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Accueil Yoreh De'ah · Le vin mû par la force du non-Juif — koa'h et koa'h ko'ho Siman קכ״ה Niveau 3 — Synthèse / Révision
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Siman 125 — Le vin mû par la force du non-Juif — koa'h et koa'h ko'ho

דין יין הבא מכח עובד כוכבים וכח כחו

Le vin qu'un non-Juif a fait bouger sans jamais y toucher : l'échelle des כחות, la קורת הגת et ses trois forces, la force mêlée à celle d'un Juif, l'intention qui manque, le נצוק du seif 1, et la ligne qui sépare l'interdit à la consommation de l'interdit au profit
Révision structurée, tableaux de psak, mémorisation rapide


Source : Shulchan Aroukh, Yoreh De'ah קכ״ה — 11 seifim
Nossei kelim : ש״ך (Shach) · ט״ז (Taz) · באר הגולה · ביאור הגר״א · פתחי תשובה · באר היטב
Compilation : הרב יוסף חיים סממה · DAAT
Pour les étudiants ayant maîtrisé les Niveaux 1 et 2
daattorah.com

📑 Plan de la synthèse

  1. L'axiome : כחו של עובד כוכבים — le vin que sa force a mû
  2. Les 3 questions-réflexes : combien de כחות · a-t-il su · quel degré d'interdit
  3. Tableau-maître A — l'échelle des כחות (seifim 1 et 2)
  4. Tableau-maître B — ce qui brise le כח (seifim 1, 3, 4 et 11)
  5. Tableau-maître C — les deux degrés : interdit à la consommation, interdit au profit
  6. Le נצוק du seif 1 — ce qui reste dans le récipient
  7. Ce qui n'est pas un כח : la pierre, les raisins, l'eau (seifim 5, 6 et 7)
  8. Porter et transvaser : le נוד, le récipient ouvert, le מוט (seifim 8 à 11)
  9. Les 6 règles d'or
  10. Mnémonique — l'aide-mémoire « כחו »
  11. Les 5 pièges classiques
  12. Récap des 11 seifim — une ligne chacun
  13. Carte-éclair finale

1. L'axiome : כחו של עובד כוכבים — le vin que sa force a mû

Le point de départ :

Le Siman 124 parlait de la main : le non-Juif touche le vin, ou touche le tonneau. Ici, il ne touche rien du tout. Il soulève un récipient, et le vin s'en écoule tout seul. Le vin n'est pas venu de sa main — il est venu de sa force. C'est le sujet propre du Siman 125, et le Mehaber l'annonce dès le premier mot de son titre : דין יין הבא מכח עובד כוכבים וכח כחו.

La guemara pose l'échelle en une phrase, et c'est elle que le siman déplie sur onze seifim :

« בכחו, כולי עלמא לא פליגי דאסיר. כי פליגי — בכח כחו » (עבודה זרה ס׳ ע״א).

Le premier degré n'est donc pas discuté : la force directe interdit. Le débat porte sur le second — et la guemara le tranche par un fait : « הוה עובדא בכח כחו, ואסר רב יעקב מנהר פקוד » (עבודה זרה ס׳ ע״א).

La sourceCe qu'elle établitConséquence dans le siman
La braïta d'Avoda Zara sur le כח (עבודה זרה ס׳ ע״א)La force directe du non-Juif interdit le vin, sans aucun contactLa phrase d'ouverture du seif 1
Le fait rapporté au nom de רב יעקב מנהר פקוד (עבודה זרה ס׳ ע״א)Le deuxième degré de force interdit lui aussiכח כחו ככחו דמי — seif 2
La sougya du נצוק (עבודה זרה ע״ב ע״ב)L'interdit du כח est rabbinique, et n'a été décrété que sur ce qui est sortiLa question du ש״ך sur la fin du seif 1
Le Rambam sur la נגיעה et le כח (רמב״ם הלכות מאכלות אסורות פרק י״ב הלכה ב)Soulever et verser interdit ; soulever sans remuer et sans toucher ne fait rienLa formulation même du seif 1

La guemara distingue expressément les deux vins : « כח דגוי מדרבנן הוא דאסיר, ההוא דנפק לבראי — גזרו ביה רבנן, ההוא דלגואי — לא גזרו ביה רבנן » (עבודה זרה ע״ב ע״ב).

