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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman קצ״ט · Qui compte pour le zimoun

על מי מזמנים ועל מי אין מזמנים — le serveur qui a mangé un kazayit (השמש שאכל כזית), le Kouti et l'am haaretz, le converti circoncis mais non immergé (גר שמל ולא טבל), l'onen en semaine, les femmes, esclaves et enfants (נשים ועבדים וקטנים), l'androgyne et le toumtoum, l'enfant qui sait à Qui l'on bénit, et celui qui a été mis au ban
סימן קצ״ט · י״א סעיפים
על מי מזמנים ועל מי אין מזמנים
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Le zimoun ne demande pas seulement trois bouches : il demande trois personnes qui comptent. Ce siman en dresse la liste, et il le fait en deux colonnes — ceux sur qui l'on fait le zimoun et ceux sur qui on ne le fait pas. Onze séifim y passent en revue le serveur, le Kouti, l'am haaretz, le converti, l'onen, les femmes, les esclaves et les enfants, l'androgyne, le toumtoum, l'enfant et celui qui a été mis au ban. Texte hébreu, traduction française et explication des י״א seifim, avec une section de cas pratiques.

Sujet : Qui compte pour le zimoun — שמש, כותי, עם הארץ, גר, אונן, נשים ועבדים וקטנים, אנדרוגינוס וטומטום, קטן, ומנודה
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן קצ״ט · י״א סעיפים

Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

Les simanim précédents demandaient combien il faut être, l'on est attablé, et ce que l'on a mangé. Ici la question change de nature : elle porte sur la personne même — est-elle de celles que l'on compte ? La michna en avait déjà donné les deux colonnes : d'un côté אכל דמאי ומעשר ראשון שנטלה תרומתו מעשר שני והקדש שנפדו והשמש שאכל כזית והכותי מזמנין עליו (ברכות מ״ה ע״א), de l'autre אכל טבל ומעשר ראשון שלא נטלה תרומתו ומעשר שני והקדש שלא נפדו והשמש שאכל פחות מכזית והנכרי אין מזמנין עליו (ברכות מ״ה ע״א), et enfin une catégorie à part : נשים ועבדים וקטנים אין מזמנין עליהן (ברכות מ״ה ע״א). Notre siman est la mise en halakha de ces trois lignes, augmentée de ce que les générations ont dû trancher après elles. Nous étudions ici au niveau du principe ; pour la conduite personnelle, on se réfère à la décision du Rav.

📑 Plan de l'étude

A. השמש, הכותי ועם הארץ (séifim 1-3) — celui qui sert, celui qui a changé, celui qui ne sait pas
B. עכו״ם, גר ואונן (séifim 4-5) — l'appartenance et l'obligation
C. נשים ועבדים וקטנים (séifim 6-7) — le zimoun qui leur est propre
D. אנדרוגינוס וטומטום (séifim 8-9) — les deux figures du doute
E. קטן ומנודה (séifim 10-11) — le discernement et la mise à l'écart
1-3. Cas pratiques et questions de compréhension

A. השמש, הכותי ועם הארץ — celui qui sert, celui qui a changé, celui qui ne sait pas

שַׁמָּשׁ — le serveur de table. Non pas un invité, mais celui qui va et vient, apporte et dessert, et qui mange debout entre deux plats. On aurait pu croire qu'il n'est pas attablé et qu'il ne fait donc pas nombre ; la Guemara pose précisément cette objection avant de la lever : פשיטא מהו דתימא שמש לא קבע קמ״ל (ברכות מ״ז ע״ב). résumé : ce qui fait le convive, ce n'est pas la position du corps mais la réalité de l'attablement — et un kazayit suffit à l'établir.

