בפרק חלון כבר כתבתי בסימן שס״ו דהיינו למאי דס״ד אבל לפי המסקנא אין חילוק ביניהם » (בית יוסף או״ח ש״ע) ; la Michna Beroura écrit qu'il n'y a pas de différence (ס״ק מ״ד).
יסוד — pourquoi la portion les dispense-t-elle quand il n'y a pas d'autres habitants ? La Michna Beroura : « דהואיל שמקבלין עכ״פ פרס מאביהן האב מחברן ומצרפן להיות כאיש אחד » (משנה ברורה ש״ע ס״ק מ״ו). La guemara objecte à Rav les bergers qui dorment aux champs, et répond : « הָתָם אֲנַן סָהֲדִי דְּאִי מַמְטוּ לְהוּ רִיפְתָּא הָתָם, טְפֵי נִיחָא לְהוּ » (עירובין ע״ג ע״א) ; le Magen Avraham l'applique au séif, et renvoie, en laissant la question ouverte, au siman ת״ט : « משמע בגמ׳ דרועים הלנין בשדה אף על פי שאוכלי׳ בעיר אין אוסרין דאנן סהדי אלו ממטי להו ריפתא התם לאכול הוי ניחא להו וצ״ע עסי׳ ת״ט ס״ז » (מגן אברהם ש״ע ס״ק י).
Séif ו — les épouses, les esclaves et l'élève
La baraïta est une discussion : « רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתִירָה מַתִּיר בַּנָּשִׁים, וְאוֹסֵר בָּעֲבָדִים » (עירובין ע״ג ע״א) ; « רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בָּבָא מַתִּיר בָּעֲבָדִים, וְאוֹסֵר בַּנָּשִׁים » (עירובין ע״ג ע״א). Le Beit Yossef rapporte : « וכתב הרא״ש שר״מ פסק כדברי שניהם להקל » (בית יוסף או״ח ש״ע) ; « וכתב שם ה״ה שהרשב״א פסק כר״י בן בבא וכ״כ הרא״ש בשם הרז״ה ובעירוב נקטינן כדברי המיקל » (בית יוסף או״ח ש״ע). Le séif écrit les épouses et les esclaves ensemble, sans discussion.
Pour l'élève, la guemara pose la question et la tranche par ce que disait Rav, chez Rabbi 'Hiya : « דְּרַב בֵּי רַבִּי חִיָּיא אָמַר: אֵין אָנוּ צְרִיכִין לְעָרֵב, שֶׁהֲרֵי אָנוּ סוֹמְכִין עַל שׁוּלְחָנוֹ שֶׁל רַבִּי חִיָּיא » (עירובין ע״ג ע״א). Le Rambam écrit aussi : « הָאָב וּבְנוֹ וְהָרַב וְתַלְמִידוֹ שֶׁהֵן שְׁרוּיִין בְּחָצֵר אֵינָן צְרִיכִין לְעָרֵב מִפְּנֵי שֶׁהֵן כְּבַיִת אֶחָד » (רמב״ם הלכות עירובין פ״ד ה״ה). Et la Michna Beroura limite la règle : « ודוקא בכל אלו מועיל פרס לפי שהן נמשכין אחריהן אבל באדם דעלמא המקבל פרס מחבירו אין מועיל כלל » (משנה ברורה ש״ע ס״ק נ). Le Choulhan Aroukh de l'Admour HaZaken écrit, après la loi des frères : « וְכֵן בְּנָשִׁים הַמְקַבְּלוֹת פְּרָס מִבַּעֲלֵיהֶן, וּבַעֲבָדִים הַמְקַבְּלִים פְּרָס מֵאֲדוֹנֵיהֶם, וּבְתַלְמִידִים הַמְקַבְּלִים פְּרָס מֵרַבָּן » (שו״ע הרב ש״ע:ז).