Et le Rambam donne la formule que le Mehaber reprendra presque mot pour mot : « נטל כלי של יין והגביהו ויצק היין אף על פי שלא שכשך נאסר שהרי בא היין מכחו » (רמב״ם הלכות מאכלות אסורות פרק י״ב הלכה ב).

💡 Le repère : deux mots à ne jamais confondre. מגע — le contact — interdit le vin même au profit ; c'est le Siman 124. כח — la force — n'interdit, lui, qu'à la consommation : le vin reste vendable. Chaque fois qu'un seif du 125 paraît indulgent, c'est presque toujours parce qu'il parle de force et non de contact.

⚖ Deux conditions cumulatives pour que le כח morde

  1. Un geste qui déplace le vin — le Mehaber le dit par la הגבהה : il a soulevé le récipient. Le Rama ajoute la contrepartie, au nom du Beit Yossef : « או שלא הגביה הכלי » — s'il n'a pas soulevé, tout est permis (רמ״א יו״ד קכ״ה:א). Le ט״ז consacre à cette condition tout son premier ס״ק, et la trouve difficile à concilier avec le vin foulé du Siman 123, où rien n'est soulevé (ט״ז יו״ד קכ״ה ס״ק א).
  2. Le savoir — s'il ignorait qu'il s'agissait de vin, la force ne compte pas : le seif 1 conclut que הכל מותר אפי׳ בשתייה, et le seif 11 le redit pour le vin qui gicle en marchant.
Retiens la נפקא מינה : un non-Juif qui déplace un récipient de vin fermé, ou qui ne sait pas ce qu'il transporte, n'interdit rien ; celui qui soulève et verse en sachant, interdit — mais à la consommation seulement.

2. Les 3 questions-réflexes

■ 1. COMBIEN DE כחות SÉPARENT SA MAIN DU VIN ? Un seul — כחו : interdit. Deux — כח כחו : le Mehaber tranche ככחו דמי, interdit aussi. Trois — כח כח כחו, comme la קורת הגת aux trois organes : permis, mais בדיעבד seulement (seif 2).
↓ le compte des forces fait, que savait-il ?
■ 2. A-T-IL SU QUE C'ÉTAIT DU VIN ? Sans כוונה, la force ne mord pas : ni celui qui croyait verser de la bière, ni celui qui décharge un tonneau en travaillant, ni celui d'où le vin gicle en marchant (seifim 1, 4 et 11). Le ט״ז avertit toutefois que l'odeur suffit parfois à le renseigner.
↓ si la force mord, jusqu'où ?
■ 3. QUEL DEGRÉ D'INTERDIT ? Le כח ordinaire interdit à la consommation et laisse le profit. Mais l'objet poussé jusqu'à tomber dans le vin (seif 5) n'est plus un כח : c'est un contact par l'intermédiaire d'un objet, fait exprès — et il interdit même au profit.

Sur le premier point, le ש״ך coupe court à toute tentation de tirer du seif 2 une pratique : « אבל לכתחלה אסור אפילו בעשרה כחות ויותר » (ש״ך יו״ד קכ״ה ס״ק ד).

Sur le deuxième, le ט״ז rappelle un détail que la guemara donne et que le seif tait : « בגמרא איתא דאפילו בריחא תליא מלתא » (ט״ז יו״ד קכ״ה ס״ק ה).

3. Tableau-maître A — l'échelle des כחות

Base : seifim 1 et 2 du Mehaber, avec le ש״ך et le ט״ז. On compte les organes intermédiaires entre la main du non-Juif et le vin, et non les mètres parcourus.