Séif 1 — השמש שאכל כזית מזמנין עליו

השמש שאכל כזית מזמנין עליו:
Séif 1 : le serveur qui a mangé un kazayit — on fait le zimoun sur lui.
La règle : השמש שאכל כזית מזמנין עליו (שו״ע או״ח קצ״ט:א). La michna le disait déjà, en le rangeant dans la colonne de ceux que l'on compte : והשמש שאכל כזית והכותי מזמנין עליו (ברכות מ״ה ע״א) — et, dans l'autre colonne, והשמש שאכל פחות מכזית והנכרי אין מזמנין עליו (ברכות מ״ה ע״א). résumé : ce n'est donc pas son statut de serveur qui décide, c'est la mesure de ce qu'il a mangé.

Séif 2 — כותי בזמן הזה

כותי בזמן הזה הרי הוא כעובד עבודת אלילים ואין מזמנין עליו:
Séif 2 : le Kouti (le Samaritain), de nos jours, est comme un idolâtre, et l'on ne fait pas le zimoun sur lui.
Un renversement : la michna comptait pourtant le Kouti — והכותי מזמנין עליו (ברכות מ״ה ע״א) — et la Guemara précisait le cas : אביי אמר בכותי חבר (ברכות מ״ז ע״ב), en louant même leur rigueur : כל מצוה שהחזיקו בה כותים הרבה מדקדקין בה יותר מישראל (ברכות מ״ז ע״ב). Mais le Mehaber écrit ici כותי בזמן הזה (שו״ע או״ח קצ״ט:ב), et cela change tout : le Talmud lui-même rapporte le jour où les Sages tranchèrent — ולא זזו משם עד שעשאום עובדי כוכבים גמורין (חולין ו׳ ע״א).
résumé : ce séif enseigne une chose que l'on oublie souvent — une halakha peut se renverser sans qu'aucune règle n'ait bougé. Ce n'est pas la loi du zimoun qui a changé, c'est celui dont elle parlait. Le Tour l'écrit dans les mêmes termes : ורב אלפס כתב והאידנא הם עכו״ם גמורין ואין מזמנין עליהן (טור או״ח קצ״ט).

Séif 3 — עם הארץ גמור מזמנין עליו בזמן הזה

עם הארץ גמור מזמנין עליו בזמן הזה:
Séif 3 : sur un am haaretz, même complet, on fait le zimoun de nos jours.
Un second renversement, en sens inverse : la braïta enseignait ותניא אין מזמנין על ע״ה (ברכות מ״ז ע״ב), et pourtant le Mehaber écrit עם הארץ גמור מזמנין עליו בזמן הזה (שו״ע או״ח קצ״ט:ג). Le Tour en donne la raison, au nom du Ri : והאידנא אמר ר״י שמזמנין עם עם הארץ כדי שלא יהא כל אחד בונה במה לעצמו (טור או״ח קצ״ט), et il l'explique : פי׳ אם היו פורשין מהם היו גם הם פורשין מן הציבור לגמרי (טור או״ח קצ״ט). Rabbeinou Hananel disait de même : האידנא רגילין לזמן אפי׳ עם עם הארץ גמור (טור או״ח קצ״ט).
résumé : les deux séifim se lisent ensemble. Ils ne disent pas le contraire l'un de l'autre : ils disent tous deux que la halakha regarde la réalité. Le Kouti a cessé d'être des nôtres et sort du compte ; l'am haaretz, lui, est des nôtres, et l'écarter du zimoun serait le pousser hors de la communauté — on préfère l'y garder.

