דעת DAAT
Hilkhot Érouvin Siman שע״ח
DAAT · NIVEAU 3 — SYNTHÈSE MAGISTRALE

Siman שע״ח

סימן שע״ח · דין חצרות פתוחות זו לזו
Récapitulatif & mnémoniques pour la révision

Synthèse magistrale · Hilkhot Érouvin · 5 séifim dans le Choulhan Aroukh, 5 dans le Choulhan Aroukh HaRav
Pour mémoriser et réviser après les Niveaux 1 & 2

📑 Plan de la synthèse

  1. L'Axiome central du siman
  2. Les concepts-clés condensés
  3. Hiérarchie du siman — des cours voisines aux cours l'une dans l'autre
  4. Arbre de décision — une cour interdit-elle l'autre ?
  5. Le pied interdit et le pied permis — les séifim ב à ה
  6. Mnémonique — un mot par séif
  7. Pièges à éviter
  8. Cas pratiques
  9. Tableau de synthèse finale
  10. Les commandements pratiques

Les numéros de séif de cette page sont ceux du Choul'han Aroukh du Mehaber (5 séifim). Le Choulhan Aroukh HaRav, étudié au niveau 4, compte lui aussi 5 séifim, de même découpe, sous sa propre numérotation : quand il est cité, son nom est donné à côté du numéro.

1. L'Axiome central

Le Siman שע״ח en une phrase.
Quand des cours communiquent, l'une interdit-elle le transport à l'autre ? Le séif ה en donne la règle : « זה הכלל רגל האסור׳ במקומה אוסר׳ שלא במקומה ורגל המותרת אינה אוסר׳ שלא במקומה » (שו״ע או״ח שע״ח:ה). Aux séifim א et ג, la Michna Beroura explique les règles par la place de l'érouv — là où il est déposé, ceux qui y ont pris part sont comme habitant (ס״ק ג et י״ד) : « ועיקר העירוב משום דירה דהוי כאלו דר במקום העירוב » (משנה ברורה שע״ח ס״ק י״ד) ; le Choulhan Aroukh HaRav le dit dans son séif 1 : « שֶׁאָז דִּיּוּרֵי הָאֶמְצָעִית בַּחִיצוֹנוֹת, שֶׁהָעֵרוּב הוּא מִשּׁוּם דִּירָה, וְאֵין דִּיּוּרֵי הַחִיצוֹנִים בָּאֶמְצָעִית, שֶׁהֲרֵי אֵין עֵרוּבָן בָּהּ » (שו״ע הרב שע״ח:א). Le siman en règle les cas, chacun dans son séif : trois cours ouvertes l'une sur l'autre, dont chacune des extérieures a fait l'érouv avec celle du milieu (séif א), deux cours l'une à l'intérieur de l'autre (séif ב), l'érouv qu'elles font ensemble (séif ג), l'habitant seul de la cour intérieure (séif ד), puis trois cours l'une à l'intérieur de l'autre (séif ה).

2. Les concepts-clés condensés

ConceptDéfinitionDans le séif
משום דירהL'érouv tient à la demeure : là où il est déposé, ceux qui y ont pris part sont comme habitant (Michna Beroura, ס״ק ג et י״ד ; Choulhan Aroukh HaRav, séif 1)Séif א : quand celle du milieu a donné son érouv dans chacune des extérieures, ou que les extérieures ont donné le leur dans celle du milieu, dans deux maisons, les extérieures ne sont pas jointes l'une à l'autre (Michna Beroura, ס״ק ג et ד) ; séif ג : l'érouv commun déposé dans l'extérieure (ס״ק י״ד)
בבית אחדL'érouv des deux extérieures donné dans une seule maison de celle du milieu — dans un seul récipient, ou un récipient rempli dont il est resté un surplus (Michna Beroura, ס״ק ה), selon la règle du récipient unique que le Mehaber pose au siman 366 (séif ד), auquel elle renvoie (ס״ק ד) ; le Choulhan Aroukh HaRav ne la répète pas au séif 1 et la pose au siman 366 (séif 9 de sa numérotation)Séif א : les trois cours sont permises l'une avec l'autre
דריסת הרגלLe droit de passage : la cour intérieure n'a pas d'autre chemin que par l'extérieure (Taz, ס״ק ב ; Choulhan Aroukh HaRav, séif 2)Séif ב : « ויש לפנימי׳ דריכת רגל על החיצונה » (שו״ע או״ח שע״ח:ב) — l'édition que recopie le niveau 1 (Maginei Eretz) porte דריכת רגל
רגל האסורה במקומהLe pied interdit en son lieu interdit hors de son lieu — quand il a là un droit de passage (Michna Beroura, ס״ק י״א ; Choulhan Aroukh HaRav, séif 2)Règle du séif ה ; au séif ב, raison du cas où les deux cours sont interdites (Taz, ס״ק ג ; Michna Beroura, ס״ק י״א)
רגל המותרת במקומהLe pied permis en son lieu n'interdit pas hors de son lieu (Michna Beroura, ס״ק י״ב)Règle du séif ה ; au séif ב, quand chacune a fait son érouv (ס״ק י״ב et י״ג) ; au séif ד, l'habitant seul de l'intérieure (ס״ק י״ט)
ביטול רשותLa renonciation au domaine : celui qui n'a pas pris part à l'érouv interdit jusqu'à ce qu'il renonce (séif ג ; Choulhan Aroukh HaRav, séif 2)Séif ג : « עירבו ביחד ונתנו עירובן בחיצונה ושכח א׳ בין מן הפנימי׳ בין מן החיצונה ולא עירב שתיהן אסורות עד שיבטל רשותו » (שו״ע או״ח שע״ח:ג) ; en faveur des deux cours, selon la Michna Beroura, qui renvoie au siman 381 (ס״ק ט״ו) ; le Mehaber l'écrit lui-même au siman 381, pour l'oubli d'un habitant de l'intérieure (שו״ע או״ח שפ״א:ב) ; au séif 2, le Choulhan Aroukh HaRav renvoie au siman 380 pour un autre cas : chaque cour a fait son érouv, et l'habitant de l'extérieure qui a oublié interdit sa propre cour
לתקוני שיתפתיךJe me suis associée à toi pour améliorer, non pour nuire (Michna Beroura, ס״ק י״ז)Séif ג, érouv déposé dans l'intérieure, oubli d'un habitant de l'extérieure : l'intérieure peut se retirer de l'extérieure, puisque son érouv est chez elle (Michna Beroura, ס״ק י״ז ; Taz, ס״ק ד) ; le Choulhan Aroukh HaRav (séif 3) écrit qu'elle l'écarte (תְּסַלְּקֶנָּהּ)
רבים שהם כיחידPlusieurs qui sont comme un seul — par exemple le père avec ses fils qui reçoivent de lui leur portion (Michna Beroura, ס״ק כ׳ ; Choulhan Aroukh HaRav, séif 4)Glose du Rama au séif ד, qui renvoie au siman 370