DegréLe cas du simanVerdictSource
כחו — sa force directe « נטל עובד כוכבים כלי של יין והגביהו ויצא היין אף על פי שלא שכשך נאסר בשתייה שהרי היין בא מכחו » Interdit à la consommation ; le profit reste permis שו״ע יו״ד קכ״ה:א
כח כחו — la force de sa force Le vin poussé par un organe que sa main a mis en mouvement Identique au premier degré — כח כחו ככחו דמי שו״ע יו״ד קכ״ה:ב
כח כח כחו — la troisième force « כגון קורת הגת שגלגלה עובד כוכבים שיש שם ג׳ כחות הדפין והגלגל והקורה » Permis בדיעבד, même à la consommation שו״ע יו״ד קכ״ה:ב
N'importe quel degré, לכתחלה On ne se met pas d'avance dans cette situation Interdit, même à dix forces d'écart ש״ך יו״ד קכ״ה ס״ק ד
💡 Comment compter les trois forces de la קורת הגת : le non-Juif pousse les planches (הדפין) ; les planches entraînent la roue (הגלגל) ; la roue abaisse la poutre (הקורה) ; et c'est la poutre qui presse le raisin. Sa main est donc à trois organes du vin. Enlève un organe de la chaîne, et tu retombes dans le כח כחו interdit.

4. Tableau-maître B — ce qui brise le כח

Le siman consacre plus de place à ce qui casse la force qu'à la force elle-même. Quatre mécanismes distincts, qu'il ne faut pas mélanger : l'ignorance, l'absence de geste, la force mêlée et le geste sans effet.

Ce qui se passePourquoi la force ne mord pasVerdictSource
Il ignorait que le récipient contenait du vin Pas de כוונה : il n'y a pas d'acte dirigé sur du vin Tout est permis, même à la consommation שו״ע יו״ד קכ״ה:א
Il n'a pas soulevé le récipient Il n'a rien déplacé : il n'y a pas de force du tout Tout est permis רמ״א יו״ד קכ״ה:א, au nom du בית יוסף
Un Juif et lui versent ensemble — « ואפילו אם היה העובד כוכבים יכול לבדו לערות בלא סיוע ישראל » La force est mêlée : elle n'est plus purement la sienne Permis בדיעבד שו״ע יו״ד קכ״ה:ג
Mais le Juif qui aide est un enfant — « והוא שיהא הישראל המסייע גדול אבל אם היה נער קטן אסור משום דהוי מסייע שאין בו ממש » Une aide sans consistance n'est pas une force Interdit שו״ע יו״ד קכ״ה:ג
Le vin coulait déjà et il n'a fait qu'améliorer le débit — « אם היין מקלח מהחבית שבעגלה לתוך הכובא והעובד כוכבים מגביה העגלה כדי שיקלח היין יותר יפה מותר » Son geste n'a rien produit : מסייע שאין בו ממש Permis שו״ע יו״ד קכ״ה:ד
Il décharge le tonneau et du vin gicle — « עובד כוכבים שבא לפרוק חבית יין מעל העגלה ויצא מכחו יין לחוץ שרי דהוי שלא בכוונה דבמלאכתו הוא עוסק » Il est occupé à son travail : la force est involontaire Permis רמ״א יו״ד קכ״ה:ד
Il porte un tonneau et du vin sort en marchant — « ובלכתו יצא מהיין לחוץ שלא בכוונה מותר בשתייה אפילו מה שיצא לחוץ דכחו שלא בכוונה לא גזרו » Les Sages n'ont pas décrété sur une force involontaire Permis à la consommation, même ce qui est sorti שו״ע יו״ד קכ״ה:י״א
⚠ La ligne fine du seif 4 : soulever la charrette pour que le vin coule mieux est permis ; soulever la charrette pour que le vin coule tout court ne l'est pas. Le Rama pose la distinction expressément, et le ש״ך la fonde sur les Tossefot : le geste qui ne fait que perfectionner un écoulement déjà commencé est un מסייע שאין בו ממש (ש״ך יו״ד קכ״ה ס״ק ז).

5. Tableau-maître C — les deux degrés d'interdit

Le siman ne connaît pas un seul verdict mais trois : permis, interdit à la consommation, interdit même au profit. Ce qui décide n'est pas la gravité du geste mais sa qualification : force, contact par un objet, ou rien du tout.