10. Séif ז — dix maisons l'une dans l'autre
La guemara : « אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: עֲשָׂרָה בָּתִּים זֶה לִפְנִים מִזֶּה, פְּנִימִי נוֹתֵן אֶת עֵירוּבוֹ, וְדַיּוֹ » (עירובין ע״ה ע״ב) ; « וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אֲפִילּוּ חִיצוֹן. חִיצוֹן בֵּית שַׁעַר הוּא? חִיצוֹן שֶׁל פְּנִימִי » (עירובין ע״ה ע״ב) ; « בְּמַאי קָמִיפַּלְגִי? מָר סָבַר: בֵּית שַׁעַר דְּיָחִיד שְׁמֵיהּ בֵּית שַׁעַר. וּמָר סָבַר: לָא שְׁמֵיהּ בֵּית שַׁעַר » (עירובין ע״ה ע״ב). Rachi explique חִיצוֹן שֶׁל פְּנִימִי (l'extérieure de l'intérieure) : « בית התשיעי לחצר » (רש״י עירובין ע״ה ע״ב).
Au chapitre Kitsad mishtatfin, Rav Yehouda fils de Rav Chmouel bar Chilat dit : « כׇּל מָקוֹם שֶׁאָמְרוּ הַדָּר שָׁם אֵינוֹ אוֹסֵר — הַנּוֹתֵן אֶת עֵירוּבוֹ אֵינוֹ עֵירוּב, חוּץ מִבֵּית שַׁעַר דְּיָחִיד » (עירובין פ״ה ע״ב) — ce que le Roch explique : dans le bâtiment d'entrée d'un seul, celui qui y habite n'interdit pas, et l'érouv qu'on y dépose vaut. Comment l'accorder avec Rabbi Yo'hanan ? Le Beit Yossef rapporte que le Roch y voit d'abord deux avis opposés, ou bien : « א״נ התם בבית שער חצר דיחיד דלא עביד לדירה אבל הכא דעביד בית לדירה אמרי׳ בית שער דיחיד לא שמיה בית שער » (בית יוסף או״ח ש״ע). Le Magen Avraham l'écrit sur le séif : « דאע״ג דהשני הוי בית שער לפנימי מ״מ הוי בית שער דיחיד ואוסר כיון דעביד לדירה אבל בית שער חצר דיחיד אינו אוסר כיון דלא עביד לדירה » (מגן אברהם ש״ע ס״ק י״א).
נפקא מינה — la Michna Beroura : « ולפ״ז בבית שיש בתוכו שני חדרים ומושכרים לשני בני אדם ובבית שלפני החדרים דר בו בעה״ב בעצמו ועוברים דרך עליו הם בעצמם חייבים ליתן בעירוב ובעה״ב בעצמו פטור שהוא כבית שער להם » (משנה ברורה ש״ע ס״ק נ״ב). Le Choulhan Aroukh de l'Admour HaZaken conclut le séif par : « וּבֵית שַׁעַר שֶׁל בַּיִת אֶחָד אֵינוֹ מִתְבַּטֵּל מִתּוֹרַת בַּיִת » (שו״ע הרב ש״ע:ח).
11. Séif ח — l'invité
Le Rambam, après l'agonisant et le mineur qui interdisent : « אֲבָל הָאוֹרֵחַ אֵינוֹ אוֹסֵר לְעוֹלָם כְּמוֹ שֶׁבֵּאַרְנוּ » (רמב״ם הלכות עירובין פ״ד הי״ב). Le séif, que le Beit Yossef appuie sur la Teroumat HaDéchen (section 1), parle de l'invité qui n'est pas hébergé de façon fixe, pour trente jours ou moins. La glose du Rama : « ודוקא בדאיכא בעל הבית א׳ קבוע דאז האורחים בטלים לגביה אבל אורחים ביחד אוסרים זע״ז מיד » (שו״ע או״ח ש״ע:ח).
Trente jours, ou plus de trente ?
