Orah Haïm מ״ד · Niveau 4 · שיטת אדמו״ר הזקן

דעת הרב

Niveau 4 — Daat HaRav (Admour HaZaken) — Siman מ״ד · אִסּוּר שֵׁנָה בִּתְפִלִּין

La voie de l’Admour HaZaken sur l’interdit de dormir avec les tefilin : tant qu’elles sont sur la tête ou le bras, interdit même de שְׁנַת עֲרַאי (sommeil bref), car c’est une גְּנַאי qu’il dorme avec elles découvertes (מְגֻלִּין) ; sauf s’il a étendu un סוּדָר et qu’aucune femme n’est avec lui ; כְּרוּכִין בְּיָדוֹ permet même שְׁנַת קֶבַע ; בְּנַרְתִּיקָן — permis לְדִבְרֵי הַכֹּל — dans la sensibilité de Habad.

Pourquoi un niveau 4 dédié à l’Admour HaZaken ? Le Choulhan Aroukh de l’Admour HaZaken n’est pas un commentaire sur le Mehaber (מחבר) — c’est un Choulhan Aroukh autonome et complet, écrit par l’Admour HaZaken (Rabbi Schneur Zalman de Liadi, fondateur de Habad, élève du Maguid (מגיד) de Mezeritch). Sa singularité : il combine halakha (הלכה) + טעמי המצוות + dimension intérieure dans un seul ouvrage, et il tranche avec une rigueur talmudique unique.

Pour le Habad, l’Admour HaZaken est הפוסק האחרון — son psak est l’autorité décisionnaire. Le Rabbi a explicitement instruit d’étudier sérieusement le Choulhan Aroukh de l’Admour HaZaken (שולחן ערוך הרב). Cette page rassemble la voie du Rav sur le siman מ״ד — אִסּוּר שֵׁנָה בִּתְפִלִּין (l’interdit de dormir avec les tefilin). Le siman comporte, chez le Rav, deux seifim (שְׁנֵי סְעִיפִים) : dans le premier, l’Admour HaZaken déploie l’interdit de dormir avec les tefilin sur la tête ou le bras — même d’un sommeil bref (שְׁנַת עֲרַאי) — parce que c’est une גְּנַאי qu’il dorme avec elles découvertes ; l’exception du סוּדָר étendu lorsqu’aucune femme n’est avec lui (sommeil bref, la tête entre les genoux, assis) ; le fait que כְּרוּכִין בְּיָדוֹ permet même un sommeil profond (שְׁנַת קֶבַע), tandis que les tenir en main sans être enroulées est interdit ; et que בְּנַרְתִּיקָן c’est permis dans tous les cas לְדִבְרֵי הַכֹּל. Le second seif rapporte le מנהג de jeûner lorsque les tefilin — ou un Sefer Torah — tombent à terre.

→ Lire la préface générale sur la chitah de l’Admour HaZaken

Note de source. Le texte hébreu reproduit dans cette page est le texte intégral et réel du Choulhan Aroukh de l’Admour HaZaken, Orah Haïm siman מ״דdeux seifim (שְׁנֵי סְעִיפִים) de la main du Rav — d’après l’édition Kehot telle que numérisée sur Sefaria (Shulchan Arukh HaRav, Orach Chayim מ״ד). Le premier seif traite de l’interdit de dormir avec les tefilin (אִסּוּר שֵׁנָה) même d’un sommeil bref, de l’exception du סוּדָר et de la position (רֹאשׁוֹ בֵּין בִּרְכָּיו), du cas où אִשָּׁה עִמּוֹ, de כְּרוּכִין בְּיָדוֹ et de נַרְתִּיק ; le second, du מנהג de jeûner en cas de chute des tefilin ou d’un Sefer Torah. Les traductions françaises sont les nôtres. Aucun passage n’est cité hors de ce texte vérifiable.
1 · טקסט אדמו״ר הזקן

שולחן ערוך הרב — סימן מ״ד — אִסּוּר שֵׁנָה בִּתְפִלִּין

Le texte intégral du Choulhan Aroukh de l’Admour HaZaken

שולחן ערוך הרב, סימן מ״ד — אִסּוּר שֵׁנָה בִּתְפִלִּין — וּבוֹ ב׳ סְעִיפִים
Texte de l’Admour HaZaken lui-même (source Sefaria Shulchan_Arukh_HaRav,_Orach_Chayim.44), suivi de notre traduction française. Le siman comporte deux seifim (שְׁנֵי סְעִיפִים).

