Choulhan Aroukh · Orah Haïm
Pilpoul approfondi
Sources talmudiques, hakira de fond,
chitot des Richonim et des A'haronim sur l'habitant de la cour qui s'en sépare ou qui meurt
Sujet :
Choulhan Aroukh Orah Haïm siman שע״א — 6 séifim dans le Choulhan Aroukh (Mehaber), sans glose introduite par הגה ; le Choulhan Aroukh HaRav en compte 6 aussi, découpés autrement
avec notamment les sources : Guemara Érouvin, Rachi, le Roch, Rambam et Maguid Michné, Tour, Beit Yossef, Taz, מג״א, Michna Beroura, Biour Halakha
Michna Beroura : 34 ס״ק
Rédaction et étude :
Rav Yossef Haim Samama · DAAT
📑 Table des matières
- Le texte du Choulhan Aroukh — 6 seifim
- La michna et la guemara — l'habitant qui laisse sa maison (séif א)
- Chez sa fille, non chez son fils — l'intention de celui qui part (séif א)
- Parti de jour, ou pendant Chabbat (séif א)
- Le non-Juif — Rabbi Yehouda et Rabbi Yossé (séif א)
- L'avis rapporté par וי״א, les crochets et la lecture du Taz (séif א)
- Celui qui se ravise et revient — le Chabbat qui a été permis (séif ב)
- La maison de quelqu'un du marché, héritée de jour ou après la tombée de la nuit (séif ג)
- L'habitant mort pendant Chabbat (séif ד)
- Le Juif et le converti (séif ה)
- Le mourant, le mineur et l'invité (séif ו)
- Récapitulatif des chitot et conclusion halakhique
📜 Le texte du Choulhan Aroukh — 6 seifim
א' מבני חצר שהניח ביתו והלך ושבת בחצר אחר' אפי' היתה סמוכה לחצרו אם הסיח מלבו ואין דעתו לחזור לביתו בשב' הרי זה אינו אוסר עליהם במה דברים אמורים בישראל אבל בעכו״ם אפי' הלך לשבו' בעיר אחר' אוסר עליהם עד שישכרו ממנו מקומו אם היא קרוב מהלך יום א' שהרי אפשר שיבא בשב' אבל אם רחוק יותר אינו אוסר וי״א שגם עכו״ם אם הלך לשבו' בחצר אחר' אינו אוסר [וכן נראה עיקר] [ואם בא העכו״ם בשבת ע״ל סי' שפ״ג]:
résumé : chapeau du siman, puis le séif א. Le Juif parti passer Chabbat dans une autre cour, même voisine, s'il a écarté [sa demeure] de son esprit et n'a pas l'intention de revenir chez lui pendant Chabbat, n'interdit pas. Le non-Juif, même parti passer Chabbat dans une autre ville, interdit jusqu'à ce qu'ils prennent sa place en location auprès de lui, si elle est proche, dans la limite d'une journée de marche, car il peut venir pendant Chabbat ; plus loin, il n'interdit pas. Certains disent que même le non-Juif parti dans une autre cour n'interdit pas. En petits caractères, entre crochets : [et c'est ce qui paraît l'essentiel] [et si le non-Juif est venu pendant Chabbat, voir le siman 383].
résumé : le Juif parti passer Chabbat dans une autre cour sans intention de revenir pendant Chabbat, qui s'est ravisé pendant Chabbat et est revenu, n'interdit pas.
résumé : quelqu'un du marché qui avait une maison dans la cour est mort et l'a laissée à l'un des habitants de la cour. Mort de jour, celui qui l'acquiert n'interdit pas, car l'érouv qu'il fait pour sa maison permet aussi ce dont il a hérité ; mort après la tombée de la nuit, il interdit : bien qu'il ait fait l'érouv avec eux, cela ne sert pas pour ce dont il a hérité ensuite, pendant Chabbat.
résumé : l'habitant mort pendant Chabbat. S'il avait fait l'érouv, même si quelqu'un du marché hérite de lui, il n'interdit pas. Sans érouv : l'héritier du marché n'interdit pas tant qu'il ne vient pas habiter avec eux, et interdit s'il vient habiter pendant Chabbat la maison de celui dont il hérite ; l'héritier de la cour qui avait fait l'érouv et habitait avec le défunt dans sa maison n'interdit pas, bien que le défunt n'ait pas fait l'érouv ; s'il habitait une autre maison de la cour, il interdit, bien qu'il ait fait l'érouv, puisque le défunt ne l'a pas fait. Mort de jour, l'héritier du marché interdit — à condition d'être venu pendant Chabbat dans la maison de celui dont il hérite.
résumé : un Juif et un converti habitaient une cour ; le converti meurt de jour et un autre Juif prend possession de ses biens : même s'il ne le fait qu'après la tombée de la nuit, il interdit jusqu'à ce qu'il renonce à son domaine, comme tout autre héritier. Mort après la tombée de la nuit : celui qui prend possession n'interdit pas, car [la cour] demeure dans sa permission première.
résumé : le mourant interdit, bien qu'il ne puisse survivre à ce jour, jusqu'à ce qu'on lui fasse acquérir du pain et qu'on fasse l'érouv pour lui ; de même le mineur, bien qu'il ne puisse manger un kazayit ; mais l'invité n'interdit pas, comme on l'a expliqué au siman 370.