3. Hiérarchie du siman — des cours voisines aux cours l'une dans l'autre

Séif א — trois cours ouvertes l'une sur l'autre et sur le domaine public : chacune des extérieures a fait l'érouv avec celle du milieu, et non entre elles ; les extérieures sont interdites l'une avec l'autre, celle du milieu est permise avec chacune — quand celle du milieu a donné son érouv dans chacune, ou que les extérieures ont donné le leur dans celle du milieu, dans deux maisons. Si les extérieures l'ont donné dans une seule maison de celle du milieu, les trois sont permises l'une avec l'autre — dans un seul récipient, ou un récipient rempli dont il est resté un surplus (Michna Beroura, ס״ק ה ; règle du siman 366).
↓
Séif ב — deux cours l'une à l'intérieur de l'autre : l'intérieure, ouverte sur l'extérieure, y a un droit de passage (sans autre issue, selon le Taz, ס״ק ב). Si l'intérieure a fait l'érouv et non l'extérieure, ou si chacune l'a fait pour elle-même mais qu'un habitant de l'extérieure a oublié : l'intérieure est permise, l'extérieure interdite. Si l'extérieure a fait l'érouv et non l'intérieure, ou si chacune l'a fait pour elle-même mais qu'un habitant de l'intérieure a oublié : les deux sont interdites. Si chacune a fait l'érouv pour elle-même : chacune est permise dans sa cour. Quand c'est un habitant qui a oublié, la Michna Beroura écrit que l'interdit cesse s'il renonce : dans le premier cas, l'extérieure est interdite à moins qu'il ne renonce à sa part en faveur des autres (ס״ק י) ; dans le second, les deux sont interdites à moins que [celui de l'intérieure qui a oublié] ne renonce à son domaine en faveur des habitants de l'intérieure, et aussi à son droit de passage dans l'extérieure en faveur des habitants de l'extérieure (ס״ק י״א). Dans le premier cas, le Choulhan Aroukh HaRav (séif 2) écrit de l'habitant de l'extérieure qui a oublié qu'il leur interdit leur cour jusqu'à ce qu'il renonce à son domaine. Quand c'est toute l'intérieure qui n'a pas fait l'érouv, le Mehaber et le Choulhan Aroukh HaRav écrivent au siman 381 qu'elle peut renoncer en faveur de l'extérieure à son droit, de sorte qu'elle ne s'en serve pas et n'y passe qu'au moment de sortir (et d'entrer, ajoute le Rav), et l'extérieure devient permise (שו״ע או״ח שפ״א:ב ; שו״ע הרב שפ״א:ב).
↓
Séif ג — l'érouv fait ensemble par les deux cours : déposé dans l'extérieure, l'oubli d'un habitant, de l'une ou de l'autre, interdit les deux, jusqu'à ce qu'il renonce à son domaine (en faveur des deux cours, Michna Beroura, ס״ק ט״ו) ; déposé dans l'intérieure, l'oubli d'un habitant de l'intérieure interdit les deux (à moins qu'il ne renonce en faveur des deux cours, Michna Beroura, ס״ק ט״ז), et celui d'un habitant de l'extérieure laisse l'intérieure permise.
↓
Séif ד — l'habitant seul de la cour intérieure : s'il y a dans l'extérieure un seul habitant, ou deux qui ont fait l'érouv — entre eux seuls, selon la Michna Beroura (ס״ק י״ח) —, celui de l'intérieure n'interdit pas l'extérieure. Glose du Rama : de même plusieurs qui sont comme un seul et n'ont pas besoin de faire l'érouv (siman 370).
↓
Séif ה — trois cours l'une à l'intérieur de l'autre : un seul habitant dans chacune ; bien que plusieurs passent par l'extérieure, ils n'interdisent pas, car chacune est permise en son lieu. S'il y en a deux dans l'intérieure, qui n'ont pas fait l'érouv, ils interdisent à ceux qui sont seuls dans celle du milieu et dans l'extérieure. Le séif se clôt sur la règle : un pied interdit en son lieu interdit hors de son lieu ; un pied permis n'interdit pas hors de son lieu.

