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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman שע״ח · 5 séifim du Choulhan Aroukh

Les cours ouvertes l'une sur l'autre — pour découvrir et comprendre
סימן שע״ח
דין חצרות פתוחות זו לזו
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Première approche du Siman שע״ח : texte hébreu intégral du Mehaber, traduction française, explications des concepts halakhiques, cas pratiques et synthèse.

Sujet : les cours ouvertes l'une sur l'autre — trois cours voisines dont chacune des extérieures a fait l'érouv avec celle du milieu, puis deux ou trois cours placées l'une à l'intérieur de l'autre : quand une cour interdit-elle le transport à une autre
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן שע״ח (5 séifim du Choulhan Aroukh, avec une glose du Rama introduite par הגה, au séif ד ; 5 séifim aussi dans le Choulhan Aroukh HaRav, étudiés au niveau 4)

Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

📑 Plan de l'étude

1. Le texte du Choul'han Aroukh — les 5 séifim du Mehaber
2. Le contexte général : pourquoi ce siman, quelle est la question ?
3. Les concepts-clés halakhiques de ce siman
4. Le détail des seifim — un par un
5. Le Mishnah Berurah — premières entrées
6. La position du Rama — et les explications des commentateurs
7. Cas pratiques modernes
8. Synthèse pratique et règles à retenir
9. Questions de compréhension

1. Le texte du Choul'han Aroukh

Le siman שע״ח contient 5 séifim du Mehaber (Rabbi Yossef Karo), et une glose du Rama (Rabbi Moshe Isserles) introduite par le mot הגה, à la fin du séif ד. Objet du siman, selon son titre : les cours ouvertes l'une sur l'autre. Le Choulhan Aroukh de l'Admour HaZaken compte lui aussi 5 séifim pour ce siman : sa numérotation est celle du niveau 4, pas celle de cette page.

Seif א

דין חצרות פתוחות זו לזו. ובו ה סעיפים:
שלש חצירו' פתוחות זו לזו ופתוחות לרשות הרבים ועירבה כל אחת מהחיצונות עם האמצעי' והחיצונו' לא עירבו יחד החיצונות אסורות זו עם זו והאמצעי' מותרת עם כל אחת מהן והן מותרות עמה במה דברים אמורים כשנתנה אמצעי' עירובה בזו ועירובה בזו או שנתנו החיצונות עירובן באמצעי' בשני בתים אבל אם נתנו שתי החיצונו' עירובן באמצעי' בבית א' שלשתן מותרות זו עם זו:
Traduction : Trois cours ouvertes l'une sur l'autre et ouvertes sur le domaine public (rechout harabim) : chacune des [cours] extérieures a fait l'érouv avec celle du milieu, et les extérieures n'ont pas fait l'érouv ensemble — les extérieures sont interdites [de transport] l'une avec l'autre, et celle du milieu est permise avec chacune d'elles, et elles sont permises avec elle. De quoi parle-t-on ? Quand celle du milieu a donné son érouv dans celle-ci et son érouv dans celle-là, ou que les extérieures ont donné leur érouv dans celle du milieu, dans deux maisons ; mais si les deux extérieures ont donné leur érouv dans celle du milieu, dans une seule maison, toutes trois sont permises l'une avec l'autre.
Ce que dit ce séif :

Seif ב

שתי חצרות זו לפנים מזו ופנימי' פתוחה לחיצונה והחיצונה למבוי ויש לפנימי' דריכת רגל על החיצונה אם עירבה פנימי' לעצמה ולא החיצונה או שעירבה כל אחת לעצמה ושכח א' מן החיצונה ולא עירב פנימי' מותרת והחיצונה אסורה עירבה חיצונה ולא פנימית או שעירבה כל אחת לעצמה ושכח א' מהפנימי' ולא עירב שתיהן אסורות עירבה כל אחת לעצמה כל אחת מותרת בחצרה:
Traduction : Deux cours, l'une à l'intérieur de l'autre : l'intérieure est ouverte sur l'extérieure, et l'extérieure sur le mavoy, et l'intérieure a un passage (derikhat réguel) sur l'extérieure. Si l'intérieure a fait l'érouv pour elle-même, et non l'extérieure, ou que chacune a fait l'érouv pour elle-même et que l'un [des habitants] de l'extérieure a oublié et n'a pas fait l'érouv : l'intérieure est permise et l'extérieure interdite. Si l'extérieure a fait l'érouv, et non l'intérieure, ou que chacune a fait l'érouv pour elle-même et que l'un [des habitants] de l'intérieure a oublié et n'a pas fait l'érouv : toutes deux sont interdites. Si chacune a fait l'érouv pour elle-même : chacune est permise dans sa cour.
Ce que dit ce séif :