1. La michna et la guemara — l'habitant qui laisse sa maison (séif א)
Le Beit Yossef ouvre son commentaire du siman par sa source : « משנה בפרק כיצד משתתפין » (בית יוסף או״ח שע״א). Quatre Tannaïm y discutent de celui qui laisse sa maison pour passer Chabbat ailleurs. Rabbi Méir : « הַמַּנִּיחַ בֵּיתוֹ וְהָלַךְ לִשְׁבּוֹת בְּעִיר אַחֶרֶת, אֶחָד נׇכְרִי וְאֶחָד יִשְׂרָאֵל — הֲרֵי זֶה אוֹסֵר, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר » (עירובין פ״ו ע״א). Rabbi Yehouda : « רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אֵינוֹ אוֹסֵר » (עירובין פ״ו ע״א). Rabbi Yossé : « רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: נׇכְרִי — אוֹסֵר, יִשְׂרָאֵל — אֵינוֹ אוֹסֵר, שֶׁאֵין דֶּרֶךְ יִשְׂרָאֵל לָבֹא בַּשַּׁבָּת » (עירובין פ״ו ע״א). Rabbi Chimon : « רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: אֲפִילּוּ הִנִּיחַ בֵּיתוֹ וְהָלַךְ לִשְׁבּוֹת אֵצֶל בִּתּוֹ בְּאוֹתָהּ הָעִיר — אֵינוֹ אוֹסֵר, שֶׁכְּבָר הִסִּיעַ מִלִּבּוֹ » (עירובין פ״ו ע״א).
La guemara rapporte la décision de Rav, et la limite aussitôt : « אָמַר רַב: הֲלָכָה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן. וְדַוְקָא בִּתּוֹ, אֲבָל בְּנוֹ — לָא » (עירובין פ״ו ע״א). Elle la justifie par un dicton : « דְּאָמְרִי אִינָשֵׁי: נְבַח בָּךְ כַּלְבָּא — עוּל, נְבַח בָּךְ גּוּרַיְיתָא — פּוֹק » (עירובין פ״ו ע״א).
יסוד — le Tour ouvre le siman par la règle, et l'applique aussitôt au cas de Rabbi Chimon : « דירה בלא בעלים אינה אוסרת הלכך מי שיש לו בית בחצר והולך מבע״י לשבות אצל בתו אפילו באות׳ העיר אינו אוסר אפילו חזר בשבת » (טור או״ח שע״א). La Michna Beroura donne la même raison au séif א : « והטעם דדירה בלא בעלים לא שמה דירה ואינה אוסרת בחצר אף שלא נתנה חלק בעירוב » (משנה ברורה שע״א ס״ק א).
Selon Rachi, la michna fait donc intervenir l'absence du maître de la demeure, sur laquelle Rabbi Méir et Rabbi Yehouda s'opposent, et, chez Rabbi Chimon, l'intention : il parle de celui qui a déjà écarté [sa demeure] de son esprit. Le séif א écrit « אם הסיח מלבו » (שו״ע או״ח שע״א:א) — le mot par lequel Rachi explique le הסיע de Rabbi Chimon —, et la règle vaut même pour une cour voisine.
2. Chez sa fille, non chez son fils — l'intention de celui qui part (séif א)
Rachi, cité par le Beit Yossef, explique la limite que la guemara pose à la règle de Rabbi Chimon : « ופירש״י ודוקא בתו. דעביד איניש דדייר אצל חתנו אבל בנו אין אדם מסיח דעתו מביתו לדור אצל כלתו שמא תתקוטט ויצא » (בית יוסף או״ח שע״א) — il est d'usage qu'un homme habite chez son gendre, mais l'on ne détourne pas son esprit de sa maison pour aller habiter chez sa belle-fille, de crainte qu'elle ne se querelle avec lui et qu'il doive sortir. Le Tour en donne la raison en d'autres termes : « ודווקא אצל בתו שהסיח דעתו מדירת ביתו שאפשר לו לדור אצל חתנו אבל אצל בנו לא שלא הסיח דעתו מדירת ביתו שמא לא יכול לדור אצל כלתו » (טור או״ח שע״א).
Fille ou fils : la lettre de la guemara, ou l'intention. Le séif א ne nomme ni la fille ni le fils. Le Beit Yossef écrit : « ורבינו כתב כפשט הגמרא דדוקא בתו אבל אצל בנו לא אבל הרמב״ם בפ״ד מה״ע לא חילק בין בתו לבנו » (בית יוסף או״ח שע״א). Le séif א reprend presque mot pour mot le Rambam : « אֶחָד מִבְּנֵי חָצֵר שֶׁהִנִּיחַ בֵּיתוֹ וְהָלַךְ וְשָׁבַת בְּחָצֵר אַחֶרֶת אֲפִלּוּ הָיְתָה סְמוּכָה לַחֲצֵרוֹ. אִם הִסִּיעַ מִלִּבּוֹ וְאֵין דַּעְתּוֹ לַחֲזֹר לְבֵיתוֹ בְּשַׁבָּת הֲרֵי זֶה אֵינוֹ אוֹסֵר עֲלֵיהֶן » (הלכות עירובין פ״ד הי״ג).
Le Beit Yossef rapporte l'explication du Maguid Michné : « וכתב ה״ה דס״ל שלא אמרו כן אלא לדבר בהווה ומצוי שדרך בני אדם לשבות אצל בתו מאצל בנו ולעולם אם הסיח לבו אפילו הלך אצל בנו אינו אוסר ובשלא הסיח אפילו אצל בתו הרי זה אוסר » (בית יוסף או״ח שע״א). Selon lui, la guemara parle du cas fréquent, et tout dépend de l'intention réelle.
Le Biour Halakha lit la sougya comme portant sur le cas ordinaire : « אף דבסוגיא שם איתא דוקא בתו אבל בנו לא וכ״ש אחר הסוגיא מיירי בסתמא » (ביאור הלכה שע״א) ; et si l'intention a été exprimée : « אבל אם הסיח דעתו בהדיא מדירתו לאותו שבת כגון ששאלוהו ואמר שאין דעתו לחזור לדירתו לשבת זו אינו אוסר אפילו הלך לשבות אצל בנו וה״ה אחר ואם לא הסיח דעתו כגון ששמעו ממנו שדעתו לחזור בשבת אפילו בשהלך אצל בתו אוסר » (ביאור הלכה שע״א). Il ajoute, sur le Rambam : « ומסתברא דגם הרמב״ם מודה דבבתו אפילו בסתמא אמרינן דהסיח דעתו » (ביאור הלכה שע״א). Il écrit que les Richonim recopient la distinction de la guemara entre la fille et le fils, notamment Rabbénou 'Hananel, le Rif, le Smag, le Roch et le Rachba.