4. Arbre de décision — une cour interdit-elle l'autre ?

Q1 : Trois cours ouvertes l'une sur l'autre et sur le domaine public, dont chacune des extérieures a fait l'érouv avec celle du milieu, et non avec l'autre ? (séif א)
↓ Celle du milieu a donné son érouv dans chacune, ou les extérieures ont donné le leur dans celle du milieu, dans deux maisons → les extérieures sont interdites l'une avec l'autre, celle du milieu est permise avec chacune. Les extérieures l'ont donné dans une seule maison de celle du milieu → les trois sont permises l'une avec l'autre — dans un seul récipient, ou un récipient rempli dont il est resté un surplus (Michna Beroura, ס״ק ה ; règle du siman 366) ; le Choulhan Aroukh HaRav, qui ne la répète pas au séif 1, la pose au siman 366 (séif 9).
Q2 : Deux cours, l'intérieure ayant un droit de passage sur l'extérieure, et chacune ayant fait ou non son propre érouv ? (séif ב)
↓ L'intérieure a fait l'érouv, et l'extérieure non, ou l'un de ses habitants a oublié → l'intérieure est permise, l'extérieure interdite. L'extérieure a fait l'érouv, et l'intérieure non, ou l'un de ses habitants a oublié → les deux sont interdites. Chacune a fait le sien → chacune est permise dans sa cour. Quand c'est un habitant qui a oublié, la Michna Beroura écrit que l'interdit cesse s'il renonce : dans le premier cas, à sa part en faveur des autres (ס״ק י) ; dans le second, à son domaine en faveur des habitants de l'intérieure et à son droit de passage dans l'extérieure en faveur de ceux de l'extérieure (ס״ק י״א). Toute l'intérieure sans érouv : selon le Mehaber et le Choulhan Aroukh HaRav, elle peut renoncer en faveur de l'extérieure à son droit, de sorte qu'elle ne s'en serve pas et n'y passe qu'au moment de sortir ; l'extérieure devient alors permise (siman 381, séif ב).
Q3 : Les deux cours ont-elles fait l'érouv ensemble ? (séif ג)
↓ Où l'érouv a-t-il été déposé ? Dans l'extérieure → l'oubli d'un habitant, de l'une ou de l'autre, interdit les deux, jusqu'à ce qu'il renonce à son domaine (en faveur des deux cours, Michna Beroura, ס״ק ט״ו). Dans l'intérieure → l'oubli d'un habitant de l'intérieure interdit les deux (à moins qu'il ne renonce en faveur des deux cours, Michna Beroura, ס״ק ט״ז) ; celui d'un habitant de l'extérieure laisse l'intérieure permise.
Q4 : Combien d'habitants dans chaque cour ? (séifim ד et ה)
↓ Deux cours, et dans l'extérieure un seul habitant, ou deux qui ont fait l'érouv — entre eux seuls, selon la Michna Beroura (ס״ק י״ח) → celui de l'intérieure n'interdit pas l'extérieure ; de même, selon la glose du Rama, plusieurs qui sont comme un seul (séif ד ; siman 370). Trois cours l'une à l'intérieur de l'autre, un seul habitant dans chacune → ils n'interdisent pas ; deux dans l'intérieure, qui n'ont pas fait l'érouv → ils interdisent à ceux qui sont seuls dans celle du milieu et dans l'extérieure (séif ה).
→ Au moindre doute : consulte ton Rav.

5. Le pied interdit et le pied permis — les séifim ב à ה

Le séif ה clôt le siman sur une règle : un pied interdit en son lieu interdit hors de son lieu, un pied permis n'interdit pas hors de son lieu. La Michna Beroura l'applique notamment aux séifim ב et ד, et le Choulhan Aroukh HaRav la donne dès son séif 2. Le tableau condense ces séifim, dans leur ordre ; leur texte complet et sa traduction sont au niveau 1.