- Le Taz : « משמע ביותר מל׳ יום אוסר וזה מיירי ביחיד הדר במקום אבל במקום שיש קהל ועשו עירובי חצירות בע״פ כדרכינו אז פטור גם בזה כיון שלב ב״ד מתנה על כל שיתוספו דיורים » (ט״ז או״ח ש״ע ס״ק י).
- Le Biour Halakha : « ובב״י גופא יש בזה סתירה דבתחלה כתב יותר מל׳ ואח״כ כתב דדוקא פחות מל׳ יום חשוב אורח אבל שלשים מקרי קבע » (ביאור הלכה ש״ע) ; « ובאמת לא מצינו בשום מקום שיעורא דיותר מל׳ ואדרבא בכל מקום אמרינן דבשלשים מיקרי תושב » (ביאור הלכה ש״ע) — et il laisse la halakha en question (וצ״ע לדינא).
- La Michna Beroura : « וביותר משלשים אפילו אם היה רק בשאילה לבד תו מקרי קבע ויצא מכלל אורח ואוסר » (משנה ברורה ש״ע ס״ק נ״ה) ; et : « ומסתברא דאם קבע עצמו לכתחלה יותר משלשים אוסר מיד » (משנה ברורה ש״ע ס״ק נ״ה).
- Le Choulhan Aroukh de l'Admour HaZaken : « וּמִכָּל מָקוֹם אֲפִלּוּ אִם קוֹבֵעַ לְיוֹתֵר מִשְּׁלֹשִׁים יוֹם, אֵינוֹ אוֹסֵר עַד לְאַחַר שְׁלֹשִׁים יוֹם, אֲבָל לֹא תּוֹךְ שְׁלֹשִׁים » (שו״ע הרב ש״ע:י).
Pour celui qui se fixe d'emblée pour plus de trente jours, la Michna Beroura et le Choulhan Aroukh de l'Admour HaZaken n'écrivent donc pas la même chose.
Celui qui a l'habitude de venir se fixer — le Magen Avraham lit dans la glose : « משמע דס״ל לרמ״א דבישראל אפי׳ רגיל אין אוסר » (מגן אברהם ש״ע ס״ק י״ב). La Michna Beroura : « י״א שאפילו רגיל לבוא שם כמה פעמים להתארח ויש מי שמחמיר בזה » (משנה ברורה ש״ע ס״ק נ״ו). Le Choulhan Aroukh de l'Admour HaZaken : « וְיֵשׁ אוֹמְרִים שֶׁגַּם יִשְׂרָאֵל הָרָגִיל לִקְבּוֹעַ אוֹסֵר מִיָּד. וּלְעִנְיַן הֲלָכָה, בְּדִבְרֵי סוֹפְרִים הַלֵּךְ אַחַר הַמֵּקֵל » (שו״ע הרב ש״ע:י).
Les habitants interdisent-ils à l'invité ? Le séif écrit que lui et eux sont autorisés. Le Biour Halakha rapporte que le Magen Avraham, au siman שצ״א, « שמסכים לפסק המרדכי דאף דהאורח אינו אוסר על בני החצר אבל בני החצר שפיר אוסרים על האורח שלא יוציא מביתו לחצר אם לא עירב עמהם » (ביאור הלכה ש״ע) ; « אכן כמה אחרונים תמהו על דבריו וכן כתב הבית מאיר שאין לזוז מפסק השו״ע » (ביאור הלכה ש״ע). Le Choulhan Aroukh de l'Admour HaZaken rapporte, comme un avis, pour l'invité qui a une maison à part, en le fondant sur la location de cette maison pour un temps : « אֲבָל לְטַלְטֵל מִבֵּית הָאוֹרֵחַ לֶחָצֵר — אָסוּר בֵּין לוֹ בֵּין לְבַעַל הַבַּיִת, שֶׁכֵּיוָן שֶׁהִשְׂכִּירוֹ לוֹ בַּיִת זֶה לְאֵיזֶה זְמַן, שְׂכִירוּת לְיוֹמוֹ מִמְכָּר הוּא וַהֲרֵי זֶה בַּיִת שֶׁלּוֹ » (שו״ע הרב ש״ע:ט) ; et il ajoute entre parenthèses : « וְהוּא הַדִּין אִם הִשְׁאִילוּהוּ לוֹ בְּעִנְיָן שֶׁאֵינָם יְכוֹלִים לְסַלְּקוֹ תּוֹךְ מֶשֶׁךְ זְמַן שְׁאֵלָתוֹ » (שו״ע הרב ש״ע:ט).