Celui qui va passer Chabbat chez son fils, sans rien dire de son intention. Selon le Tour, qui suit la lettre de la guemara, il n'a pas écarté sa demeure de son esprit. Selon l'explication du Maguid Michné rapportée par le Beit Yossef, tout dépend de son intention réelle. Selon le Biour Halakha, le cas ordinaire chez le fils n'est pas un écart de la demeure, et l'intention exprimée vaut chez le fils comme chez un autre.
3. Parti de jour, ou pendant Chabbat (séif א)
Le séif א ne dit pas à quel moment l'habitant est parti ; le Tour, cité à la section 1, écrit qu'il est parti מבע״י, alors qu'il faisait encore jour. Le Magen Avraham sur ces mots : « נ״ל דנקט כן לאשמועי׳ דאפי׳ חזר אין אוסר » (מגן אברהם שע״א ס״ק א). Il propose une autre explication, liée au non-Juif (siman 383), puis écrit : « אבל באמת אפי׳ הי׳ כאן ולא עירב והלך בשבת אינו אוסר כמ״ש גבי מת בשבת ולא עירב » (מגן אברהם שע״א ס״ק א).
חקירה — qu'est-ce qui écarte la demeure : l'intention seule, ou l'intention déjà présente quand Chabbat commence ? Le Magen Avraham tire sa preuve du séif ד, où la maison du mort qui n'avait pas fait l'érouv n'interdit pas tant que l'héritier n'y vient pas. Le Biour Halakha refuse la preuve ; il cite le Beit Méir, et le Gaon Yaakov qui distingue : « דהכא שהוא חי וקנה בו שביתה לאחר שקידש היום לא נעקרה דירתו מכאן במה שהלך במקצת היום הנשאר לשבות במקום אחר » (ביאור הלכה שע״א). Celui qui était chez lui quand le jour a été sanctifié y a acquis sa chevita, et partir pendant le reste du jour ne déracine pas sa demeure.
Il ajoute que Rachi l'écrit expressément : « וכ״כ רש״י בדף מ״ז בהדיא דמיירי מבע״י » (ביאור הלכה שע״א), et de même le Rachba et le Ritva. Il conclut : « וע״כ נראה פשוט דאין להקל כשהלך בשבת אם לא בשעת הדחק אפשר דיש לסמוך על דעת המגן אברהם כשהסיח דעתו בהדיא » (ביאור הלכה שע״א).
Le Choulhan Aroukh HaRav écrit la condition מבעוד יום pour celui qui revient : « בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים? כְּשֶׁהָלַךְ מִבֵּיתוֹ מִבְּעוֹד יוֹם. אֲבָל אִם הָלַךְ מִשֶּׁחָשֵׁכָה — אוֹסֵר כְּשֶׁחוֹזֵר » (שו״ע הרב שע״א:א) ; ce qu'il tient pour le temps de l'absence de celui qui est parti pendant Chabbat, son séif 1 ne le dit pas (niveau 4, point ב).
4. Le non-Juif — Rabbi Yehouda et Rabbi Yossé (séif א)
Pour le non-Juif, la michna oppose Rabbi Yehouda, pour qui celui qui laisse sa maison n'interdit pas, à Rabbi Yossé, pour qui le non-Juif interdit (section 1). Le Beit Yossef rapporte les deux décisions : « ובפלוגתא דרבי יהודה ורבי יוסי פסק הרא״ש כרבי יהודה משום דהלכה כדברי המיקל בעירוב » (בית יוסף או״ח שע״א) ; il nomme ensuite, dans le même sens, notamment le Mordekhaï, le Smag, une réponse du Ramban et une réponse du Rachba. Puis : « אבל הרמב״ם בפ״ד מה״ע פסק כרבי יוסי » (בית יוסף או״ח שע״א).
Le Beit Yossef rapporte le Maguid Michné : « וכתב עוד שנראה מדברי הרמב״ם שאין עכו״ם אוסר אא״כ הוא במקום קרוב דהיינו מהלך יום אחד שיכול לבא בשבת אבל אם היה רחוק יותר אינו אוסר » (בית יוסף או״ח שע״א). Le Beit Yossef ajoute de lui-même que c'est évident, par la guemara du début du chapitre הדר — les mots qui suivent ne sont pas dans le Maguid Michné : « אוקימנא לאוסר דר״מ דוקא לדאתי ביומיה כלומר אבל אם הוא במקום רחוק שא״א לו לבא ביומו לא אסר וממילא נשמע לרבי יוסי דלא בא להחמיר על ר״מ בעכו״ם דא״כ הו״ל לפרושי » (בית יוסף או״ח שע״א). Rabbi Méir n'interdit donc que lorsque celui qui est parti peut venir le jour même, et Rabbi Yossé, selon le Beit Yossef, ne vient pas être plus strict que lui pour le non-Juif. Dans la guemara, la question et la réponse : « וְכִי לֵיתֵיהּ, לָא אָסַר? וְהָתְנַן: הַמַּנִּיחַ אֶת בֵּיתוֹ וְהָלַךְ לוֹ לִשְׁבּוֹת בְּעִיר אַחֶרֶת, אֶחָד נׇכְרִי וְאֶחָד יִשְׂרָאֵל אוֹסֵר, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. הָתָם דְּאָתֵי בְּיוֹמֵיהּ » (עירובין ס״ב ע״ב).
Le séif א écrit le stam dans les mots du Rambam, avec cette distance : « אם היא קרוב מהלך יום א׳ שהרי אפשר שיבא בשב׳ » (שו״ע או״ח שע״א:א). Sur la ville plus éloignée, le Magen Avraham : « ואף על גב דברחוק נמי איכא למיחש שהלך בחול עד סמוך לכאן ויבא בשב׳ מ״מ לא חיישי׳ להכי » (מגן אברהם שע״א ס״ק ב) — même si l'on peut craindre qu'il ait marché en semaine jusqu'à proximité et vienne pendant Chabbat, on ne tient pas compte de cette crainte.