B. עכו״ם, גר ואונן — l'appartenance et l'obligation

Séif 4 — עכו״ם וגר

עכו״ם אין מזמנין עליו ואפי׳ גר שמל ולא טבל אין מזמנין עליו אבל גר גמור מזמנין עליו ויכול לברך בהמ״ז ולומר על שהנחלת לאבותינו:
Séif 4 : sur un non-Juif on ne fait pas le zimoun ; et même sur un converti qui a été circoncis mais ne s'est pas immergé, on ne fait pas le zimoun. Mais sur un converti achevé, on fait le zimoun, et il peut réciter le Birkat haMazon et dire « pour avoir donné en héritage à nos pères ».
Le converti inachevé : ואפי׳ גר שמל ולא טבל אין מזמנין עליו (שו״ע או״ח קצ״ט:ד). La Guemara en donne le principe, à propos du mot והנכרי de la michna : הכא במאי עסקינן בגר שמל ולא טבל (ברכות מ״ז ע״ב), et דאמר רבי זירא א״ר יוחנן לעולם אינו גר עד שימול ויטבול וכמה דלא טבל נכרי הוא (ברכות מ״ז ע״ב). résumé : la conversion ne se compte pas par ce qui est commencé mais par ce qui est achevé.
Le converti achevé, et les mots du Birkat haMazon : אבל גר גמור מזמנין עליו ויכול לברך בהמ״ז ולומר על שהנחלת לאבותינו (שו״ע או״ח קצ״ט:ד). Ce n'était pas évident : le Tour rapporte que Rabbeinou Tam s'y opposait — ור״ת לא היה מניח אפי׳ לגר גמור (בא״י) לברך ברה״מ שאינו יכול לומר שהנחלת לאבותינו (טור או״ח קצ״ט) — tandis que le Ri l'autorisait : ור״י כתב שיכול לברך שיכול לומר לאבותינו דכתיב אב המון גוים נתתיך (טור או״ח קצ״ט). Le Beit Yossef conclut comme le Ri : והכי נקטינן (בית יוסף או״ח קצ״ט).
résumé : le converti n'emprunte pas les pères d'un autre — Avraham a été fait père d'une multitude de nations, et le converti a donc bien des pères à nommer. C'est l'une des plus belles décisions du siman : la halakha refuse de faire du converti un invité perpétuel à sa propre table.

Séif 5 — אונן בחול

אונן בחול שהוא פטור מלברך אין מזמנין עליו:
Séif 5 : l'onen (l'endeuillé dont le mort n'est pas encore inhumé) en semaine, qui est dispensé de bénir, on ne fait pas le zimoun sur lui.
La raison est écrite dans le séif lui-même : אונן בחול שהוא פטור מלברך אין מזמנין עליו (שו״ע או״ח קצ״ט:ה). Ce n'est pas une exclusion, c'est une conséquence : le zimoun est une invitation à bénir, et l'on ne peut pas être invité à ce dont on est dispensé. La michna dit de l'endeuillé avant l'inhumation : מי שמתו מוטל לפניו פטור מק״ש ומן התפלה ומן התפילין ומכל מצות האמורות בתורה (ברכות י״ז ע״ב). Le Tour l'énonce dans les mêmes termes que notre séif : וכן האונן בחול שהוא פטור מלברך אין מזמנין עליו (טור או״ח קצ״ט).
résumé : noter la précision בחול — en semaine. Le deuil, dans ses premières heures, suspend les obligations ; le Chabbat, lui, ne les suspend pas de la même manière, et le séif prend soin de ne parler que du jour ordinaire. Pour la pratique, ces cas se règlent avec un Rav.

C. נשים ועבדים וקטנים — le zimoun qui leur est propre

פְּרִיצוּתָא — littéralement le relâchement, la licence. C'est le mot par lequel la Guemara explique pourquoi femmes, esclaves et enfants ne forment pas ensemble une compagnie de zimoun : שאני התם משום פריצותא (ברכות מ״ה ע״ב). Il ne dit rien de leur capacité à bénir — la même Guemara affirme qu'ils font le zimoun chacun de leur côté — mais tout du mélange que la halakha ne veut pas instituer.

