Siman 218 — Comment on suit l’intention de celui qui voue
Six seifim, et le troisième terme d’une série. Le siman 216 demandait ce que le mot fait entendre en langue de la Torah, le 217 ce qu’il fait entendre en langue des hommes ; celui-ci quitte les mots et demande ce que cet homme-là a voulu dire. Et il ne le lui demande pas : il regarde ce qui l’a fait vouer. La même phrase interdit alors la charge à celui qui souffrait du portage et le vêtement à celui qui souffrait du vêtement. Le Rama borne aussitôt la règle au vœu qu’un homme fait seul ; dès qu’un tiers y a un droit, la langue reprend le dessus. Suivent quatre applications et une ordonnance communale. (Choulhan Aroukh, Yoreh De’ah 218 — 6 seifim)
כל הנודר או נשבע רואין דברים שבגללן נשבע או נדר ולומדים מהם לאיזה נתכוין והולכין אחר הענין ולא אחר משמעות הדיבור
Quiconque voue ou jure — on regarde les choses à cause desquelles il a juré ou voué, et l’on en apprend à quoi il visait ; et l’on suit le contexte, non le sens de la parole. Le siman ouvre sur sa règle, et elle est un renversement.
Choulhan Aroukh, Yoreh De'ah 218:1
Les 4 niveaux d’étude
NIVEAU 01
רמת המתחיל
Base — Débutant & Intermédiaire
Les six seifim en hébreu, avec traduction française fluide et décomposition clause par clause : la règle et la laine qui la démontre, la borne du Rama, le vin déjà fait, le mariage et l’invitation refusés, la vache prêtée, l’ordonnance communale et le mot « habiter ». Les vingt-trois entrées de l’appareil — Chakh, Taz, Baer Hetev, Pit’hei Techouva, Nekoudot HaKessef — citées une à une, avec le Tour, le Beit Yossef, le Rambam et les michnayot de Nedarim.
Le pilpoul : la michna et la braïta de נדרים נ״ה ע״ב et si elles divergent ; le Rambam, le Roch, le Ran et la lecture propre du Taz ; la partition נודר בינו לבין עצמו / נודר לחבירו fondée sur פיו ולבו שוין et sur le Rivach 195 ; le Mabit sur דררא דממונא ; l’attaque du Taz contre le Rachbats en trois arguments et la défense des Nekoudot HaKessef ; le כל שכן du Rama contre le Teroumat HaDéchèn, le teïkou de Ḥouline et le Maharchal ; les deux versions du seif 5 ; et la limite de la כוונה au ס״ק ז.
La révision : la règle et son mécanisme en schéma, les six seifim dans l’ordre du livre, trois tableaux de positions — sur la הוכחה, sur le seif 2, sur la takana communale —, le vocabulaire et cinq pièges classiques.
La halakha lema‘assé : six propositions de psika, les deux divergences ouvertes et ce qui s’y décide, les cas rapportés par l’appareil — le voyage en bateau, les deux associés séparés, le vœu de ne pas marcher, le chohet, le prix du vin, le secret dit par un tiers — et la question décisive : qui peut invoquer l’intention, et à quelles conditions. Avec le renvoi constant : la conduite réelle revient au Rav.
J’ai dit quelque chose d’excessif dans un moment de tension. Suis-je lié par tout ce que j’ai dit ?
Le siman pose précisément cette question, et sa règle est au seif 1 :
« כל הנודר או נשבע רואין דברים שבגללן נשבע או נדר ולומדים מהם לאיזה נתכוין והולכין אחר הענין ולא אחר משמעות הדיבור » (שו״ע יו״ד רי״ח:א)
Mais deux réserves majeures. Le Chakh, au ס״ק א, écrit que sans circonstance douloureuse établie il n’y a pas de הוכחה et que rien n’est permis ; et au ס״ק ז, que l’on n’est pas cru à dire après coup ce qu’on avait en tête. Demande à ton Rav.Est-ce que cela vaut aussi pour un engagement que j’ai pris envers quelqu’un ?
Non, et c’est la borne que le Rama pose à la fin du seif 1 :
« וכל זה דוקא בנודר בינו לבין עצמו אבל בנודר לחבירו כל שלשון הנדר כולל הולכין אחריו אם לא באומדנא דמוכח » (רמ״א יו״ד רי״ח:א)
Le Taz explique au ס״ק ב pourquoi : le vœu personnel exige פיו ולבו שוין, un engagement envers autrui non — le bénéficiaire acquiert par la langue employée. Reste l’exception de l’אומדנא דמוכח. Demande à ton Rav.Notre communauté a voté une ordonnance. Touche-t-elle ce que nous avions déjà ?
Le Rama l’écrit au seif 2, en כל שכן — mais il indique lui-même que c’est son raisonnement, et contre le Teroumat HaDéchèn :
« וכל שכן קהל שעשו תקנה כיוצא בזה שאסורין למכור אפילו מה שהיה להם קודם לכן » (רמ״א יו״ד רי״ח:ב)
Le Chakh, au ס״ק ג, le Taz, au ס״ק ד, et le Baer Hetev, au ס״ק ד, restreignent tous trois : une ordonnance ordinaire ne l’atteint pas ; une ordonnance prise sous ḥerem l’atteint. Faire relire le texte par un Rav avant le vote.Après un divorce, j’ai dit qu’elle ne profiterait jamais de moi. Puis-je encore lui verser quoi que ce soit ?
C’est exactement le second cas du seif 3, et la michna de נדרים ס״ג ע״ב le lit comme visant l’union, non la personne :
« וכן המגרש את אשתו ואמר קונם שהיא נהנית לי לעולם הרי אלו מותרות ליהנות לו שלא נתכוון אלא לשום אישות » (שו״ע יו״ד רי״ח:ג)
Mais la situation réelle — les termes exacts employés, le moment, ce qui a suivi — décide de tout, et ce siman montre précisément que ces éléments-là ne se jugent pas par l’intéressé. Demande à ton Rav.