5. L'avis rapporté par וי״א, les crochets et la lecture du Taz (séif א)
Le séif א rapporte ensuite un autre avis : « וי״א שגם עכו״ם אם הלך לשבו׳ בחצר אחר׳ אינו אוסר » (שו״ע או״ח שע״א:א). Puis, en petits caractères, entre crochets et sans le mot הגה : « וכן נראה עיקר » (שו״ע או״ח שע״א:א). Le texte ne nomme pas l'auteur de ces mentions.
Une autre ville, ou même une autre cour ? L'avis rapporté parle d'une autre cour. Le Biour Halakha, sur ces mots : « עיין בב״ח שהביא דהתוס׳ חולקים ע״ז וכן משמע מהטור דדוקא אם הלך לעיר אחרת מקילינן גם גבי עכו״ם ולא בחצר אחרת ובפסקי הרא״ש כתב הכי בהדיא » (ביאור הלכה שע״א). Il trouve l'avis contraire chez le Riaz : « אכן בריא״ז המובא בשלטי הגבורים דעתו הכי דאפילו בחצר אחרת מותר » (ביאור הלכה שע״א), et conclut : « אבל עכ״פ הוא דעת יחידאה דהתוס׳ והרשב״א והטור חולקים ע״ז ובפרט לדעה קמייתא בעכו״ם בכל גווני אסור » (ביאור הלכה שע״א). La Michna Beroura renvoie à ce Biour Halakha (voir le niveau 1, séif א).
La question du Taz. Le non-Juif qui vient pendant Chabbat interdit (le Tour, section 4) ; or le séif ב écrit que le Juif qui s'est ravisé et est revenu n'interdit pas : « ומ״ש מהא דאי׳ אחר זה בישראל שנמלך ובא בשב׳ דמותר » (ט״ז או״ח שע״א ס״ק א).
Sa réponse : « וע״כ נרא׳ דבאמת אין חילוק בין עכו״ם לישראל אלא בספק לנו בע״ש אם יבא בשב׳ » (ט״ז או״ח שע״א ס״ק א). C'est sur ce doute, selon lui, que les Tannaïm de la michna s'opposent, et il écrit : « והכריע רמ״א להקל בעכום בספק ובזה פסק דאם בא בשבת העכו״ם אוסר ולא אמרינן בזה שבת שהותרה כו׳ כיון שלא הותר אלא מכח ספק » (ט״ז או״ח שע״א ס״ק א). Mais si, la veille de Chabbat, il était clair que le non-Juif ne viendrait pas : « אבל באם היה נרא׳ בבירור בע״ש שלא יבא בשבת והסיח מלבו אלא שאח״כ נמלך ובא בשבת אפי׳ בעכו״ם י״ל שבת שהותרה הותרה דמ״ש משראל » (ט״ז או״ח שע״א ס״ק א).
Le Taz s'appuie sur le Roch (section 6), et termine sur une réserve quant à la lecture qu'il propose du Tour : « וצ״ע בזה לפרש כך לשונו » (ט״ז או״ח שע״א ס״ק א).
6. Celui qui se ravise et revient — le Chabbat qui a été permis (séif ב)
Le séif ב : « ואח״כ נמלך בשב׳ וחזר אינו אוסר » (שו״ע או״ח שע״א:ב). Le Taz recopie le Roch, qui rapporte d'abord l'avis contraire et ses deux preuves : « אם חזר לביתו בשבת י״א שאוסר ומביאים ראיה מעכו״ם דכי ליתיה לא אוסר וכי איתיה אוסר. ועוד ממבטל רשות שאם חזר והוציא אוסר » (ט״ז או״ח שע״א ס״ק א). Puis le Roch répond : « ול״נ כיון דר״ש לא שרי אלא משום דמסיח מלבו ובודאי לא יחזור ה״ל שבת שהותר׳ ושוב לא תאסר ול״ד לעכו״ם שהי׳ עתיד לבוא בשבת » (ט״ז או״ח שע״א ס״ק א). À la suite, dans le Beit Yossef : « וכן מצאתי משם הראב״ד וכן דעת ה״ה בפ״ד מה״ע » (בית יוסף או״ח שע״א).
יסוד — le Magen Avraham, sur le séif ב : « דכבר הסיח מלבו וה״ל שבת שהותר׳ ושוב לא תאסר » (מגן אברהם שע״א ס״ק ג). Le principe qu'il emploie a une forme générale dans une baraïta que la guemara oppose à Rav Na'hman, au sujet de l'héritier qui renonce à son domaine ; parmi ses exemples, l'érouv fait par une porte ou une fenêtre ensuite bouchées ; aucun ne parle de celui qui se ravise — le rapprochement avec le séif ב est celui de la page : « זֶה הַכְּלָל, כׇּל שֶׁמּוּתָּר לְמִקְצָת שַׁבָּת — הוּתַּר לְכׇל הַשַּׁבָּת, וְכׇל שֶׁנֶּאְסַר לְמִקְצָת שַׁבָּת — נֶאְסַר לְכׇל הַשַּׁבָּת חוּץ מִמְּבַטֵּל רְשׁוּת » (עירובין ע׳ ע״ב).
La Michna Beroura explique pourquoi la même raison ne vaut pas pour le non-Juif : « דלא שייך גבי עכו״ם לומר שכבר הסיח דעתו שזה אינו אלא בישראל שבמקום ששובת בכניסת שבת שהוא לו יום מנוחה מסתמא דעתו אז שלא לעקור ומה שבא אח״כ רוח אחרת היתה לו משא״כ גבי עכו״ם כשבא הוכיח סופו על תחלתו ואמרינן שכבר בבין השמשות היה דעתו לבוא ואף אם יאמר שהסיח דעתו מתחלה לא מפיו אנו חיין » (משנה ברורה שע״א ס״ק ח).