סעיף א כָּל זְמַן שֶׁהֵן בְּרֹאשׁוֹ אוֹ בִּזְרוֹעוֹ אָסוּר לִישֹׁן אֲפִלוּ עֲרַאַי ; סוּדָר וְאֵין אִשָּׁה — עֲרַאַי ; כְּרוּכִין בְיָדוֹ — קֶבַע ; בְנַרְתִּיקָן — לְדִבְרֵי הַכֹּל.

אִסּוּר שֵׁנָה בִּתְפִלִּין וּבוֹ ב׳ סְעִיפִים:כָּל זְמַן שֶׁתְּפִלִּין בְּרֹאשׁוֹ אוֹ בִּזְרוֹעוֹ — אָסוּר לִישֹׁן בָּהֶן אֲפִלּוּ שְׁנַת עֲרַאי, מִפְּנֵי שֶׁגְּנַאי הוּא לַתְּפִלִּין שֶׁיָּשֵׁן בָּהֶם וְהֵן מְגֻלִּין. וְאִם פָּרַס סוּדָר עֲלֵיהֶן וְאֵין עִמּוֹ אִשָּׁה — יָשֵׁן בָּהֶם שְׁנַת עֲרַאי, אֲבָל לֹא שְׁנַת קֶבַע, שֶׁמָּא יָפִיחַ בָּהֶן. כֵּיצַד הוּא עוֹשֶׂה שֶׁלֹּא יֵרָדֵם בַּשֵּׁנָה וְיִישַׁן שְׁנַת קֶבַע? יַנִּיחַ רֹאשׁוֹ בֵּין בִּרְכָּיו וְהוּא יוֹשֵׁב וְיָשֵׁן. וְאֵין בַּשֵּׁנָה מִשּׁוּם הֶסַּח הַדַּעַת, לְפִי שֶׁהֶסַּח הַדַּעַת הוּא כְּשֶׁעוֹמֵד בִּשְׂחוֹק אוֹ קַלּוּת רֹאשׁ (אוֹ שֶׁמַּטְרִיד דַּעְתּוֹ בְּצָרְכֵי הַגּוּף הַרְבֵּה) כְּמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר בְּסִימָן כח, וּכְשֶׁיָּשֵׁן הוּא שׁוֹכֵחַ כָּל הַבְלֵי עוֹלָם. אֲבָל אִם יֵשׁ אִשָּׁה עִמּוֹ בַּמִּטָּה — לֹא יִישַׁן בָּהֶם כְּלָל, שֶׁמָּא יִשְׁכַּח וִישַׁמֵּשׁ מִטָּתוֹ. אֲבָל אִם אֵינָן בְּרֹאשׁוֹ וּזְרוֹעוֹ אֶלָּא כְּרוּכִין בְּיָדוֹ — מֻתָּר לִישֹׁן בָּהֶם אֲפִלּוּ שְׁנַת קֶבַע. וְיֵשׁ אוֹסְרִין לִישֹׁן שְׁנַת קֶבַע אֵצֶל הַתְּפִלִּין אֲפִלּוּ כְּשֶׁהֵן מֻנָּחִים עַל הַשֻּׁלְחָן עַד שֶׁיִּפְרֹס סוּדָר עֲלֵיהֶן, גְּזֵרָה שֶׁמָּא יָפִיחַ. וְהָעִקָּר כַּסְּבָרָא הָרִאשׁוֹנָה, שֶׁלֹּא חָשְׁשׁוּ לַהֲפָחָה אֶלָּא כְּשֶׁהֵן עָלָיו שֶׁהֵן צְרִיכִין גּוּף נָקִי. וְאִם אוֹחֲזָן בְּיָדוֹ וְאֵינָן כְּרוּכִין בְּיָדוֹ — אָסוּר לִישֹׁן בָּהֶם אֲפִלּוּ שְׁנַת עֲרַאי שֶׁמָּא יִפְּלוּ מִיָּדוֹ. בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים? כְּשֶׁאוֹחֲזָן בְּלֹא נַרְתִּיקָן, אֲבָל כְּשֶׁהֵן בְּנַרְתִּיקָן — מֻתָּר אֲפִלּוּ שְׁנַת קֶבַע לְדִבְרֵי הַכֹּל, שֶׁאֵין לָחֹש כָּל־כָּךְ אִם יִפְּלוּ, וְגַם אֵין לָחֹש כְּלָל לַהֲפָחָה אַף לַסְּבָרָא הָאַחֲרוֹנָה:

Dormir avec les tefilin. Tant que les tefilin sont sur sa tête ou son bras, il est interdit de dormir avec elles, même d’un sommeil bref (שְׁנַת עֲרַאי), car c’est une indignité (גְּנַאי) pour les tefilin qu’il dorme avec elles alors qu’elles sont découvertes (מְגֻלִּין). S’il a étendu un סוּדָר dessus et qu’aucune femme n’est avec lui — il peut dormir d’un sommeil bref, mais non d’un sommeil profond (שְׁנַת קֶבַע), de peur qu’il ne vente (שֶׁמָּא יָפִיחַ). Comment fait-il pour ne pas sombrer dans un sommeil profond ? Il pose sa tête entre ses genoux, assis. Et le sommeil ne constitue pas un הֶסַּח הַדַּעַת — car le הסח הדעת, c’est l’état de rire et de légèreté (cf. siman כח) —, tandis qu’en dormant il oublie toutes les vanités du monde. Mais si sa femme est avec lui dans le lit — il ne dort pas du tout avec elles, de peur qu’il n’oublie et n’ait un rapport. En revanche, si elles ne sont pas sur sa tête ni sur son bras mais enroulées dans sa main (כְּרוּכִין בְּיָדוֹ) — il lui est permis de dormir même d’un sommeil profond. Certains (יֵשׁ אוֹסְרִין) interdisent le sommeil profond auprès des tefilin même posées sur la table jusqu’à ce qu’il étende un סוּדָר, גְּזֵרָה de peur qu’il ne vente ; mais l’essentiel (וְהָעִקָּר) est comme le premier avis : on n’a craint le vent que lorsqu’elles sont sur lui, car elles requièrent un corps net (גּוּף נָקִי). Et s’il les tient en main sans qu’elles soient enroulées — il est interdit de dormir même d’un sommeil bref, de peur qu’elles ne tombent de sa main. Cela vaut quand il les tient sans leur étui (נַרְתִּיק) ; mais quand elles sont dans leur étui — c’est permis même d’un sommeil profond, לְדִבְרֵי הַכֹּל, car il n’y a plus tellement à craindre qu’elles tombent, ni du tout le vent, même selon le dernier avis.

סעיף ב נָהֲגוּ לְהִתְעַנוּת כְּשֶׁנוֹפֵל תְפִלִּין מִיָדוֹ עַל הָאָרֶץ בְלֹא נַרְתִּיקָן ; וְהוּא הַדִּין סֵפֶר תוֹרָה אֲפִלוּ בְנַרְתִּיקוֹ.

נָהֲגוּ הָעוֹלָם לְהִתְעַנּוֹת כְּשֶׁנּוֹפֵל תְּפִלִּין מִיָּדוֹ עַל הָאָרֶץ בְּלֹא נַרְתִּיקָן. וְהוּא הַדִּין אִם נָפַל סֵפֶר תּוֹרָה אֲפִלּוּ בְּנַרְתִּיקוֹ:

Le jeûne en cas de chute. L’usage du monde (נָהֲגוּ הָעוֹלָם) est de jeûner lorsque les tefilin tombent de sa main à terre sans leur étui (בְּלֹא נַרְתִּיקָן). Et il en va de même (וְהוּא הַדִּין) si un Sefer Torah est tombé, même dans son étui (בְּנַרְתִּיקוֹ).

Source : Sefaria — Shulchan Arukh HaRav, Orach Chayim מ״ד (édition Kehot, deux seifim / שְׁנֵי סְעִיפִים). Traduction française : DAAT. Aucun passage n’est cité hors de ce texte vérifiable.