SéifCasRègle du séifRaison donnée
בL'intérieure a fait l'érouv, et non l'extérieure, ou l'un des habitants de l'extérieure a oubliéL'intérieure est permise, l'extérieure interditeL'intérieure peut fermer sa porte, et ceux de l'extérieure ne peuvent l'en empêcher (Michna Beroura, ס״ק ט) ; quand c'est un habitant de l'extérieure qui a oublié, l'extérieure reste interdite à moins qu'il ne renonce à sa part en faveur des autres (ס״ק י), et le Rav écrit de lui « שֶׁהוּא אוֹסֵר עֲלֵיהֶם הֶחָצֵר עַד שֶׁיְּבַטֵּל רְשׁוּתוֹ » (שו״ע הרב שע״ח:ב) ; pour l'intérieure permise, le Rav : « הוֹאִיל וְיֵשׁ מְחִצָּה בֵּינֵיהֶן וְאֵין לַחִיצוֹנָה דְּרִיסַת הָרֶגֶל עָלֶיהָ » (שו״ע הרב שע״ח:ב)
בL'extérieure a fait l'érouv, et non l'intérieure, ou l'un des habitants de l'intérieure a oubliéLes deux sont interditesLe pied interdit en son lieu interdit hors de son lieu : « דקיימא לן רגל האוסרת במקומה אוסרת שלא במקומה » (ט״ז או״ח שע״ח ס״ק ג) ; la Michna Beroura y met la condition du droit de passage, et ajoute, quand c'est un habitant de l'intérieure qui a oublié : à moins qu'il ne renonce à son domaine en faveur des habitants de l'intérieure et à son droit de passage en faveur de ceux de l'extérieure (ס״ק י״א) ; le Rav : « שֶׁרֶגֶל הָאֲסוּרָה בִּמְקוֹמָהּ אוֹסֶרֶת שֶׁלֹּא בִמְקוֹמָהּ כְּשֶׁיֵּשׁ לָהּ שָׁם דְּרִיסַת הָרֶגֶל » (שו״ע הרב שע״ח:ב) ; toute l'intérieure sans érouv : selon le Mehaber et le Choulhan Aroukh HaRav, elle peut renoncer en faveur de l'extérieure à son droit, de sorte qu'elle ne s'en serve pas et n'y passe qu'au moment de sortir ; l'extérieure devient alors permise (siman 381, séif ב)
בChacune a fait l'érouv pour elle-mêmeChacune est permise dans sa courLe pied permis en son lieu n'interdit pas hors de son lieu (Michna Beroura, ס״ק י״ב et י״ג ; Choulhan Aroukh HaRav, séif 2)
גÉrouv commun déposé dans l'extérieure ; l'un des habitants, de l'une ou de l'autre, a oubliéLes deux sont interdites, jusqu'à ce qu'il renonce à son domaineMême quand celui qui a oublié est de l'extérieure, l'intérieure est comme si elle habitait dans l'extérieure, et se retirer ne lui sert pas, puisque son érouv n'est pas chez elle (Michna Beroura, ס״ק י״ד) ; le Rav : « שֶׁאַף אִם הַפְּנִימִית תְּסַלֵּק אֶת הַחִיצוֹנָה מֵעָלֶיהָ, הֲרֵי אֵין עֵרוּבָהּ אֶצְלָהּ, וּבַמֶּה יִתְעָרְבוּ דִּיּוּרֶיהָ » (שו״ע הרב שע״ח:ג)
גÉrouv commun déposé dans l'intérieure ; l'un des habitants de l'intérieure a oubliéLes deux sont interditesElles comptent comme une seule (Michna Beroura, ס״ק ט״ז) ; selon le Rav (séif 3), l'intérieure, interdite dans sa cour, interdit aussi l'extérieure, sur laquelle elle a un droit de passage
גÉrouv commun déposé dans l'intérieure ; l'un des habitants de l'extérieure a oubliéL'intérieure est permiseL'extérieure, elle, est interdite, écrivent la baraïta, le Rambam (niveau 2, section 5) et le Rav (séif 3) — le séif ג ne le dit pas en mots ; l'intérieure peut se retirer de l'extérieure, puisque son érouv est chez elle (Michna Beroura, ס״ק י״ז ; Taz, ס״ק ד) ; le Rav : « דְּכֵיוָן שֶׁעֵרוּבָהּ אֶצְלָהּ, וְאֵין לַחִיצוֹנָה דְּרִיסַת הָרֶגֶל עָלֶיהָ אֶלָּא בִּשְׁבִיל עֵרוּבָהּ שֶׁמַּרְגִּילָהּ לְתוֹכָהּ, תְּסַלְּקֶנָּהּ מֵעָלֶיהָ וְתִשָּׁאֵר לְבַדָּהּ בְּעֵרוּבָהּ שֶׁאֶצְלָהּ, וְתִהְיֶה מֻתֶּרֶת » (שו״ע הרב שע״ח:ג)
דUn seul habitant dans l'intérieure ; dans l'extérieure, un seul, ou deux qui ont fait l'érouv entre euxCelui de l'intérieure n'interdit pas l'extérieureMême s'ils n'ont pas fait l'érouv ensemble, le pied permis en son lieu n'interdit pas hors de son lieu (Michna Beroura, ס״ק י״ט ; Choulhan Aroukh HaRav, séif 4)
הTrois cours l'une dans l'autre, un seul habitant dans chacuneIls n'interdisent pas, bien que plusieurs passent par l'extérieureChacune est permise en son lieu (séif ה) ; le Rav : « אַף עַל פִּי שֶׁשְּׁנַיִם הַפְּנִימִים עוֹבְרִים עַל הַחִיצוֹנָה — אֵינָן אוֹסְרִים עָלֶיהָ, מִפְּנֵי שֶׁהִיא רֶגֶל הַמֻּתֶּרֶת בִּמְקוֹמָהּ » (שו״ע הרב שע״ח:ה)