Les réserves. Le Taz relève la formulation du séif : « וגם כאן בש״ע צ״ע למה נקט ישראל » (ט״ז או״ח שע״א ס״ק ב). Le Biour Halakha, sur les mots « ואח״כ נמלך בשבת וחזר אינו אוסר » (ביאור הלכה שע״א) : « עיין בב״י שהביא דעות המחמירין בזה אך הוא נטה להקל והגר״א בביאורו משמע דדעתו לפסוק כדעת המחמירים » (ביאור הלכה שע״א). Sur la preuve du Gra : « ומה שהביא ראיה לדעת המחמירים מהא דקי״ל משחשיכה אוסר לכאורה יש לישב קצת ע״פ מה שכתב המגן אברהם בסק״ה וכמו שכתב המחצית השקל אבל לפי הנראה אין דעת הגר״א מסכים לחילוקו » (ביאור הלכה שע״א). Et il conclut : « וע״כ יש להחמיר אם לא בשעת הדחק » (ביאור הלכה שע״א). Au séif ג, il rapporte que le Gra a déduit d'une question du Ba'h (section 7) : « ומחמת קושיא זו הכריח הגר״א דלא כס״ב » (ביאור הלכה שע״א).
Le Choulhan Aroukh HaRav écrit, comme le Mehaber : « וַאֲפִלּוּ אִם אַחַר כָּךְ נִמְלַךְ וְחָזַר לְבֵיתוֹ בְּשַׁבָּת, אֵינוֹ אוֹסֵר » (שו״ע הרב שע״א:א) ; voir le niveau 4, point ב.
7. La maison de quelqu'un du marché, héritée de jour ou après la tombée de la nuit (séif ג)
Le séif ג vient d'une baraïta, dont la première partie est aussi celle du séif ד (section 8) ; le Beit Yossef l'indique : « ברייתא בפרק הדר » (בית יוסף או״ח שע״א). La voici : « אֶחָד מִבְּנֵי חָצֵר שֶׁמֵּת, וְהִנִּיחַ רְשׁוּתוֹ לְאֶחָד מִן הַשּׁוּק, מִבְּעוֹד יוֹם — אוֹסֵר, מִשֶּׁחָשֵׁיכָה — אֵינוֹ אוֹסֵר. וְאֶחָד מִן הַשּׁוּק שֶׁמֵּת וְהִנִּיחַ רְשׁוּתוֹ לְאֶחָד מִבְּנֵי חָצֵר, מִבְּעוֹד יוֹם — אֵינוֹ אוֹסֵר, מִשֶּׁחָשֵׁיכָה — אוֹסֵר » (עירובין ע׳ ע״ב).
יסוד — le moment qui compte est le crépuscule. Mort de jour : « שהעיקר קניית העירוב בין השמשות ואז כבר היה הבית שלו » (משנה ברורה שע״א ס״ק י״א). Mort après la tombée de la nuit : « כיון דבעת ביה״ש שהוא אז זמן קניית העירוב לא היה הבית שלו אין חל העירוב על בית זה » (משנה ברורה שע״א ס״ק י״ד).
La question du Ba'h. Le Biour Halakha la résume : au crépuscule, la maison n'avait pas de maître et n'interdisait pas ; pourquoi ne pas dire que le Chabbat, permis à ce moment, reste permis ? Le Magen Avraham rapporte la question au nom du Ba'h : « וא״ת נימא שבת הואיל והותרה הותרה » (מגן אברהם שע״א ס״ק ד). Le Taz, qui le nomme son beau-père, répond : « ומו״ח ז״ל הקשה כאן נימא כיון דהותר׳ שבת הותרה ולא דק דכאן לא הותר בכניסת שבת שהרי לא היה שם עירוב » (ט״ז או״ח שע״א ס״ק ג).
Le Magen Avraham répond autrement : « ולא ראה דברי רש״י ותוס׳ שכתבו דמיירי שהי׳ לו דיר׳ בחצר זו וצריך לערב והא דנקט א׳ מן השוק אורחא דמילת׳ נקט שא׳ שבשוק אינו רגיל לערב עמהם כיון שאינו רגיל להשתמש שם ובא לאשמועי׳ דלא נימא כיון דלא בא בכניסת השב׳ הסיח מלבו » (מגן אברהם שע״א ס״ק ד). Et sur le séif ד, de l'héritier venu du marché : « דבדידיה לא אמרי׳ שהסיח מלבו דדוקא כשהי׳ כאן והלך לו אמרי׳ כן » (מגן אברהם שע״א ס״ק ה).
Le Biour Halakha : « אכן לפי מה שכתב המגן אברהם בסק״ה מתורץ קושית הב״ח ואין אנו צריכין כלל לתירוצו שתירץ בסק״ד » (ביאור הלכה שע״א). Le Choulhan Aroukh HaRav formule la règle dans son séif 2 : « לְפִי שֶׁאֵין אוֹמְרִים כֵּן אֶלָּא כְּשֶׁבְּשָׁעָה שֶׁהֻתְּרָה הָיָה הַדָּבָר בָּרוּר שֶׁלֹּא תַחֲזוֹר וְתֵאָסֵר » (שו״ע הרב שע״א:ב) ; voir le niveau 4, point ד.
חקירה — l'héritier peut-il renoncer à son domaine ? La guemara rapporte la question de Rava : « בְּעָא מִינֵּיהּ רָבָא מֵרַב נַחְמָן: יוֹרֵשׁ מַהוּ שֶׁיְּבַטֵּל רְשׁוּת » (עירובין ע׳ ע״א) — et l'expose : « הֵיכָא דְּאִי בָּעֵי לְעָרוֹבֵי מֵאֶתְמוֹל מָצֵי מְעָרֵב — בַּטּוֹלֵי נָמֵי מָצֵי מְבַטֵּל, אֲבָל הַאי כֵּיוָן דְּאִי בָּעֵי לְעָרוֹבֵי מֵאֶתְמוֹל — לָא מָצֵי מְעָרֵב, לָא מָצֵי מְבַטֵּל. אוֹ דִּלְמָא: יוֹרֵשׁ כַּרְעֵיהּ דַּאֲבוּהּ הוּא? אֲמַר לֵיהּ: אֲנִי אוֹמֵר מְבַטֵּל » (עירובין ע׳ ע״ב). Là où l'on aurait pu faire l'érouv la veille, on peut aussi renoncer ; mais celui-ci ne le pouvait pas la veille — ne peut-il donc pas renoncer ? Ou bien l'héritier est-il la jambe de son père ? Rav Na'hman répond qu'il renonce, et ajoute que l'école de Chmouel enseigne le contraire.