12. Récapitulatif des chitot et conclusion halakhique
Le fondement — les michnayot et les baraïtot d'Érouvin, que les Richonim et les Aharonim lisent ainsi :
- les passages d'où viennent les séifim, selon le Beit Yossef — section 1 ;
- l'habitation : la michna classe les lieux, la baraïta de Rabbi Yehouda et Rav regardent le lieu du repas ; le Rambam et le Beit Yossef écrivent les deux conditions ; la Michna Beroura renvoie au séif ה — section 2 ;
- la tefissat yad : l'interdit (le Rambam) ou aussi le poids (le Tour, selon le Beit Yossef) ; le Magen Avraham laisse le poids en question et conclut qu'il y a lieu d'être strict ; les habitants aussi peuvent sortir vers la cour (Rachi selon le Mordekhaï, le Beit Yossef d'après la raison du Rambam, le séif), contre le Riva ; seulement dans des maisons qui sont à lui — section 3 ;
- la glose du Rama : quand d'autres habitants interdisent, ceux-ci aussi (Rabbi Yehonatan, le Taz) ; la bira louée dans l'intention d'y habiter ensemble (le Mahari Kolon) — section 4 ;
- les deux plus intérieurs : le Taz, le Biour Halakha et la Michna Beroura ne l'écrivent pas de la même façon ; la glose du bâtiment d'entrée, et la conséquence que le Magen Avraham en tire pour les maisons de son temps — section 5 ;
- la salle partagée : la halakha suit Rabbi Yehouda HaSabbar ; l'érouv déposé dans la salle leur suffit selon les Tossafot (un seul érouv pour tous), le Roch et le Tour, qui suit leur avis selon le Beit Yossef (« ורבינו כתב כשיטתם », בית יוסף או״ח ש״ע), et selon le séif, qui écrit qu'ils n'ont pas du tout à donner ; non selon la lecture que le Beit Yossef fait du Rambam ; la Michna Beroura le limite aux cloisons provisoires — section 6 ;
- le précepteur, le scribe et les élèves : les deux raisons des Tossafot ; le Beit Yossef, que rapporte le Taz, ne s'appuie pas sur la première sans la seconde, et la Michna Beroura exige les deux ensemble ; le Biour Halakha distingue selon que le maître de maison peut les renvoyer ou non — section 7 ;
- une même table : le Rambam ; le rideau qui n'est pas tendu à demeure (le Beit Yossef) — section 8 ;
- le lieu du repas et la portion : Rav et Chmouel, et le séif qui écrit que le lieu du repas est l'essentiel ; Rachi et le Rambam sur la portion ; les épouses et les esclaves, une discussion de la baraïta — section 9 ;
- dix maisons : Rabbi Yo'hanan contre Chmouel ; le Roch et le Rambam tranchent comme Rabbi Yo'hanan (le Beit Yossef) — section 10 ;
- l'invité : trente jours, ou plus de trente (le Taz, le Biour Halakha, la Michna Beroura, le Choulhan Aroukh de l'Admour HaZaken) ; celui qui a l'habitude de venir ; le maître de maison fixe — section 11.
Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav ; l'usage de la communauté compte aussi.
Pour aller plus loin
Niveau 3 — Synthèse : récapitulatif structuré, repères mnémotechniques, arbres de décision et règles pratiques.
Niveau 4 — Daat HaRav : la chita de l'Admour HaZaken (Choulhan Aroukh HaRav, 10 séifim sur ce siman).