הDeux dans l'intérieure, qui n'ont pas fait l'érouvIls interdisent à ceux qui sont seuls dans celle du milieu et dans l'extérieureLa règle du séif ה ; le Rav : « וְאִם הָיוּ שְׁנַיִם בַּשְּׁלִישִׁית הַפְּנִימִית וְלֹא עֵרְבוּ בֵּינֵיהֶם — אוֹסְרִים עַל הַיְחִידִים שֶׁבָּאֶמְצָעִית וְשֶׁבַּחִיצוֹנָה, מִפְּנֵי שֶׁהִיא רֶגֶל הָאֲסוּרָה בִּמְקוֹמָהּ » (שו״ע הרב שע״ח:ה)
Où le texte du Choulhan Aroukh HaRav diffère (sa numérotation, niveau 4 ; les deux textes ont la même découpe en 5 séifim) :
  • Séif 1 (le séif א du Mehaber) : il dit ce que vise l'interdit, « הֲרֵי הַחִיצוֹנוֹת אֲסוּרוֹת זוֹ עִם זוֹ, לְהוֹצִיא כֵּלִים שֶׁשָּׁבְתוּ בַּבָּתִּים מִזּוֹ לְזוֹ דֶּרֶךְ הָאֶמְצָעִית » (שו״ע הרב שע״ח:א), et fonde chaque cas sur la demeure que l'érouv établit là où il est placé. Rachi, que rapporte le Beit Yossef, donne déjà la raison des deux cas ; le Taz (ס״ק א), celle du premier et de la maison unique ; la Michna Beroura, postérieure au Rav, celle des deux (ס״ק ג et ד).
  • Séif 2 (le séif ב) : la règle du pied interdit et du pied permis, que le Mehaber ne pose qu'à la fin de son séif ה, il la donne dès ce séif, comme raison de son deuxième et de son troisième cas, avec, pour le premier des deux, la condition du droit de passage (le droit de passage lui-même, le Mehaber le pose au début de son séif ב) ; le Taz (ס״ק ג), avant lui, et la Michna Beroura (ס״ק י״א et י״ב), postérieure au Rav, la donnent aussi pour raison du séif ב. De l'habitant de l'extérieure qui a oublié, il écrit « שֶׁהוּא אוֹסֵר עֲלֵיהֶם הֶחָצֵר עַד שֶׁיְּבַטֵּל רְשׁוּתוֹ » (שו״ע הרב שע״ח:ב), et renvoie au siman 380.
  • Séif 3 (le séif ג) : les mêmes cas, dans l'ordre inverse — le Rav commence par l'érouv déposé dans l'intérieure, le Mehaber par l'érouv déposé dans l'extérieure ; quand l'érouv est déposé dans l'intérieure et qu'un habitant de l'extérieure a oublié, le Rav écrit en outre que l'extérieure est interdite (חִיצוֹנָה אֲסוּרָה), ce que le séif ג du Mehaber ne dit pas en mots, mais que la baraïta (עירובין ע״ה ע״ב) et le Rambam (הלכות עירובין פ״ד הכ״א) écrivent déjà (niveau 2, section 5) ; son séif 3 ne mentionne pas la renonciation que le séif ג du Mehaber écrit pour l'érouv déposé dans l'extérieure (en faveur des deux cours, selon la Michna Beroura, ס״ק ט״ו) ; au siman 381, il écrit la renonciation de l'érouv fait ensemble sans y nommer la cour où l'érouv a été déposé — quand un habitant de l'intérieure a oublié, en faveur de chacun des habitants de l'intérieure et de l'extérieure ; quand c'est un habitant de l'extérieure, il n'a pas à renoncer en faveur de l'intérieure —, et ses raisons, l'érouv qui amène l'extérieure dans l'intérieure et l'intérieure qui écarte l'extérieure, sont celles que son séif 3 donne pour l'érouv déposé dans l'intérieure (שו״ע הרב שפ״א:ב ; שו״ע הרב שע״ח:ג ; niveau 4, point ג) ; pour l'érouv déposé dans l'extérieure, il n'écrit pas, au siman 378 ni au siman 381, en faveur de qui renonce celui qui a oublié ; au séif 2, il parle d'un autre cas, l'habitant qui a oublié et interdit sa propre cour quand chaque cour a fait son érouv (renvoi au siman 380) ; la raison du retrait de l'intérieure est déjà dans le Tour et le Taz (ס״ק ד).
  • Séif 4 (le séif ד et la glose du Rama) : le Rav écrit dans son séif ce que dit la glose, avec un exemple — le même que donne la Michna Beroura (ס״ק כ׳) — : « כְּגוֹן הָאָב עִם בָּנָיו שֶׁמְּקַבְּלִים מִמֶּנּוּ פְּרָס » (שו״ע הרב שע״ח:ד) ; et il précise que les deux de l'extérieure ont fait l'érouv entre eux, comme le lit aussi la Michna Beroura (ס״ק י״ח) : « אוֹ אֲפִלּוּ שְׁנַיִם דָּרִים בַּחִיצוֹנָה וְעֵרְבוּ בֵּינֵיהֶם » (שו״ע הרב שע״ח:ד).
  • Séif 5 (le séif ה) : là où le Mehaber écrit que plusieurs passent par l'extérieure, le Rav écrit que ce sont les deux des cours intérieures, comme le Tour ; et il nomme la cour des deux qui n'ont pas fait l'érouv : la troisième, la plus intérieure.