La guemara lui oppose notre baraïta, et répond : « אַמַּאי אוֹסֵר? נִיבַטֵּיל! מַאי ״אוֹסֵר״ נָמֵי דְּקָתָנֵי — עַד שֶׁיְּבַטֵּל » (עירובין ע׳ ע״ב). Le Rambam l'écrit : « וְאֶחָד מִן הַשּׁוּק שֶׁמֵּת וְהֵנִיחַ רְשׁוּתוֹ לְאֶחָד מִבְּנֵי הֶחָצֵר. אִם מִבְּעוֹד יוֹם מֵת אֵינוֹ אוֹסֵר עֲלֵיהֶם שֶׁהֲרֵי כֻּלָּן מְעֹרָבִים. וְאִם מֵת מִשֶּׁחֲשֵׁכָה אוֹסֵר עֲלֵיהֶם עַד שֶׁיְּבַטֵּל רְשׁוּת מוֹרִישׁוֹ לָהֶן » (הלכות עירובין פ״ב ה״ז). Le Beit Yossef rapporte, du Maguid Michné au nom du Rachba : « ויראה דאפילו לא היה היורש דר באותו שבת עמהם אוסר עד שיבטל שכל שנאסר למקצת שבת נאסר לכל השבת עד שיבטל » (בית יוסף או״ח שע״א).
8. L'habitant mort pendant Chabbat (séif ד)
Le séif ד traite de la première partie de la baraïta (section 7), qu'il détaille selon l'héritier. Le Beit Yossef, sur le Tour : « ומעתה כל דברי רבינו בבבא זו מבוארים במה שכתבתי מהגמרא ודברי הרא״ש » (בית יוסף או״ח שע״א). Il relève ce que le Tour a omis : « ולא השמיט רבינו מהם זולת הא דתניא גבי אחד מבני חצר שמת וכו׳ מבע״י אוסר והטעם שהשמיטו הוא משום דלא איצטריכא ליה דבכלל לא עירב המוריש הוא דכל שמת מבע״י אע״פ שעירב כלא עירב דמי דהא פסק עירובו קודם השבת » (בית יוסף או״ח שע״א). Le séif ד, lui, l'écrit à sa fin : « ואם מבעוד יום מת ויורשו אחד מן השוק הרי זה אוסר והוא שבא היורש בבי׳ מורישו בשב׳ » (שו״ע או״ח שע״א:ד).
Cette condition est écrite par le Roch, que rapporte le Beit Yossef : « וכתב הרא״ש אחד מבני החצר שמת וכו׳ מבע״י אוסר היינו דוקא כשבא היורש בבית אביו בשבת דאי לא בא לא הוה אסר דקי״ל כר״ש דאמר אם הניח את ביתו והלך אצל בתו אינו אוסר » (בית יוסף או״ח שע״א). La Michna Beroura, sur la mort de jour : « כאן לא חילק בין עירב ללא עירב דאפילו עירב כיון שמת מבע״י בטל עירובו והוי כלא עירב » (משנה ברורה שע״א ס״ק כ״ג).
L'héritier du marché qui ne vient pas habiter. Le défunt n'avait pas fait l'érouv ; son héritier ne vient pas dans la maison. Le séif ד écrit qu'il n'interdit pas. Le Biour Halakha : « והנה המחבר סתם כדעת הרא״ש והתוספות אבל אין דין זה ברור דהרשב״א בעבוה״ק וכן בחידושיו חולק ע״ז וס״ל דכיון שנאסר למקצת שבת נאסר לכל השבת והביאו הרה״מ » (ביאור הלכה שע״א).
Le Taz explique la position du Tour et du Roch : « דאז אמרי׳ הואיל והותר שבת הותר ובלא עירב דלא אסר היורש אלא א״כ בא בשבת א״ל הואיל ונאסר בכניסת שבת נאסר לכל השבת דהא כאן לא היו לו בעלים ביום השבת כל זמן שהיורש לא בא אחר מיתת אביו דירה בלא בעלים אינה אוסרת אבל כשבא היורש שם בשבת הרי יש לדירה בעלים ואז אסור מכח מה שלא עירב תחלה אביו ועירוב של יורש לא מועיל למה שיורש בשבת כ״ה דעת הטור ע״פ הרא״ש » (ט״ז או״ח שע״א ס״ק ד). La Michna Beroura : « אף דנאסר בתחלת השבת מחמת המוריש שלא עירב עם בני החצר מ״מ כשמת ונשאר הבית בלא דיורין לא חשיבא לאסור » (משנה ברורה שע״א ס״ק י״ח).
Le Biour Halakha finit : « ועיין בביאור הגר״א שהעיר ג״כ בזה ומשמע דדעתו נוטה לדעת הרשב״א וע״ע למעשה צ״ע » (ביאור הלכה שע״א).
L'héritier de la cour qui avait fait l'érouv et habitait avec le défunt n'interdit pas, bien que le défunt n'ait pas fait l'érouv ; la Michna Beroura en donne la raison : « שבני ביתו של אדם מערבין לו שלא מדעתו » (משנה ברורה שע״א ס״ק כ׳).