Seif ג

עירבו ביחד ונתנו עירובן בחיצונה ושכח א' בין מן הפנימי' בין מן החיצונה ולא עירב שתיהן אסורות עד שיבטל רשותו ואם נתנו עירובן בפנימי' ושכח א' מן הפנימי' ולא עירב שתיהן אסורות אבל אם שכח א' מן החיצונה ולא עירב פנימית מותרת:
Traduction : S'ils ont fait l'érouv ensemble et ont donné leur érouv dans l'extérieure, et que l'un [des habitants], soit de l'intérieure, soit de l'extérieure, a oublié et n'a pas fait l'érouv : toutes deux sont interdites, jusqu'à ce qu'il renonce à son domaine (yevatel rechouto). Et s'ils ont donné leur érouv dans l'intérieure, et que l'un de l'intérieure a oublié et n'a pas fait l'érouv : toutes deux sont interdites ; mais si l'un de l'extérieure a oublié et n'a pas fait l'érouv, l'intérieure est permise.
Ce que dit ce séif :

Seif ד

אם יחיד דר בפנימי' ויחיד בחיצונה או שנים בחיצונה ועירבו אין היחיד שבפנימי' אוסר על החיצונה: הגה וה״ה רבים שהם כיחיד ואינן צריכין לערב כדרך שנתבאר לעיל סימן ש״ע (המגיד פ״ד):
Traduction : Si un seul [habitant] habite dans l'intérieure, et un seul dans l'extérieure, ou deux dans l'extérieure, et qu'ils ont fait l'érouv, celui qui est seul dans l'intérieure n'interdit pas à l'extérieure. Glose (הגה) du Rama : Et il en est de même de plusieurs qui sont comme un seul et n'ont pas besoin de faire l'érouv, comme il a été expliqué plus haut au siman 370 (Ha-Maguid [Michné], chapitre 4).
Ce que dit ce séif :

Seif ה

שלשה חצרו' זו לפנים מזו ויחיד בכל אחת אע״פ שרבים דורסים בחיצונה אינם אוסרים שכל אחת מותר' במקומה ואם היו שנים בפנימי' ולא עירבו הרי הם אוסרים על היחידים שבאמצעי' ושבחיצונה זה הכלל רגל האסור' במקומה אוסר' שלא במקומה ורגל המותרת אינה אוסר' שלא במקומה:
Traduction : Trois cours, l'une à l'intérieur de l'autre, et un seul [habitant] dans chacune : bien que plusieurs passent par l'extérieure, ils n'interdisent pas, car chacune est permise en son lieu. Et s'il y en avait deux dans l'intérieure, et qu'ils n'ont pas fait l'érouv, ils interdisent à ceux qui sont seuls dans celle du milieu et dans l'extérieure. Voici la règle : un pied interdit en son lieu interdit hors de son lieu, et un pied permis n'interdit pas hors de son lieu.
Ce que dit ce séif :

2. Le contexte général

De quoi parle ce siman ?

Le cas du séif א est dans la michna du chapitre Mi chéhotsiouhou du traité Érouvin, où Rabbi Chimon le donne en comparaison : « לְשָׁלֹשׁ חֲצֵרוֹת הַפְּתוּחוֹת זוֹ לָזוֹ וּפְתוּחוֹת לִרְשׁוּת הָרַבִּים, עֵרְבוּ שְׁתֵּיהֶן עִם הָאֶמְצָעִית, הִיא מֻתֶּרֶת עִמָּהֶם וְהֵן מֻתָּרוֹת עִמָּהּ, וּשְׁתַּיִם הַחִיצוֹנוֹת אֲסוּרוֹת זוֹ עִם זוֹ » (משנה עירובין ד:ו). La guemara demande pourquoi les extérieures restent interdites, puisque chacune a fait l'érouv avec celle du milieu ; Rav Yehouda répond : « אָמַר רַב יְהוּדָה: כְּגוֹן שֶׁנָּתְנָה אֶמְצָעִית עֵירוּבָהּ בָּזוֹ וְעֵירוּבָהּ בָּזוֹ » (עירובין מ״ח ע״א) ; et Rav Chéchet : même quand elles ont donné leur érouv dans celle du milieu, si c'est dans deux maisons (folios 48a-48b). Le séif א rapporte ces deux cas, et ajoute que, donné dans une seule maison, l'érouv permet les trois cours. Le Beit Yossef note que le Rif, le Roch et le Rambam ont omis tout cela, et que les Hagahot Acheri l'écrivent : « ולא ידעתי למה הרי״ף והרא״ש והרמב״ם השמיטו כל זה אבל הגהות אשיר״י כתבו שם וכגון שנתנה אמצעית עירובה בזו ועירובה בזו אבל אם נתנו החיצונות עירובן באמצעית בבית א׳ ה״ל חדא ושרו שלשתן לכ״ע » (בית יוסף או״ח שע״ח) ; il ajoute que le Maguid Michné l'écrit aussi, au nom du Rachba.