6. Mnémonique — un mot par séif

Cinq mots du texte du Mehaber, un par séif, dans l'ordre des séifim :

ב — בבית א׳ : donné dans une seule maison de celle du milieu, l'érouv des extérieures permet les trois cours (séif א) — dans un seul récipient, ou un récipient rempli dont il est resté un surplus (Michna Beroura, ס״ק ה ; règle du siman 366).

ד — דריכת רגל : la cour intérieure passe par l'extérieure ; si elle n'a pas fait l'érouv, ou que l'un de ses habitants a oublié, elle interdit aussi l'extérieure, même si celle-ci a fait le sien (séif ב).

ע — עירבו ביחד : l'érouv commun ; la règle dépend de la cour où il a été déposé et de celle de l'habitant qui a oublié (séif ג).

י — יחיד : l'habitant seul de l'intérieure n'interdit pas, quand l'extérieure n'a qu'un habitant, ou deux qui ont fait l'érouv — entre eux seuls, selon la Michna Beroura (ס״ק י״ח) (séif ד).

ז — זה הכלל : pied interdit en son lieu, pied permis (séif ה).

7. Pièges à éviter

Piège 1 : Croire que l'érouv de chacune des extérieures avec celle du milieu joint les extérieures l'une à l'autre. Au séif א : « החיצונות אסורות זו עם זו והאמצעי׳ מותרת עם כל אחת מהן והן מותרות עמה » (שו״ע או״ח שע״ח:א) ; « במה דברים אמורים כשנתנה אמצעי׳ עירובה בזו ועירובה בזו או שנתנו החיצונות עירובן באמצעי׳ בשני בתים » (שו״ע או״ח שע״ח:א). Quand chacune n'a fait l'érouv qu'avec celle du milieu, le séif les joint lorsque leur érouv a été donné dans une seule maison : « אבל אם נתנו שתי החיצונו׳ עירובן באמצעי׳ בבית א׳ שלשתן מותרות זו עם זו » (שו״ע או״ח שע״ח:א) — dans un seul récipient, ou un récipient rempli dont il est resté un surplus (Michna Beroura, ס״ק ה ; règle du siman 366).
Piège 2 : Croire, au séif ב, que les deux cours se traitent de la même façon. Quand l'intérieure a fait l'érouv : « אם עירבה פנימי׳ לעצמה ולא החיצונה או שעירבה כל אחת לעצמה ושכח א׳ מן החיצונה ולא עירב פנימי׳ מותרת והחיצונה אסורה » (שו״ע או״ח שע״ח:ב). Quand c'est l'extérieure : « עירבה חיצונה ולא פנימית או שעירבה כל אחת לעצמה ושכח א׳ מהפנימי׳ ולא עירב שתיהן אסורות » (שו״ע או״ח שע״ח:ב). Selon la Michna Beroura et le Choulhan Aroukh HaRav, la différence tient au passage : l'intérieure peut fermer sa porte, l'extérieure n'ayant pas de droit de passage sur elle, alors que l'intérieure a un droit de passage sur l'extérieure (Michna Beroura, ס״ק ט et י״א ; Choulhan Aroukh HaRav, séif 2). Quand c'est un habitant qui a oublié, la Michna Beroura écrit que l'interdit cesse s'il renonce : dans le premier cas, à sa part en faveur des autres (ס״ק י) ; dans le second, à son domaine en faveur des habitants de l'intérieure et à son droit de passage dans l'extérieure en faveur de ceux de l'extérieure (ס״ק י״א). Toute l'intérieure sans érouv : selon le Mehaber et le Choulhan Aroukh HaRav, elle peut renoncer en faveur de l'extérieure à son droit, de sorte qu'elle ne s'en serve pas et n'y passe qu'au moment de sortir ; l'extérieure devient alors permise (siman 381, séif ב).
Piège 3 : Croire que l'érouv commun laisse toujours l'intérieure permise quand celui qui a oublié est de l'extérieure. Cela ne vaut que si l'érouv a été déposé dans l'intérieure : « אבל אם שכח א׳ מן החיצונה ולא עירב פנימית מותרת » (שו״ע או״ח שע״ח:ג). Déposé dans l'extérieure : « עירבו ביחד ונתנו עירובן בחיצונה ושכח א׳ בין מן הפנימי׳ בין מן החיצונה ולא עירב שתיהן אסורות עד שיבטל רשותו » (שו״ע או״ח שע״ח:ג) — en faveur des deux cours, précise la Michna Beroura : « ר״ל לשתי החצירות וכמבואר בסי׳ שפ״א » (משנה ברורה שע״ח ס״ק ט״ו).
Piège 4 : Lire, au séif ד, que les deux habitants de l'extérieure ont fait l'érouv avec l'intérieure. Le séif : « אם יחיד דר בפנימי׳ ויחיד בחיצונה או שנים בחיצונה ועירבו אין היחיד שבפנימי׳ אוסר על החיצונה » (שו״ע או״ח שע״ח:ד) ; la Michna Beroura : « היינו אותם השנים לבד אבל לא עם הפנימית » (משנה ברורה שע״ח ס״ק י״ח) ; le Choulhan Aroukh HaRav : « אוֹ אֲפִלּוּ שְׁנַיִם דָּרִים בַּחִיצוֹנָה וְעֵרְבוּ בֵּינֵיהֶם » (שו״ע הרב שע״ח:ד).
Piège 5 : Croire que, dans trois cours l'une dans l'autre, le passage de plusieurs par l'extérieure suffit à l'interdire. Le séif ה : « שלשה חצרו׳ זו לפנים מזו ויחיד בכל אחת אע״פ שרבים דורסים בחיצונה אינם אוסרים שכל אחת מותר׳ במקומה » (שו״ע או״ח שע״ח:ה) ; ce qui interdit, ce sont deux habitants de l'intérieure qui n'ont pas fait l'érouv : « ואם היו שנים בפנימי׳ ולא עירבו הרי הם אוסרים על היחידים שבאמצעי׳ ושבחיצונה » (שו״ע או״ח שע״ח:ה).
Piège 6 : Mêler les deux numérotations. Les niveaux 1 à 3 suivent le Choul'han Aroukh du Mehaber ; le niveau 4 suit le Choulhan Aroukh HaRav, qui compte aussi 5 séifim, de même découpe : ses séifim 1 à 5 correspondent aux séifim א à ה. Mais à l'intérieur du séif 3, le Rav présente les cas dans l'ordre inverse de celui du séif ג, et son séif 4 écrit dans son corps ce que dit la glose du Rama.