2 · היסוד

היסוד — כְּבוֹד הַתְּפִלִּין וְאִסּוּר שֵׁנָה בָּהֶן

Le yesod : la sainteté des tefilin et l’interdit d’y dormir

La lecture de l’Admour HaZaken sur ce siman tient en trois mouvements. D’abord la קְדֻשָּׁה et le כָּבוֹד dus aux tefilin : dormir avec elles découvertes (מְגֻלִּין) est une גְּנַאי, d’où l’interdit même d’un שְׁנַת עֲרַאי. Ensuite les degrés de séparation (הֶפְסֵק) : le סוּדָר autorise un sommeil bref (la tête entre les genoux, assis), כְּרוּכִין בְּיָדוֹ autorise même un שְׁנַת קֶבַע, et בְּנַרְתִּיק tout est permis לְדִבְרֵי הַכֹּל. Enfin le facteur de la présence de l’épouse (אִשָּׁה עִמּוֹ) : si elle est avec lui au lit, il ne dort pas du tout avec elles, שֶׁמָּא יְשַׁמֵּשׁ.

אִסּוּר שֵׁנָה בַתְּפִלִּין וְהַגְּנַאַי

La sainteté des tefilin et l’interdit de la גְּנַאי

Le yesod. Les tefilin sont תַּשְׁמִישֵׁי קְדֻשָּׁה ; dormir avec elles sur la tête ou le bras alors qu’elles sont découvertes (מְגֻלִּין) est une גְּנַאי — d’où l’interdit de dormir avec elles même d’un שְׁנַת עֲרַאי.

La conséquence. La crainte double du sommeil profond — le הֲפָחָה (le vent) et le relâchement du גּוּף נָקִי — sous-tend tout le siman. Sur le גּוּף נָקִי et la קְדֻשַּׁת התפילין, cf. siman 40 et siman 38.

מַדְרֵגוֹת הַהֶפְסֵק — סוּדָר, כְּרוּכִין, נַרְתִיק

Les degrés de séparation : סוּדָר, כְּרוּכִין, נַרְתִּיק

Le principe. Le siman gradue la permission selon le degré de הֶפְסֵק : sur la tête/le bras — interdit même עֲרַאי ; avec un סוּדָר (et sans femme) — עֲרַאי permis, la tête entre les genoux ; כְּרוּכִין בְּיָדוֹ — même קֶבַע ; בְּנַרְתִּיקָן — même קֶבַע לְדִבְרֵי הַכֹּל.

L’extension. Les tenir en main sans être enroulées reste interdit (שֶׁמָּא יִפְּלוּ). La ligne de partage n’est pas le lieu seul, mais le degré de protection et le risque de chute ou de הֲפָחָה.

אִשָּׁה עִמֹּ וַחֲשַׁשׁ קֶרִי

La présence de l’épouse et la crainte du קרי

Le principe. Si אִשָּׁה עִמּוֹ בַּמִּטָּה — il ne dort pas du tout avec les tefilin, שֶׁמָּא יִשְׁכַּח וִישַׁמֵּשׁ מִטָּתוֹ.

La conduite. Le sommeil en soi n’est pas un הֶסַּח הַדַּעַת (le הסח הדעת, c’est le rire et la légèreté, cf. siman כח) ; mais la présence de l’épouse fait craindre l’oubli et le rapport — donc l’interdit total, même avec un סוּדָר.

Renvoi à l’étude. La portée du yesod posé ici — le כָּבוֹד dû aux תַּשְׁמִישֵׁי קְדֻשָּׁה, les degrés de הֶפְסֵק (סוּדָר, כְּרוּכִין, נַרְתִּיק) et le facteur אִשָּׁה עִמּוֹ — touche à la fois la conduite (quand et comment dormir, ce qui protège) et la sensibilité de Habad sur la קְדֻשָּׁה qui entoure la mitsva. Cette page le présente au niveau du principe attesté dans le texte du Rav, sans citer de formulation précise, et sans rien ajouter d’inventé au sens spirituel. Pour l’étude approfondie de cette dimension — et pour la conduite personnelle sur le sommeil, le סוּדָר et le נַרְתִּיק —, étudier avec un Rav de Habad et dans les textes eux-mêmes.

אִסּוּר שֵׁנָה בִּתְפִלִּין — au principe · pour l’étude, voir un Rav de Habad
3 · כח הפסק

כחו של אדמו״ר הזקן בפסק

La force du psak de l’Admour HaZaken

Comparaison de la voie de l’Admour HaZaken avec celles du Mehaber, du Rama (רמ״א) et de la Mishna Beroura (משנה ברורה) sur les points-clés du siman מ״ד. La ligne Choulhan Aroukh de l’Admour HaZaken (שולחן ערוך הרב) est mise en valeur — elle expose la sensibilité propre du Rav telle qu’elle ressort de son texte (§1, deux seifim). Le Rav explicite le טעם et le פרט là où le Mehaber se contente de l’énoncé.