Les séifim ב à ד suivent la michna de la fin du chapitre Ha-dar : « שְׁתֵּי חֲצֵרוֹת, זוֹ לִפְנִים מִזּוֹ, עֵרְבָה הַפְּנִימִית וְלֹא עֵרְבָה הַחִיצוֹנָה, הַפְּנִימִית מֻתֶּרֶת וְהַחִיצוֹנָה אֲסוּרָה. הַחִיצוֹנָה, וְלֹא הַפְּנִימִית, שְׁתֵּיהֶן אֲסוּרוֹת. עֵרְבָה זוֹ לְעַצְמָהּ וְזוֹ לְעַצְמָהּ, זוֹ מֻתֶּרֶת בִּפְנֵי עַצְמָהּ וְזוֹ מֻתֶּרֶת בִּפְנֵי עַצְמָהּ. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹסֵר הַחִיצוֹנָה, שֶׁדְּרִיסַת הָרֶגֶל אוֹסַרְתָּהּ. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים, אֵין דְּרִיסַת הָרֶגֶל אוֹסַרְתָּהּ » (משנה עירובין ו:ט). Et la suivante : « שָׁכַח אַחַד מִן הַחִיצוֹנָה וְלֹא עֵרֵב, הַפְּנִימִית מֻתֶּרֶת וְהַחִיצוֹנָה אֲסוּרָה. מִן הַפְּנִימִית וְלֹא עֵרֵב, שְׁתֵּיהֶן אֲסוּרוֹת. נָתְנוּ עֵרוּבָן בְּמָקוֹם אֶחָד, וְשָׁכַח אֶחָד, בֵּין מִן הַפְּנִימִית בֵּין מִן הַחִיצוֹנָה, וְלֹא עֵרֵב, שְׁתֵּיהֶן אֲסוּרוֹת. וְאִם הָיוּ שֶׁל יְחִידִים, אֵינָן צְרִיכִין לְעָרֵב » (משנה עירובין ו:י). Le Beit Yossef écrit que ces règles sont simples, dans la michna et la guemara, selon le premier Tanna, qui dit : « רגל המותרת במקומה אינה אוסרת שלא במקומה ורגל האסורה במקומה אוסרת שלא במקומה » (בית יוסף או״ח שע״ח) ; et que le Roch tranche comme lui, et le Rambam aussi. Pour le séif ה, le Be'er HaGolah renvoie à la guemara, selon Chmouel : « וּשְׁמוּאֵל אָמַר: לְעוֹלָם מוּתָּרוֹת, עַד שֶׁיְּהוּ שְׁנַיִם בַּפְּנִימִית וְאֶחָד בַּחִיצוֹנָה » (עירובין ע״ה ע״ב).

La question fondamentale : quand plusieurs cours communiquent, l'une interdit-elle le transport à l'autre ? Le siman répond notamment selon la place où l'érouv a été déposé (séifim א et ג), selon le passage de la cour intérieure par l'extérieure (séifim ב à ה), et selon le nombre de ceux qui habitent chaque cour (séifim ד et ה).

Place dans Hilkhot Érouvin

Dans l'index de Sefaria, la section הלכות עירובין du Choul'han Aroukh commence au siman 345. Le siman שע״ח suit le siman שע״ז · 377. La glose du Rama au séif ד renvoie au siman 370 ; sur la renonciation au domaine, la Michna Beroura renvoie au siman 381 : « ר״ל לשתי החצירות וכמבואר בסי׳ שפ״א » (משנה ברורה שע״ח ס״ק ט״ו).