8. Cas pratiques

SituationAnalyseConduite
Trois cours voisines, ouvertes aussi sur le domaine public ; chacune des extérieures a fait l'érouv avec celle du milieuLes extérieures restent interdites l'une avec l'autre quand celle du milieu a donné son érouv dans chacune, ou qu'elles ont donné le leur dans celle du milieu, dans deux maisons ; données dans une seule maison, les trois cours sont permises l'une avec l'autre (séif א)Dans un seul récipient, ou un récipient rempli dont il est resté un surplus (Michna Beroura, ס״ק ה ; règle du siman 366) ; le Choulhan Aroukh HaRav, qui ne la répète pas au séif 1, la pose au siman 366 (séif 9). Où et comment déposer l'érouv : consulte ton Rav
Deux cours, l'intérieure ayant un droit de passage sur l'extérieureSi l'intérieure a fait son érouv et que l'extérieure ne l'a pas fait, ou que chacune a fait le sien et qu'un habitant de l'extérieure a oublié, l'intérieure est permise et l'extérieure interdite ; si l'extérieure a fait son érouv et que l'intérieure ne l'a pas fait, ou que chacune a fait le sien et qu'un habitant de l'intérieure a oublié, les deux sont interdites ; si chacune a fait le sien, chacune est permise dans sa cour (séif ב)Quand c'est un habitant qui a oublié, la Michna Beroura écrit que l'interdit cesse s'il renonce : dans le premier cas, à sa part en faveur des autres (ס״ק י) ; dans le second, à son domaine en faveur des habitants de l'intérieure et à son droit de passage dans l'extérieure en faveur de ceux de l'extérieure (ס״ק י״א) ; toute l'intérieure sans érouv : selon le Mehaber et le Choulhan Aroukh HaRav, elle peut renoncer en faveur de l'extérieure à son droit, de sorte qu'elle ne s'en serve pas et n'y passe qu'au moment de sortir ; l'extérieure devient alors permise (siman 381, séif ב) ; consulte ton Rav
Un habitant a oublié de prendre part à l'érouv commun des deux coursDéposé dans l'extérieure, l'érouv laisse les deux cours interdites, qu'il soit de l'une ou de l'autre, jusqu'à ce qu'il renonce à son domaine ; déposé dans l'intérieure, l'oubli d'un habitant de l'intérieure interdit les deux, celui d'un habitant de l'extérieure laisse l'intérieure permise (séif ג)Selon la Michna Beroura, la renonciation se fait en faveur des deux cours : pour l'érouv déposé dans l'extérieure (ס״ק ט״ו) et, quand il est déposé dans l'intérieure, pour l'oubli d'un habitant de l'intérieure (ס״ק ט״ז). Pour l'oubli d'un habitant de l'extérieure, le Choulhan Aroukh HaRav écrit au siman 381 qu'il n'a pas à renoncer en faveur de l'intérieure, sans nommer la cour de l'érouv, mais pour une raison — l'intérieure écarte l'extérieure — qu'il n'admet au siman 378 (séif 3) que pour l'érouv déposé dans l'intérieure (niveau 4, point ג) ; pour l'érouv déposé dans l'extérieure, il n'écrit pas, au siman 378 ni au siman 381, en faveur de qui renonce celui qui a oublié ; consulte ton Rav
Un seul habitant dans la cour intérieureS'il y a dans l'extérieure un seul habitant, ou deux qui ont fait l'érouv — entre eux seuls, selon la Michna Beroura (ס״ק י״ח) —, il n'interdit pas l'extérieure ; de même, selon la glose du Rama, plusieurs qui sont comme un seul (séif ד ; siman 370)Il n'interdit pas (séif ד) ; pour savoir qui compte comme un seul, voir le siman 370 ; consulte ton Rav
Trois cours l'une dans l'autreUn seul habitant dans chacune : ils n'interdisent pas ; deux dans l'intérieure, qui n'ont pas fait l'érouv : ils interdisent à ceux qui sont seuls dans celle du milieu et dans l'extérieure (séif ה)Consulte ton Rav