Sujet Mehaber Rama Mishna Beroura Voie de l’Admour HaZaken (שולחן ערוך הרב)
שינה בתפילין ואיסור אפילו עראי או״ח מ״ד — כָּל זְמַן שֶׁהֵן בְּרֹאשׁוֹ אוֹ בִּזְרוֹעוֹ אָסוּר לִישֹׁן אֲפִלוּ שְׁנַת עֲרַאַי, מִשּׁוּם גְּנַאַי. מ״ב מ״ד / סוכה כ״ו ע״א — שְׁנַת עֲרַאַי וּשְׁנַת קֶבַע. Voie de l’Admour HaZaken — כָּל זְמַן שֶׁהֵן בְּרֹאשׁוֹ אוֹ בִּזְרוֹעוֹ אָסוּר לִישֹׁן אֲפִלוּ עֲרַאַי, שֶׁגְּנַאַי הוּא (סעיף א).
סודר, ראשו בין ברכיו וכרוכין בידו או״ח מ״ד — פָּרַס סוּדָר וְאֵין עִמוֹ אִשָּׁה — עֲרַאַי ; כְּרוּכִין בְיָדוֹ — אֲפִלוּ קֶבַע. מ״ב מ״ד — רֹאשׁוֹ בֵּין בִּרְכָּיו ; שֶׁמָּא יָפִיחַ. Voie de l’Admour HaZaken — אִם פָּרַס סוּדָר וְאֵין עִמוֹ אִשָּׁה — עֲרַאַי ; כְּרוּכִין בְיָדוֹ — אֲפִלוּ קֶבַע (סעיף א).
אחיזה ביד ונרתק או״ח מ״ד — אוֹחֲזָן בְיָדוֹ וְאֵינָן כְּרוּכִין — אָסוּר אֲפִלוּ עֲרַאַי. רמ״א מ״ד — בְנַרְתִּיקָן מֶּתָּר בְכָל עִנְיָן. מ״ב מ״ד — בְנַרְתִּיקָן שְׁנַת קֶבַע לְדִבְרֵי הַכֹּל. Voie de l’Admour HaZaken — אוֹחֲזָן בְלֹא נַרְתִּיקָן — אָסוּר ; בְנַרְתִּיקָן — מֶּתָּר אֲפִלוּ קֶבַע לְדִבְרֵי הַכֹּל (סעיף א).
מנהג תענית בנפילת תפילין מ״ב מ״ד — נָהֲגוּ לְהִתְעַנוּת בִנְפִילַת תְפִלִּין ; וְכֵן סֵפֶר תוֹרָה. Voie de l’Admour HaZaken — נָהֲגוּ הָעוֹלָם לְהִתְעַנוּת כְּשֶׁנוֹפֵל תְפִלִּין בְלֹא נַרְתִּיקָן ; וְהוּא הַדִּין סֵפֶר תוֹרָה אֲפִלוּ בְנַרְתִּיקוֹ (סעיף ב).

Tableau établi à partir du texte du Mehaber (Orah Haïm מ״ד, source Sefaria) et des nossei kelim vérifiables (Beit Yossef, Tour, Rambam Hilkhot Tefilin ד, Rosh, Baal haItour, Magen Avraham, Taz, Mishna Beroura, Beour Halakha, Pri Megadim, Aroukh haShulchan, Kaf haḤaim ; Talmud Souka כ״ו ע״א). La colonne de l’Admour HaZaken s’appuie sur le texte réel du Choulhan Aroukh HaRav (שְׁנֵי סְעִיפִים) reproduit au §1. Les attributions de séif katan incertaines sont laissées « על דרך הסברה ».

4 · קווי היסוד של הרב

קווי היסוד של שיטת הרב

Les lignes de force de la voie du Rav sur ce siman

Trois orientations qui caractérisent la sensibilité de l’Admour HaZaken sur ce siman — au-delà de la simple application de la règle. Chacune suit la structure : principe du siman → lecture du Rav → conséquence pratique. Chaque ligne s’appuie sur le texte réel du Rav (§1–§2).