Le gesteSa qualificationVerdictSeif
Il soulève et verse en sachant que c'est du vinכחו בכוונהInterdit à la consommation, permis au profit1
Il jette une pierre ou un objet dans le vinNi contact ni force sur le vinPermis même à la consommation5
Il pousse un objet qui roule jusqu'à ce qu'il tombe dans le vinמגע par l'intermédiaire d'un objet, et volontaireInterdit même au profit5
Il a fait ce même geste בחמתו, dans un mouvement de colèreשלא בכוונה — il ne pense pas au vinPermis même à la consommation5
Il verse de son récipient vers celui du Juifכחו sur le filet qui sortCe qui est sorti est interdit à la consommation8
Le Juif verse vers le récipient qu'il tientC'est la force du Juif, pas la siennePermis même à la consommation8
Il secoue le récipientשכשוך — l'acte même du ניסוךLe vin est interdit8

Le seif 5 se lit d'une traite : « זרק אבן או חפץ לתוך היין מותר אפי׳ בשתייה אבל אם החפץ מתגלגל והוא דוחהו עד שנופל לתוך היין אסור אפילו בהנאה » (שו״ע יו״ד קכ״ה:ה).

⚖ Pourquoi l'objet poussé est-il plus grave que l'objet jeté ?

Le ט״ז rapporte les deux explications du רא״ש. Selon la première, la sévérité ne tient pas au geste : on craint simplement qu'en poussant, il ait touché le vin de sa main — d'où l'indulgence quand il agit בחמתו, où l'on ne soupçonne plus rien. Selon la seconde, la poussée elle-même est un contact par l'intermédiaire d'un objet, fait volontairement, et cela interdit au profit indépendamment de tout soupçon. Le טור a écrit comme la seconde explication, et le ט״ז en tire une conséquence pratique : selon la première, une certitude qu'il n'a pas touché suffirait à permettre ; selon la seconde, non (ט״ז יו״ד קכ״ה ס״ק ז).

6. Le נצוק du seif 1 — ce qui reste dans le récipient

Le seif 1 ne s'arrête pas au vin sorti. Le Mehaber ajoute que ce qui est resté dans le récipient est interdit lui aussi, משום נצוק — le filet qui relie le vin d'en haut au vin d'en bas fait des deux une seule masse. Le Rama rapporte aussitôt l'avis contraire : « וי״א דלא אסרינן נצוק בכח עובד כוכבים » (רמ״א יו״ד קכ״ה:א).

Puis il tempère lui-même son indulgence : « ומכל מקום יש להחמיר אם לא בהפסד מרובה » (רמ״א יו״ד קכ״ה:א).

⚖ Un seif que les deux grands commentateurs ne laissent pas passer

Le ש״ך ouvre le siman par une objection en trois temps contre la fin du seif 1. D'abord, au Siman 124 le Mehaber a lui-même tranché que ce qui reste à l'intérieur est permis. Ensuite, le seif 8 de notre siman reprend la langue du טור — היוצא אסור בשתייה —, ce qui laisse entendre que le reste est permis. Enfin, et c'est le cœur : « דהא ניצוק אינו אלא ביין האסור בהנאה » (ש״ך יו״ד קכ״ה ס״ק א).

Or ici le vin sorti n'est interdit qu'à la consommation. Le ש״ך conclut donc en וצ״ע, et note que la même difficulté vaut contre le Rama. Le ט״ז, de son côté, juge le libellé du Rama imprécis : « זה לשון אינו מדוקדק דבהפסד מרובה אפי׳ בניצוק גמור » (ט״ז יו״ד קכ״ה ס״ק ד).

Retiens donc la fin du seif 1 comme la position du Mehaber, laissée en צ״ע par le ש״ך et corrigée dans sa formulation par le ט״ז. Le נצוק lui-même est traité au Siman 126, où le Rama renvoie expressément.

7. Ce qui n'est pas un כח : la pierre, les raisins, l'eau

Le seif 5 — jeter n'est pas pousser

Une pierre ou un objet jeté dans le vin ne lui fait rien : l'objet vole seul, la force du non-Juif s'est arrêtée à sa main. Un objet poussé jusque dans le vin, en revanche, prolonge sa main jusqu'au liquide. Et le même geste fait בחמתו redevient permis, jusqu'à la consommation.

Le seif 6 — les raisins jetés dans la cuve

Un non-Juif apporte des raisins dans des paniers et dans des דרדורים — le Mehaber prend soin de reproduire la glose de רש״י : ce sont de petites cuves — et les verse dans la גת où il y a déjà du vin foulé. C'est permis בדיעבד, quand bien même du jus a coulé des raisins au fond des דרדורים. Le ש״ך donne la raison de la restriction לכתחלה : ce jus n'a pas encore été tiré dans la cuve, et l'on craint qu'on n'en vienne à verser du vin véritable (ש״ך יו״ד קכ״ה ס״ק ט).