Séif 6 — נשים ועבדים וקטנים

נשים ועבדים וקטנים אין מזמנין עליהם אבל מזמנין לעצמן ולא תהא חבורה של נשים ועבדים וקטנים מזמנין יחד משום פריצותא דעבדים אלא נשים לעצמן ועבדים לעצמן ובלבד שלא יזמנו בשם:
Séif 6 : femmes, esclaves et enfants — on ne fait pas le zimoun sur eux, mais ils font le zimoun entre eux. Et il n'y aura pas de compagnie de femmes, d'esclaves et d'enfants faisant le zimoun ensemble, à cause du relâchement des esclaves ; mais les femmes entre elles et les esclaves entre eux — à condition qu'ils ne fassent pas le zimoun avec le Nom.
Trois affirmations en une phrase. D'abord : נשים ועבדים וקטנים אין מזמנין עליהם (שו״ע או״ח קצ״ט:ו) — ils ne se joignent pas au zimoun des hommes ; c'est déjà la michna : נשים ועבדים וקטנים אין מזמנין עליהן (ברכות מ״ה ע״א). Ensuite : אבל מזמנין לעצמן (שו״ע או״ח קצ״ט:ו) — mais ils ont le leur, et c'est la braïta : נשים מזמנות לעצמן ועבדים מזמנים לעצמן נשים ועבדים וקטנים אם רצו לזמן אין מזמנין (ברכות מ״ה ע״ב). Enfin la condition : ובלבד שלא יזמנו בשם (שו״ע או״ח קצ״ט:ו).
Pourquoi pas mêlés ? Le séif le dit sans détour : משום פריצותא דעבדים (שו״ע או״ח קצ״ט:ו), et la Guemara avait posé la question exactement ainsi — pourquoi le refus, alors qu'il y a bien là des personnes conscientes ? אמאי לא והא איכא דעות (ברכות מ״ה ע״ב) — et sa réponse : שאני התם משום פריצותא (ברכות מ״ה ע״ב). Le Rambam l'a codifié : נשים ועבדים וקטנים אין מזמנין עליהן אבל מזמנין לעצמן (רמב״ם הלכות ברכות פרק ה׳ הלכה ז׳).
résumé : ובלבד שלא יזמנו בשם — le zimoun à dix ajoute le Nom (נברך לאלהינו) ; c'est ce degré-là, et lui seul, que le séif leur retire, parce qu'il relève des דבר שבקדושה. Le zimoun ordinaire, lui, leur reste entier.

Séif 7 — נשים מזמנות לעצמן רשות

נשים מזמנות לעצמן רשות אבל כשאוכלות עם האנשי׳ חייבות ויוצאות בזימון שלנו:
הגה אע״פ שאינן מבינות (הרא״ש ומרדכי ריש פרק שלשה שאכלו בשם רש״י):
Séif 7 : les femmes qui font le zimoun entre elles — c'est facultatif ; mais lorsqu'elles mangent avec des hommes, elles y sont tenues et s'acquittent par notre zimoun. Glose (Rama) : même si elles ne comprennent pas (le Roch et le Mordekhi, au début du chapitre « Trois qui ont mangé », au nom de Rachi).
Deux régimes, pas un : נשים מזמנות לעצמן רשות (שו״ע או״ח קצ״ט:ז) — entre elles, c'est permis et non imposé ; אבל כשאוכלות עם האנשי׳ חייבות ויוצאות בזימון שלנו (שו״ע או״ח קצ״ט:ז) — à la table commune, l'obligation naît et s'accomplit d'elle-même. Le Beit Yossef donne la formulation du Ri : ואומר ר״י דלעצמן דוקא רשות אבל כשאוכלות עם האנשים חייבות ויוצאות בזימון שלנו ואינן מברכות לעצמן (בית יוסף או״ח קצ״ט).
La glose du Rama lève l'objection la plus naturelle : אע״פ שאינן מבינות (רמ״א או״ח קצ״ט:ז). On aurait pu croire qu'on ne s'acquitte pas d'un texte que l'on ne comprend pas ; le Rama dit que pour le zimoun, l'écoute suffit.
résumé : il faut lire le séif 7 contre le séif 6, et l'on voit alors que אין מזמנין עליהם ne veut pas dire « elles ne comptent pas » mais « on ne les compte pas pour former les trois ». Une fois les trois formés par des hommes, la femme attablée est tenue au zimoun et s'en acquitte. Le Tour rapporte d'ailleurs que le Roch tirait l'obligation de la braïta d'Arakhin : דתניא בערכין (ג.) הכל חייבין בזימון וקאמר הכל לאתויי מאי לאתויי נשים (טור או״ח קצ״ט).