La condition de l'héritier venu dans la maison. Le Biour Halakha, sur cette condition : « הקשו האחרונים הא כיון דמתחלת שבת היה דירה בלא בעלים ולא היה אוסר דירה על בני החצר אמאי לא נימא כיון שהותרה הותרה וכההיא דסעיף ב׳ וי״ל דדוקא בס״ב שהיה כאן והלך לו מבע״י אמרינן שהסיח מלבו לחזור בו ביום ולכן אמרינן ביה אף שאירע שחזר ובא כיון שהותרה הותרה משא״כ בזה לא אמרינן כלל שהיורש הסיח דעתו בעת תחלת כניסת השבת שלא לבוא כלל בשבת לדור בבית » (ביאור הלכה שע״א).
9. Le Juif et le converti (séif ה)
Une autre baraïta, sur la même page de guemara, commence ainsi : « יִשְׂרָאֵל וְגֵר שְׁרוּיִין בִּמְגוּרָה אַחַת, וּמֵת גֵּר מִבְּעוֹד יוֹם » (עירובין ע׳ ע״ב). La guemara s'étonne de sa formulation, et Rav Papa en corrige la lecture : « אָמַר רַב פָּפָּא: אֵימָא: אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא הֶחְזִיק » (עירובין ע״א ע״א) ; à l'objection que la baraïta porte l'inverse, la guemara en donne le sens, pour chacune des deux clauses, que Rav Papa corrige de la même façon : « הָכִי קָאָמַר: אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא הֶחְזִיק מִבְּעוֹד יוֹם אֶלָּא מִשֶּׁחָשֵׁיכָה, כֵּיוָן דַּהֲוָה לֵיהּ לְהַחְזִיק מִבְּעוֹד יוֹם — אוֹסֵר » (עירובין ע״א ע״א) ; « הָכִי קָאָמַר: אַף עַל פִּי שֶׁהֶחְזִיק מִשֶּׁחָשֵׁיכָה, כֵּיוָן דְּלָא הֲוָה לֵיהּ לְהַחְזִיק מִבְּעוֹד יוֹם — אֵינוֹ אוֹסֵר » (עירובין ע״א ע״א).
יסוד — selon cette lecture, la guemara ne regarde pas le moment où l'autre Juif a pris possession, mais s'il pouvait le faire alors qu'il faisait encore jour. Rachi, cité par le Beit Yossef : « נמצאת רשות זו תלויה ועומדת ולא הוה הותר למקצת שבת » (בית יוסף או״ח שע״א). Le Magen Avraham : « כיון דראוי להחזיק מבע״י ה״ל רשות זו תלוי׳ ועומדת ולא הותר למקצת שבת » (מגן אברהם שע״א ס״ק ז).
Le Rambam : « יִשְׂרָאֵל וְגֵר שֶׁשְּׁרוּיִים בִּמְעָרָה אַחַת וּמֵת הַגֵּר מִבְּעוֹד יוֹם אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא הֶחֱזִיק יִשְׂרָאֵל אַחֵר בִּנְכָסָיו עַד שֶׁחֲשֵׁכָה הֲרֵי זֶה הַמַּחֲזִיק אוֹסֵר עַד שֶׁיְּבַטֵּל שֶׁהֲרֵי הוּא כְּיוֹרֵשׁ. וְאִם מֵת הַגֵּר מִשֶּׁחֲשֵׁכָה אַף עַל פִּי שֶׁהֶחֱזִיק יִשְׂרָאֵל אַחֵר בִּנְכָסָיו אֵינוֹ אוֹסֵר עָלָיו אֶלָּא בְּהֶתֵּרוֹ הָרִאשׁוֹן הוּא עוֹמֵד » (הלכות עירובין פ״ב ה״ח). Pour la prise de possession après la tombée de la nuit, la Michna Beroura : « ר״ל ונכנס ג״כ לדור בה » (משנה ברורה שע״א ס״ק כ״ט). Pour comme tout autre héritier, la Michna Beroura : « דחשבינן הזוכה בנכסי הגר כיורש בנכסי אביו דמהני כשמבטל רשות » (משנה ברורה שע״א ס״ק ל׳) ; voir la question de Rava sur l'héritier, section 7.
10. Le mourant, le mineur et l'invité (séif ו)
Le séif ו reprend, presque mot pour mot, le Rambam : « אֶחָד מִבְּנֵי הֶחָצֵר שֶׁהָיָה גּוֹסֵס אַף עַל פִּי שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לִחְיוֹת בּוֹ בַּיּוֹם הֲרֵי זֶה אוֹסֵר עַל בְּנֵי הֶחָצֵר עַד שֶׁיְּזַכּוּ לוֹ בְּפַת וִיעָרְבוּ עָלָיו. וְכֵן קָטָן אַף עַל פִּי שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לֶאֱכל כַּזַּיִת הֲרֵי זֶה אוֹסֵר עַד שֶׁיְּעָרְבוּ עָלָיו. אֲבָל הָאוֹרֵחַ אֵינוֹ אוֹסֵר לְעוֹלָם כְּמוֹ שֶׁבֵּאַרְנוּ » (הלכות עירובין פ״ד הי״ב). Le Tour le cite lui aussi. Le Beit Yossef rapporte la source que lui donne le Maguid Michné : « וכתב ה״ה שהיא תוספתא » (בית יוסף או״ח שע״א). La Michna Beroura, sur le mourant : « וסד״א דנחשב כאלו מת והו״ל דירה בלא בעלים קמ״ל דכל זמן שהוא חי הרי הוא כחי לכל דבריו » (משנה ברורה שע״א ס״ק ל״ב).
S'il meurt pendant Chabbat. Le Magen Avraham : « ואם מת בשבת אוסר כיון שאין העירוב ראוי להתקיים כל השבת דרוב גוססין למיתה » (מגן אברהם שע״א ס״ק ח). La Michna Beroura en précise le champ : « והנה אם היה דר עמו אחד באותו בית פשיטא דאינו מתבטל העירוב » (משנה ברורה שע״א ס״ק ל״ג) ; et elle ajoute : « אכן אם העירוב הונח בשבת העבר וא״כ חל העירוב פ״א אף שבשבת זו כשנעשה גוסס היה עומד להתבטל אעפ״כ שייך בזה לומר כיון שהותרה הותרה » (משנה ברורה שע״א ס״ק ל״ג).