Le seif se termine par une permission plus large : « ואם ישראל מסייע לעובד כוכבים בזריקתו לגת מותר אפילו לכתחלה » (שו״ע יו״ד קכ״ה:ו).

Le seif 7 — l'eau versée dans le vin

« עובד כוכבים שזרק מים לתוך היין מותר אפילו בשתיה והוא שאינו מכוין למוזגו » (שו״ע יו״ד קכ״ה:ז).

Toute la question tient dans l'intention : verser de l'eau au hasard dans de grands tonneaux, ou dans un verre sans savoir qu'il s'agit de vin, ne fait rien ; mais viser la מזיגה, le coupage rituel du vin, interdit à la consommation. Et dans le doute, le Mehaber tranche : « ואם אינו ידוע אם כוון למזיגה אם לאו מותר » (שו״ע יו״ד קכ״ה:ז). Le ט״ז donne la raison en trois mots : c'est un doute sur une interdiction rabbinique, et l'on va vers l'indulgence (ט״ז יו״ד קכ״ה ס״ק י״א). Le ש״ך ajoute que même les tenants du נצוק חיבור ne l'appliquent qu'au vin versé dans du vin, jamais à de l'eau versée dans du vin (ש״ך יו״ד קכ״ה ס״ק י).

8. Porter et transvaser : le נוד, le récipient ouvert, le מוט

Les quatre derniers seifim quittent la cave pour la route. La guemara y avait posé deux régimes opposés selon le récipient : « האי גוי דדרי זיקא וקאזיל ישראל אחוריה, מליא — שרי, דלא מקרקש » (עבודה זרה ס׳ ע״א). Puis elle conclut, pour l'outre, par une permission générale : « רב אשי אמר: זיקא, בין מליא ובין חסירא — שרי, מאי טעמא? אין דרך ניסוך בכך » (עבודה זרה ס׳ ע״א).

SituationVerdictRaisonSource
Il verse de son récipient dans celui du Juif — « עובד כוכבים שמערה מכלי שבידו לכלי שביד ישראל היוצא אסור בשתייה »Ce qui sort est interdit à la consommationLe filet vient de sa forceשו״ע יו״ד קכ״ה:ח
Le Juif verse dans le récipient qu'il tientPermis même à la consommationLa force est celle du Juifשו״ע יו״ד קכ״ה:ח
Il secoue le récipient — « ואם נדנד העובד כוכבים הכלי נאסר היין »Le vin est interditLe שכשוך est l'acte du ניסוך lui-mêmeשו״ע יו״ד קכ״ה:ח
Il porte une outre en tenant l'ouverture — « העביר העובד כוכבים נוד של יין ממקום למקום והוא אוחז פי הנאד בידו בין שהיה הנוד מלא או חסר מותר »Permis, plein ou nonLe vin ballotte, mais ce n'est pas là une manière de ניסוךשו״ע יו״ד קכ״ה:ט
Récipient ouvert non plein, le Juif derrière luiPermis à la consommationIl ne peut atteindre le vinשו״ע יו״ד קכ״ה:י
Même cas, mais il l'a secoué — « וי״א דאפילו שכשכו בכלי שרי כאן »Permis ici aussi, וכן עיקרUn récipient large, on ne le secoue pas volontiersרמ״א יו״ד קכ״ה:י
Récipient ouvert plein, le Juif derrière lui — « ואם הוא מלא אסור בהנאה שמא נגע בו »Interdit même au profitOn craint qu'il y ait mis la mainשו״ע יו״ד קכ״ה:י
Le Juif marche à côté et le surveillePermis même pleinIl ne peut toucher sans être vuשו״ע יו״ד קכ״ה:י
Porté à deux sur un מוט, ou un seau par son anneau — « ואם היה נושא הכלי במוט בשנים אפילו מלא והישראל הולך אחריו מותר »Permis même pleinLe récipient est hors de sa portéeשו״ע יו״ד קכ״ה:י
Il porte un tonneau et du vin sort en marchantPermis à la consommation, même ce qui est sortiכחו שלא בכוונה n'a pas été décrétéשו״ע יו״ד קכ״ה:י״א
💡 Le renversement à retenir : pour une outre, c'est le récipient plein qui rassure — il ne ballotte pas ; pour un récipient ouvert, c'est l'inverse : plein, il est à portée de main, donc interdit, et c'est l'incomplet qui rassure. Deux dangers différents — le ballottement d'un côté, le contact de l'autre — donnent deux règles inverses. La halakha, pour l'outre, suit la permission générale de רב אשי.
⚠ La condition du Rama au seif 10 : la permission du מוט porté à deux ne vaut pas d'elle-même. Il faut que le Juif ait aidé lui-même à passer la barre dans l'anneau du récipient, ou qu'il ait vu le non-Juif la passer sans toucher. Sans cela, on retombe dans le soupçon de contact.