D. אנדרוגינוס וטומטום — les deux figures du doute

Séif 8 — אנדרוגינוס מזמן למינו

אנדרוגינוס מזמן למינו ואינו מזמן לא לאנשים ולא לנשים:
Séif 8 : l'androgyne fait le zimoun pour son semblable, mais il ne le fait ni pour des hommes ni pour des femmes.
אנדרוגינוס מזמן למינו ואינו מזמן לא לאנשים ולא לנשים (שו״ע או״ח קצ״ט:ח). Le Rambam en donne le motif : אנדרוגינוס מזמן למינו ואינו מזמן לא לנשים ולא לאנשים מפני שהוא ספק (רמב״ם הלכות ברכות פרק ה׳ הלכה ז׳). Le Beit Yossef renvoie au parallèle du chofar : אנדרוגינוס מוציא את מינו אבל לא את שאינו מינו (ראש השנה כ״ט ע״א), et il en donne la raison : משום דאנדרוגינוס הוי בריה בפני עצמו הלכך למינו מיהא מזמן (בית יוסף או״ח קצ״ט).

Séif 9 — טומטום אינו מזמן כלל

טומטום אינו מזמן כלל:
Séif 9 : le toumtoum ne fait le zimoun pour personne.
טומטום אינו מזמן כלל (שו״ע או״ח קצ״ט:ט) — et de même pour le chofar : טומטום אינו מוציא לא את מינו ולא את שאינו מינו (ראש השנה כ״ט ע״א). Le Beit Yossef explique la différence avec le séif précédent : וטעם הטומטום שאינו מזמן אפילו עם מינו משום דאיכא למיחש שמא ימצא זה זכר והללו נקבות או איפכא (בית יוסף או״ח קצ״ט).
résumé : les deux séifim disent une seule chose. L'androgyne est une catégorie — un doute qui a un contour, et un contour permet un « semblable ». Le toumtoum est un doute pur — rien n'est encore déterminé, et deux toumtoumim ne sont même pas assurés d'être semblables l'un à l'autre. Un doute que l'on peut cerner laisse une place ; un doute total n'en laisse aucune.

E. קטן ומנודה — le discernement et la mise à l'écart

עוֹנַת הַפְּעוֹטוֹת — l'âge des « petits », celui à partir duquel un enfant a assez de discernement pour que ses actes comptent. Le Beit Yossef le situe : והוא שהגיע לעונת הפעוטות דהיינו בן ז׳ או ח׳ כל חד וחד לפום חורפיה (בית יוסף או״ח קצ״ט) — sept ou huit ans, chacun selon sa vivacité.