קו א — אִסּוּר שֵׁנָה וְהַגְּנַאַי

L’interdit de dormir et la גְּנַאי

Principe du siman : interdit de dormir avec les tefilin sur la tête/le bras, même שְׁנַת עֲרַאי (séif א).

Lecture du Rav : c’est une גְּנַאי qu’il dorme avec elles découvertes (מְגֻלִּין) ; le sommeil profond ajoute la crainte du הֲפָחָה et du relâchement du גּוּף נָקִי.

Conséquence pratique : ne pas s’assoupir en tefilin ; les ôter ou les protéger avant de dormir.

קו ב — סוּדָר וְרֹאשׁוֹ בֵּין בִּרְכָּיו

Le סוּדָר et la tête entre les genoux

Principe du siman : avec un סוּדָר et sans femme, un שְׁנַת עֲרַאי est permis (séif א).

Lecture du Rav : comment ? רֹאשׁוֹ בֵּין בִּרְכָּיו, assis — pour ne pas sombrer dans un שְׁנַת קֶבַע (שֶׁמָּא יָפִיחַ).

Conséquence pratique : un somme bref, assis, la tête entre les genoux, un סוּדָר étendu — jamais un sommeil profond.

קו ג — כְּרוּכִין בְיָדוֹ וְנַרְתִיק

כְּרוּכִין בְּיָדוֹ et le נַרְתִּיק

Principe du siman : enroulées dans la main — même שְׁנַת קֶבַע ; tenues sans enroulement — interdit (séif א).

Lecture du Rav : בְּנַרְתִּיקָן — permis même קֶבַע לְדִבְרֵי הַכֹּל ; le נַרְתִּיק écarte la crainte de la chute et de la הֲפָחָה.

Conséquence pratique : pour une sieste, garder les tefilin enroulées dans la main ou dans leur étui ; le second seif ajoute le מנהג de jeûner si elles tombent בְּלֹא נַרְתִּיקָן.

5 · למעשה

הלכה למעשה — מנהג חב״ד

La conduite Habad pratique

Des points de conduite qui découlent directement du siman מ״ד dans la sensibilité de l’Admour HaZaken et de Habad — présentés au niveau du principe, en renvoyant au Rav pour le détail des cas (le sommeil, le סוּדָר, le נַרְתִּיק, la chute).

Pour le Hassid Habad — Siman מ״ד (אִסּוּר שֵׁנָה בִּתְפִלִּין)

  • ① Dormir en tefilin. Tant que les tefilin sont sur la tête ou le bras, il est interdit de dormir avec elles même שְׁנַת עֲרַאי, car c’est une גְּנַאי qu’elles soient découvertes. Fondement : SA HaRav מ״ד séif א.
  • ② Le סוּדָר. S’il a étendu un סוּדָר et qu’aucune femme n’est avec lui — un sommeil bref est permis ; comment ? la tête entre les genoux, assis (jamais un שְׁנַת קֶבַע, שֶׁמָּא יָפִיחַ). Fondement : SA HaRav מ״ד séif א.
  • ③ Enroulées / dans l’étui. כְּרוּכִין בְּיָדוֹ — même un שְׁנַת קֶבַע ; les tenir sans enroulement — interdit (שֶׁמָּא יִפְּלוּ) ; בְּנַרְתִּיקָן — permis dans tous les cas לְדִבְרֵי הַכֹּל. Fondement : SA HaRav מ״ד séif א.
  • ④ Une femme au lit. Si son épouse est avec lui dans le lit — il ne dort pas du tout avec les tefilin, שֶׁמָּא יִשְׁכַּח וִישַׁמֵּשׁ. Fondement : SA HaRav מ״ד séif א.
  • ⑤ Tefilin ou Sefer Torah tombés. L’usage est de jeûner si les tefilin tombent à terre בְּלֹא נַרְתִּיקָן ; et de même pour un Sefer Torah même בְּנַרְתִּיקוֹ (cf. les lois du Sefer Torah, « יורה דעה »). Fondement : SA HaRav מ״ד séif ב.

⚠ Cette section présente la conduite Habad fondée sur le Choulhan Aroukh de l’Admour HaZaken, siman מ״ד (texte réel reproduit au §1). Elle ne remplace pas une décision rabbinique pour un cas particulier. Pour toute question concrète — le sommeil en tefilin, le סוּדָר, le נַרְתִּיק, la chute — consulter ton Rav, et pour Habad, un Rav de Habad.