9. Les 6 règles d'or

  1. La force n'est pas le contact. Le contact du Siman 124 interdit au profit ; la force du Siman 125 n'interdit qu'à la consommation, parce qu'elle est d'origine rabbinique (שו״ע יו״ד קכ״ה:א ; עבודה זרה ע״ב ע״ב).
  2. Deux forces interdisent, trois ne le font plus — et encore, בדיעבד seulement : la קורת הגת et ses trois organes (שו״ע יו״ד קכ״ה:ב).
  3. Rien sans savoir. Le non-Juif qui ignore qu'il s'agit de vin n'interdit rien, quel que soit son geste (שו״ע יו״ד קכ״ה:א ; שו״ע יו״ד קכ״ה:י״א).
  4. Pas de déplacement, pas de force. S'il n'a pas soulevé le récipient, il n'y a rien à discuter (רמ״א יו״ד קכ״ה:א).
  5. Une force mêlée à celle d'un Juif adulte n'est plus la sienne — mais l'aide d'un enfant ne compte pas : מסייע שאין בו ממש (שו״ע יו״ד קכ״ה:ג).
  6. Ce qui serait arrivé de toute façon n'est pas son œuvre. Améliorer un écoulement déjà commencé ne l'interdit pas ; le déclencher, si (שו״ע יו״ד קכ״ה:ד).

10. Mnémonique — l'aide-mémoire « כחו »

כ-ח-ו — les trois lettres du mot כחו
L'échelle du geste — du plus interdit au plus permis

11. Les 5 pièges classiques

❌ Piège 1 — Traiter le 125 comme une suite du 124 : les deux simanim se ressemblent et ne disent pas la même chose. Le 124 juge le contact — la main, le tonneau, la bonde — et interdit au profit. Le 125 juge la force, où il n'y a précisément aucun contact, et n'interdit qu'à la consommation. Un raisonnement pris dans l'un et appliqué tel quel à l'autre donne un faux psak dans les deux sens.
❌ Piège 2 — Croire que כח כחו est permis : c'est l'erreur la plus naturelle, puisque la guemara en discute. Le Mehaber tranche en trois mots — כח כחו ככחו דמי — et ne permet qu'au troisième degré. Compte les organes avant de conclure : la קורת הגת en a trois, pas deux.
❌ Piège 3 — Prendre le בדיעבד du seif 2 pour une pratique : le seif dit expressément בדיעבד מותר. Le ש״ך ferme la porte à toute extension : d'avance, c'est interdit même à dix forces d'écart (ש״ך יו״ד קכ״ה ס״ק ד). La même remarque vaut pour le seif 3, où le ש״ך précise que לכתחלה l'interdiction tient même si le Juif pouvait agir seul (ש״ך יו״ד קכ״ה ס״ק ה).
❌ Piège 4 — Réciter la fin du seif 1 sans son appareil : l'interdiction de ce qui reste dans le récipient, משום נצוק, est la position du Mehaber ; le Rama rapporte l'avis contraire, le ש״ך la laisse en צ״ע pour une raison de fond — le נצוק ne joue que sur un vin interdit au profit —, et le ט״ז juge le libellé du Rama imprécis. Un seif du Mehaber n'est pas toujours la halakha reçue.
❌ Piège 5 — Confondre les deux gestes du seif 5 : jeter une pierre dans le vin est permis même à la consommation ; pousser un objet qui roule jusque dans le vin est interdit même au profit. Et le même geste accompli בחמתו, dans un mouvement d'humeur, redevient entièrement permis. Trois verdicts opposés dans un seul seif de deux lignes.

Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav.

12. Récap des 11 seifim — une ligne chacun

SeifSujetL'essentiel
1Le principe du כח, et le נצוקLe non-Juif a pris un récipient de vin, l'a soulevé et le vin est sorti : même s'il n'a pas remué, le vin est interdit à la consommation, car il est venu de sa force ; et ce qui reste dans le récipient est interdit lui aussi, משום נצוק. Rama : certains disent qu'on n'applique pas le נצוק à la force d'un non-Juif ; et malgré tout il y a lieu d'être strict, sauf en cas de perte importante, comme au Siman 126. Et si c'était sans intention — il ne savait pas que c'était du vin — ou (Rama, au nom du Beit Yossef) s'il n'a pas soulevé le récipient : tout est permis, même à la consommation.
2L'échelle des forcesכח כחו ככחו דמי — la force de sa force vaut sa force. Mais s'il s'agit de כח כח כחו, comme la קורת הגת qu'un non-Juif a fait rouler, où il y a trois forces — les planches, la roue et la poutre — c'est permis בדיעבד, même à la consommation.
3La force mêléeSi la force d'un Juif et celle d'un non-Juif sont mêlées ensemble, par exemple s'ils ont versé tous les deux à la fois : permis בדיעבד. Et même si le non-Juif aurait pu verser seul sans l'aide du Juif — à condition que le Juif qui aide soit un adulte ; mais si c'était un jeune enfant, c'est interdit, car c'est une aide sans consistance, מסייע שאין בו ממש.
4Améliorer un écoulement déjà commencéSi le vin coule du tonneau posé sur la charrette vers la cuve et que le non-Juif soulève la charrette pour que le vin coule mieux : permis. Rama : mais s'il ne coulait pas du tout sans ce geste, c'est interdit ; et de même si un Juif transvase et qu'un non-Juif vient lui bouger la main — si le vin coulait de toute façon, permis, sinon interdit. Un non-Juif venu décharger un tonneau de la charrette et dont la force fait jaillir du vin au-dehors : permis, car c'est involontaire, il est occupé à son travail.
5La pierre jetée et l'objet pousséIl a jeté une pierre ou un objet dans le vin : permis même à la consommation. Mais si l'objet roule et qu'il le pousse jusqu'à ce qu'il tombe dans le vin : interdit même au profit. Et s'il a fait cela בחמתו, dans un mouvement de colère : permis même à la consommation.
6Les raisins versés dans la cuveUn non-Juif qui a apporté des raisins dans des paniers et des דרדורים — glose de רש״י : de petites cuves — et les a versés dans la גת où il y a du vin foulé : permis בדיעבד, même s'il y a dans les דרדורים du jus qui a coulé des raisins qu'ils contiennent. Et si un Juif aide le non-Juif à les verser dans la cuve, c'est permis même לכתחלה.
7L'eau versée dans le vinUn non-Juif qui a jeté de l'eau dans le vin : permis même à la consommation, pourvu qu'il ne vise pas la מזיגה — par exemple s'il a jeté de l'eau dans de grands tonneaux, ou dans un verre sans savoir que c'était du vin. Mais s'il vise le coupage : interdit à la consommation. Et si l'on ignore s'il visait le coupage ou non : permis.
8Transvaser d'un récipient à l'autreUn non-Juif qui verse du récipient qu'il tient vers celui que tient un Juif : ce qui est sorti est interdit à la consommation. Et un Juif qui verse du récipient qu'il tient vers celui que tient un non-Juif : permis même à la consommation. Et si le non-Juif a secoué le récipient, le vin est interdit.
9L'outre portéeUn non-Juif a transporté une outre de vin d'un lieu à l'autre en tenant l'ouverture de l'outre dans sa main : qu'elle ait été pleine ou non, c'est permis — et bien que le vin ballotte, ce n'est pas là une manière de ניסוך.
10Le récipient ouvert, et le מוטIl portait un récipient ouvert plein de vin, un Juif marchant derrière lui : s'il n'était pas plein et qu'il ne l'a pas secoué, permis à la consommation. Rama : certains permettent ici même s'il l'a secoué, et c'est l'essentiel. S'il était plein : interdit même au profit, de crainte qu'il n'y ait touché. Si le Juif marche à côté de lui et le surveille : permis même plein, car il ne peut toucher sans être vu. Et s'il portait le récipient à deux sur une barre, même plein et le Juif derrière : permis ; de même pour un seau porté par son anneau. Rama : à condition que le Juif ait aidé à passer la barre dans l'anneau, ou qu'il ait vu le non-Juif la passer sans toucher.
11Le vin qui gicle en marchantUn non-Juif qui porte un tonneau, même sur son épaule, et dont il sort du vin au-dehors en marchant, sans intention : permis à la consommation, même ce qui est sorti, car sur une force involontaire les Sages n'ont rien décrété.