Séif 10 — קטן שהגיע לעונת הפעוטות

קטן שהגיע לעונת הפעוטות ויודע למי מברכין מזמנין עליו ומצטרף בין לשלשה בין לעשרה:
הגה וי״א דאין מצרפין אותו כלל עד שיהא בן שלש עשרה שנה דאז מחזקינן ליה כגדול שהביא שתי שערות (הרא״ש ומרדכי פרק שלשה שאכלו וטור) וכן נוהגין ואין לשנות. וחרש ושוטה אם מכוונים ומבינים מצטרפין לזימון אע״פ שאין החרש שומע הברכה (מהרי״ל):
Séif 10 : un enfant qui a atteint l'âge du discernement et qui sait à Qui l'on bénit — on fait le zimoun sur lui, et il se joint aussi bien pour trois que pour dix. Glose (Rama) : et certains disent qu'on ne le joint pas du tout avant l'âge de treize ans, car alors on le tient pour un adulte ayant produit deux poils (le Roch, le Mordekhi au chapitre « Trois qui ont mangé », et le Tour) ; et tel est l'usage, et il n'y a pas lieu d'en changer. Et un sourd-muet et un chotè, s'ils sont attentifs et comprennent, se joignent au zimoun, bien que le sourd n'entende pas la bénédiction (Maharil).
Le critère du Mehaber, c'est la conscience : קטן שהגיע לעונת הפעוטות ויודע למי מברכין מזמנין עליו ומצטרף בין לשלשה בין לעשרה (שו״ע או״ח קצ״ט:י). C'est la conclusion même de la Guemara, qui écarte toutes les autres opinions rapportées avant elle : ולית הלכתא ככל הני שמעתתא אלא כי הא דאמר רב נחמן קטן היודע למי מברכין מזמנין עליו (ברכות מ״ח ע״א). La braïta d'Arakhin l'incluait déjà : הכל מצטרפין לזימון לאתויי מאי לאתויי קטן היודע למי מברכין (ערכין ג׳ ע״א). Et le Rambam l'a codifié : קטן היודע למי מברכין מזמנין עליו ואף על פי שהוא כבן שבע או כבן שמונה (רמב״ם הלכות ברכות פרק ה׳ הלכה ז׳).
Le Rama tranche autrement pour l'usage achkenaze : וי״א דאין מצרפין אותו כלל עד שיהא בן שלש עשרה שנה (רמ״א או״ח קצ״ט:י), et il ferme la porte : וכן נוהגין ואין לשנות (רמ״א או״ח קצ״ט:י). C'est ici l'une des divergences pratiques les plus visibles du siman entre Sefardim et Achkenazim — et c'est exactement le genre de point où l'on suit son Rav et sa communauté.
La seconde glose élargit dans l'autre sens : וחרש ושוטה אם מכוונים ומבינים מצטרפין לזימון אע״פ שאין החרש שומע הברכה (רמ״א או״ח קצ״ט:י). résumé : ce que le Rama refuse à l'enfant, ce n'est pas la compréhension mais la minorité ; là où la compréhension est présente et la minorité absente, il joint.

Séif 11 — מי שנדוהו על עבירה

מי שנדוהו על עבירה אין מזמנין עליו:
Séif 11 : celui qui a été mis au ban pour une faute — on ne fait pas le zimoun sur lui.
מי שנדוהו על עבירה אין מזמנין עליו (שו״ע או״ח קצ״ט:י״א). Le Beit Yossef clôt le siman en renvoyant à l'endroit où il l'avait déjà écrit : מי שנדוהו על עבירה כתבתי בסימן נ״ה שאין מזמנין עליו (בית יוסף או״ח קצ״ט).
résumé : le siman se referme sur son propre sujet. Le zimoun est l'acte par lequel des convives se déclarent ensemble devant la bénédiction ; celui que la communauté a mis à distance ne peut pas être compté dans ce rassemblement-là — non parce qu'il aurait cessé d'être juif, mais parce que le ban porte précisément sur le fait de se joindre.
Le siman en une phrase : le zimoun se fait sur celui qui est attablé, obligé et joint — d'où השמש שאכל כזית מזמנין עליו, עם הארץ גמור מזמנין עליו בזמן הזה et אבל גר גמור מזמנין עליו d'un côté ; et כותי בזמן הזה, גר שמל ולא טבל, אונן בחול, טומטום et מי שנדוהו על עבירה de l'autre ; entre les deux, נשים ועבדים וקטנים, qui אין מזמנין עליהם אבל מזמנין לעצמן ; et l'enfant שהגיע לעונת הפעוטות ויודע למי מברכין, que le Mehaber joint et que l'usage du Rama attend à treize ans.

Cas pratiques

Cas 1 — Le serveur du repas a mangé debout entre deux plats : le compte-t-on ?