9. Tableau de synthèse finale

ÉlémentDétail
Sujet du simanLes cours ouvertes l'une sur l'autre (דין חצרות פתוחות זו לזו)
PlaceDans l'index de Sefaria, la section הלכות עירובין du Choul'han Aroukh commence au siman 345
Nombre de séifim5 séifim (Mehaber) — 5 séifim aussi dans le Choulhan Aroukh HaRav, de même découpe
Michna Beroura20 ס״ק sur ce siman ; aucun n'est rattaché au séif ה dans le texte que sert Sefaria
Gloses du RamaUne glose introduite par le mot הגה, à la fin du séif ד
RenvoisAu siman 370, pour plusieurs qui sont comme un seul (glose du Rama, séif ד) ; au siman 381, pour la renonciation au domaine (Michna Beroura, ס״ק ט״ו), où le Mehaber l'écrit ; le Choulhan Aroukh HaRav renvoie au siman 380 (séif 2) pour l'habitant qui a oublié et interdit sa propre cour
Sources talmudiques et RishonimVoir les Niveaux 1 et 2
Règle d'orUn pied interdit en son lieu interdit hors de son lieu ; un pied permis n'interdit pas hors de son lieu (séif ה). Le siman répond notamment selon la place où l'érouv a été déposé (séifim א et ג), selon le passage de la cour intérieure par l'extérieure (séifim ב à ה) et selon le nombre de ceux qui habitent chaque cour (séifim ד et ה)
Décision pratiquePour chaque cas, la règle de son séif ; la Michna Beroura y ajoute des précisions, notamment aux séifim א, ב, ג et ד (niveau 1), et le Choulhan Aroukh HaRav donne la raison de plusieurs de ces règles (niveau 4) ; consulte ton Rav

10. Les commandements pratiques du Siman שע״ח

Pour la conduite quotidienne

  1. Trois cours ouvertes l'une sur l'autre et sur le domaine public, chacune des extérieures ayant fait l'érouv avec celle du milieu : les extérieures sont interdites l'une avec l'autre, celle du milieu est permise avec chacune — quand celle du milieu a donné son érouv dans chacune, ou que les extérieures ont donné le leur dans celle du milieu, dans deux maisons ; données dans une seule maison, l'érouv permet les trois cours (séif א) — dans un seul récipient, ou un récipient rempli dont il est resté un surplus (Michna Beroura, ס״ק ה ; règle du siman 366).
  2. Deux cours, l'intérieure ayant un droit de passage sur l'extérieure : l'érouv de l'intérieure seule la permet, même si l'extérieure ne l'a pas fait ou qu'un de ses habitants a oublié, et l'extérieure est interdite ; l'érouv de l'extérieure seule, ou l'oubli d'un habitant de l'intérieure, interdit les deux ; si chacune a fait le sien, chacune est permise dans sa cour (séif ב). Quand c'est un habitant qui a oublié, la Michna Beroura écrit que l'interdit cesse s'il renonce : dans le premier cas, à sa part en faveur des autres (ס״ק י) ; dans le second, à son domaine en faveur des habitants de l'intérieure et à son droit de passage dans l'extérieure en faveur de ceux de l'extérieure (ס״ק י״א). Toute l'intérieure sans érouv : selon le Mehaber et le Choulhan Aroukh HaRav, elle peut renoncer en faveur de l'extérieure à son droit, de sorte qu'elle ne s'en serve pas et n'y passe qu'au moment de sortir ; l'extérieure devient alors permise (siman 381, séif ב).
  3. Un érouv commun aux deux cours : déposé dans l'extérieure, l'oubli d'un habitant, de l'une ou de l'autre, interdit les deux, jusqu'à ce qu'il renonce à son domaine (séif ג ; en faveur des deux cours, Michna Beroura, ס״ק ט״ו) ; déposé dans l'intérieure, l'oubli d'un habitant de l'intérieure interdit les deux (à moins qu'il ne renonce en faveur des deux cours, Michna Beroura, ס״ק ט״ז), celui d'un habitant de l'extérieure laisse l'intérieure permise (séif ג).
  4. Un seul habitant dans l'intérieure n'interdit pas l'extérieure, quand il y a dans l'extérieure un seul habitant, ou deux qui ont fait l'érouv — entre eux seuls, selon la Michna Beroura (ס״ק י״ח) — (séif ד) ; et, selon la glose du Rama, de même plusieurs qui sont comme un seul (séif ד ; siman 370).
  5. Trois cours l'une à l'intérieur de l'autre, un seul habitant dans chacune : ils n'interdisent pas ; deux dans l'intérieure, qui n'ont pas fait l'érouv, interdisent à ceux qui sont seuls dans celle du milieu et dans l'extérieure (séif ה).
  6. En cas de doute — consulte ton Rav. Pilpoul approfondi — Niveau 2 ; chitah Habad — Niveau 4.
📚 Récapitulatif du parcours d'étude
Tu as étudié le Siman שע״ח en 3 niveaux :
  • 🌱 Niveau 1 — Base : le texte du Mehaber séif par séif, avec la glose du Rama au séif ד, traduction française, concepts halakhiques
  • ⚡ Niveau 2 — Lamdan : sources talmudiques, שיטות des Rishonim, מחלוקות, נפקא מינות
  • ✨ Niveau 3 — Synthèse : axiome, mnémonique, arbre de décision, commandements pratiques
Pour aller plus loin : Niveau 4 — Daat HaRav (chitah de l'Admour HaZaken dans le Choulhan Aroukh HaRav siman שע״ח).
~ ~ ~ ~ ~
DAAT · רב יוסף חיים סממה

סימן שע״ח · Niveau 3 — Synthèse Magistrale
♥ Soutenir DAAT
📖Rejoindre la khavroutha