3. Les concepts-clés halakhiques

Quelques notions structurent ce siman :

Les notions essentielles du siman שע״ח :

4. Le détail des seifim — un par un

SeifContenu
אTrois cours ouvertes l'une sur l'autre et sur le domaine public ; chacune des extérieures a fait l'érouv avec celle du milieu, et non entre elles : les extérieures sont interdites l'une avec l'autre, celle du milieu est permise avec chacune. Cela, quand celle du milieu a donné son érouv dans chacune, ou que les extérieures ont donné le leur dans celle du milieu, dans deux maisons ; donné dans une seule maison, l'érouv permet les trois cours l'une avec l'autre.
בDeux cours, l'intérieure ouverte sur l'extérieure et y ayant un droit de passage. L'intérieure a fait l'érouv et non l'extérieure, ou chacune l'a fait pour elle-même mais un habitant de l'extérieure a oublié : l'intérieure est permise, l'extérieure interdite. L'extérieure a fait l'érouv et non l'intérieure, ou chacune l'a fait pour elle-même mais un habitant de l'intérieure a oublié : les deux sont interdites. Chacune a fait l'érouv pour elle-même : chacune est permise dans sa cour. Quand c'est un habitant qui a oublié, la Michna Beroura écrit que l'interdit cesse s'il renonce : dans le premier cas, à sa part en faveur des autres (ס״ק י) ; dans le second, à son domaine en faveur des habitants de l'intérieure et à son droit de passage dans l'extérieure en faveur de ceux de l'extérieure (ס״ק י״א).
גLes deux cours ont fait l'érouv ensemble. Déposé dans l'extérieure : l'oubli d'un habitant, de l'une ou de l'autre, interdit les deux, jusqu'à ce qu'il renonce à son domaine (en faveur des deux cours, Michna Beroura, ס״ק ט״ו). Déposé dans l'intérieure : l'oubli d'un habitant de l'intérieure interdit les deux (à moins qu'il ne renonce en faveur des deux cours, Michna Beroura, ס״ק ט״ז) ; celui d'un habitant de l'extérieure laisse l'intérieure permise.
דUn seul habitant dans l'intérieure, et un seul dans l'extérieure, ou deux qui ont fait l'érouv [entre eux seuls, selon la Michna Beroura, ס״ק י״ח] : celui de l'intérieure n'interdit pas à l'extérieure. Glose du Rama : de même plusieurs qui sont comme un seul et n'ont pas besoin de faire l'érouv (siman 370).
הTrois cours l'une à l'intérieur de l'autre, un seul habitant dans chacune : bien que plusieurs passent par l'extérieure, ils n'interdisent pas ; deux dans l'intérieure, qui n'ont pas fait l'érouv, interdisent à ceux qui sont seuls dans celle du milieu et dans l'extérieure. La règle : un pied interdit en son lieu interdit hors de son lieu ; un pied permis n'interdit pas hors de son lieu.
Le cœur du siman : quand une cour a un droit de passage sur une autre, ou que des cours partagent un érouv, l'une interdit-elle le transport à l'autre ? Le séif ה en donne la règle — un pied interdit en son lieu interdit hors de son lieu, un pied permis n'interdit pas hors de son lieu —, que la Michna Beroura applique notamment au séif ב (ס״ק י״א et י״ב) et au séif ד (ס״ק י״ט). Aux séifim א et ג, elle explique les règles par la place de l'érouv : là où il est déposé, ceux qui y ont pris part sont comme habitant (ס״ק ג et י״ד).

5. Le Mishnah Berurah — premières entrées

Le Mishnah Berurah de Rabbi Israël Méir Kagan (Hafets Haïm) compte 20 entrées sur ce siman. Voici les six premières, sur le séif א — pour mieux comprendre le sens du texte :

משנה ברורה (א) — (א) פתוחות זו לזו - דאל״ה לא היו יכולין לערב יחד:
משנה ברורה (ב) — (ב) ופתוחות לר״ה - וה״ה כשפתוחות למבוי. וכתבו האחרונים דה״ה אם החיצונה לבד פתוחה לר״ה או למבוי ואמצעית יש לה דריסת הרגל עם הפנימית השניה שלפנים הימנה נמי דינא הכי דכל אחת שריא עם האמצעית אפילו החיצונה הפתוחה לר״ה ואין הפנימית יכולה לאסור עליה דרגל המותרת במקומה אינה אוסרת שלא במקומה כדלקמיה ס״ב:
משנה ברורה (ג) — (ג) עירובה בזו ועירובה בזו - דאז דיורי האמצעית בחיצונה ואין דיורי חיצונה באמצעית למהוי כולהו כי חדא אבל אם נתנו עירובן באמצעית הוי כאלו כולן דרין באמצעית:
משנה ברורה (ד) — (ד) בשני בתים - ואפילו מלאוהו לכלי אחת ואייתר ונתנו אח״כ לכלי אחר דבכה״ג היה מהני אם היו נותנים אותו בבית אחד כמ״ש סימן שס״ו ס״ד אבל אם נתנו בשני בתים לא משתרי החיצונות זו בזו כיון דלא מיחברי אהדדי:
משנה ברורה (ה) — (ה) בבית אחד - והיינו בכלי אחד או דמליא למנא ואייתר [אחרונים]:
משנה ברורה (ו) — (ו) שלשתן מותרות - דהוי כאלו עירבו יחד:

Pour le texte intégral des 20 entrées, consulte Sefaria : Mishnah Berurah 378.

6. La position du Rama

Dans le texte que sert Sefaria (édition Maginei Eretz), le Rama (Rabbi Moshe Isserles) a sur ce siman une glose introduite par le mot הגה, à la fin du séif ד. Les commentateurs expliquent aussi les séifim du Mehaber ; en voici plusieurs, séif par séif.

La glose du Rama, et les explications des commentateurs :

7. Cas pratiques modernes

Les situations ci-dessous rattachent chacune un cas à un séif nommé ; quand la situation est d'aujourd'hui, la ligne le dit : application du site, et non parole de la source.

SituationAnalyse rapide
Trois cours voisines, ouvertes aussi sur le domaine public, chacune des extérieures ayant fait l'érouv avec celle du milieuSéif א : les extérieures restent interdites l'une avec l'autre quand celle du milieu a donné son érouv dans chacune, ou qu'elles ont donné le leur dans celle du milieu, dans deux maisons ; « אבל אם נתנו שתי החיצונו׳ עירובן באמצעי׳ בבית א׳ שלשתן מותרות זו עם זו » (שו״ע או״ח שע״ח:א) — dans un seul récipient, ou un récipient rempli dont il est resté un surplus (Michna Beroura, ס״ק ה ; règle du siman 366, séif ד, auquel elle renvoie au ס״ק ד). Où et comment déposer l'érouv, consulte ton Rav.
Une cour intérieure ouverte sur une autre courApplication du site : le séif ב parle de deux cours dont l'intérieure, ouverte sur l'extérieure — sans autre issue, selon le Taz (ס״ק ב) —, y a un droit de passage, « ויש לפנימי׳ דריכת רגל על החיצונה » (שו״ע או״ח שע״ח:ב). Si l'intérieure a fait son érouv et que l'extérieure ne l'a pas fait, ou qu'un de ses habitants a oublié, l'intérieure est permise et l'extérieure interdite ; dans le cas inverse, les deux sont interdites ; si chacune a fait le sien, chacune est permise dans sa cour (séif ב). Quand c'est un habitant qui a oublié, la Michna Beroura écrit que l'interdit cesse s'il renonce : dans le premier cas, à sa part en faveur des autres (ס״ק י) ; dans le second, à son domaine en faveur des habitants de l'intérieure et à son droit de passage dans l'extérieure en faveur de ceux de l'extérieure (ס״ק י״א). Consulte ton Rav.
Un habitant a oublié de prendre part à l'érouv commun des deux coursSéif ג : cela dépend de la cour où l'érouv a été déposé. Déposé dans l'extérieure, toutes deux sont interdites, qu'il soit de l'une ou de l'autre, jusqu'à ce qu'il renonce à son domaine — en faveur des deux cours, selon la Michna Beroura (ס״ק ט״ו). Déposé dans l'intérieure : s'il est de l'intérieure, toutes deux sont interdites (à moins qu'il ne renonce en faveur des deux cours, Michna Beroura, ס״ק ט״ז) ; s'il est de l'extérieure, « אבל אם שכח א׳ מן החיצונה ולא עירב פנימית מותרת » (שו״ע או״ח שע״ח:ג). Consulte ton Rav.
Un seul habitant dans la cour intérieureSéif ד : s'il y a un seul habitant dans l'extérieure, ou deux qui ont fait l'érouv (entre eux seuls, selon la Michna Beroura, ס״ק י״ח), « אין היחיד שבפנימי׳ אוסר על החיצונה » (שו״ע או״ח שע״ח:ד) ; selon la glose du Rama, il en est de même de plusieurs qui sont comme un seul (siman 370). S'ils sont deux dans l'intérieure et n'ont pas fait l'érouv, le séif ה, qui parle de trois cours, écrit qu'ils interdisent à ceux qui sont seuls dans celle du milieu et dans l'extérieure. Consulte ton Rav.
Pour les cas pratiques précis : les séifim font dépendre l'interdit, notamment, de la place où l'érouv a été déposé, du passage de la cour intérieure par l'extérieure et du nombre de ceux qui habitent chaque cour, et la Michna Beroura y ajoute des précisions, séif par séif. Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav.