Situation : nous ne sommes que deux invités attablés, et la personne qui sert a mangé un morceau de pain en passant. Sommes-nous trois pour le zimoun ?
Conduite : oui, dès qu'il a mangé un kazayit — השמש שאכל כזית מזמנין עליו (שו״ע או״ח קצ״ט:א) ; et c'est déjà la michna : והשמש שאכל כזית והכותי מזמנין עליו (ברכות מ״ה ע״א). Ce qui aurait pu faire douter, c'est qu'il n'est pas installé ; la Guemara écarte ce doute : פשיטא מהו דתימא שמש לא קבע קמ״ל (ברכות מ״ז ע״ב). En deçà d'un kazayit, en revanche, il ne compte pas : והשמש שאכל פחות מכזית והנכרי אין מזמנין עליו (ברכות מ״ה ע״א). Pour la pratique, on suit son Rav.

Cas 2 — Trois femmes ont mangé ensemble : doivent-elles faire le zimoun ?

Situation : un repas de femmes, sans homme à table. Et l'autre cas : un repas de famille où hommes et femmes sont attablés ensemble.
Conduite : entre elles, c'est facultatif — נשים מזמנות לעצמן רשות (שו״ע או״ח קצ״ט:ז) ; à la table commune, c'est obligatoire et cela s'accomplit par le zimoun des hommes : אבל כשאוכלות עם האנשי׳ חייבות ויוצאות בזימון שלנו (שו״ע או״ח קצ״ט:ז), et le Rama ajoute אע״פ שאינן מבינות (רמ״א או״ח קצ״ט:ז). Attention à ne pas confondre : elles ne servent pas à former les trois — נשים ועבדים וקטנים אין מזמנין עליהם (שו״ע או״ח קצ״ט:ו). Et si elles font leur propre zimoun, ובלבד שלא יזמנו בשם (שו״ע או״ח קצ״ט:ו). Pour la pratique, on suit son Rav.

Cas 3 — Nous ne sommes que deux adultes, mais un enfant de neuf ans est à table

Situation : deux hommes et un garçon de neuf ans, qui sait très bien à Qui l'on bénit. Peut-on faire le zimoun ?
Conduite : tout dépend de l'usage que l'on suit. Pour le Mehaber, oui : קטן שהגיע לעונת הפעוטות ויודע למי מברכין מזמנין עליו ומצטרף בין לשלשה בין לעשרה (שו״ע או״ח קצ״ט:י), conformément à la conclusion de la Guemara — ולית הלכתא ככל הני שמעתתא אלא כי הא דאמר רב נחמן קטן היודע למי מברכין מזמנין עליו (ברכות מ״ח ע״א). Pour le Rama, non : וי״א דאין מצרפין אותו כלל עד שיהא בן שלש עשרה שנה (רמ״א או״ח קצ״ט:י), et וכן נוהגין ואין לשנות (רמ״א או״ח קצ״ט:י). C'est un point où la communauté et le Rav décident.

Questions de compréhension

Vérifie ta compréhension :
  1. Pourquoi la Guemara devait-elle enseigner que le serveur compte, alors que cela paraissait évident (séif 1) ?
  2. Comment un même personnage — le Kouti — peut-il être compté par la michna et écarté par le Mehaber (séif 2) ?
  3. Quel danger le Tour redoute-t-il si l'on écartait l'am haaretz du zimoun (séif 3) ?
  4. Pourquoi l'onen n'est-il pas compté — est-ce une sanction (séif 5) ?
  5. Que signifie exactement אין מזמנין עליהם au séif 6, si le séif 7 dit que les femmes sont חייבות à la table commune ?
  6. Qu'est-ce qui distingue l'androgyne du toumtoum, et pourquoi l'un peut faire le zimoun pour son semblable et l'autre pour personne (séifim 8-9) ?
  7. Sur quoi porte exactement la divergence entre le Mehaber et le Rama au sujet de l'enfant (séif 10) ?

Pour aller plus loin

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