13. Carte-éclair finale

QuestionRéponse-réflexeSource
Il a soulevé le récipient et le vin est sorti ?Interdit à la consommation, le profit reste permisשו״ע יו״ד קכ״ה:א
Il n'a pas soulevé le récipient ?Il n'y a pas de force du tout : tout est permisרמ״א יו״ד קכ״ה:א
Il croyait verser autre chose que du vin ?Sans savoir, pas d'interdit — même à la consommationשו״ע יו״ד קכ״ה:א
La force de sa force ?Comme sa force elle-même : interditשו״ע יו״ד קכ״ה:ב
Trois forces, comme la קורת הגת ?Permis בדיעבד, jamais לכתחלהשו״ע יו״ד קכ״ה:ב ; ש״ך יו״ד קכ״ה ס״ק ד
Un Juif et lui ont versé ensemble ?Permis בדיעבד — sauf si le Juif est un enfantשו״ע יו״ד קכ״ה:ג
Il a soulevé la charrette pour que le vin coule mieux ?Permis : le vin coulait déjàשו״ע יו״ד קכ״ה:ד
Il a jeté une pierre dans le vin ?Permis même à la consommationשו״ע יו״ד קכ״ה:ה
Il a poussé un objet jusque dans le vin ?Interdit même au profit — sauf בחמתושו״ע יו״ד קכ״ה:ה
Il a jeté de l'eau dans le vin ?Permis, sauf s'il visait la מזיגה ; dans le doute, permisשו״ע יו״ד קכ״ה:ז
Il porte une outre en tenant l'ouverture ?Permis, pleine ou nonשו״ע יו״ד קכ״ה:ט
Il porte un récipient ouvert et plein, le Juif derrière ?Interdit même au profit — שמא נגעשו״ע יו״ד קכ״ה:י
Du vin gicle du tonneau qu'il porte, sans qu'il l'ait voulu ?Permis à la consommation, même ce qui est sortiשו״ע יו״ד קכ״ה:י״א

⚖ Le réflexe en 3 questions

  1. Combien de forces ? Une ou deux → interdit à la consommation. Trois → permis בדיעבד. Aucune, parce qu'il n'a rien soulevé → rien à discuter.
  2. Savait-il ? S'il ignorait qu'il s'agissait de vin, ou s'il était simplement à son travail, la force ne mord pas.
  3. Force ou contact ? Une force n'atteint que la consommation. Dès qu'un objet poussé, une main soupçonnée ou un שכשוך apparaît, on quitte le 125 pour la sévérité du 124 — et le profit tombe.
Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav.

🎓 Récapitulatif du parcours d'étude

NiveauContenuAcquis
🌱 Niveau 1 — Base Texte des 11 seifim, traduction, explication pas à pas Compréhension globale
Niveau 2 — Lamdan Le gueder du כח — force ou contact prolongé, la question du ש״ך sur le נצוק, le מסייע שאין בו ממש et les deux explications du רא״ש sur l'objet poussé Étude approfondie
Niveau 3 — Synthèse Trois tableaux-maîtres, règles d'or, mnémonique, pièges, récap des seifim Maîtrise pratique + révision
📜 Niveau 4 — Halakha lema'asse La psika pratique selon le ש״ך, le ט״ז, les פתחי תשובה et les poskim Application contemporaine
💡 Prochaines étapes suggérées :
📖 Sources de ce siman sur Sefaria :
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן קכ״ה · Niveau 3 — Synthèse / Révision · דין יין הבא מכח עובד כוכבים וכח כחו
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