Le Biour Halakha, sur le séif ד : « דע דלפי מה שכתב המגן אברהם בסק״ח ע״כ מיירי הכא שבעת כניסת השבת לא היה עדיין גוסס דאל״ה לא חל העירוב כלל כיון שאינו ראוי להתקיים כל השבת אמנם בספר עצי אלמוגים חולק על דברי המגן אברהם שם כמו שאעתיק שם ולפ״ז מיירי הכא השו״ע בכל גווני » (ביאור הלכה שע״א). Et sur le séif ו : « ועיין בספר עצי אלמוגים שמפקפק מאד על עיקר דין זה וכתב דמדסתמו הטוש״ע לעיל בריש ס״ד דאם מת בשבת אפילו אם ירשו אחד מבני השוק ולא עירב אינו אוסר ולא התנו דדוקא כשלא היה גוסס » (ביאור הלכה שע״א). Il conclut : « ובשעת הדחק נראה דיש לסמוך ע״ז » (ביאור הלכה שע״א).
Le Choulhan Aroukh HaRav écrit, comme le Magen Avraham : « כֵּיוָן שֶׁאֵין הָעֵרוּב רָאוּי לְהִתְקַיֵּם כָּל הַשַּׁבָּת, שֶׁרֹב גּוֹסְסִין לְמִיתָה » (שו״ע הרב שע״א:ה) ; voir le niveau 4, point ה.
Le mineur interdit, bien qu'il ne puisse manger un kazayit, jusqu'à ce qu'on fasse l'érouv pour lui (Michna Beroura, ס״ק ל״ד, au nom du Rambam) ; l'invité n'interdit pas — le séif ו renvoie au siman 370.
11. Récapitulatif des chitot et conclusion halakhique
Le fondement — une demeure sans maître n'interdit pas (Tour ; Michna Beroura, ס״ק א), et le crépuscule du début de Chabbat, moment où l'érouv s'acquiert (Michna Beroura, ס״ק י״ד), revient notamment aux séifim ג, ד et ה :
- le Juif parti passer Chabbat dans une autre cour, même voisine, sans intention de revenir, n'interdit pas (séif א) — la guemara dit chez sa fille, non chez son fils, le séif suit les mots du Rambam ; pour celui qui est parti pendant Chabbat, le Biour Halakha n'allège pas, sauf peut-être, en cas de nécessité pressante, en s'appuyant sur le Magen Avraham, quand il a expressément écarté sa demeure de son esprit ;
- le non-Juif interdit, dans les mots du Rambam, jusqu'à ce qu'on prenne sa place en location auprès de lui ; le séif y ajoute la distance d'une journée de marche, que le Maguid Michné lit dans le Rambam (Beit Yossef) ; l'avis rapporté par וי״א et la mention entre crochets allègent pour celui qui est parti dans une autre cour, ce que le Biour Halakha qualifie d'opinion isolée (séif א) ;
- le Juif parti sans intention de revenir, qui se ravise et revient, n'interdit pas (séif ב), comme l'écrit le Roch ; le non-Juif qui vient pendant Chabbat interdit (Michna Beroura, ס״ק ח) ; le Biour Halakha conclut qu'il y a lieu d'être strict, sauf en cas de nécessité pressante ;
- la maison héritée de quelqu'un du marché : mort de jour, l'héritier de la cour n'interdit pas, l'érouv qu'il fait pour sa maison permettant aussi ce dont il a hérité ; mort après la tombée de la nuit, il interdit (séif ג) — jusqu'à ce qu'il renonce, lit la guemara ; le cas, selon la Michna Beroura, est celui où le défunt n'avait pas fait l'érouv pour cette maison (ס״ק ט), comme l'écrit aussi le Choulhan Aroukh HaRav (séif 2 de sa numérotation) ;
- l'habitant mort pendant Chabbat : selon l'érouv du défunt, la demeure de l'héritier et sa venue dans la maison (séif ד) ; sur l'héritier du marché qui ne vient pas, le Biour Halakha écrit que la règle n'est pas claire ; mort de jour, l'héritier du marché interdit s'il est venu dans la maison pendant Chabbat (séif ד) ; pour le défunt déjà mourant à l'entrée de Chabbat, voir la section 10 ;
- le converti mort de jour : l'autre Juif qui pouvait prendre possession de jour interdit (s'il n'en prend possession qu'après la tombée de la nuit : selon la Michna Beroura, quand il est aussi entré habiter dans la maison, ס״ק כ״ט) jusqu'à ce qu'il renonce ; mort après la tombée de la nuit, la cour reste dans sa permission première (séif ה) — le cas, selon la Michna Beroura, est celui où ils avaient fait l'érouv ensemble (ס״ק כ״ו) ; le Choulhan Aroukh HaRav ajoute : pourvu que le converti n'ait pas été mourant alors qu'il faisait encore jour (séif 4 de sa numérotation ; niveau 4) ;
- le mourant interdit jusqu'à ce qu'on lui fasse acquérir du pain et qu'on fasse l'érouv pour lui ; de même le mineur (séif ו) — pour lui, jusqu'à ce qu'on fasse l'érouv pour lui (Michna Beroura, ס״ק ל״ד) ; l'invité n'interdit pas (séif ו) ; sur le mourant qui meurt pendant Chabbat, le Magen Avraham interdit, et le Biour Halakha rapporte un avis contraire, sur lequel il semble, écrit-il, qu'on puisse s'appuyer en cas de nécessité pressante.
Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav ; l'usage de la communauté compte aussi.
Pour aller plus loin
Niveau 3 — Synthèse : récapitulatif structuré, repères mnémotechniques, arbres de décision et règles pratiques.
Niveau 4 — Daat HaRav : la chita de l'Admour HaZaken (Choulhan Aroukh HaRav, 6 séifim sur ce siman, découpés autrement).