8. Synthèse pratique du Siman

Les enseignements du Siman שע״ח :
  1. Trois cours ouvertes l'une sur l'autre et sur le domaine public, chacune des extérieures ayant fait l'érouv avec celle du milieu : les extérieures sont interdites l'une avec l'autre, celle du milieu est permise avec chacune — quand celle du milieu a donné son érouv dans chacune, ou que les extérieures ont donné le leur dans celle du milieu, dans deux maisons ; donné dans une seule maison, l'érouv permet les trois cours (séif א ; dans un seul récipient, ou un récipient rempli dont il est resté un surplus : Michna Beroura, ס״ק ה, règle du siman 366).
  2. Deux cours, l'intérieure ouverte sur l'extérieure et y ayant un droit de passage : l'érouv de l'intérieure seule la permet, même si l'extérieure ne l'a pas fait ou qu'un de ses habitants a oublié, et l'extérieure est interdite ; l'érouv de l'extérieure seule, ou l'oubli d'un habitant de l'intérieure, interdit les deux ; si chacune a fait le sien, chacune est permise dans sa cour (séif ב). Quand c'est un habitant qui a oublié, la Michna Beroura écrit que l'interdit cesse s'il renonce : dans le premier cas, à sa part en faveur des autres (ס״ק י) ; dans le second, à son domaine en faveur des habitants de l'intérieure et à son droit de passage dans l'extérieure en faveur de ceux de l'extérieure (ס״ק י״א).
  3. Un érouv commun aux deux cours : déposé dans l'extérieure, l'oubli d'un habitant, de l'une ou de l'autre, interdit les deux jusqu'à ce qu'il renonce à son domaine (séif ג ; en faveur des deux cours, Michna Beroura, ס״ק ט״ו) ; déposé dans l'intérieure, l'oubli d'un habitant de l'intérieure interdit les deux (à moins qu'il ne renonce en faveur des deux cours, Michna Beroura, ס״ק ט״ז), celui d'un habitant de l'extérieure laisse l'intérieure permise (séif ג).
  4. Un seul habitant dans l'intérieure n'interdit pas à l'extérieure, quand il y a dans l'extérieure un seul habitant, ou deux qui ont fait l'érouv — entre eux seuls, selon la Michna Beroura (ס״ק י״ח) — (séif ד) ; et, selon la glose du Rama, de même plusieurs qui sont comme un seul (séif ד ; siman 370).
  5. Trois cours l'une à l'intérieur de l'autre, un seul habitant dans chacune : ils n'interdisent pas ; deux dans l'intérieure, qui n'ont pas fait l'érouv, interdisent à ceux qui sont seuls dans celle du milieu et dans l'extérieure. La règle : un pied interdit en son lieu interdit hors de son lieu ; un pied permis n'interdit pas hors de son lieu (séif ה).
  6. Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav.

9. Questions de compréhension

Vérifie ta compréhension :
  1. Au séif א, pourquoi les extérieures restent-elles interdites quand celle du milieu a donné son érouv dans chacune (Michna Beroura, ס״ק ג) ?
  2. Au séif א, qu'est-ce qui change quand les extérieures donnent leur érouv dans une seule maison, et non dans deux (ס״ק ד, ה et ו) ?
  3. Au séif ב, pourquoi l'intérieure est-elle permise quand l'extérieure n'a pas fait l'érouv (ס״ק ט), et pourquoi les deux sont-elles interdites dans le cas inverse (ס״ק י״א) ?
  4. Au séif ג, pourquoi la place où l'érouv commun a été déposé décide-t-elle du sort de l'intérieure (ס״ק י״ד et י״ז) ?
  5. Au séif ד, pourquoi le séif précise-t-il que les deux habitants de l'extérieure ont fait l'érouv (ס״ק י״ח) ?
  6. Comment la règle du séif ה — un pied interdit en son lieu, un pied permis — s'applique-t-elle aux séifim ב et ד ?

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
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